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27/10/2009

Faut-il sauver le PC, pour sauver le PS, pour sauver la gauche ?!

La presse est unanime (Le Monde, Libération, Marianne, etc.) : « L’intransigeance du NPA » vis-à-vis du PC est en train de casser le processus unitaire enclenché depuis un mois. Je m’interroge. Depuis un mois la presse et les médias en général n’ont pipé mot de ce processus unitaire (3 rencontres, la prochaine le 28 octobre). Le PCF fait samedi une offre qui va à l’encontre de tout ce qui avait été acté par tous les partenaires (sauf le PCF) depuis un mois et c’est le NPA qui, soudainement, se retrouve en position d’empêcheur de se rassembler en rond.

 

Comprenne qui pourra. Après enquête, on (c’est-à-dire des journalistes) me dit que le NPA a fait parvenir un communiqué entre temps à la presse « qui revient largement en arrière par rapport au texte négocié lors de la dernière réunion. En reprenant notamment son argumentation sur les deux gauches et en tapant sur le PCF de manière pas très habile. » En d’autres termes, « la direction du NPA aurait recadré ses mandataires pour éviter tout accord avec le PCF. » Cela dit, les mêmes sources disent avoir eu ces confidences de la part du PG et de la GU, donc des « partenaires » du PC. De telles sources sont-elles fiables ?

 

Je ne dis pas cependant que c’est impossible mais la dernière déclaration du NPA date du 22 octobre (il y en a une nouvelle aujourd’hui) ne dit rien qui pourrait-être interprété dans ce sens : « La gauche d'adaptation tente de se rassembler, il est temps que la gauche radicale, indépendante de l'orientation du PS, qui refuse l'alliance avec le MODEM comme une nouvelle compromission avec la droite, s'unisse. Qu'elle s'unisse pour favoriser les mobilisations et les résistances, qu'elle s'unisse autour d'un programme de rupture. Qu'elle s'unisse par une stratégie indépendante du PS. C'est la condition de la reconstruction d'un nouveau mouvement émancipateur. » C’est le discours que nous avons toujours tenu et que le PC connait parfaitement. C’est sur cette base que l’unité était en marche.

 

Si le PC nous avait dit dès la fin septembre comme ils nous disent aujourd’hui : « nous voulons constituer au second tour avec le PS et les Verts des majorités de gestion », nous aurions dit non et tous les autres également. Mais il ne l’a pas dit. Il ne l’a pas fait parce qu’il savait que c’était irrecevable. Pourquoi le fait-il aujourd’hui ? Parce qu’il n’a pas d’autre solution s’il veut préserver son capital d’élus, non seulement aux régionales mais partout où il fait cause commune avec le PS : au parlement, dans les conseils régionaux, dans les municipalités.

 

En vérité le PC tente une nouvelle fois de faire ce qu’il avait déjà fait en 2007 : s’emparer des voix « protestataires » à gauche. Bilan pour la candidate Buffet en 2007 : un peu plus de 1 % des voix. En 2009 aux européennes, même opération mais cette fois avec le PG et la Gauche unitaire, avec un peu plus de succès. Mais lors de ces deux premières tentatives pour stopper son déclin irréversible, l’opération du PC avait largement été facilitée par l’attitude du NPA. Plus rien de cela en cette fin d’année. Le NPA ayant enfin compris qu’il était perdant à ce petit jeu de bras de fer, que c’était même l’avenir de cette « gauche anticapitaliste et antilibérale » qui était en jeu.

 

Or, face à l’« ouverture » du NPA – que tout le monde à la gauche du PS a enregistré avec satisfaction – le PC n’a, depuis un mois, cessé de trainer les pieds et prit le pouls de sa base, de ses élus surtout. Il en est ressorti que pour la plupart d’entre eux « s’émanciper du PS » (pour reprendre un titre de Libé) s’était leur fin annoncée à plus ou moins brève échéance, de leurs statuts, revenus et rentes diverses. On peut les comprendre. Mais c’est leur problème et pas le nôtre et surtout pas celui de tout ce qui compte à la gauche du PS : militants et électeurs, c’est-dire quelque millions d’hommes et de femmes.

 

Un peu comme Lutte ouvrière qui aux dernières municipales est allée se ranger sous la bannière du PS pour « ne pas démoraliser la classe ouvrière », le PC aujourd’hui nous invite à participer avec lui au « sauvetage de la gauche ». En d’autres termes : sauvez-nous du naufrage, pour sauvez le PS, pour sauvez la gauche ! Ce qui est exactement ce que fait le PCF depuis 1981. Mais le pire c’est qu’il veut nous obliger cette fois (car telle est cette fameuse offre des « communistes ») à le suivre dans cette descente aux enfers, exactement comme l’a fait le parti communiste italien. Alors sommes-nous sectaires parce que nous refusons de rallier le programme du PS au second tour ? Sommes-nous sectaires d’exiger le respect du  programme sur lequel nous auront été élus ? Sommes-nous sectaires de vouloir « être libre de nos votes » ?

