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02/12/2009

La haine de la démocratie

La récente et scandaleuse votation contre les minarets en Suisse a fait ressurgir le vieux débat sur la démocratie directe avec des accents rappelant ce qui s’était passé en France en 2005 au moment du débat sur le traité européen. En gros, la démocratie est une chose trop précieuse pour tombée entre toutes les mains, la preuve. Et d’énumérer, entre autres, les élections remportées par le Hamas dans la bande de Gaza il y a quelques années ou bien celles qui virent la victoire des islamistes en Algérie dans les années 80.

 

Dans son opuscule intitulé La Haine de la démocratie publiée en 2005, le philosophe Jacques Rancière rappelait que cette polémique était vieille comme la démocratie, Platon faisant déjà de la démocratie, quelque 400 ans avant JC., la mère de la tyrannie : la démocratie « est proprement le renversement de toutes les relations qui structurent la société humaine : les gouvernants ont l’air de gouvernés et les gouvernés de gouvernants ; les femmes sont les égales des hommes ; le père s’accoutume à traiter son fils en égal ; le métèque et l’étranger deviennent les égaux des citoyens ; le maître craint et flatte des élèves qui, pour leur part, se moquent de lui ; les jeunes s’égalent aux vieux et les vieux imitent les jeunes ; les bêtes mêmes sont libres et les chevaux et les ânes, conscients de leur liberté et de leur dignité, bousculent dans la rue ceux qui ne leur cèdent pas le passage. » (La Haine de la démocratie, page 43, à partir de La République de Platon)

 

Oui mais, cette haine n’est pas le propre des réactionnaires de tout poil, néo ou anciens, et de tous ceux qui s’opposèrent tout au long de l’Histoire à l’expression directe du « peuple ». Proudhon et une partie du mouvement ouvrier révolutionnaire étaient non seulement hostiles au vote des femmes, mais également au principe même du suffrage universel prétextant son utilisation plébiscitaire par Napoléon III. Et comment interpréter autrement l’idée qui surgit au tournant du 19e et du 20e au sein du mouvement révolutionnaire comme quoi le prolétariat ne pouvait accéder de lui-même à la conscience vraie ; qu’elle ne pouvait lui être apportée que de l’extérieur par un parti d’intellectuels « savants ». Quand en janvier 1918 le vote à la Constituante mit en minorité les bolcheviks, le gouvernement soviétique dissout immédiatement la nouvelle assemblée.

 

On connait la formule fameuse de Brecht : « Puisque le peuple vote contre le Gouvernement, il faut dissoudre le peuple. » Mais on sait aussi que c’est parce que son parti était devenu le premier parti allemand en voix qu’Hitler fut choisi par Hindenburg comme chancelier sur l’insistance d’une poignée d’industriels et d’hommes de droite trop heureux de trouver dans cet aventurier un outil pour mater un mouvement ouvrier turbulent. Platon et Lénine, partisans d’une « aristocratie » éclairée, qu’elle fut nobiliaire ou prolétarienne, auraient-ils donc eu raison contre Rousseau et Marx, pour faire court ? Devons-nous, nous qui étions pour une démocratie étendue, nous rabattre sur une démocratie représentative, méritocrate et diplômée et ranger au titre de la fausse bonne idée cette démocratie de l’opinion, « règne du bazar et de sa marchandise bigarrée » (Rancière) ?

 

La démocratie ce n’est pas que le vote. Le vote n’est qu’une information à un moment donné de l’état des opinions. Dans le débat qui nous préoccupe ici au NPA (les régionales), sanctionner par un vote qui en serait le point final, ce n’est pas résoudre un problème mais s’en débarrasser sans considération de ses conséquences, dans un sens ou dans un autre. Dans le NPA, notre démocratie a marché à l’envers. Ce vote en cours sur les trois positions auraient dû intervenir il y a plusieurs mois, avant les premières négociations. Il aurait permis, non pas de figer une position, mais de donner une indication précise à nos délégations sur l’état de l’opinion en interne. Le débat qui aurait eu lieu avant et après et sa publicité aurait fait évolué les positions, renseigné surtout nos partenaires sur les réelles intentions des adhérents du parti (et peut-être même que le vote aurait dû être étendu à nos sympathisants), et non pas celles d’une poignée de « dirigeants ».

 

A quelques mois de l’échéance, alors que tout a déjà été discuté au sommet dans le plus grand désordre, avec des explications illisibles, ce vote va affaiblir notre parti vis à vis non seulement de nos partenaires mais également de tous ceux qui avaient cru que le NPA était réellement un nouveau parti. Une fois encore, quel qu’en soit le résultat, il donnera du NPA l’image d’un parti extrêmement divisé, sans boussole, sans socle commun solide.

01/12/2009

« Nous ne voulons pas d'un refus de principe à la participation à des exécutifs ! » (Le Parti de gauche)

Une alliance large à la gauche du PS est-elle encore possible ? Certains, sur la base de la résolution du Bureau national du PG, pensent que oui. Je n’en suis pas si sûr. Plus on s’approche de l’échéance (après le vote des militants du NPA qui devrait-être clos le 6 décembre) et plus les marges de manœuvre pour bâtir cet accord se restreignent. Le NPA ayant, dès le début des négociations, très clairement mis l’accent sur la question des exécutifs, le PC ayant fait de même, c’est toujours sur ce problème épineux que ça coince. Du programme que pourrait mettre en œuvre une autre majorité (hypothèse haute) ou du travail que pourraient effectuer des élus de la gauche « radicale » ou « autre » gauche dans ces institutions en position minoritaire (hypothèse basse), il n’en a été pratiquement jamais question. Pas plus, de l’impact que pourrait avoir cette alliance électorale sur le mouvement social.

 

 

Bien qu’entourée de toute une série de précautions oratoires, la proposition du PG n'ouvre aucune nouvelle fenêtre susceptible de déboucher sur un compromis : « Sous peine de confusion politique qui ne servirait personne, ces accords devront être clairs et francs. Nous ne pourrions accepter des formules ambigües ou des compromis de vocabulaire sur la question des exécutifs. Nous ne voulons pas d'un refus de principe à la participation à des exécutifs avec le PS et les Verts ! » Et pour ceux qui n’auront pas encore compris, il précise encore : la délégation du NPA « a nettement indiqué le 10 novembre sa traduction politique lors de la dernière réunion du Groupe de Travail : « pas de majorité de gestion avec le PS et les Verts ». Nous ne sommes pas d'accord avec cette exclusive. » Mais en quoi s'agit-il d'un refus de principe ? Le PG oublie de préciser que le NPA a reconnu avoir fait un compromis sur cette question : « tout dépend des rapports de force politiques et sociaux ».

 

En d’autres termes, le NPA serait bien susceptible d’entrer dans des « majorités de gestion » avec le PC et EE mais à condition que la gauche anticapitaliste et antilibérale y soit majoritaire, ce qui, en l’état, est plus qu’improbable comme l’explique le NPA : « nous considérons que ces rapports de force ne permettent pas de participer à des gouvernements régionaux dont la politique est dominée par le PS et Europe Ecologie ». Or le PG suggère que ce rapport de force pourrait être inversé. Sur quels éléments probants se base-t-il pour émettre une telle hypothèse ? Aucun. Et pour cause, il n’y en a pas. Tout ce que peut donc espérer cette gauche-là c’est au mieux de commencer à construire face à l’alliance majoritaire PS-EE-MoDem une alternative de rupture. Comment cette alternative pourrait avoir une quelconque crédibilité, si on acceptait avant toute négociation, avant surtout d’avoir mesuré le différentiel réel entre ces « deux gauches », d’entrer dans des majorités de gestion avec des partis qui y seront forcément majoritaires ?

 

Il n’y a donc qu’une seule possibilité pour sortir de cette impasse : que les deux parties acceptent de ne pas faire de cette question des exécutifs un préalable à une alliance au premier tour ; qu’elles laissent ensuite aux élus leur liberté de vote. C’est ce que dit très clairement la motion C du NPA : « Aucun des partenaires ne peut ainsi exiger que le NPA participe à des exécutifs contre sa volonté, et de son côté le NPA ne fait pas d’une éventuelle participation conditionnée de certains de ses partenaires à des exécutifs où le PS et Europe Ecologie seraient majoritaires un motif de rupture. Les élu-e-s du NPA conserveront leur indépendance et leur complète liberté de vote dans les conseils régionaux, sans participer aux exécutifs dominés par le PS ou Europe Ecologie. »

 

Le PG et PC seraient-il prêts à accepter un tel compromis ? Si oui, qu’ils le disent et vite. Mais il y a peu de chance qu’ils s’y rallient. Le PC n’a jamais caché qu’il entendait bien coûte que coûte faire alliance avec le PS et EE après le second tour, à l’exclusion du MoDem, exigeant que le NPA accepte lui-aussi, pour ces élus, une telle solution tout en sachant que c'est impossible. Le PG fait semblant de l’ignorer. Comme dit le poète, tout le reste est littérature.

30/11/2009

Serions-nous « sectaires » ?

Il y a d’abord ce « nous » qui nous colle à la peau, comme si le NPA était « un » et indivisible. Or nous savons, nous et quelques autres dans la « gauche de la gauche », qu’il n’en est rien, que certains d’entre nous sont plus proches de certains alternatifs ou communistes unitaires que de certains nos propres camarades de parti. Mais la reconnaissance de la pluralité du NPA ne dépasse pas les frontières étroites du microcosme militant de cette gauche. Et pour cause. Bien que nous ayons définitivement rayé de nos statuts le principe du « centralisme démocratique » (entre autre sur ma proposition lors du processus constituant), quand Besancenot parle à la radio, à la télévision ou s’explique dans la presse, jamais il ne lui viendrait à l’idée de rendre compte de cette diversité. C’est toujours le point de vue majoritaire, ou supposé tel, comme si la majorité devait être toujours majoritaire, qui parle en son nom.

 

En interne, il en est de même. Si les « minorités » sont acceptées, les unes le sont plus que d’autres. Celle qui est la plus soucieuse d’unité à la gauche du PS est soupçonnée d’intentions centrifuges. On m’a ainsi clairement signifié à plusieurs reprises « d’aller voir ailleurs ». Les autres minorités, celles qui expriment un point de vue radicalement inverse, bénéficient en revanche de la plus grande mansuétude. Ne disent-elles pas à leur façon, brute de décoffrage, la seule vérité possible pour le NPA, son radicalisme par rapport aux autres courants à la gauche du PS ? Un radicalisme irréductible à toutes autres hypothèses, certes tempéré « tactiquement » par la majorité mais qui n’en partage pas moins, au fond, l’essentiel avec ces minorités. D’ailleurs le NPA ne fut-il pas en partie le produit d’une alliance au sommet entre ces courants et le noyau dirigeant de l’ex-LCR ? Enfin, dans la LCR n’oublions pas que les scissions se sont toujours faites sur la « droite » et jamais sur la « gauche ».

