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24/01/2010

Décomposition, recomposition, décomposition, etc.…

Si j’avais rédigé ce billet jeudi soir, peut-être que, dans le détail, il aurait été différent. Mais le fond serait resté le même : la « gauche de gauche » est aujourd’hui dans une phase aiguë de décomposition/recomposition. Comme aurait dit Gramsci : « le vieux tarde à mourir et le neuf tarde à naître ». Qui va l’emporter ? La décomposition ou la recomposition ? Ma thèse est la suivante, les circonstances actuelles ne faisant que confirmer ce que je pense depuis plusieurs années : si nous ne sommes pas en mesure de fournir un projet politique alternatif - non seulement à celui du PS mais à celui aussi du PC, du PG... et du NPA, alors c’est la décomposition qui l’emportera comme en Italie et ailleurs.

 

En d’autres termes, s’il y a bien une dynamique unitaire, elle finira par tourner en rond, s’essouffler ou se briser face aux intérêts particuliers (politique ou d’appareil) de chacun. A moins que l’un de ces projets concurrents ne l’emporte – provisoirement – en profitant des circonstances ou de conditions spécifiques à la France : la présidentielle. Ainsi, face à un Mélenchon, candidat en 2012 à la candidature de « rassemblement de toutes les gauches », un Laurent (PC) n’aura aucune chance. Mais Besancenot, et avec lui la gauche anticapitaliste, en aura-t-il encore ? Ce ne serait pas la première fois dans l’histoire qu’un « homme providentiel » impose son projet (« réformiste radical »). Pour qu’il n’en soit pas ainsi, c’est ce projet alternatif qu’il faut définir pour l’opposer à toutes les tentations partidaires ou personnels.

 

La situation en Poitou-Charentes (autour de 19 h 30, ce dimanche 24 janvier) illustre bien ce qui se passe lorsque l’unité et le rassemblement constituent l’unique objectif sans projet à long terme.

 

·                    le NPA : hier partagé sur les 3 positions A, B, C, il est depuis un mois divisé en deux : un courant unitaire majoritaire et un autre qui ne souhaite qu’un retour à des listes NPA (ouverte) sur le « programme » du NPA.

·                    Le PC : un courant unitaire minoritaire, concentré dans un département (les Deux-Sèvres) ; un autre « huiste » partisan du ralliement à Royal au 1er tour (La Charente-Maritime) ; un dernier « légitimiste » (faire appliquer la stratégie « Front de gauche » et uniquement elle). Le courant « huiste » minoritaire dans la région « tient » la direction régionale, bloque tout et contraint les autres à un accord qui lui permettrait de rallier la liste Royal entre les deux tours. En outre, il s’oppose à la tête de liste choisie au niveau national et veut imposer sa « championne », une conseillère sortante hostile au Front de gauche dont les autres ne veulent pas. A ce jour il n’y a aucun accord régional.

·                    Le PG : il a été longtemps sur les mêmes positions que les nôtres (maintien au 2e tour si 10% à cause de la présence de « personnalités » de droite sur la liste Royal) mais pour ne pas « casser » le Front de gauche, il a finalement bidouillé un accord (non admis par le PC de la Charente-Maritime) qui prévoit que ce maintien (si 10 %) ne sera discuté qu’après le 2e tour. Mais tout le monde au PG n’est pas exactement sur cette ligne.

·                    FASE et Alter : la FASE qui était déjà très majoritairement sur nos positions c’est globalement entendue il y a quelques minutes pour constituer des listes communes avec nous régionalement même si, aujourd’hui même, le PC et le PG leur ont proposé de venir sur leur liste sur la base du prétendu « accord » entre le PC et le PG.

 

Nous avons donc bien là décomposition et recomposition mais dans des conditions qui facilitent tous les coups tordus. Sans projet « stratégique », la tactique au jour le jour prédomine. Ce qui est extrêmement difficile à gérer. Demain conférence de presse du NPA et mardi réunion unitaire avec la FASE et les Alternatifs.

