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27/11/2009

Merci, Monsieur Besancenot !

Les jeux sont-ils faits ? Le NPA ira-t-il seul aux régionales ? Serons-nous moins intelligents que les communistes de la région Poitou-Charentes qui, malgré la volonté de leur direction régionale de rallier la liste de Ségolène Royal au premier tour, se sont majoritairement déterminés pour présenter une liste indépendante du PS ? Nous connaissons l’enjeu de ces élections. Poussé dans ses retranchements, impuissant face à la crise, à la montée du chômage, persistant dans ses choix libéraux, le pouvoir joue sa dernière carte : l’insécurité, l’immigration, l’identité nationale.

 

Face à cela une première opposition regroupant Europe-Ecologie, le PS et le MoDem. Son objectif, réaliser à terme un large rassemblement de centre-gauche. On connait la tendance. Selon les derniers sondages, cette « opposition » obtiendrait autour de 43 % des suffrages exprimés (21% pour le PS, 15 % pour EE, 7 % pour le MoDem). C’est elle qui a aujourd’hui, relativement, le vent en poupe. Elle n’est pas encore, à elle seule, majoritaire. Mais dans la mesure où elle n’est pas, dans l’immédiat, contestée par la seconde opposition, antilibérale et anticapitaliste, elle peut à l’issue de ces élections espérer l’emporter. D’autant plus que le pouvoir voit ressurgir à son extrême droite le spectre d’une remontée électorale du Front national donné dans certaines régions à 9 %.

 

Quid donc de cette seconde opposition ? Toujours selon les sondages elle se présente ainsi : 7 % pour le Front de gauche, 4 % pour le NPA, 2 % pour LO. Si l’on en restait là, seul le Front de gauche pourrait prétendre « marchander » ses voix contre une inflexion plus à gauche des politiques régionales. Sans la présence à la gauche du PS des anticapitalistes du NPA, en l’état hors course, on sait déjà ce que cela donnera : un ralliement dans la plupart des cas à cette majorité de centre-gauche. N’ayons en effet guère d’illusion quant à l’obstacle du MoDem. « Ils » trouveront bien un arrangement. Et voilà comment, la majorité du NPA aura fait, par l’absurde, la vérification de sa juste analyse.

 

En conclusion, en manœuvrant de telle façon qu’elle aura empêché toute possibilité d’une unité de la gauche antilibérale et anticapitaliste au premier tour, la majorité du NPA va offrir à ses adversaires à « gauche » une totale liberté de manœuvre permettant que se consolide ce contre laquelle elle s’était érigée : une alternative de centre gauche au pouvoir. Pis, cet échec annoncé va ouvrir au sein du NPA une crise interne dont on connait déjà les premiers effets : démobilisation massive, départ de nombreux adhérents, perte de crédibilité parmi tous ceux qui espéraient encore de cette « gauche » là. Reste un dernier recours : le vote des militants.

 

Mais qu’adviendra-t-il si une majorité au sein du NPA se dégageait pour renouer les fils d’une renégociation d’un accord électoral ? La majorité actuelle, avec tous ceux qui se sont désormais exprimés résolument contre toute alliance, acceptera-t-elle le verdict des urnes sans broncher, changeant brusquement son fusil d’épaule ? J’ai de la peine à y croire. Ainsi, dans quelques mois, Aubry, Cohn-Bendit, Bayrou, Buffet et leurs amis pourront à l’unisson proclamé : « Merci, Monsieur Besancenot ! » En contribuant par son incompétence et son aveuglement à l’échec d’un rassemblement de la « gauche radicale », il aura, lui et ses amis, offert sur un plateau à cette « gauche » que l’on disait perdue à jamais, cette chance inespérée de se refaire une santé, effaçant d’un trait tous les bénéfices engrangés par la « gauche radicale » depuis 2002.

 

PS. : Ayant pu enfin rétablir ma ligne Internet, je vais pouvoir reprendre mon dialogue avec vous et l’alimentation de mon blog. J’ai vu, qu’en mon absence, vous avez cependant bien ferraillé. Il est vrai que l’essentiel avait déjà été dit.

Commentaires

Non Aux grève soupapes ! Non aux négociations bidons !
Le NPA pouvait faire ce qu'il voulait... Il n'aurait obtenu l'union qu'à un prix exorbitant.
J'ai fait grève le 24 novembre, tout a été mené par les directions syndicales de façon à empêcher la concertation... Et quand je perle de ces directions, il n'y a pas que des militants proches du PS dans ces directions..., qui utilisent les journées de grève comme on tire la soupape de la marmite sociale. Il n'en sort que du découragement, aucune leçon n'est tirée... D'échec de grèves en échec de grève, le monde du travail ne voit pas de perspective dans le mouvement social et ces le résultat auquel veulent arriver le PC, le PG, et consors.
Sur le terrain politique, des discussions, qui tournent à l'absurde et le NPA devrait s'allier avec des forces qui sabotent le mouvemednt social ? Qui n'ont que faire d'une gauche radicale indépendante ? Ben non.
Les discussions de ces dernières semaines et leurs teneurs m'amènent à penser, que le NPA doit rester indépendant. C'est sa marque de fabrique. A malin, malin et demi.