 

Il n’est donc normal que pour l’opinion publique et les médias il ne puisse y avoir qu’un seul point de vue au NPA, une seule posture possible. Il est même impensable qu’il en soit autrement. Penser un NPA pluriel se serait finalement mettre en cause sa raison d’être. Or, lors de sa création le NPA n’a jamais cessé de jouer sur une ambiguïté : il s’est voulu à la fois séparatiste et fédérateur. Affichant officiellement une volonté de dépasser les anciens clivages de l’extrême-gauche il a joué la carte de l’ouverture. D’où le succès de la formule à laquelle tout le monde s’est laissé prendre, jusqu’aux médias qui ont accueilli favorablement cette mue. Mais dans le même élan il n’a cessé, en interne, d’exclure de cette ouverture tout ce qui n’entrait pas dans le sens d’un consensus défini préalablement, avant même que le débat s’ouvre. Dire aujourd’hui que le NPA souffre de ce processus constituant bricolé un peu rapidement est hypocrite. Je mets au défi quiconque me montrera qu’il existe des différences majeures entre les Principes fondateurs du NPA et ce qui était auparavant la ligne de la LCR.

 

C’est bien pourquoi aujourd’hui le NPA se retrouve dans une situation délicate. Plus personne ne croit à sa volonté d’ouverture. Les faits ont montré qu’il était plus soucieux de monter ses différences que ses convergences. Le principe séparatiste l’a emporté sur le principe fédérateur. En cela le NPA est un échec. Que l’on me comprenne bien. Je trouve parfaitement admissible qu’il puisse y avoir dans le NPA des courants qui considèrent que participer aux élections ne sert à rien ; tout au plus à nous faire entendre ou que la grève générale prolongée et le contournement-débordement des institutions est seule voie possible. Mais circonscrire l’orientation du NPA à cette seule hypothèse et se refuser à reconnaître, en son sein, que d’autres voies sont tout aussi fondées et qu’elles sont donc discutables, c’est évidemment donner un signal de fermeture à l’extérieur.

 

Quand je formule en opposition à l’orientation officielle « l’hypothèse démocratique » comme voie de sortie du capitalisme, je n’entends pas lui opposer ma position, ou celle de mon Courant (qui est lui-même pluraliste sur cette question), en espérant qu’elle devienne majoritaire. J’exprime par là un souhait de voir le NPA se positionner comme un parti où il n’existe pas une majorité et des minorités mais un débat ouvert en permanence en interne et vers l’extérieur. Si je suis unitaire ce n’est donc pas que je cède à de quelconque sirènes antilibérales ou électoralistes, c’est parce que je pense qu’il n’y pas d’autre possibilité de vérifier la validité ou la crédibilité d’une orientation qu’en la confrontant à la pratique. C’est ce que signifiait Marx dans sa deuxième thèse sur Feuerbach : « La question de savoir s'il y a lieu de reconnaître à la pensée humaine une vérité objective n'est pas une question théorique, mais une question pratique. C'est dans la pratique qu'il faut que l'homme prouve la vérité, c'est-à-dire la réalité, et la puissance de sa pensée, dans ce monde et pour notre temps. La discussion sur la réalité ou l'irréalité d'une pensée qui s'isole de la pratique, est purement scolastique. »

28/11/2009

Pour des listes unitaires à la gauche du PS

POUR DES LISTES UNITAIRES DES FORCES ANTILIBERALES ET ANTICAPITALISTES (POSITION C)

 

Texte soumis au débat et au vote des militant-e-s du NPA à l’occasion de la consultation nationale sur la stratégie électorale. Proposé par Aguirre (CPN 75), Anne (CPN 93), Anthony (CPN 51), Christian (CPN 23), Danièle (CE, 93), Edouard (CPN 75), Fanny (CPN 75), Flavia (CPN 75), France (CPN 75), Julie (CPN 94), Karel (CPN 59), Leila (CE, 75), Maël (CPN 75), Mireille (CPN 26), Monique (CPN 92),Morand (CPN 54), Olivier (CPN 63/93), Philippe (CPN 75), Régis (CPN 44), Robert (CPN 34), Roxane (CPN 75), Stéphanie (CPN 94),Yannick (CPN 75), Yann (CE 92).

 

Le NPA réaffirme sa volonté d’aboutir à des listes unitaires de la gauche antilibérale et anticapitaliste lors des élections régionales de mars 2010, à l’échelle nationale comme à l’échelle régionale. Il existe aujourd’hui, dans la population, une volonté forte d’infliger une défaite politique à Sarkozy et à son gouvernement, mais sans pour autant cautionner la politique du Parti socialiste et d’Europe Ecologie. Cette dernière se résume en effet à vouloir limiter les excès du libéralisme plutôt que de proposer une réelle politique alternative basée sur la satisfaction des besoins sociaux et écologiques de la majorité de la population et une autre répartition des richesses. Une division des forces à la gauche du PS, dont la population attend qu’elles répondent à cette aspiration, serait incompréhensible, d’autant que dans plusieurs régions et départements, souvent en lien avec la participation commune à des mobilisations unitaires comme celle contre la privatisation de la Poste, les rencontres unitaires ont abouti à des déclarations communes et au constat que des bases politiques existent pour un accord. Les discussions qui se mènent depuis plusieurs mois entre le Front de gauche, les Alternatifs, la Fédération, le FSQP, le PCOF, le MPEP et le NPA ont fait grandir l’espoir d’aboutir à l’unité. Les diverses déclarations de la direction du PCF prétendant de construire des listes sans le NPA ne doivent pas nous amener à abandonner la perspective de listes unitaires avec lui et toutes les forces de la gauche antilibérale et de la gauche anticapitaliste.

 

Le NPA s’adresse à l’ensemble de ces forces politiques pour reprendre les discussions et lever les derniers obstacles à la constitution de listes unitaires. Des points d’accord significatifs ont d’ores et déjà été enregistrés:

 

  • sur la nécessité de défendre des revendications qui répondent aux exigences portées par les mobilisations et aux aspirations du plus grand nombre ;
  • sur la constitution de listes indépendantes du Parti socialiste et d’Europe Ecologie au premier tour ;
  • sur la fusion démocratique des listes au second tour permettant de battre la droite et de représenter nos listes à la proportionnelle ;
  • sur le refus de toute liste commune au second tour en cas de présence du Modem ou d’un autre parti de droite.

 

La question de la participation à des exécutifs dominés par le Parti socialiste et Europe Ecologie a constitué jusqu’alors un point de blocage. Il a cependant été possible de s’accorder sur le fait qu’une participation à des exécutifs régionaux dépendrait des rapports de force politiques et sociaux ; qu’il était en tout état de cause exclu de le faire avec le Modem ; et que la participation n’était pas envisageable si ces exécutifs décidaient de mener des politiques d’accompagnement du libéralisme contradictoires avec les exigences défendues pendant la campagne et sur la base desquelles nos candidat-es auront été élu-e-s.

 

L’objectif qui guide la constitution de listes unitaires est de tout mettre en œuvre, dans les mobilisations comme dans les institutions, pour que les travailleur-se-s et les classes populaires puissent imposer leurs exigences. Des appréciations différentes peuvent exister quant à la façon de peser sur la politique menée dans les régions. Cela implique de garantir la liberté de vote et de parole de chacune des composantes de la liste unitaire au sein des conseils. Aucun des partenaires ne peut ainsi exiger que le NPA participe à des exécutifs contre sa volonté, et de son côté le NPA ne fait pas d’une éventuelle participation conditionnée de certains de ses partenaires à des exécutifs où le PS et Europe Ecologie seraient majoritaires un motif de rupture. Les élu-e-s du NPA conserveront leur indépendance et leur complète liberté de vote dans les conseils régionaux, sans participer aux exécutifs dominés par le PS ou Europe Ecologie. Les militant-e-s du NPA mandatent la direction nationale, en lien avec les directions régionales, pour reprendre ou poursuivre les discussions à l’échelle nationale et dans le maximum de régions avec l’ensemble des forces politiques se situant en indépendance et à gauche du Parti socialiste pour aboutir à un accord.

 

a) Sur quelques mesures que devrait mettre en œuvre un conseil régional pour rompre réellement avec la politique libérale de remise en cause de l’ensemble des acquis sociaux et des droits démocratiques, mesures que porteraient nos listes unitaires, illustrant une claire alternative aux listes du Parti socialiste et d’Europe Ecologie.

 

  • Tourner la page des politiques de renoncement qui dilapide l’argent public pour les intérêts privés ce qui suppose de ne pas se laisser enfermer dans le carcan budgétaire et institutionnel qui risque de se durcir encore avec la réforme territoriale annoncée.

 

  • Mobiliser les fonds publics dans le strict intérêt des classes populaires et dans le cadre d’un plan conséquent de lutte contre le réchauffement climatique.

 

b) Acter qu’une participation à des exécutifs, qui ne peut être envisagée avec le Modem ou si les dits exécutifs envisagent une politique contradictoire à l’orientation défendue par les listes unitaires au premier tour, sera discutée au soir du deuxième tour. Chacune des composantes estimera alors si les conditions sont réunies pour participer ou non à un exécutif avec le Parti socialiste et Europe Ecologie (mais cette question ne pourra constituer un préalable pour aucun des partenaires). Et dans tous les cas, l’indépendance des élue- s du NPA et leur totale liberté de vote doivent être garanties.

 

c) Sur la répartition des têtes de liste et sur un protocole d’accord technique garantissant à chacune des composantes d’être représentées dans les conseils régionaux en fonction de sa réalité en cas de fusion avec la liste du Parti socialiste, ou d’Europe Ecologie, arrivée en tête au premier tour.

27/11/2009

Les exécutifs, le vrai-faux problème

Le NPA… et le PC ont fait de la question de la participation ou non des antilibéraux et des anticapitalistes aux exécutifs le point clé des négociations unitaires. Pour le PC (et Mélenchon, que j’ai écouté dernièrement) il s’agit bien de recommencer l’aventure de la « gauche plurielle » mais en position de force. Pour le NPA, il s’agit d’empêcher que se reconstitue autour et sous hégémonie du PS une majorité de « gauche » incluant la « gauche radicale ». Ces deux voies parce qu’elles sont irréconciliables constituent deux impasses pour le « mouvement » anticapitaliste et antilibéral.

