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01/12/2009

« Nous ne voulons pas d'un refus de principe à la participation à des exécutifs ! » (Le Parti de gauche)

Une alliance large à la gauche du PS est-elle encore possible ? Certains, sur la base de la résolution du Bureau national du PG, pensent que oui. Je n’en suis pas si sûr. Plus on s’approche de l’échéance (après le vote des militants du NPA qui devrait-être clos le 6 décembre) et plus les marges de manœuvre pour bâtir cet accord se restreignent. Le NPA ayant, dès le début des négociations, très clairement mis l’accent sur la question des exécutifs, le PC ayant fait de même, c’est toujours sur ce problème épineux que ça coince. Du programme que pourrait mettre en œuvre une autre majorité (hypothèse haute) ou du travail que pourraient effectuer des élus de la gauche « radicale » ou « autre » gauche dans ces institutions en position minoritaire (hypothèse basse), il n’en a été pratiquement jamais question. Pas plus, de l’impact que pourrait avoir cette alliance électorale sur le mouvement social.

 

 

Bien qu’entourée de toute une série de précautions oratoires, la proposition du PG n'ouvre aucune nouvelle fenêtre susceptible de déboucher sur un compromis : « Sous peine de confusion politique qui ne servirait personne, ces accords devront être clairs et francs. Nous ne pourrions accepter des formules ambigües ou des compromis de vocabulaire sur la question des exécutifs. Nous ne voulons pas d'un refus de principe à la participation à des exécutifs avec le PS et les Verts ! » Et pour ceux qui n’auront pas encore compris, il précise encore : la délégation du NPA « a nettement indiqué le 10 novembre sa traduction politique lors de la dernière réunion du Groupe de Travail : « pas de majorité de gestion avec le PS et les Verts ». Nous ne sommes pas d'accord avec cette exclusive. » Mais en quoi s'agit-il d'un refus de principe ? Le PG oublie de préciser que le NPA a reconnu avoir fait un compromis sur cette question : « tout dépend des rapports de force politiques et sociaux ».

 

En d’autres termes, le NPA serait bien susceptible d’entrer dans des « majorités de gestion » avec le PC et EE mais à condition que la gauche anticapitaliste et antilibérale y soit majoritaire, ce qui, en l’état, est plus qu’improbable comme l’explique le NPA : « nous considérons que ces rapports de force ne permettent pas de participer à des gouvernements régionaux dont la politique est dominée par le PS et Europe Ecologie ». Or le PG suggère que ce rapport de force pourrait être inversé. Sur quels éléments probants se base-t-il pour émettre une telle hypothèse ? Aucun. Et pour cause, il n’y en a pas. Tout ce que peut donc espérer cette gauche-là c’est au mieux de commencer à construire face à l’alliance majoritaire PS-EE-MoDem une alternative de rupture. Comment cette alternative pourrait avoir une quelconque crédibilité, si on acceptait avant toute négociation, avant surtout d’avoir mesuré le différentiel réel entre ces « deux gauches », d’entrer dans des majorités de gestion avec des partis qui y seront forcément majoritaires ?

 

Il n’y a donc qu’une seule possibilité pour sortir de cette impasse : que les deux parties acceptent de ne pas faire de cette question des exécutifs un préalable à une alliance au premier tour ; qu’elles laissent ensuite aux élus leur liberté de vote. C’est ce que dit très clairement la motion C du NPA : « Aucun des partenaires ne peut ainsi exiger que le NPA participe à des exécutifs contre sa volonté, et de son côté le NPA ne fait pas d’une éventuelle participation conditionnée de certains de ses partenaires à des exécutifs où le PS et Europe Ecologie seraient majoritaires un motif de rupture. Les élu-e-s du NPA conserveront leur indépendance et leur complète liberté de vote dans les conseils régionaux, sans participer aux exécutifs dominés par le PS ou Europe Ecologie. »

 

Le PG et PC seraient-il prêts à accepter un tel compromis ? Si oui, qu’ils le disent et vite. Mais il y a peu de chance qu’ils s’y rallient. Le PC n’a jamais caché qu’il entendait bien coûte que coûte faire alliance avec le PS et EE après le second tour, à l’exclusion du MoDem, exigeant que le NPA accepte lui-aussi, pour ces élus, une telle solution tout en sachant que c'est impossible. Le PG fait semblant de l’ignorer. Comme dit le poète, tout le reste est littérature.

Commentaires

@ Gilles

Tu as bien résumé la situation.

Comme quoi voter A ou C ne changera rien à la position du FDG vis à vis de nous.

