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16/12/2009

« Obscurantisme »

Changeons de sujet sans en changer vraiment. Dans le parti circule actuellement une pétition à propos de jeunes femmes ayant adhéré récemment au NPA. Certains camarades s’étant émus que ces jeunes femmes portaient des foulards, d’autres ont répliqué par une pétition dont je vous livre le texte ci-dessous. Hier soir dans mon comité, ce débat a été mis à l’ordre du jour. J’ai défendu une position qui a, non seulement pas fait l’unanimité mais qui a provoqué bien au contraire quelques vives réactions.

 

Mon point de vue était simple. Le port du foulard et par extension du voile n’est pas à proprement parlé un signe religieux, mais d’abord lié à une tradition pour certaines femmes dans certaines régions. Il n’est d’ailleurs pas propre à la tradition musulmane. Autrefois, une cinquantaine d’années, beaucoup de femmes françaises dans les campagnes portaient encore des « fichus » et se couvraient quasi systématiquement la tête lorsqu’elles entraient dans une église. Mais dans le cas présent, il ne s’agit pas de cela. Pour ces jeunes femmes (j’insiste : non seulement jeunes mais françaises de la deuxième ou de la troisième génération), le port du foulard est un signe politique.

 

Encore faut-il bien l’interpréter, en saisir les nuances. Il peut être une simple manifestation d’une singularité encore que, lorsqu’il devient collectif, il ne s’agit plus d’un acte de « révolte » individuel mais plus souvent de rattachement à une idéologie, plus ou moins radicale : l’islamisme. Je posais donc la question : est-il possible d’accepter dans notre parti des personnes qui se revendiquent d’un courant de pensée dont le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne fait pas très bon ménage avec les idées que nous défendons.

 

Que n’avais-je pas dit ? Je passe sur le fait que je discriminais des femmes croyantes. Mais j’ai surtout été accusé de reprendre un vieux discours « néocolonial ». Comme si le fait de porter le voile ou le foulard pouvait être la manifestation d’une lutte contre l’oppression postcoloniale de l’ex-empire français ? J’ai répliqué par un premier point d’histoire, expliquant que dans les années 20, des milliers d’Egyptiennes placées en tête d’une manifestation contre la présence des Anglais dans leur pays, après avoir fait reculé la troupe, avaient jeté leur voile pour manifester leur joie d’avoir vaincu l’ennemi. Cette anecdote était racontée récemment par un intellectuel arabe sur France Culture.

 

En deuxième point, je rappelais à mes camarades que lors d’une manifestation locale de protestation contre l’entrée de l’armée israélienne dans la « bande de Gaza », nous avions tous noté la forte présence d’une délégation de jeunes filles portant le voile, bien encadrées par des garçons. Première manifestation, à notre stupéfaction, de la présence d’un courant islamiste organisée ici à la Rochelle. Enfin je mentionnais à mes camarades que ma compagne, française d’origine algérienne était de tradition musulmane. Tout comme sa mère, fervente croyante, elle refusait toute ces signes distinctifs qu’elles attribuaient, l’une comme l’autre, très clairement comme la soumission de ces femmes à ce qu’elles appellent les « barbus ».

 

Evidemment, rien n’y fit. On parla du voile en général, à l’école en particulier. Ce qui n’était pas la question. Bien plus tard, dans la nuit, un peu secoué par ce refus de reconnaître ce qui est pour moi l’évidence, me vient à l’esprit le mot « obscurantisme ». Vieux mot pour désigner l’église, toutes les églises, et le danger qu’elles représentent lorsque l’on finit par ne plus faire la différence entre ce qui appartient au domaine du privé (que des membres du NPA croient en un dieu quelconque ne me dérange pas) et une idéologie réactionnaire, d’autant plus lorsqu’elle accorde aux femmes la place que nous savons. Pourquoi cet aveuglement ? J’ai une réponse, mais ça sera pour une autre fois.

 

Pour une laïcité d'ouverture, qui respecte les sensibilités et les diversités de chacun-e

 

Nous, militant-e-s anticapitalistes, attaché-e-s aux valeurs et aux principes de la laïcité, refusons que des camarades anticapitalistes de confession religieuse soient discriminé-e-s au sein de notre parti et/ou que des camarades ne soient pas traité-e-s comme des militant-e-s à part entière

Nous affirmons clairement que nous acceptons et respectons les choix philosophiques et religieux ainsi que les pratiques et les cultes de chacun-e au sein même du NPA comme dans la société.

L'idée d'un groupe composé de 3 ou 4 militant-e-s ayant comme objectif d'interroger une camarade avant d'accepter son adhésion dans certaines régions, nous paraît discriminante, non laïque et inacceptable dans la mesure où elle n'est pas appliquée en général : cette procédure a été spécifique sur la forme et le fond (suspicieux en raison des convictions musulmanes de la camarade exprimées par le port du foulard) contraire aux rencontres d'ouverture pratiquées pour se connaître avant l'adhésion... Nous tenons pour allant de soi que des camarades adhérant au NPA en soutiennent les objectifs et les valeurs fondatrices, et que personne n'a à être "testé/es" spécifiquement à l'entrée.

De même, l'envoi d'un courrier demandant de clarifier les positions et les points de vues de certain-e-s militant-e-s et pas d'autres ne nous paraît pas un traitement égalitaire.

Nous comprenons les réticences et les inquiétudes de certain-e-s camarades, nous connaissons le rôle et les horreurs des institutions religieuses dans l'histoire de l'humanité ainsi que le rôle et les luttes des militant-e-s pour l'émancipation des peuples. Nous nous inscrivons dans cette démarche et nous appelons tous militant-e-s en accord avec nos statuts, nos textes fondateurs, et notre programme à nous rejoindre et à lutter avec nous contre les ravages du système capitaliste. Mais nous pensons que la laïcité ne doit pas exclure, la laïcité doit être un espace où les diversités et les sensibilités peuvent cohabiter dans le respect et la tolérance des uns et des autres.

Nous appelons tous les camarades anticapitalistes en accord avec nous à signer cet appel et à militer ensemble pour un NPA ouvert à toutes et tous, quelle que soit leur confession ou leur croyance. Ne laissons pas une vision étriquée de la laïcité produire de la discrimination et nous diviser.

 

Envoyez un mail à ajcrev@hotmail.fr pour être signataire de cette motion

 

Commentaires

@Gilles

Là par contre, je ne suis pas d'accord avec toi. J'avais préparé un TOPO dans mon comité sur le sujet.

Et ayant vécu pendant 22 ans dans un pays de culture "arabo-musulmane", j'ai un regard différent.