 

Ci-joint la proposition que le NPA fera demain à tous les partenaires situés à la gauche du PS, PC, PG et Gauche unitaire compris.

Commentaires

Personne, évidemment, ne comprend rien à vos histoires entre NPA, Alternatifs (c'est quoi, ce trucs ?), néo-anars, post-enragés, Mélanchon et Buffet, mais à vrai dire tout le monde s'en fout. En revanche, chacun voit bien que Sarkozy, une forme de droite inédite dans ce pays, semble installé pour très longtemps, que la situation est plus que glauque (et encore je modère mon expression) et que si la gauche - la non-droite, si l'expression vous semble meilleure - perd ne serait-ce qu'une région, ce sera pour l'UMP une immense victoire et pour tout ce qui tente de résister à l'UMP une énorme défaite.

Pendant ce temps-là, vous en êtes à jouer à vos petits jeux d'alliances et de pouvoir et à vous demander qui a la pureté doctrinale la plus pure et l'anticapitalisme le plus radical et le moins d'intentions mauvaises ls intentions mauvaises, c'est les autres, bien sûr), etc. : ce serait risible si ce n'était si angoissant de voir des gens précipiter ainsi, en pleine retraite, la bataille en défaite assurée.

La logique sectaire et groupusculaire est certes fascinante, mais aussi parfaitement désespérante.

Écrit par : Alain | 27/10/2009

C'est vrai que « vu de loin » toutes ces histoires semblent dérisoires, et contrairement à ce que peut penser un toto, la grande majorité des gens n'y comprennent rien à toutes ces arguties de spécialistes. La seule chose qu'ils comprendront au « 20 heures », c'est le nombre de régions qu'aura gagné la droite (avec ou sans PS), et on verra les Frédéric Lefevre, les Coppé et autres Xavier Bertrand, venir fanfaronner et nous annoncer que les réformes vont enfin pouvoir se faire... Et le peuple, qu'il soit de gauche radicale, orthodoxe, ou libérale, s'en prendra encore un coup derrière la nuque. Et là, inutile d'attendre que les luttes se généralisent ni qu'elles s'amplifient.

Écrit par : Michel | 27/10/2009

C'est vrai aussi qu'avec un tel raisonnement on comprend pourquoi Sarko a gagné. « Travailler plus pour gagner » a été interprété comme une solution immédiate. Ils en sont revenus (plus de 55 % trouvent son bilan négatif). L’offre du PC est du même tonneau : faisons pression sur le PS pour qu’il change de politique. Sauf que là aussi, les électeurs ont un peu de mémoire. Alors certes le militant communiste est suiviste mais pas l’électeur. Quand il n’y a pas d’offre, il s’abstient. Nous (le NPA) avons accumulé les conneries depuis 2007. Nous avons rectifié depuis quelques semaines. J’ai pu le constater dans toutes les réunions unitaires où j’ai été, nous sommes compris. Ça reste pour l’instant dans le cercle étroit de la militance. Il faut rapidement le faire savoir publiquement et là il y a un sacré handicap à remonter.

Écrit par : Gilles | 27/10/2009

Gilles, sauf votre respect, je me contrefous de savoir qui a raison et qui a tort dans ces ineptes confrontations entre groupuscules de la défunte extrême-gauche. Et je ne vois pas en quoi mon raisonnement a été de ceux qui ont aidé Sarkozy à gagner, et même plutôt au contraire.

Il faudrait quand même que vous compreniez que nous sommes dans une situation inédite, et que les grilles de lecture d'il y a deux ou trois ans ne peuvent plus avoir cours. L'électeur, quoi que vous en disiez, fait son marché en fonction de *sa* demande : il n'est pas suiviste, toutes les études le montrent, il s'adapte à une offre mouvante et par nature insatisfaisante.

Quand à savoir qui suit qui, je connais des gens qui, écoeurés par le sectarisme du NPA, dégoûtés par le néo-libéralisme d'Europe Écologie, effondérs par l'arrogance du PG, ont voté Modem... Parce que oui, si Bayrou est pathétique et évidemment pro-libéral, Corinne Lepage, elle, est nettement plus à gauche que Besancenot, ses propositions sont plus fertiles, sa compréhension de l'état des choses ouvre vraiment sur un avenir nouveau. Psmoi, hein ? Moi j'ai voté pour les bouffons du PG.