Voter A, c'est prendre acte, et dés maintenant construire localement où c'est possible des listes unitaires anticapitalistes.

Voter C, c'est purement incantatoire, c'est perdre du temps. Même si cela permet de vérifier que le FDG ne veut définitivement pas du NPA.

Voter B, c'est ne pas se donner les moyens d'avoir des élus , ce qui n'est pas respectueux et incitatif vis à vis de ceux qui veulent que la voix des anticapitalistes puisse être reconnue et peser un tant soit peu.

Écrit par : VERGNES | 01/12/2009

Je vais m’amuser à faire des pronostics : 25 % pour la position C ; 20 % pour la B et 55 % pour la A. Ce qui est, en gros, le rapport de force actuel au sein du CPN. Sachant, qu’en réalité dans les 55 % de A, une partie lorgne vers la C, alors que l’autre voterait bien B, on se retrouve ainsi avec un parti dont une moitié n’est guère enthousiaste à l’idée de partir seul dans ces élections. Question : comment allez-vous mener cette campagne et avec qui ? Surtout pour obtenir à peu près le même score que la dernière fois.

Écrit par : Gilles | 01/12/2009

Il est fort probable que la position soit largement en dessous de 50%, ceci au vu des premiers résultats ....

Écrit par : zik | 01/12/2009

Position A < 50%

Écrit par : zik | 01/12/2009

Le problème que je pose depuis longtemps est le suivant. Ce vote va être l’expression de l’extrême division interne du NPA sur des questions essentielles : 1/ Quelle attitude adoptons-nous face aux institutions électives ? 2/ La construction d’un mouvement anticapitaliste large est-il possible sans passer des compromis avec les autres formations à la gauche du PS ?
Pour l’instant la direction du NPA se refuse à débattre au fond sur ces deux questions. Sur la première elle en reste à une explication (tribune) qui était peut-être la seule possible pour les Russes en 17 (la Douma avait à peine 10 ans d’existence et avait très peu de pouvoirs) mais ne suffit plus dans des démocraties multiséculaires ; pour la seconde elle continue à la traiter comme une question uniquement tactique (ne pas apparaître « sectaires ») pariant en réalité depuis 2002 sur un autre schéma : l’émergence d’un nouveau « mouvement ouvrier » principalement autour du NPA.
Je peux parfaitement admettre que l’on puisse penser ainsi, mais je demande qu’à un moment ou à un autre on tire des bilans, ce que la LCR n’a jamais fait en 40 ans. Je demande surtout qu’à partir du moment où une partie importante (entre 25 à 35 %) du NPA pense que participer à ces institutions ne peut se résumer à y faire des discours et que pour y faire autre chose (c’est-à-dire y agir) nécessite de passer des alliances, il est impossible pour une direction de ne pas en tenir compte. Et cela vaut pour tout le monde. « Unitaires » et « antiunitaires » doivent non seulement s’accepter mais admettre les uns comme les autres que ce débat doit être tranché par la pratique. Ainsi, si le NPA se présente seul et obtient moins de 5 %, il faudra bien en conclure que cette orientation aura été un échec.

Écrit par : Gilles | 01/12/2009

@Gilles.

Oui mais dans le communiqué du PG: Moi je lis cette phrase. Comment l'interpreter?

"Il est par ailleurs évident que si la décision collective d'aller dans les exécutifs est prise, chacune des forces politiques parties prenantes de la campagne unitaire pourra alors, en dernier ressort, prendre part ou pas à l'exécutif dès lors qu'elle ne cherchera pas à l'imposer aux autres."

Sinon pour les pronostics, je ne vois pas du tout cette répartition là. Déjà les résultats sont très disparates d'un comité à un autre et d'une région à une autre. ( on n'est pas le PC non plus).

Et puis moi je vois plutôt des scores très serrés , genre: A:35%, B:32%, C:33%

Zik as tu des résultats? Si oui, peux tu me les filer par mail? je les garderai secret.

Écrit par : rafikow | 01/12/2009

@rafikow

Tu as raison. mais est-ce si "évident" comme le dit le texte ? C'est quand même assez curieux comme procédure. 1/ On prend la décision d'y aller dans ces fichus exécutifs puis 2/ Pour ceux que ça gêne aux entournures, en dernier ressort, il restera toujours la possibilité de s'en retirer.

Admets que c'est un peu n'importe quoi.

Écrit par : Gilles | 01/12/2009

Oui Gilles tout à fait . Je ne me fais aucune illusion sur le FDG.