Sans rentrer dans le détail trois choses:

1/ Un requisitoire claire et net contre l'islamisme politique: Même rhétorique que le fascisme( demandez à ma mère militante féministe au Maroc)

2/ Le port du voile en France n'est pas un signe politique: Il est au mieux une recherche et affirmation identitaire voire communautaire, au pire un symbole claire et net de l'islamisme radical de plus souvent imposé sous les diktats machistes ( père, frère, mari....) ou la pression de la société et dans le cas de la France de la pensée dominante dans certains quartiers populaires.

3/ Au NPA nous devons être clair sur cette question: "Ni voile, ni loi": On ne peut accepter le voile , mais non plus une loi stigmatisant les musulmans.
La laicité doit s'appliquer à tous dans la rpublique: forcé de constater que ce n'est pas le cas.

4/ Au sein du NPA: devons nous avoir en notre sein des femmes voilées et par extension des croyants?

Oui, mais à condition d'être d'accord avec nos principes: Si une femme voilée est pour la défense du droit des homosexuels, pour l'avortement libre et gratuit, pour l'émancipation des femmes,.... Elle est la bienvenue, mais avouons que dans ce cas là, elle a une sacrée contradiction. A force de discuter et débattre "gentillement" elle s'en rendra compte.
Mais nous en avons tous des contradictions dans la vie, il suffit d'en être conscient , de les assumer, et d'agir dans le bon sens.

Écrit par : rafikow | 17/12/2009

J'ajoute un dernier point:

5/ Pour la question palestinienne par Exemple ou libanaise:

Il faut arrêter la connerie que j'ai entendu chez certains de mes camarades: On peut discuter avec le Hamas, certains ont d'ailleurs cherché à le faire en vain lors de la délagation NPA en palestine cet été:

Nous n'avons rien à faire avec ces gens là! C'est des fascistes! Qui tuent nos camarades marxistes palestiniens d'ailleurs.

Nous (enfin j'espère), ce qu'on reproche à Israel ( gouvernement et non état) c'est sa politique raciste, c'est l'exploitation quotidienne qu'elle fait subir au peuple palestinien.

Hamas remet en cause l'existence même de cet état avec des motifs clairement racistes: On ne peut accepter au NPA ce genre de discours.

L'idéepour moi c'est qu'il faut défendre à terme un seul état où vivent palestiniens et israeliens avec une solution transitoire ( celle de deux états)

Écrit par : rafikow | 17/12/2009

Déjà la première chose qui me gêne, c'est l'emploi de cette formule « militant-e-s ». Cela n'existe nulle part dans la langue française. Si cela gêne les féministes d'employer le terme générique désignant sous le même vocable les hommes et les femmes, dans ce cas qu'elles écrivent : « militants, militantes ». Si elles ont la flemme d'écrire cela, dans ce cas, qu'elles militent pour la réforme de la langue et l'utilisation d'une forme neutre, comme en allemand « das » ou en anglais « it », qui désignerait indistinctement les hommes et les femmes.

Je suis étonné que les puristes du marxisme (toto) ne soient pas encore montés au créneau pour bouter hors du NPA tous les croyants en quelque religion que ce soit. La religion reste pour moi l'opium du peuple, du plus en plus instrumentalisée par des pouvoirs réactionnaires pour conduire aux horreurs que nous connaissons tous les jours.

Voilà un bon débat qui va nous aérer un peu le cerveau de toutes ces polémiques électorales...

Écrit par : Michel | 17/12/2009

Le marxisme n'est absolument pas anti-croyants, et refuser les croyants dans son parti est d'une bêtise sans nom.

Faire l'amalgame entre port du voile et islamisme est d'une bêtise sans nom. Parmi les féministes les plus radicales du monde musulman, il y a des femmes qui portent le voile, et ça ne regarde qu'elles.

Je trouve la position de Gilles, si je l'ai bien comprise, d'un simplisme manichéen effarant.

@rafikow : ce n'est pas vraiment le sujet, mais il est évidemment hors de question de défendre le Hamas ni une quelconque position politique religieuse, ce qui comprend évidemment la théologie de la libération et Chavez, au même titre que les mouvements politiques islamiques.
Maintenant, sans soutenir ces organisations politiques, on peut quand-même soutenir les luttes anti-impérialistes des Vénézuéliens ou des Palestiniens. Malgré toutes les contradictions à l'œuvre dans ces luttes.

Écrit par : toto | 17/12/2009

Rafikow, pourrais-tu préciser un point car j'ai du mal à saisir un aspect de ton argumentation.
Tu écris "Le port du voile en France n'est pas un signe politique"
puis ensuite "au pire un symbole claire et net de l'islamisme radical"
j'aurais tendance à penser qu'un "symbole de l'islamisme politique", c'est aussi un "signe politique", non ?

Écrit par : Quentin | 17/12/2009

@ Gilles
"jeunes femmes ayant adhéré récemment au NPA".ces jeunes femmes portaient des foulards"
Nous voici, en plein fantasme... En plein complot... des femmes voilées au NPA... Ce n'est pas le fichus, qui est en cause... Ce sont les valeurs politiques, qu'il soustend... Ce ne sont pas les croyances métaphysiques et privées qui sont à dénoncer. On peut regarder le voile sous tous les angles "Cette soumission à Dieu" est le rejet des valeurs féministes, qui sont les nôtres. En d'autres termes, si l'on veut se "soumettre" à Dieu, cette "soumission" implique la même forme de soumission chez l'homme et la femme... Ce qui n'est pas en cause pour ce fameux voile....
En d'autres termes, ce n'est pas le voile, qui doit être remis en cause, c'est surtout l'adhésion à toutes les valeurs commune au NPA. Et là çà n'a rien à voir avec le voile/soumission... En d'autres termes, vous n'avez rien à foutre dans votre comité que de vous empailler sur des conneries.

Pour rester dans dans le même sujet : Au vu de ce que tu sais, peux-tu encore dire que c'est le NPA qui est responsable politiquement du manque d'unité de la gauche radicale. Parce que si c'est le cas, je me ferai un plaisir de te communiquer l'historique des négos en Bretagne...

Écrit par : JR | 17/12/2009

@Quentin

Tu poses une très bonne question!

A mon humble avis, il y a deux niveaux, il y a les prédicateurs qui eux font un islam politique et ont des objectifs clairs et nets et ceux/celles qui tombent dans le panneau, ceux là sont dans une quête identitaire et sont utilisés par les prêcheurs.
Donc le voile est une recherche identitaire chez de nombreuses personnes, mais est utilisé politiquement parles fondamentalistes.

Ce n'est que mon avis.

