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31/10/2009

Unité de la gauche antilibérale et anticapitaliste en Auvergne

Les Alternatifs, Alterékolos, NPA Auvergne, le Front de Gauche constitué du PCF, du Parti de Gauche et de la Gauche Unitaire suite à la réunion du mardi 20 octobre à Clermont Ferrand

Dans une situation marquée par une offensive accélérée de la droite et du patronat contre l’ensemble des droits sociaux et des droits démocratiques, les organisations signataires appellent à soutenir et à contribuer aux mobilisations et aux luttes de façon la plus large et la plus unitaire possible, comme c’est le cas contre la privatisation de la Poste avec le succès de la votation citoyenne.

La crise du capitalisme continue aujourd’hui d’exercer ses ravages écologiques et sociaux démentant les discours trompeurs sur la reprise et la moralisation de celui-ci. Les États ont distribué des centaines de milliards aux responsables de la crise financière. Ils demandent maintenant à la population et au monde du travail de payer cette facture, de payer l’addition pour les banques, de payer à la place des pollueurs...

Face à cette situation, à la détermination du pourvoir Sarkozyste et à un glissement à droite de la gauche d’accompagnement avec la tentative de construction d’une coalition de centre-gauche PS/MODEM/Europe Ecologie, il y a nécessité et urgence à construire dans l’unité un débouché politique et une alternative à la logique du système capitaliste et productiviste.

Nous souhaitons travailler ensemble, au plan national comme au plan régional et de façon durable, à gagner la majorité des travailleurs et de la population aux perspectives ouvertes par une gauche de transformation sociale, écologique, féministe et démocratique en l’associant à l’élaboration de notre programme.

La population doit pouvoir exprimer en toute clarté son opposition à la droite mais aussi son choix entre une gauche et une écologie de renoncement et une gauche unie et déterminée de combat et d’espoir. Notre perspective est d’être majoritaire pour changer la vie des gens et appliquer un programme de rupture avec les pratiques antérieures en particulier au travers d’un véritable partage des richesses. Nous voulons un changement radical d’orientation des politiques nationales et régionales.

Dans cette perspective les organisations Les Alternatifs, Alterékolos, NPA Auvergne, le Front de Gauche constitué du PCF, du Parti de Gauche et de la Gauche Unitaire affirment leur volonté commune de rassembler les forces anticapitalistes et de transformation sociale pour proposer un programme répondant au plus près aux besoins sociaux, écologiques et démocratiques du plus grand nombre afin de battre la droite en remobilisant l’électorat populaire et faire entendre dans l’unité une autre voix à l’occasion des prochaines élections régionales.

Dans le respect des positions et des calendriers de décision propres à chaque parti nous décidons de constituer dès aujourd’hui un cadre politique régional de discussion commun en vue d’échanger sur les propositions et le programme régional porteur de ces exigences.

 La Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique (les Alternatifs, Alterékolos), NPA Auvergne, le Front de Gauche (PCF, le Parti de Gauche et Gauche Unitaire), le 29 octobre 2009

« Ni jamais, ni toujours »

La proposition du Front de gauche – c’est-à-dire du PC et du PG – le mercredi 28 octobre a surpris tout le monde. Exit l’offre d’« élargissement du Front de gauche » pour « constituer des majorités de gauche de gestion », telle qu’elle avait été votée (à 80%) le 24 lors du CN du PC ; même pas mis au débat la proposition alternative du NPA. Cette rencontre, qui devait-être la dernière, aura donc relancé le processus unitaire alors que l’on ne s’y attendait plus. Le « coup de gueule » de Buffet, de la Réunion le soir même, montre cependant qu’au PC on est très loin d’être unanime ; certains propos tenus également par Besancenot la veille de la rencontre dans Libération n’étaient pas exactement non plus un signe d’ouverture.

 

Pourquoi ce retournement ? Du côté du PG et de certains membres du PC il apparaît de plus en plus clairement que l’on ne souhaite pas un face à face stérile entre un Front de gauche instrumentalisé par une partie de la direction du PC et un NPA où l’emporterait les tendances les plus hostiles à l’unité. On a vu le résultat d’une telle stratégie aux européennes. C’est Europe-Ecologie qui a fait la percée que la « gauche de gauche » aurait pu faire, crédibilisant un projet de centre-gauche que le PS – divisé par ses querelles internes – semble incapable, en l’état, d’impulser. Refaire le mauvais « coup » des européennes, ce serait de  nouveau laisser ces forces hostiles marquer des points.

 

Un autre élément ne doit pas être négligé. Dans les rangs des militants et des sympathisants de toutes ses formations à la gauche du PS, l’aspiration majoritaire est à l’unité. Si tout le monde a désormais admis que l’indépendance vis-à-vis du PS est absolument nécessaire (il faut mettre au crédit de la LCR, puis du NPA d’avoir mené à peu près seul ce combat de l’indépendance), en revanche, personne ne souhaite que cela profite à la droite. Reste la question de la gouvernance. « Ni jamais, ni toujours », semble-être aujourd’hui la base commune d’un accord possible. Il faut cependant admettre qu’il sera toujours difficile à des élus du PC, habitués depuis toujours à gérer avec le PS, de passer à d’autres pratiques. A l’inverse, les conditions de participation du NPA à des exécutifs sont encore loin d’être réunies.

 

Enfin, en admettant que le principe de listes unitaires indépendantes du PS soit retenu, c’est dans l’élaboration d’un programme commun de « rupture » (NPA) ou de « transformation sociale et écologique » (PG) que l’on verra bien si un tel accord peut tenir. Mais cela ne suffira pas s’il ne se créé pas derrière une dynamique de rassemblement large comme cela avait été le cas en 2005. Si le processus reste uniquement entre les mains des « appareils parisiens » on risque à tout moment le collapsus. Ce qui est l'enjeu aujourd’hui n’est pas la conclusion d'un simple accord électoral, c’est beaucoup plus que ça. C’est l’idée que le processus de décomposition de la gauche est réversible, que tout n’est pas perdu, et que le capitalisme n’est pas le seul horizon possible. Mais ceci est encore une autre histoire.

30/10/2009

Marie-Georges Buffet, l’idiote utile du social-libéralisme

Madame 1% a déclaré hier dans une conférence de presse à la Réunion que « l'objectif du NPA ne correspond pas » à celui du PCF. Si l’objectif du PCF est bien de construire des majorités de gestion avec les sociaux-libéraux du PS au premier tour comme au second, nul ne doute que ce n’est pas l’objectif du NPA. L’erreur du NPA s’est d’avoir cru que le fruit pourri de l’ancien parti stalinien tomberait de lui-même et qu’il lui dégagerait ainsi l’espace nécessaire pour construire une véritable force anticapitaliste.

 

Cette erreur, elle remonte à la création même du NPA. En fermant la porte aux authentiques antilibéraux, aux socialistes et aux communistes en dissidence, en verrouillant même les débats à l’intérieur du nouveau parti, le NPA a échoué dans son objectif initial : construire un parti large et de masse quand c’était possible. En procédant ainsi il a laissé au PC suffisamment encore d’espace pour continuer son travail de nuisance. Le NPA a de nouveau raté le coche aux européennes. Ayant pris conscience très récemment qu’il s’isolait, le NPA a entrepris, non sans mal, de lâcher du lest. Il en a lâché beaucoup, trop estimeront certains camarades du NPA. Mais l’unité était à ce prix.

 

C’est pourquoi s’en prendre aujourd’hui au NPA qui a été, dans ces concessions, bien au-delà de ce qui avait été prévu initialement, est une erreur. L’obstacle au rassemblement de tout ce qui compte comme forces politiques à la gauche du PS, c’est le PC et lui seul. Pas ses militants, pas ses sympathisants, pas ses électeurs, mais son appareil et le gros de ses élus : ses députés, ses sénateurs, ses maires, ses conseillers généraux dont l’élection dépend uniquement de la bonne volonté du PS.

 

Ce n’est donc pas une simple affaire de divergences politiques entre le PC et le NPA mais une affaire essentiellement et bassement matérielle. Le PC reçoit de ses élus autour de 17 millions d'euros, la moitié de son budget de fonctionnement. Le rassemblement de la « gauche de gauche » ce serait pour la plupart de ces notables, pour les vieux, comme pour les jeunes, la fin de leur rente ou de leur perspective de carrière. C’est pourquoi, jusqu’au bout ils s’opposeront à tout accord. C’est bien ce que les partenaires du PC dans le Front de gauche ont enfin compris.

 

Ce Front de gauche apparaît ainsi de plus en plus pour ce qu’il est : une duperie, un moyen pour le PC de faire illusion en profitant des autres pour assurer ses vieux jours. Le coup de semonce de MGB à l’autre bout du monde, c’est un rappel à l’ordre. Elle voit ses partenaires soudainement lui faire défaut. Alors dans sa rage, l’idiote utile du social-libéralisme siffle la fin de la partie. Le PC va-t-il être suivi ? Le PG a tout à perdre à se plier à cet ordre venu de quelqu’un qui ne pense qu’à une seule chose : assurer coûte que coûte la victoire du PS pour préserver ses intérêts d'appareil quitte à faire échouer cette espérance qui s’était levée en 2005.

29/10/2009

Alliance de raison et compromis boiteux... et refus du PC

L’accord n’est pas encore scellé mais il pourrait se présenter à la fois comme une alliance de raison et un compromis boiteux. Mais pourrait-il en être autrement ? Un solo du Front de Gauche et du NPA serait pour les deux principaux protagonistes prendre un risque considérable. Ni l’un, ni l’autre, ne sont dans ces conditions assurés d’atteindre les 5 % et encore moins les 10 %. Pour le NPA il n’est pas certain qu’il puisse faire l’économie d’une crise interne. Pour le Font de Gauche, il n’est pas sûr qu’il puisse tenir debout face à la pression des élus du PC soucieux d'abord et avant tout de leur réélection. Il est très certainement apparu aux partenaires du PC dans le Front de Gauche que s’ils continuaient à vouloir imposer au NPA, à la fois de rejoindre le Front et de conditionner cet élargissement à entrer nécessairement dans des majorités de gestion, aucun compromis n’était possible.

