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03/11/2009

Demandez le programme !

Souvent évoquée dans les débats (surtout entre le PC et le NPA), la « théorie des deux gauches » n’est connue que par sa traduction pratique. Pour le NPA, en effet, s’il existe deux gauches, l’une « radicale », l’autre « social-libérale », c’est que ces  deux projets sont irréconciliables. D’où, pour le NPA, la proposition de construire aux régionales des listes indépendantes du PS et son refus de participer aux exécutifs, du moins dans la mesure où ceux-ci seraient dominés par la « gauche social-libérale » (PS et Europe-Ecologie).

 

Mais est-ce si simple ? Notons que le PG lui-même se positionne comme faisant partie de l'« autre gauche » ; notons aussi que le PC se revendique de « l’anticapitalisme » alors que le PS ne jure que par « l’économie de marché », tandis que toutes les autres formations à la gauche du PS – Alternatifs, Communistes unitaires, Fédération, etc. – choisissent de se situer dans une mouvance « antilibérale » dont se revendiquent aussi de nombreux militants écologistes ou socialistes.

 

Ainsi chacun admet qu’il y a bien plusieurs gauches, les unes s’accommodant du capitalisme et de l’économie de marché, les autres pas. Quant au caractère « irréconciliable » des projets, ce n’est pas seulement le NPA mais également tous les dirigeants socialistes qui le disent. Pas plus tard que dimanche soir, sur RTL, Pierre Moscovici, nouvellement converti au « réformisme radical », refusait l’idée que le PS puisse « gouverner » avec le NPA. Non seulement parce que le NPA ne le souhaitait pas, mais parce que, pour Moscovici, il y avait entre les deux partis deux projets « radicalement » différents, irréconciliables en quelque sorte.

 

Si le PS reconnait qu’il y a bien deux gauches pourquoi le PC se refuse à l’admettre ? Pourquoi le PG, les Alternatifs, les Communistes unitaire, etc., tout en soulignant le fossé qui existe entre les socialistes et eux, font comme s’il existait encore une dernière possibilité de faire revenir le PS dans le giron de la « vraie » gauche ? Est-ce purement tactique, ce que l’on peut comprendre, ou considèrent-ils que les frontières entre les « deux gauches » ne sont finalement pas si imperméables et infranchissables que le dit le NPA ?

 

Qu’il y ait là une question tactique, c’est l’évidence. Tout le monde, y compris le NPA, prend bien soin de faire la différence entre la direction du PS et sa base (militants, sympathisants et électorat) plus encline à faire l’unité avec Besancenot qu’avec Bayrou comme l’a révélé un récent sondage. Mais qu’espère-t-elle, cette base ? Certainement pas que le programme « radical » de Besancenot devienne celui de toute la gauche mais plutôt que ce « brin » de parcours ensemble infléchisse le programme du PS dans un sens plus social, moins libéral.

 

En préconisant, au second tour d’élections de tout faire pour « battre la droite », de fusionner avec les listes du PS et d’Europe-Ecologie, le NPA ne procède pas autrement. Il admet volontiers que l’on peut se retrouver côte à côte avec les socialistes dans certaines luttes comme celle contre la privatisation de la Poste. Il considère ainsi que, bien qu’irréconciliables, ces « deux gauches » ont un adversaire commun : la droite.

 

Il n’y a pourtant guère de différences entre cette gauche sociale libérale, la droite centriste et la droite sarkozyste : même dévotion au marché, aux institutions, à l’Etat, à la propriété privée. S’il y a donc bien deux « projets », l’énoncé de leur caractère irréconciliable ne suffit pas à tout résoudre. La majorité du salariat est très loin d’être acquise à l’anticapitalisme. Elle a surtout bien du mal à reconnaître dans le « projet » des anticapitalistes une alternative. Ce n’est pas sans raison. Une déclaration de principe (« transformer révolutionnairement la société ») ne fait pas un programme.

 

Telles sont les limites, en l’état, de l’anticapitalisme militant. Tout au plus peut-il surenchérir, avec un succès tout relatif, sur un syndicalisme défaillant en préconisant des « mesures d’urgence ». Mais au-delà, il tombe très vite dans une rhétorique tournant à vide. Ce dont profitent les « conciliateurs » qui ont alors tout loisir d’opposer à ce « tout ou rien » impuissant des anticapitalistes radicaux leur politique du « moindre mal ». Comment sortir de ce qui reste une impasse ? Car le « moindre mal » c’est ce qu’a pratiqué le PC depuis des décennies avec l’insuccès que l’on sait. Certainement pas en se refugiant de nouveau dans un « tout ou rien » aussi vain comme l’on fait depuis plus d’un demi-siècle les révolutionnaires de tout poil, toujours dans l’attente d’une nouvelle catastrophe : une crise finale, une guerre…

 

La grande faiblesse de cette théorie des « deux gauches », c’est qu’elle ne peut opposer aux accommodements « réalistes » de la « gauche » social-libéral qu’un « projet » sans programme. Aussi faudrait-il, une bonne fois pour toute, que « l’autre gauche » ou la « gauche radicale », antilibérale et anticapitaliste, reconnaisse que ce « projet » alternatif est à construire de bout en bout ; que c’est par la discussion, la délibération, le débat public, qu’elle y parviendra. Nous n’en sommes pas encore là, mais peut-être n’en sommes nous plus si loin désormais.

Commentaires

1/ la théorie des trois gauches est probablement plus sérieuse que celle des deux gauches
2/ dans celle des deux gauches, PCF et PG ne sont certainement pas dans la gauche "radicale" (au mieux dans une position intermédiaire, plus vraisemblablement dans celle du PS)
3/ le PCF ne se dit pas anticapitaliste mais ALTERcapitaliste (lire l'édito de Francis Parny)

Écrit par : toto | 03/11/2009

Le point 2 de toto est caricatural, en cela qu'il confond le PCF et le PG.