Et autre chose, oui toute religion est une aliénation. Etre croyant c'est être soumis à dieu. Cette aliénation ne peut être acceptée philosophiquement par les marxistes, mais comme je disais plus haut il faut la voir comme une contradiction surmontable et à titre personnel ça ne me dérange pas de travailler et militer avec des croyants à condition qu'ils aient les mêmes principes politiques que moi.

Écrit par : rafikow | 17/12/2009

Je maintiens globalement ce que j’ai dit dans ce billet. Le port du foulard chez certaines jeunes filles n’est pas la manifestation d’une soumission à certains codes traditionalistes. Ça peut l’être mais pas pour des jeunes filles qui adhèrent à une organisation politique telle que la nôtre. J’écarte – mais on peut tout imaginer – un « entrisme » d’islamistes dans le NPA. Que cela soit clair. En revanche je pense qu’il est possible que des jeunes femmes ou jeunes filles qui portent ces foulards comme d’autres arboraient en d’autres temps le signe de la paix ou ceux d’un féminisme radical, s’emparent de ce signe pour manifester une singularité, une « révolte ». Vous savez bien comment des idéologues islamistes tels que Ramadan (très en vogue chez ces jeunes filles) utilisent ces manifestations. Ils vont même jusqu’à dire que le port du foulard voire du voile, loin d’être un signe de soumission de la femme, exprime l’inverse et que l’on n’est pas loin, là, d’un certain féminisme. De là à assimiler ces femmes en foulard à des « rebelles », il n’y a qu’un pas que je franchis. Ce port du foulard n’est donc pas pour moi un signe religieux (mais s’il utilise la religion) mais le signe d’une certaine radicalisation. D’où qu’il n’est pas étonnant qu’il arrive dans le NPA qui affiche cette même radicalité.

Le problème que je pose est le suivant : est-ce une « bonne » radicalité, c’est-à-dire émancipatrice, ou une « radicalité » obscurantisme. Certains ont parlé ici de « fascisme », je n’irai pas jusque là. Mais, par certains côtés, le radicalisme que le NPA affiche exprime lui-aussi une radicalité obscurantiste. On a de nombreux exemples historiques de telle dérive. L’une d’elle fit grand bruit dans le parti bolchevick dans les années 1905-1910 quand Lénine se retrouva minoritaire (sur la question de la participation aux élections à la Douma dont il était partisan) face à un autre leader bolchevick aujourd’hui complètement oublié qui s’appelait Alexandre Bogdanov. Ce même Bogdanov mit sur pied une école du parti concurrente de celle de Lénine. La polémique prit une telle ampleur que Lénine lui répondit par son seul ouvrage strictement philosophique « Matérialisme et Empiriocriticisme » dirigé, en gros contre l’idéalisme de Mach, Berkeley, etc. Un autre exemple encore plus frappant le « national-bolchevisme », courant très radical durant l’affaire de la Ruhr dans les années 20 en Allemagne.


Ma question est donc simple et provocatrice. Une certaine radicalité, un peu « folle », du NPA peut-elle propice à faire converger en son sein des formes de radicalité telle que celle de femmes en foulard ? Ou d’autres ?

Écrit par : Gilles | 17/12/2009

OK Gilles, je n'avais pas bien compris ta position, et suis plus en accord avec ta deuxième reformulation.

Dans tous les cas, je crois que le voile on s'en fout un peu. Il peut être porté pour de multiples raisons, y compris simplement par pudeur (ça ne viendrait à l'idée de personne d'interdire les pantalons et jupes longues, et de rendre obligatoire les décolletés ...... bien qu'il soit officiellement interdit au femmes de porter le pantalon dans le code civil), et surtout le voile peut évidemment être porté par des non musulmanes. C'est même le type de voile le plus courant, que l'on rencontrait il y a une vingtaine d'années (des femmes "bien de chez nous" et bien cathos, athées ou autres).

Derrière la question du voile, tout comme derrière celle de l'identité nationale, il y a une évidente volonté de stigmatisation de l'Islam et des musulmans. Pour le dire net, une islamophobie rampante très importante.

Est-ce que pour autant je soutiens le port du voile? Evidemment que non. Je suis pour que personne ne se sente obligé de cacher son corps (donc naturisme à la plage ;) ), et notamment pour qu'aucune femme ne se sente le besoin de se protéger du regard de l'homme (ce qui peut effectivement être une rébellion contre l'homme, le fait de refuser d'offrir son "corps objet" à son regard), et contre la marchandisation du corps de la femme, et tous ses effets pervers.
N'empêche que tout ça présuppose qu'il n'y ait plus d'oppression de l'homme sur la femme, par exemple. Car le voile est une réponse à un état de la société, c'est une conséquence et non une cause. La voie politique implique de s'attaquer aux causes, pas de stigmatiser les effets.

Écrit par : toto | 17/12/2009

Je précise à nouveau que je ne traite pas là de la question du foulard à l'école, ou du port de la burqa dans la "cité" mais de l'intégration dans une organisation politique telle que la nôtre avec son histoire, sa culture, son but, de courants, certes "radicaux" mais d'une radicalité qui n'est pas la nôtre, ou du moins je l'espère.

Pour le reste, le débat sur "l'identité nationale" est en effet une véritable saloperie. Même beaucoup de gens de droite le pensent, le disent et l'écrivent.

Mais ce n'était pas l'objet de ce billet. Il était : quels rapports entretenons-nous avec ces courants ? serions-nous susceptibles de les accueillir en notre sein ?Toutes les révoltes entrent-elles dans notre « schéma » d’émancipation ?

Écrit par : Gilles | 17/12/2009

Vu comme ça, c'est quand même mieux...
La question n'est plus celle du foulard, du voile ou de la burqua. Car il est vrai que ces signes ostentatoires, sont souvent signes de rebellion contre un ordre établi. Un peu comme si un jeune de Neuilly portait un t-shirt de Che Guevarra et un bérêt.
Ce que je trouverais paradoxal, par contre, c'est que des gens ayant « la foi » (qu'elle soit catho, juive ou islamique), trouvent leur place au NPA (ou ailleurs). Contradiction, certes, mais pas insurmontable, à condition que nous soyons en mesure de remplacer le « sauveur » divin, par une vision salvatrice de la société. C'est loin d'être le cas.
Doit-on s'étonner de voir de plus en plus de jeunes se tourner vers la religion, alors qu'aucune réponse sociale n'est donnée à leur désarroi ?... Un phénomène à mettre en parallèle avec l'abstention aux élections.

