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15/02/2010

Heuliez, Royal et le Front de gauche

Début janvier, Simone Fayaud, conseillère régionale sortante PC, nous écrivait : « « Dans le contexte actuel de souffrance et de régression sociale, rien ne serait plus désastreux que de voir la gauche se déchirer. » En clair, nous expliquait-elle, ne nous engageons pas dans une critique du bilan de la majorité régionale sortante dont les communistes ont fait partie. Et de nous citer l’exemple d’Heuliez comme action positive avec comme argument choc « l’action syndicale dans l’entreprise qui a soutenu ce choix ». Pour l’anecdote, le responsable syndical CFDT d’Heuliez est aujourd’hui sur la liste Royal et cette action syndicale a été saluée, sur place, par François Chérèque comme la preuve d’un « syndicalisme de responsabilité ».

 

Nous savons aujourd’hui ce qu’il en advient de cette « action positive ». Voici  le communiqué que nous allons faire parvenir ce matin à la presse locale : « Les journaux se font l’écho du risque imminent d’un nouveau dépôt de bilan, voire de la mise en liquidation judiciaire de la société Heuliez. En effet, BKC n’ayant jamais réellement versé les 15 millions d’euros promis, la société sera d’ici quelques jours en état de cessation de paiement. Ségolène Royal s’était pourtant enorgueillie d’avoir sauvé Heuliez ! La Région avait à cet effet versé 5 millions d’euros qui risquent ainsi d’être utilisés pour payer les créanciers, sans que cela ne change rien au destin de plus en plus compromis de l’entreprise cerizéenne. Mme Royal et M. Grellier ont-ils été à ce point naïfs pour croire en les promesses d’un financier peu scrupuleux ou faut-il penser que le projet industriel n’est pas suffisamment attirant pour les investisseurs sérieux ? On peut en effet s’interroger sur le pari de la voiture électrique dont le caractère social n’est pas démontré et dont le caractère écologique est fortement contestable puisque ses batteries utilisent un métal rare (le lithium) et se rechargent à l’électricité nucléaire. Dans les deux cas l’argent des contribuables du Poitou-Charentes aura été utilisé à perte par une présidente de région qui dans cette affaire n’a pas défendu d’autres intérêts que les siens. Il faut en finir avec l’utilisation de l’argent public pour satisfaire les intérêts privés sans contrôle démocratique de son utilisation et sans que les salariés bénéficient des garanties les plus élémentaires. » (Communiqué de la liste "Pour une alternative à gauche", NPA, FASE, Alternatifs)

 

Cette annonce d’un possible dépôt de bilan d’Heuliez arrive au moment même où le Front de gauche présente (enfin) sa liste en Charente-Maritime. Après le départ des « fédéraux » qui voulaient s’allier avec Royal dès le 1er tour, il ne restait plus que les « unitaires » et un PG déboussolé. Voici donc l'exploit auquel sont arrivés le PG et le PC. Faire une liste concurrente de la nôtre avec des communistes unitaires. Un comble ! Nous voilà donc avec deux listes « unitaires » qui vont se partager les 10% que nous aurions pu obtenir ensemble. Les raisons sont connues. La 1ère c’est qu’ils ont cru pouvoir faire céder le PC 17 sur ses exigences. Finalement c’est lui qui est parti. La 2e c’est qu’il fallait maintenir la fiction d’un Front de gauche comme solution. Mais un Front de gauche à 4 ou 5 %, quel intérêt ? La 3e c’est qu’il ne fallait pas faire ombrage à Royal. A 10 %, cela aurait posé de sérieux problèmes aux communistes dépendants du PS pour leurs postes d’élus. Le PC a donc sacrifié cette élection et l’unité la plus large pour des intérêts de boutiques. « Joli coup, camarades ! »

14/02/2010

Front de gauche et NPA, un échec partagé

Concurrents, les deux projets, celui du NPA de Besancenot et celui de Mélenchon vont vraisemblablement – si l’on en croit les premiers sondages – au devant d’un échec cuisant (entre 3 et 4 % en moyenne nationale). Le pire c’est qu’ils le savent et que, comme l’avait fait le NPA au lendemain des européennes, ils ne s’en soucient pas, cherchant chacun de leur côté à rejeter la faute sur l’autre ou les abstentionnistes.

