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29/10/2009

Rabibochage à la gauche du PS ?

Ceci est un compte-rendu de la rencontre du 28 octobre par l’un des représentants de la délégation de la Fédération (Pierre COURS-SALIES), suivi d’une déclaration du Front de gauche.

 

1 - Les vents « pessimistes » qui soufflaient depuis une petite semaine, du fait de la déclaration du NPA à la veille du CN du PCF et des échanges dans la presse… n’ont pas été confirmés. Le texte du Front de gauche (ci-dessous) est assez parlant par lui-même : pour l’essentiel, il décrit une démarche qui a notre accord. Relire au besoin les textes adoptés les 17 et 18 octobre.

 

2 - Il faut ajouter quelques précisions. L’accord pour que le nom ne soit pas Front de gauche a été enregistré comme allant de soi par les porte-parole du PCF et du PG. Il faudra donc faire des propositions, comme indiqué dans la lettre d’envoi que nous avions fait suivre avant la réunion.

 

3 - Le NPA a donné une interprétation de son propre texte qui souligne les convergences avec ce que nous avions écrit au sujet des exécutifs.  

 

Nous avions écrit :

« Le débat se poursuit entre nos organisations quant aux conditions de participation éventuelle à un exécutif des régions. Plus les résultats de la campagne de premier tour seront bons et plus simple sera cette question. Notre engagement à participer à des exécutifs qui seraient de vrais instruments d’action est sans hésitation. Nous voulons y apporter les moyens de changer la situation et de développer de vraies politiques de transformation sociale et écologique. La participation aux exécutifs devra être décidée, après débat dans chaque région, en fonction des résultats de la campagne. »

 

Le NPA estime que cela rejoint un passage de leur propre texte de « propositions » :

«V – Rôle des élus. Nos élus se constitueront en groupe dans les Conseils régionaux. Ils agiront sur la base du mandat programmatique défendu ensemble dans la campagne. Ils mettront globalement en œuvre le programme partout où le rapport de forces le permettra et défendront chacune des mesures qui le compose avec ténacité dans tous les cas de figure en s'appuyant sur les mobilisations sociales ». 

 

Et cela recoupe la partie correspondante  du texte du Front de gauche diffusé ce soir.

« Notre volonté est de porter des projets de transformation sociale réelle dans les régions. Si les conditions en sont créées nous pourrons travailler à leur mise en œuvre jusque dans les exécutifs régionaux car la gestion des régions s’envisage  comme un moyen d’atteindre nos objectifs. Notre participation est donc liée aux conditions qui la rendent possible. Il s'agit de la possibilité de mettre en œuvre  les points essentiels de notre programme et du rapport de force permettant effectivement de les appliquer. Cette hypothèse exclut toute participation du Modem ou d’une quelconque organisation de droite ».

 

Une tactique dangereuse voulue par Gauche unitaire et une partie des porte parole du PCF a été rejetée : ils voulaient « attendre » que le NPA ait eu sa réunion de leur CPN (les 7 et 8 novembre prochain) avant de tenir la réunion suivante afin que le NPA puisse vérifier s’il donnait son accord à la démarche présentée ci-dessus.

Personne n’a fait un tel chantage au PCF depuis le 28 septembre alors qu’il a fallu attendre son dernier CN pour qu’il se prononce en faveur de listes autonomes par rapport au PS au premier tour ! Pourquoi donner ce signal négatif aux commentateurs dans la presse et aux cassandres dans toutes les organisations à la gauche du PS. Ces arguments, appuyés vigoureusement par les représentants  du FSQP ont amené un changement de décision et, malgré des réticences de certains, le PCF et le PG ont convenu qu’il valait mieux maintenir la prochaine réunion comme prévue.

Il y aura donc une nouvelle réunion, le 2 novembre au soir comme prévu, afin de commencer la discussion sur les propositions à développer à l’occasion des régionales.

 

Conclusions rapides : L’actualité du texte adopté le 18 octobre est encore affirmée. Les informations contenues ont des conséquences pratiques. Ne restons pas les deux pieds dans le même sabot, ou « l’arme au pied », comme disent certains sur cette liste.

 Toutes les informations données ici en style télégraphiques sont évidemment un appel à deux choses :

-         rendre publics ces résultats ;

-         avancer les discussions publiques autour de projets par région.

 

Déclaration du Front de Gauche 28-10-2009

 

Nous voulons mettre la dynamique du Front de Gauche au service du rassemblement unitaire de toutes les forces et plus globalement de toutes les citoyennes et les citoyens et les acteurs du mouvement social qui aspirent à rendre majoritaire une alternative à la logique du système capitaliste, du libéralisme et des modèles productivistes. Nous leur disons que le Front de Gauche peut être leur outil. Nous affirmons notre disponibilité à des listes larges réunissant des partis qui tout en n'étant pas dans le Front de Gauche, convergent sur cette démarche et ces objectifs.  