Écrit par : Michel | 18/12/2009

Gilles, on parle bien de la même chose, et ma réponse est bien "le voile on s'en fout un peu". Il n'y a pas de critère vestimentaire pour militer au NPA. Encore heureux!

La condition pour être membre, c'est :
"Est membre du parti celui ou celle qui partage l’essentiel des principes fondateurs et adhère à un comité, c’est-à-dire qui prend sa carte, participe aux activités et aux réunions du parti dans la mesure de ses disponibilités, et verse une cotisation."

Les raisons pouvant exclure un membre sont :
"Le comité peut procéder à une éventuelle radiation du parti, dans des cas exceptionnels à définir et à encadrer (violence, sexisme, racisme, LGBTI phobie…). "

Voir : http://www.npa2009.org/content/statuts-provisoires-du-nouveau-parti-anticapitaliste-adopt%C3%A9s-par-le-congr%C3%A8s-du-npa

Donc rien ne permet d'exclure un membre pour raisons vestimentaires ou pour croyance religieuse.

Et l'attitude inverse serait particulièrement sectaire et idiote!

Écrit par : toto | 18/12/2009

Extrait d'un texte paru en Mars 2006 Par Pierre Tevanian, à propos des conséquences de l'interdiction du voile à l'école. Il me parrait encore d'actualité.
Le texte entier est ici: http://lmsi.net/spip.php?article528

La gauche face à ses contradictions

« L’Affaire du voile » n’est donc pas, comme aiment le dire les commentateurs « autorisés », une question qui « traverse tout l’échiquier politique » et « brouille le clivage droite/gauche ». C’est en réalité la gauche et elle seule qui a été traversée au sens fort, c’est-à-dire affectée, par « l’Affaire du voile » (la droite, tant au niveau des appareils politiques que des électorats, a été beaucoup plus unanimement prohibitionniste). Et c’est moins le clivage droite/gauche que l’identité et l’unité de la gauche qui en ressortent brouillées.

Cette division de la gauche [10] a été au cours des années 2003 et 2004 un frein considérable à toute mobilisation de grande ampleur contre les offensives gouvernementales sur le terrain social, et rien n’indique aujourd’hui qu’elle puisse être surmontée. Elle repose en effet sur des problèmes de fond, touchant à des conceptions antagonistes

de l’interdit et de l’éducation (dans quelle mesure, sous quelles conditions et jusqu’à quel point l’interdiction et la sanction peuvent-elles être pédagogiques ?)

de l’émancipation (peut-on émanciper quelqu’un contre son gré ?)

du rapport à l’autre et à sa liberté (jusqu’où peut-on considérer l’autre comme un être aliéné, en attente d’un tuteur bienveillant ?)

de la morale et de la politique (la fin peut-elle justifier les moyens ? La majesté de l’idéal laïque peut-elle justifier le sacrifice de quelques « voilées » réfractaires au dévoilement ?)

de la religion en général, de l’Islam en particulier et surtout de la jeunesse issue des classes populaires et de l’immigration post-coloniale.

De ce point de vue, même si « le voile à l’école » est un faux problème, construit politiquement et médiatiquement, on peut dire qu’il a contribué, indirectement, à poser de vraies questions, parmi lesquelles les plus sensibles sont sans doute celles qui concernent le rapport de la gauche française aux franges des classes populaires issues de l’immigration post-coloniale. Pour reprendre une formule courante à gauche, le voile a assurément contribué à voiler les vrais problèmes que sont le démantèlement des services publics et de l’État providence, le chômage structurel et la précarisation généralisée, mais il a aussi dévoilé un autre vrai problème, jusqu’alors refoulé, ou relégué au rang de front secondaire : l’enracinement du racisme post-colonial en France, un racisme systémique qui traverse toutes les classes sociales et toutes les forces politiques, même les plus « progressistes » ou « révolutionnaires » [11].

La question ne peut être éludée : comment se fait-il qu’à gauche, tout le monde n’ait pas, au-delà de toutes les appréhensions possibles vis-à-vis du foulard et de ce qu’il peut signifier, posé comme préalable le refus absolu de toute exclusion ? Comment une telle légèreté et une telle indifférence à l’égard du devenir d’ adolescentes ont-t-elles été possible ? N’est-ce pas parce que ces adolescentes ont été, y compris à gauche, l’objet d’une phobie ?

Un nouveau rendez-vous manqué

Ce « dévoilement de la gauche » est lui aussi lourd de conséquences : en ne s’opposant pas à la campagne médiatique contre les élèves « voilées », en y participant même parfois activement, les responsables des organisations de gauche - en particulier du Parti Socialiste, de Lutte Ouvrière et de la Ligue Communiste Révolutionnaire - ont manifesté ostensiblement la distance sociale qui les sépare de certaines populations, leur incapacité à les entendre, leur penchant pour l’autoritarisme, parfois leur intolérance, et parfois même leur pur et simple racisme. Elles se sont ainsi aliénées, sans doute durablement, une grande partie de leur « base » potentielle. Vingt ans après le rendez-vous manqué avec le « mouvement beur », l’ensemble de la gauche française a massivement raté un nouveau rendez-vous.

La loi sur le voile apparaît en ce sens comme un symptôme au sens freudien du terme : la manifestation pathologique d’un « passé qui ne passe pas », le retour d’un épisode refoulé. Il est en effet significatif que la « Marche pour l’égalité » de décembre 1983, qui vit pour la première fois les jeunes français issus de l’immigration post-coloniale sortir de l’invisibilité et s’imposer comme des sujets parlants, n’a eu droit, en guise de commémoration pour son vingtième anniversaire, qu’à un discours présidentiel annonçant l’interdiction du foulard - c’est-à-dire une mesure répressive visant principalement des enfants d’immigrés post-coloniaux, et recouvrant la question de l’égalité sociale derrière un « problème de différences culturelles ».

Il est significatif aussi que ce soit la visibilité du foulard qui se soit trouvée au cœur du « problème » : c’est lorsque les adolescentes et les femmes voilées se sont affirmées comme des égales, en apparaissant dans l’espace public, à l’école, à l’université et dans le monde associatif, que leur foulard est devenu insupportable ; celui des mères au foyer n’a jamais suscité de telles phobies [12]

Des élèves déscolarisées, des familles humiliées

Il importe, pour finir, de ne pas perdre de vue les victimes les plus directes de ce « grand débat ». Parmi elles figurent les 45 adolescentes qui, selon les chiffres officiels, ont affronté les conseils de discipline et ont été exclues définitivement, auxquelles il convient d’ajouter trois garçons sikhs exclus à Bobigny pour port d’un turban, ainsi que la soixantaine d’élèves « voilées » qui, selon les termes euphémiques du Ministère de l’éducation nationale, ont « choisi » de démissionner pour aller dans des écoles privées ou suivre des cours par correspondance. Il y a également toutes celles qu’il est impossible de comptabiliser car elles se sont « exclues d’elles-même » pour s’épargner l’épreuve d’un conseil de discipline, en ne se présentant pas en cours à la rentrée de septembre 2004.