Je pense que sans le PG, qui d'ailleurs bosse sur un projet alternatif en vue de son congrès, on ne parlerait même plus d'une éventuelle unité de l'autre gauche aux régionales...

Écrit par : des pas perdus | 03/11/2009

C'est pourquoi la théorie des trois gauches décrit mieux ces mouvements là.

En attendant, le PG se classe lui-même dans "l'autre gauche" et non pas dans la "gauche radicale". Son projet est celui d'un régulationnisme relativement radical, mais n'est certainement pas anticapitaliste.

Dans la théorie des deux gauches, je le classifierais plutôt à "l'extrême gauche du pôle PS"... ;)

Écrit par : toto | 03/11/2009

Tu n'inventes rien toto avec ta théorie des 3 gauches. Tu reprends là une vieille idée qui voulait, hier, que le mouvement ouvrier était composé de réformistes, de révolutionnaires et de "centristes" hésitants entre les deux pôles. Je pense que cette façon de voir les choses - qui était déjà à l'époque sujette à caution – est aujourd’hui inopérante. Pour deux raisons : 1/ il n’y a plus de réformisme constitué en tant que tel ; 2/ La révolution est un concept vide (comme dirait Badiou) ou le cycle des révolutions est clos (comme je le dis, arguments à l’appui). De ce fait les moyens « pour transformer révolutionnairement la société » comme disait l’autre sont à repenser. C’était le sens de mon billet.

Écrit par : Gilles | 03/11/2009

Je viens de recevoir une contribution de l'axe "Nanterre-Mulhouse-GR". Extrait : "Devons nous mettre l’accent sur l’écologie alors qu’une part croissante de la population n’a rien à se mettre sous la dent au 10 du mois ?"

Tout un programme !

Écrit par : Gilles | 03/11/2009

Pour répondre à "des pas perdus", sans le PCF et le NPA, on ne parlerait pas non plus de l'éventualité d'une unité de l'autre gauche.
Il faut arrêter de placer le PG sur un piédestal.

Maintenant, la théorie des 3 gauches, il faut vraiment arrêter avec ça. Toto, tu cherches vraiment à couper les cheveux en...4. Quitte à aller dans cette direction, je serais partisan de la théorie des 5 gauches. La gauche sociale-libérale, la gauche antilibérale (PCF,PG...), la gaucher anticapitaliste (NPA), la gauche trotskyste et marxiste-révolutionnaire (LO) la gauche anarchiste et libertaire (AL, CNT, totos...).

La politique de tot, si elle est suivit va se traduire par le rétrécissement du NPA ce qui dans une période de reflux des luttes (comme dans les années 80) pourrait être difficile à éviter, serait dans une période de crise des directions traditionnelles, de recomposition politique, de crise économique et de développement même contradictoire d'une colère sociale une façon de laisser dans les bras du PCF et du PG la plupart des travailleurs qui se radicalisent.

La direction du NPA fait des erreurs mais elle a comprit le danger. Je ne suis pas de ceux qui passent leur temps comme Gilles à tirer sur elle à boulet rouge.

Écrit par : langue-rouge | 03/11/2009

"Tu n'inventes rien toto avec ta théorie des 3 gauches" => évidemment que je n'invente rien. Je dis juste qu'elle est plus juste que celle des deux gauches.

Par ailleurs, il n'y a effectivement plus de réformistes aujourd'hui, donc le découpage révolutionnaire/centriste/réformiste n'a effectivement plus de sens.

Le découpage serait plutôt anticapitaliste/régulationniste/libéral.

"Je viens de recevoir une contribution de l'axe "Nanterre-Mulhouse-GR". Extrait : "Devons nous mettre l’accent sur l’écologie alors qu’une part croissante de la population n’a rien à se mettre sous la dent au 10 du mois ?"" => et bien c'est de l'idiotie complète, que veux-tu que je te dise.
Je ne partage pas un mot de ce qui est écrit là, et je ne fais absolument pas partie de "l'axe Nanterre-Mulhouse-GR".

Par ailleurs, je n'ai vu passer aucun texte concernant le CPN de ce week-end, et la résolution alternative "aile gauche" (à laquelle participe sans doute ton fameux axe du mal, je sais pas) est seulement en cours de rédaction à ma connaissance.

Écrit par : toto | 03/11/2009

@langue-rouge : je ne vois pas ton problème, ce n'est pas moi qui ai théorisé la théorie des trois gauches. Et ça ne les rend pas pour autant incompatibles :
Régulationnistes et libéraux cogèrent bien aujourd'hui, et continueront à faire de même demain.
Anticapitalistes et régulationnistes peuvent eux se retrouver dans un certain nombre de critiques et de luttes communes. Proposer ensemble est cependant une autre paire de manches.

Le problème de la stratégie défaitiste telle que tu la décris, c'est qu'elle est sans limite. Comme la situation serait catastrophique, il faudrait tout faire pour un rassemblement majoritaire. C'est ainsi que certains (pas au NPA, je vous rassure) prônent un rassemblement anti-Sarkozy arc-en-ciel qui irait de Besancenot à Villepin. Et quand on pousse la logique jusqu'au bout, c'est pas si incohérent.
Le problème est dans la caractérisation de la situation politique. Selon qu'on adopte une position défaitiste/catastrophiste ou bien une position offensive (y compris contre-offensive).

Écrit par : toto | 03/11/2009

Je connais un peu l'école de la régulation des années 80-90. Je ne crois pas que le PC ou le PG sont dans cette orientation. Je crois surtout qu'ils n'ont aucune idées de ce qu'il faudrait faire ; pas plus que nous d'ailleurs quoiqu'on en dise. Relis mon billet. Ce que je dis c'est que face à cette gauche de l'accommodement au capitalisme il n'y a aucun programme alternatif. C'est pourquoi cette volonté farouche de vouloir instruire des frontières ne tient pas la route.