 

En Poitou-Charentes, une unité NPA-FASE-Alter-PG s’était forgée sur des bases sans ambiguïté ; mais une partie du PC refusa d’entrer dans le jeu. Si le PG n’avait pas cédé, le PC seul aurait bien eu du mal à se maintenir sur sa position. Mais Mélenchon et Coquerel ont intimé l’ordre à leurs dirigeants locaux de renter dans le rang. Résultat, deux listes concurrentes qui vont en gros raconter la même chose et vraisemblablement être incapables d’arriver aux 5 %. La « gauche » social-libérale, avec ou sans Modem, peut dormir tranquille.

 

Vous me direz qu’ici la faute en incombe au PC et au PG. En Aquitaine, ce sont le PC et le NPA « identitaire » qui l’ont finalement emporté, malgré un vote à 75 % dans le NPA pour un rassemblement large. Ainsi, peu importe de savoir qui a le premier dégainé, la faute est partagée. Il ne peut en être autrement. Front de gauche et NPA sont deux projets concurrents irréconciliables. Tant qu’à l’intérieur de ces deux « blocs », les projets seront maintenus en l’état aucun rassemblement large ne sera possible.

 

Besancenot, interrogé ce matin sur Europe 1, continue ainsi à vendre le projet mort-né d’un NPA « reprenant pied dans les quartiers et les entreprises », comme si feu la LCR y avait été un jour présente (le PC, oui) et comme si l’hypothèse de construction d’un nouveau mouvement ouvrier par le bas, élément par élément, petit bout par petit bout, avait une quelconque chance de réussir. Un « voile » ce n’est pas toute la jeunesse des quartiers ; ce serait même l’exemple du refus de l’intégration au mouvement ouvrier et à ses valeurs. L’inverse de ce que l'on a connu dans les années 60 avec la jeunesse chrétienne dont ont été issus bien des cadres du mouvement social des années 70-80.

 

De son côté, Mélenchon profitera très certainement de ces mauvais résultats pour mettre en porte-à-faux son partenaire, préparant ainsi sa candidature pour 2012. Mais à trop le privilégier, refusant par ailleurs de « tendre la main » aux « unitaires » du NPA, les tenant en quelque sorte pour quantité négligeable et refusant d’admettre qu’ils n’entendent pas se rallier à son projet comme la GU, Mélenchon se prépare de durs lendemains.

 

Reste aux unitaires de tous les partis d’entrer en dissidence. Depuis 2005, c’est un concert assourdissant d’occasions manquées. Ça suffit ! Après ces élections, nous ne rentrerons pas dans le rang. Les partis craquent, il est temps désormais de s’unir malgré eux, contre eux s'il le faut.

11/02/2010

Ségolène et les « communistes »

Par honnêteté pour les vrais, nous mettrons des guillemets pour qualifier ces individus qui s’apprêtent, sans aucune honte, à rejoindre la liste de Ségolène Royal en Poitou-Charentes. Nous les avions rencontrés hier soir dans les couloirs d’un bâtiment qui tient lieu de salles de réception et de réunion dans une ville importante de la Charente-Maritime. Leurs airs de conspirateurs nous firent immédiatement comprendre qu’ils préparaient un mauvais coup. Nous n’avions désormais plus aucun doute : les « communistes » du département préparaient leur sortie du Front de gauche et leur entrée sous les ors de la Région, par la porte de derrière, celle réservée à la domesticité.

 

 

Tout le monde ici les connait. Ils doivent au PS non seulement leurs postes d’élus municipaux, départementaux et régionaux, mais également – quand ils en exercent un – leurs emplois. Pour eux c’est du pareil au même. On s’étonne encore qu’ils puissent à la fois « tenir » leur département mais également la région. On raconte tellement de choses sur eux. Ces trois derniers mois ils ont tout fait pour faire capoter une liste régionale unitaire entre le Front-de-gauche, le NPA, la FASE et les Alternatifs. Réussite totale. Ces gens ne travaillent pas pour le roi de Prusse.

 

Et que dire de leurs camarades et de ces idiots utiles du PG ? Pas plus tard que samedi, des « cadres » du PG nous affirmaient, sans rire, qu’ils leur avaient fait signé une lettre d’engament solennel comme quoi ils ne chercheraient pas à rejoindre la liste de la présidente sortante. Ils ont dû se marrer ferme les « communistes ». Le plus dur pour nous et les électeurs de gauche, c’est que malgré un vote massif des militants du PG favorables à une fusion avec notre liste, ces « cadres » appuyés par Paris ont préféré faire confiance à ces individus plutôt qu'à nous. On a les alliés que l'on mérite.