Il ne faut pas non plus négliger ce qu’ont enduré toutes celles qui ont préféré enlever leur foulard pour rester à l’école : si l’on peut se réjouir que ces dernières soient restées scolarisées, il faut néanmoins se demander ce qui se passe dans leur tête désormais découverte, ce qu’elles ressentent, et comment elles comprennent les mots « laïcité », « liberté », « égalité » et « fraternité », ces « valeurs de la république » dont s’est prévalue la mouvance prohibitionniste, mais qui pour elles n’ont été synonyme que de menaces, d’injures et d’humiliations [13].

Au delà, la teneur du « débat médiatique » depuis 2003 et ses conséquences concrètes à la rentrée 2004 constituent une immense blessure collective, infligée à des dizaines de milliers de personnes : les centaines d’élèves exclues ou contraintes à enlever leur foulard, mais aussi tout leur entourage familial et, encore au-delà, l’ensemble de la population issue de l’immigration post-coloniale, à qui l’on fait revivre ces « cérémonies de dévoilement des femmes en place publique » inventées au temps de l’Algérie française.

Il est vrai que cette blessure a été majoritairement vécue dans le silence et l’invisibilité. Elle n’est jusqu’à présent pas très « ostensible ». Nos dirigeants politiques peuvent donc se réjouir. Les Inspecteurs d’Académie peuvent se féliciter du « caractère éducatif » des conseils de discipline [14], et les grands médias peuvent continuer à croire ou à faire croire que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes laïques possibles ; mais de cette humiliation, de cette violence symbolique, des discriminations et des agressions islamophobes, verbales ou physiques, qui en découlent, et que l’hystérie « anti-foulard » a d’avance légitimées [15], et enfin des exclusions, visibles ou invisibles, que la loi du 15 mars 2004 a provoquées et va continuer de provoquer, de toute cette souffrance à laquelle, sciemment ou pas, ils ont largement contribué, il faudra que l’État français, la classe politique et les grands médias répondent un jour.

Écrit par : Zbayri | 19/12/2009

@ Zbayri
La question qui était posée au départ, des militante NPA peuvent-elles adopter le foulard et concilier ce choix vestimentaire avec les valeurs politiques défendues par le NPA ? sur la lutte féministe... le droit à l'avortement... sur les droits des homosexuels... la lutte des classes.... et plus si affinité...
En d'autres termes... ce qui compte ce n'est pas le foulard, c'est ce qu'il y a en dessous, dans le cerveau...
Sur le foulard à l'école, c'est une question d'égalité : enseignement égal pour tous... mixité... etc... pas laïcité ouverte... Juste la laïcité...
Les principes, qui ont prévalu face aux églises doivent prévaloir face aux autres religions sans distiction...
"Il est vrai que cette blessure a été majoritairement vécue dans le silence et l’invisibilité"

L'islamisme fut en son temps une réponse pour contrer la montée du marxisme dans les pays musulmans. A cette époque, ce sont les USA qui ont abondament subventionné tous ces groupes religieux radicaux...
La religion est l'opium du peuple de tous les peuples, quels qu'ils soint. Elle ne constitue en rien une alternative aux problèmes qui nous sont posés...
En quoi l'islamisme empêche-t-il l'exploitation des immigré dans les Pays du Golf ?
Comme tout fascisme, l'islamisme est le rampart dressé par le capital contre l'émancipation des masses !

Écrit par : JR | 20/12/2009

Merci Gilles pour cette prise de position.

J'en ai marre d'entendre les militants qui pensent mieux savoir qu'autrui qui est aliéné de qui ne l'est pas. Quand des nanas disent qu'elles se sentent mieux avec le voile, qu'elles le mettent par choix, par conviction, je vois pas pourquoi on les emmerde. On fait pas chier les gonzesses en minijupe, en string, en jean, qui font des régimes, qui vont voir l'esthéticienne, etc., parce qu'elles se soumettent à la domination masculine.
Il n'y a pas de logique de soupçon chez les travailleurs comme quoi ils pourraient être aliénés, si ça se trouve à leur travail. Il n'y a pas de logique de soupçon quand on voit un mec porter la barbe, pas de logique de soupçon quand il s'agit d'un homme. Ou alors, il faut pousser le soupçon encore plus loin: le maghrébin pourrait être musulman. En tant que musulman il pourrait être aliéné, donc on le rejète (ce que font merveilleusement bien vos camarades de l'UMP).
C'est là que c'est marrant. Il faut qu'il y ait un signe visible pour qu'on fasse chier les gens. Et y'a des cons pour penser que PUISQUE c'est visible, c'est FORCEMENT ostentatoire (là encore, pas qu'à l'UMP, y'en a aussi au NPA). Les gens veulent t'agresser avec leur look (du moins, c'est ce que j'en ai déduit en voyant des ados semi-autistes tenter de danser la tektonik DANS LA RUE!!!).
A quand l'interdiction des gueules de con?

Écrit par : rhizome | 22/12/2009

Matérialisme, empiriocriticisme, VI Lénine, Isaac Newton, M. Gorki, Bogdanov-Malinovski, Einstein. Obscurantisme VS matérialisme scientifique. En défense de la science, pour une quatrième révolution quantique !

Bonjour Gilles
Mon "alerte Google" vient de me signaler l'apparition d'un nouveau texte mentionnant le livre de VI Lénine "Matérialisme et empiriocriticisme".