_______________________________________________________________________________________________________

 

 

Déclaration écrite faite par NPA le 15 janvier à la réunion unitaire

 

De quoi est-il question dans cette nouvelle « proposition » du PCF ? Simone Fayaud le 14 janvier dans son commentaire de la réécriture de la déclaration d’intention – qui est une proposition d’accord politique – dit ceci. Vous devez y apporter la plus vive attention : « Nous devons rester dans le cadre de la plateforme nationale du front de gauche pour pouvoir ensuite constituer les listes. Il est profondément négatif d'envoyer un message de division de la gauche face à une droite très dangereuse  pour la République, en affirmant vouloir se maintenir au 2° tour si nous en avons la possibilité. »

 

1ère remarque. On nous demande non seulement au NPA de « rallier le Front de gauche », selon la formule consacrée, mais aussi à la FASE et aux Alternatifs. Exit les listes « Ensemble… » C’est un retour en arrière après plus de 2 mois de discussion régionales et d’accords nationaux, en particulier avec la FASE et les Alternatifs.

 

2ème remarque. Simone Fayaud ne parle pas de la droite en général face à laquelle nous devons nous opposer tous, y compris avec le PS et Europe-Ecologie, mais d’une droite « dangereuse », laissant ainsi entendre qu’il y aurait des droites qui ne le seraient pas.

 

Cette remarque est décisive pour comprendre ce que nous prépare la majorité du secrétariat régional du PCF avant le 1er tour, sans le dire explicitement, car ce serait alors dévoiler son plan. Et quel est-il ce plan ? Tout le monde le sait : le ralliement du PC à Ségolène Royal, même si celle-ci accueille sur sa liste au second tour des « personnalités » du Modem. Et c’est là l’astuce. Puisqu’il n’y aurait pas d’alliance programmatique avec le Modem, alors ça ouvrirait la porte à la possibilité d’une présence sur cette même liste Royal d’autres « personnalités », celle du PCF, voire du PG. L’honneur en quelque sorte serait sauf. C’est exactement ce qu’à fait Martine Aubry à Lille où elle gère la mairie avec des élus du PCF, des verts et du Modem… évidemment sans accord politique. Ce que Martine Aubry a toujours expliqué. Oui mais ça, c’est possible uniquement si la liste Front de gauche est en capacité d’avoir des élus. Le peut-il ?

 

Pour cela il faut examiner la loi, le mode de scrutin. Or les élections régionales peuvent conduire à ce qu'un département ait un nombre de conseillers régionaux légèrement différent de son effectif théorique. Deux facteurs peuvent jouer dans un sens ou dans l'autre ; il s'agit du taux d'abstention et de l'effet mécanique de la répartition à la plus forte moyenne. Aux élections régionales de mars 2004, voici quels étaient les départements qui avaient bénéficié en Poitou-Charentes d'un nombre de conseillers régionaux supérieur ou inférieur à l'effectif théorique : Charente : 12 sortants – 12 élus – donc 0 en plus ou en moins ; Charente-Maritime, idem : 18 – 18- 0 ; Deux-Sèvres : 12 – 11  – moins 1 ; Vienne 13 – 14 – donc plus 1.

 

En d’autres termes, dans un tel cas de figure, la proposition de répartition du PC 86, avalisé par le CR du PCF le 12 janvier, au cas où il y aurait accord avec le NPA, favoriserait le NPA, qui pourrait avoir deux élus (79 et 17), le PG un seul (86), la FASE/Alternatifs aucun et 4 pour le PC (1 pour le 16, 2 pour le 17, 1 pour le 86), plus Gisèle JEAN (86). Evidemment sur la base de 8 élus et à condition d’avoir au moins 10 % de voix exprimées. En dessous de 10 %, il resterait encore au PC la possibilité d’avoir 3 élus, mais plus rien pour le PG.

 

Oui, mais ceci est impossible parce que le NPA n’acceptera jamais cet accord politique. Donc on se retrouve dans un nouveau cas de figure, celle d’un Front de gauche, élargi ou pas. Et là, le PC fait un sacré pari : obtenir plus de 5 % avec la concurrence d’une liste, soit NPA seul, soit face à une alliance du NPA avec d’autres composantes. Le NPA qui a fait en 2009 aux européennes plus de 2.000 voix de plus que le FdG (27.507 contre 25.585). Quand on parie on peut gagner mais on peut perdre aussi. Le PC va-t-il prendre le risque de tout perdre. Cela semble improbable. Ou du moins il faut envisager l’hypothèse qu’il arrive quelques jours avant le 1er tour à un accord avec Royal, évidemment sans mettre ses partenaires dans la confidence. Mais même si tel n’était pas le cas, si le Front de gauche, élargi ou pas obtenait 5, ou 6 %, que resterait-il à ces partenaires : rien.

