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25/10/2009

Une « offre » inacceptable

« L’offre » du PCF que l’on pouvait déjà lire avant qu’elle soit votée deux jours auparavant dans les colonnes de L’Humanité (vieille habitude du PCF) consiste à proposer à ses partenaires à la gauche du PS de rejoindre le Front de gauche pour constituer au second tour, je cite : « des majorités de gauche au sein desquelles ils agiront pour la mise en œuvre d’objectifs de transformation sociale y compris dans les exécutifs régionaux. » En d’autres termes le PCF invite le PG, le NPA, la Fédération et les Alternatifs à se ranger sous sa bannière pour faire ce que le PCF fait depuis une bonne trentaine d’années : gouverner avec le PS. Ajoutons, avec le succès que l’on sait.

 

Evidemment une telle « offre » est inacceptable. Mélenchon, que l’on croyait plus malin, fait la bête. Sur son blog il n’hésite pas une seule seconde : « J’approuve la formule du texte communiste précisant que le but n’est pas d’opposer une gauche à l’autre dans la compétition qui va avoir lieu au premier tour mais qu’il s’agit de faire "bouger le curseur à gauche". Je ne l’aurais pas dit de cette façon, mais l’idée me va tout à fait. A présent les amis du NPA doivent eux-aussi faire l’effort qui est attendu d’eux. Ils ne doivent plus bloquer tout le rassemblement sur la question de la participation ou non aux exécutifs régionaux. »

 

Ainsi, c’est à nouveau le NPA qui bloque ? Mélenchon devrait se relire et se réécouter. Dimanche dernier il expliquait sur France 3 que le NPA avait levé l’obstacle du premier tour sur l’exigence d’une non-participation aux exécutifs, la formule du NPA étant : « nous voulons être libres de nos votes », autrement dit nous ne voulons pas être piégés dans une alliance à sens unique. Le NPA précisait : « nous pouvons fusionner avec les forces de gauche avec lesquelles nous proposons l'unité dans la rue, face à la droite aux élections. Ce qui inclut le PS et ce qui exclut le Modem. » Cette déclaration de Mélenchon provoqua donc un communiqué cinglant du PCF pour qui tout accord avec le NPA doit être repoussé. Une semaine après Mélenchon affirme exactement l’inverse.

 

Aurait-il oublié ces passages dans la dernière déclaration du PG (du 21 ou du 22 octobre) : « Le NPA a expliqué, toujours lors de la dernière réunion du Groupe de travail commun, que « la question des exécutifs est une conséquence du débat programmatique, pas un point de départ ». Nous sommes d’accord. […] Le NPA a bien validé dans le compte rendu de la réunion du Groupe de travail du 16 octobre la phrase suivante : « Tout le monde est à ce stade grossièrement d’accord sur la formule suivante : aucune des forces du groupe de travail ne dit « jamais par principe », aucune ne dit « toujours »» Pourquoi se contredire ?

 

Manger son chapeau doit être une vieille habitude contracté au PS dont Mélenchon n’arrive finalement pas à se débarrasser. Quel courage ! Ou alors, feint-il d’être sur la même ligne que le PCF pour obtenir plus du NPA. Or quel est ce « plus » sinon d’envisager comme une éventualité de pouvoir participer à des coalitions avec le PS et de l'imposer à tous. Mélenchon se moque du monde. Exit « l’autre gauche », vive la « gauche unie » ! On croit rêver. Voilà qui va réjouir tous ceux qui au PCF comme au NPA ne veulent surtout pas d’alliance à la gauche du PS. Ils cherchaient n’importe quel prétexte pour contrer un processus bien enclenché, il est tout trouvé. Les médias, muets jusqu’ici sur les progrès réalisés, vont pouvoir s’en donner à cœur joie. Le Figaro et Le Monde ont été les premiers à réagir.