 

Au passage, un petit mot de félicitation à la presse locale. Jusqu’au bout elle a joué le jeu d’un Front de gauche uni comme cul et chemise,  tout en sachant que ce n’était qu’une fiction. Le journaliste qui s’occupe de cette élection (voir ci-dessous la lettre que j’ai fait parvenir au médiateur de Sud-Ouest) ne cache pas, il est vrai sa sympathie pour ce Front d’artifices et sa franche détestation du NPA. Aujourd’hui même il mentionnait dans un article consacré une fois de plus à la divine, un Front de gauche à 5 % ignorant que les 4 % de notre liste. Pour rappel, nous sommes (LCR puis NPA) depuis 2007 à quasi égalité dans toutes les élections avec le PC, avec même 2.000 voix d’avance sur le Front de Gauche aux européennes.

 

Mais notre journaliste, décidément plus attaché de presse du PG que jamais, ajoutait : « Par contre, celui qui, hier soir, a été beaucoup plus clair, c'est Alain Morange, secrétaire de la section socialiste d'Angoulême. Il a rejoint la liste du Front de gauche ! C'est un symbole : il représente quantité de ses camarades exaspérés par une Ségolène Royal qu'ils ne comprennent plus. « Elle est à côté de son parti, elle n'est plus dans la ligne. Je suis là pour dire qu'il y a encore au PS des gens qui veulent changer les choses en profondeur. » Attaché de presse… et conseiller politique ! Le journalisme mène à tout.

 

Mais revenons à nos Pieds Nickelés du 17. Car ils sont trois, quatre si l’on compte leur égérie. Leur départ était évident et plus on s’approchait de la date limite du dépôt des listes, plus il devenait éminent. Aujourd’hui c’est fait. Et les communistes, les vrais, portent des cornes.

 

 

Lettre au médiateur de Sud-Ouest

 

Madame, Monsieur,

 

Le 26 janvier je m'étais interrogé sur le traitement journalistique qui était réservé à notre liste aux régionales, liste unitaire conduite par Mme Rossignol et soutenue par le NPA, la FASE et les Alternatifs, en particulier sous la plume de votre confrère M. Patrick Guilloton. Je l'avais fait sans entrer dans les détails. Vous m'aviez aimablement répondu vantant les excellant états de service de votre confrère et qu'en tout état de cause la campagne ne faisait que commencer. Puisque apparemment, ce qui faisait l'objet de notre critique n'a pas évolué dans le bon sens, je me permets de vous livrer cette fois par le menu ce qui nous incite à vous écrire de nouveau.

 

Tout a commencé par un article fin novembre début décembre de M. Guilloton sur les enjeux de cette future régionale en Poitou-Charentes. Le fin de l'article concluait ainsi, en substance : "Quant au NPA, comme à son habitude il fera cavalier seul." Surpris par cette remarque qui ne correspondait pas à ce que nous avions déjà fait sur le terrain, j'envoyais un e-mail à M. Guilloton m'étonnant qu'il n'ait pas pris contact avec nous, lui expliquant qu'à l'inverse de ce qu'il affirmait, nous avions pris l'initiative de rencontres unitaires depuis quelques semaines.

 

Quelque temps après M. Guilloton prenait contact avec moi. Je lui livrais toute une série d'éléments sur l'état des négociations entre nous, le PG, le PC, la FASE et les Alternatifs. Puis je le tenais informé semaine après semaine de ce qu'il advenait de ces rencontres. Un nouvel article (non signé) nous apprenait que le NPA de la Charente était contre toute unité selon une indiscrétion de son chef de file local. Je rappelais M. Guilloton. Il convenait que cette information n'en était pas une, mais qu'ayant à « boucher »une colonne d’ « indiscrétions », il s’était permis d’imaginer cette info connaissant depuis longtemps les sentiments antiunitaires du NPA d’ici.

 

Quelques jours plus tard, alors que les négociations étaient rompues (15 janvier) - sans que M. Guilloton en parle une seule fois - nouvel article, cette fois-ci consacré au Front de gauche. Nous apprenions que la FASE et les Alternatifs "ralliaient" le Front et que le NPA se consultait. Information totalement fausse. Explication de M. Guilloton : "Je n'ai pas eu le temps de vous joindre, j'étais en bouclage, etc." Je dois vous dire que j'ai été journaliste pendant une trentaine d'années (Rouge quotidien, Progrès de Lyon, Matin de Paris, Libération, Courrier international, l'Equipe, etc.) et que je connais trop le métier de l'intérieur pour ne pas me laisser prendre par de telles explications.