 

C’est pourquoi nous nous adressons à tous, communistes sincèrement unitaires, au PG, à la FASE/Alternatif. Le PC vous vend une camelote frelatée. Il vous dit en substance : « notre ennemi, ce n’est pas la gauche « sociale-libérale », ce n’est pas Royal, c’est la droite dangereuse. Pour que cette gauche [qui affirme depuis 2007 qu’il faut élargir la gauche à la droite du centre]  ne perde pas il ne faut pas envoyer aux électeurs « un message de division de la gauche », un message « négatif ». En d’autres termes « sauvons le soldat Royal », sa stratégie présidentielle et pourquoi pas son programme avec puisque le ralliement à la liste Royal se fera sans accord programmatique.

 

Est-ce cela que nous devons envoyer comme message à nos électeurs : Royal est le meilleur rempart pour empêcher le retour de « la droite dangereuse ». Préparons dès maintenant notre alliance sans condition avec elle au second tour. Si c’est cela, évidemment nous n’en serons pas. Mais vous ? Que devient alors l’engagement de « changer les rapports de force à gauche en faveur de la ligne de transformation sociale et écologique » ou ceci encore: il nous faut « construire des majorités solidement ancrée à gauche, portant des projets vraiment alternatifs à la logique du système en crise, un projet de transformation sociale et écologique que nous voulons porter jusque dans les exécutifs, à l’exclusion de tout accord avec le Modem, etc. »

 

Ne pensez-vous pas qu’il y a là comme un abandon de ces engagements puisque c’est d’abord Royal qu’il faut sauver et garder à la tête de la Région, lui permettant ainsi de s’en servir comme tremplin pour la présidentielle de 2012. D’ailleurs la déclaration d’intention du PC du 12 janvier le confirme : « Une participation éventuelle aux instances exécutives du Conseil régional est donc conditionnée à la possibilité de mettre en œuvre des les points essentiels de notre programme. » Ce  n’est plus « les » mais « des » points essentiels du programme. Lesquels ? Vous le voyez bien, tout est prévu, même dans le moindre détail.

 

Face à un tel marché de dupes, le NPA vous propose une toute autre alliance, sincère, honnête, pluraliste, sans hypocrisie et langue de bois, comme le dit Simone Fayaud, sur la base parfaitement claire de la déclaration du 22 décembre 2009 que vous avez tous acceptée, sauf le PCF : « Une participation éventuelle aux exécutifs est donc liée aux conditions  qui la rendent possible, à la possibilité de mettre en œuvre les points essentiels de notre programme et au rapport de force permettant effectivement de les appliquer. Elle sera discutée collectivement à  l'issue du 1er tour. En tout état de cause, chaque composante politique de notre coalition gardera une liberté totale d'appréciation et de décisions sur ce point, ainsi qu'une liberté de vote tout au long de la mandature. Si le PS et EE décidaient d'inclure le MODEM dans leur majorité, la discussion sur les exécutifs deviendrait immédiatement caduque : être à gauche exclut pour nous tous une quelconque main tendue au MODEM au 1er comme au 2nd tour. »

 

Vous pourriez-nous dire : « mais cela exclut les communistes, revenons à la déclaration du 9 janvier ». Mais de celle-là ils n’en veulent pas plus ! A quoi bon alors rediscuter de tout cela. Nous avons perdu assez de temps, pas à cause de la neige, comme le dit Laurent Lucquaud  dans La Nouvelle République, mais parce que depuis le début, malgré le vote des militants communistes, malgré le combat des communistes unitaires de la Vienne et des Deux-Sèvres, malgré l’accord majoritaire du NPA pour que se réalise un grand rassemblement unitaire à la gauche du PS, d’autres n’ont cessé de le combattre. Voulez-vous les conforter dans leur victoire ou souhaitez-vous mettre un terme à leurs manœuvres ? 

 

Commentaires

Charente-Poitou : quel beau merdier en recomposition ! Je n'y crois pas, c'était pour çà ? Le PC veut aller avec le Modem... Je me demande comment il vont tourner çà, après avoir clamé haut et fort le contraire.
Par ailleurs, nos amis de la FASE, qui nous avaient déçu, les v'là, qui se réveillent et frappent à la porte de nos listes... en PACA, en Lorraine, en Auvergne... Ben il est pas encore trop tard... En MIdi-Pyrénnées, la Gu va tendre la main à ses camarades du NPA pour faire l'unité... Et en Basse-Normandie, Michel va arrêter de lire l'Huma et donc se désintoxiquer et aller avec le NPA...
Il est temps de payer l'addition pour les uns et faire une campagne du feu de .... pour les autres...
C'est ce qu'il reste à faire pour le NPA en Poitou...