Écrit par : Gilles | 03/11/2009

Toutes ces histoires ne sont que des constructions mentales. La "gauche" n'existe pas plus que la séparation des deux gauches, ou que les 3 ou 5 gauches. On est dans un jeu conceptuel, et c'est tout. (et pourquoi pas l'opposition: démocrate/républicains, libéraux/travaillistes/conservateurs, etc.)

Le problème, c'est que certains posent une différence entre deux blocs [i]a priori[/i] pour justifier l'existence d'une telle rupture en vrai, ce qui est indémontrable.
Donc c'est vachement utile de jouer avec les grands mots "l'anticapitalisme" ou "l'antilibéralisme". L'utilisation de doctrines ou d'idéologies aux contours les plus flous possibles est ajoutée après l'idée de séparation. Parce qu'au final, quand on confronte les solutions aux problèmes, les partis dits "de gauche" sont majoritairement d'accord. Mais comme il faut bien qu'il y ait un couillon qui dise qu'il en a une plus grosse que celle du voisin, il va s'accorder le monopole sur une doctrine genre "le NPA est le seul parti anticapitaliste". Bref, la justification intervient a posteriori pour asseoir la légitimité de la rupture et non pour exprimer une rupture réelle.

Au petit jeu des constructions d'identités à partir de convergences ou divergences, de similitudes et de différences, on peut dire qu'il y a autant de gauches que d'électeurs. D'ailleurs, c'est quoi la gauche? existe-t-elle indépendamment de l'idée de droite? Le terme de gauche se construit en opposition avec le terme de droite: social VS économique, égalité VS liberté (le fameux renard libre dans le poulailler libre), basisme VS élitisme, émancipation VS discipline. et j'en passe. Bon, je caricature, mas il faut bien penser que définir la gauche, c'est définir la non-gauche. Et compter le nombre de gauches n'est pas un acte d'énumération tout con, dont le postulat est qu'il existe dans la réalité 3 gauches qu'on va ensuite identifier en mettant un nom dessus. C'est exactement le contraire: on va prendre, pour des raisons x ou y des oppositions théoriques, et à force de discours, de sueur et de militantisme, on va produire dans la réalité ces différences qui ne préexistaient pas aux discours et à la sueur mises à produire la distinction.

et comme vous froncez les sourcils, exemple, que je pique à T. Coutrot: Les régulationnistes prônent la redistribution des richesses, un équilibrage des relations capital/travail (ooooh, les bisounours). Or, si il y a redistribution des richesses, ça suppose un changement assez radical du rapport de force, s'il y a ce changement, alors on sort du capitalisme.

Donc une certaine forme de régulationnisme est un anticapitalisme. Il suffit parfois d'une pichenette pour faire tomber une forteresse.

Écrit par : rhizome | 03/11/2009

@ rhizome

Juste une petite remarque, se limiter juste à la redistribution des richesses ne suffit pas.
Cela passe d'abord par savoir qui décides de produire quoi et comment et où.
Ce qui pose bien évidemment la question de qui opère les choix économiques et qui dirige les grands moyens de production,les banques...

Et là se pose nécessairement la nécessité de bousculer avec une grosse pichenette la classe bourgeoise. (à moins bien évidemment que la réalité de la lutte de classe ne soit qu'un vieille lubie pour marxistes attardés..à seul usage des capitalistes qui eux n'en nie pas l'existence.

Écrit par : VERGNES | 03/11/2009

Toto n’a pas entièrement tord. Le climat interne est malsain.
Voici ce que j’écrivais le 15 octobre dernier en introduction d’une contribution sur l’état du parti : « Dans quelques semaines nous trancherons sur notre conduite à tenir dans les régionales de mars 2010. Quelle qu’en soit l’issue, elle divisera le parti. Comme pour les européennes, mais peut-être avec plus d’ampleur encore, de nombreux militants ne participeront pas à la campagne ; certains, résignés, envisageront de remettre en cause leur adhésion ; à l’inverse d’autres pourraient se réfugier dans une opposition d’autant plus farouche qu’ils auront le sentiment d’avoir été trompés. Autrement dit, la situation interne est autrement plus grave que ne veut bien le reconnaître la direction nationale. Mais ce vers quoi nous allons – mais nous y sommes déjà – n’est pas seulement lié à cette seule question que nous traînons comme un boulet depuis notre congrès de fondation : notre politique unitaire. C’est tout ce qui tient lieu de fondements à notre parti qui s’affaisse.
Je ne reviendrai pas sur les raisons qui ont conduit un « groupe dirigeant » à vouloir aller à marche forcée vers la création de ce nouveau parti en bricolant une ligne politique qui m’a toujours apparue comme un décalque à peine modifié de la vieille ligne politique de la LCR. Mais nous voyons aujourd’hui les conséquences désastreuses, à la fois de l’application inconsidérée et tout azimut du principe de la « claire ligne de partage » sur lequel nous nous sommes appuyé pour construire ce parti, et de la précipitation avec laquelle a été mené, sur ces bases, le « processus constituant ». Dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner qu’après à peine dix mois d’existence, nous ayons perdu plusieurs milliers d’adhérents et, qu’en faisant de la rétention de remises de cartes, des milliers encore s’interrogent pour savoir s’ils vont continuer au train où vont les choses à rester dans ce parti. A bien des égards, le NPA, de « parti passoire », peut rapidement se transformer en « parti courant d’air ».»

Écrit par : Gilles | 03/11/2009

@ Gilles

Je trouve malhonnête de faire de telles affirmations, sans aucun chiffrage vérifié.
On ne peut comparer les chiffres dans un cadre constitutif (qui attirent beaucoup de "curieux") et ceux d'une organisation qui s'enracine dans le tissus local et national avec des militants plus assidus et engagés.