Écrit par : JR | 27/11/2009

Le vote des militants !... Le NPA pourait-il faire moins bien que le PCF ?... Pourrait-il ne pas tenir compte du vote ? Ou pourrait-il bourrer les urnes comme au PS ? Et si sa direction était désavouée ? Démissionnera-t-elle ?...

Je dois dire que toutes ces perspectives m'émoustillent follement !...

Ou bien, verra-t-on dans certaines régions (Clermont-Ferrand ?), le NPA s'acoquinner avec le diable (Front de Gauche) ?... De belles soirées en perspectives pour tous ceux qui, malgré tout, cherchent à construire quelque chose de durable à la gauche du PS.

Écrit par : Michel | 27/11/2009

@ Michel
Je vois que la confiance règne... Je lis le Npa va faire moins bien que le PCF, Bourrer les urnes comme le PS... Mais c'est bien sûr... On est condamné à te donner raison ou à se démettre ou disparaître...
j'écris dans ce Blog depuis longtemps... Tu n'écoutes que ce que tu veux... Même si l'unité serait une bonne chose pour le climat social, il faut être lucide. Ce que font les bureaucrates, jours après jours, dans les mobilisations, ils le pratiquent avec une grande dextérité dans les instances électives... Que veux-tu, ils font tout pour rester entre eux, entre gens fréquentables... Qu'ils restent et qu'ils s'en étouffent.
Alors faut-il foncer tête baissée... dans une unité mal élaborée, au détriment de nos valeurs ? On a milité tout ce temps pour ça ? Non !
Quand on aura la main et ça va arriver, là tu verras.
ça s'appellera la transparence, tout le monde sera ébloui.
Le fossoyeur de la gauche c'est l'opportunisme

Écrit par : JR | 27/11/2009

Pour l'instant le bourrage d'urnes est en cours du côté de l'aile droite, qui fait prendre des cartes de complaisance à des proches qui n'ont jamais milité au NPA, afin qu'ils votent pour la reddition (position C).
Ça devrait plutôt faire plaisir à Michel, c'est un peu comme les cartes à 20€ pour voter Royal en 2006.

Maintenant, je trouve Gilles en petite forme pour son retour, personnifier le débat sur la personne d'OB, alors qu'il sait très bien que c'est un désaccord politique de fond qui n'a rien à voir avec la personne d'OB, c'est sans doute pour jouer dans la pipolisation de la politique et concurrencer le PS et l'UMP sur leur terrain??

En attendant, la "majo" a tout fait pour que la droite du NPA cartonne lors du vote interne. Comme le disait OB y a pas si longtemps "quand la gauche court après la droite, elle perd". Certes la droite du NPA, même en ralliant C&A à une partie de la "majo", a peu de chance de l'emporter, mais c'est assurément un bide annoncé pour la position "A", qui va payer pour sa lamentable gestion de la question "unitaire", allant de reniements en reniements. Avec un résultat totalement négatif au final!

Écrit par : toto | 27/11/2009

"Pourrait-il ne pas tenir compte du vote ? Ou pourrait-il bourrer les urnes comme au PS ?" oO

Une petite calomnie sous forme de supputation ?
Très classe !



Rien à voir. Une info de saison en passant :

Les personnes ayant droit à un RMI étaient exonérés d'impôts locaux.
Les personnes ayant droit à un RSA ne sont pas exonérés d'impôt locaux.

Salut et fraternité

Écrit par : Alain Albert | 27/11/2009

"""
Les personnes ayant droit à un RMI étaient exonérés d'impôts locaux.
Les personnes ayant droit à un RSA ne sont pas exonérés d'impôt locaux.
"""

C'est toute la politique du gouvernement : exonérer les patrons de taxe professionnelle tout en se mettant à taxer les bénéficiaires du RSA!

Lamentable!

Écrit par : toto | 27/11/2009

Stop à ces histoires de bourrage des urnes, indignes et imbéciles. Ce que je crains en revanche c'est que ce vote ne mobilise pas grand monde dans le NPA. A la dernière réunion de mon comité (27 cartes), il n'y avait que 7 présents (je n'y étais pas on avait oublié de me prévenir d'un changement de date). Non seulement il y a eu des démissions et des départs variés mais des adhérents qui ne sont pas à jour de leur cotisation rechignent à payer... "pour voir" comme on dit au poker. A contrario, notre dernière réunion unitaire régionale (avec le Front de gauche, PC compris, les Alter et la Fédération) a été un succès : 50 participants. Elle était à notre initiative. Et nous avons prévu de nous revoir pour discuter essentiellement du programme. A savoir que les militants du PC ont vote contre leur direction et leurs élus, pour des listes indépendantes au 1er tour. Allons nous laissé passer cette chance ?

Écrit par : Gilles | 27/11/2009

Le problème, je me répète, mais c'est la question de la "majorité". Comment faire majorité? Et sur quelles bases?
Tu dis dans ton post suivant: "sur un programme commun", et pas sur la question des exécutifs. Je pense en effet que la question des exécutifs est secondaire, que ce sont des questions techniques et qui intéressent peu les citoyens, mais qui intéressent les militants. On peut être dans les exécutifs et se désolidariser du budget, de telle ou telle politique, c'était l'option: "fusion technique".