 

Enfin, notre liste constituée, nous organisons une conférence de presse où M. Guilloton est invité. Il ne vient pas. Je lui téléphone. Il me répond que l'on ne le "convoque pas" ! Finalement le dimanche il rencontre notre tête de liste régionale et se fend d'un article au minimum syndical. Terminé provisoirement avec M. Guilloton.

 

Avec votre agence de La Rochelle, ce n'est guère mieux, si je puis dire. Nous organisons une conférence de presse. Pas de Sud-Ouest au rendez-vous : confusion de date. J'avais vainement quelque temps auparavant essayé de joindre un journaliste de cette agence (au téléphone, en rendez-vous, etc., me répondait-on à l'accueil. Six fois au total). Finalement je passe à l'agence et obtient un rendez-vous pour le lendemain. Interview et photo. Résultat, ma photo et une demi-colonne (250 signes au bas mot). Pendant ce temps là le Front national (7%) ou le Modem "canal historique" (3%) ont le droit à un quart de page. Lutte ouvrière (1%), deux colonnes. Nous nous "rabattons" faute de mieux sur vos aimables confrères des départementales de Saintes ou de Rochefort. Et puis aujourd'hui revoilà M. Guilloton qui parle du Front de gauche à 5 % dans un article sur les déboires de Mme Royal. Notre liste créditée de 4 % par la Nouvelle-République n'est pas mentionnée.

 

Nous avons évidemment quelques explications à ce traitement. M. Guilloton ne nous aime pas. Il nous l'a dit et déclare vouloir voter pour le Front de Gauche. M. Guilloton a parfaitement le droit d'avoir ses opinions. Mais il est journaliste et doit faire preuve d'un minimum d'objectivité. Le NPA a fait plus de 5 % aux européennes, le Front de gauche moins de 5 %. Question effectifs nous sommes deux fois plus nombreux que le PG. Avec la FASE et les Alternatifs nous constituons une force politique non-négligeable, 3e force politique à gauche après le PS et le PC. Contrairement à ce que pensait votre confrère de La Rochelle, M. Brosset, nous ne nous présentons pas pour nous "compter" mais pour faire le meilleur score possible que nous pouvons évaluer entre 6 et 7 %.

 

Mais ce n'est pas tout. Le dit Front de gauche est en sérieuse difficulté. Sa principale force se situe en Charente-Maritime. Par deux fois le PG de ce département a souhaité rejoindre notre liste (j'ai le nombre de votants pour et contre). M. Guilloton le savait. Il n'a rien dit. Il savait aussi que le PC 17 allait un jour ou l'autre rejoindre Ségolène Royal. Hier en réunion quasi clandestine (à Rochefort - nous étions dans une salle voisine) il a décidé de quitter le Front de Gauche. M. Guilloton, en protecteur du FdG ne l'a même pas insinué dans son article d'aujourd'hui. Désormais, il ne reste plus au FdG qu'à constituer une nouvelle liste. Je pense que demain nous aurons un article de M. Guilloton nous expliquant tout cela dans le détail, lui-même souhaitant que les dissidents du PC débarrassent le plancher. Ce qui est fait. Mais encore une fois les opinions de M. Guilloton ne nous regardent pas. En revanche nous existons et vos lecteurs ont le droit de le savoir. Nous ne demandons pas un traitement de faveur, mais le même que les autres. Pas plus, pas moins.

 

Avec mes meilleures salutations

 

10/02/2010

C’est (mal) parti !

Il arrive un peu tard le documentaire de Camille de Casabianca. Le NPA n’a non seulement pas tenu ses promesses mais il n’est certainement pas aujourd’hui ce que certains ont cru qu’il deviendrait. Car quel est l’objet du film ? Nous vendre une démarche politique, celle d’un petit groupe de dirigeants parisiens, regroupant ce qui restait du noyau de la vieille LCR (Krivine, Sabato, Bensaïd), des transfuges de LO et la jeune-garde montante autour de Besancenot. Et quelle était cette démarche ? Sur le principe, toujours la même depuis quarante ans : puisque le vieux mouvement ouvrier (années 60-70) nous résiste ou nous échappe (années 80-2000) soyons le noyau de construction d’un nouveau mouvement.