 

La première entretient l’illusion qu’une majorité, ou tout du moins une forte opposition antilibérale et anticapitaliste serait possible à la gauche du PS en l’état du « mouvement social ». Mieux qu’elle pourrait infléchir très sensiblement l’orientation du PS et de ses alliés. C’est évidemment une supercherie. Quand le PC était encore à 15 %, qu’il tenait d’une main ferme la CGT et de nombreuses villes et départements, c’est-à-dire juste après 1981, il n’a rien pu faire, ou n’a rien fait, pour contrer l’abandon par le PS alors « aux affaires » de tout ce qui avait été négocié dans le Programme commun alors qu’à cette époque le mouvement social était autrement plus mobilisé et combatif qu’il ne l’est aujourd’hui.

 

La seconde voie, celle proposée par le NPA, est l’image renversée de la première. Elle croit possible, sans passer de compromis avec ceux qui s’illusionnent sur la possibilité – électoralement essentiellement – de renverser des rapports de force considérablement dégradés, de construire une nouvelle force politique et sociale alternative à celle des « sociaux-libéraux ». Rappelons que cette orientation du NPA est bien celle qui avait été définie en février 2009 dans les Principes fondateurs, le NPA se donnant alors pour objectif de construire ex nihilo un « nouveau mouvement ouvrier », puisque la vieille gauche était devenue, selon ces principes un champ de ruines. Mais, n’est-ce pas, nous étions alors au bord d’une crise sociale d’une ampleur inégalée avec, au bout du bout, un nouveau « mai 68 », réussi cette fois-ci.

 

Sans revenir en détail sur les épisodes précédents, notons juste que le NPA (alors encore LCR, mais c’est la même chose) a cru après la présidentielle de 2007 que son heure était arrivée. Les scores de Buffet et de Bové semblaient lui donner raison. En persistant dans cette voie, il a laissé le Front de gauche se constituer, pensant qu’il irait à l’échec. Pis, en ne faisant rien pour participer à des listes unitaires de la « gauche de gauche » aux européennes, il a laissé le champ libre à l’opération Europe-Ecologie. Aujourd’hui, en se réfugiant sur son Aventin, il va offrir à la gauche institutionnelle une occasion inespérée de se rétablir, momentanément.

 

Ceux qui ont cru un temps que le NPA allait après ce double échec revenir à plus d’humilité, en seront de nouveau pour leurs frais. D’une certaine façon, « céder » à l’unité s’est pour la majorité du NPA remettre en cause les fondements mêmes ce sur quoi il s’est construit. Le plus troublant c’est que tout part, comme pour le Front de gauche, d’une illusion ; que tout est encore possible ; qu’il suffirait de presque rien pour que ça reparte du bon pied ; pour les uns, d’une victoire électorale ; pour les autres d’une vague de luttes ; mieux encore, des deux à la fois.

 

Quid du Programme ? Pas d’un plan d’urgence (NPA) ou de vagues intentions de rupture (Front de gauche), mais d’un vrai programme : Que voulons-nous ? Quelles institutions ? Quelle société ? Avant de débattre de cette question des exécutifs – comme s’il n’y avait plus qu’à passer au dépeçage de l’ours libéral et capitaliste – c’est de cet objectif qu’il faudrait commencer à discuter. Ça lèverait bien des ambiguïtés, permettrait de rassembler bien plus large que les seules forces militantes et obligerait très certainement tous ces minuscules appareils et ces partis sans troupes à se comporter autrement.

 

Voilà pourquoi ce débat sur les exécutifs est prématuré et ne sert finalement que de paravent aux uns comme aux autres pour justifier deux orientations politiques anachroniques, toutes les deux inscrites dans un passé révolu. Ce qui se passe au PC où, semble-t-il, les adhérents manifestent apparemment une volonté d’indépendance du PS, contre leurs élus et leur direction, est de bon augure. Apparemment, ce qui n’était pas prévu, inquièterait nos « gauchistes ». Cet élan unitaire de la base communiste serait dirigé, selon eux, non contre le PS mais… contre nous. Parfois, je me demande ce que je fais encore avec ces gens-là.

 

Merci, Monsieur Besancenot !

Les jeux sont-ils faits ? Le NPA ira-t-il seul aux régionales ? Serons-nous moins intelligents que les communistes de la région Poitou-Charentes qui, malgré la volonté de leur direction régionale de rallier la liste de Ségolène Royal au premier tour, se sont majoritairement déterminés pour présenter une liste indépendante du PS ? Nous connaissons l’enjeu de ces élections. Poussé dans ses retranchements, impuissant face à la crise, à la montée du chômage, persistant dans ses choix libéraux, le pouvoir joue sa dernière carte : l’insécurité, l’immigration, l’identité nationale.

 

Face à cela une première opposition regroupant Europe-Ecologie, le PS et le MoDem. Son objectif, réaliser à terme un large rassemblement de centre-gauche. On connait la tendance. Selon les derniers sondages, cette « opposition » obtiendrait autour de 43 % des suffrages exprimés (21% pour le PS, 15 % pour EE, 7 % pour le MoDem). C’est elle qui a aujourd’hui, relativement, le vent en poupe. Elle n’est pas encore, à elle seule, majoritaire. Mais dans la mesure où elle n’est pas, dans l’immédiat, contestée par la seconde opposition, antilibérale et anticapitaliste, elle peut à l’issue de ces élections espérer l’emporter. D’autant plus que le pouvoir voit ressurgir à son extrême droite le spectre d’une remontée électorale du Front national donné dans certaines régions à 9 %.

 

Quid donc de cette seconde opposition ? Toujours selon les sondages elle se présente ainsi : 7 % pour le Front de gauche, 4 % pour le NPA, 2 % pour LO. Si l’on en restait là, seul le Front de gauche pourrait prétendre « marchander » ses voix contre une inflexion plus à gauche des politiques régionales. Sans la présence à la gauche du PS des anticapitalistes du NPA, en l’état hors course, on sait déjà ce que cela donnera : un ralliement dans la plupart des cas à cette majorité de centre-gauche. N’ayons en effet guère d’illusion quant à l’obstacle du MoDem. « Ils » trouveront bien un arrangement. Et voilà comment, la majorité du NPA aura fait, par l’absurde, la vérification de sa juste analyse.

 

En conclusion, en manœuvrant de telle façon qu’elle aura empêché toute possibilité d’une unité de la gauche antilibérale et anticapitaliste au premier tour, la majorité du NPA va offrir à ses adversaires à « gauche » une totale liberté de manœuvre permettant que se consolide ce contre laquelle elle s’était érigée : une alternative de centre gauche au pouvoir. Pis, cet échec annoncé va ouvrir au sein du NPA une crise interne dont on connait déjà les premiers effets : démobilisation massive, départ de nombreux adhérents, perte de crédibilité parmi tous ceux qui espéraient encore de cette « gauche » là. Reste un dernier recours : le vote des militants.

 

Mais qu’adviendra-t-il si une majorité au sein du NPA se dégageait pour renouer les fils d’une renégociation d’un accord électoral ? La majorité actuelle, avec tous ceux qui se sont désormais exprimés résolument contre toute alliance, acceptera-t-elle le verdict des urnes sans broncher, changeant brusquement son fusil d’épaule ? J’ai de la peine à y croire. Ainsi, dans quelques mois, Aubry, Cohn-Bendit, Bayrou, Buffet et leurs amis pourront à l’unisson proclamé : « Merci, Monsieur Besancenot ! » En contribuant par son incompétence et son aveuglement à l’échec d’un rassemblement de la « gauche radicale », il aura, lui et ses amis, offert sur un plateau à cette « gauche » que l’on disait perdue à jamais, cette chance inespérée de se refaire une santé, effaçant d’un trait tous les bénéfices engrangés par la « gauche radicale » depuis 2002.

 

PS. : Ayant pu enfin rétablir ma ligne Internet, je vais pouvoir reprendre mon dialogue avec vous et l’alimentation de mon blog. J’ai vu, qu’en mon absence, vous avez cependant bien ferraillé. Il est vrai que l’essentiel avait déjà été dit.

07/11/2009

"Le NPA prêt à partir seul aux régionales" (Le Monde)

Curieux article dans Le Monde d'aujourd'hui. Selon Zappi les "espoirs" d'un accord avec le reste de la "gauche de la gauche" sont "maigres". Ainsi contrairement à ce que nous tous ici pensions, Besancenot, Krivine et Sabato avec leurs alliés venus de Lutte ouvrière auraient emporté le morceau, rejetant les bases d'un accord. Personnellement je n'y crois pas. S'il advenait qu'il en soit ainsi, il y aurait vraisemblablement une crise majeure au NPA; ce serait même la fin du NPA comme parti de masse, et un retour au groupuscule d'extrême-gauche.

06/11/2009

Le jour où le Mur est tombé

Comme beaucoup de mes contemporains, quand la RDA s’effondra, je fus pris de court par la rapidité avec laquelle les événements s’enchaînèrent. Journaliste alors dans une revue de sciences politiques, je suivais pourtant depuis longtemps avec une équipe de chercheurs ce qui se passait à l’Est de l’Europe. Nous avions été ainsi les premiers à réaliser en janvier 1989 un sondage donnant Boris Eltsine gagnant haut la main aux premières élections libres en URSS. Malgré tout nous restions septiques sur les évolutions des régimes en place. Même nos correspondants à Berlin n’avaient rien vu venir. Jusqu’à la réunification nous fûmes toujours en retard sur l’événement. Plus tard, il en fut de même avec la guerre civile en Yougoslavie.

 

Ayant vu hier soir à la télévision certains de ces observateurs, dont certains correspondants de presse en place à l’époque, revenir sur ces événements, je ne m’étonne plus aujourd’hui de notre incrédulité d’hier. Nous étions tous prisonniers d’un système de pensées pour lequel il était impossible que ces Etats s’effondrent uniquement sous les coups d’un mouvement démocratique spontané. A moins de dix ans d’écart, il se reproduisait là ce qui s’était passé en Pologne, mais cette fois sans le recours d’une opposition organisée, qui plus à large base ouvrière. En RDA puis dans pratiquement tous les pays de l’ancien « glacis », ce sont les « citoyens » sans aucune distinction de « classe » qui se manifestaient pacifiquement mais résolument.