Commentaires

En complément de ce qui est dit dans le billet ci-dessus, voilà ce que l'on peut lire sur le site du NPA à propos des exécutifs :

"Le NPA a réaffirmé sa position notamment par le biais de sa propre contribution au débat: pas question de cogérer les régions avec le PS tel qu’il est, dans le cadre des rapports de force tels qu’ils sont. Mais il a également tenu la même ligne de conduite qu’aux précédentes réunions: on ne discute pas d’abord du 3ème tour mais du programme de rupture que nous voulons pouvoir proposer et mettre en oeuvre, et c’est du débat sur cette question que découle l’incompatibilité programmatique avec les socio-libéraux. Si les autres forces attachées à un cadre national indépendant au premier tour ne partagent pas notre position sur le sujet, nous souhaitons les convaincre que les conditions qu’elles-mêmes posent pour une participation aux exécutifs ne sont pas aujourd’hui réunies."

Écrit par : Gilles | 25/10/2009

Que de naïveté décidément. Tu croyais vraiment que Mélenchon allait lâcher son plan?

Écrit par : toto | 26/10/2009

Le gros naïf, ce serait plutôt Mélenchon. Le Front de gauche seul n’arrivera jamais à 10 % au 1er tour. Ainsi le cas de figure le plus probable ça sera accord au 1er tour entre des élus du PC et le PS, comme dans l’Hérault et vraisemblablement dans la Charente-Maritime. Il ne restera pour le Front de gauche que la portion congrue. Et au bout ça sera l’échec pour tout le monde. Mais peut-être serons-nous obligé de nous passer du PG. Une simple alliance avec la Fédération et les Alternatifs sera toujours mieux que rien.

Écrit par : Gilles | 26/10/2009

L'ennui c'est que l'exécutif a voulu faire du PG et du PCF des partenaires privilégiés, au lieu de poser des bases politiques permettant un rassemblement anticapitaliste avec éventuellement Alternatifs, FASE, LO, etc.

L'exécutif est tombé dans le panneau que lui ont tendu le duo PCF-PG, et a voulu s'auto-persuader que le PCF était isolé dans sa volonté d'une gauche plurielle gérant les régions (il n'y a qu'à voir les CR internes), alors qu'il était évident que cette position était majoritaire parmi les "partenaires potentiels".

Maintenant le NPA est piégé :
- soit il va au bout de sa démarche "unitaire", et s'engage à rentrer dans les exécutifs régionaux avec le PS, et se discrédite totalement
- soit il rompt les discussions, et il sera le vilain petit canard sectaire

Dans les deux cas, on est mal barré. J'attends de voir la pirouette que tentera notre exécutif pour se sortir de cette situation.
A force de se croire plus malin que tout le monde et/ou de se la jouer trop bisounours, voilà ce qui arrive...
Un peu de modestie n'aurait pas fait de mal, ce sont des politiciens professionnels en face, qui n'ont pour objectif que de nous écraser. Faudrait peut-être pas l'oublier...

Écrit par : toto | 26/10/2009

Ne pas céder à la panique... La situation devrait se décanter dans la semaine.

Écrit par : des pas perdus | 26/10/2009

Bien joué le PC ! En ne s'alliant pas avec le PS, il fait l'économie de son bilan... un bilan de gestion, d'application de mesures libérales... (Un peu comme Sarko aux présidentielles avec Chirac, c'est pas moi, c'est lui)... Jusqu'au deuxième tour, où "pour battre la droite" il constituera une majorité avec tout ceux que l'on connaît. En apparence, il coupe l'herbe sous les peids du NPA...
Il est possible que cette ligne rapporte au PCF des votes dits utiles...
Du côté du NPA, à lui de garder le cap de l'indépendance, a priori, c'est pour cela qu'il existe et ça sera payant à long terme...
Alors, l'indépendancce vaut bien une possible défaite électorale...

Écrit par : JR | 26/10/2009

Gilles, certes au PCF, les rapports introductifs ont une certaine tendance à ressembler aux conclusions. Mais il y'a parfois de subtiles différences qui méritent d'être cité. Un journaliste comme toi devrait faire plus attention à ses sources.

Ainsi, et concernant les executifs, le texte réel, celui voté dimanche 25 octobre et disponible sur le site du PCF est celui-ci : "porter dans ces majorités des projets de transformations sociales, et si les conditions en sont créées de travailler à leur mise en oeuvre, jusque dans les executifs régionaux".