Mais je pense comme de toute façon on ira pas ( c'est ma position), utilisons cette possibilité pour avoir des élus ( une sorte d'accord technique avec les alliés), je sais c'est un peu opportuniste, mais pour l'importance des élus anticapitalistes est telle que la fin justifie les moyens.

Écrit par : rafikow | 01/12/2009

Mais je n'ai jamais eu aucune illusion sur le PC et n'ai plus aucune sur le PG. Eux-même se trompent. Que va faire le FG seul ? 6 ou 7 % ? Et alors c'est avec ça qu'ils vont inverser les rapports de force ? Ils auront certes des élus et c'est tout ce qui compte pour le PC mais pour le reste c'est nada ! Pour le NPA c'est le pire que nous risquons : un ou deux élus, voire aucun. Surtout à quatre mois du vote, une gauche de gauche l'arme au pied, c'est une invitation à la démobilisation. Illisibilité totale pour son électorat et replis sectaire pour les militants. Tous ces gens n'ont rien compris aux enjeux ; c'est à leur schéma de raisonnement qu'il faut s'attaquer ; démontrer qu'ils sont obsolètes.

Écrit par : Gilles | 01/12/2009

"je m'amuserais...comment allez vous mener campagne" aprés le "ces gens là" je me demande ce que notre expert Gilles fait au NPA , tant de mépris, d'aversion pour pas dire plus et être à l'intérieur de "ces gens là ", mais c'est du masochisme....à moins que notre censeur soit effrayé à la perspective de rejoindre Picquet et sa gauche unitaire exécuteurs des basses oeuvres de ces ex staliniens et ex mitterandolâtres pour qui Gilles a les yeux de Chimène.

Breton en a exclu pour moins que cela!

Écrit par : vériane | 01/12/2009

Je dois reconnaître que côtoyer des « gens » de ton acabit, Vériane, a quelque chose de « surréaliste ». Tu sembles bien être en effet imperméable à toute réflexion et débat, ta « science » se résumant à psalmodier quelques idées reçues, ce qui est le propre des gens simples. Quant à Picquet je le laisse où il est ; n’ayant jamais été de ses partisans pourquoi diable irai-je le rejoindre. En tout cas, il ne me fait pas peur. Disons qu’il ne compte plus ayant déserté le champ de bataille.

Écrit par : Gilles | 01/12/2009

La résolution du BN du PG du 28/11 entrouvre une possibilité de poursuivre les négociations unitaires.

Et aprés tout pourquoi ne pas les prendre au mot, au pire on perdra encore un peu de temps pour lancer la campagne....
Au mieux il y aura accord (si le PC d'accord?) sur les exécutifs...Celà permettrait d'enfin discuter du programme, seul élément crédible pour asseoir une unité durable

Ci-après l’extrait

« Nos discussions à l’échelle nationale s’effectuent sur la base d’un texte proposé par le Front de Gauche dorénavant amplement diffusé depuis le 28 octobre dernier.
Pour le Parti de Gauche, ce texte reste sa référence dans les régions où le PCF a choisi le Front de Gauche comme dans les autres. Pourquoi ? Ce texte concentre nos priorités : bousculer le rapport de force à gauche en faveur de la ligne de transformation sociale, battre la droite et rassembler une majorité autour d’un projet vraiment alternatif à la logique du système qui est en crise aujourd’hui.
Les conditions programmatiques et politiques qu’il met à propos de la participation aux exécutifs garantissent que nul n’irait appliquer dans les régions une politique différente de celle pour laquelle nous aurions été élus. Bien sûr le protocole d’accord final entre nous devra permettre la constitution de listes respectant notre diversité politique, intégrer les mesures essentielles du programme du deuxième tour et une « charte de fonctionnement » qui précisera comment seront prises les décisions au plan national comme au niveau régional entre les deux tours. Pour nous, c’est aux militants et élus au niveau local d’apprécier si les conditions seront remplies au soir du premier tour. Il est par ailleurs évident que si la décision collective d’aller dans les exécutifs est prise, chacune des forces politiques parties prenantes de la campagne unitaire pourra alors, en dernier ressort, prendre part ou pas à l’exécutif dès lors qu’elle ne cherchera pas à l’imposer aux autres. »

Ceci correspond à la proposition de la motion C soumise au vote des militants NPA.

Reste à savoir si la directions du PC est en accord avec la résolution du PG?