Le problème, c'est que le "commun" du programme suppose que les citoyens non politisé se retrouvent dans le projet (pas forcément le programme). Mais il faut aussi que les citoyens encartés dans d'autres partis s'y retrouvent. Et c'est là le problème. La certitude d'un parti de détenir la vérité politique et la solution ultime à tous nos maux fait que chaque parti souhaite que les autres se rabattent sur sa solution. Or, le commun, c'est accepter de partager, de prendre chez les autres, de trouver aussi du "semblable". Donc trouver du "soi" chez "l'autre". Marquer son intransigence totale et sa méfiance envers les autres partis dont les caractères semblables sont nombreux est très dangereux: les autres partis vont chercher à faire majorité eux aussi. Mais avec des gens moins exigents.
Parce que tout le monde veut faire majorité. pas que le NPA. Et tous ne sont pas cons au point de croire qu'ils vont convaincre tout l'échiquier politique du bien-fondé de leur idéologie. on ne fait pas majorité tout seul.

Or, si EE, le PS et le MD sont ensemble, la gauche de gauche est coincée: elle ne peut plus qu'être une minorité visible et jouer sur le cas par cas. Et encore, si elle était unie! et ce n'est déjà pas le cas. Alors que si unité il y avait, un petit 15% de gauche radicale pourrait permettre d'exclure le MD et d'afficher des revendications solides face au PS et face à EE. Alors que là, c'est possible que les revendications radicales d'EE soient remisées pour être modem-compatibles... et donc contribuer à continuer la droitisation de l'échiquier politique français...

Donc, "faire majorité" implique de penser son identité en tant que parti, mouvement, idéologie, et de penser les rapports de proximité et d'échange possibles sur l'échiquie, les rapports de similitude qui feraient le socle d'un front durable contre les attaques du parti et de l'idéologie dominants.

Écrit par : rhizome | 27/11/2009

et j'oubliais: le problème dans cette affaire de stratégie, c'est que le PS est toujours très fort. l'idéal serait un fdg dominant, ee qui les suit, un ps ensuite, et ne pas oublier: un modem affaibli (pour ne pas courir le risque de voir le ps se jeter dans les bras de la droite). ça fait beaucoup de conditions pour pouvoir être majoritaire et donc appliquer le programme qui nous tient à coeur...

Écrit par : rhizome | 27/11/2009

@ JR : Tu ne sais pas lire ou tu le fais exprès ? Je n'affirme rien. Je ne fais qu'envisager par quel moyen votre direction va pouvoir se sortir de ce guêpier... On verra. Mais dans tous les cas, il va y avoir du sang !...

Sinon, vous ne captez absolument pas la crise qui traverse le PS et qui va changer la donne pour peu qu'à gauche il y ait du cohérent et du lourd. Vous êtes également myopes sur l'évolution de la base du PCF qui bouscule et déboulonne un peu partout les apparatchiks que tu nommes « bureaucrates ». Gilles en a fait l'expérience dans sa région. Le vote de ses militants est un exemple de courage politique. Ce n'était pas gagné d'avance et cela bouscule même vos propres certitudes.

Alors, je dis simplement : Chiche !... Ce scrutin sera intéressant à bien des points de vue. Déjà ce sera un outil pour mesurer combien de militants sont à jour de leur cotisation. Et puis ensuite, on verra si le dosage politique est le même qu'aux congrès. Peut être pas...

Écrit par : Michel | 27/11/2009

@rizhome : "On peut être dans les exécutifs et se désolidariser du budget, de telle ou telle politique, c'était l'option: "fusion technique"."
=> il y a là une confusion très courante, qui montre bien à quel point notre position sur les exécutifs est illisible et incompréhensible vue de l'extérieur (et parfois même en interne).

Être dans les exécutifs, c'est OBLIGATOIREMENT voter le budget. Faire une fusion "technique", c'est ne pas être dans les exécutifs. Mais être dans les institutions.

Je constate que beaucoup de gens (y compris militants et y compris en interne) confondent exécutifs et institutions, et du coup, ne comprenne pas notre position.


Par ailleurs, je suis en désaccord complet avec l'idée qu'il faudrait absolument affaiblir le PS, décrocher le PCF du PS etc. Car c'est la meilleure manière de précipiter un basculement à droite du PS, et par là même de la vie politique française dans son ensemble.

@Michel : la révolution au PCF? Le déboulonnement des bureaucrates? Ca fait plus de 40 ans que les gens comme toi l'annoncent comme le messie.
Sauf que 1/ c'est du pipeau, ça n'arrivera pas 2/ ça n'a aucun intérêt, contrairement au déboulonnement des bureaucrates syndicaux, qui lui ferait du bien.

Écrit par : toto | 27/11/2009

toto, tu étais où il y a 40 ans ?...

Écrit par : Michel | 28/11/2009

Je n'étais pas.

Écrit par : toto | 28/11/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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