Écrit par : JR | 25/01/2010

Voilà qui acte l'honnêteté Unitaire de nos "partenaires" PC PG....ce dont les lecteurs de l'Huma auraient dû se rendre compte depuis longtemps.


Par exemple quand l'Huma faisait de brillante analyse comparant "l'effet Besancenot et l'effet...Le Pen" ou quand elle expliquait que OB est un produit médiatique de Sarko destiné à diviser la Gauche de gouvernement, ou quand elle reproche au NPA d'avoir une politique de Classe contre classe ou de vouloir renverser le Capitalisme "alors qu'il faut le transformer radicalement".

Sans oublier la défense du PS succeptible d'évoluer dans le bon sens....avec l'aide du Front de Gauche bien sûr.

Et tout cela derrière le paravent de l'UNITE pour naîf

Écrit par : vériane | 26/01/2010

http://www.lanouvellerepublique.fr/dossiers/journal/index.php?dep=86&num=1523433

Le divorce est consommé à gauche de la gauche

Pour les militants poitevins du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), la rupture avec le Front de gauche est consommée. Ils feront liste à part, « avec ceux qui ne s’enferment pas dans la nostalgie de l’union de la gauche plurielle ».


La mariée gauchiste était probablement trop belle. Il faut dire que sa dot, estimée à 10 % des voix, en faisait fantasmer beaucoup. Finalement, elle devra être partagée entre le Front de gauche d'une part (Parti communiste, Parti de gauche, Gauche unitaire) et les autres formations à gauche de la gauche d'autre part (le Nouveau parti anticapitaliste, les Alternatifs et la Fédération pour une alternative sociale et écologique).

“ Le Parti communiste a sans cesse freiné le processus ”

La rupture est consommée, ont confirmé les militants du NPA de la Vienne, hier soir, lors d'une conférence de presse. « Le Parti communiste a sans cesse freiné le processus unitaire, explique Myriam Rossignol. A chaque fois que nous obtenions un accord sur un point, les communistes le remettaient en cause le lendemain. Malgré cela, nous avions abouti à un accord politique. » Et puis, patatras, la main tendue de Ségolène Royal au MoDem a fait exploser ce fragile consensus. « Notre position était claire : pas d'alliance entre les deux tours avec un PS allié au MoDem ou à des personnalités centristes. Le 15 janvier, on était tous d'accord sur ce point, sauf le PC. Quelques jours, après, le Parti de gauche a changé d'avis. »
L'ultime proposition du Front de gauche de reporter cette question de l'alliance avec le PS jusqu'au soir du premier tour a essuyé un refus ferme et donc définitif : « Si on n'a pas réussi à s'entendre en trois mois, on n'y arrivera pas en une soirée. » Le NPA se dit donc prêt à présenter ses propres listes, « avec ceux qui ne s'enferment pas dans la nostalgie de l'union de la gauche plurielle. »

Écrit par : rafikow | 26/01/2010

Il serait temps d'admettre que le PCF et le PG préfère de loin 5% pour gérer avec le PS que 10% dans l'opposition.

L'enjeu c'est: LES PREBENDES LIES A LA GESTION DES REGIONS. Prébendes vitales pour l'appareil bureaucratique du PCF et son valet PG

Écrit par : vériane | 26/01/2010

Vous écrivez :
« Ma thèse est la suivante […] : si nous ne sommes pas en mesure de fournir un projet politique alternatif - non seulement à celui du PS mais à celui aussi du PC, du PG... et du NPA, alors c’est la décomposition qui l’emportera comme en Italie et ailleurs.

Il me semble que vous voulez dire qu’il faut proposer un projet alternatif à ce que l’on peut appeler l’ordre mondial dominant. Si c’est le cas, il y a des dizaines d’année que la question est posée, et de nombreux intellectuels doivent avoir des « projets » dans leurs cartons.

La question est : pourquoi les partis « de gauche » ne s’en emparent pas ? Par exemple, pour ce que je connais du programme du NPA, c’est un programme « revendicatif », sans que j’ai vu d’explications concernant les possibilités de l’appliquer économiquement et politiquement.