Le texte finale rajoute donc la notion "si les conditions en sont créées".

Quelles conditions ? Le texte ne le dit pas. Mais je pense que cette notion laisse ouverte la possibilité d'un accord et d'un compromis avec le NPA. Si le NPA ne dit pas "jamais", ça veut bien dire qu'il accepte l'idée de participer à des executifs "si les conditions en sont créées".
Reste à se mettre d'accord, ou pas, sur les conditions. Mais il n'y a pas de position catégorique et intransigeante du PCF dans son texte.

L'honnêteté me force néanmoins à citer un autre passage du texte : "Le NPA quant à lui persiste à refuser la nécessité de travailler à des majorités de gauche". Ce qui me semble faux et est une petite "pique" qui a deux objectifs :
a/ Persuader les militants que le NPA est "sectaire", refuse tout dialogue et donc que c'est de sa faute si ça n'avance pas,
b/ Agiter le chiffon rouge devant le NPA pour l'enerver et que justement, il refuse le dialogue.

Bref, ça démontre que le PCF est traversé par différents courrants et que le compromis est boiteux entre ceux qui ont réussit à imposer l'idée de condition pour participer aux executifs pour sauver une chance d'accord avec le NPA et ceux qui ont rajouté la pique envers le NPA pour plomber toute chance d'accord.

Écrit par : Laurent MELY | 27/10/2009

Les conditions pour participer à des exécutifs, du moins pour nous, sont de deux ordres : soit nous (la gauche anticapitaliste et antilibérale) sommes majoritaires ; soit le PS abandonne son orientation social-libérale et accepte notre programme. Tu vois très bien que ce sont deux hypothèses fortes improbables. J’étais hier à une rencontre régionale avec le PC. Pour eux s’était beaucoup plus clair. Il s’agissait au second tour de gérer – même minoritairement – la région avec le PS comme ils l’ont toujours fait. Nous leur avons dit que c’était leur problème ; que nous nous souhaitions, en revanche, être indépendants. Mais que nous ne voulons pas que l’on nous oblige, dès le 1er tour, à accepter l’idée de cogérer les régions. Sur de telles bases il ne pouvait pas y avoir unité. En revanche nous pouvions au 1er tour nous rassembler sur un programme commun actant notre désaccord avec le PS ; après le 1er tour chacun faisant ce qu’il veut (gérer ou pas). La seule condition que nous posions c’était de fusionner avec les listes PS-Verts (sans le MoDem), en respectant la proportionnelle, mais sans accord de gestion, du moins pour nous.
Le problème avec le PC c’est qu’il veut que nous acception cette cogestion dès le 1er tour.

Écrit par : Gilles | 27/10/2009

Gilles, à mon sens, conserver la liberté de vote au sein d'une éventuelle majorité avec le PS est indispensable - que ce soit pour le NPA et pour le PCF. Là dessus, je suis entièrement d'accord avec toi.
En tant que conseiller municipal, et même si officiellement il y'a un "accord de gestion" avec le PS, si jamais il venait une proposition qui serait en contradiction avec mes opinions, je prendrais mes responsabilités et voterait en fonction.
Et si mon parti n'est pas d'accord, je ne peux que le déplorer.

Quant à mon avis personnel sur les conditions, je remplacerais bien "soit nous somems majoritaires" par le "soit nous avons une minorité de blocage", ce qui est beaucoup plus réaliste.
La minorité de blocage, cela veut dire, tout en étant minoritaire, avoir suffisament de voix pour pouvoir -en votant contre- empêcher toute proposition du PS qui ne serait pas compatible avec notre programme. (Dans l'hypothèse où le PS n'irait pas chercher à droite les voix qui lui manque, mais ce serait un motif pour quitter alors l'executif)
Il me semble que ce serait une condition "acceptable" pour rester fidèle à nos idéaux et bien plus réaliste que celle d'arriver en tête.