Dans ce but,  nous nous adressons aux organisations présentes dans ce groupe de travail pour conclure un accord national.

Nous avons déjà des acquis. Nous avons dressé un certain nombre de considérants qui nous ont permis de constituer un cadre politique national de discussion commun en vue de vérifier la possibilité d'aller ensemble aux régionales.

La plupart des mouvements réunis ici ont fait des déclarations et des offres politiques.  Nous pensons que le moment est venu de nous prononcer sur des propositions très concrètes à même de constituer les bases de cet accord national :  

·      La constitution de listes au premier tour différentes de celles présentées par le PS et Europe écologie.  

·      Ces listes répondront à trois objectifs indissociables : changer les rapports de force à gauche en faveur de la ligne de transformation sociale, battre la droite et rassembler une majorité autour d’un projet vraiment alternatif à la logique du système qui est en crise aujourd’hui. En particulier autour des mesures que nous pourrions porter ensemble. Elles s’engageront à défendre ce programme dans les futurs conseils régionaux. Elles affirmeront leur volonté de le mettre en œuvre à la tête des régions, partout où nous nous jugerons en situation de le faire. Il doit s’agir d’une politique de rupture cohérente, applicable dans le champ de compétences des régions, changeant réellement la vie des citoyens en donnant la priorité aux besoins sociaux, écologiques et démocratiques contres les logiques capitalistes, libérales et productivistes.

 

·      Nos listes s’engageront, sans ambiguïté, à faire barrage à la droite en se rassemblant avec les autres listes de gauche au 2ème tour à l’exclusion de tout accord avec le Modem. La liste arrivée en tête au 1er tour fusionnant avec les autres listes de gauche et écologique proportionnellement au 1er tour. Nous demanderons le même engagement au PS et à Europe Ecologie.

 

·      Notre volonté est de porter des projets de transformation sociale réelle dans les régions. Si les conditions en sont créées nous pourrons travailler à leur mise en œuvre jusque dans les exécutifs régionaux car la gestion des régions s’envisage  comme un moyen d’atteindre nos objectifs. Notre participation est donc liée aux conditions qui la rendent possible. Il s'agit de la possibilité de mettre en œuvre les points essentiels de notre programme et du rapport de force permettant effectivement de les appliquer. Cette hypothèse exclut toute participation du Modem ou d’une quelconque organisation de droite.

Commentaires

C'est les feux de l'amour ce blog... :P

Écrit par : toto | 29/10/2009

C'est un bon titre. J'hésite !

Écrit par : Gilles | 29/10/2009

j'ai pensé exactement la même chose que toto!

Bon, donc, plus de palabres inutiles, il faut attendre que toutes les belles paroles deivennent ou pas, des actes!

Écrit par : rhizome | 29/10/2009

Ça tient effectivement un peu du miracle, à moins que l’on joue là effectivement une partie de cache-cache. Extrait d’une dépêche AFP. Donc attention aux interprétations du journaliste :

PARIS, 28 octobre 2009 (AFP) - Le Front de gauche (PCF-Parti de gauche-Gauche unitaire) a proposé mercredi aux formations de gauche radicale, dont le NPA, de constituer des listes communes pour le premier tour des régionales avec l'objectif de gérer les exécutifs régionaux avec « les autres listes de gauche », hors MoDem. « Nous affirmons notre disponibilité à des listes larges réunissant des partis qui tout en n'étant pas dans le Front de Gauche, convergent » sur l'idée de « rendre majoritaire une alternative à la logique du système capitaliste, du libéralisme et des modèles productivistes », selon la proposition du Front. Patrice Bessac, porte-parole du PCF, a indiqué à l'AFP que le Front de gauche avait « mis sur la table sa proposition » lors de la quatrième « réunion unitaire » qui s'est tenue au siège du PCF mercredi soir et qu'elle avait reçu un « accueil positif » des Alternatifs et de la Fédération pour une alternative sociale et écologique.

Le NPA qui refuse tout accord de gestion avec le PS et Europe-Ecologie, donnera sa réponse le 10 novembre, au lendemain de son Conseil politique national (parlement). Le 2 novembre, se tiendra également une réunion « technique » entre toutes ces formations, plus axée sur le programme. « Sur la base du Front de gauche, on peut aller vers un mouvement plus large », assure le responsable communiste, mais « on ne va pas repartir dans une discussion de 10 ans ». « La déclaration du Front de gauche est plutôt positive », a dit à l'AFP Sandra Demarcq, membre du comité exécutif du NPA. « C'est une avancée qui rouvre les discussions » même « s'il y a des choses à préciser » notamment sur les « conditions pour ne pas aller dans les exécutifs », a-t-elle ajouté, saluant le fait que le Parti de gauche « avait vraiment envie que le NPA soit de la campagne ».