Par ailleurs pour qui connaît la réalité de la vie des comités NPA, il apparaît que le manque de discipline (c'est une de nos défauts, une de nos qualités) dans le paiement des cotisations ne permet pas de comptabiliser officiellement le nombre d'adhérents malgré leur activité militante réelle.

A chaque congrès local auquel il est nécessaire d'être à jour de ses cotisations (ce qui permet à de nombreux "étourdis" de régulariser leurs cotisations), on s'aperçoit que le nombre de militants est stable et chaque militant rejoignant le NPA ne le fait plus sur la base de la seule découverte de l'organisation.

Ton dénigrement permanent du NPA sur tout et n'importe quoi (même quand la ligne que tu défends est mise en oeuvre) tourne à l'obsessionnel, à un règlement de compte personnel avec quelques dirigeants que tu te sens obligé de mettre sur la place publique.

Tu critiques les méthodes de Picquet, mais tu es sur la même pente. Arrêtes de régler des comptes personnels et argumentes politiquement sur la situation actuelle

Écrit par : VERGNES | 03/11/2009

Compte rendu de la rencontre unitaire du 2 novembre.

Présents. NPA, PCF, Parti de gauche, La fédération, Alternatifs, PCOF, FSQP, M’PEP, République et socialisme.

S uite à la réunion de mercredi dernier, la rencontre du 2 novembre avait pour objectif d’aborder les questions de programme.

La réunion se tenant dans les locaux du NPA, l’introduction a été faite par le NPA sur la base du texte « Projet d’accord unitaire pour les élections régionales » que nous avions envoyé aux autres forces présentes aux réunions et communiqué à l’ensemble des comités du NPA. Notre philosophie concernant le programme étant d’avancer des mesures concrètes de rupture s’inscrivant dans les compétences des conseils régionaux tout en affirmant un profil politique national.

Un tour de table de l’ensemble des organisations présentes s’en est suivi. De fait c’est plutôt sur des considérations générales que sur des points précis qu’ont eu lieu la majeure partie des interventions. De fait les seules contributions écrites ur le programme sont celle du NPA et du Parti de gauche.

Pour certains c’est un accord sur les principes généraux dont il était question plutôt que sur des éléments précis de ce qui pourrait être un programme de rupture qui a été avancé.

La nécessaire articulation avec les mobilisations et les luttes a été posées par plusieurs intervenants.

Le PC qui était représenté par une seule personne, par ailleurs partie avant la fin, a tenu à rappeller que pour eux, la question du programme ne pouvait se discuter que si on s’était mis d’accord sur les objectifs politiques de l’accord national et que le programme était juste une question de travail.

Si le point d’accord est la nécessité de de partir des intérêts des classes populaires pour élaborer une politique régionale se situant en rupture avec le libéralisme, des divergences sont apparues , notamment avec le front de gauche sur la question de l’aide aux entreprises ( ne sont pas pour les supprimer mais les conditionner soit au statut des salariés ou au fait qu’il créé des emplois) sur la gratuité des transports.

Le M’PEP et le FSQP ont avancé des propositions plus concrètes sur des éléments de programme comme la question des marchés publics , de la gestion des lycées ( suppression de prestatires privés pour les cantines par exemple) ou du logement.

Par contre un accord s’est dégagé sur la mise en place d ’un service public bancaire, sur la nécessité de mettre en avant les services publics, de s’engager dans une résistance pour ne pas appliquer les directives européennes.

De fait, l’impression est qu’une partie des composantes attend la réunion du 10 novembre et ce qui va ressortir du CPN du NPA.

Le NPA a rappellé sa disponibilté pour un accord national en précisant que sur la politique régionale, des élus se situant réellement dans une rupture avec le libéralisme et son accompagnement social doivent constituer un bouclier contre les politiques du gouvernement et du patronat.

La délégation NPA : Anne, Christine, Fred.

Écrit par : rafikow | 03/11/2009

@VERGNES

Tu te méprends sur ce que j'explique, cer au final je partage le sentiment de toto. La ligne politique du NPA se délite et c'est normal vu la manière dont elle a été construite.

voici ce que je disais ensuite dans ce texte : "Je connais l’antienne : nous sommes jeunes ; donnons-nous du temps ; difficile de concilier dans une même organisation des hommes et des femmes venus d’horizon aussi divers que la mouvance libertaire, le trotskisme, l’écologie radicale, le communisme, le socialisme, l’altermondialisme, l’ultragauche ou, plus simplement, pour participer à un projet pas encore abouti mais dont les intentions avaient semblé leur convenir. On pourrait admettre l’explication si une telle tentative avait été amorcée. Nous savons qu’elle ne l’a jamais été. Ou alors en sens unique, pour répondre aux nécessités du moment et à d’autres considérations, moins avouables : celle, en particulier, de plébisciter une ligne politique qui était déjà celle de la majorité de la LCR.
Or, en à peine dix mois, que sont devenus nos Principes fondateurs ? Si aujourd’hui, dans les conditions présentes, nous tenions notre premier congrès, les thématiques de l’explosion sociale et de la grève générale auraient-elles cette place centrale qu’elles ont eue, outrageusement, entre décembre 2008 et février 2009 ? A l’inverse, aurions-nous accordé à cette époque aux élections l’importance que nous leur donnons aujourd’hui ? La formule qui est présentement la nôtre, celle de l’unité « dans les luttes et dans les urnes », aurait-elle eu une quelconque chance d’être retenue ? « La conjoncture a changé », explique la majorité. Elle a bon dos. Et quand bien même aurait-elle changé, on ne peut réduire l’orientation d’un parti avec l’ambition qui est la nôtre à une perpétuelle oscillation entre les urnes et les luttes."

Écrit par : Gilles | 03/11/2009

Merci à rafikow pour ces infos qui illustrent assez bien le peu de considération dans laquelle on nous tient désormais. En fait Borras a défendu "son" texte (c'est lui l'auteur de la proposition dont personne n'a voulu débattre la dernière fois), question d'amour propre. Mais à quoi cela peut-il servir ?