Vous avez écrit (au sein d'un débat portant sur le NPA et l'opportunisme vis-à-vis de l'islamo-fascisme :
« Le problème que je pose est le suivant : est-ce une « bonne » radicalité, c’est-à-dire émancipatrice, ou une « radicalité » obscurantisme. Certains ont parlé ici de « fascisme », je n’irai pas jusque là. Mais, par certains côtés, le radicalisme que le NPA affiche exprime lui-aussi une radicalité obscurantiste. On a de nombreux exemples historiques de telle dérive. L’une d’elle fit grand bruit dans le parti bolchevick dans les années 1905-1910 quand Lénine se retrouva minoritaire (sur la question de la participation aux élections à la Douma dont il était partisan) face à un autre leader bolchevick aujourd’hui complètement oublié qui s’appelait Alexandre Bogdanov. Ce même Bogdanov mit sur pied une école du parti concurrente de celle de Lénine. La polémique prit une telle ampleur que Lénine lui répondit par son seul ouvrage strictement philosophique « Matérialisme et Empiriocriticisme » dirigé, en gros contre l’idéalisme de Mach, Berkeley, etc. Un autre exemple encore plus frappant le « national-bolchevisme », courant très radical durant l’affaire de la Ruhr dans les années 20 en Allemagne. »


Je vais donc, ici, apporter une « brève » contribution à vos propos.
Pour commencer, qu'il soit clair que ce livre « Métérialisme et empiriocriticisme » qui fut écrit en 1908 est - c'est ma certitude absolue - le plus grand livre de philosophie scientifique du 20° siècle.
Il porte sur un domaine du matérialisme, un domaine de la philosophie scientifique qui est appelé "gnoséologie" : "que connaissons-nous ? que pouvons connaitre ? qu'est-ce que le réel ? qu'est que la science ? Etc..

« Matérialisme et empiriocriticisme » est surtout un retour au matérialisme de Newton.

J'ai fait beaucoup de citations d'extraits de ce livres - extraits commentés ainsi que des résumés pédagogiques. Ces résumés sont aussi des actualisations néo-newtonistes des thèses gnoséologiques de VI Oulianov Lénine .

Il est une défense de l'existence "en-soi" de l'Univers? Un univers qui n'a besoin ni des humains ni de nos sens, ni de nos perceptions pour exister.
Un univers dont l'évolution est strictement causale, déterministe.
Et donc un Univers ayant 3 dimensions d'espace et une de temps.
Ce livre est un brûlot relativiste qui règle son compte à Poincaré et à toutes ces foutaises inventées par ses acolytes. Des foutaises qui ne sont (étaient et sont) des attaques pernicieuses contre l'espace absolu de Newton, ses lieux absolus, ses déplacements absolus d'un lieu à un autre et donc une attaque contre les "vitesses absolues".

Je suis – malheureusement -, sur Internet, (et probablement ailleurs) le seul à défendre le matérialisme de Lénine, le matérialisme de Newton, le matérialisme de Titus Lucretius (Lucrèce) le matérialisme de Epicuros et de Democritos (Démocrite) en défendant les vitesses absolues de Newton.

Or, nier celles-ci revient à nier l'objectivité totale de l'Univers.

(De ce point de vue, les lycéens – ça s'aggrave en première - subissent un véritable lavage de cerveau. Ce lavage de cerveau consiste à n'accorder le statut de « vitesse » qu'aux "vitesses observables" ou aux "vitesses relatives". J'ai pu constater l'étendue des ravages de ces âneries sur le niveau intellectuel des cracheurs d'insultes de revolution celeonet (site officieux du NPA - époque LCR) quant à l'héritage léniniste en philosophie.
Le bourrage de crâne subit fait que les militants et sympathisants LCR ne se rendaient même pas compte de l'incompatibilité totale de leurs croyances avec l'héritage matérialiste.
(et je ne détaille par sur ce Louis CR qui ne savait que hurler « Troll ! Troll ! » dès que son cerveau disjonctait suite à la « révélation » de l'incompatibilité Einstein-matérialisme)

Pour ce qui concerne l' "école" à laquelle vous faites allusion, il s'agirait probablement de la villa de l'écrivain M. Gorki ( n'écrivez pas "Maxime" il vous snobera) située à Capri, en Italie.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Maxime_Gorki#Le_premier_exil_.C3.A0_Capri
Je possède deux ouvrages « éditions de Moscou » contenant des lettres de Lénine, Gorki, et alii. sur cette année 1908 et les débats subséquents. J'en cite les contenus de mémoire (Je suis ici dans un resto-hamburger-wifi gratuite)

Cette villa de Gorki servait de refuge pour exilés et eut donc une fonction d'école de parti.
Mais la polémique entre Lénine et lui porta moins sur l'école que sur la question de la revue théorique.
Et surtout le contenu de cette revue.
En fait, pendant que les farfelus Bogdanov ou Lounatcharski alliés à Gorki étaient occupés à délirer sur la "construction de Dieu", Lénine, qui voyait en Gorki un intellectuel à la fois artiste mais aussi possiblement pédagogue philosophe, avait comme souci la mise en place d'une revue théorique de haut niveau.
Nous étions en 1908 - deux ans après la pré-révolution anti-féodale de 1905 (pendant laquelle apparurent les premiers soviets).
Une période de recul s'ouvrait et il était souhaitable de blinder au maximum les cadres sur le plan théorique.
C'était la fonction de la revue.
Mais les trois farfelus, eux, subirent de plein fouet l'offensive réactionnaire - dont Mach était le principal leader.
Cette offensive de la réaction la plus noire partait de loin.
La Commune de Paris avait assez affolé – dans toute l'Europe - les classes exploiteuses post-féodales et capitalistes pour que l'héritage des Grecs, celui de Voltaire et des Lumière soit destinés par ces gens-là aux poubelles (réactionnaires) de l'Histoire.
Un roman amusant de Jacques Cellard décrit les combats entre la strate innovante – et voltairienne – de la bourgeoisie progressiste qui s'accrochait aux acquis du 18° siècle et les pré-fascistes qui – au sein de ces familles bourgeoises – agissaient pour un retour aux obscurantismes des années Bellarmin.

OFFENSIVE OBSCURANTISTE
Dans cette réaction idéologique, on retrouve pêle-mêle (en désordre et en vrac)
1° Les énergétistes qui niaient les atomOs de Democritos et qui n'acceptaient les atomes que comme fiction utilitariste. Boltzmann lutta contre ces gens-là et se suicida probablement par usure psychologique face à leur harcelement pernicieux.
2° Cantor, le fou furieux qui prouvait l'infini en inventant Aleph Zero, le plus petit des infini, aleph 1 l'infini suivant et toute la ribambelle des infinis (une .... infinité d'infinis !!!). C'est lui qui finit à l'asile. Un livre récent écrit par un thuriféraire acharné nous révèle la volonté de Cantor de prouver l'existence de Dieu et surtout, le fait que, postérieurement à sa mort, le Vatican agit en faveur de la diffusion massive de ses thèses. Hilbert et les autres prirent le relai de la propagation du « paradis cantorien ».
3° Les empiristes, empiriomonistes et autres délirants qui refusaient au réel le droit à l'existence en soi. Mach et - de façon plus hypocrite - Poincaré étaient les flambeaux de cette réaction obscurantiste.
Ils y a d'autres sectes encore. Aller relire Lénine pour le bestiaire !
ISAAC NEWTON ÉTAIT L'ENNEMI DE CES GENS !
L'ennemi principal de ces gens était Isaac Newton.
Il fallait en finir définitivement avec cette quête -scandaleuse pour eux - de notre VITESSE ABSOLUE.
Ils voulaient urgemment achever le boulot de l'évêque Berkeley et de Leibniz. Ils voulaient en finir avec la vision newtonienne.
Une vision hyper-matérialiste où la présence de Dieu était tellement enchevêtrée avec l'espace et les atomOs que l'incrédule athée - que je suis - considère comme absolument matérialiste.
Contrairement à ce que croient les gens, il faudra attendre 1919 - 12 ans après 1905 et la "proclamation" de la relativité restreinte pour que ce camp réactionnaire puisse crier victoire : Une campagne de presse inouïe soutenue par toutes le forces réactionnaires et proto-fascistes de la planète. Einstein parcouru la Terre entière pour aller remercier ce ramassis d'obscurantistes.