 

Le compte-rendu qu’a fait la délégation du NPA illustre bien la façon dont a pu s’établir le compromis : « La réunion a débuté par la présentation d’une déclaration du Front de gauche. Elle a de fait constitué la base de discussion de la soirée, mettant de côté l’offre politique du PC et notre proposition alternative. De fait, elle rouvrait la discussion. Cette déclaration constitue à différents égards un élément nouveau et que nous avons apprécié positivement : elle acte le fait que le cadre unitaire ne pourra être le Front de gauche malgré l’insistance du PC sur la nécessité « de l’élargissement du Front de gauche » ; elle ne met plus de conditions de réalisation à un accord national ; elle affirme deux fois l’existence de conditions (à déterminer) pour participer aux exécutifs. »

 

Evidemment l’« ouverture » de la fenêtre n’est pas grande. C’est là que réside le compromis boiteux comme en témoigne cet extrait de la déclaration du Front de Gauche : « Notre volonté est de porter des projets de transformation sociale réelle dans les régions. Si les conditions en sont créées nous pourrons travailler à leur mise en œuvre jusque dans les exécutifs régionaux car la gestion des régions s’envisage  comme un moyen d’atteindre nos objectifs. Notre participation [aux exécutifs] est donc liée aux conditions qui la rendent possible. Il s'agit de la possibilité de mettre en œuvre  les points essentiels de notre programme et du rapport de force permettant effectivement de les appliquer. »

 

La délégation du NPA ne cache donc pas que c’est de la discussion de « la nature des conditions de participation aux exécutifs » que dépendra un accord définitif. Le NPA franchit là un pas décisif (inédit) puisqu’il n’exclut pas a priori de participer à des exécutifs à certaines conditions. Mais ça l’est également pour le PC qui devra donc (en principe) conditionner cette participation à un accord sur un programme. Encore qu’il faille apporter un bémol à cette avancée. Comme le note la délégation du NPA : « Le refus du Front de gauche à engager cette discussion avant que ne soit ou pas accepté ce qu’ils appellent la stratégie, c'est-à-dire l’objectif d’aboutir à des majorités de toute la gauche, souligne leur contradiction. Ils parlent de programme de rupture mais voudraient le défendre avec des forces explicitement libérales, le PS et les Verts. »

 

Heureusement, les autres composantes ont soutenu le NPA dans cette démarche : « il y a eu un compromis sur la tenue d’une réunion exploratoire sur le contenu et le programme. » Et c’est pourquoi le NPA précise : « C’est ce sur quoi il nous faut porter la discussion, le lien entre les alliances et le programme.  Ce programme ne peut pas être que régional et « applicable dans le champ de compétence des régions » comme il est écrit dans la déclaration du Front de Gauche. De fait, dans la discussion le Front de Gauche place la recherche de majorité de toute la gauche avant la question du programme. Nous discutons, nous des alliances en fonction du programme, des exigences des classes populaires face à la crise comme cela était dit dans la première déclaration commune. »

 

Donc, pour l’instant, c’est un compromis fragile et nécessairement boiteux qui s’est institué en ce sens où il ne participe pas d’une volonté commune, impossible en l’état, mais d’une addition d’objectifs différents, voire divergents. Mais dans l’immédiat le NPA et le PC sont condamnés à s’entendre sur cette base. Cette étape est obligatoire  parce que c’est la seule façon de contrer le projet de « centre-gauche » d’Europe-Ecologie à l’heure où il pose de plus en plus de problèmes chez les Verts mêmes (voir les déclarations de Cohn-Bendit). Reste à savoir enfin quel accueil va avoir dans le NPA un tel compromis qui a été bien au-delà de ce qui avait été prévu ? Surtout, cette nécessaire discussion sur un programme de rupture sera-t-elle pour certains d’entre nous, toujours prompts à la surenchère, un moyen de revenir en arrière ?

 

IMPORTANT Il semble que le PC n’accepterait pas le compromis comme le relate cette dépêche AFP : « Aucun accord n'a pu être conclu entre le NPA et le PCF pour une alliance aux Régionales. La secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet a déclaré jeudi à la Réunion que le débat sur la stratégie des régionales était "tranché", constatant que "l'objectif du NPA ne correspond pas" à celui de son parti. Elle a signalé que son parti a "appelé à un Front de Gauche le plus large possible" auquel certains "partis ont répondu", citant le Parti de gauche, la Gauche unitaire et République et Socialisme (mouvement issu du Mouvement Républicain et Citoyen de Jean-Pierre Chevènement). "J'espère que d'autres suivront" a-t-elle ajouté, lors d'un point-presse au Conseil régional de la Réunion où elle a rencontré le président Paul Vergès (Parti Communiste Réunionnais). Interrogé sur la position du NPA à qui le Front de gauche a proposé mercredi de constituer des listes communes au 1er tour, elle a déclaré ne "pas avoir eu des nouvelles de cette réunion". "L'objectif du NPA ne correspond pas" à celui du PCF. »

 

 

Sondage : selon le dernier baromètre Opinion Way pour le Figaro et LCI, l’UMP est crédité de 30 % des intentions de vote au premier tour, devant le Parti socialiste, qui gagne deux points, à 21 %. A cinq mois de l'échéance, le Front national réalise la plus grosse progression, gagnant trois points, à 9 %. Europe-Ecologie recule d'un point, à 15 %, tout comme le Modem (6 %), qui est à égalité avec le Front de gauche (6 %, – 2 points), juste devant le NPA (stable à 5 %).

 

(A suivre)

Rabibochage à la gauche du PS ?

Ceci est un compte-rendu de la rencontre du 28 octobre par l’un des représentants de la délégation de la Fédération (Pierre COURS-SALIES), suivi d’une déclaration du Front de gauche.

 

1 - Les vents « pessimistes » qui soufflaient depuis une petite semaine, du fait de la déclaration du NPA à la veille du CN du PCF et des échanges dans la presse… n’ont pas été confirmés. Le texte du Front de gauche (ci-dessous) est assez parlant par lui-même : pour l’essentiel, il décrit une démarche qui a notre accord. Relire au besoin les textes adoptés les 17 et 18 octobre.

 

2 - Il faut ajouter quelques précisions. L’accord pour que le nom ne soit pas Front de gauche a été enregistré comme allant de soi par les porte-parole du PCF et du PG. Il faudra donc faire des propositions, comme indiqué dans la lettre d’envoi que nous avions fait suivre avant la réunion.

 

3 - Le NPA a donné une interprétation de son propre texte qui souligne les convergences avec ce que nous avions écrit au sujet des exécutifs.  

 

Nous avions écrit :

« Le débat se poursuit entre nos organisations quant aux conditions de participation éventuelle à un exécutif des régions. Plus les résultats de la campagne de premier tour seront bons et plus simple sera cette question. Notre engagement à participer à des exécutifs qui seraient de vrais instruments d’action est sans hésitation. Nous voulons y apporter les moyens de changer la situation et de développer de vraies politiques de transformation sociale et écologique. La participation aux exécutifs devra être décidée, après débat dans chaque région, en fonction des résultats de la campagne. »

 

Le NPA estime que cela rejoint un passage de leur propre texte de « propositions » :

«V – Rôle des élus. Nos élus se constitueront en groupe dans les Conseils régionaux. Ils agiront sur la base du mandat programmatique défendu ensemble dans la campagne. Ils mettront globalement en œuvre le programme partout où le rapport de forces le permettra et défendront chacune des mesures qui le compose avec ténacité dans tous les cas de figure en s'appuyant sur les mobilisations sociales ». 

 

Et cela recoupe la partie correspondante  du texte du Front de gauche diffusé ce soir.

« Notre volonté est de porter des projets de transformation sociale réelle dans les régions. Si les conditions en sont créées nous pourrons travailler à leur mise en œuvre jusque dans les exécutifs régionaux car la gestion des régions s’envisage  comme un moyen d’atteindre nos objectifs. Notre participation est donc liée aux conditions qui la rendent possible. Il s'agit de la possibilité de mettre en œuvre  les points essentiels de notre programme et du rapport de force permettant effectivement de les appliquer. Cette hypothèse exclut toute participation du Modem ou d’une quelconque organisation de droite ».

 

Une tactique dangereuse voulue par Gauche unitaire et une partie des porte parole du PCF a été rejetée : ils voulaient « attendre » que le NPA ait eu sa réunion de leur CPN (les 7 et 8 novembre prochain) avant de tenir la réunion suivante afin que le NPA puisse vérifier s’il donnait son accord à la démarche présentée ci-dessus.

Personne n’a fait un tel chantage au PCF depuis le 28 septembre alors qu’il a fallu attendre son dernier CN pour qu’il se prononce en faveur de listes autonomes par rapport au PS au premier tour ! Pourquoi donner ce signal négatif aux commentateurs dans la presse et aux cassandres dans toutes les organisations à la gauche du PS. Ces arguments, appuyés vigoureusement par les représentants  du FSQP ont amené un changement de décision et, malgré des réticences de certains, le PCF et le PG ont convenu qu’il valait mieux maintenir la prochaine réunion comme prévue.

Il y aura donc une nouvelle réunion, le 2 novembre au soir comme prévu, afin de commencer la discussion sur les propositions à développer à l’occasion des régionales.

 

Conclusions rapides : L’actualité du texte adopté le 18 octobre est encore affirmée. Les informations contenues ont des conséquences pratiques. Ne restons pas les deux pieds dans le même sabot, ou « l’arme au pied », comme disent certains sur cette liste.

 Toutes les informations données ici en style télégraphiques sont évidemment un appel à deux choses :

-         rendre publics ces résultats ;

-         avancer les discussions publiques autour de projets par région.

 

Déclaration du Front de Gauche 28-10-2009

 

Nous voulons mettre la dynamique du Front de Gauche au service du rassemblement unitaire de toutes les forces et plus globalement de toutes les citoyennes et les citoyens et les acteurs du mouvement social qui aspirent à rendre majoritaire une alternative à la logique du système capitaliste, du libéralisme et des modèles productivistes. Nous leur disons que le Front de Gauche peut être leur outil. Nous affirmons notre disponibilité à des listes larges réunissant des partis qui tout en n'étant pas dans le Front de Gauche, convergent sur cette démarche et ces objectifs.  

Dans ce but,  nous nous adressons aux organisations présentes dans ce groupe de travail pour conclure un accord national.

Nous avons déjà des acquis. Nous avons dressé un certain nombre de considérants qui nous ont permis de constituer un cadre politique national de discussion commun en vue de vérifier la possibilité d'aller ensemble aux régionales.

La plupart des mouvements réunis ici ont fait des déclarations et des offres politiques.  Nous pensons que le moment est venu de nous prononcer sur des propositions très concrètes à même de constituer les bases de cet accord national :  

·      La constitution de listes au premier tour différentes de celles présentées par le PS et Europe écologie.  

·      Ces listes répondront à trois objectifs indissociables : changer les rapports de force à gauche en faveur de la ligne de transformation sociale, battre la droite et rassembler une majorité autour d’un projet vraiment alternatif à la logique du système qui est en crise aujourd’hui. En particulier autour des mesures que nous pourrions porter ensemble. Elles s’engageront à défendre ce programme dans les futurs conseils régionaux. Elles affirmeront leur volonté de le mettre en œuvre à la tête des régions, partout où nous nous jugerons en situation de le faire. Il doit s’agir d’une politique de rupture cohérente, applicable dans le champ de compétences des régions, changeant réellement la vie des citoyens en donnant la priorité aux besoins sociaux, écologiques et démocratiques contres les logiques capitalistes, libérales et productivistes.