Écrit par : Gilles | 03/11/2009

à propos de chiffrage de militants, j'apprends aujourd'hui que l'UMP en aurait perdu 40.000.
Voilà de quoi passer une relative bonne journée!

Écrit par : rhizome | 04/11/2009

Je viens de lire les amendements de C&A au texte majoritaire du CE : ceux-ci sont particulièrement à la marge et en conclusion, ils sont d'accord sur tout sauf sur un point : le refus de subventionner le patronat !!!!!!!!

Gilles, tu saurais m'expliquer pourquoi C&A défend la possibilité de subventionner le patronat??? (mis à part pour caresser les régulationnistes dans le sens du poil?)
Je trouve ça assez hallucinant comme position!!

A part ça, mis à part une formulation encore plus ouverte sur la possibilité de participer aux exécutifs (la majorité du CE a déjà lâché là-dessus de toute façon), je ne vois rien de fondamental. Si ce n'est de modifier un certain nombre de formulation pour les rendre plus pégéesques...

Écrit par : toto | 04/11/2009

Je n'ai pas ce texte sur les yeux, mais comme je travaille depuis quelques jours sur ces questions, ce que je peux te dire c'est que dans ma région les "aides à l'emploi" représente moins de 3 % des interventions de la région et qu'elles concernent à 90 % des créateurs d'entreprises souvent individuels, des chômeurs, des jeunes, ou des repreneurs de TPE. Les grosses, celles qui jouent sur les aides sont très minoritaires.

Cette question n'est donc pas centrale dans notre programme régional. Mais il est vrai que la "majo" veut nous imposer son "plan d'urgence" comme si c'était des élections nationales. Ici, je me bats en effet pour que notre axe soit la démocratie locale et une réorientation des aides vers des services sociaux au public en direction des personnes âgés, des handicapés ou alors vers le secteur associatif ou coopératif.

Cela ne signifie pas qu'il faille abandonner nos thèmes propagandistes nationaux, mais il est absolument nécessaire de recentrer cette future campagne dans une perspective de rupture régionale avec ce qui se fait traditionnellement dans les régions.

Écrit par : Gilles | 04/11/2009

Nous aussi on a commencé à travailler sur le programme régional, et hier soir un "atelier" (sans le PS et sans EE) était conscré au Pôle Public de financement régional. Un outil très intéressant pour réorienter les économies des régions en fonction des besoins économiques, sociaux et écologiques de la région. Les aides économiques pourraient être mises au service des travailleurs dans les cas d'entreprises qui ferment ou délocalisent, pour permettre à ceux-ci de reprendre les boîtes à leur compte. Mais cela implique une forte mobilisation des travailleurs.

Écrit par : Michel | 04/11/2009

C'est non sans un peu d'effroi que je découvre le projet de résolution pondu par la CE pour le CPN du weekend.

Cet extrait qui donne le ton « Nous voulons la rupture, pour en finir avec le chômage et les licenciements, contre les privatisations, pour la mise en place d'un grand service public bancaire, pour la défense du pouvoir d'achat, la réduction du temps de travail, le droit à la sécurité sociale et à la retraite, pour la reconversion écologique, la mise en place d'un grand service public de l'énergie, pour le droit à l'éducation pour tous, contre toutes les formes de discrimination et d'oppression. »

Après on nous demande de décliner ce « programme » ( ?) en mesures régionales. Mais ces gens sont fous !

Mon courant a amendé (je n’ai pas encore lu). J’étais contre. Je pense qu’il faut une résolution alternative. C’est la seule façon de s’en sortir.

Écrit par : Gilles | 04/11/2009

Je viens de parcourir les 3 textes : la résolution majoritaire (amendements du texte du FdG) ; les amendements du Courant CA ; et le texte de la « gauche de la gauche du NPA » autrement dit les gauchistes.

Sur le délire les derniers l’emportent haut la main : « Ce programme se fera notamment sur les bases des points suivants : Interdiction des licenciements et répartition du travail entre toutes et tous, en finir avec la précarité, transformation en CDI des contrats précaires ; Augmentation des revenus et salaires de 300 euros nets avec un minimum de 1500 euros nets en prenant sur les profits ; Défense des services publics, nationalisation de l’ensemble du secteur financier et création d’un service public bancaire unique sous le contrôle des travailleurs et de la population ; Régularisation de tous les sans papiers, droit de vote à toutes les élections ; Egalité hommes/femmes ; Droits pour la jeunesse, présalaire d’autonomie ; Lutte contre le réchauffement climatique ; Arrêt des interventions militaires de la France en Afghanistan et en Afrique… »

Avec un tel « programme », participer aux élections est un pure prétexte. On n’en attend rien, surtout pas d’avoir des élus.

Le problème c’est que la résolution de la majo n’est guère différente sur le fond (hormis qu’elle accepte le compromis du FdG sur les exécutifs ce qui est l'essentiel) sinon qu’elle nous demande de décliner ce « programme maximum » en mesures régionales, apparemment sans aucune connaissance de ce qu’est la région, son budget, ses compétences, etc. De ce fait le « gauchisme » du propos masque la reculade sur les exécutifs. Tout ça pour ça !

Les amendements de Convergences et Alternative tentent d’adapter cette propagande aux réalités régionales, mais il aurait mieux fallu une résolution alternative. On y aurait gagné en clarté. Evidemment c’est une position tactique qu’adopte là CA. Le problème c’est que ça s’ajoute à la confusion générale.

Moralité, ce parti est mal parti.

Écrit par : Gilles | 04/11/2009

Bonsoir Gilles , Bonsoir à tous

Moi aussi, j'ai lu les 3 textes. Et je pense que dans chacun des trois textes , il y a des énormités et des conneries pour parler vrai même si celui de C&A est le moins pire.