Pour reprendre ce que dit Michel, mais en un peu plus radical : allons-nous leur laisser le champ libre ? les laisserons-nous gagner ? parce qu'à ce train-là, ils vont gagner, c'est forcé. Politiquement, ils ont gagné aux élections européennes avec 38 % des suffrages exprimés : personne ne se souvient de ça ? Il faut sortir de sa bulle, parfois...

Pardon d'avoir été un peu long, mais parfois on a comme une forme de lassitude et un grand désespoir...

Écrit par : Alain | 27/10/2009

@Albert
« Je connais des gens qui ont voté MoDem ». Entre 2007 et 2009, le dit MoDem a perdu en gros 10 points. Dépassera-t-il les 5 % en 2010 ? Etc.
Alors oui, c’est vrai que l’électorat (et le bon peuple) est déboussolé : les querelles internes du PS, sa lourde défaite et l’abandon en plein naufrage de son chef en 2002 ; les rodomontades de Besancenot appelant à la grève générale début 2009 et aux urnes six mois après ; Mélenchon qui dit blanc un jour et noir le lendemain ; Buffet (1% en 2007) qui veut construire des majorités de gestion avec le PS sur des bases anticapitalistes et antilibérales… tout cela c’est à la limite de la compétence.
Mais ce n’est pas « une situation inédite », c’est la décomposition de la gauche dans toute sa splendeur. C’est je crois ce que le NPA n’a pas encore compris. Notre camarade toto, ici présent, est très représentatif de cet état d’esprit. Mais désolé, il n’est pas le seul. Quand Michel croit voir dans l’offre du PC comme une ouverture, lui aussi s’auto enfume. Le dirigeant du PC de la Charente-Maritime a essayé de nous expliqué hier pourquoi il fallait construire une majorité de gauche avec le PS. De son bilan à la région il n’a su que nous sortir une petite réforme dans la formation professionnelle concernant en gros 10 % des gens qui la sollicitent. Ce n’est pas beaucoup a-t-il dit, mais c’est mieux que rien. On lui a dit bravo ! Mais comment allez-vous vous y prendre pour avoir plus ?
Alors que faire ? Comme disait l’autre. Est-ce que Mélenchon et Picquet dans un exécutif ça va changer quelque chose au problème ? Mélenchon sera-t-il plus écouté que lorsqu’il était minoritaire au PS. Car là encore il sera minoritaire.
Nous ne disons rien d’autres. Nous voulons gouverner mais pas avec le programme du PS, flanqué de celui de Cohn-Bendit ou de Lepage, pas avec leur méthode de notables.
Il y a trois semaines j’ai rencontré le PG. Ils nous ont dit discutons du programme. Là nous sommes d’accord. Mais maintenant ils nous disent, oui mais il ne faudrait pas que ce programme empêche l’unité de la gauche au second tour avec le PS. Car c’est cela l’offre du PC. Rien d’autres. Alors nous verrons qui va suivre le PC dans les jours prochains. Je ne crois pas que c'est gagné.

Écrit par : Gilles | 27/10/2009

@ Michel

Si j'ai bien compris ton post: Le seul mot d'ordre possible c'est tout sauf Sarkosy.

Bon ben voilà, c'est pas la peine de discuter plus, contentons-nous d'attendre patiemment l'élection et de mettre un bulletin de vote qui ne soit pas de droite.

C'est pas compliqué la politique, même un abstentionniste peut s'y mettre.

Écrit par : VERGNES | 27/10/2009

Voici un exemple très concret du discours PC.

Ce jour dans l’Huma
“Pour le NPA, l’offre du PCF n’est « pas une offre indépendante de la direction du PS puisque est mis comme condition que des majorités régionales de gestion doivent être constituées avec le PS ». Le parti d’Olivier Besancenot confirme donc qu’il ne veut pas de majorités de gauche dans les régions.”

Et voila le NPA est accusé de ne pas vouloir que la gauche gagne dans les régions….et donc que la droite gagne.

Voilà la réalité du discours que le PC distille, comme au bon vieux temps du stalinisme. Et dire que JLM s’enthousiasme de l’ offre du PC.

Écrit par : VERGNES | 27/10/2009

Tout ceux et toutes celles qui veulent uniquement battre la droite à tout prix ont bien sur raison, mais s'allier au Ps veux dire, privatisation, signatures des traités européens allant contre les acquis sociaux etc...

Autant voter à droite!

Camarades militants et sympathisants de la vraie gauche, ne tombez pas dans le piège de la propagande faite par les dirigeant du PC accusant le NPA de sectaires d'aide à la droite etc...

Aux régionales votez pour un des partis de la vraie gauche.