 

·      Nos listes s’engageront, sans ambiguïté, à faire barrage à la droite en se rassemblant avec les autres listes de gauche au 2ème tour à l’exclusion de tout accord avec le Modem. La liste arrivée en tête au 1er tour fusionnant avec les autres listes de gauche et écologique proportionnellement au 1er tour. Nous demanderons le même engagement au PS et à Europe Ecologie.

 

·      Notre volonté est de porter des projets de transformation sociale réelle dans les régions. Si les conditions en sont créées nous pourrons travailler à leur mise en œuvre jusque dans les exécutifs régionaux car la gestion des régions s’envisage  comme un moyen d’atteindre nos objectifs. Notre participation est donc liée aux conditions qui la rendent possible. Il s'agit de la possibilité de mettre en œuvre les points essentiels de notre programme et du rapport de force permettant effectivement de les appliquer. Cette hypothèse exclut toute participation du Modem ou d’une quelconque organisation de droite.

27/10/2009

Faut-il sauver le PC, pour sauver le PS, pour sauver la gauche ?!

La presse est unanime (Le Monde, Libération, Marianne, etc.) : « L’intransigeance du NPA » vis-à-vis du PC est en train de casser le processus unitaire enclenché depuis un mois. Je m’interroge. Depuis un mois la presse et les médias en général n’ont pipé mot de ce processus unitaire (3 rencontres, la prochaine le 28 octobre). Le PCF fait samedi une offre qui va à l’encontre de tout ce qui avait été acté par tous les partenaires (sauf le PCF) depuis un mois et c’est le NPA qui, soudainement, se retrouve en position d’empêcheur de se rassembler en rond.

 

Comprenne qui pourra. Après enquête, on (c’est-à-dire des journalistes) me dit que le NPA a fait parvenir un communiqué entre temps à la presse « qui revient largement en arrière par rapport au texte négocié lors de la dernière réunion. En reprenant notamment son argumentation sur les deux gauches et en tapant sur le PCF de manière pas très habile. » En d’autres termes, « la direction du NPA aurait recadré ses mandataires pour éviter tout accord avec le PCF. » Cela dit, les mêmes sources disent avoir eu ces confidences de la part du PG et de la GU, donc des « partenaires » du PC. De telles sources sont-elles fiables ?

 

Je ne dis pas cependant que c’est impossible mais la dernière déclaration du NPA date du 22 octobre (il y en a une nouvelle aujourd’hui) ne dit rien qui pourrait-être interprété dans ce sens : « La gauche d'adaptation tente de se rassembler, il est temps que la gauche radicale, indépendante de l'orientation du PS, qui refuse l'alliance avec le MODEM comme une nouvelle compromission avec la droite, s'unisse. Qu'elle s'unisse pour favoriser les mobilisations et les résistances, qu'elle s'unisse autour d'un programme de rupture. Qu'elle s'unisse par une stratégie indépendante du PS. C'est la condition de la reconstruction d'un nouveau mouvement émancipateur. » C’est le discours que nous avons toujours tenu et que le PC connait parfaitement. C’est sur cette base que l’unité était en marche.

 

Si le PC nous avait dit dès la fin septembre comme ils nous disent aujourd’hui : « nous voulons constituer au second tour avec le PS et les Verts des majorités de gestion », nous aurions dit non et tous les autres également. Mais il ne l’a pas dit. Il ne l’a pas fait parce qu’il savait que c’était irrecevable. Pourquoi le fait-il aujourd’hui ? Parce qu’il n’a pas d’autre solution s’il veut préserver son capital d’élus, non seulement aux régionales mais partout où il fait cause commune avec le PS : au parlement, dans les conseils régionaux, dans les municipalités.

 

En vérité le PC tente une nouvelle fois de faire ce qu’il avait déjà fait en 2007 : s’emparer des voix « protestataires » à gauche. Bilan pour la candidate Buffet en 2007 : un peu plus de 1 % des voix. En 2009 aux européennes, même opération mais cette fois avec le PG et la Gauche unitaire, avec un peu plus de succès. Mais lors de ces deux premières tentatives pour stopper son déclin irréversible, l’opération du PC avait largement été facilitée par l’attitude du NPA. Plus rien de cela en cette fin d’année. Le NPA ayant enfin compris qu’il était perdant à ce petit jeu de bras de fer, que c’était même l’avenir de cette « gauche anticapitaliste et antilibérale » qui était en jeu.

 

Or, face à l’« ouverture » du NPA – que tout le monde à la gauche du PS a enregistré avec satisfaction – le PC n’a, depuis un mois, cessé de trainer les pieds et prit le pouls de sa base, de ses élus surtout. Il en est ressorti que pour la plupart d’entre eux « s’émanciper du PS » (pour reprendre un titre de Libé) s’était leur fin annoncée à plus ou moins brève échéance, de leurs statuts, revenus et rentes diverses. On peut les comprendre. Mais c’est leur problème et pas le nôtre et surtout pas celui de tout ce qui compte à la gauche du PS : militants et électeurs, c’est-dire quelque millions d’hommes et de femmes.

 

Un peu comme Lutte ouvrière qui aux dernières municipales est allée se ranger sous la bannière du PS pour « ne pas démoraliser la classe ouvrière », le PC aujourd’hui nous invite à participer avec lui au « sauvetage de la gauche ». En d’autres termes : sauvez-nous du naufrage, pour sauvez le PS, pour sauvez la gauche ! Ce qui est exactement ce que fait le PCF depuis 1981. Mais le pire c’est qu’il veut nous obliger cette fois (car telle est cette fameuse offre des « communistes ») à le suivre dans cette descente aux enfers, exactement comme l’a fait le parti communiste italien. Alors sommes-nous sectaires parce que nous refusons de rallier le programme du PS au second tour ? Sommes-nous sectaires d’exiger le respect du  programme sur lequel nous auront été élus ? Sommes-nous sectaires de vouloir « être libre de nos votes » ?

 

Ci-joint la proposition que le NPA fera demain à tous les partenaires situés à la gauche du PS, PC, PG et Gauche unitaire compris.

25/10/2009

Une « offre » inacceptable

« L’offre » du PCF que l’on pouvait déjà lire avant qu’elle soit votée deux jours auparavant dans les colonnes de L’Humanité (vieille habitude du PCF) consiste à proposer à ses partenaires à la gauche du PS de rejoindre le Front de gauche pour constituer au second tour, je cite : « des majorités de gauche au sein desquelles ils agiront pour la mise en œuvre d’objectifs de transformation sociale y compris dans les exécutifs régionaux. » En d’autres termes le PCF invite le PG, le NPA, la Fédération et les Alternatifs à se ranger sous sa bannière pour faire ce que le PCF fait depuis une bonne trentaine d’années : gouverner avec le PS. Ajoutons, avec le succès que l’on sait.

 

Evidemment une telle « offre » est inacceptable. Mélenchon, que l’on croyait plus malin, fait la bête. Sur son blog il n’hésite pas une seule seconde : « J’approuve la formule du texte communiste précisant que le but n’est pas d’opposer une gauche à l’autre dans la compétition qui va avoir lieu au premier tour mais qu’il s’agit de faire "bouger le curseur à gauche". Je ne l’aurais pas dit de cette façon, mais l’idée me va tout à fait. A présent les amis du NPA doivent eux-aussi faire l’effort qui est attendu d’eux. Ils ne doivent plus bloquer tout le rassemblement sur la question de la participation ou non aux exécutifs régionaux. »

 

Ainsi, c’est à nouveau le NPA qui bloque ? Mélenchon devrait se relire et se réécouter. Dimanche dernier il expliquait sur France 3 que le NPA avait levé l’obstacle du premier tour sur l’exigence d’une non-participation aux exécutifs, la formule du NPA étant : « nous voulons être libres de nos votes », autrement dit nous ne voulons pas être piégés dans une alliance à sens unique. Le NPA précisait : « nous pouvons fusionner avec les forces de gauche avec lesquelles nous proposons l'unité dans la rue, face à la droite aux élections. Ce qui inclut le PS et ce qui exclut le Modem. » Cette déclaration de Mélenchon provoqua donc un communiqué cinglant du PCF pour qui tout accord avec le NPA doit être repoussé. Une semaine après Mélenchon affirme exactement l’inverse.

 

Aurait-il oublié ces passages dans la dernière déclaration du PG (du 21 ou du 22 octobre) : « Le NPA a expliqué, toujours lors de la dernière réunion du Groupe de travail commun, que « la question des exécutifs est une conséquence du débat programmatique, pas un point de départ ». Nous sommes d’accord. […] Le NPA a bien validé dans le compte rendu de la réunion du Groupe de travail du 16 octobre la phrase suivante : « Tout le monde est à ce stade grossièrement d’accord sur la formule suivante : aucune des forces du groupe de travail ne dit « jamais par principe », aucune ne dit « toujours »» Pourquoi se contredire ?

 

Manger son chapeau doit être une vieille habitude contracté au PS dont Mélenchon n’arrive finalement pas à se débarrasser. Quel courage ! Ou alors, feint-il d’être sur la même ligne que le PCF pour obtenir plus du NPA. Or quel est ce « plus » sinon d’envisager comme une éventualité de pouvoir participer à des coalitions avec le PS et de l'imposer à tous. Mélenchon se moque du monde. Exit « l’autre gauche », vive la « gauche unie » ! On croit rêver. Voilà qui va réjouir tous ceux qui au PCF comme au NPA ne veulent surtout pas d’alliance à la gauche du PS. Ils cherchaient n’importe quel prétexte pour contrer un processus bien enclenché, il est tout trouvé. Les médias, muets jusqu’ici sur les progrès réalisés, vont pouvoir s’en donner à cœur joie. Le Figaro et Le Monde ont été les premiers à réagir.

Chères consœurs, chers confrères

On me dit que vous ne voulez pas publier les déclarations conjointes du NPA et du PG qui font le point précis de l’avancée du processus unitaire à la gauche du PS. A la fois je vous comprends et je m’interroge. Je vous comprends, parce que ces textes forts longs, pleins d’arguties et d’arcanes, sont, en l’état, impropres à une publication in extenso. Mais c’est somme toute votre travail de « reporter » de traduire en langage clair ce à quoi ces partis sont difficilement parvenus.

 

Mais je m’interroge aussi. Depuis un mois les partis et formations qui se situent à la gauche du PS se sont réunis à trois reprises. Le 28 septembre ils et elles ont fait une déclaration commune actant les points de divergence et de convergence. Deux nouvelles rencontres ont permis d’avancer un peu plus encore. Seul, dans l’immédiat, le PCF retient sa décision. Mais l’espoir de voir en mars des listes communes de la « gauche radicale » ou de « l’autre gauche », indépendantes du PS, existe bel et bien.