Or il est nécessaire, même si c’est approximatif, de donner le sentiment que les propositions de gauche pourront être appliquées (ainsi en 1981, le programme commun disait : grâce aux nationalisations nous pourrons faire plein de chose. C’était un peu court, mais suffisant pour entraîner l’espoir que le programme pourrait être appliqué).

Or il me semble qu’il n’y a pas dans les projets actuels de gauche l’équivalent des « nationalisations » de 1981.

Ainsi, bien qu’écoutant les émissions des hommes politiques de gauche, je n’ai pas noté autre chose que de bonnes intentions (je crois plus à leurs déclarations télévisuelles qu’à leurs programmes, car c’est dans ces émissions qu’ils disent ce qu’ils pensent essentiel pour convaincre les électeurs).

Comme chacun à « sa » vision, j’attends l’homme politique qui dira (comme J Généreux) : mettons fin au libre échange, source de notre paupérisation progressive inéluctable (sauf pour une minorité qui en tire profit), même si nos partenaires européens, l’OMC … ne sont pas d’accord.


nb : la difficulté politique est que le processus de paupérisation majoritaire induit par le libre échange est contradictoire : à court terme, en tant que consommateurs, nous voulons les prix bas des marchandises et services venant des pays à bas salaires, mais à moyen terme, nos emplois, notre sécurité sociale et allocations diverses, nos retraites, nos cités « difficiles » vont continuer à se dégrader, nos prisons à se remplir.

Écrit par : marc.malesherbes | 26/01/2010

@ marc.malesherbes
Tu reproche au NPA de ne pas proposer de chemin clé en main pour arriver à appliquer un programme radical anticapitaliste. Et c'est vrai... Si c'était facile, la plupart d'entre nous ne seraient pas révolutionnaires mais tout simplement réformistes...
De l'autre, le programme commun a certes créé un immense espoir mais celui-ci n'a pas abouti et pire, cet échec a donné le signal de départ, en France, de la "Révolution libérale" initiée par Pinochet (grand applicateur des préceptes de l'école de Chicago), Thatcher, Reagan...
Quand on parle du partage du temps de travail, on peut dire ce que l'on veut mais c'est le mouvement de 1995, qui l'a rendu possible après 1997.
Et si tu regardes bien l'histoire des acquis sociaux c'est le mouvement social, qui a précédé la formalisation par l'élection.
Quand Généreux propose le retour au protectionisme, pour ma part, je pense qu'il oppose le travaileur, salarié français au travailleur étranger. Je préfère exporter mes acquis que les garder pour moi au nom d'un nationalisme dépassé.
En conclusion, si nous ne sommes pas capables de fournir une bonne sortie par le mouvement social, l'élection n'accouchera d'aucune avancée.

Écrit par : JR | 26/01/2010

C"est pourtant ders élections QU'est né le programme commun et les mesures socialers qui ont suivi en 81. grosse marche arrière par la suite mais c'était toujours ça de gagner. le marché est passé par là en enlevant tous les espoirs qui était nés et le kidnapping continue de part et d'autre. De la part des libéraux on ne pouvait pas s'attendre à moins mais quend j'entends aubry pactiser avec la réforme dees retraites je suis vert (ou rouge, je ne veux pas faire de polémique). Quand au protectionnisme je pense qu'il y a aussi derrière l'idée de se détacher de cette maudite consititution européenn qui nous enlève toute marge de maneuvre. J'ai l'impression que l'exportation des partis étaient plus possible quand il n'y avait pas d'union européenne tel qu'on la connait là.
Sur la construction d'un projet alterrnatif, il me sesemble par exemple que la suppression des exonération des charges patronales au bénéfices de la sécurité sociale ou des déficits publics c'est assez concret quand même mais le probème c'est que j'ai l'impression que tu s beau proposer un projet alternatif béton, derrière tu as la machine ump media qui écrase tes arguments à coup de communication déloyale. Je ne vais pas retomber dans la gueguerre des partis de gauche mais on a quand même l'impression que les revendications de chacun sont bonnes dans l'ensemble mais que dès qu'elle endosse une étiquette de parti elles sont balancée à la poubelle par un autre parti. si on commençait par se mettre daccord sur un petit programme commun aussi mince soit il et par mettre de coté nos rancoeurs historiques peut être que ça don,nerait un peu plus d'espoir.