Écrit par : montfre | 28/10/2009

"contrairement à ce que peut penser un toto, la grande majorité des gens n'y comprennent rien à toutes ces arguties de spécialistes." (Michel)

Contrairement? Conformément tu veux dire. Ca fait une plombe que je vous dis de sortir de votre microcosme G de G, et de vous rendre compte que l'immense majorité de la population S'EN FOUT COMME DE L'AN 40 DE VOS HISTOIRES!!!

Ce que la population attend, c'est comment on fait concrètement pour faire face à la crise, pour résister, sauver son emploi ou en trouver un, finir les fins de mois, ne pas succomber aux conditions de travail inhumaines, etc.
Et là, c'est pas un bulletin dans l'urne, d'autant plus aux régionales, qui apportera la réponse. Vous le savez aussi bien que moi.

Écrit par : toto | 28/10/2009

On s'en fout et on ne s'en fout pas. De l'extérieur c'est la stratégie du discrédit qui l'emporte toujours.
C'est pas à cause du NPA qu'on a rien à attendre de la gauche au pouvoir dans ce pays. C'est à cause du PS et du PC qui vivent toujours sur les ruines de ce qu'a été leur passage au pouvoir entre 81 et 95. Mais ça c'est de l'Histoire et il va falloir attendre encore quelques décennies pour que ça saute aux yeux de tous.
En attendant quand tu vois l'excellente émission "La mis à mort du travail" sur FR3, tu comprends bien le genre de compromission qui traverse la société de haut en bas. Une mort lente... Mais ceux comme les Conti ou les Philips qui ont traversé le miroir, ils ont goûté à nouveau à la dignité et ils ne reviendront pas en arrière. Alors oui il reste de l'espoir. Mais sincèrement il n'est pas dans la skizophrénie et les tiraillements d'un PS ou d'un PCF pour garder leurs places. Il est ailleurs, il est dans le fait que les gens retrouvent leur dignité et se lèvent.

Écrit par : Agnès | 28/10/2009

Le seul mot d'ordre n'est pas : « Tout sauf Sarkozy », mais : « construisons un vrai mouvement anticapitaliste » sur des bases compréhensibles par tous. Et là mes critiques s'adressent à tous ceux qui mettent des bâtons dans les roues, qui critiquent ce que font les autres, qui s'arrêtent aux détails qui divisent, et qui ne voient pas ce qui nous rassemble. Le PC est sur le fil du razoir, et peut basculer aussi bien d'un côté que de l'autre. Ne le poussons pas dans le mauvais sens.

Avez-vous lu le manifeste du PG pour les régionales ? J'attends de voir celui du NPA. Car ne nous y trompons pas, ce que les gens attendent c'est de voir ce que nous allons faire dans les régions. Un programme pour gouverner. Des projets, des moyens, des solutions. Ensuite, ils jugeront sur ce qui a été fait. Tout ce qui a été fait jusqu'à présent n'est pas tout noir. Certaines régions ont organisé la gratuité des livres scolaires, d'autres, c'est le transport, d'autres, c'est la formation, etc... On peut encore faire mieux. Ce n'est pas « Tout ou rien », car là, on ne nous comprendrait pas !

Le NPA n'a pas voulu participer aux ateliers du PC parce qu'il n'en a rien à foutre des régions. La seule chose qui l'intéresse c'est de faire un score pour montrer qu'il est le meilleur, et à fortiori, qu'il a raison. Il n'a même pas de programme à part quelques idées générales pour dire ce qu'il faudrait faire. Mais jamais il ne dit « comment ».

Écrit par : Michel | 28/10/2009

Là, on atteint les limites de l'alternance politique. On atteint les limites de l'adéquation entre l'idéologie dominante et le système social dans lesquels on est empêtrés.

Personnellement non plus, je ne peux pas adhérer au Tout Sauf Sarko. Je peux pas voter Bayrou ou Villepin pour sauver, qui, quoi? la gauche? Moi aussi, j'ai des amis qui ont voté Bayrou aux présidentielles alors qu'ils sont généralement d'extrême-gauche. C'était pas si con que ça: pour faire barrage à Sarkozy, il fallait la moitié des électeurs. Or la moitié se situe au centre: les voix PS et gauche du PS se seraient reportés vers le "moins pire".