1° En 1921, la bourgeoisie US,
2° la bourgeoisie anglaise
3° les sionistes de Chaim Weizmann (il faisait partie du voyage de remerciement vers les USA). La tournée fut aussi une tournée de propagande sioniste et de collecte de fonds pour une prétendue « université » à Jérusalem – cheval de Troie de l'invasion des pseudo-descendants des Hébreux.
4° Le futur empereur du Japon, le barbare sanguinaire de la 2° guerre mondiale Hiro-Hito– régent à l'époque du voyage et de la visite que lui rendit Albert Einstein.
« Et c'est avec un certain soulagement qu'il s'était embarqué, en octobre 1922, pour le Japon. Parti de Marseille, il fut à Shanghai le 15 novembre et débarqua le 20 à Kobe; il resta au Japon jusqu'à la fin de l'année. L'accueil fut chaleureux; il fut reçu personnellement par l'empereur avec qui il s'entretint en français; il apprécia les manières des Japonais, mais non leur musique;, il dut prononcer plusieurs conférences qui furent l'occasion d'une présentation d'ensemble de la théorie de la relativité, et aussi d'un exposé des voies par lesquelles il y était parvenu - ce qu'il n'avait pas fait publiquement jusque-là. Il était en route vers le Japon lorsque le prix Nobel de physique lui fut décerné, au titre de l'année 1921 pour laquelle le prix n'avait pas encore été attribué; » (version Merleau-Ponty)

« Invités par un éditeur japonais, les Einstein partirent en octobre 1922 pour le pays du Soleil levant et y restèrent environ six semaines. Dans un rapport à Berlin, l'ambassadeur allemand au Japon compara la visite d' Einstein à une procession triomphale. Partout, sur son passage, des foules enthousiastes s'assemblaient spontanément pour l'entrevoir. L'Impératrice le reçut. Dans les journaux. Ce fut à qui rapporterait dans le plus grand détail ses activités. Réelles ou imaginaires. On le combla d'honneurs et de toutes sortes de présents, le charme pittoresque du Japon le captiva. Bien plus tard, après Hiroshima. il dit avoir gardé un vif souvenir de cette visite au Japon : " J'avais tant aimé ces gens et ce pays que je ne pus m'empêcher de pleurer lorsque je dus les quitter. Cc voyage était venu heureusement soulager la tension régnant à Berlin après l'assassinat de Rathenau. Tout en étant parfois un peu gêné par le négligé vestimentaire d'Einstein, l'ambassadeur d'Allemagne au Japon avait été séduit par l'homme; dans son rapport officiel à Berlin, il souligna qu'Einstein restait modeste, amical et sans prétention, malgré les honneurs extraordinaires qu'on lui décernait. Einstein était sans doute bien différent d'autres gloires nationales auxquelles cet ambassadeur devait avoir eu affaire. Quelques jours avant qu'Einstein ne débarquât au Japon, on apprit qu'il avait reçu le prix Nobel 1921 " pour ses contributions à la physique théorique, et en particulier pour sa découverte (de la loi de l' effet photo-électrique". Le communiqué officiel ne citait pas explicitement la relativité. »
(version de Banesh Hoffman collaborateur et biographe de Einstein)

5° Après les remerciements au proto-fasciste japonais, ce fut le tour du leader de l'islamo-fascisme qui devait remercier Einstein pour sa contribution obscurantiste. Einstein alla en Palestine rendre visite au Grand Mufti Husseini qui allait finir chez son ami Hitler


Rencontre avec Hitler en 1941.
(NB il est extraordinaire que je ne trouve aucune source Internet pour cette visite !)
L'escroc de la relativité généralisée - le complice en trucages de Arthur Eddington - Albert Einstein acheva son long voyage obscurantiste par :
6° Le roi d'Espagne Alphonse XIII – qui prêta son train à Einstein un an avant de souteinir un coup d'Etat fasciste (Le général Primo de Rivera, avait pris le pouvoir le 15 septembre 1923 par un décret royal Wiki),
« Le 2 mars 1923, Madrid reçoit la visite d'Albert Einstein qui participe à plusieurs conférences scientifiques à l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche),...) et à la Real Academia. Il est reçu par la famille royale. »
Le proto-fasciste Alphonse XIII avait de bonnes raisons de bichonner l'idéologue numéro UN de l'obscurantisme réactionnaire.
"De Palestine, il se rendit en Espagne où, selon ses propres termes, il continua à "siffler son air de la relativité". De Madrid à la frontière française, il eut droit au wagon royal : Alphonse XIII l'avait personnellement mis à sa disposition. Mais, arrivé là, Einstein, complètement exaspéré par la pompe et les formalités, dit à sa femme : "Tu feras comme tu voudras, mais en ce qui me concerne, moi, je vais prendre un billet de troisième." (Banesh Hoffman)

Cette défaite du matérialisme était – avant même 1927 – la thermidoration idéologique : Les forces de la réaction venaient, en 1919, de clore, par anticipation, la période ouverte par la pré-révolution de 1905 (et pré-ouverte par la pré-révolution que fut la Commune de Paris).
1919, Eddington et Einstein firent remporter aux forces obscurantistes un Thermidor anti-scientifique.
De ce point de vue, VI Lénine avait parfaitement raison de s'inquiéter de la dérive de Malinovski-Bogdanov.
Comme je pourrais m'inquièter de l'isolement quasiement absolu qui est le mien en défense du matérialisme scientifique.
Mais CSN (Y) nous disent ( Long Time Gone) que le moment le plus sombre est juste avant l'aube. (Je dirais moins poétiquement le plus froid)
Et il est évident que le processus de révolisation en cours que reflète le cours de plus en plus droitier suivi par les forces de la formoisie politique, le cours de plus en plus droitier-colonialiste suivi par la FIDH (soutien actuel à l'invasion colonialiste de la Guinée Conakry) laisse augurer une accélération gigantesque de la diffusion des idées matérialistes et néo-marxistes.
Mais toute chose est dialectique.