Je commence par celui qui décroche le pompon: celui des gauchistes!
Un argumentaire voulant obstinément rester dans la pureté révolutionnaire, faire 1% aux élections, une campagne à la LO en gros. Je pense que ce texte "suicidaire" sera archi minoritaire , en tout cas je le souhaite. Perso, je voterai contre. Je me demande pourquoi ces camarades veulent quand même se présenter aux élections? Il serait plus cohérent pour eux d'appeller à ne pas participer à ces élections.
Je reprends aussi leur refus du principe de fusion technique...... bon bref.

Les deux textes restants ne sont pas non plus exempts de reproches:
Le texte majo essaie de trouver un équilibre, un équilibre pouvant dégager consensus et permettre un accord aux régionales, mais comme le souligne Gilles, masque le molissement de la position sur les excécutifs par un "gauchissement" sur la question du programme. Or , les mesures d'urgence avancées ne sont tout simplement pas déclinable au niveau des CR. J'espère qu'ils se sont quand même renseignés sur les rôles des CR (????).
Je suis également dans un groupe travail sur le programme et je travaille sur la question des transports (question centrale) et je vois mal comment décliner ces mesures d'urgence.
Bon la direction est moins arrogante, moins têtue et veut cette fois-ci vraiment aboutir à l'unité, mais c'est tellement maladroitement fait que ça en devient flou.
Pour le moment , je crois que je m'abstiendrai sur ce texte.
Par contre, l'amendement du texte du front de gauche me pose sérieusement problème et je risque de voter contre.

POur le Texte C& A , c'est celui qui affirme le plus mes positions, je suis globalement d'accord avec. Mais, la questions des subventions publiques aux entreprises privés me pose problème, je suis plutôt majo sur cette question: l'argent public aux services publics!

Je voterai certainement pour le texte C& A.

Quelque soit l'issue , le NPA est mal barré et la fracture interne inéluctable.

Écrit par : rafikow | 04/11/2009

Gilles, si tu persistes à insulter l'aile gauche du parti (gauchistes etc), je vais finir par faire de même et parler "d'extrême droite du parti" pour décrire toi et les tiens.
La moindre des choses dans le débat démocratique interne, c'est d'avoir un minimum de respect mutuel.

Pour le reste, les amendements C&A n'apportent rien au texte majoritaire qui est déjà sur votre ligne, si ce n'est qu'il refuse de s'interdire les subventions au patronat.

La dérive du NPA continue et c'est de plus en plus délirant.

Par ailleurs, je te ferais signaler quelque chose de très important : l'aile gauche que tu honnis est la seule à réclamer une décision réellement démocratique impliquant l'ensemble du parti, avec l'organisation d'une conférence nationale sur le sujet.
Que tu sois d'accord ou pas avec la position politique défendue par l'aile gauche, il me semble que le minimum est de soutenir le fait que la décision soit prise réellement démocratiquement par l'ensemble des militants.
C'est le minimum qu'on puisse faire si l'on veut éviter l'éclatement.

Écrit par : toto | 04/11/2009

@ Rakifow

Au NPA, on débat, on argumente, on peut se regrouper en courants en tendance parfois on s'engueule ... C'est aussi çà la richesse et les excès d'un débat que peu de partis pratiquent....et n'est en aucune façon le signe d'un parti mal barré.

Mais bon de là à affirmer que tout cela ne peut que mener qu'à des ruptures, c'est aller un peu vite à la manœuvre et surestimer la place des élections dans le projet que nous partageons tous.

Ce n'est pas tout ou rien.

Écrit par : VERGNES | 04/11/2009

Sur Convergences et alternative. Du moins ses représentants à la CPN. Ils s’obstinent à vouloir amender l’inamendable pour des raisons uniquement tactiques. J’ai posé la question à la dernière réunion nationale du courant, on m’a répondu qu’il n’était pas encore temps de proposer une alternative à la majorité.
Je ne le crois pas. Je pense au contraire que c’était le bon moment car la majo est empêtrée dans ses contradictions : sur toujours le même fond « gauchiste » des Principes fondateurs (désolé toto, mais je m’expliquerai sur ce qu’est pour moi le gauchisme) elle recule par pur opportunisme pour ne pas se retrouver isolée. L’aveu de la majorité c’est qu’elle craint que le NPA soit amené à jouer « solo » dans ces élections, qu’il se prenne une gifle et que ça provoque une crise dans le NPA.
Le problème de CA c’est que ce courant, issu rappelons le en majorité d’UNIR, présente les mêmes défauts d’UNIR. Il se focalise sur la question de l’unité et pas sur l’objectif, le but de tout ça. D’ailleurs tous les membres de CA élus au CPN ont voté les Principes fondateurs et le plan d’urgence. Moi pas.
Or, on ne peut pas présenter d’alternative sans remettre en cause ce qui est le socle théorique des Principes fondateurs : l’hypothèse d’une révolution par la grève générale prolongée débouchant sur un double pouvoir et la mise en place d’un gouvernement prenant les premières mesures, etc.
Pourquoi les régionales c’était le bon moment ? D’emblée, et que cela soit dit, je ne me situe absolument pas dans l’hypothèse d’une « révolution par les urnes », mais dans ce que j’appellerai « l’hypothèse démocratique » c’est-à-dire l’utilisation de tous les moyens qu’offre la démocratie pour engager des politiques de rupture : institutions, luttes et mobilisations diverses. Mais pour cela il faut un programme, un programme de rupture adapté au moment et aux moyens dont on dispose. A l’évidence on ne fait pas la même chose si l’on est dans une conjoncture de résignation sociale avec quelques élus ou si l’on est dans des conditions de hautes luttes sociales avec plusieurs milliers d’élus dans les institutions électives.
En obtenant de bons scores, au-delà des 10 %, il est possible de commencer à mettre en œuvre ses politiques de rupture, mais à condition d’abandonner ce ton propagandiste du tout ou rien qui n’est finalement que du vent pour entraîner l’ensemble du mouvement. Or ce n’est pas ce que nous envisageons.
J’en viens à l’essentiel. On cède finalement sur la question des exécutifs, uniquement pour ne pas rompre l’unité, mais on conditionne notre participation aux exécutifs à l’acceptation d’un programme qui, pour l’essentiel ne trouvera aucun relais régional pour le mettre en œuvre. Seule compensation, on verra comment localement on pourra raboter tout ce côté propagandiste en préconisant d’autres mesures qui pourraient avoir l’assentiment de tous nos élus. Si ça ne se fait pas, après le deuxième tour, les uns iront gérer avec le PS ; et nous continuerons à protester. L’objectif sera râté.