En attendant, là, on parle de recompositions de forces politiques. Et en suivant le schéma selon lequel le NPA est intransigent, et qu'il doit rejoindre la gauche, unie avec le centre, on prend le risque, et c'est pas qu'un risque, c'est un suicide politique, de se retrouver avec un fonctionnement à l'américaine: démocrates et républicains, socialistes droitiers et ump encore plus droitiers.
Bref, la mascarade de l'alternance, l'immobilisme et l'absence de perspective de changement. Et ça, à long-terme.
On se soumet à l'idéologie dominante et on admet que le système actuel est bon, et on va le rafistoler.
L'idée même de progressisme disparaît, il s'agit juste d'empêcher Sarkozy de faire empirer les choses.
Bref, l'Italie.
Tout optimisme est donc proscrit. Le système est condamné, mais il faut l'user jusqu'à la corde.

Vous connaissez l'histoire du général qui dit à ses troupes qui sont au bord de la falaise, doigts de pied dans le vide: "Aujourd'hui, nous allons faire un grand pas en avant".

Écrit par : rhizome | 28/10/2009

C’est drôle quand même. En quelque mois voilà nos camarades de la GU, qui pour certains ont prôné la « révolution » pendant 40 ans, nous faire à nous le coup du « tout n’est pas noir », « de bonnes choses se font dans les régions », etc. Les communistes nous chantent cette chansonnette depuis 1945 et les socialistes depuis 1914. Mais je pourrais en dire autant de toutes les républiques (de la 1ère à la 5e) ; de l’Etat ; de de Gaulle évidemment et pourquoi pas de Staline … Il paraît même (je n’ai pas vu le téléfilm hier soir) que chez Pierre Laval « tout n’était pas noir ».

« Le NPA n'a pas voulu participer aux ateliers du PC parce qu'il n'en a rien à foutre des régions. » Fait attention Michel, tu dérapes.

Écrit par : Gilles | 28/10/2009

Gilles, il est vrai que le communiqué du NPA du 22 octobre, tel que lu sur ton propre site, contient quelques phrases qui - à mes yeux - sont en retrait par rapport au texte négocié à la dernière réunion. Je cite :

"il faut enregistrer qu’existent deux gauches dotées de programmes ontradictoires qui interdisent de gérer ensemble les régions." me semble un "recul" par rapport à la phrase : " aucune des forces du groupe de travail ne dit « jamais par principe », aucune ne dit « toujours ». "

Quant à la phrase : "des obstacles subsistent en particulier parce que la direction du PCF se situe dans une perspective de reconduction d’une politique d’union de la gauche", c'est quand même une manière de tapper sur le PCF.
Même si je t'accorde que le PCF fait des phrases du même tonneau : "Le NPA quant à lui persiste à refuser la nécessité de travailler à des majorités de gauche.
"

Maintenant, et pour reprendre la discussion, il y'a un vrai débat de fond derrière, qui ne me semble pas encore clairement tranché au NPA. Un débat de fond -n'en déplaise à Alain, Michel et autres qui va au delà de petites divergeances entre groupuscule.
La gauche anticapitaliste doit-elle se présenter aux élections dans le but d'y obtenir des responsabilités, être en mesure d'exercer un pouvoir au sein même du système capitaliste ?
Il y'a les arguments contre : au sein du capitalisme, il faudra forcément "faire avec" le système capitaliste, et donc accepter des compromis et des comprommision.
Il y'a les argumetns pour : c'est en faisant la démonstration concrète de la pertinence de nos idées qu'on convaincra la population.
C'est LA divergeance de fond entre le NPA et le PCF, et c'est ce qui explique que ça achoppe aujourd'hui sur la seule chose qui nous divise vraiment.

Et en tant que membre du PCF, j'assume pleinement l'orientation "gestionaire" ou "de gouvernement" de mon parti. C'est même la raison principale pour laquelle je suis au PCF et pas au NPA, plus que des "détails" comme le nucléaire par exemple.
J'y mettrais un bémol, ce doit être "sous condition", c'est à dire à la condition d'être en mesure d'appliquer nos idées, pas de suivre celles de la social-démocratie.

D'où la nécessité, je crois, pour les régionales de n'aller aux executifs qu'a une double condition :
1°/ Liberté de vote
2°/ Minorité de bloquage
Ce qui veut dire que si le PS veut faire passer un projet opposé à nos convictions, on votera contre. Ensuite, si le projet passe avec les voix de la droite, je pense qu'on pourra expliquer à nos électeurs que le PS cogère avec la droite et que nous ne sommes pas responsable de ce bilan là.

PS : Je reconnais que cette opinion n'est pas encore fermement établie dans mon parti. Mais bon, toutes les décisions ne se prennent plus d'en haut au PCF, donc on y travaille...

Écrit par : Laurent MELY | 28/10/2009

S'il ne faut plus « taper » sur le PC, où va-t-on. Lui, il ne se gêne pas pour taper sur le NPA. Et moi je tape sur les deux à la fois et, crois moi, je n’épargne personne. Si ton « pôvre » chou de PC, Laurent, ne supporte même plus les critiques, je te plaints.