 

Hier la cible c’était la jeunesse scolarisée, aujourd’hui ce sont les « révoltés » chez les précaires et dans les quartiers. D’où ce fantasme autour du « voile ». Evidemment ce contournement (« de la périphérie vers le centre », disait-on dans les années 70) a déjà fait long feu malgré l’indéniable regain de popularité de la LCR-NPA depuis les années 2000, il est vrai dans une période où le vieux mouvement ouvrier se décompose et n’attire plus la jeunesse ouvrière. Mais tout cela reste superficiel. Si le vieux mouvement ne croit plus dans un sursaut de la gauche institutionnelle ce n’est pas pour autant qu’il se tourne vers nous par bataillons entiers. Quant à la jeunesse, celle des précaires et des banlieues, pour quelques centaines voire quelques milliers d’adhérents, combien de centaines de milliers d’indifférents.

 

Evidemment « C’est parti », de tout cela, n’en parle pas. C’est une « fiction » et un ouvrage de groupie. Dans la LCR, quand elle y militait, Camille de Casabianca était bien connue pour sa capacité à reproduire, à la virgule près, les discours de son chef de file : Gérard Filoche. Elle s’est trouvé une nouvelle idole : Olivier Besancenot. Elle pense sincèrement servir la cause, elle la dessert. La construction sur les décombres de l’ancien mouvement n’a que faire de ces constructions intellectuelles in vitro qui sont autant de raccourcis sans lendemain.

 

Il reste à faire un film sur la décomposition/recomposition en cours de la gauche. Une équipe de tournage aurait pu aller de région en région, assister aux rencontres entre tous ces morceaux éparts d’un mouvement qui se cherchent et se perdent, filmer tout cela, faire une vraie enquête de terrain. Ça ne s’est pas fait. Croyance bien établie que c’est encore dans les partis que ça se joue.

 

Premier sondage Poitou-Charentes - La liste menée par Ségolène Royal, présidente sortante PS du conseil régional de Poitou-Charentes, arriverait en tête si le premier tour des élections régionales se déroulait dimanche, indique mercredi un sondage Ifop pour La Nouvelle République, Public Sénat et Paris Match.

 

Malgré la présence d'autres listes à gauche, la liste PS recueillerait 33% des suffrages, contre 29% à son principal rival, le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau, tête de liste UMP-NC-MPF, alors qu'Europe Ecologie, menée par Françoise Coutant, affiche 14% des intentions de vote, et le MoDem, derrière Pascal Monnier, 5%.

 

Par ailleurs, la liste Lutte ouvrière conduite par Ludovic Gaillard ferait 1%, la liste du NPA, des Alternatifs et de la Fédération pour une Alternative à gauche  conduite par Myriam Rossignol 4%, la liste du Front de gauche soutenue par le Parti de gauche et le Parti communiste conduite par Gisèle Jean 5%, la liste Debout la République conduite par Alain Verdin 1%, la liste du Front national conduite par Jean-Marc de Lacoste-Lareymondie 7% et une autre liste 1%.

 

Au total, l'ensemble de la gauche rassemblerait au premier tour 57% des votants, le MoDem 5% et la droite 37%. Quant au second tour, s'il devait se dérouler dimanche prochain, Mme Royal l'emporterait avec 57% des suffrages face à Dominique Bussereau (43%).

 

Ce sondage a été réalisé par téléphone du 4 au 6 février selon la méthode des quotas sur un échantillon de 803 personnes.

 

09/02/2010

L'exception Ilhem Moussaid

Qu’il soit tenu pour dit que je ne demande pas le retrait d’Ilhem Moussaid de la liste sur laquelle elle se présente en tant que NPA. Je la plains même – sauf si elle est parfaitement conscience du rôle qu’elle joue là mais peut-être y est-elle « à l’insu de son plein gré » car elle est en quelque sorte l’otage d’une orientation politique que Besancenot s’est empressé de justifier dans un premier temps avant de se rétracter (cf. le communiqué de la CE). Je ne remettrai même pas en cause le choix majoritaire de ce comité du Vaucluse qui n’a fait qu’appliquer bêtement la ligne. Finalement tout le monde a été piégé : les camarades du NPA d’Avignon, Ilhem Moussaid et la CE dans le rôle de l’arroseur arrosé.