Écrit par : Gilles | 04/11/2009

@VERGNES

Ah mais ça , je suis archi d'accord!

J'ai toujours défendu la pluralité du NPA et le fait qu'il puisse il y avoir même de vrais désaccords, à condition qu'on respecte et qu'on s'écoute les uns et les autres.
Pas le genre de reflexions que j'ai pu avoir : "Droitiste", " Traitre".
Moi, je resterai au NPA tant que je militerai , je ne me vois pas dans une autre orga.

Quand je parle de rupture, je veux dire que si le NPA part en campagne unitaire ( ce que je souhaite vivement), une partie des orthodoxes risquent de quitter le parti , et je sais qu'une partie des libertaires par exemple l'a déjà fait.

Si le NPA part en solitaire , une partie des militants feront de même, et d'autres comme moi se forceront à faire campagne.

C'est pour ça que je pense que quelle que soit la décision ou le débouché ,il y aura des déçus.

Écrit par : rafikow | 04/11/2009

ok Gilles, tu as gagné. Tu seras désormais l'extrême droite du parti.

Écrit par : toto | 04/11/2009

Ok, Ok...mais il est inutile à chaque fois qu'il y a désaccord (pas sur tout en plus) d'agiter le chiffon rouge de la rupture des autres comme une certitude absolument inéluctable.

C'est une façon d'argumenter manichéenne du style si on fait ceci, untel va se barrer, si on fait autre autre chose, c'est machin qui va se tirer. Ce n'est nullement un argument de débat .

On peut-être déçu (ou pas totalement satisfait) de telle ou telle décision sans pour autant faire un caca nerveux. Les militants ont suffisamment de conscience politique pour prendre du recul, attendre que les faits tranchent pour en tirer des enseignements...et réajuster le tir.

Et il faut le dire aussi, nombreux sont ceux qui sont globalement satisfaits et ils n'éprouvent pas du coup le besoin de se répandre sur des blogs critiques.
Dans bien des domaines on a toujours plus tendance à faire savoir que l'on est pas d'accord que le contraire. Il existe un bureau des réclamations, jamais des satisfaits.

Un minoritaire convaincu à pour objectif d'être majoritaire , s'il part perdant c'est qu'il n'est pas totalement convaincu de ses propres positions et de sa capacité à convaincre ...et dans le débat lui aussi peut évoluer dans ses positions . Tout bouge tout change pourvu qu'on accepte le mouvement et que l'on y participe.

Écrit par : VERGNES | 04/11/2009

« Nombreux sont ceux qui sont globalement satisfaits et ils n'éprouvent pas du coup le besoin de se répandre sur des blogs critiques… » (VERGNES)

Je ne suis pas prêt d’être satisfaits. Je ne l’étais pas fin septembre quand le CPN disait :
« C’est ce dont nos [c.a.d. TOUS les] élus seront les relais et porte paroles autour d’un programme de mesures d’urgence contre l’offensive patronale, en opposition déterminée à la politique gouvernementale et à l’extrême droite, dans l’indépendance vis-à-vis du PS et du parti des Verts, impliquant le refus de toute majorité de gestion et par conséquent de participation à tout exécutif de région avec eux. Ce programme est un plan de rupture avec les politiques libérales et le capitalisme loin des illusions qui prétendraient le rendre plus « humain » et le « repeindre en vert ».

Si je me souviens bien, VERGNES, satisfait, tu étais déjà à l’époque.

Maintenant le CPN s’apprête à voter ceci :
« Notre volonté est de porter des projets de transformation sociale réelle dans les régions. Si les conditions en sont créées nous pourrons travailler à leur mise en œuvre jusque dans les exécutifs régionaux car la gestion des régions ne peut s’envisager que comme un moyen d’atteindre nos objectifs. Cela ne sera pas possible dans le cadre d'exécutifs qui seraient dominés par le PS et/ou Les Verts. »

Et VERGNES est toujours satisfait. Pour ma part, je préfère, moi aussi, me retrouver dans la situation présente que dans celle de fin septembre. Pour une seule raison, c’est qu’elle permet que l’unité se fasse au 1er tour.

Mais en avons-nous fini pour autant ? Maintenant la CE/CPN, chaussée de ses gros sabots, nous refait le coup du « programme maximum » et conditionne notre signature à l’acceptation de ces généralités :

« Nous voulons défendre un programme radical permettant de donner des réponses à celles et ceux qui souffrent des conséquences de la crise économique, celles et ceux qui sont inquiets de l'avenir de l'humanité confronté à une crise écologique d'une gravité exceptionnelle. Nous voulons la rupture, pour en finir avec le chômage et les licenciements, contre les privatisations, pour la mise en place d'un grand service public bancaire, pour la défense du pouvoir d'achat, la réduction du temps de travail, le droit à la sécurité sociale et à la retraite, pour la reconversion écologique, la mise en place d'un grand service public de l'énergie, pour le droit à l'éducation pour tous, contre toutes les formes de discrimination et d'oppression. »

Il va donc falloir « décliner », par exemple « pour en finir avec le chômage et les licenciements… » en mesures régionales ! Evidemment il n’y a aucune déclinaison possible. Mais moi je sais ce que ça veut dire localement : une bataille pied à pied avec mes camarades qui se fiche d’élaborer un programme régional (parce que pour eux l’idée que l’on puisse entrer en rupture dans des institutions est parfaitement illusoire) pour leur imposer ce qu’ils ne veulent pas. D’ailleurs ces mêmes camarades poussent le bouchon encore plus loin puisqu’ils souhaitent qu’ils y aient dans ce programme régional : »interdiction des licenciements. »

Alors voià pourquoi je ne suis pas toujours satisfait.