Écrit par : Gilles | 29/10/2009

Les discussions entre les différents tenants de la gauche radicale, ce n'est pas "les feux de l'amour" ; c'est le résultat de discussions non seulements entre directions d'appareils, mais aussi de discussions entre la base et les directions de chaque organsiation.

Comme je le répète depuis longtemps pour mon propre parti (le PCF), il n'est pas monolithique sur la question. Certains penchent pour une alliance avec le PS au 1er tour, d'autres pour la reconduction du FdG sans plus, d'autres pour aller avec le NPA.
Visiblement, les tenants de l'alliance avec le PS ont perdu une bataille importante avec la décision du CN du PCF. (néanmoins, chaque région étant souveraine, la bataille ser rejouera localement dans chaque région).
Maintenant, on passe à la deuxième phase : reconduction du FdG ou alliance avec le NPA. Là encore, il y'a une lutte d'influence entre différentes visions. Mais dans cette seconde lutte d'influence, la nécessité de préserver les élus PCF joue différement.
Avec un FdG simple, le PCF n'est pas assuré de dépassé les 5% dans un certain nombre de régions. Donc, une foix exclu l'option PS, la meilleure façon de sauver les élus régionaux de ces régions là, c'est d'avoir l'apport des voix du NPA qui garantit de dépasser les 5% et permet même de rêver aux 10%... Ce qui fera élire entre autres des élus PCF (mais pas que...)

Donc, une fois exclu l'option PS, la "logique d'appareil" du PCF tend à favoriser ce qui lui assurera le plus d'élu : l'alliance avec le NPA.

Cela explique peut-être cet amorce de revirement que je n'osais trop espérer... Du moins, c'est la réflexion que je me faisais depuis dimanche soir et qui semble validée.

Écrit par : Laurent MELY | 29/10/2009

Pas toujours facile de tirer l'essentiel des déclarations volontairement à multiples interprétations possible

Avant cette réunion et suite à l'offre "nationale" du PC avalisée par le PG, c'était chaque région peut faire alliance avec le PS au 1er tour, dans le cas contraire ce sera une liste FDG élargie à des personnalités.
Et dans les 2 cas participation aux exécutifs PS/Verts.
Donc exit le NPA

Aujourd'hui, l'offre "nationale du PC demeure, donc des listes PC/PS sont possibles

Par contre dans les autres cas, l'intitulé FDG devrait s'effacer pour faire place à des listes unitaires regroupant toutes les organisations de la gauche de la gauche. Et la participation aux exécutifs seraient seraient liées aux conditions qui la rende possible (terme flou de la déclaration du FDG).

Ainsi, dans certaines régions des "listes unitaires" se présenteront contre des listes PC/PS au 1er tour.

La seule avancée est donc que le FDG "autorise" que des listes unitaires se constituent au delà des 3 partis qui la composent. De toutes les façons c'est ce qui se serait passé dans le cas de listes PC/PS au 1er tour, et qui aurait pour effet de laisser le PG au bord de la route.

Ceci dit c'est nationalement qu'il faut présenter des listes unitaires au 1er tour, sans dépendre des choix des fédérations PC de se présenter ou non avec le PS au premier tour.

L'offre "nationale " du PC signait de fait la mort du FDG comme coalition nationale, et par la même un affaiblissement du PG.
Et c'est bien pour atténuer cette conséquence que le "FDG" est autorisé à se muer en liste unitaire chaque fois que le PC/PS feront liste commune au 1er tour.

Écrit par : VERGNES | 29/10/2009

Apparemment a joué aussi la position du PG reliée par la Fédération et les Alternatifs qui ne voulaient pas y aller sans le NPA. En revanche la Gauche unitaire (Picquet) a soutenu les positions plus intransigeantes du PC. C’est C.S. qui le dit.

Écrit par : Gilles | 29/10/2009

@ Laurent

Ton analyse est à la fois lucide et tristement réaliste.
Le choix des alliances du PCF ne seraient que la volonté de préserver au mieux l'appareil et ses élus.

Et le projet et la cohérence politique dans tout cela?

Écrit par : VERGNES | 29/10/2009

Ce serait alors une alliance de raison.
Mais il faudrait encore une texte commun signé par tous.

Écrit par : Gilles | 29/10/2009

Pas de front commun entre le NPA et le PCF aux régionales
AFP

Aucun accord n'a pu être conclu entre le NPA et le PCF pour une alliance aux Régionales.

Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF, vient de déclarer que le débat sur un éventuel accord au premier tour des régionales avec le NPA était "tranché".

Il n'y aura pas d'union de la gauche radicale au 1er tour des Régionales. La secrétaire nationale du PCF Marie-George Buffet a déclaré jeudi à la Réunion que le débat sur la stratégie des régionales était "tranché", constatant que "l'objectif du NPA ne correspond pas" à celui de son parti.

Elle a signalé que son parti a "appelé à un Front de gauche le plus large possible" auquel certains "partis ont répondu", citant le Parti de gauche, la Gauche unitaire et République et Socialisme (mouvement issu du Mouvement Républicain et Citoyen de Jean-Pierre Chevènement).

"J'espère que d'autres suivront" a-t-elle ajouté, lors d'un point-presse au Conseil régional de la Réunion où elle a rencontré le président Paul Vergès (Parti Communiste Réunionnais).

Interrogé sur la position du NPA à qui le Front de gauche a proposé mercredi de constituer des listes communes au 1er tour, elle a déclaré ne "pas avoir eu des nouvelles de cette réunion".

"L'objectif du NPA ne correspond pas" à celui du PCF

Le parti d'Olivier Besancenot, qui refuse tout accord de gestion des exécutifs avec le PS et Europe-Ecologie contrairement au Front de gauche, doit donner sa réponse le 10 novembre, deux jours après son Conseil politique national (parlement). Le NPA a indiqué mercredi que la proposition du Front de gauche constituait une "avancée qui rouvre les discussions".

Mais, explique Marie-Georges Buffet, "les interviews que j'ai lues me laissent à penser que l'objectif des dirigeants du NPA qui est de construire la meilleure opposition à gauche ne correspond pas à notre objectif à nous, qui est de construire la meilleure majorité possible". "C'est quand même une ambition un peu différente" a-t-elle ajouté.

La visite de la délégation du PCF à la Réunion s'inscrit "dans le cadre des échanges entre les deux partis" a dit le secrétaire général du PCR Elie Hoarau. Ex-fédération du PCF, le PCR a pris son indépendance en 1959 lors de sa création par Paul Vergès. Au Sénat, à l'Assemblée nationale et au Parlement européen, les parlementaires du PCR siègent toutefois dans le même groupe que le PCF.

BON on fait quoi maintenant ? Si ce communiqué s'avére exact

Écrit par : VERGNES | 29/10/2009

Compte-rendu de la réunion unitaire du 28 octobre 2009 par la délégation du NPA

La réunion a débuté par la présentation d’une déclaration du Front de gauche. Elle a de fait constitué la base de discussion de la soirée, mettant de côté l’offre politique du PC et notre proposition alternative. De fait, elle rouvrait la discussion.

Cette déclaration constitue à différents égards un élément nouveau et que nous avons apprécié positivement :
- elle acte le fait que le cadre unitaire ne pourra être le Front de gauche malgré l’insistance du PC sur la nécessité « de l’élargissement du Front de gauche »
- elle ne met plus de conditions de réalisation à un accord national
- elle affirme deux fois l’existence de conditions (à déterminer) pour participer aux exécutifs

L’ensemble des forces présentes, hors du Front de gauche, ont fait le même constat : le texte comporte à la fois des avancées par rapport au texte adopté par le CN du PCF et des points à préciser, notamment sur la nature des conditions de participation aux exécutifs. De ce fait, la discussion s’est finalement recentrée sur les points essentiels, notamment la nécessité de discuter au plus vite des contenus. La réunion du 2 novembre sera la première sur ce sujet.
Le contenu de cette réunion est le résultat d’un compromis : les différentes composantes du FdG voulaient la reporter à après notre CPN, nous voulions la maintenir pour commencer à définir les grandes lignes du programme. Les autres composantes étant d’accord avec nous, il y a eu un compromis sur la tenue d’une réunion exploratoire sur le contenu et le programme.
Le refus du FdG à engager cette discussion avant que ne soit ou pas accepté ce qu’ils appellent la stratégie, c'est-à-dire l’objectif d’aboutir à des majorités de toute la gauche, souligne leur contradiction. Ils parlent de programme de rupture mais voudraient le défendre avec des forces explicitement libérales, le PS et les Verts.
C’est ce sur quoi il nous faut porter la discussion, le lien entre les alliances et le programme. Ce programme ne peut pas être que régional et « applicable dans le champ de compétence des régions » comme il est écrit dans la déclaration du FdeG. De fait, dans la discussion le F de G place la recherche de majorité de toute la gauche avant la question du programme. Nous discutons, nous des alliances en fonction du programme, des exigences des classes populaires face à la crise comme cela était dit dans la première déclaration commune.

Écrit par : Gilles | 29/10/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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