 

Par là, je ne veux pas dire qu’ils avaient suffi que les « gens » sortent dans la rue. Les événements polonais, puis la « Glasnost » et la « Pérestroïka », en résumé le changement de cours initié par la direction soviétique, avaient largement préparé le terrain, mais nous pensions plutôt à des réformes à court ou moyen terme qu’à une révolution. Car ce qui s’est passé ces années là fut bien une révolution. Pas l’une de ces révolutions politiques « antibureaucratiques » comme nous l’avions toujours espéré où l’on garderait le « meilleur » du socialisme comme on dit au NPA. Mais une révolution démocratique ou « l’utopie consumériste capitaliste » l’emporta sans coup férir. Le premier acte de ceux qui franchirent le Mur ce jour là ne fut-il pas de se précipiter aussitôt dans les grandes surfaces de Berlin-Ouest. Quelle claque !

 

Pendant quelques temps j’ai cru à la résistance de la bureaucratie. Je l’avais même dit dans un éditorial. Mes observateurs avouaient hier à la télévision qu’ils n’avaient toujours pas compris pourquoi il n’y avait pas eu, à ce moment là, un coup d’Etat en Russie avec un scénario à la Tienanmen en RDA. Et puis la « classe ouvrière » allait-elle se laisser ainsi déposséder de son Etat, tout bureaucratisé et déformé fut-il ? Ce dernier sursaut eut lieu… en Roumanie. Plusieurs milliers de mineurs fondirent sur Bucarest pour chasser les « démocrates » à coups de bâton. Pauvres mineurs, dernier rempart du « socialisme réellement existant ».

 

Si la gauche se décompose aujourd’hui, la « chute du Mur » n’y est évidemment pas pour rien. Mais le ver était dans le fruit depuis bien plus longtemps. Je me souviens avoir écouté religieusement au début des années 70, Mandel nous raconter par le menu, dans le bruit et la fureur des combats, les premiers pas de la révolution allemande comme si nous y étions. Elle avait commencé un 9 novembre 1918 par la mutinerie des marins de Kiel. Soixante-et-onze après, ce même 9 novembre, un cycle se refermait : celui des révolutions européennes.

 

On ne construira pas un nouveau projet d’émancipation tant que l’on n’aura pas fait un bilan sérieux de ce long cycle tragique. Ceux qui croient pouvoir s’en passer se trompent eux-mêmes. Le jour où le Mur est tombé la révolution est devenue « un concept vide ».

 

 

Dernier billet avant travaux - un déménagement. A bientôt.

05/11/2009

L’hypothèse d’une « gestion de rupture »

Qu’il me soit permis de citer ce long extrait de ce qui sera proposé au vote du CPN les 7 et 8 novembre :

 

« Les régionales auront un double enjeu, local et national. Il s'agira de battre la droite. Mais il faut aussi que les politiques de droite et patronale soient battues et que, en lien avec les mobilisations populaires, des mesures d'urgence sociales, démocratiques et écologiques radicales inédites soient mises en œuvre. Telle est notre ambition, celle d'une gauche antilibérale et anticapitaliste unie, en phase avec les mobilisations populaires sociales et écologiques.

 

Notre alliance est ainsi aux antipodes de la recomposition rose/orange/verte au centre qui s'affirme. Nous ne voulons pas d'une alternance sans changement, nous ne voulons pas gérer le système en nous contentant de le tempérer sur le plan social et écologique. Nous voulons changer les rapports de force. Nous voulons défendre un programme radical permettant de donner des réponses à celles et ceux qui souffrent des conséquences de la crise économique, celles et ceux qui sont inquiets de l'avenir de l'humanité confronté à une crise écologique d'une gravité exceptionnelle. Nous voulons la rupture, pour en finir avec le chômage et les licenciements, contre les privatisations, pour la mise en place d'un grand service public bancaire, pour la défense du pouvoir d'achat, la réduction du temps de travail, le droit à la sécurité sociale et à la retraite, pour la reconversion écologique, la mise en place d'un grand service public de l'énergie, pour le droit à l'éducation pour tous, contre toutes les formes de discrimination et d'oppression.

 

Nous déclinons ce programme de rupture en mesures régionales. Nous tournerons la page des politiques de renoncement qui dilapident l'argent public pour les intérêts privés ce qui suppose de ne pas se laisser enfermer dans le carcan budgétaire et institutionnel qui risque de se durcir encore avec la réforme territoriale annoncée. Il s'agit de mobiliser les fonds publics dans le strict intérêt des classes populaires et dans le cadre d'un plan conséquent de lutte contre le réchauffement climatique. Cela passe par exemple par l'arrêt de toute subvention au secteur privé, aux entreprises, aux lycées privés, à la formation professionnelle contrôlée par le patronat ; par la récupération des fonds publics versés aux entreprises qui ont licencié ; par la mobilisation des fonds publics pour l'emploi public territorial au statut ; pour le développement du service public de formation professionnelle, les lycées publics ; par le développement des services publics de transports gratuits. »

 

A première vue, qui ne souscrirait pas un tel « programme » : « Nous voulons la rupture, pour en finir avec le chômage et les licenciements, contre les privatisations… ». Ou à ceci : « Nous tournerons la page des politiques de renoncement qui dilapident l'argent public pour les intérêts privés… » Je passe sur la « mise en place d'un grand service public bancaire, pour la défense du pouvoir d'achat, la réduction du temps de travail, le droit à la sécurité sociale et à la retraite », même si on se demande bien cependant ce que de telles revendications viennent faire dans un programme régional.

 

Ce qui est frappant c’est la disproportion qu’il y a entre l’état du « mouvement » (j’appelle ainsi toutes les forces politiques ou syndicales qui résistent et luttent) et ces objectifs. On me dira qu’il s’agit de mettre la barre haute pour ne pas se laisser enfermer dans des politiques d’aménagement et d’accommodement. Soit. Mais convenez que l’on est là plus dans l’ordre du discours et de la déclaration d'intention que dans l’élaboration d’un programme concret de rupture s’appuyant sur des réalités régionales et surtout tenant compte des moyens que nous aurons pour, comme on dit, « faire bouger les lignes ».

 

Je ne prendrais qu’un seul exemple, celui des aides aux entreprises. Dans la région Poitou-Charentes, la somme allouée à ces interventions était de l’ordre de 20 millions d’euros, soit moins de 3 % du budget de la région. Sur cette somme, une partie seulement va à des gros groupes qui licencient ou délocalisent, et souvent occasionnellement comme pour Heuliez (3 à 5 millions d’euros je crois). Ces groupes frappant d'ailleurs à toutes les portes : Europe, Etat, région, département, commune...

 

 

Pas de problème pour dire non à ces aides (à condition évidemment de ne pas se mettre les salariés et les syndicats à dos, ce qui n’est pas toujours aisé). Mais 80 à 90 % de ces aides vont à des entrepreneurs individuels, anciens chômeurs, jeunes qui veulent s’installer, repreneur de TPE dont l’ancien patron part à la retraite… Bref, pas de quoi fouetter un chat ; refuser des aides à ces gens constitue-t-il une rupture ? En quoi cela gêne-t-il les capitalistes !

 

La question doit être posée autrement. La région a-t-elle vocation à essaimer le tissu économique ? Sur les 10.000 emplois créés en 2008 dans la région grâce à ces aides, combien en reste-t-il aujourd’hui ? Sûrement pas plus de la moitié, à vue de nez. Et dans quels secteurs ? Pour une bonne part, très certainement dans les services. Mais quelle était l’utilité sociale de ces services ? Etc. Bref cet argent en partie perdu pour pas grand chose (je fais simple) aurait pu être très certainement utilisé plus rationnellement, plus intelligemment, et permettre à ces emplois éphémères de perdurer.

 

Prenons un secteur comme l’aide à domicile où fourmillent les associations. Il y a là un besoin social évident, des emplois à créer, des formations à mettre en place. Doit-on laisser faire le « marché » ou organiser un service public en relation avec les départements et les communes qui assimilerait toutes ces « assos ». Cette méthode est autrement plus efficace, me semble-t-il, que de bomber le torse en proclamant doctement : « pas une aide pour les entreprises ». Mais à l’évidence, on entre là dans une logique de « gestion » du territoire. Une autre gestion, une gestion de rupture. Est-cela que nous voulons, ou souhaitons nous continuer à aboyer ?

03/11/2009

Demandez le programme !

Souvent évoquée dans les débats (surtout entre le PC et le NPA), la « théorie des deux gauches » n’est connue que par sa traduction pratique. Pour le NPA, en effet, s’il existe deux gauches, l’une « radicale », l’autre « social-libérale », c’est que ces  deux projets sont irréconciliables. D’où, pour le NPA, la proposition de construire aux régionales des listes indépendantes du PS et son refus de participer aux exécutifs, du moins dans la mesure où ceux-ci seraient dominés par la « gauche social-libérale » (PS et Europe-Ecologie).

 

Mais est-ce si simple ? Notons que le PG lui-même se positionne comme faisant partie de l'« autre gauche » ; notons aussi que le PC se revendique de « l’anticapitalisme » alors que le PS ne jure que par « l’économie de marché », tandis que toutes les autres formations à la gauche du PS – Alternatifs, Communistes unitaires, Fédération, etc. – choisissent de se situer dans une mouvance « antilibérale » dont se revendiquent aussi de nombreux militants écologistes ou socialistes.

 

Ainsi chacun admet qu’il y a bien plusieurs gauches, les unes s’accommodant du capitalisme et de l’économie de marché, les autres pas. Quant au caractère « irréconciliable » des projets, ce n’est pas seulement le NPA mais également tous les dirigeants socialistes qui le disent. Pas plus tard que dimanche soir, sur RTL, Pierre Moscovici, nouvellement converti au « réformisme radical », refusait l’idée que le PS puisse « gouverner » avec le NPA. Non seulement parce que le NPA ne le souhaitait pas, mais parce que, pour Moscovici, il y avait entre les deux partis deux projets « radicalement » différents, irréconciliables en quelque sorte.

 

Si le PS reconnait qu’il y a bien deux gauches pourquoi le PC se refuse à l’admettre ? Pourquoi le PG, les Alternatifs, les Communistes unitaire, etc., tout en soulignant le fossé qui existe entre les socialistes et eux, font comme s’il existait encore une dernière possibilité de faire revenir le PS dans le giron de la « vraie » gauche ? Est-ce purement tactique, ce que l’on peut comprendre, ou considèrent-ils que les frontières entre les « deux gauches » ne sont finalement pas si imperméables et infranchissables que le dit le NPA ?