 

Les autres « victimes collatérales »  de cette affaire ce sont aussi ces centaines de milliers d’habitants de ces « quartiers populaires » qui se retrouvent malgré eux embarqués dans la tourmente. Il ne suffisait pas que la droite les prenne pour cible. Voilà désormais que les anticapitalistes, en accueillant symboliquement sur leur liste une femme portant un « léger  voile», prise ainsi comme parangon des nouveaux révoltés, les désigne comme le champ prioritaire de leur activité militante. Qui plus est les voilà tous devenus musulmans pratiquants, ce qui est loin d’être le cas.

 

Je récuse aussi l’idée que nous ne devrions pas accueillir dans nos rangs des croyants. La voie de la révolution, comme les voix du Seigneur sont impénétrables. Ce fut un pope manipulé par le pouvoir qui en 1905 déclencha la première révolution russe. Avant la révolution française, dans toutes les révolutions précédentes, la religion – en crise – fut le ferment de la révolte populaire. Enfin, lorsque le président même de cette république répète à satiété que l’Europe est une fabrication de la chrétienté et se déclare croyant lui-même, cette candidature c’est la réponse de la bergère au berger.

 

Qu’est-ce qui me gêne alors. Que des camarades en fassent un exemple. Les uns pour dire qu’il y a incompatibilité entre manifestation ostensible d’une religion et le militantisme révolutionnaire (il y a bien eu en Amérique du Sud des prêtres révolutionnaires) ; les autres pour affirmer que cette candidature est l’exemple à suivre, qu’en accueillant de tels camarades nous sommes sur la bonne voie. C’est pourquoi, pour ma part, j’aborde la question autrement. Je pense qu’il s’agit pour cette jeune femme, comme pour ceux qui la soutiennent, d’un acte politique et qu’entretenir ainsi la confusion entre religion et politique est une faute qui pourrait avoir des conséquences graves.

 

Toutes proportions gardées, nous avons déjà eu ce problème lors de la révolution iranienne quand l’église chiite, premier propriétaire foncier de l’Iran, finit par chapeauter une grande révolte populaire et démocratique. On pourrait évoquer également le tournant que prit la révolution algérienne, quand, pour mettre plus surement le peuple de son côté, elle commença à instiller du religieux dans son programme et à s’appuyer sur les autorités religieuses. On a vu, dans les deux cas, le résultat. On ne peut pas faire du cas d’Ilhem Moussaid une généralité. Elle est une exception, un pis aller dans une période confuse.

08/02/2010

« Ne nous emmerde pas avec tes syndicats ! »

Cette phrase, dite à haute et intelligible voix (c’était à propos de la retraite à 62 ans), sans que cela ne déclenche la moindre réplique  – sinon la mienne – je l'ai entendue il y a quelque jours à la dernière réunion de mon comité. Jamais elle n'aurait pu être prononcée à la LCR. Elle est aujourd’hui récurrente dans le « nouveau » parti. Elle sert de leitmotiv de ce qui serait la marque identitaire du NPA. Et que l’on ne vienne pas me dire que c’est une question de formation. Si l’on recrute sur ces bases viscéralement antisyndicales, si la question est laissée à la discrétion du militant, si ce travail n’est plus le fait que des « anciens », c’est qu’il y a une raison profonde à ce comportement.

Quand en outre un membre du CPN donne le ton et incite les jeunes à ne pas se syndiquer au prétexte que le syndicalisme c’est la trahison des luttes ; quand le ou la même explique que l’unité ne sert à rien ou qu’y travailler est une perte de temps, et que le parti suffit à tout, et que ceux qui ne pensent pas ainsi ne le construisent pas, ce n’est plus une affaire de jeunesse, de « maladie infantile », mais une ligne politique bien affirmée, et pas seulement celle de cette « fraction » venue de Lutte ouvrière. Cette orientation est aujourd'hui le plus grand dénominateur commun à l’actuelle direction du NPA.

Quand on en vient à justifier un repli religio-identitaire au nom d’une prétendue « ligne de construction du parti par les quartiers » – comme si ces jeunes femmes qui arborent ce voile étaient représentatives de leur génération –, on peut dire la même chose du syndicalisme. C’est le « vieux qui tarde à mourir contre le nouveau qui tarde à naître », aurait dit Bensaïd reprenant Gramsci. Ce qui revient à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Le voile comme repli identitaire n’a rien de neuf. L’anti-syndicalisme ? Cela sent bon feu la Gauche prolétarienne ou, pis, les Brigades rouges qui s’en prenaient aux « bonzes » syndicaux. Du « tu nous emmerdes avec ton syndicat » à l’apologie de « sainte Ilham Moussaïd » (est-ce la prochaine porte-parole du NPA ?), la boucle et bouclée.

