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27/01/2010

Leur morale et la nôtre

Philippe Dauriac du PG de Charente avait répliqué à mon billet un peu virulent Maître PC et son valet PG. Je lui ai répondu. Tout ça c'était avant notre réunion unitaire de mardi où nous avons pris les décisions suivantes :

 

1/ Nom de la liste POUR UNE ALTERNATIVE A GAUCHE, liste anticapitaliste, écologiste et féministe, présentée par les Alternatifs, la FASE et le NPA (ordre alphabétique)

2/ Déclaration d'intention – (ici)

3/ Tête de liste régionale : NPA (une femme) –  Départementales : Alternatif pour la Vienne (un homme) ; NPA pour la Charente (une femme) ; FASE pour les Deux-Sèvres (un homme) ; NPA pour la Charente-Maritime (un homme).

 

La lettre de Philippe Dauriac 

 

Bonjour Gilles,

 

Cette réponse est personnelle, elle n’engage pas le PG régional.

Tes écrits sont souvent pertinents, mais là tu te laisses aller à des jugements sentencieux, limite péremptoires. Défions-nous de la position de donneur de leçon. La stigmatisation ne me semble pas le meilleur moyen de faire avancer le projet de la création d’une alternative à gauche à vocation majoritaire. Il n’y a pas d’un coté les « justes » ou les « purs » et de l’autre les « valets » vendus à je ne sais trop qui pour je ne sais trop quoi !!!

 

Qui sommes-nous ? Pour la plupart des salariés, actifs dans des syndicats ou des associations depuis plusieurs années, qui ont décidés de s’engager dans la démarche citoyenne qui consiste à faire du politique. Notre motivation n’est pas de nous trouver une petite place pour promener notre suffisance dans les inaugurations multiples et satisfaire à notre égo. Nous voulons contribuer  à la création d’une gauche de combat à vocation majoritaire, et cela jusqu’à la gauche du PS. Pour nous, mais je comprends que tu ne partages pas cette analyse, le Front de Gauche en est l’instrument politique en tout cas pour le moment, car il a un rôle charnière. C’est un long chemin qu’on ne tracera pas en quelques mois. Nous pensons qu’il faut s’appuyer sur la dynamique unitaire impulsée par le FdG qui a abouti à une unité assez large sur le plan national concrétisée par les listes Ensemble, seul le NPA est absent. Le vote entre trois motions, dont la A  faite pour que certains militants ne votent pas la C était une stratégie de non décision et donc de blocage car une grande partie du NPA et cela est respectable ne partage pas notre projet politique. Pour eux les élections ne constituent pas un enjeu, seules comptent les luttes sociales. Nous pensons nous que les urnes et la rue sont indissociables. Les dernières manifestations le démontrent, en ce moment la rue a besoin des urnes, et donc de perspectives politiques.

 

Oui, vous avez fait preuve de courage politique. Mais pourquoi ? Car le NPA  a refusé de rejoindre la dynamique unitaire enclenchée par le FdG  qui s’est concrétisée par les accords Ensemble sur le plan national. Tu nous reproches de ne pas avoir fait exploser le FdG, mais d’une part nous en sommes un membre à part entière (à l’intérieur nous aussi nous avons fait preuve de courage politique pour débloquer les choses) et je te rappelle que nous sommes liés par l’accord du 28 octobre avec le PC et la GU et qu’à aucun moment le pc, d’ailleurs en conformité avec le vote de ses militants, ne l’a  remis en questions. Notre accord NATIONAL était donc antérieur à celui que nous aurions pu faire avec le NPA dans la Région. Si pour élargir d’un coté il fallait casser de l’autre quel intérêt pour l’objectif énoncé précédemment ? Le courage politique devait-il aller jusqu’au suicide politique ?  Quelle est la situation ? Un NPA, au fond assez divisé, entre d’un coté les personnes qui veulent l’unité et de l’autre ceux qui pensent qu’elle ne peut se faire que sur leurs positions, sans compromis car ils ne partagent pas notre projet politique (en Charente, mais je peux me tromper le résultat du vote est assez parlant : 8 A, 9 B, 2C).

 

Pour le PC, une fédération 17 opposée à l’idée même du Front de Gauche, pouvant s’appuyer sur des membres du secrétariat régional. Dans ce contexte, nous avons pensé, en toute sincérité que la solution qui consistait de décider collectivement selon les modalités d’une voix par organisation et par département de ce que nous ferions après le premier tour, en fonction de la situation politique, des rapports de force issus des urnes et du déroulement de la campagne était un compromis acceptable car il laissait la porte ouverte au NPA, et lui garantissait une liberté de vote et de décision comme à toutes les autres organisation. Débloquer cette question permettait ensuite de se mettre d’accord sur les listes, et de ce point de vue, vos propositions étaient parfaitement équilibrées et en adéquation avec la situation politique de l’autre gauche dans la région, par conséquent l’accord était assez facile à trouver. Nous avions réfléchi à peu de chose près à la même répartition : 5fdg, 2 NPA, 1 Fase/alternatifs

 

En ce qui me concerne, même si nous n’avons pas abouti (en ce sens la proposition de P. Jalladeau me semble intéressante, en tout cas j’en partage l’esprit) à créer l’alliance la plus large possible, je considère que nous avons progressé et que nous pouvons les uns et les autres garder la tête haute, modestement ! Continuons à nous parler et à travailler dans nos organisations respectives à la reconstruction d’une gauche de combat unie à vocation majoritaire, dans le respect mutuel, sans préalable et sans procès d’intention.