Écrit par : Laurent MELY | 27/10/2009

"en respectant la proportionnelle, mais sans accord de gestion, du moins pour nous. " => tu sais très bien, Gilles, qu'il ne pourra pas y avoir deux positions différentes sur cette question à l'intérieur d'une même liste.

Sinon, ce sera bien trop facile pour le PS. Il n'aura qu'à faire une proposition "à prendre ou à laisser" (fusion avec engagement à voter le budget, comme toujours), que le PCF et le PG s'empresseront d'accepter (comme toujours), et qui nous laisseront sur la touche, même dans l'hypothèse où on aurait fait plus de 10%.
Et nos deux seules alternatives seront soit d'accepter de cogérer avec le PS (et c'est la fin du NPA), soit de refuser d'entrer sur ces listes et laisser nos places aux candidats PCF-PG (avec pour résultat zéro élus, et le PCF-PG nous auront juste utilisé pour avoir un meilleur rapport de force).

Le PCF est honnête dans sa proposition : il propose une alliance sur ses bases à lui, qui signifie alliance qui fera une fusion POLITIQUE avec le PS au second tour, et gèrera ensuite les exécutifs avec lui. C'est clair, net, sans bavure.

Maintenant, c'est à l'exécutif du NPA de savoir s'il veut continuer à s'auto-saborder ou s'il a un éclair de lucidité......

Écrit par : toto | 27/10/2009

"La minorité de blocage, cela veut dire, tout en étant minoritaire, avoir suffisament de voix pour pouvoir -en votant contre- empêcher toute proposition du PS qui ne serait pas compatible avec notre programme. (Dans l'hypothèse où le PS n'irait pas chercher à droite les voix qui lui manque, mais ce serait un motif pour quitter alors l'executif)" (Laurent Mely)

=> je te rassure, pour mener des politiques de droite, le PS et la droite ne se gênent pas pour voter en commun.

On a de nombreux cas où nos élus (indépendants) se retrouvent tous seuls à voter "contre" contre l'ensemble du champ politique (du PCF à l'UMP).

La minorité de blocage n'a alors plus beaucoup de sens. D'autant que rien ne nous garantit qu'avec la liberté de vote, les élus PCF voteraient plutôt avec le NPA qu'avec le PS (ce serait peut-être ton cas, mais loin d'être une généralité, vu ce qu'on constate dans des communes gérées par des majorités... PCF!).

Écrit par : toto | 27/10/2009

Le débat entre Gilles et Laurent est sain et constructif. A les lire, je ne pense pas que les obstacles soient insurmontables ! Par contre, en lisant toto, j'ai l'impression que deux monde nous séparent. Je ne vais plus polémiquer avec lui car c'est un dialogue de sourds. Je sors d'une rencontre avec le PC de la Manche. Pour eux, l'enjeu est d'arriver à conduire une liste autonome en Normandie au premier tour. Ce n'est pas gagné, mais ce n'est pas perdu non plus, contrairement à ce que claironne le NPA. Ces camarades sont décidés à se battre jusqu'au bout. Mais l'idée qui prédomine dans leurs rangs, c'est que le Front de Gauche n'est pas sûr d'arriver aux 5 %. Alors, plutôt que d'être complètement éliminés, certains sont tentés de s'allier au PS dès le premier tour. Mauvais plan, c'est sûr, mais que voulez-vous, garder les élus est une quasi nécessité !.....

Écrit par : Michel | 27/10/2009

J'ai fait un nouveau billet.

Moi aussi j'ai rencontré le PC hier et nous n'avons pas pu avoir de réponse franche. Eux-mêmes d'ailleurs ne savent pas encore s'ils iront avec Royal dès le 1er tour ou s'ils feront une liste autonome. Leur problème c'est que le Front de gauche ici est bringue ballant et qu'à l'intérieur du PC il y a des secteurs entiers (Deux-Sèvres par exemple, mais aussi à Poiriers ou dans la Charente) qui ne sont pas d'accord avec la ligne nationale. Détail important le Front de gauche avait fait aux européennes un score inférieur au NPA. Enfin les Alternatifs et la Fédération semblent vouloir y aller même sans le PC.

Écrit par : Gilles | 27/10/2009

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