Écrit par : gerard | 26/01/2010

@ Gérard
Ce qui a changé depuis 68, c'est que nous prenons les élections au sérieux. Sérieux dans ce que nous disons. Sérieux dans ce que nous proposons. Nous avons admis, qu'il valait mieux avoir des élus "délégués du personnelsé, que ne pas en avoir.
C'est bien aussi parce qu'on nous prend au sérieux, que l'on veut faire l'unité avec nous... et vouloir recommencer le coup de la gauche plurielle.
C'est parce que nous prenons les élections au sérieux, que nous ne voulons pas faire n'importe quoi. Pas touche à notre indépendance.
Sinon, je ne me souviens pas quels acquis sociaux ont perduré depuis 1981 ? Quelqu'un pourrait me rafraîchir la mémoire ?

Écrit par : JR | 26/01/2010

L'abolition de la peine de mort, la 5ème semaine de congés payés, les 39 h, la retraite à 60 ans....

Écrit par : Michel | 27/01/2010

@ Michel
Merci pour tes éclaircissements. Je suis toujours attentif à tes réponses...

Écrit par : JR | 27/01/2010

Travail à temps partiel, 39 heures, droits syndicaux étendus, expression des salariés, les radios libres (je ne me souviens plus si c'était dès 81) . Pour l'âge de la retraite, c'est sacrément mis à mal. Quant à l'aboloiton de lka peine de mort peut-être que c'était déjà une compromission pour épargner les bourgeois d'une éventuel future révoltuion (lol)

Écrit par : gerard | 27/01/2010

(suite à la réponse de G Suze)

Votre réponse assez incompréhensible pour moi (1) m’a intéressé car elle me confirme l’attachement de beaucoup à gauche au « libre échange ».
Dans cette logique, vous devez être un partisan de la directive « Bolkenstein » : pourquoi empêcher les travailleurs polonais, roumains … de venir « librement » travailler chez nous ?
Cela me fait comprendre pourquoi la gauche a tant de mal à convaincre ouvriers et employés de voter pour elle : ils comprennent très bien ce que cela veut dire pour leur salaire et leur emploi …

Ceci dit je partage votre point de vue : soyons internationalistes, et sacrifions les ouvriers et employés français au mieux être des travailleurs des pays pauvres: tous le même salaire ... celui des Chinois. (et, bien sûr, travaillons à augmenter le salaire des Chinois). De plus cela a l'avantage de favoriser la minorité éduquée dont nous faisons partie. La grande majorité du NPA n'est-elle pas la minorité éduquée ? (voir Krivine, Besancenot ...)


(1) dans votre message initial vous sembliez dire que vous étiez pour un projet politique (« Ma thèse est la suivante […] : si nous ne sommes pas en mesure de fournir un projet politique alternatif - non seulement à celui du PS mais à celui aussi du PC, du PG,,, et du NPA, alors c’est la décomposition qui l’emportera comme en Italie et ailleurs»)

Dans votre réponse vous semblez, en pleine contradiction, dire que c’est être « réformiste » que de proposer des solutions ! Le « mouvement social » auto créant de bonnes solutions (*)

OK, mais quelle est votre position réelle ? (sachant que les deux points de vue peuvent se défendre),

(*) personnellement j’en doute : un exemple de taille : la révolution « libérale » de 1989 en URSS a conduit a une grande misère pour le peuple russe, jusqu’à la réduction de l’espérance de vie ! Plus en arrière le mouvement populaire nazi n’a pas créé que de bonnes choses etc…

nb : je ne reproche rien au NPA que je connais très mal, J’essaie simplement de savoir ce qu’il propose,