 

Qu’il y ait là une question tactique, c’est l’évidence. Tout le monde, y compris le NPA, prend bien soin de faire la différence entre la direction du PS et sa base (militants, sympathisants et électorat) plus encline à faire l’unité avec Besancenot qu’avec Bayrou comme l’a révélé un récent sondage. Mais qu’espère-t-elle, cette base ? Certainement pas que le programme « radical » de Besancenot devienne celui de toute la gauche mais plutôt que ce « brin » de parcours ensemble infléchisse le programme du PS dans un sens plus social, moins libéral.

 

En préconisant, au second tour d’élections de tout faire pour « battre la droite », de fusionner avec les listes du PS et d’Europe-Ecologie, le NPA ne procède pas autrement. Il admet volontiers que l’on peut se retrouver côte à côte avec les socialistes dans certaines luttes comme celle contre la privatisation de la Poste. Il considère ainsi que, bien qu’irréconciliables, ces « deux gauches » ont un adversaire commun : la droite.

 

Il n’y a pourtant guère de différences entre cette gauche sociale libérale, la droite centriste et la droite sarkozyste : même dévotion au marché, aux institutions, à l’Etat, à la propriété privée. S’il y a donc bien deux « projets », l’énoncé de leur caractère irréconciliable ne suffit pas à tout résoudre. La majorité du salariat est très loin d’être acquise à l’anticapitalisme. Elle a surtout bien du mal à reconnaître dans le « projet » des anticapitalistes une alternative. Ce n’est pas sans raison. Une déclaration de principe (« transformer révolutionnairement la société ») ne fait pas un programme.

 

Telles sont les limites, en l’état, de l’anticapitalisme militant. Tout au plus peut-il surenchérir, avec un succès tout relatif, sur un syndicalisme défaillant en préconisant des « mesures d’urgence ». Mais au-delà, il tombe très vite dans une rhétorique tournant à vide. Ce dont profitent les « conciliateurs » qui ont alors tout loisir d’opposer à ce « tout ou rien » impuissant des anticapitalistes radicaux leur politique du « moindre mal ». Comment sortir de ce qui reste une impasse ? Car le « moindre mal » c’est ce qu’a pratiqué le PC depuis des décennies avec l’insuccès que l’on sait. Certainement pas en se refugiant de nouveau dans un « tout ou rien » aussi vain comme l’on fait depuis plus d’un demi-siècle les révolutionnaires de tout poil, toujours dans l’attente d’une nouvelle catastrophe : une crise finale, une guerre…

 

La grande faiblesse de cette théorie des « deux gauches », c’est qu’elle ne peut opposer aux accommodements « réalistes » de la « gauche » social-libéral qu’un « projet » sans programme. Aussi faudrait-il, une bonne fois pour toute, que « l’autre gauche » ou la « gauche radicale », antilibérale et anticapitaliste, reconnaisse que ce « projet » alternatif est à construire de bout en bout ; que c’est par la discussion, la délibération, le débat public, qu’elle y parviendra. Nous n’en sommes pas encore là, mais peut-être n’en sommes nous plus si loin désormais.

31/10/2009

Unité de la gauche antilibérale et anticapitaliste en Auvergne

Les Alternatifs, Alterékolos, NPA Auvergne, le Front de Gauche constitué du PCF, du Parti de Gauche et de la Gauche Unitaire suite à la réunion du mardi 20 octobre à Clermont Ferrand

Dans une situation marquée par une offensive accélérée de la droite et du patronat contre l’ensemble des droits sociaux et des droits démocratiques, les organisations signataires appellent à soutenir et à contribuer aux mobilisations et aux luttes de façon la plus large et la plus unitaire possible, comme c’est le cas contre la privatisation de la Poste avec le succès de la votation citoyenne.

La crise du capitalisme continue aujourd’hui d’exercer ses ravages écologiques et sociaux démentant les discours trompeurs sur la reprise et la moralisation de celui-ci. Les États ont distribué des centaines de milliards aux responsables de la crise financière. Ils demandent maintenant à la population et au monde du travail de payer cette facture, de payer l’addition pour les banques, de payer à la place des pollueurs...

Face à cette situation, à la détermination du pourvoir Sarkozyste et à un glissement à droite de la gauche d’accompagnement avec la tentative de construction d’une coalition de centre-gauche PS/MODEM/Europe Ecologie, il y a nécessité et urgence à construire dans l’unité un débouché politique et une alternative à la logique du système capitaliste et productiviste.

Nous souhaitons travailler ensemble, au plan national comme au plan régional et de façon durable, à gagner la majorité des travailleurs et de la population aux perspectives ouvertes par une gauche de transformation sociale, écologique, féministe et démocratique en l’associant à l’élaboration de notre programme.

La population doit pouvoir exprimer en toute clarté son opposition à la droite mais aussi son choix entre une gauche et une écologie de renoncement et une gauche unie et déterminée de combat et d’espoir. Notre perspective est d’être majoritaire pour changer la vie des gens et appliquer un programme de rupture avec les pratiques antérieures en particulier au travers d’un véritable partage des richesses. Nous voulons un changement radical d’orientation des politiques nationales et régionales.

Dans cette perspective les organisations Les Alternatifs, Alterékolos, NPA Auvergne, le Front de Gauche constitué du PCF, du Parti de Gauche et de la Gauche Unitaire affirment leur volonté commune de rassembler les forces anticapitalistes et de transformation sociale pour proposer un programme répondant au plus près aux besoins sociaux, écologiques et démocratiques du plus grand nombre afin de battre la droite en remobilisant l’électorat populaire et faire entendre dans l’unité une autre voix à l’occasion des prochaines élections régionales.

Dans le respect des positions et des calendriers de décision propres à chaque parti nous décidons de constituer dès aujourd’hui un cadre politique régional de discussion commun en vue d’échanger sur les propositions et le programme régional porteur de ces exigences.

 La Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (les Alternatifs, Alterékolos), NPA Auvergne, le Front de Gauche (PCF, le Parti de Gauche et Gauche Unitaire), le 29 octobre 2009

« Ni jamais, ni toujours »

La proposition du Front de gauche – c’est-à-dire du PC et du PG – le mercredi 28 octobre a surpris tout le monde. Exit l’offre d’« élargissement du Front de gauche » pour « constituer des majorités de gauche de gestion », telle qu’elle avait été votée (à 80%) le 24 lors du CN du PC ; même pas mis au débat la proposition alternative du NPA. Cette rencontre, qui devait-être la dernière, aura donc relancé le processus unitaire alors que l’on ne s’y attendait plus. Le « coup de gueule » de Buffet, de la Réunion le soir même, montre cependant qu’au PC on est très loin d’être unanime ; certains propos tenus également par Besancenot la veille de la rencontre dans Libération n’étaient pas exactement non plus un signe d’ouverture.

 

Pourquoi ce retournement ? Du côté du PG et de certains membres du PC il apparaît de plus en plus clairement que l’on ne souhaite pas un face à face stérile entre un Front de gauche instrumentalisé par une partie de la direction du PC et un NPA où l’emporterait les tendances les plus hostiles à l’unité. On a vu le résultat d’une telle stratégie aux européennes. C’est Europe-Ecologie qui a fait la percée que la « gauche de gauche » aurait pu faire, crédibilisant un projet de centre-gauche que le PS – divisé par ses querelles internes – semble incapable, en l’état, d’impulser. Refaire le mauvais « coup » des européennes, ce serait de  nouveau laisser ces forces hostiles marquer des points.

 

Un autre élément ne doit pas être négligé. Dans les rangs des militants et des sympathisants de toutes ses formations à la gauche du PS, l’aspiration majoritaire est à l’unité. Si tout le monde a désormais admis que l’indépendance vis-à-vis du PS est absolument nécessaire (il faut mettre au crédit de la LCR, puis du NPA d’avoir mené à peu près seul ce combat de l’indépendance), en revanche, personne ne souhaite que cela profite à la droite. Reste la question de la gouvernance. « Ni jamais, ni toujours », semble-être aujourd’hui la base commune d’un accord possible. Il faut cependant admettre qu’il sera toujours difficile à des élus du PC, habitués depuis toujours à gérer avec le PS, de passer à d’autres pratiques. A l’inverse, les conditions de participation du NPA à des exécutifs sont encore loin d’être réunies.

 

Enfin, en admettant que le principe de listes unitaires indépendantes du PS soit retenu, c’est dans l’élaboration d’un programme commun de « rupture » (NPA) ou de « transformation sociale et écologique » (PG) que l’on verra bien si un tel accord peut tenir. Mais cela ne suffira pas s’il ne se créé pas derrière une dynamique de rassemblement large comme cela avait été le cas en 2005. Si le processus reste uniquement entre les mains des « appareils parisiens » on risque à tout moment le collapsus. Ce qui est l'enjeu aujourd’hui n’est pas la conclusion d'un simple accord électoral, c’est beaucoup plus que ça. C’est l’idée que le processus de décomposition de la gauche est réversible, que tout n’est pas perdu, et que le capitalisme n’est pas le seul horizon possible. Mais ceci est encore une autre histoire.

30/10/2009

Marie-Georges Buffet, l’idiote utile du social-libéralisme

Madame 1% a déclaré hier dans une conférence de presse à la Réunion que « l'objectif du NPA ne correspond pas » à celui du PCF. Si l’objectif du PCF est bien de construire des majorités de gestion avec les sociaux-libéraux du PS au premier tour comme au second, nul ne doute que ce n’est pas l’objectif du NPA. L’erreur du NPA s’est d’avoir cru que le fruit pourri de l’ancien parti stalinien tomberait de lui-même et qu’il lui dégagerait ainsi l’espace nécessaire pour construire une véritable force anticapitaliste.

 

Cette erreur, elle remonte à la création même du NPA. En fermant la porte aux authentiques antilibéraux, aux socialistes et aux communistes en dissidence, en verrouillant même les débats à l’intérieur du nouveau parti, le NPA a échoué dans son objectif initial : construire un parti large et de masse quand c’était possible. En procédant ainsi il a laissé au PC suffisamment encore d’espace pour continuer son travail de nuisance. Le NPA a de nouveau raté le coche aux européennes. Ayant pris conscience très récemment qu’il s’isolait, le NPA a entrepris, non sans mal, de lâcher du lest. Il en a lâché beaucoup, trop estimeront certains camarades du NPA. Mais l’unité était à ce prix.

 

C’est pourquoi s’en prendre aujourd’hui au NPA qui a été, dans ces concessions, bien au-delà de ce qui avait été prévu initialement, est une erreur. L’obstacle au rassemblement de tout ce qui compte comme forces politiques à la gauche du PS, c’est le PC et lui seul. Pas ses militants, pas ses sympathisants, pas ses électeurs, mais son appareil et le gros de ses élus : ses députés, ses sénateurs, ses maires, ses conseillers généraux dont l’élection dépend uniquement de la bonne volonté du PS.