 

Pourquoi n’en avoir rien dit ? Pourquoi ce silence général de Libération à Marianne, du Monde au Figaro, dans les radios, à la télévision ? Pourquoi faut-il qu’un présentateur de France 3 découvre au beau milieu d’une interview (avec Jean-Luc Mélenchon dimanche dernier) que le NPA n’est plus hostile à l’unité ? La « gauche de gauche » n’aurait-elle d’intérêt pour vous que divisée, déchirée ? Il y a presqu’un an vous vous esbaudissiez d’une OPA du tout nouveau NPA sur la « gauche de gauche. Après les européennes, l’opération ayant fait choux blancs, renversement total. D’objet obscur d’un désir trouble (Le Figaro n’avait-il pas fait de Besancenot le premier opposant à Sarkozy), le NPA ne trouvait plus grâce à vos yeux. La « mariée » avait-elle été trop belle ?

 

De l’aveuglement des premiers temps on passa aux quolibets. Je ne vous en veux pas. Le « triomphalisme » du NPA avait quelque chose d’agaçant. Mais c’était à vous d’être plus clairvoyant. Ces partis sont comme ils sont. Pèse sur leur dos un lourd héritage de divisions avec des rancœurs tenaces. Mais aujourd’hui c’est une toute autre dynamique qui l’emporte, celle de l’unité, du rassemblement. Certes tout n’est pas encore réglé et nous allons vraisemblablement entrer dans une nouvelle phase de turbulences mais la dynamique est là.

 

Aujourd’hui les militants communistes ont entre leurs mains la destinée de toute une partie de la gauche française. Leur choix va être difficile. Mais combien ce moment là est autrement plus décisif pour la politique française que de savoir ce qu’il adviendra dans quelques années d’un Jean Sarkozy ou si de Villepin sortira ou non blanchi de « l’affaire Clearstream » ou de comprendre « Pourquoi Sarko veut la peau de Rama Yade ? ». Contrairement à beaucoup de mes camarades, je ne crois pas au « complot médiatique ». Je suis même persuadé que les journalistes sont la plupart du temps de bonne foi. Mais le travail du journaliste n’est pas de juger ce qui est bon ou mauvais pour ses lecteurs et auditeurs. Il est d’abord de rendre compte. Ce qui se passe aujourd’hui à la gauche du PS vaut la peine que l’on s’y intéresse.

23/10/2009

Parti en fin de vie recherche allié désespérément

« Il est grand temps d'ouvrir le débat avec Europe écologie pour construire l'avenir, c'est-à-dire un nouveau projet et de nouvelles alliances », écrit Stéphane Gatignon, maire PCF de Sevran, à sa secrétaire générale Marie-Georges Buffet. Je n’irai pas jusqu’à dire que je m’y attendais, mais la récente rencontre entre Cécile Duflot et la dirigeante du PC pouvait laisser penser qu’une telle éventualité n’était pas à écarter. Il en va ainsi au PC. Certains iraient bien avec le PS dès le premier tour des régionales et plus loin encore, d’autres avec les Verts, d’autres enfin avec la « gauche radicale » (version NPA) ou « l’autre gauche » (version Mélenchon). Le Conseil national du PC qui se réunit ce samedi aura la lourde tâche de choisir entre ces trois options. Parions qu’il ne se déterminera pas de si tôt ou qu’il laissera le soin aux instances locales de décider à sa place.

 

Quid du Front de gauche ? L’alliance électorale du PC et du PG (plus la Gauche unitaire de Picquet) aux européennes a donc du plomb dans l’aile. Même si le PC, se faisant violence, choisit finalement de rallier l’alliance NPA-PG-Fédération & Co, ce front n’aura de toute façon plus d’existence possible. Ce qui ne résout pas cette question qui taraude le PC depuis une bonne dizaine d’années : les « communistes » ont-ils encore une raison d’être en tant que parti ? Il faut en convenir, le PC a, au mieux, son passé pour lui (pas toujours glorieux) mais ce qui est certain c’est qu’il n’a plus d’identité propre. Il n’est pas le seul, évidemment. Le PS s’en cherche une nouvelle ; le NPA a cru s’en fabriquer une (l’anticapitalisme) mais son oscillation entre le choix des urnes et celui des luttes montre que dans ces temps obscurs, il est bien difficile, faute d’une réflexion de fond, de se contenter de quelques formules passe-partout (« parti des luttes » ; grève générale…).

 

Il en est de même pour l’écologie politique vacillant entre l’option Cohn-Bendit (de centre-gauche avec le MoDem) et l’option plus à gauche de Duflot. Au Portugal les Verts sont alliés depuis dix ans avec les communistes. Et pourquoi pas ! En Allemagne, c’est l’inverse. Les (ou des Verts) pensent sérieusement rejoindre la coalition CDU-Libéraux. Tout est possible. « L’union de la gauche a vécu », explique le maire de Sevran. Il a bien raison. Mais pour l’instant, rien ne la remplace. Quand le Front de gauche fut conçu, outre la perspective de refaire le coup de Die Linke, il y avait très certainement au départ dans la tête de la direction du PC et du PG l’idée de rééquilibrer les rapports de force au sein de feu la « gauche plurielle ». Pour que cela réussisse il aurait fallu que ce Front se trouve d’autres alliés.

 

Ou que le NPA s’enferme dans son superbe isolement. Heureusement il n’en a rien été. Pour autant il faudra encore beaucoup de temps et de la réflexion pour que cette « gauche radicale » ou « autre gauche », qui peu à peu se construit, trouve son « programme ». Certes on ne part pas de rien. Aussi bien au PG, qu’au NPA mais aussi chez les Alternatifs de la Fédération, on a commencé à jeter des pistes. Mais si cette gauche-là veut aller au-delà d’une simple « coup » électoral, il faudra bien rapidement que beaucoup se remettent en question et ne se laissent pas aller à la facilité de ressortir leurs éternelles vieilles recettes.

 

Le PC réagit - C'est dans L'Humanité que l'on apprend aujourd'hui la réponse que formulera demain le CN concernant son positionnement aux futurs régionales. En gros, "rejoignez le Front de gauche !" Et pour appuyer cet appel désespéré (le Front de gauche n'existe plus), l'auteur de l'article convoque Picquet (!?) de la Gauche unitaire. Le Front de Gauche c'est donc Buffet-Picquet... sans Mélenchon ! Pauvre Buffet, pauvre Picquet !

22/10/2009

Régionales : déclarations conjointes du NPA et du PG

Deux déclarations importantes du NPA et du PG à propos des régionales qui enregistrent toutes les deux la progression du processus unitaire. Une réponse également, ou plutôt une interrogation sur le jeu que joue actuellement le PCF qui doit très bientôt rendre sa réponse sur sa participation ou non aux listes unitaires indépendantes du PS.

Marx, penseur de l’écologie

On a pu assister hier soir au cours de l’émission de Frédéric Taddeï Ce soir (ou jamais) à l’un de ces débats au final fumeux autour de l’écologie – le thème abordé était : Comment réconcilier économie et environnement ? – où l’on pouvait malgré tout se rendre compte que la foire aux idées nouvelles cache en fait un grand vide, personne n’ayant été capable au cours de ce débat de proposer, ne serait-ce que synthétiquement, une perspective de développement autre que celui dans lequel nous vivons.

 

Il y avait là le photographe Yann Arthus-Bertrand, la journaliste Claude Nora, l’ancien ministre et scientifique Claude Allègre, Jean-Marc Jancovici, ingénieur, consultant pour EDF et Areva et ancien conseiller de Nicolas Hulot, Charles Beigbeder, patron et fondateur du fournisseur privé d'électricité, et Geneviève Ferone de Veolia. Après un échange rapide et infructueux sur la controverse autour du réchauffement climatique, le débat porta très rapidement sur la question des nouvelles sources d’énergie. En d’autres termes comment continuer à produire et donc à consommer alors que les énergies fossiles viendront bientôt à épuisement ?

 

Seul Yann Arthus-Bertrand intervint pour remettre en cause notre mode actuel de consommation. Tous les autres convinrent qu’il n’était pas question, fondamentalement, de le remettre en cause mais de trouver les moyens de le perpétuer à d’autres conditions, à la fois en faisant des économies d’énergie et en en trouvant de nouvelles. L’exemple, souvent mis en avant, des Chinois et de la voiture – si les Chinois avaient un parc automobile identique à ceux des vieux pays industrialisés, que se passerait-il ? – dont Allègre s’empara pour affirmer que tous les Chinois auraient un jour prochain leur voiture personnelle, fit basculer le débat dans la farce.

 

Le plus cohérent dans cette fuite en avant (à la recherche d’un nouvel or noir) fut Claude Allègre. Sa thèse, bien connue, est que la science et la technologie trouveront nécessairement les solutions. On aurait pu lui objecter que ce n’est pas la révolution scientifique et technologique des 19e et 20e siècles qui a fait la révolution industrielle ; qu’en remontant plus loin encore dans le passé ce n’est pas le moulin à haut, et donc l’énergie hydraulique qui fait décoller l’industrie manufacturière (ces technologies et ces sources d’énergie, comme bien d’autres encore, étaient déjà connues sous l’antiquité) mais l’émergence au cours du moyen-âge d’un nouveau rapport social de production.

 

Il était en effet étonnant que pas une seul fois, et puisque l’on parlait d’économie, on ne parla du travail. Ou bien uniquement en affirmant que cette prétendue nouvelle économie (à base d’énergies nouvelles) serait créatrice d’emplois, alors que l’ancienne ne peut plus désormais qu’en détruire (ce qui est vrai). On eut même droit à cette réflexion étonnante d’Allègre, décidément hors concours, concernant la démographie. Je résume : les femmes africaines font trop d’enfants (que l’Afrique n’est pas en mesure de nourrir) ; mettons-les au travail et éduquons-les ; ainsi, comme en Iran, nous passerons de 7 enfants par femme à 1,9 ! On croirait entendre là comme une résurgence des thèses de Malthus. Rien d’étonnant. Allègre s’inscrit dans la lignée de cette économie politique, née au 19e, et dont Marx entreprit de faire inlassablement le procès.

 

Voici d’ailleurs comment, dans son Introduction à la critique de l’économie politique de 1859 il parfait du rapport entre production et consommation : « La consommation crée le besoin d'une nouvelle production, par conséquent la raison idéale, le mobile interne de la production, qui en est la condition préalable. La consommation crée le mobile de la production; elle crée aussi l'objet qui agit dans la production en déterminant sa fin. S'il est clair que la production offre, sous sa forme matérielle, l'objet de la consommation, il est donc tout aussi clair que la consommation pose idéalement l'objet de la production, sous forme d'image intérieure, de besoin, de mobile et de fin. Elle crée les objets de la production sous une forme encore subjective. Sans besoin, pas de production. Mais la consommation reproduit le besoin. » La suite est de la même veine.