 

Amicalement, Philippe Dauriac

 

Ma réponse

 

Bonjour Philippe,

 

Ok, je l’avoue, j’ai été un peu leste… mais vous l’avez mérité. Je n’aime pas trop me prendre des coups par derrière de la part de personnes dont  je pensais qu’ils pouvaient être des alliés sûrs. « Donneur de leçons » ? J’admets que l’on puisse le prendre ainsi. Question de ton ? A 61 ans, on ne se refait pas. Mais « sentencieux », jamais ! Je comprends que vous vous êtes mépris sur moi. Vous m’avez pris en somme pour un « gentil unitaire », un « bon petit gars conciliant » et pour tout dire prêt à tout, « corruptible en somme », comme mes anciens camarades de la GU. Qu’oppositionnel à la direction du NPA et à son orientation, je ne pouvais que me ranger sous la banderole du Front de gauche. Je suis financièrement dans la « merde » mais j’ai ma fierté.

 

Vous vous êtes donc trompés et lourdement sur moi, et mes camarades. Je combats aussi bien les deux projets du Front de gauche (celui du PC comme celui du PG, qui pour moi ne sont pas les mêmes – je m’expliquerai plus loin) et celui du NPA. C’est ce qui me donne cette liberté de pensée et d’agir que vous n’avez pas. Pour les uns (au PC) vous entendez maintenir le PC à flot, tout faire pour qu’il ne se décompose pas trop vite et  en bon ordre (vous n’y arriverez pas) ; pour les autres (le PG) vous souhaitez – par le biais du Front de gauche, en vous appuyant sur cette planche qui prend l’eau de toutes parts – rendre visible votre projet d’un Front « réformiste radical » (je m’expliquerai sur ces termes) et finalement l’imposer à toutes les gauches, en utilisant en 2012 cette constitution que vous rejetez pourtant. Quel paradoxe que de voir Mélenchon candidat à cette candidature tout en disant, et avec raison, pis que pendre, de l’élection d’un président au suffrage universel. Je sais bien que nous-mêmes, nous nous sommes servi de cet outil diabolique. Que serions-nous sans les deux candidatures « réussies » d’Olivier Besancenot ? Mais quels dégâts aussi. Il n’y a qu’à voir dans l’état où en est le NPA. On ne joue pas avec « l’homme providentiel » sans que cela ait des conséquences fâcheuses. Je rappelle que ce NPA s’est construit « à l’appel d’Olivier Besancenot ». Ce genre d’artifice, ce n’est pas dans mon héritage. Pottier avait raison : « ni dieu, ni césar, ni tribun… » .

 

Venons-en maintenant à ce qui vous préoccupe. Vous êtes en train de vous planter grave de chez grave. On vous l’a dit, au PC comme au PG. Vous ne nous avez pas entendu et compris. Tu me dis : « le Front de Gauche en est l’instrument politique en tout cas pour le moment, car il a un rôle charnière ». Tu peux le souhaiter ou le penser mais dès le début nous vous avons dit : « ne nous entraînez pas là-dedans ; nous n’irons pas ». Ce n’est pas que nous refusons l’unité ou que nous aurions céder à notre « gauche » c’est-à-dire à ceux qui s’intitulent ainsi. Nous n’avons pas cédé un pouce de terrain, ni à vous, ni aux nôtres. Car pour nous l’unité ce n’est pas se ranger à « votre projet », c’est bien au contraire regrouper dans un même ensemble plusieurs projets à la fois. Ceci vous ne le comprenez pas, exactement comme nos camarades de la « gauche » de notre parti. Vous construisez le Front de gauche ; eux construisent le NPA ; nous nous construisons autre chose. Pour l’instant ça n’a pas de nom mais c’est ce qu’attend le « peuple de gauche », pas une coalition de partis (c’est impossible ; même dans le Front de gauche) mais une « entente large, sincère, honnête, pluraliste » (référence à « ma » déclaration du 15 décembre).

 

Donc je reprends, finalement vous ne nous avez pas suivis sur ce terrain. Vous avez voulu protéger vos intérêts de parti, comme mes camarades qui jusqu’au bout voudront maintenir « l’identité » du NPA, pure de tout scories. Voyez où cela vous a conduit. Bien que vous partagiez la même position que nous sur la question du 2e tour, parce qu’il était nécessaire de maintenir coûte que coûte la « fiction » d’une identité d’intérêt entre le PG et le PC, vous avez mangé votre chapeau. Et vous voilà maintenant dans l’embarras. Peut-être aurions nous pu nous entendre (c’est encore possible, mais il faudra aller vite et sans trop de conditions), mais il aurait fallu que vos partenaires acceptent de régler cette question de la fédération de la Charente-Maritime. Je l’ai dit clairement à Simone et Laurent : débarrassez-vous d’eux. Nous vous y aiderons. Montons ensemble dans ce département une liste unitaire avec les militants communistes qui n’acceptent  pas la férule des partisans de Hue. Vous avez voulu composer avec eux : c’est impossible. En faisant ainsi vous les avez confortés dans leur obstination à ne rien vous céder.