 

Ce n’est donc pas une simple affaire de divergences politiques entre le PC et le NPA mais une affaire essentiellement et bassement matérielle. Le PC reçoit de ses élus autour de 17 millions d'euros, la moitié de son budget de fonctionnement. Le rassemblement de la « gauche de gauche » ce serait pour la plupart de ces notables, pour les vieux, comme pour les jeunes, la fin de leur rente ou de leur perspective de carrière. C’est pourquoi, jusqu’au bout ils s’opposeront à tout accord. C’est bien ce que les partenaires du PC dans le Front de gauche ont enfin compris.

 

Ce Front de gauche apparaît ainsi de plus en plus pour ce qu’il est : une duperie, un moyen pour le PC de faire illusion en profitant des autres pour assurer ses vieux jours. Le coup de semonce de MGB à l’autre bout du monde, c’est un rappel à l’ordre. Elle voit ses partenaires soudainement lui faire défaut. Alors dans sa rage, l’idiote utile du social-libéralisme siffle la fin de la partie. Le PC va-t-il être suivi ? Le PG a tout à perdre à se plier à cet ordre venu de quelqu’un qui ne pense qu’à une seule chose : assurer coûte que coûte la victoire du PS pour préserver ses intérêts d'appareil quitte à faire échouer cette espérance qui s’était levée en 2005.

29/10/2009

Alliance de raison et compromis boiteux... et refus du PC

L’accord n’est pas encore scellé mais il pourrait se présenter à la fois comme une alliance de raison et un compromis boiteux. Mais pourrait-il en être autrement ? Un solo du Front de Gauche et du NPA serait pour les deux principaux protagonistes prendre un risque considérable. Ni l’un, ni l’autre, ne sont dans ces conditions assurés d’atteindre les 5 % et encore moins les 10 %. Pour le NPA il n’est pas certain qu’il puisse faire l’économie d’une crise interne. Pour le Font de Gauche, il n’est pas sûr qu’il puisse tenir debout face à la pression des élus du PC soucieux d'abord et avant tout de leur réélection. Il est très certainement apparu aux partenaires du PC dans le Front de Gauche que s’ils continuaient à vouloir imposer au NPA, à la fois de rejoindre le Front et de conditionner cet élargissement à entrer nécessairement dans des majorités de gestion, aucun compromis n’était possible.

 

Le compte-rendu qu’a fait la délégation du NPA illustre bien la façon dont a pu s’établir le compromis : « La réunion a débuté par la présentation d’une déclaration du Front de gauche. Elle a de fait constitué la base de discussion de la soirée, mettant de côté l’offre politique du PC et notre proposition alternative. De fait, elle rouvrait la discussion. Cette déclaration constitue à différents égards un élément nouveau et que nous avons apprécié positivement : elle acte le fait que le cadre unitaire ne pourra être le Front de gauche malgré l’insistance du PC sur la nécessité « de l’élargissement du Front de gauche » ; elle ne met plus de conditions de réalisation à un accord national ; elle affirme deux fois l’existence de conditions (à déterminer) pour participer aux exécutifs. »

 

Evidemment l’« ouverture » de la fenêtre n’est pas grande. C’est là que réside le compromis boiteux comme en témoigne cet extrait de la déclaration du Front de Gauche : « Notre volonté est de porter des projets de transformation sociale réelle dans les régions. Si les conditions en sont créées nous pourrons travailler à leur mise en œuvre jusque dans les exécutifs régionaux car la gestion des régions s’envisage  comme un moyen d’atteindre nos objectifs. Notre participation [aux exécutifs] est donc liée aux conditions qui la rendent possible. Il s'agit de la possibilité de mettre en œuvre  les points essentiels de notre programme et du rapport de force permettant effectivement de les appliquer. »

 

La délégation du NPA ne cache donc pas que c’est de la discussion de « la nature des conditions de participation aux exécutifs » que dépendra un accord définitif. Le NPA franchit là un pas décisif (inédit) puisqu’il n’exclut pas a priori de participer à des exécutifs à certaines conditions. Mais ça l’est également pour le PC qui devra donc (en principe) conditionner cette participation à un accord sur un programme. Encore qu’il faille apporter un bémol à cette avancée. Comme le note la délégation du NPA : « Le refus du Front de gauche à engager cette discussion avant que ne soit ou pas accepté ce qu’ils appellent la stratégie, c'est-à-dire l’objectif d’aboutir à des majorités de toute la gauche, souligne leur contradiction. Ils parlent de programme de rupture mais voudraient le défendre avec des forces explicitement libérales, le PS et les Verts. »

 

Heureusement, les autres composantes ont soutenu le NPA dans cette démarche : « il y a eu un compromis sur la tenue d’une réunion exploratoire sur le contenu et le programme. » Et c’est pourquoi le NPA précise : « C’est ce sur quoi il nous faut porter la discussion, le lien entre les alliances et le programme.  Ce programme ne peut pas être que régional et « applicable dans le champ de compétence des régions » comme il est écrit dans la déclaration du Front de Gauche. De fait, dans la discussion le Front de Gauche place la recherche de majorité de toute la gauche avant la question du programme. Nous discutons, nous des alliances en fonction du programme, des exigences des classes populaires face à la crise comme cela était dit dans la première déclaration commune. »

 

Donc, pour l’instant, c’est un compromis fragile et nécessairement boiteux qui s’est institué en ce sens où il ne participe pas d’une volonté commune, impossible en l’état, mais d’une addition d’objectifs différents, voire divergents. Mais dans l’immédiat le NPA et le PC sont condamnés à s’entendre sur cette base. Cette étape est obligatoire  parce que c’est la seule façon de contrer le projet de « centre-gauche » d’Europe-Ecologie à l’heure où il pose de plus en plus de problèmes chez les Verts mêmes (voir les déclarations de Cohn-Bendit). Reste à savoir enfin quel accueil va avoir dans le NPA un tel compromis qui a été bien au-delà de ce qui avait été prévu ? Surtout, cette nécessaire discussion sur un programme de rupture sera-t-elle pour certains d’entre nous, toujours prompts à la surenchère, un moyen de revenir en arrière ?

 

IMPORTANT Il semble que le PC n’accepterait pas le compromis comme le relate cette dépêche AFP : « Aucun accord n'a pu être conclu entre le NPA et le PCF pour une alliance aux Régionales. La secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet a déclaré jeudi à la Réunion que le débat sur la stratégie des régionales était "tranché", constatant que "l'objectif du NPA ne correspond pas" à celui de son parti. Elle a signalé que son parti a "appelé à un Front de Gauche le plus large possible" auquel certains "partis ont répondu", citant le Parti de gauche, la Gauche unitaire et République et Socialisme (mouvement issu du Mouvement Républicain et Citoyen de Jean-Pierre Chevènement). "J'espère que d'autres suivront" a-t-elle ajouté, lors d'un point-presse au Conseil régional de la Réunion où elle a rencontré le président Paul Vergès (Parti Communiste Réunionnais). Interrogé sur la position du NPA à qui le Front de gauche a proposé mercredi de constituer des listes communes au 1er tour, elle a déclaré ne "pas avoir eu des nouvelles de cette réunion". "L'objectif du NPA ne correspond pas" à celui du PCF. »

 

 

Sondage : selon le dernier baromètre Opinion Way pour le Figaro et LCI, l’UMP est crédité de 30 % des intentions de vote au premier tour, devant le Parti socialiste, qui gagne deux points, à 21 %. A cinq mois de l'échéance, le Front national réalise la plus grosse progression, gagnant trois points, à 9 %. Europe-Ecologie recule d'un point, à 15 %, tout comme le Modem (6 %), qui est à égalité avec le Front de gauche (6 %, – 2 points), juste devant le NPA (stable à 5 %).

 

(A suivre)

Rabibochage à la gauche du PS ?

Ceci est un compte-rendu de la rencontre du 28 octobre par l’un des représentants de la délégation de la Fédération (Pierre COURS-SALIES), suivi d’une déclaration du Front de gauche.

 

1 - Les vents « pessimistes » qui soufflaient depuis une petite semaine, du fait de la déclaration du NPA à la veille du CN du PCF et des échanges dans la presse… n’ont pas été confirmés. Le texte du Front de gauche (ci-dessous) est assez parlant par lui-même : pour l’essentiel, il décrit une démarche qui a notre accord. Relire au besoin les textes adoptés les 17 et 18 octobre.

 

2 - Il faut ajouter quelques précisions. L’accord pour que le nom ne soit pas Front de gauche a été enregistré comme allant de soi par les porte-parole du PCF et du PG. Il faudra donc faire des propositions, comme indiqué dans la lettre d’envoi que nous avions fait suivre avant la réunion.

 

3 - Le NPA a donné une interprétation de son propre texte qui souligne les convergences avec ce que nous avions écrit au sujet des exécutifs.  

 

Nous avions écrit :

« Le débat se poursuit entre nos organisations quant aux conditions de participation éventuelle à un exécutif des régions. Plus les résultats de la campagne de premier tour seront bons et plus simple sera cette question. Notre engagement à participer à des exécutifs qui seraient de vrais instruments d’action est sans hésitation. Nous voulons y apporter les moyens de changer la situation et de développer de vraies politiques de transformation sociale et écologique. La participation aux exécutifs devra être décidée, après débat dans chaque région, en fonction des résultats de la campagne. »

 

Le NPA estime que cela rejoint un passage de leur propre texte de « propositions » :

«V – Rôle des élus. Nos élus se constitueront en groupe dans les Conseils régionaux. Ils agiront sur la base du mandat programmatique défendu ensemble dans la campagne. Ils mettront globalement en œuvre le programme partout où le rapport de forces le permettra et défendront chacune des mesures qui le compose avec ténacité dans tous les cas de figure en s'appuyant sur les mobilisations sociales ». 

 

Et cela recoupe la partie correspondante  du texte du Front de gauche diffusé ce soir.

« Notre volonté est de porter des projets de transformation sociale réelle dans les régions. Si les conditions en sont créées nous pourrons travailler à leur mise en œuvre jusque dans les exécutifs régionaux car la gestion des régions s’envisage  comme un moyen d’atteindre nos objectifs. Notre participation est donc liée aux conditions qui la rendent possible. Il s'agit de la possibilité de mettre en œuvre  les points essentiels de notre programme et du rapport de force permettant effectivement de les appliquer. Cette hypothèse exclut toute participation du Modem ou d’une quelconque organisation de droite ».