Quelle fonction avait ce « communiqué » du 22 ». Il paraît que c’était pour qu’il paraisse dans la presse qui, évidemment l’a refusé. Ce qui est normal. Quand on veut faire paraître quelque chose on s’y prend autrement ; on écrit pour être lu ; on évite le jargon… Idem l’interview hier de Besancenot. En plein négociation et ce ton quasi « professoral ». J’en ai ma claque de Besancenot !

Écrit par : Gilles | 28/10/2009

Laurent je confirme ce que dit Gilles. j'irai même plus loin d'habitude il est beaucoup beaucoup plus sévère avec le NPA qu'avec tout autre.
Mais pour une fois, il modère ses critiques envers le NPA. Il faut dire que là les ficelles "électoralistes" du PCF, elles se voient de loin...
Il y a quand même suffisamment de choses à construire ou reconstruire pour donner du boulot à des élus de gauche. Evidemment si on y va pour retaper tout comme avant c'est sûr qu'il vaut mieux rester chez soi... Conformistes voilà ce qu'on devient quand on fait que calculer, calculer, calculer...

Écrit par : Agnès | 28/10/2009

Que peut-on espérer de ces élus du PC (députés, sénateurs, maires…) qui sont « aux affaires » depuis vingt ou trente ans, qui cumulent et qui ont fait toute leur carrière dans la politique ? Rien. En revanche je ne désespère pas de ses militants.

Je vais être mauvaise langue mais on peut imaginer que le départ de Mélenchon du PS qui précède la création du Front de gauche n’a pas été le produit du hasard. Y a-t-il eu entente préalable ? C’est fort possible. Et pourquoi pas, ça n’a rien d’honteux. Ainsi, en 2008-2009, trois composantes historiques à bout de souffle du « mouvement ouvrier » (la social-démocratie, le « communisme » d’origine stalinienne et le trotskisme) tentent leur dernier coup de bluff. Mais ce n’est finalement qu’un changement de peau. Les vieux réflexes sont toujours là ; les vieilles analyses aussi. Il faudrait dépasser tout cela pour créer une dynamique ; remettre à plat les « programmes » ; faire les bilans ; accepter les uns comme les autres une responsabilité partagée dans la « décomposition » de la gauche. Taper sur le PS, c’est facile ; prendre prétexte du MoDem, encore plus. Je dis à ces trois « courants » : « regardez-vous en face ! » Mais non, chacun poursuit sa route : Buffet nous refait le coup de « l’union de la gauche » ; Besancenot celui de la « rupture » ; et Mélenchon, éternel social-démocrate qui doit peser électoralement dans les 1 à 2 %, explique qu’il est prêt à gouverner.

Écrit par : Gilles | 28/10/2009

Ça c'est du brutal !...., pour parodier Michel Audiard.
Simplement, ce qui se passe en Normandie concernant le PCF, c'est que ce ne seront pas les mêmes qui seront sur les listes. Les « anciens » ont déjà été remerciés, en commençant par le secrétaire fédéral... Alors, moi, je crois au sang neuf, ce sont des jeunes, comme Laurent, qui ont un langage qui me plaît. C'est comme Mélenchon, vous pouvez toujours le fustiger, c'est de bon ton, dans les cercles gauchistes. Mais j'ai plus de plaisir à l'écouter lui, que Besancenot...
Et puis effectivement, la ligne de partage n'est-elle pas entre ceux qui veulent gérer, et ceux qui ne veulent pas ?

Écrit par : Michel | 28/10/2009

Ce n’est pas parce que je pense qu’il n’y a qu’une alternative, celle du rassemblement, avant qu’il ne soit trop tard, que je ne vais m’astreindre à ne pas critiquer. Mais je ne pense pas que l’important soit de déterminer où est la « claire ligne de partage ». Ça c’est la « ligne majoritaire » du NPA. Qu’en sait-elle ? Elle n’est sûrement pas entre ceux qui veulent gérer et ceux qui ne le veulent pas. C’est une façon assez simpliste de présenter les choses. Elle serait plutôt entre ceux qui veulent gérer comme ils l’on fait jusqu’ici, et ceux qui voudraient rompre précisément avec ça. Et je te pose la question : penses-tu une seule seconde que tu vas pouvoir rompre en t’associant avec le PS ? En 1981 le PC pesait encore autour de 15 %. Quand le gouvernement à changer du tout au tout de politique, qu’a fait le PC ? Les ministres communistes ont-ils démissionné ? Je suis désolé d’avoir à répéter tout ça.

Écrit par : Gilles | 28/10/2009

Entre 1981 et maintenant, il a un monde.... Le PC a changé, le PS aussi !...

