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31/08/2008

Et bien … disparaissez !

Ségolène Royal a trouvé la bonne formule concernant l’avenir de son parti : qu’ils disparaissent ! Le PS revendique quelque 200.000 adhérents. Mais où sont-ils en dehors des sphères du pouvoir, municipal, départemental, régional ? Car tel est bien le seul objectif des socialistes : occuper le pouvoir. Et peu importe si c’est pour ne rien en faire car c’est d’abord à eux, égoïstement, qu’ils pensent quand ils s’agitent, se congratulent, complotent ou banquettent, comme hier à La Rochelle.


En cela ils ressemblent en effet de plus en plus à ces radicaux-socialistes de la IIIe république, la « gauche » de l’époque, quand les socialistes, tout juste unifiés, représentaient pour des millions d’ouvriers et d’employés, la force montante, l’espoir, l’avenir. Les « radicaux » n’ont pas survécu à la guerre. Les « socialistes » survivront-ils à leurs querelles intestines ? C’est en effet tout ce qui leur reste. La Ve république ayant concentré tous les pouvoirs dans un seul poste, la présidence de la république, sans la conquête de la magistrature suprême tout le reste n’est qu’accessoire.

C’est bien pourquoi, pour les « socialistes », les temps sont durs. Un seul poste pour cinq ou six postulants, tous ou presque au coude à coude, avec le même projet et surtout le même soucis : comment devenir majoritaire sachant qu’une majorité des voix populaires vous font défaut et qu’il faudrait, pour les regagner, changer radicalement de politique et qu’on ne le veut pas.

Bayrou leur a rappelé les termes de l’équation : « si les socialistes veulent revenir au pourvoir, ils ne pourront le faire sans moi ! » Il n’est pas certain que cela suffise. On a vu comment, en Italie, une telle alliance a précipité la défaite de la « gauche », mais c’est pourtant leur seule marge de manœuvre. Pour la « gauche » du PS (Fabius, Emmanuelli, Hamon) les dès sont jetés. Son ralliement à Aubry, l’une des postulantes à la candidature à la candidature, résonne comme un aveu. Martine Aubry, qui a accueilli à Lille le MoDem dans sa majorité municipale.

22:33 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

12/03/2008

Un PC pas encore assez à droite et une LCR décidément trop à gauche !

L’électorat Modem est donc devenu l’enjeu du deuxième tour. Malgré des scores souvent modestes (à Marseille, le MoDem ne pèse guère plus que, électoralement parlant, que la gauche radicale) la droite et la gauche, à quelques exceptions notables comme à Paris, s’arrachent les services de la formation de François Bayrou.

Pour la droite, rien de plus normal : la droite va à la droite. Pour la gauche, en revanche, il semble bien que nous soyons là à un tournant historique. Il y avait déjà eu en mai 2007 la proposition faite par Ségolène Royal à François Bayrou d’un « ticket » au second tour de la présidentielle. Depuis quelques semaines l’ex-futur candidate multipliait de nouveau les appels du pied pour des accords de second tour, « partout », avec les centristes, évoquant même le principe d’un accord au sommet.

Or, si un tel accord n’a pas eu lieu, en revanche on assiste dans de nombreuses villes (Dijon et Grenoble dès le 1er tour, Anières, Marseille, Lille, Brive, Chartres, Melun, Sèvre, Poissy… au second tour ) à des fusions locales des listes d’union de la gauche et du MoDem, même (disons franchement que l’on assiste là à la levée d’un tabou) lorsque la gauche n’a nul besoin de l’apport des voix centristes pour l’emporter. Le cas de Lille est à ce titre remarquable. La grande prêtresse des 35 heures accueillant sur sa liste des gens qui ont toujours pourfendu cette mesure, ne manque pas de saveur. On voit donc bien aussi que le refus Bertrand Delanoë de s'allier avec le MoDem à Paris est moins une question de principe qu’une façon de se démarquer de sa rivale au PS.

Dans cette course au fromage municipal, le pompon revient néanmoins aux communistes d’Aubagne. La fusion des listes du PCF et du MoDem est une première historique. N’oublions pas qu’il y a encore quelques mois, ce parti se revendiquait de l’antilibéralisme et prétendait imposer Marie-Georges Buffet comme candidate unique de la gauche de la gauche à la présidentielle (en l'occurrence, le maire d'Aubagne avait apporté son soutien à... José Bové, me signale un lecteur, ponctuant la remarque d'un : "Faut suivre !" En effet !). Mais las ! Pour Bayrou on dépasse là les limites de la bienséance. Travailler avec la gauche plurielle sous la férule du PS, aucun problème. Avec le seul PC : jamais ! En clair, le PCF n’est pas encore assez à droite pour le Béarnais ! Patience, ça viendra.

Toutes ces petites et grandes trahisons sont à rapprocher de la décision nationale prise par le PS de refuser toute fusion technique (fusion de liste sans accord sur le programme politique) avec les listes présentées ou soutenues par la LCR comme à Toulouse, Amiens, Nancy, Clermont, Brest… On aura compris. Comme l’a déclaré Martine Aubry, ce sont les valeurs communes (humanisme, la république, etc) au PS et au MoDem qui justifient les fusions, valeurs que manifestement le PS ne partage pas avec la LCR, mais apparemment avec Lutte ouvrière accueillie par les socialistes sur plusieurs listes d'union de la gauche comme à Clermont-Ferrand. La LCR n’en attendait pas tant. L'indépendance a un prix. Les trahisons aussi.

12:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3)

 
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