21/10/2009

Le « complot médiatique »

Rires. Voilà t’y pas que le gouvernement, toutes dents dehors, du Grand chef au larbin préposé à la communication, s’insurge contre LES médias, sans distinction, coupables de crimes de lèse majesté et d’harcèlement. Hier, Bayrou et Royal tapaient contre ces grands médias aux mains du pouvoir. La « gauche » molle n’était pas en reste. Quant à « la gauche de gauche », c’est une antienne chez elle de considérer presse écrite et audiovisuel comme le lieu où s’exprime « l’idéologie dominante ». Tout ça est vrai et faux à la fois.

 

Que les médias dans une belle unanimité, sauf TF1 et le Figaro – et même là il s’est trouvé un éditorialiste très à droite pour vilipender le « coup » du fils – aient relayé avec force commentaires désobligeants « l’affaire » Mitterrand et celle de l’EPAD, il n’y a rien à redire. Ils ont fait leur travail. Ce n’est pas eux cependant qui ont tiré les premiers. On pourrait même le leur reprocher. C’est, dans le premier cas, Marine Le Pen, puis Benoît Hamon. Dans le second, c’est le fait même des élus de droite de désigner le fils du président comme candidat qui a déclenché l’ire de l’opposition, puis les quolibets d’une majorité des médias.

 

Qu’après il y ait eu un déferlement de commentaires, de titres, d’analyses plus ou moins justifiés (Marianne : « La république abolie » ; L’Humanité : « La république enchaînée » ; L’Express : « ce que cache l’affaire Mitterrand » ; Le Point : « L’affaire Jean Sarkozy ; etc.), pour une presse en mal de lecteurs, ces « affaires » sont une aubaine. Mais on se gausse plutôt de l’écume que l’on traite le fond. S’interroger sur le fond, ce serait remettre en cause les fondements même de cette république, la constitution, le fait que l’exécutif est hors contrôle.

 

En vérité, si le pouvoir s’en prend ainsi aux médias, c’est qu’il est fébrile ; que des élections approchent ; que le bilan n’est pas si brillant qu’il le disait ; que, même dans la majorité, on s’inquiète de certaines réformes comme celle des territoires assortie de la suppression de la taxe professionnelle. On a là un conflit classique entre l’exécutif et des élus pas toujours rassurés pour leur avenir. Donc rien de grave. Même plutôt un certain conformisme des médias, plus suivistes qu’initiateurs.

 

Que les grands médias soient aux mains de grands groupes industriels intimement liés au pouvoir, ce n’est pas une découverte. Mais les journalistes y sont, en gros, les mêmes que dans la presse indépendante : même formation ; mêmes origines ; même spectre d’analyses. Différencions cependant les éditorialistes des reporters. Ce qui ne change pas souvent grand-chose. Ce qui est pour moi la caractéristique principale du journaliste, c’est – je le répète – son conformisme. On l’a vu lors du référendum de 2005. A tel point, qu’emporté par sa « sensibilité », il a souvent du retard à l’allumage pour prévoir les retournements de l’opinion publique. Or, le travail d’un journaliste, c’est d’abord ça : être à l’écoute et rapporter, quelle que soit son opinion personnelle.

 

Pour ce qui nous préoccupe ici, nous en avons un excellent exemple. Depuis près d’un mois que les discussions progressent entre les différentes formations politiques à la gauche du PS, pratiquement plus un mot dans les médias. Dernier titre du Monde à ce propos le 23 septembre dernier : « Le NPA durcit ses exigences avant une éventuelle union de la gauche radicale pour les élections régionales.»  Dimanche, lors de l’interview de Mélenchon dont on a parlé ici, le journaliste de France 3 découvre (avec force exclamations) que le NPA discute avec le PC et le PG pour bâtir des listes communes au premier tour des régionales. « Ah, bon », dit-il en substance, « le NPA discute et est prêt à faire l’unité ? » Réaction typique du type qui en est resté à l’épisode précédent ; « le NPA est sectaire », c'est ainsi pour l'éternité. Ça n’a rien à voir, mais récemment, une présentatrice vedette de France 2 interrogeait le petit-fils du clown Zavatta. Apparemment, elle ne savait pas qu’Achille Zavatta était mort depuis plus de quinze ans.

20/10/2009

Relevé de discussion du 16 octobre approuvé par tous sauf le PC

Le « relevé  de discussion » du 16 octobre tel qu’il a été approuvé par l’ensemble des organisations participantes à l’exception du PCF. Ce relevé a été amendé et validé par : les Alternatifs, GU, FASE, M’PEP, NPA, PCOF, PG, R&S. Il n’engage pas le PCF qui a indiqué que  tel qu’il était rédigé, il ne permettait pas, de son point de vue, un processus d’amendements qui rendrait très mal compte de son positionnement.

 

 

L’objet de cette 3ème réunion était de débattre des questions stratégiques qui peuvent se poser en vue d’une alliance aux régionales des forces réunies au sein du groupe de travail.
Sur sa demande, il avait été convenu que le PCF aborderait le débat à partir d’un texte rédigé par lui.
Ce compte-rendu ne détaillera pas les positions exprimées par les uns et les autres. Nous renvoyons par contre aux pièces qui sont jointes soit les textes proposés par plusieurs forces en vue de cette réunion : le PG avait choisi pour sa part d’amender le texte du PCF, le NPA, les Alternatifs, Gauche Unitaire  et le M’Pep avaient produit des déclarations et/ou contributions.

Problématique soulevée en introduction par le PCF
Le PCF a souligné en introduction que partir en campagne commune sans s’assurer de suffisamment de convergences au départ c’était le plus sur moyen de semer la désillusion ensuite. Il s’agit donc d’éclaircir, principalement par rapport au NPA, la question du profil de nos listes. Pour le PCF, on ne peut  se contenter de dire que l’on fera tout pour battre la droite en proposant une unité de façade au 2ème tour, il faut se donner pour objectif de tout faire pour qu’émergent des majorités capables de gérer des régions sur un programme vraiment opposé au libéralisme et à la politique de Sarkozy. C’est cela qui permettra de battre la droite. Ce qui implique d’être clair sur notre position vis-à-vis des exécutifs et le rapport au PS qu’ils impliquent si les conditions d’y participer sont permises. Pour le PCF il n’y a pas des points séparables pour trouver un accord mais une cohérence d’ensemble à trouver.
A partir de là chaque organisation s’est exprimée au cours d’un tour de table puis le débat s’est poursuivi pendant 2 heures. Voilà, en vue de la prochaine réunion, ce que ‘on peut considérer comme des points d’étape.

Liste autonome du PS et d’Europe Ecologie au premier tour. Le PG, qui s’exprimait juste après la présentation du PCF, explique avoir choisi de présenter sa contribution au débat en amendant le texte du PCF parce qu’il était naturel, en tant que partenaire du Front de Gauche, de se retrouver en grande partie dans ses considérants. Donc : oui à la nécessité de proposer de gérer les régions sur un programme vraiment à gauche en rupture avec le libéralisme et le social-libéralisme, oui pour dire que c’est le meilleur moyen pour battre la droite. Mais, à gauche, le vrai handicap pour y arriver ne se situe pas dans les forces autour de la table, c’est la ligne d’accompagnement proposée par la direction du PS et sa main tendue au Modem, déjà concrète dans plusieurs partielles. En conséquence, le seul moyen pour espérer parvenir aux objectifs indiqués par le PC, ce sont des listes autonomes du PS et d’Europe Ecologie au premier tour, seules à même de changer la donne. Le PG précisant qu’il conditionnerait toute signature d’un accord national à cette condition.   Gauche Unitaire indique que l’enjeu de ces élections est de permettre l’émergence d’une gauche se situant au cœur de la gauche qui soit apte à mettre en minorité le social libéralisme et à battre la droite. Elle se prononce donc pour des listes autonomes au premier tour avec toutes les organisations partageant un programme de rupture avec le libéralisme et le productivisme et cette ambition majoritaire.
Une fois le tour de table achevé, il s’avère que la volonté d’un accord national sur ces questions fait quasi l’unanimité. Beaucoup (PG donc mais aussi Fédération, NPA, Alternatifs, Mpep…) précisent même qu’il s’agit d’une condition préalable à un accord. R et S partage cette position en soulignant la nécessité que le F G élargi présente des liste à vocation majoritaire notamment concurremment au PS pour réellement battre la droite et non des listes à seule vocation de témoignage.
Toutefois, au final tout le monde s’accorde sur la nécessité d’attendre  le CN du PCF du 24-25 octobre pour envisager d’acter publiquement ce point. C’est en effet à l’issue de cette réunion que le PCF pourra faire une offre nationale en vue des Régionales, il ne peut s’engager donc avant sur cette question.  Ce point  sera donc reposé lors de la prochaine réunion.
 Profil des listes : Il a été beaucoup question de vocation, de profil, d’ambition majoritaire pour les mesures de rupture qu’elles porteraient. Si chacun utilise ses propres termes, nul ne remet en question l’objectif qu’afficheraient ces listes : mettre en œuvre un programme réellement en rupture avec la droite, le libéralisme, la logique du système capitaliste et du modèle productiviste (déjà contenu dans la déclaration du 28 septembre). Il ne s’agit pas de listes de témoignages mais d’une alliance pour changer la donne à gauche et mettre en place les conditions pour battre la droite. Nous aborderons ces élections avec l’ambition d’être en tête des listes de gauche. Ce n’est pas impossible si on tient compte du fait que l’irruption d’Europe Ecologie modifie déjà la situation : le PS n’arrive pas à ces élections en force automatiquement dominante.
Plusieurs interventions insistent sur la nécessité de lier notre combat électoral avec notre engagement dans les mobilisations des classes populaires ce qui permettrait à nos listes de réduire  l’abstention parmi elles. Il s’agit pour ces intervenants de la contribution la plus efficace pour battre la droite. Au terme de cette discussion, il n’apparait pas de différences majeures sur ce positionnement.   Par contre, plusieurs forces (GU, PG, FASE, ALTERNATIFS…) expliquent qu’en dernier ressort c’est le programme (sa crédibilité, sa prise en compte du cadre régional, la nécessité de décliner des options possibles nationalement dans le cadre régional) qui déterminera le positionnement de ces listes et non des intentions.  (cf dernier point). Au final, Gauche Unitaire considère que la discussion doit encore se poursuivre pour vérifier notre volonté commune de présentation de listes à vocation majoritaire ou cherchant à créer les conditions de majorités de gauche sur un programme de rupture avec le libéralisme et le productivisme.

Fusion démocratique, l’engagement de tout faire pour battre la droite : le principe d’une fusion avec le PS et Europe Ecologique au deuxième tour est commun à tout le monde. Il serait démocratique c’est à dire proportionnel au score obtenu au premier tour. Le PG  fait observer que cela règle la question des négociations entre deux tour en terme de positions éligibles puisqu’effectué à la proportionnelle du résultat du premier tour. NPA, Alternatifs, FASE ? GU précisent que ces fusions ne peuvent se faire avec des listes qui intégreraient le Modem.