Écrit par : marc.malesherbes | 30/01/2010

@ G Suze
@ JR

excuses,
je crois avoir confondu avec JR

donc mon message précédent pour JR

Écrit par : marc.malesherbes | 30/01/2010

@ marc.malesherbes
Je suis né dans un univers coupé en deux pour le dire vite où le Nord était strictement développé et le Sud connaissait la misère ;
La Mondialisation, c'est le partage de cette misère sordide pour les couches populaires et l'accaparement des richesses et de leur investissement pour une infime minorité.
Face à ça, le travailleur français ne doit pas céder à un nationalisme de nature à légitimer les thèses racistes du Front National. (au passage et ce serait ma thèse d'histoire, si d'aventure j'en écrivais une, le FN, qui se réclame du nationalisme fait partie d'un courant qui a répondu aux abonnés absents dès lors que la "Patrie était en danger" cf la Révolution Française, la Commune écrasée avec l'aide des Allemands et enfin les milices de l'Etat Français pendant la 2nde GM).
Le nationalisme de gauche a accouché en URSS du stalinisme...
Le NPA pense que les richesses existent et quelles doivent être partagées du haut de la société vers le bas de la société et aussi des pays riches vers les autres pays...
Le bonheur dans un seul pays à l'instar du "socialisme dans un seul pays", c'est impossible, c'est un leurre et ce n'est pas souhaitable.
La mondialisation détourne les droits des travailleurs en les opposant entre eux. Nous voulons dépasser le capitalisme et non pas lui donner une ampleur nationale".

Écrit par : JR | 30/01/2010

@JR

dans votre réponse tout est dit. Merci de sa clarté.

Je ne sais si vous avez raison, mais j'ai l'impression que cela doit être la position largement majoritaire à gauche et à la gauche de la gauche.

Personnellement elle me désole, sans doute parce que j'ai travaillé en milieu industriel et que j'ai vu des cohortes de travailleurs "importés", puis rejetés dans les cités "difficiles". Pour le plus grand profit du patronat. Et pour le bénéfice de tous ceux qui ont pu garder un emploi à temps plein.

La démocratie, c'est "le point de vue "moyen". Tant mieux. Tant que seule une minorité subira sérieusement la mondialisation, votre point de vue sera majoritaire (alliance du patronat et des couches qu'il peut satisfaire).

Pensez à ce qui arrive aux retraites: nos enfants (et nous même) vont subir la régression déjà en oeuvre (que croyez-vous que vont toucher ceux qui accumulent aujourd'hui les petits boulots, travaux à temps partiel ?) Et ce n'est que le début !

Écrit par : marc.malesherbes | 01/02/2010

Marc Malesherbes est manifestement un militant d'extrême droite, peut-être de chez Soral.
Inutile de perdre ton temps JR.

Écrit par : toto | 01/02/2010

@ marc.malesherbes
C'est vrai ce que dit toto ? Tu votes FN ? Mais alors t'en as rien à foutre de l'ouvrier Français. Lepen soutient les pires des républicains américains, sans parler des mille autres détail, qui montrent l'attachement au régime libéral. Qu'est-ce que tu viens me prendre la tête sur l'exploitation de l'ouvrier français ? Comme se t'en avait quelquechose à faire ? Mets de l'ordre dans ta tête et dans ta propre maison...

Écrit par : JR | 01/02/2010

@toto
@JR

je ne sais qui est "Soral", mais j'imagine que ce n'est pas un compliment !

je vois qu'être contre le libre échange, c'est être taxé d'extrême droite.

Pourtant il me semble que de nombreux partisans du "non" au référendum sur l'Europe étaient contre le libre échange, et pas d'extrême droite !

en tout cas je vous accorde que jusqu'à présent la grande majorité des Français a bénéficié de la mondialisation et du capitalisme. Il suffit de se comparer par rapport à la situation des années 50. C'est sans doute pour cela que l'UMPS est politiquement hégémonique.

Pourvu que ça dure !

Écrit par : marc.malesherbes | 04/02/2010

@ JR

tu parles du sort des ouvriers. Comme je l'ai déjà dit, ayant travaillé dans une entreprise métallurgique, je sais bien ce qui leur est arrivé, et va continuer à se produire: leur disparition progressive.

Ceci dit je reconnais que c'est arrivé aux paysans, aux petits commerçants, et personne ne le regrette. Pour les partisans du libre échange et de la mondialisation c'est l'évolution "normale" de la société.

Il faudrait se reconvertir "dans les services", et trouver un moyen d'en exporter suffisament pour pouvoir "vivre". Mais quels services allons nous exporter ? Jhonny Haliday et nos nombreux artistes ? Nous allons avoir du mal face à la puissance médiatique des USA..Les services financiers ? les anglais, américains et autres occupent bien le créneau (nous avons quand même BNP, Sté Gle). Nos architectes ? (un peu oui avec Nouvel ...)
Il ne faut pas désespérer, mais j'ai du mal à imaginer comment nous allons faire à terme ...

nb: nous avons un seul atout solide: notre attractivité touristique

Écrit par : marc.malesherbes | 04/02/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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