 

Une tactique dangereuse voulue par Gauche unitaire et une partie des porte parole du PCF a été rejetée : ils voulaient « attendre » que le NPA ait eu sa réunion de leur CPN (les 7 et 8 novembre prochain) avant de tenir la réunion suivante afin que le NPA puisse vérifier s’il donnait son accord à la démarche présentée ci-dessus.

Personne n’a fait un tel chantage au PCF depuis le 28 septembre alors qu’il a fallu attendre son dernier CN pour qu’il se prononce en faveur de listes autonomes par rapport au PS au premier tour ! Pourquoi donner ce signal négatif aux commentateurs dans la presse et aux cassandres dans toutes les organisations à la gauche du PS. Ces arguments, appuyés vigoureusement par les représentants  du FSQP ont amené un changement de décision et, malgré des réticences de certains, le PCF et le PG ont convenu qu’il valait mieux maintenir la prochaine réunion comme prévue.

Il y aura donc une nouvelle réunion, le 2 novembre au soir comme prévu, afin de commencer la discussion sur les propositions à développer à l’occasion des régionales.

 

Conclusions rapides : L’actualité du texte adopté le 18 octobre est encore affirmée. Les informations contenues ont des conséquences pratiques. Ne restons pas les deux pieds dans le même sabot, ou « l’arme au pied », comme disent certains sur cette liste.

 Toutes les informations données ici en style télégraphiques sont évidemment un appel à deux choses :

-         rendre publics ces résultats ;

-         avancer les discussions publiques autour de projets par région.

 

Déclaration du Front de Gauche 28-10-2009

 

Nous voulons mettre la dynamique du Front de Gauche au service du rassemblement unitaire de toutes les forces et plus globalement de toutes les citoyennes et les citoyens et les acteurs du mouvement social qui aspirent à rendre majoritaire une alternative à la logique du système capitaliste, du libéralisme et des modèles productivistes. Nous leur disons que le Front de Gauche peut être leur outil. Nous affirmons notre disponibilité à des listes larges réunissant des partis qui tout en n'étant pas dans le Front de Gauche, convergent sur cette démarche et ces objectifs.  

Dans ce but,  nous nous adressons aux organisations présentes dans ce groupe de travail pour conclure un accord national.

Nous avons déjà des acquis. Nous avons dressé un certain nombre de considérants qui nous ont permis de constituer un cadre politique national de discussion commun en vue de vérifier la possibilité d'aller ensemble aux régionales.

La plupart des mouvements réunis ici ont fait des déclarations et des offres politiques.  Nous pensons que le moment est venu de nous prononcer sur des propositions très concrètes à même de constituer les bases de cet accord national :  

·      La constitution de listes au premier tour différentes de celles présentées par le PS et Europe écologie.  

·      Ces listes répondront à trois objectifs indissociables : changer les rapports de force à gauche en faveur de la ligne de transformation sociale, battre la droite et rassembler une majorité autour d’un projet vraiment alternatif à la logique du système qui est en crise aujourd’hui. En particulier autour des mesures que nous pourrions porter ensemble. Elles s’engageront à défendre ce programme dans les futurs conseils régionaux. Elles affirmeront leur volonté de le mettre en œuvre à la tête des régions, partout où nous nous jugerons en situation de le faire. Il doit s’agir d’une politique de rupture cohérente, applicable dans le champ de compétences des régions, changeant réellement la vie des citoyens en donnant la priorité aux besoins sociaux, écologiques et démocratiques contres les logiques capitalistes, libérales et productivistes.

 

·      Nos listes s’engageront, sans ambiguïté, à faire barrage à la droite en se rassemblant avec les autres listes de gauche au 2ème tour à l’exclusion de tout accord avec le Modem. La liste arrivée en tête au 1er tour fusionnant avec les autres listes de gauche et écologique proportionnellement au 1er tour. Nous demanderons le même engagement au PS et à Europe Ecologie.

 

·      Notre volonté est de porter des projets de transformation sociale réelle dans les régions. Si les conditions en sont créées nous pourrons travailler à leur mise en œuvre jusque dans les exécutifs régionaux car la gestion des régions s’envisage  comme un moyen d’atteindre nos objectifs. Notre participation est donc liée aux conditions qui la rendent possible. Il s'agit de la possibilité de mettre en œuvre les points essentiels de notre programme et du rapport de force permettant effectivement de les appliquer. Cette hypothèse exclut toute participation du Modem ou d’une quelconque organisation de droite.

27/10/2009

Faut-il sauver le PC, pour sauver le PS, pour sauver la gauche ?!

La presse est unanime (Le Monde, Libération, Marianne, etc.) : « L’intransigeance du NPA » vis-à-vis du PC est en train de casser le processus unitaire enclenché depuis un mois. Je m’interroge. Depuis un mois la presse et les médias en général n’ont pipé mot de ce processus unitaire (3 rencontres, la prochaine le 28 octobre). Le PCF fait samedi une offre qui va à l’encontre de tout ce qui avait été acté par tous les partenaires (sauf le PCF) depuis un mois et c’est le NPA qui, soudainement, se retrouve en position d’empêcheur de se rassembler en rond.

 

Comprenne qui pourra. Après enquête, on (c’est-à-dire des journalistes) me dit que le NPA a fait parvenir un communiqué entre temps à la presse « qui revient largement en arrière par rapport au texte négocié lors de la dernière réunion. En reprenant notamment son argumentation sur les deux gauches et en tapant sur le PCF de manière pas très habile. » En d’autres termes, « la direction du NPA aurait recadré ses mandataires pour éviter tout accord avec le PCF. » Cela dit, les mêmes sources disent avoir eu ces confidences de la part du PG et de la GU, donc des « partenaires » du PC. De telles sources sont-elles fiables ?

 

Je ne dis pas cependant que c’est impossible mais la dernière déclaration du NPA date du 22 octobre (il y en a une nouvelle aujourd’hui) ne dit rien qui pourrait-être interprété dans ce sens : « La gauche d'adaptation tente de se rassembler, il est temps que la gauche radicale, indépendante de l'orientation du PS, qui refuse l'alliance avec le MODEM comme une nouvelle compromission avec la droite, s'unisse. Qu'elle s'unisse pour favoriser les mobilisations et les résistances, qu'elle s'unisse autour d'un programme de rupture. Qu'elle s'unisse par une stratégie indépendante du PS. C'est la condition de la reconstruction d'un nouveau mouvement émancipateur. » C’est le discours que nous avons toujours tenu et que le PC connait parfaitement. C’est sur cette base que l’unité était en marche.

 

Si le PC nous avait dit dès la fin septembre comme ils nous disent aujourd’hui : « nous voulons constituer au second tour avec le PS et les Verts des majorités de gestion », nous aurions dit non et tous les autres également. Mais il ne l’a pas dit. Il ne l’a pas fait parce qu’il savait que c’était irrecevable. Pourquoi le fait-il aujourd’hui ? Parce qu’il n’a pas d’autre solution s’il veut préserver son capital d’élus, non seulement aux régionales mais partout où il fait cause commune avec le PS : au parlement, dans les conseils régionaux, dans les municipalités.

 

En vérité le PC tente une nouvelle fois de faire ce qu’il avait déjà fait en 2007 : s’emparer des voix « protestataires » à gauche. Bilan pour la candidate Buffet en 2007 : un peu plus de 1 % des voix. En 2009 aux européennes, même opération mais cette fois avec le PG et la Gauche unitaire, avec un peu plus de succès. Mais lors de ces deux premières tentatives pour stopper son déclin irréversible, l’opération du PC avait largement été facilitée par l’attitude du NPA. Plus rien de cela en cette fin d’année. Le NPA ayant enfin compris qu’il était perdant à ce petit jeu de bras de fer, que c’était même l’avenir de cette « gauche anticapitaliste et antilibérale » qui était en jeu.

 

Or, face à l’« ouverture » du NPA – que tout le monde à la gauche du PS a enregistré avec satisfaction – le PC n’a, depuis un mois, cessé de trainer les pieds et prit le pouls de sa base, de ses élus surtout. Il en est ressorti que pour la plupart d’entre eux « s’émanciper du PS » (pour reprendre un titre de Libé) s’était leur fin annoncée à plus ou moins brève échéance, de leurs statuts, revenus et rentes diverses. On peut les comprendre. Mais c’est leur problème et pas le nôtre et surtout pas celui de tout ce qui compte à la gauche du PS : militants et électeurs, c’est-dire quelque millions d’hommes et de femmes.

 

Un peu comme Lutte ouvrière qui aux dernières municipales est allée se ranger sous la bannière du PS pour « ne pas démoraliser la classe ouvrière », le PC aujourd’hui nous invite à participer avec lui au « sauvetage de la gauche ». En d’autres termes : sauvez-nous du naufrage, pour sauvez le PS, pour sauvez la gauche ! Ce qui est exactement ce que fait le PCF depuis 1981. Mais le pire c’est qu’il veut nous obliger cette fois (car telle est cette fameuse offre des « communistes ») à le suivre dans cette descente aux enfers, exactement comme l’a fait le parti communiste italien. Alors sommes-nous sectaires parce que nous refusons de rallier le programme du PS au second tour ? Sommes-nous sectaires d’exiger le respect du  programme sur lequel nous auront été élus ? Sommes-nous sectaires de vouloir « être libre de nos votes » ?

 

Ci-joint la proposition que le NPA fera demain à tous les partenaires situés à la gauche du PS, PC, PG et Gauche unitaire compris.

25/10/2009

Une « offre » inacceptable

« L’offre » du PCF que l’on pouvait déjà lire avant qu’elle soit votée deux jours auparavant dans les colonnes de L’Humanité (vieille habitude du PCF) consiste à proposer à ses partenaires à la gauche du PS de rejoindre le Front de gauche pour constituer au second tour, je cite : « des majorités de gauche au sein desquelles ils agiront pour la mise en œuvre d’objectifs de transformation sociale y compris dans les exécutifs régionaux. » En d’autres termes le PCF invite le PG, le NPA, la Fédération et les Alternatifs à se ranger sous sa bannière pour faire ce que le PCF fait depuis une bonne trentaine d’années : gouverner avec le PS. Ajoutons, avec le succès que l’on sait.

