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09/12/2009

« Il suffirait de presque rien… »

… comme dit la chanson. L’opinion publique, si tant est qu’elle s’intéresse de près à nos querelles intestines, va avoir un mal de chien à s’y retrouver pour savoir exactement ce que veut le NPA. Pour un parti qui entendait parler clair et fort : « Caramba, encore raté ! » On va encore m’accuser de jeter de l’huile sur le feu, d’exagérer, de caricaturer. Relisez ce que j’ai écrit il y a six mois ou tout juste après le congrès. Nous étions alors en plein « triomphalisme ». Ils (les autres) allaient voir ce qu’ils allaient voir. Il y a deux mois j’intitulais l’un de mes billets : « Le NPA au bord de la crise… de nerf ! » Eh bien nous y sommes.

 

D’une certaine façon, le pire sera peut-être évité. Un NPA « en ordre de marche », « seul contre tous », comme les braves petits soldats de Lutte ouvrière… sans Arlette, aurait été une catastrophe. Peut-être allons-nous aller vers des solutions modulées, région par région. Ça ne va très certainement pas favoriser une bonne communication nationale, mais au moins aurons-nous sauvé l’essentiel et, si par aventure la fortune, comme dirait Machiavel, nous est propice, peut-être cela nous servira-t-il de leçon pour la prochaine fois. Rien de mieux qu’un sondage en grand (les résultats des élections) pour vérifier par la pratique qui aura eu tort et qui aura eu raison.

 

Eh bien oui, comme le PC (voir une analyse intéressante sur le site Réformer aujourd'hui), le NPA n’est pas fait d’un bloc. Ses Principes fondateurs, ce bricolage de poncifs anticapitalistes à mon goût, sont à revoir. Ils n’ont jamais été le fruit d’un consensus. On nous a forcé la main. Mais avant de nous y replonger, que tout le monde, A, B et C, admettent qu’aucune des positions n’est désormais majoritaire, qu’il serait inacceptable d’imposer sa loi à l’autre. J’ai mon point de vue, et je continuerai à le défendre, mais je n’accepterai pas que l’on m’en impose un autre sous prétexte que 20 à 30 % d’à peine 4.500 adhérents pensent que leur solution est la meilleure.

 

Seul moyen pour trancher : l’examen de situations concrètes locales. C’est comme ça que l’on s’aperçoit d’ailleurs que l’on peut se passer des conseils de nos « dirigeants » (je n’aime pas ce terme). Il est vrai aussi que des accords locaux sont dépendants de ce qui se passe dans le PC. Je le vois bien ici en Poitou-Charentes. Un PC de Charente-Maritime qui tente d’imposer aux autres départements un ralliement sans principe à Royal. La base, bien cornaquée par des dirigeants d’autres départements, qui se rebiffent. Hier, un adjoint au maire de Niort qui déclare dans la presse après le coup de Royal en direction du MoDem : « Tout accord avec Royal est impossible ». Un autre qui dit en réunion unitaire : « Notre programme (il s’agit du programme que nous devons élaborer ensemble) n’est pas négociable. Fusion technique pour battre la droite. » Que demande le peuple !

 

Si après ça nous ne sommes pas capables de passer un accord avec eux, c’est que nous sommes les derniers des cons. L’un de nos camarades de la A disait l’autre jour : « Ce programme doit-être réellement anticapitaliste ! » Camarades de la A, tirez les premiers. J’attends encore. Dans mon précédent billet, j’ai donné un exemple de ce que pourrait-être un programme anticapitaliste, écologique, antilibéral. Pour l’instant personne ne m’a encore dit qu’il n’en était pas un. « Il suffirait de presque rien… »

Commentaires

Je trouve que ton programme a l'avantage d'exister... Il comporte des axes utiles
Programme anticapitaliste, écologiste et antilibéral :
1. Emploi : axe permettre au travail de sortir de la crise énergétique, écologique, agricole...
Je trouve faible de ne se préoccuper que d'emplois publics...
En terme d'emploi : Utiliser le savoir faire industriel à la production de biens écologiques ; il faut aider à reconvertir "les emplois industriels polluants"en emplois utiles" au redéploiement énergétique et écologique. (Quitte à demander le contrôle ou remboursement des aides accordées)
Déboucher pour la pêche : pisciculture ???
2. Revoir le pole public de formation, le tout CFA, qui est une insulte aux jeunes.
3. A propos de la fiscalité :
(piste) Revoir un système complètement inégalitaire...
Taxer les revenus financiers... et les profits des entreprises
Je suis peut-être trop concret.
Mais sur le plan économique je veux agir pour le contrôle de l'Etat sur l'initiative privée...
4. culture : ne pas cautionner l'exploitation des intermittants...
5. Remettre au coeur du projet de société l'éducation, les projets des jeunes et surtout des jeunes des cités,
6. Culture : "Chéquiers" CLARK intéressant pour les jeunes... Sur ce modèle pourquoi pas en direction des "RMistes" aux CE et même aux artisans...
7. Pratique de musique : Les écoles de musique sont trop chères...

Écrit par : JR | 09/12/2009

Je t'accorde que c'est un programme minimal. Tout sur l'emploi public est une concession mais l'emploi privé serait une compromission. J'introduis "l'emploi coopératif", "associatif", dans le sens d'une association de producteurs, vieille revendication du mouvement ouvrier. C'est un terrain à retravailler, à revoir. C'était peut-être ce qu'il aurait fallu faire à Heuliez. Mais le mouvement ouvrier n'a plus aujourd'hui de volonté d'indépendance. Il veut la survie du salariat et s'en remet pour ça à l'Etat et aux patrons. Les traditions ont été perdues. Nous devons les faire renaître.

Écrit par : Gilles | 09/12/2009

Les écoles de musique sont trop chères...

Exact. Un minimum de 300 euros pour l'année.

Écrit par : Gilles | 09/12/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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