Ce matin, je suis passé à mon syndicat. Aussi sec, on m’a interpelé sur le voile. Autrefois, l’ouvrier algérien qui voulait se battre adhérait à un syndicat. Sa fille aujourd’hui porte le voile et lui est retourné à la mosquée. Le plus comique dans cette histoire, c’est qu’elle n’aurait pas lieu d’être aux Etats-Unis ou en Angleterre, c’est-à-dire au pays du libéralisme roi, où l’on jure sur la bible dans les tribunaux. Il paraît même que là-bas toutes les opinions sont admissibles, même les pires qui soient. Oui, mais là-bas, le mouvement ouvrier n'est plus qu'un souvenir.

05/02/2010

A gauche du PS, la fin des partis

Depuis plusieurs mois, on n’entendait plus parler du NPA. Cette bouffonnerie politico-médiatique autour du voile lui permet de se relancer. Et de quelle façon, celle de la politique  de la main tendue aux jeunes musulmanes. L’émancipation  par le port du foulard ! De la part de ce parti qui se dit féministe, quelle bévue. On pourrait en rire si cela ne servait à occulter l’autre réalité, la seule qui soit consistante et qui vaille la peine que l’on s’y arrête : la fin des partis de la gauche de gauche pris dans la tourmente de la recomposition. Hélas, les médias ont sauté sur la bonne occase – eux qui ont fait silence radio sur tout le reste. Besancenot leur a tendu la perche ; ils l’ont saisie avec gourmandise.

 

Passons donc sur ce voile qui n’est, comme cette burqamania initiée par un « bonze communiste » et orchestrée par la droite, que la manifestation d’une radicalisation marginale de quelques centaines d’individus. Passons encore sur cette connivence entre le Figaro et « nous », avec cette même vision hypertrophiée des quartiers populaires. Quand on sait que les musulmans ne sont pas plus pratiquants que les catholiques, que la manifestation de leur religiosité se limite à la célébration des fêtes comme l'Aïd El Kebir ou l’Aïd El Saghir, il faut être Besancenot ou Ivan Rioufol (l’obsédé du Figaro sur la question de l’Islam) pour attacher autant d’importance à ces phénomènes de peu d’intérêt.

 

Bien plus déterminant est ce qui vient de se passer à la gauche de la gauche. Pas un parti n’est resté debout droit dans ses bottes. Eclaté façon puzzle le nouveau parti anticapitaliste ; à moitié coulé le navire amiral de Mélenchon et de Buffet. Le PC faisant le grand écart, ici avec le PS – souvent le pire,  là avec le NPA et la FASE, le Front de gauche n’est plus qu’une fiction. Tiendra-t-il jusqu'en 2012 ? Evidemment, électoralement cela risque d’être contreproductif. Trop compliqué pour les médias et plus encore pour les électeurs. Mais ce qui est certain, c’est qu’après ces élections, nul ne retournera dans son parti comme si rien ne s’était passé. Pour le PC, la fin est proche. Pour le PG et le NPA un petit tour de piste et par ici la sortie.

 

Il va donc falloir construire autre chose, trouver à toute cette ébullition un réceptacle acceptable. La FASE ? L’idée est bonne mais la réalisation laisse à désirer. Il faudra essayer autre chose, faire des expériences, débattre surtout du fond, permettre enfin à plusieurs projets de coexister ensemble. En d’autres termes, il faudra reprendre ce qui avait été le projet initial du NPA mais sans cet égocentrisme révolutionnariste qui lui a fait perdre la tête, avec ou sans voile.

Camarade Besancenot, taisez-vous !

… ou parlez un peu plus de politique. Quel étrange parti que le mien. « Besancenot : le NPA ira seul ! », titrait la presse il y a quelques jours. Précision : dans moins de la moitié des régions, nuance. Pour le reste (11 à 12 régions), tant bien que mal, contre vents et marées, dans l’indifférence générale de sa direction cloitrée dans son quant-à-soi, le NPA cherche à recoller les morceaux d’une gauche de gauche qui se décompose autant qu’elle se recompose. Or de ce phénomène sur lequel la presse fait silence et qui est pourtant le fait majeur de cette précampagne, le CPN (le « parlement » du NPA) qui s’est réuni le week-end dernier, n’en a pas parlé ou si peu.