Exécutif, gestion des régions :
Les positions varient sur cette question mais la rencontre a permis de l’affiner y compris avec des propositions précises.
C’est la question des gestions qui est de nouveau au centre de la discussion pour être précisée.  Elle était déjà formulée lors du texte adopté le 28 septembre, comme il est fait remarquer. De même l’accord pour des fusions démocratiques, qui est une alliance de fait,  pour battre la droite ne fait pas problème. Il s’agissait donc de préciser comment nous pouvons définir nos réponses communes à une question stratégique : est-il possible et dans quelles conditions de réaliser des accords de gestion des exécutifs.
Le NPA rappelle à ce propos que dans certaines régions, en l’occurrence le Nord Pas de Calais, le PCF a décidé de ne pas se joindre à l’exécutif ce qui ne l’empêche pas de faire des propositions et de tenter d’influer sur la gestion de la région.  Il estime donc ne pas être le seul à poser ces questions.  
Tout le monde est à ce stade grossièrement d’accord sur la formule suivante : aucune des forces du groupe de travail ne dit « jamais par principe », aucune ne dit « toujours ». Il n’y a donc pas de refus de principe, dans toutes circonstances, de gérer les régions. La position du NPA se fonde sur l’analyse qu’il fait du PS tel qu’il est et des rapports de force tels qu’ils sont.
Tous ceux qui se déclarent déjà favorables à la possibilité de mener ou participer à des  exécutifs avec les autres forces de gauche le font sous conditions. Le PCF écrit clairement dans son texte pouvoir aller « jusqu'à la participation aux exécutifs, à l'exclusion de toute participation du MODEM, si les conditions existent de mettre en œuvre  ces objectifs. » (l’objectif étant un programme « solidement ancré à gauche »). Alternatifs, PG, Fédération, Gauche Unitaire en donnent trois : le contenu, le rapport de force pour l’appliquer et l’exclusion d’accord avec le Modem. Sur cette question GU précise que « dans tous les cas de figure, nous conserverons notre liberté d’appréciation et de vote sur toutes les mesures proposées au débat des assemblées régionales. »
Gauche Unitaire apporte une autre précision pour la discussion : « Nous pouvons avoir entre nous des appréciations différentes sur le fait que ces conditions soient alors ou non réunies mais cela ne peut aucunement conditionner l’accord politique permettant la présentation de liste commune de la gauche de gauche au premier tour. ». Pour les Alternatifs également, l’existence de divergences sur le type d’accords après le deuxième tour (participation ou non à l’exécutif régional) parmi les composantes du rassemblement ne doit en aucun cas être un préalable au rassemblement lui-même

Le PG soumet à la discussion la proposition complémentaire suivante : « cette analyse de situation s’appréciera au niveau régional, le moment venu, en tenant compte également du bilan de la campagne électorale »
En substance, les représentants du NPA rappellent ce qui est écrit dans les propositions envoyées avant la réunion (propositions introduites, il faut le rappeler, par la phrase suivante : « Il va de soi que les propositions ci-après ne sont bien évidemment pas globalement à prendre ou à laisser ») : « Nous nous engageons à le défendre (le programme) dans les conseils régionaux et à le mettre en œuvre partout où le rapport de forces le permettra. Mais nous ne sommes pas prêts à brader nos idéaux, à tourner le dos aux aspirations populaires, à nos responsabilités d'écologistes radicaux, dans un gouvernement de région dirigé par le PS tel qu’il est ». Le PG, la Fédération, les Alternatifs  soulignent à ce propos qu’ils n’imaginent pas non plus de gérer une région dirigée par un PS qui serait sur la ligne actuelle de ce parti, celui-ci se tournant d’ailleurs davantage vers le Modem que vers les forces à sa gauche. 
Une des représentantes du NPA précise que, pour elle, si on admet les trois conditions que sont le contenu, le rapport de force et l’exclusion du Modem, les possibilités de participer à des exécutifs avec le PS paraissent irréalistes.
Le NPA précise enfin de pas faire de la question des exécutifs un préalable à la poursuite de la discussion. La question des exécutifs est une conséquence du débat programmatique, pas un point de départ.
Gauche Unitaire considère que la discussion permet d’avancer mais que pour l’instant ne se dégage pas encore de position commune concernant la participation aux exécutifs régionaux et le conditionnement à celle ci au rapport de force, à l’absence du Modem et à la garantie que nos listes pourront mettre en œuvre les points principaux de leur programme.
 

Le contenu

Le PG rappelle sa position de la semaine précédente : c’est en réalité sur la question des contenus que l’on pourra déterminer si nos listes présentent un profil majoritaire. Par exemple si nos listes présentaient des mesures  propagandistes, ne se souciant aucunement de la façon de décliner des mesures de rupture dans le cadre des régions, alors nous aurions beau répéter que nos listes sont à vocation majoritaire ce serait purement formel.
C’est donc une question préalable à régler. Le PG rappelle qu’il a déjà envoyé son Manifeste en tant que contribution au débat.
La FASE approuve et dit qu’effectivement il faudrait se mettre au travail très vite, pourquoi pas à partir du Manifeste du PG mais on peut aussi imaginer que chacune des forces pour commencer envoie par mail les 10 ou 15 mesures phares qu’elles voudraient voir dans le programme. Il est donc proposé d’échanger par mail sans attendre la prochaine réunion.

En conclusion 
Un représentant du FSQP souligne que de l’extérieur, par rapport à ce que vivent les gens dans les quartiers,  au danger du populisme, nos différences ne sont pas suffisantes pour que l’on ne se présente pas ensemble. Il estime qu’il faut maintenant avancer vers un accord sans faire de préalables.
Plusieurs interventions conviennent malgré tout de l’intérêt des trois réunions du Groupe de Travail, notamment de celle-ci qui a permis de discuter plus précisément  sur les points pouvant faire difficulté.
La représentante du PCF précise que cette discussion va être utile pour les décisions qui seront prises à son CN.
Sur les différences  qui subsistent encore entre les forces du groupe de travail, le PG précise qu’elles sont bien moindres à priori qu’avec le PS ou Europe Ecologie avec lesquelles nous annonçons tous pourtant des fusions au 2ème tour voir même, pour plusieurs autour de la table, la volonté ou la possibilité  de coexister dans des exécutifs sous conditions. Nous avons bien plus de points communs entre nous qu’avec eux si on lit nos textes :  nous voulons rompre avec l’ordre dominant, nous avons l’ambition de proposer une véritable alternative et d’exclure tout accord avec le Modem et la droite. Sans doute pas assez pour être dans un même parti mais largement suffisamment pour une alliance aux élections.  

La suite
Deux autres réunions sont déjà programmées : le 28 octobre à 18h30 au siège du PCF, le 2 novembre à 19h30 au siège du NPA.

« Mal-être » ou « malaise » social ?

Selon un statisticien (inspecteur général honoraire de l'Insee), on se suiciderait moins à France Telecom que dans le reste de la population active française. Ce qui est « statistiquement » vrai : 15 (pour 100.000) contre 19,6. En septembre le site eco.rue89 s’était livré à une étude semblable avec des conclusions quasi identiques avec néanmoins d’autres chiffres. On y apprenait même que l’on se suicidait moins à France Telecom que dans les dernières années (29 en 2002). L’article concluait que pour autant, il y avait bien une crise réelle à France Telecom, comme le prouve les suites qui ont été donné à ce phénomène depuis quelques semaines dans l’ancienne entreprise publique.

 

Le statisticien,  auteur de la seconde enquête dont on va très certainement entendre beaucoup parler ces jours prochains, va jusqu’à évoquer un délire (un peu comme le président de France Telecom parlait de « mode ») pour expliquer ce phénomène : « Croire en l'existence de quelque chose qui n'est pas constitue ce qu'en psychiatrie on appelle un délire. Ici ce n'est personne en particulier, mais le corps social qui délire : salariés, direction, ministre, syndicat, journalistes, commentateurs, vous et moi tous ensemble. Ce qui est dit dans ce délire n'est pas réel : c'est quand même un symptôme. Il signe quelque chose, un mal-être social. »

 

Ce terme de « mal-être » associé à « social » est troublant. Comme si, en quelques années, on était passé du traditionnel « malaise social » touchant des catégories entières de salariés (et dont on a vu encore ces derniers mois plusieurs manifestations classiques : journées nationales d’action, grèves avec occupation ou « séquestration » de dirigeants, comme à Continental ou Molex, etc.) à une individualisation de ces conflits. Evidemment il n’en est rien. Ce mal-être social n’est qu’un phénomène annexe, particulier d’un malaise social général. Alors pourquoi fait-il plus la « une » des médias ? La faute aux médias ?

 

Ce que nous apprend l’enquête de rue89 montre à l’inverse que ce sont les syndicats qui sont à l’origine de cette mise en lumière de ce phénomène lorsqu’en 2008 Sud et la CFE-CGC mettent en place un Observatoire du stress et des mobilités forcées. Autrement dit ce « délire » ne serait que l’expression d’une modification de l’action syndicale, surtout de son affaiblissement. N’oublions pas que France Telecom fut autrefois (comme la Poste) un bastion du syndicalisme ; que la perte de 40.000 postes dans cette entreprise entre 2002 et 2008 s’est faite sans grand combat social. Cette « vague » relative de suicide illustre donc autant un « malaise social » (qui s’exprime par un « mal-être » des salariés) que la plus grande difficulté des syndicats à pouvoir y répondre sous des formes traditionnelles.

 

A vrai dire, depuis des dizaines d’années, ce phénomène d’individualisation du conflit employeur-salarié, est un thème récurrent dans la sociologie du travail. Il montre que ce n’est pas tant l’augmentation de la pénibilité ou du stress au travail qui est en cause (le travail à la chaîne avec ses cadences « infernales » ne date pas d’aujourd’hui) que l’absence ou la difficulté de plus en plus grande au niveau syndical à leur donner une réponse collective. En outre, ce qui avait déjà touché le « groupe » ouvrier dans les années 80-90 s’étend aujourd’hui aux cadres et aux techniciens. Ainsi, ces études et ces travaux de sociologues ou de statisticiens sont à rapprocher d’une étude récente dont Le Monde s’est fait récemment l’écho à propos du déclin du syndicalisme française. On aurait pu penser, en effet, que la crise allait « doper » le mouvement syndical. Dans l’immédiat, il n’en est rien.

