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21/10/2009

Le « complot médiatique »

Rires. Voilà t’y pas que le gouvernement, toutes dents dehors, du Grand chef au larbin préposé à la communication, s’insurge contre LES médias, sans distinction, coupables de crimes de lèse majesté et d’harcèlement. Hier, Bayrou et Royal tapaient contre ces grands médias aux mains du pouvoir. La « gauche » molle n’était pas en reste. Quant à « la gauche de gauche », c’est une antienne chez elle de considérer presse écrite et audiovisuel comme le lieu où s’exprime « l’idéologie dominante ». Tout ça est vrai et faux à la fois.

 

Que les médias dans une belle unanimité, sauf TF1 et le Figaro – et même là il s’est trouvé un éditorialiste très à droite pour vilipender le « coup » du fils – aient relayé avec force commentaires désobligeants « l’affaire » Mitterrand et celle de l’EPAD, il n’y a rien à redire. Ils ont fait leur travail. Ce n’est pas eux cependant qui ont tiré les premiers. On pourrait même le leur reprocher. C’est, dans le premier cas, Marine Le Pen, puis Benoît Hamon. Dans le second, c’est le fait même des élus de droite de désigner le fils du président comme candidat qui a déclenché l’ire de l’opposition, puis les quolibets d’une majorité des médias.

 

Qu’après il y ait eu un déferlement de commentaires, de titres, d’analyses plus ou moins justifiés (Marianne : « La république abolie » ; L’Humanité : « La république enchaînée » ; L’Express : « ce que cache l’affaire Mitterrand » ; Le Point : « L’affaire Jean Sarkozy ; etc.), pour une presse en mal de lecteurs, ces « affaires » sont une aubaine. Mais on se gausse plutôt de l’écume que l’on traite le fond. S’interroger sur le fond, ce serait remettre en cause les fondements même de cette république, la constitution, le fait que l’exécutif est hors contrôle.

 

En vérité, si le pouvoir s’en prend ainsi aux médias, c’est qu’il est fébrile ; que des élections approchent ; que le bilan n’est pas si brillant qu’il le disait ; que, même dans la majorité, on s’inquiète de certaines réformes comme celle des territoires assortie de la suppression de la taxe professionnelle. On a là un conflit classique entre l’exécutif et des élus pas toujours rassurés pour leur avenir. Donc rien de grave. Même plutôt un certain conformisme des médias, plus suivistes qu’initiateurs.

 

Que les grands médias soient aux mains de grands groupes industriels intimement liés au pouvoir, ce n’est pas une découverte. Mais les journalistes y sont, en gros, les mêmes que dans la presse indépendante : même formation ; mêmes origines ; même spectre d’analyses. Différencions cependant les éditorialistes des reporters. Ce qui ne change pas souvent grand-chose. Ce qui est pour moi la caractéristique principale du journaliste, c’est – je le répète – son conformisme. On l’a vu lors du référendum de 2005. A tel point, qu’emporté par sa « sensibilité », il a souvent du retard à l’allumage pour prévoir les retournements de l’opinion publique. Or, le travail d’un journaliste, c’est d’abord ça : être à l’écoute et rapporter, quelle que soit son opinion personnelle.

 

Pour ce qui nous préoccupe ici, nous en avons un excellent exemple. Depuis près d’un mois que les discussions progressent entre les différentes formations politiques à la gauche du PS, pratiquement plus un mot dans les médias. Dernier titre du Monde à ce propos le 23 septembre dernier : « Le NPA durcit ses exigences avant une éventuelle union de la gauche radicale pour les élections régionales.»  Dimanche, lors de l’interview de Mélenchon dont on a parlé ici, le journaliste de France 3 découvre (avec force exclamations) que le NPA discute avec le PC et le PG pour bâtir des listes communes au premier tour des régionales. « Ah, bon », dit-il en substance, « le NPA discute et est prêt à faire l’unité ? » Réaction typique du type qui en est resté à l’épisode précédent ; « le NPA est sectaire », c'est ainsi pour l'éternité. Ça n’a rien à voir, mais récemment, une présentatrice vedette de France 2 interrogeait le petit-fils du clown Zavatta. Apparemment, elle ne savait pas qu’Achille Zavatta était mort depuis plus de quinze ans.

Commentaires

Mais on se gosse plutôt de l'écume...

Vérifier le verbe "se gausser" !

Écrit par : charles giorgi | 21/10/2009

Maître Capello est sur le blog ?....

Écrit par : Michel | 21/10/2009

La charge du gouvernement contre les médias est concomittante dans le temps à la publication du rapport de RSF sur la liberté de la presse dans le monde où il est dit que la France est rétrogradée à la 43ème place ; avec pour raisons principales les nombreuses intimidations (perquisitions, garde à vue) ordonnée par la police (et donc le gouvernement) contre les journalistes.

Il vaut mieux en rire qu'en pleurer, mais ça fait peur.

Écrit par : Laurent MELY | 21/10/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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