Écrit par : Gilles | 05/11/2009

Et là, il a raison.... Si un accord se fait pour l'unité au 1er tour, les bagarres sur un tel programme ne sont pas prêtes d'être terminées !... Et que dire quand il faudra choisir une tête de liste !... De quoi alimenter ce blog ad vitam eternam !....

Écrit par : Michel | 05/11/2009

.... j'ajoute, Michel, que mon premier problème c'est d'abord dans le NPA. Tant que je n’aurai pas réglé ces problèmes de déclinaison dans mon parti, la discussion avec les autres, avec le PC surtout qui est le gros morceau, est problématique. On ne peut pas effet se présenter devant les autres avec un « programme » aussi maximaliste, inadaptable à la réalité de l’institution régionale. C’est d’ailleurs le point clé de tout ça. C’est en ce sens que Convergences et alternative a proposé un amendement. Ou bien l’alliance sera de pure forme. Après le 1er tour, chacun retournera à ses petites manies, les uns géreront avec le PS et nous, nous resterons dans notre posture protestataire. L’objectif c’est bien d’amener le PC, le PG et les autres sur le terrain de la rupture, pas de se servir de nos voix pour faire ce qu’ils veulent.

Écrit par : Gilles | 05/11/2009

Chère langue rouge, je ne mets personne sur un quelconque piédestal...

Je rejoins Gilles quant à l'absence de programme alternatif à l'accompagnement social-libéral.

Quand je dis que le PG bosse dessus c'est une réalité... et que c'est loin d'être simple parce qu'il faut y intégrer la dimension écologique... laquelle remet en cause pas mal d'idées reçues.

L'écologie politique ne se traduit ni par du moins disant social, ni par par du développement durable... mais par la remise en question du capitalisme...

Même à gauche, "autre ou radicale", c'est difficile à intégrer car il faut rompre avec le schéma productiviste. tellement difficile qu'on lit des inepties du type LO ou axe Nanterre-Mulhouse-GR"...

Écrit par : des pas perdus | 05/11/2009

Vous avez lu le manifeste du PG pour les régionales?
J'étais étonné à quel point c'est du yakafokon sans expliquer COMMENT ce serait faisable (ce qui est logique car quand on refuse de s'attaquer au capitalisme, le "comment" pose problème...), ce qui est assez étonnant pour des gens qui mettent en avant leurs élus, leurs mains dans le cambouis des institutions, etc.
On s'attendrait au contraire à ce qu'ils présentent un programme institutionnel précis, avec des mesures concrètes qu'ils prendraient dans les exécutifs.

Au final, c'est du coup très bisounours : il faudrait que la production soit relocalistée, il faudrait ceci, il faudrait cela...
Je n'ai pas fondamentalement de désaccord sur le "il faudrait" pour pas mal de sujets, mais je constate le vide absolu d'explication sur le "comment".
Pour avoir assisté également à un débat organisé par le PG, je remarque que ses positions sont totalement contradictoires sur un paquet de sujet, ce qui est probablement le résultat d'une absence de théorie politique cohérente.
Le régulationnisme n'est pour l'instant pas un concept politique figé et bien théorisé. Il a vraiment du mal à tenir la route...

C'est d'ailleurs une raison de plus pour ne pas faire campagne sur des bases régulationnistes, ce qui ne ferait qu'ajouter à la confusion...

Écrit par : toto | 06/11/2009

Tu peux toujours te moquer du voisin. Et chez nous, on fait comment ?

Écrit par : Gilles | 06/11/2009

Oh ben nous on s'aligne sur le programme du PG-PCF. C'est la super tactique de notre exécutif, directement inspiré de C&A...

Écrit par : toto | 06/11/2009

@Toto:

Justement, il ne s'agit pas de faire parti commun avec le PG, mais de faire une alliance. une A-L-L-I-A-N-C-E!

Écrit par : rafikow | 06/11/2009

Toto botte en touche ; il ne répond pas à ma question. Mon courant n'a pas "inspiré" TA direction. Elle a cédé au PC et PG ce que nous n'avions d'ailleurs pas prévu. Il faudra expliqué pourquoi.

Écrit par : Gilles | 06/11/2009

Et oui, l'alliance à tout prix... ça a son prix!

Ça veut dire effectivement adopter le programme du PCF et du PG.

Gilles, ton courant a inspiré NOTRE direction, qui s'est rabattue sur ces positions. Vous devriez vous réjouir d'un résultat aussi improbable il y a à peine quelques mois, plutôt que de faire la fine bouche.

Pour ce qui est de "chez nous, on fait comment?", j'attends de voir ce qui ressortira du CPN ce week-end, mais le plus probable c'est qu'il faudra militer de manière "autonome" par rapport à la direction, cad sur le terrain et dans les luttes, en laissant faire la campagne électorale à ceux qui voudront bien la faire.
Je précise que militer de manière "autonome" ne veut pas dire passer son temps à casser publiquement du sucre sur le dos de l'orga (et notamment dans les médias bourgeois), comme c'est la tradition de votre courant...

Écrit par : toto | 06/11/2009

Ce n'est pas de ça dont je te parle. Comment toi, toto, tu vois la "transformation révolutionnaire" de la société. On commence quand, par quoi et comment. Mon dernier billet t'intéressera, il parle de révolution justement, ou plutôt de sa fin tragicomique, il y a vingt ans de cela.

Écrit par : Gilles | 06/11/2009

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