 

Vous jouez ce soir votre dernière carte. Vous proposez à la FASE et aux Alternatifs, que vous avez jusqu’ici traité comme des moins que rien, de vous rallier à vous et à votre accord « pourri ». Quand on commence dans la déloyauté, on y prend goût. Vous croyez qu’il n’y a pas de morale en politique. Que la « fin justifie les moyens ». Trotski a, il y a longtemps, répondu là-dessus. Il a été mal compris. Voici ce qu’il disait en 1938 : « Le moyen ne peut-être justifié que par la fin. Mais la fin a aussi besoin de justification. Du point de vue [...] [des] intérêts historiques du prolétariat, la fin est justifiée si elle mène à l’accroissement du pouvoir de l’homme sur la nature et à l’abolition du pouvoir de l’homme sur l’homme ». Vous avez compris cette maxime à l’inverse de ce qu’elle signifie. Il y a une morale en politique. Les moyens doivent être en accord avec la fin. Pas d’unité possible si l’on utilise des artifices. Le Front de gauche est un artifice, pour le PC mais également pour vous. Vous en faites là la démonstration.

 

Pouvons-nous encore nous entendre ? Evidemment oui. Mais on ne négocie plus, ni sur le Limousin ou sur autre chose. Nous l’avons fait le 22 décembre. Vous étiez d’accord. A vous de voir. La porte reste ouverte. Demain il y a à Niort une « vraie » réunion unitaire. Vous y êtes invités, PG, PC. On vous attend.

 

Gilles Suze, le 25 janvier 2010

Commentaires

Juste un mot Gilles pour tout.

Respect pour votre recherche sincère d'unité , bravo pour la petite unité et bravo pour l'intégrité.

Écrit par : rafikow | 27/01/2010

Désolé que Gilles s'obstine à mettre sur le même plan le NPA et les politiciens du PC et du PG.

D'autre part pourquoi réveiller le fantôme de HUE alors que tout cela est dans la logique politique du PC et du PG ?

Écrit par : vériane | 28/01/2010

Question morale politique les camarades lyonnais de Gilles( convergences....) ne semblent pas en avoir beaucoup eux qui regrettent uniquement que le FDG ne leur octroie aucune tête de liste départementale...pour se présenter contre leur propre organisation!

Écrit par : vériane | 28/01/2010

Florilège de ce que je reçois :

"Vous parlez pas politiques mais manoeuvres politiciennes, moi c'est du programme anticapitaliste adapté aux Régions que je veux discuter."

Commentaire : encore un qui parle de "programme" alors qu'il n'a fait en trois mois aucune contribution.

"A force de ceder sur trop de choses on finit par vider le NPA de sa substance et donc de réduire ses luttes politiques et ses moyens humains par le découragement. La soirée d'hier a mon sens a trop fait ceder le NPA sur plein de points que je ne citerai pas ici. Le ricanement de X sur les propos de Y m'a semblé déplacé quand ce dernier a parlé à juste titre de la lutte de classe et des masses laborieuses comme si après avoir abandonné l'affirmation en tête du mot anticapitaliste il faudrait s'excuser à chaque fois des luttes que nous menons et que nous devons continuer d'affirmer sur le terrain."

Commentaire : nous sommes des petits-bourgeois prêts à "aller à la soupe". Eux représente les intérêt de la "classe". Elémentaire.

"Vu mon âge avancé et mes nombreuses occupations militantes par ailleurs, je ne désire pas spécialement être sur la liste et laisse volontiers ma place à des camarades de la FASE, ALTER voire PG."

Commentaire : d'un membre du CPN. Cette camarade parle également beaucoup de programme, qu'elle ne lit jamais par ailleurs.

"Je ne peux en aucun cas défendre une politique qui n'est pas celle que je revendique ! La politique unitaire je dis NON !"

Sans commentaire

"je pense que nous allons faire une liste NPA [épartement] et partir seul nous avons ce qu'il nous faut ; sachant que vous aviez déjà préparé votre salade depuis longtemps , vous avez trahis le NPA et le capitaliste, vous êtes proche du dictat."

Écrit par : Gilles | 28/01/2010

Cette sorte de suffisance me paraît déplacer, seuls les "écrivains ou les grands lecteurs de textes" ont ils le droit de faire de la politique ? de pensée la politique ?

Gilles parfois tu te gâches!

Écrit par : vériane | 28/01/2010

moi qui pensais que les basses manoeuvres, mes complots, les tactiques n'étaient que l'apanage des grands partis ! Donc ceux-là même qui dénoncent les manipulations les débauchages,les reniements sont les premiers pratiquants !

Écrit par : jgo | 29/01/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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