Souviens-toi, c'était l'époque du Mitterandisme triomphant. Le PS était omni-dominant. Qu'est-il aujourdhui ? Il rase les murs et est la risée de tout le monde. Il se prend veste sur veste, et s'il survit encore, c'est uniquement parce qu'il n'y a, à gauche, aucune force capable de le supplanter.

Quand au PC, il était englué dans la gauche plurielle, dont il a fait le bilan à ses dépends. Il sait très bien que son déclin est en grande partie dû à son allégeance au PS. Ses dirigeants de l'époque s'appelaient Georges Marchais et Robert Hue. Le bilan globalement positif en Union Soviétique pour l'un, la main tendue à la droite pour l'autre.... Aujourd'hui, c'est une nouvelle génération qui est aux leviers, même s'il subsiste ici ou là quelques vieux grognards rescapés du stalinisme.

De plus, là, le PC est dans un carcan qui ne lui laisse pas les mains trop libres. Pour l'instant c'est le Front de Gauche, et plus tard, si tout se passe bien, ce sera une coalition encore plus large et plus contraignante.

Et qui te parle de s'associer avec le PS ? Etre dans un éxécutif ne signifie pas fermer les yeux sur la gestion. Bien au contraire. Etre dedans pour mieux contrôler ce qu'il s'y passe. Mais bien entendu tout est question de rapport de force. Si on est à 5 %, on ne sera même pas dans les éxécutifs ! Là où ce sera intéressant, c'est si on les talonne de près.

Écrit par : Michel | 29/10/2009

Le PS n'était pas omni-dominant en 81. Le PCF était au contraire très fort. Aujourd'hui il n'est plus rien.

Écrit par : toto | 29/10/2009

« Le PC a changé » (Michel)

Il s’est un peu plus « social-démocratisé » c’est certain. Mais sur le fond, les accents protestataires et « révolutionnaristes » du PC dans les années 50-60, c’étaient déjà de la poudre aux yeux.

Le PS qui « rase les murs » !? Combien Buffet en 2007 ? Combien Royal ? Vous êtes en pleine perte de conscience. Le PS quels que soient les aléas de telle ou telle élection reste le parti dominant, hélas, à « gauche ». Et les élus du PC le savent très bien. Sans le PS, combien y aurait-il d’élus en moins au PC ? 50 %, 60 % en moins,plus peut-être.

En Poitou-Charentes, le PC annonce 2.500 adhérents. Mais où sont-ils ? Je ne les vois pas.

Écrit par : Gilles | 29/10/2009

Il ne s'agit pas sauver telle ou telle boutique mais de présenter des listes unitaires au 1er tour... Après, chacun ira où il voudra...

Écrit par : des pas perdus | 29/10/2009

Le 16 octobre les deux représentants du PC à la rencontre unitaire n’ont eu de cesse d’expliquer que « les citoyens n’en avaient rien à faire du 1er tour, tout ce qu'ils voulaient savoir c'est comment nous allions gérer les régions et avec qui ... ».

Pour le PC il s’agit bien de « sauver » la boutique ; or sauver le PC implique de « sauver le PS », et pour faire passer le tout on explique qu’il s’agit de « sauver la gauche ».

Écrit par : Gilles | 29/10/2009

Un dirigeant local du PC il y a deux jours : « En 2007 les New Fabris ont voté Sarkozy ; en 2010 ils voteront Royal. » Conclusion, mais c’est moi qui la tire : allions-nous à Royal dès le 1er tour. C’est ça le PC.

Écrit par : Gilles | 29/10/2009

"Il ne s'agit pas sauver telle ou telle boutique mais de présenter des listes unitaires au 1er tour... Après, chacun ira où il voudra..." (des pas perdus)

=> sauf que ça, ce n'est concrètement pas possible. Pour la simple et bonne raison qu'entre les deux tours, il faudra bien négocier avec le PS sur une base : fusion politique ou fusion technique?
Fusion politique, ça signifie programme commun, participation aux exécutifs et engagement à voter le budget
Fusion technique, ça veut dire chacun son programme, pas de solidarité de gestion (indépendance respective des élus)

Sachant que le PS n'acceptera vraisemblablement que les fusions politiques, sauf rapport de force exceptionnel permettant d'imposer des fusions techniques (et donc au minimum unanimité de notre liste pour l'option fusion technique).
En clair, le PCF-PG étant pour la fusion politique et étant donné qu'on aura dit "après, chacun ira où il voudra", ils accepteront la fusion politique avec le PS et le NPA n'aura plus que deux choix possible :
- entrer lui aussi dans les exécutifs, en trahissant son programme ainsi que la confiance de ses sympathisants et militants (peu vraisemblable)
- se retirer en laissant ses places au PCF-PG, qui n'auront alors utilisé le NPA que pour avoir plus de voix et plus de places pour eux-mêmes (mais alors pourquoi faire liste commune si c'est juste pour servir le PCF-PG sans rien en retirer, si ce n'est du discrédit?)