19/10/2009

Le choix du PCF

Le PS n’a pas d’autre alternative que d’aller vers la construction d’un parti démocrate à l’américaine. Mais cela ne va pas sans difficulté. La preuve étant qu’un récent sondage montre bien que près de la moitié (48 %) des sympathisants préféreraient plutôt une alliance traditionnelle à gauche allant jusqu’au NPA plutôt qu’avec le MoDem (15 %). Ce divorce entre la volonté des dirigeants socialistes de poursuivre leur politique « social libérale » en s’agrégeant des forces politiques, Europe-Ecologie et les amis de Bayrou, qui vont dans le même sens qu’eux et une base plutôt fidèle à « l’union de la gauche », est la raison principale de la crise de leadership ouverte dans le PS depuis plus d’une décennie. Hormis Royal et Valls – dans des registres différents –, les autres dirigeants tergiversent, hésitent et finalement flanchent.

 

C’est que l’opération a un coût : se priver d’une partie de  l’électorat populaire de la gauche. Il est même probable que les prestations médiatiques d’Olivier Besancenot ont joué ces dernières années un rôle de contre-feux à cette opération de centre-gauche. Galvanisant une autre idée de la gauche, bien aidé par la victoire du « non » en 2005, l’affaire du CPN et surtout la crise financière puis économique, il largement contribué à revitaliser une gauche sociale de combat. Les dirigeants socialistes en ne réussissant pas à s’entendre sur le nom d’un leader qui aurait pu porter leur projet ont également leur part dans son échec. Mais le rôle « historique » de Besancenot s’arrête là. Désormais ce sont aux forces politiques hostiles, à gauche, à ce projet qui doivent travailler ensemble et s’entendre pour définir leur propre projet alternatif.

 

Dans cette configuration, reste une grande inconnue. Que va faire le PC ? Longtemps on a reproché au NPA de vouloir faire cavalier seul. Cette accusation n’était pas dénuée de fondement. Mais les résultats des européennes et une situation sociale morose ont apparemment convaincu sa direction d’infléchir sa position. Désormais le NPA joue l’unité de la « gauche de gauche ». Il n’en est pas de même de la direction du PCF qui traîne manifestement les pieds. Ainsi la dernière rencontre au sommet du 16 octobre a une nouvelle fois montré que le PCF était isolé dans sa tentative de raccrocher la « gauche de gauche » au train de « la gauche social-libérale ».

 

Cette attitude a des raisons historiques. Difficile d’admettre pour le PC qu’il n’est plus « la gauche de la gauche » à lui seul. Et puis la direction du PC, contrairement aux autres partenaires, a des soucis avec ses élus qui craignent pour leur survie alors que sa base est plutôt favorable à des listes unitaires indépendantes du PS au premier tour. Ainsi, ce sont des tractations qui vont se mener localement entre les élus locaux du PC et le PS que va se jouer en partie le sort d’un accord national. Le NPA veut un accord dans 21 régions. La direction du PC voudrait s'en passer. Ne va-t-il pas prendre prétexte d’accord locaux entre ses élus et les socialistes pour le refuser ? L’unité, si proche, peut-elle voler en éclat sous la pression d’élus depuis longtemps associés aux exécutifs « sociaux-libéraux ?

 

Le PC est devant un choix. Ou servir d’alibi à une gauche social libérale en mauvaise posture, sans pour autant parvenir à la détourner de son projet final. Ou changer définitivement de cap comme ses partenaires l’y invitent. S'ils lisent l'Humanité, les sympathisants communistes ne sauront rien de ces rencontres unitaires. Depuis septembre, pas un mot ; rien sur la déclaration du 28 septembre ; aucun compte-rendu des deux dernières réunions. L'Humanité fait comme si tout tournait autour de ses ateliers-forums. Décidément, le PC a bien du mal à changer.

 

 

Compte-rendu de la réunion d'après l'AFP.

16/10/2009

Contribution du NPA à la rencontre nationale du 16 octobre

Au bout de trois semaines de discussions positives, nous souhaitons apporter notre contribution à l'approfondissement du travail unitaire engagé. Il s'agit à notre sens de mettre en place un cadre politique national permettant une présentation de liste de premier tour sur l'ensemble du territoire à partir d'une analyse politique des enjeux nationaux et régionaux du scrutin. Ce texte vise à faire connaître l'éclairage du NPA sur les questions posées dans nos réunions et qui n'ont pas toutes trouvé à ce stade de réponse commune. Comme nous l'avions proposé à la fin de la précédente réunion, chaque composante doit pouvoir contribuer à la réflexion commune sur programme et alliance. Voilà donc ce que le NPA propose à la discussion. Il va de soi que les propositions ci-après ne sont bien évidemment pas globalement à prendre ou à laisser.

Programmes et alliances sont deux questions liées. On peut faire front pour battre un adversaire, la droite, dans la rue et dans les urnes. Mais pour sceller une alliance susceptible de mettre en œuvre une politique, il faut un accord programmatique sur des bases solides, alternative à toutes les politiques de droite et aux politiques social libérales. Un programme inédit et ambitieux sur le plan social et écologique.

La recomposition rose/orange/verte au centre qui s'affirme n'est pas le simple fait d'un pragmatisme électoral. C'est le fruit d'un rapprochement programmatique basé sur l'idée qu'il existe une possibilité de gérer le système en le tempérant sur le plan social et écologique. A ce premier choix, il faut en opposer un autre : l'alliance de la gauche radicale, de « l'autre gauche », c'est à dire le bloc des anticapitalistes, des révolutionnaires et des antilibéraux. Il existe une base commune possible à cela. Cette base n'est pas tout le programme de chacune et chacun de nos mouvements. Ce programme part des aspirations de celles et ceux qui ne veulent pas subir les conséquences de la triple crise économique, sociale et écologique que connaît le capitalisme du XXIe siècle, de celles et ceux qui veulent inventer une démocratie directe et vivante qui ne s'arrête pas aux portes des entreprises et des quartiers populaires, de celle et ceux qui luttent au quotidien. Contre le chômage et les licenciements, contre les privatisations, pour la défense du pouvoir d'achat, la réduction du temps de travail, le droit à la sécu et à la retraite, pour un plan ambitieux de reconversion écologique, la mise en place d'un grand service public de l'énergie, contre toutes les formes de discrimination et d'oppression .... Et ce programme trouve sa traduction à l'échelle des conseils régionaux, sans toutefois se laisser enfermer dans le carcan budgétaire et légal. 

Ce programme est la base des listes que nous entendons constituer dans les 21 régions. Nous nous engageons à le défendre dans les conseils régionaux et à le mettre en œuvre partout où le rapport de forces le permettra. Mais nous ne sommes pas prêts à brader nos idéaux, à tourner le dos aux aspirations populaires, à nos responsabilités d'écologistes radicaux, dans un gouvernement de région dirigé par le PS tel qu’il est. Nous voulons être libres de nos votes. On ne peut pas allier, sauf à se renier, ceux qui subventionnent les lycées privées, les boites qui licencient et ceux qui veulent mobiliser les fonds publics dans l'intérêt des salariés et de la population, ceux qui veulent gérer le système et ceux qui veulent rompre. Le programme des socialistes et de plus en plus proche de celui du Modem et de plus en plus éloigné des aspirations populaires, d'un programme 100 % gauche.

En 2004, les socialistes ont annoncé que les 20 régions sur 21 régions métropolitaines qu'ils dirigeaient seraient un rempart pour protéger les populations contre la droite. La pratique a démontré que c'est loin d'être le cas. Il faut une autre politique, alternative aux gestions social-libérales des régions.

Ces élections ont donc bien un double enjeu, national et régional. National car dans cette dernière échéance majeure avant 2012, il s’agit de faire naître une dynamique politique qui combatte résolument les mesures réactionnaires de Sarkozy et qui offre un projet réellement alternatif, en rupture avec les politiques d’accompagnement du système. Seule l’émergence d’un rassemblement de la gauche radicale pourra susciter espoir, dynamique et contribuer aux victoires de demain dont nous avons tant besoin.

Ce sont ces raisons fondamentales qui justifient que nous tournions le dos à toute alliance de premier tour avec le PS. Et c'est l'urgence sociale et écologique qui impose la clarté, la lisibilité de notre accord à l'échelle nationale. Donc un accord national et pas un accord à géométrie variable.

Sans hésiter, nous ferons tout pour battre les listes soutenues par Sarkozy et nous voulons utiliser la loi électorale telle qu'elle est pour obtenir un nombre d'élus qui correspond à la proportion de la population que nous représentons. Ainsi nous prenons notre part dans la défaite nécessaire du pouvoir central et nous permettons à nos électeurs du premier tout de revoter pour nous au second.

C'est pourquoi nous sommes prêts à envisager des fusions « démocratiques » ou « techniques » selon les dénominations.

Évidemment, même démocratique/technique, c'est un geste politique. Et là dessus, nous avons une ligne de conduite :

  • nous pouvons fusionner avec les forces de gauche avec lesquelles nous proposons l'unité dans la rue, face à la droite aux élections. Ce qui inclut le PS et ce qui exclut le Modem.
  • avec le PS, la seule fusion possible, c'est une fusion pour battre la droite, assurer la représentation proportionnelle des rapports de force issus du premier tour et pas une fusion sur une base programmatique commune introuvable

Paysans

Les niveaux de revenus entre un céréalier de la plaine d’Aunis (hier gorgé de subventions européennes et qui a investi depuis trente dans la « pierre » à Poitiers après avoir asséché les marais) et le petit exploitant (50 à 60 vaches laitières) doivent être considérables. Le sort de beaucoup d’entre eux n’est pas enviable. La perte moyenne des revenus étant estimée à 10 à 20 %, ce n’est pas peu dire ce que cela peut représenter pour certains d’entre eux. La FNSEA, bien silencieuse dans la crise du lait, tente aujourd’hui de reprendre la main toujours avec les mêmes revendications : des aides supplémentaires et des allègements de charges. Toujours le même système : utiliser la colère des « petits » pour protéger les « gros ».

 

Pour le lait, les médias y ont tous été de la même explication. L’exploitation moyenne française est trop petite et ne peut lutter contre les fermes industrielles du nord de l’Europe. On citait ainsi le cas d’un exploitant allemand qui avait racheté une ancienne ferme d'Etat d’Allemagne de l’Est, possédait deux-cents vaches et employait des salariés polonais… au tarif polonais. Ce qui n’empêchait par le paysan-industriel de se plaindre qu’il n’y arrivait pas. Quant au prix du litre de lait dans les grandes surfaces, jetez-y un œil. Vous verrez qu’il peut varier de plusieurs dizaines de centimes d’une marque à l’autre. Mais lui, il ne baisse jamais.

 

Un autre reportage hier m’a surpris. Il était intitulé : des terres africaines à louer. En l’occurrence il s’agissait de l’Ethiopie. J’ai pour l’occasion découvert ce phénomène que j’ignorais complètement. Dans certain pays d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique du sud, l’Etat concède pour vingt à trente ans des terres à des exploitants étrangers. Dans le cas de l’Ethiopie c’était des ingénieurs agronomes indiens qui pilotaient l'affaire. Les vastes pâturages étaient transformés en terres arables propices à des cultures céréalières (maïs en particulier) destinées au marché international. Evidemment les paysans locaux, des éleveurs de bétail, étaient mis devant le fait accompli. Au mieux, l’ancien éleveur était transformé en ouvrier agricole.