 

Mais quand le Figaro, suivi par tous les médias, évoque cette candidature sur nos listes d’une femme « voilée » (un simple fichu comme en portaient autrefois nos arrières-grand mères dans les campagnes, mais elles, elles le faisaient par tradition pas par esprit prosélyte), alors le jeune coq se dresse sur ses ergots. Puisque, de Marie-Georges Buffet à Nathalie Kosciusko-Morizet, on nous attaque de partout, c’est que nous avons forcément raison. Dans un climat d’islamophobie généralisé, comme ils disent, « rappelant, souligne l’une de mes camarades, les pires temps de l’antisémitisme des années 20 » (pas moins), le NPA ne pouvait pas faire mieux que d’ériger cette jeune femme en victime symbolique du vaste complot médiatico-politique dont nous serions la cible.

 

La politique de la forteresse assiégée est un vieux réflexe qu’a maintes fois utilisé en son temps le Parti communiste, quand il était puissant, c’est-à-dire stalinien. Le NPA utilise, hélas, les mêmes ficèles, donnant du grain à moudre à nos ennemis. Le pire, c’est que Besancenot espère ainsi ramasser la mise dans les « quartiers ». Or, dans les « quartiers », ces jeunes femmes sont minoritaires et surtout mal vues de la majorité des musulmans sincères qui prennent ces manifestations pour de l’exhibitionnisme.

 

Hier, dans mon comité, en tant que tête de liste départementale, on m’a demandé de taire mon opinion personnelle si j’étais interrogé sur ce sujet par la presse. Oubliant que je représente non seulement le NPA mais aussi la FASE et les Alternatifs qui, eux, partagent mon point de vue. J’ai rassuré mes camarades expliquant que je savais manier la langue de bois quand c’était nécessaire. Mais dans quel étrange parti je suis. A l’intérieur on peut tout dire, mais à l’extérieur seul Besancenot a le droit de s’exprimer.

03/02/2010

Le NPA libère la femme avec juste un petit voile

« Ne dites pas à ma compagne et à sa mère, toutes les deux musulmanes, la seconde faisant ces cinq prières par jour, que je suis dans un parti où l’on accepte les femmes voilées, elles croient que je suis dans un parti révolutionnaire et féministe. » J’avais déjà, dans un précédent billet soulevé cette question importante. Elle rebondit quelques jours après la candidature de Besancenot au seul nom du NPA en Ile-de-France. Déjà je reçois de la part de nos partenaires de la FASE des e-mails interrogatifs quant à notre position politique concernant le voile et la religion. Je persiste et signe : cette question là n’est pas d’ordre religieux mais politique.

 

Cette candidature est une provocation ultragauche. Le voile n’est pas un signe religieux mais une manifestation d’un radicalisme politique : l’islamisme. Dans une formation qui, comme le NPA, s’est construite, comme l’aurait dit Lénine, sur la base d’une idéologie de petit-bourgeois pris de rage devant les horreurs du capitalisme, il faut s’attendre à tout : des camarades qui accueillent avec bienveillance un ex-terroriste non repenti quitte à en faire un martyr de la cause, et des jeunes femmes issues de l’islamisme militant. Dans les années 20 il y avait des rouges-bruns en Allemagne ; nous avons désormais nos rouges-verts.

 

Il parait que c’est la preuve, selon Besancenot, que le NPA est en phase avec les quartiers. Dans leur très grande majorité les musulmans – pas plus pratiquants que les catholiques – repoussent avec dégoût ces manifestations exhibitionnistes. Je me souviens du tollé que déclencha il y a une quinzaine d’années, lors de l’enterrement d’un ami proche, le discours radical d’un imam sur sa tombe. Ce sont les sœurs de mon ami qui s’insurgèrent les premières contre ce qu’elles considéraient comme une intervention d’autant plus déplacée dans ce cimetière que leur frère n’était pas croyant et plutôt très à gauche.

 

Cette précampagne électorale était déjà suffisamment éprouvante pour qu’il ne faille pas en rajouter dans le genre « seul contre tous ». Aujourd'hui c’est fait. Inch Allah !

 
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