A prèuve qu'il vous faudra méditer : l'allié philosophique de Lénine était son maitre Plekhanov. Qui dérivait, en 1908, de plus en plus vers la droite politique.
Tandis que le farfelu Bogdanov-Malinovski qui tramait son petit complot dans le dos de Lénine avec le magouilleur hypocrite Gorki (cf les lettres de ce dernier) … était, par contre, l'allié politique de Lénine !
Il nous reviendra d'expliquer le pourquoi de cette apparente aberration !

(J'interviendrai dans le débat minaret-burqa dans une autre réponse aux intervenants de ce forum. Mon résumé est : NON aux bigots. Accords tactiques avec les vrais croyants)

==
En tapant ce texte, j'ai placé de nombreux liens de références
Ils n'apparaissent pas ici.
Quand je déposerai une copie de ce texte sur mon blog révolisationactu, les liens apparaitront - y compris les liens vers des wiki de documentation.
Je ne mets ici que le lien le plus important :
Il mène vers tous les textes "En défense du matérialisme" que j'avais écrit sur mon ancien blog Monsyte
Il faut copier coller le paragraphe et le placer sur la barre d'adresse (après qu'un CTRL A ait effacé l'ancienne)
http://www.google.com/search?hl=fr&rlz=1D3TSEA_frFR307&newwindow=1&q=+site:monsyte.blogspot.com+monsyte+L%C3%A9nine+mat%C3%A9rialisme+empiriocriticisme&ei=_oQyS8SeJpKJ4Qb9qM2qCA&sa=X&oi=manybox&resnum=2&ct=all-results&ved=0CAIQqAQwAg

Meilleures salutations égalitaristes révolIsationnaires

Écrit par : Yanick Toutain | 23/12/2009

Quant au fond du débat, je vais essayer d'être "pédagogue" :

Vous êtes en 1924, Hitler n'est pas encore très connu. (Il a raté son putsch de Munich un an avant)
Un comparse "crée" une religion.
On dira les adeptes de Thor.
Leur symbole est une croix d'origine indienne.
Une svatiska.

A l'école, vous avez Werner qui porte autour du cou une svatiska de 30 centimètre.
Werner est un disciple de la religion de Thor.
Et Nora, la fille de l'ambassadeur de XXX qui vient en burqa.

Vous êtes enseignant.
Que faites-vous ?

Ajoutons un gouvernement socialiste qui vote une loi interdisant d'afficher les symboles fascistes.

Votez-vous la modification du règlement de notre école destinée à le mettre en conformité à la nouvelle loi ?

Quant à la svatiska ? quant à la burqa ?

===
Les islamofascistes vous ont complètement infiltrés et vous semblez ne pas encore en avoir pris conscience clairement !!!
===
Quant à moi, pour avoir enseigné pendant 17 dont 4 ans en collège, ma réponse est simple : interdiction dans l'école de l'affichage public des symboles religieux.

En 1980, un sourire au gentil David D., je lui indique son étoile que son col ouvert laisse apparaitre.
Il comprend et l'enfonce dans sa chemise.
Ce n'est pas plus compliqué que ça.

Si le petit Adolf s'était inscrit à l'école, je lui aurai expliqué que sa croix nazie n'est PAS un symbole de croyance, mais un SYMBOLE FASCISTE.

Et les symboles fascistes sont interdits.
Partout !

Pas seulement dans les écoles, mais aussi dans les rues.

C'est aussi simple que ça.
La burqa n'est rien d'autre qu'un symbole fasciste.

En conclusion (j'évoque cela dans un de mes textes récents) c'est le naufrage de la classe formoise qui crée les conditions d'une "internationale des aigris" et qui pousse la formoisie ex-trotskyste des diplômés aigris vers la formoisie islamo-fasciste.
La tolérance des Anglais du SWP a fait tache d'huile en France.

C'est un naufrage absolu !

L'égalitarisme se construira en France sur les décombres de l'effondrement formois de ce qui était le trotskysme LCR.

Quant aux vrais croyants, ils considèrent qu'un dieu a créé l'Univers il y a 13 milliards d'années et que TOUT S'ENCHAINE INÉLUCTABLEMENT.
Ces gens sont mes alliés.
Ils m'ont toujours respecté et même apprécié.

Ils n'éprouvent pas le besoin d'enfermer les femmes ni d'ériger des sexes symboliques pour être vus depuis la campagne lointaine.

(J'avais parcouru la moitié des réponses. Je donnerai - après lecture hors connexion web - des réponses détaillées sur les arguments les plus intéressants et les plus fragiles -rhétoriques)

Écrit par : Yanick Toutain | 23/12/2009

Merci Gilles pour la validation.
Il est malheureusement trop tard : le resto-wifi gratos ferme.
Ce n'est que demain que je pourrais poser sur mon blog "revolisationactu" la copie de ce texte avec les liens de citations et de références.
J'en profiterai pour y ajouter la référence à la rencontre entre le proto-fasciste Al Husseini et Albert Einstein en 1922 : je pense la retrouver - de mémoire - chez Banesh Hoffmann.
Au moment où les sionistes semblent avoir lancé une très grosse offensive - justifiée - contre cet islamo-fasciste délirant, il est bon d'avoir des citations bétons pour lutter contre la réaction obscurantiste.
Où qu'elle soit !
La révolisation vaincra.
(J'ai modifié mon URL pour ceux qui voudraient comprendre "révolisation" "thermidoration" "luttes des strates" "productivité historique" et toute la trame conceptuelle qui justifie les directions programmatiques qui sont les miennes actuellement.
Il mène ci-dessus vers la première partie d'un texte fondateur que je vous engage à consulter - annoter et critiquer.
"samedi 28 novembre 2009
RÉVOLISATION ET LUTTE DES STRATES. PREMIERE PARTIE : Un bilan conceptuel et historique"

Écrit par : Yanick Toutain | 23/12/2009

Je viens de publier - enfin - sur mon propre blog, la version "avec liens" du texte rédigé ci-dessus en réponse aux propos de Gilles sur Capri et le bouquin de Lénine.
http://revolisationactu.blogspot.com/2009/12/sur-le-site-npa-de-linterieur-une.html

J'ai ajouté une belle photo de Lénine en "vacances" à Capri.... Lénine jouant aux échecs

Écrit par : Yanick Toutain | 24/12/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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