 

Evidemment une telle « offre » est inacceptable. Mélenchon, que l’on croyait plus malin, fait la bête. Sur son blog il n’hésite pas une seule seconde : « J’approuve la formule du texte communiste précisant que le but n’est pas d’opposer une gauche à l’autre dans la compétition qui va avoir lieu au premier tour mais qu’il s’agit de faire "bouger le curseur à gauche". Je ne l’aurais pas dit de cette façon, mais l’idée me va tout à fait. A présent les amis du NPA doivent eux-aussi faire l’effort qui est attendu d’eux. Ils ne doivent plus bloquer tout le rassemblement sur la question de la participation ou non aux exécutifs régionaux. »

 

Ainsi, c’est à nouveau le NPA qui bloque ? Mélenchon devrait se relire et se réécouter. Dimanche dernier il expliquait sur France 3 que le NPA avait levé l’obstacle du premier tour sur l’exigence d’une non-participation aux exécutifs, la formule du NPA étant : « nous voulons être libres de nos votes », autrement dit nous ne voulons pas être piégés dans une alliance à sens unique. Le NPA précisait : « nous pouvons fusionner avec les forces de gauche avec lesquelles nous proposons l'unité dans la rue, face à la droite aux élections. Ce qui inclut le PS et ce qui exclut le Modem. » Cette déclaration de Mélenchon provoqua donc un communiqué cinglant du PCF pour qui tout accord avec le NPA doit être repoussé. Une semaine après Mélenchon affirme exactement l’inverse.

 

Aurait-il oublié ces passages dans la dernière déclaration du PG (du 21 ou du 22 octobre) : « Le NPA a expliqué, toujours lors de la dernière réunion du Groupe de travail commun, que « la question des exécutifs est une conséquence du débat programmatique, pas un point de départ ». Nous sommes d’accord. […] Le NPA a bien validé dans le compte rendu de la réunion du Groupe de travail du 16 octobre la phrase suivante : « Tout le monde est à ce stade grossièrement d’accord sur la formule suivante : aucune des forces du groupe de travail ne dit « jamais par principe », aucune ne dit « toujours »» Pourquoi se contredire ?

 

Manger son chapeau doit être une vieille habitude contracté au PS dont Mélenchon n’arrive finalement pas à se débarrasser. Quel courage ! Ou alors, feint-il d’être sur la même ligne que le PCF pour obtenir plus du NPA. Or quel est ce « plus » sinon d’envisager comme une éventualité de pouvoir participer à des coalitions avec le PS et de l'imposer à tous. Mélenchon se moque du monde. Exit « l’autre gauche », vive la « gauche unie » ! On croit rêver. Voilà qui va réjouir tous ceux qui au PCF comme au NPA ne veulent surtout pas d’alliance à la gauche du PS. Ils cherchaient n’importe quel prétexte pour contrer un processus bien enclenché, il est tout trouvé. Les médias, muets jusqu’ici sur les progrès réalisés, vont pouvoir s’en donner à cœur joie. Le Figaro et Le Monde ont été les premiers à réagir.

Chères consœurs, chers confrères

On me dit que vous ne voulez pas publier les déclarations conjointes du NPA et du PG qui font le point précis de l’avancée du processus unitaire à la gauche du PS. A la fois je vous comprends et je m’interroge. Je vous comprends, parce que ces textes forts longs, pleins d’arguties et d’arcanes, sont, en l’état, impropres à une publication in extenso. Mais c’est somme toute votre travail de « reporter » de traduire en langage clair ce à quoi ces partis sont difficilement parvenus.

 

Mais je m’interroge aussi. Depuis un mois les partis et formations qui se situent à la gauche du PS se sont réunis à trois reprises. Le 28 septembre ils et elles ont fait une déclaration commune actant les points de divergence et de convergence. Deux nouvelles rencontres ont permis d’avancer un peu plus encore. Seul, dans l’immédiat, le PCF retient sa décision. Mais l’espoir de voir en mars des listes communes de la « gauche radicale » ou de « l’autre gauche », indépendantes du PS, existe bel et bien.

 

Pourquoi n’en avoir rien dit ? Pourquoi ce silence général de Libération à Marianne, du Monde au Figaro, dans les radios, à la télévision ? Pourquoi faut-il qu’un présentateur de France 3 découvre au beau milieu d’une interview (avec Jean-Luc Mélenchon dimanche dernier) que le NPA n’est plus hostile à l’unité ? La « gauche de gauche » n’aurait-elle d’intérêt pour vous que divisée, déchirée ? Il y a presqu’un an vous vous esbaudissiez d’une OPA du tout nouveau NPA sur la « gauche de gauche. Après les européennes, l’opération ayant fait choux blancs, renversement total. D’objet obscur d’un désir trouble (Le Figaro n’avait-il pas fait de Besancenot le premier opposant à Sarkozy), le NPA ne trouvait plus grâce à vos yeux. La « mariée » avait-elle été trop belle ?

 

De l’aveuglement des premiers temps on passa aux quolibets. Je ne vous en veux pas. Le « triomphalisme » du NPA avait quelque chose d’agaçant. Mais c’était à vous d’être plus clairvoyant. Ces partis sont comme ils sont. Pèse sur leur dos un lourd héritage de divisions avec des rancœurs tenaces. Mais aujourd’hui c’est une toute autre dynamique qui l’emporte, celle de l’unité, du rassemblement. Certes tout n’est pas encore réglé et nous allons vraisemblablement entrer dans une nouvelle phase de turbulences mais la dynamique est là.

 

Aujourd’hui les militants communistes ont entre leurs mains la destinée de toute une partie de la gauche française. Leur choix va être difficile. Mais combien ce moment là est autrement plus décisif pour la politique française que de savoir ce qu’il adviendra dans quelques années d’un Jean Sarkozy ou si de Villepin sortira ou non blanchi de « l’affaire Clearstream » ou de comprendre « Pourquoi Sarko veut la peau de Rama Yade ? ». Contrairement à beaucoup de mes camarades, je ne crois pas au « complot médiatique ». Je suis même persuadé que les journalistes sont la plupart du temps de bonne foi. Mais le travail du journaliste n’est pas de juger ce qui est bon ou mauvais pour ses lecteurs et auditeurs. Il est d’abord de rendre compte. Ce qui se passe aujourd’hui à la gauche du PS vaut la peine que l’on s’y intéresse.

23/10/2009

Parti en fin de vie recherche allié désespérément

« Il est grand temps d'ouvrir le débat avec Europe écologie pour construire l'avenir, c'est-à-dire un nouveau projet et de nouvelles alliances », écrit Stéphane Gatignon, maire PCF de Sevran, à sa secrétaire générale Marie-Georges Buffet. Je n’irai pas jusqu’à dire que je m’y attendais, mais la récente rencontre entre Cécile Duflot et la dirigeante du PC pouvait laisser penser qu’une telle éventualité n’était pas à écarter. Il en va ainsi au PC. Certains iraient bien avec le PS dès le premier tour des régionales et plus loin encore, d’autres avec les Verts, d’autres enfin avec la « gauche radicale » (version NPA) ou « l’autre gauche » (version Mélenchon). Le Conseil national du PC qui se réunit ce samedi aura la lourde tâche de choisir entre ces trois options. Parions qu’il ne se déterminera pas de si tôt ou qu’il laissera le soin aux instances locales de décider à sa place.

 

Quid du Front de gauche ? L’alliance électorale du PC et du PG (plus la Gauche unitaire de Picquet) aux européennes a donc du plomb dans l’aile. Même si le PC, se faisant violence, choisit finalement de rallier l’alliance NPA-PG-Fédération & Co, ce front n’aura de toute façon plus d’existence possible. Ce qui ne résout pas cette question qui taraude le PC depuis une bonne dizaine d’années : les « communistes » ont-ils encore une raison d’être en tant que parti ? Il faut en convenir, le PC a, au mieux, son passé pour lui (pas toujours glorieux) mais ce qui est certain c’est qu’il n’a plus d’identité propre. Il n’est pas le seul, évidemment. Le PS s’en cherche une nouvelle ; le NPA a cru s’en fabriquer une (l’anticapitalisme) mais son oscillation entre le choix des urnes et celui des luttes montre que dans ces temps obscurs, il est bien difficile, faute d’une réflexion de fond, de se contenter de quelques formules passe-partout (« parti des luttes » ; grève générale…).

 

Il en est de même pour l’écologie politique vacillant entre l’option Cohn-Bendit (de centre-gauche avec le MoDem) et l’option plus à gauche de Duflot. Au Portugal les Verts sont alliés depuis dix ans avec les communistes. Et pourquoi pas ! En Allemagne, c’est l’inverse. Les (ou des Verts) pensent sérieusement rejoindre la coalition CDU-Libéraux. Tout est possible. « L’union de la gauche a vécu », explique le maire de Sevran. Il a bien raison. Mais pour l’instant, rien ne la remplace. Quand le Front de gauche fut conçu, outre la perspective de refaire le coup de Die Linke, il y avait très certainement au départ dans la tête de la direction du PC et du PG l’idée de rééquilibrer les rapports de force au sein de feu la « gauche plurielle ». Pour que cela réussisse il aurait fallu que ce Front se trouve d’autres alliés.

 

Ou que le NPA s’enferme dans son superbe isolement. Heureusement il n’en a rien été. Pour autant il faudra encore beaucoup de temps et de la réflexion pour que cette « gauche radicale » ou « autre gauche », qui peu à peu se construit, trouve son « programme ». Certes on ne part pas de rien. Aussi bien au PG, qu’au NPA mais aussi chez les Alternatifs de la Fédération, on a commencé à jeter des pistes. Mais si cette gauche-là veut aller au-delà d’une simple « coup » électoral, il faudra bien rapidement que beaucoup se remettent en question et ne se laissent pas aller à la facilité de ressortir leurs éternelles vieilles recettes.

 

Le PC réagit - C'est dans L'Humanité que l'on apprend aujourd'hui la réponse que formulera demain le CN concernant son positionnement aux futurs régionales. En gros, "rejoignez le Front de gauche !" Et pour appuyer cet appel désespéré (le Front de gauche n'existe plus), l'auteur de l'article convoque Picquet (!?) de la Gauche unitaire. Le Front de Gauche c'est donc Buffet-Picquet... sans Mélenchon ! Pauvre Buffet, pauvre Picquet !

22/10/2009

Régionales : déclarations conjointes du NPA et du PG

Deux déclarations importantes du NPA et du PG à propos des régionales qui enregistrent toutes les deux la progression du processus unitaire. Une réponse également, ou plutôt une interrogation sur le jeu que joue actuellement le PCF qui doit très bientôt rendre sa réponse sur sa participation ou non aux listes unitaires indépendantes du PS.

 
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