On voit bien que si l'on prend le problème de manière totalement pragmatique, cette option là n'est pas possible et n'a pas de sens. Autant prendre notre carte directement au PCF ou au PG dans ce cas...

Écrit par : toto | 29/10/2009

« Il faut un culot de bronze pour dire que la décision des communistes «confirme» leur allégeance au PS. Le jour où ils décident de faire des listes autonomes au premier tour. » (Mélenchon sur son blog)

Il y a un peu plus d’une semaine, Mélenchon s’en prenait plein la gueule par le PC (communiqué de presse à l’AFP) pour des déclarations qu’il n’avait pas tenues. Le NPA l’avait défendu ; pas tous au NPA il est vrai. J’avais pour ma part pris également sa défense. Mais c’est lui qui se fait aujourd’hui le porte parole de l’offre du PC. Certes, à la lettre le PC explique qu’il va faire des listes autonomes (notez la différence avec « indépendante ») ; qu’il n’y a pas d’accord, comme le dit un peu trop vite le NPA dans une dizaine de régions entre le PS et le PC pour des listes communes ; mais dans ma région la direction régionale du PC n’a pas été capable de nous dire s’ils allaient faire des listes « autonomes » ; et pour ce qui concerne le second tour, ils ont été très clairs : alliance programmatique avec le PS pour gérer la région. Ils n’ont pas évoqué d’autre solution.

Alors qui fait preuve de "culot" ?

Écrit par : Gilles | 29/10/2009

Il paraît que ça s'arrenge au niveau national après le rencontre d'hier soir. Mais je ne dispose que d'informations partielles. J'étudie les textes et je vous en informe.

Écrit par : Gilles | 29/10/2009

Ce qui clive la gauche ce n'est pas les idées ou le manque d'idées, des idées y'en a en pagaille... c'est le courage qui manque pour dire ET faire autrement... Alors c'est vrai que tant qu'on est pas élu, on ne peut pas prouver qu'on a le courage en plus des idées.

Et paf dans tes dents le NPA !

Sarko lui il a une certaine forme de courage... Il a dit qu'il allait changer des choses et il les change le bougre...

Mais les électeurs non plus ils ne sont pas sûrs qu'ils veulent que ça change vraiment.

La preuve ils en ont marre de Sarko...

Ce qui est malheureux c'est qu'à la fin, quand rien ne changera, quand ceux qui seront élus à gauche se prendront pour des "notables" et regarderont de haut ceux qui manifestent pour que quelque chose change, quand tout sera bien verrouillé, l'élu de gauche il ne mettra pas son écharpe tricolore pour aller manifester parce qu'il ne sait pas comment ça serait ressenti par le reste de son électorat. Eh oui c'est bien la démocratie mais c'est anonyme...

Le pékin de base, il se dira RIEN NE CHANGE encore une fois "élections, piège à cons"... à tort ou à raison (parce que peut-être que lui il fait partie de ceux qui ne veulent pas que ça change vraiment) mais de toute façon il y aura encore moins de gens pour aller déposer son bulletin dans l'urne la prochaine fois.

Les déçus de la politique, quoi !

Alors faut arrêter de croire que si on n'obtient que 5 ou 10% c'est parce qu'on n'a pas fait l'union. Non c'est parce qu'il n'y a que 5 ou 10% des gens qui veulent que ça change vraiment.

Le stock des voix à gauche n'est pas inépuisable. ET surtout à la gauche de la gauche de la gauche de la gauche (si j'ai rajouté des gauches c'est parce que y'en a qui tout en étant à gauche empiètent sur leur droite alors forcément si on veut être à gauche il faut se décaler un peu plus)

Pour la plupart des électeurs, la volonté de changement s'arrêtera à ne plus voir les mêmes à la télé tous les jours.

C'est pour ça qu'il ne faut pas trop se montrer à la télé avant 2012. Se disent beaucoup de futurs candidats, voir au PS...

En clair, il faut dire qu'on veut gagner les élections parce que c'est de la politique et que si on fait de la politique c'est pour devenir hégémonique, c'est pour gagner quoi... pour avoir pignon sur rue, pour écarter les autres parce qu'on est les meilleurs, parce que sinon pourquoi on aurait un parti politique à part des autres hein ?

De ce point de vue là le PCF est honnête.

Écrit par : Agnès | 30/10/2009

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