Si la motion C du NPA est majoritaire et que le FDG refuse de prendre en compte la résolution PG et le vote NPA, alors ce sera la démonstration que le PCF ne veut pas du NPA et que le PG pése peu dans la conduite de la construction d’un pôle anticapitaliste sur le long terme.

Pour ma part j’hésitais entre la motion A et C.

La A permettait d’acter nos désaccords et d’engager immédiatement des négociations unitaires partout où cela était possible.

La C m’apparaissait incantatoire, mais vu la déclaration du BN du PG, je suis pour pousser le processus jusqu’au bout du bout et ainsi vérifier si l’unité était possible et vraiment souhaitée par le PC.

Si l’unité se fait, toutes les déclarations sur le sectarisme supposé du NPA n’auront été que des calomnies.
Si l’unité ne se fait pas, alors c’est que définitivement le FDG n’est pas le cadre unitaire qu’il se prétend être.
Et dans ce cas tous les militants NPA toutes sensibilités confondues pourront réaffirmer la raison d’être d’un NPA prêt aux compromis mais pas aux compromissions.

Écrit par : VERGNES | 01/12/2009

Mais il n'y a aucun doute sur la volonté de la direction du PC d'éliminer le NPA, et ce depuis le début. Ensuite, à moins de considérer que la direction PG est composée d'une bande d'idiots, ce que je ne crois pas, l'intérêt du PG s'est que le NPA entre dans la danse pour qu'il fasse contrepoids à la direction du PC. Je suppose qu'il a dans le PC des gens qui sont sur cette ligne là. Reste le NPA. Pour la motion B, entrer dans un processus unitaire va à l’encontre de toute leur orientation. Le problème c’est la motion A. Contrairement aux européennes ils ont voulu jouer le jeu. Mais j’ai beaucoup de mal à croire à leur sincérité. Je pense qu’ils l’ont fait pour des raisons tactiques, pour voir jusqu’où il était possible d’enfoncer le clou, pour révéler la nature profondément antiunitaire de la direction du PC. Mais comme ça c’est fait en vase clôt rien n’a transpiré au-delà du microcosme. Moralité c’est le NPA qui est apparu le plus antiunitaire des deux. En résumé la direction du NPA s’est fait avoir. Il aurait fallu mener ouvertement cette bataille pour l’unité, en prenant dès juin-juillet avec une conférence nationale, des dispositions pour qu’il en soit ainsi. Le problème c’est que le NPA aura montré l’extrême division qui règne dans ces rangs sur cette question et ça aurait dès juillet cassé en deux la majorité constituée au sommet en février. Bref, le problème est d’abord en interne. Tant que n’a pas été débattu à la racine la question des institutions et de l’unité de la « gauche de gauche » comme objectif stratégique, le NPA ne sera jamais en mesure d’aborder sereinement et en position de force cette question. Est-il trop tard ? Cela dépend encore un peu de nous. Mais il faudrait que la motion C fasse plus de 35 % et qu’une partie de la « majo » se rallie à cette position. Je fais parti de ceux qui sont très septiques sur les chances d’y parvenir.

Écrit par : Gilles | 02/12/2009

Mon acabit et ma simplicité est plus respectueuse de chacun que ton grand esprit unitaire, cela fait 37 ans que j'entends des camarades trés" ouverts d'esprit" comme toi manier l'insulte des qu'on est pas d'accord avec eux. Donc trouve autre chose...et puis les gens simples oui j'en fais parti, je vis avec eux , ceux sont mes frères de classe, je ne les méprise pas.

Pour la GU petit scoop maintenant ils défendent l'aide aux entreprises, mais c'est sans doute la faute de tous ces acabits du NPA

Mais désolé je continuerais a te lire car je suis plus curieux et tolérant que toi mon camarade.

Écrit par : vériane | 02/12/2009

Et de plus quand on site Breton on ne devrait pas employer le mot surréaliste à contre sens!

Mon acabit sait au moins cela!

Écrit par : vériane | 02/12/2009

"Quand on cite Breton..."

c'est évidemment à dessein que j'ai employé à double sens cette expression. Mes très vieilles accointances avec ce mouvement auquel j’ai été lié au milieu des années 60 me le permettent. Je pensais que tu avais vu le clin d’œil ! La poutre surement !

Écrit par : Gilles | 02/12/2009

WOW, ça c'est un bon article, que et il vous laisse tout de suite un commentaire

Écrit par : paris sportifs les bonus | 13/05/2014

Je relai votre avis du sujet, et on vous suis vraiment reconnaissant d'avoir donnée tant de renseignement sur votre blogue.

Écrit par : cote match france | 15/06/2014

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