 

Sans rapport ? Au Kenya quelque 4 millions de paysans (10 % de la population) sont touchés par la famine. En cause la sécheresse. Extrait d’un article de Libération : « Après avoir parcouru plus de cent kilomètres en quête d’eau et de pâturages au pied du mont Kenya, ces populations n’ont trouvé que rivières asséchées et paysages désolés. Des centaines de milliers de têtes de bétail ont succombé, laissant les éleveurs sans ressources et contraints de vendre des animaux squelettiques pour des sommes dix à vingt fois inférieures à la moyenne. Tout ça pour acheter de la farine de maïs dont les prix ont doublé voire triplé en raison de la crise financière. »

15/10/2009

L’alliance MoDem-Europe Ecologie, c’est loin d’être fait

L’offensive des frères Cohn-Bendit pour monter des listes communes MoDem-Europe Ecologie au premier tour des régionales se heurtent à la résistance des Verts. De tous ? Le Figaro, qui commente l’information, n’en dit pas plus, mais cette épine dans le pied dans la stratégie à long terme des « frères pétard » de la politique française devrait nous interroger un peu plus sur ce parti Vert que nous avons mis un peu trop vite dans le camp du social-libéralisme.

 

Non pas qu’il faille voir dans cette résistance une incompatibilité absolue entre le projet de centre-gauche, partagé par certains socialistes, verts et centristes, et celui de l’écologie politique. L’antilibéralisme d’une partie des Verts, leur anti productivisme surtout ne va pas jusque là. Certains d’entre eux ont déjà franchi le pas en adhérant au MoDem comme leur ancien secrétaire national, Yann Wehrling, ou l’ancien député Vert, Jean-Luc Benhamias. On a vu aussi d’autres figures de ce parti passer au PS tandis que d’autres rejoignaient le Parti de gauche. Les frontières sont poreuses.

 

Il n’est pas moins vrai que la « gauche radicale » partage également avec l’écologie politique bien des points relatifs à la protection de l’environnement, au nucléaire (hormis le PC et LO), sur la croissance et le développement. Mais qu’est-ce qui fait alors que nous ne pouvons pas nous entendre ? Il est clair que leur positionnement sur les institutions diverge sérieusement des nôtres ; de même sur les moyens. Les Verts sont avant tout électoralistes, même si cela ne les dispense pas d’agir parfois en dehors des cadres stricts de l’action parlementaire. Mais on pourrait en dire tout autant du PC et du Parti de gauche.

 

Il est un point néanmoins qui nous sépare définitivement : celui de la propriété privé. Les Verts ne sont pas anticapitalistes. Partisans de la régulation (Alain Lipietz, qui vient de l’extrême-gauche des années 60 appartient à cette école), ils ne voient pas d’autres recours possibles aux maux de la Terre que dans l’intervention de la « puissance publique », c’est-à-dire dans l’Etat. Mais là encore, sont-ils si différents des « communistes » et des « amis de Jean-Luc Mélenchon » ?

 

Faire le choix d’une alliance avec le MoDem couperait définitivement le cordon qui lie encore les Verts à la « gauche ». Mais tout comme pour le PS, il y a d’abord là un calcul politicien. Dans cette atmosphère générale de délitement de ce que l’on croyait être la « gauche », cela importe peu. Seul le résultat compte. Cohn-Bendit a bien compris que dans cette période tous les « coups » étaient permis. Les écologistes sincères devraient y regarder de plus près avant de franchir ce pas.

 

14/10/2009

Sarkozy perd les pédales. Qui en profite ?

Après le neveu, le fils. Il n’y avait pas assez d’une « affaire » (Clearstream), elles se suivent désormais à un rythme soutenu : une par semaine. Les médias s’en émeuvent mais passe allègrement sur l’essentiel. Car comment les Français jugent-ils la politique économique du gouvernement ? Eh bien plutôt sévèrement. Ainsi, selon un sondage (BVA), ils estiment à 60% que les mesures prises par le président « ne vont pas dans le bon sens pour limiter les effets de la crise », à 71% qu'elles « ne sont pas en adéquation avec les préoccupations des Français » et à 83% qu'elles « ne leur profitent pas équitablement à tous ». En somme « désordonnée » et « inefficace » à 65 %.

 

Avec la taxe carbone, la Poste, l’annonce de la suppression de la taxe professionnelle qui émeut même les élus locaux de la majorité (le coup de gueule de Juppé) et aujourd’hui encore une « réforme » des lycées qui fait pschitt, le pouvoir collectionne les bévues. Il a bien tenté de se rattraper sur la sécurité et l’immigration, mais il semble bien que, même là, ça sature, que ça ne passe plus. Le coup du fils propulsé à la tête d’une administration qui gère un budget de l’ordre d’un petit Etat a de quoi rendre circonspect n’importe qui. Dans un tel climat, une telle mesure, qui ne pouvait pas passer inaperçue, c’est à ce niveau là de l’incompétence. Et pourtant Sarkozy (le père) l’a fait. Perdrait-il la main ? Trop sûr de lui face à une opposition qu’il juge incapable de le contrer, estime-t-il que tout est permis ?

 

Evidemment tout cela n’ouvre pas une crise de régime. La 5e république en a vu d’autre. Mais quand même, à cinq mois des régionales, la crise sociale s’aggravant, et n’ayant plus guère de biscuits en poche – n’oublions pas ce fameux emprunt qui devait être la cerise sur le gâteau du plan de relance et dont on ne sait plus ce qu’il devient – le régime est en bien mauvaise posture. Et ça ne peut aller que de mal en pis. Reste qu’en face on n’est toujours pas tiré d’affaire, ce qui lui laisse du répit. Et quand je dis en face je pense autant à l’opposition politique qu’aux syndicats muets comme des carpes alors qu’il faudrait l’ouvrir.

 

De ce côté-là, la « votation » sur la Poste a sauvé les apparences. Tout juste, car on voit mal quel prolongement elle aura, si elle en a un. La relance du mouvement des sans-papier, comme la préparation en cours des marches contre la précarité, montrent que ce ne sont portant pas les initiatives qui manquent mais un puissant relais au niveau national. Et là, c’est-à-dire au niveau des confédérations, il faut le dire clairement on se moque ouvertement du monde. Pas même l’excuse d’une main tendue du pouvoir ou le début de l’ombre d’une quelconque promesse d’un os à ronger.

 

A la CGT, à quelques mois du congrès confédéral, les bouches commencent à s’ouvrir. Cela nous promet-il un congrès agité ? On s’assoit encore allègrement sur la démocratie dans la vieille centrale. Mais les troupes ne sont plus tenues comme avant. Il faut donc s’attendre à ce que ce congrès ne soit pas un lit de roses pour Bernard Thibault. Il l’aura amplement mérité. Son comportement a de quoi laisser pantois le plus légitimiste des cégétistes de base. Sauf que ce ne sont pas les coups de gueule désordonnés de tel ou tel qui changeront grand-chose. Comme pour la tête de l’Etat, une politique de rechange reste à construire.

12/10/2009

« Cette rengaine du MoDem devient lassante » - Noël Mamère

Le Vert Mamère a raison. Ce qui intéresse le PS ou Europe-écologie, ce n’est pas le « programme » du MoDem (il n’en a pas) ou, pour raisonner comme hier (il y a très longtemps), le fait que ce parti serait le représentant d’une tendance dans la bourgeoisie à la conciliation des classes (je sais c’est le genre de chose difficile à avaler aujourd’hui). Le MoDem est essentiellement un phénomène électoral « attrape-tout » construit autour d’un homme (Bayrou) et pour lui seul. Bref, il n’y a pas plus de « bourgeois » au MoDem que de « prolétaires » au PS. Pour le PS et Europe-Ecologie, ce qui les intéresse dans le MoDem c’est son électorat allant de la « gauche » à la « droite », sensible aux thèmes de l’écologique mais pas seulement, pour l’économie de marché mais pas seulement, etc.

 

Cette attirance pour le MoDem n’est d’ailleurs même pas un signe que cette « gauche plurielle » a viré « social-libéral ». Rien à voir également avec l’alliance entre la SFIO, le PCF et les Radicaux dans le Front populaire. En 1936, effectivement une partie de la « bourgeoisie » (représenté par le parti radical) choisit de s’allier avec des « partis ouvriers ». Mais en 1981, dans l’union entre le PS, le PC et les Radicaux (de gauche), ces derniers ne jouent plus aucun rôle politique. Ils sont là pour faire l’appoint. Quand le premier gouvernement Mitterrand applique une politique d’austérité contre les salariés, c’est au sein du PS (en réalité à la présidence) que ça se décide.

 

Il y a cependant une différence importante entre l’union de la gauche avec les radicaux, version 1981, et ce ballet autour du MoDem aujourd’hui. Quand en 2007, il fait plus de 18 % des voix exprimées, ce parti ouvre une nouvelle voie pour la « gauche plurielle », celle d’un parti démocrate à l’américaine, la seule alternative possible au déclin historique de la « gauche » social-démocrate. C’est la même idée très bien exprimée par Cohn-Bendit qui a conduit à faire passer les Verts, de la « gauche plurielle » à l’ambition de devenir, avec Europe-écologie, l’aiguillon de cette recomposition. Et cette perspective peut très bien réussir à terme. Tel est le véritable enjeu pour la « gauche de gauche », « radicale » ou « vraie gauche », comme vous voudrez.

 

Cette perspective est irréversible. Et c’est bien pourquoi l’unité de la « gauche de gauche » est décisive. Seul ce rassemblement peut faire obstacle à cette recomposition ou tout du moins la contrer. Mais certainement pas en faisant du MoDem un épouvantail à moineaux comme le font certains socialistes ou le PC mais en refusant très clairement de gérer des exécutifs avec le PS et les Verts. Car ce sont eux qui seront les artisans de cette recomposition (et pas le MoDem), même si au PS on a du mal à s’y résoudre. Non que les socialistes n’y soient pas prêts idéologiquement (ça c’est acquis), mais parce qu’ils savent que s’ils entrent délibérément dans cette voie en même temps que la « gauche de gauche » se rassemblera, c’est bien une partie de l’électorat « populaire » qui risque de leur faire défaut.

 

En conclusion, le PC ne sauvera pas la « gauche » en n’écartant pas l’idée de gouverner avec le PS et les Verts, sauf en cas d’alliance avec le MoDem. Il leur fournira seulement un alibi contre la promesse de reconduire ses élus, alibi dont le PS aura tôt fait de se débarrasser une fois ses sortants réélus. Sur la "tactique" à géométrie variable du PC, lire un article dans Marianne sur la situation en PACA.

 

 
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