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20/10/2009

Relevé de discussion du 16 octobre approuvé par tous sauf le PC

Le « relevé  de discussion » du 16 octobre tel qu’il a été approuvé par l’ensemble des organisations participantes à l’exception du PCF. Ce relevé a été amendé et validé par : les Alternatifs, GU, FASE, M’PEP, NPA, PCOF, PG, R&S. Il n’engage pas le PCF qui a indiqué que  tel qu’il était rédigé, il ne permettait pas, de son point de vue, un processus d’amendements qui rendrait très mal compte de son positionnement.

 

 

L’objet de cette 3ème réunion était de débattre des questions stratégiques qui peuvent se poser en vue d’une alliance aux régionales des forces réunies au sein du groupe de travail.
Sur sa demande, il avait été convenu que le PCF aborderait le débat à partir d’un texte rédigé par lui.
Ce compte-rendu ne détaillera pas les positions exprimées par les uns et les autres. Nous renvoyons par contre aux pièces qui sont jointes soit les textes proposés par plusieurs forces en vue de cette réunion : le PG avait choisi pour sa part d’amender le texte du PCF, le NPA, les Alternatifs, Gauche Unitaire  et le M’Pep avaient produit des déclarations et/ou contributions.

Problématique soulevée en introduction par le PCF
Le PCF a souligné en introduction que partir en campagne commune sans s’assurer de suffisamment de convergences au départ c’était le plus sur moyen de semer la désillusion ensuite. Il s’agit donc d’éclaircir, principalement par rapport au NPA, la question du profil de nos listes. Pour le PCF, on ne peut  se contenter de dire que l’on fera tout pour battre la droite en proposant une unité de façade au 2ème tour, il faut se donner pour objectif de tout faire pour qu’émergent des majorités capables de gérer des régions sur un programme vraiment opposé au libéralisme et à la politique de Sarkozy. C’est cela qui permettra de battre la droite. Ce qui implique d’être clair sur notre position vis-à-vis des exécutifs et le rapport au PS qu’ils impliquent si les conditions d’y participer sont permises. Pour le PCF il n’y a pas des points séparables pour trouver un accord mais une cohérence d’ensemble à trouver.
A partir de là chaque organisation s’est exprimée au cours d’un tour de table puis le débat s’est poursuivi pendant 2 heures. Voilà, en vue de la prochaine réunion, ce que ‘on peut considérer comme des points d’étape.

Liste autonome du PS et d’Europe Ecologie au premier tour. Le PG, qui s’exprimait juste après la présentation du PCF, explique avoir choisi de présenter sa contribution au débat en amendant le texte du PCF parce qu’il était naturel, en tant que partenaire du Front de Gauche, de se retrouver en grande partie dans ses considérants. Donc : oui à la nécessité de proposer de gérer les régions sur un programme vraiment à gauche en rupture avec le libéralisme et le social-libéralisme, oui pour dire que c’est le meilleur moyen pour battre la droite. Mais, à gauche, le vrai handicap pour y arriver ne se situe pas dans les forces autour de la table, c’est la ligne d’accompagnement proposée par la direction du PS et sa main tendue au Modem, déjà concrète dans plusieurs partielles. En conséquence, le seul moyen pour espérer parvenir aux objectifs indiqués par le PC, ce sont des listes autonomes du PS et d’Europe Ecologie au premier tour, seules à même de changer la donne. Le PG précisant qu’il conditionnerait toute signature d’un accord national à cette condition.   Gauche Unitaire indique que l’enjeu de ces élections est de permettre l’émergence d’une gauche se situant au cœur de la gauche qui soit apte à mettre en minorité le social libéralisme et à battre la droite. Elle se prononce donc pour des listes autonomes au premier tour avec toutes les organisations partageant un programme de rupture avec le libéralisme et le productivisme et cette ambition majoritaire.
Une fois le tour de table achevé, il s’avère que la volonté d’un accord national sur ces questions fait quasi l’unanimité. Beaucoup (PG donc mais aussi Fédération, NPA, Alternatifs, Mpep…) précisent même qu’il s’agit d’une condition préalable à un accord. R et S partage cette position en soulignant la nécessité que le F G élargi présente des liste à vocation majoritaire notamment concurremment au PS pour réellement battre la droite et non des listes à seule vocation de témoignage.
Toutefois, au final tout le monde s’accorde sur la nécessité d’attendre  le CN du PCF du 24-25 octobre pour envisager d’acter publiquement ce point. C’est en effet à l’issue de cette réunion que le PCF pourra faire une offre nationale en vue des Régionales, il ne peut s’engager donc avant sur cette question.  Ce point  sera donc reposé lors de la prochaine réunion.
 Profil des listes : Il a été beaucoup question de vocation, de profil, d’ambition majoritaire pour les mesures de rupture qu’elles porteraient. Si chacun utilise ses propres termes, nul ne remet en question l’objectif qu’afficheraient ces listes : mettre en œuvre un programme réellement en rupture avec la droite, le libéralisme, la logique du système capitaliste et du modèle productiviste (déjà contenu dans la déclaration du 28 septembre). Il ne s’agit pas de listes de témoignages mais d’une alliance pour changer la donne à gauche et mettre en place les conditions pour battre la droite. Nous aborderons ces élections avec l’ambition d’être en tête des listes de gauche. Ce n’est pas impossible si on tient compte du fait que l’irruption d’Europe Ecologie modifie déjà la situation : le PS n’arrive pas à ces élections en force automatiquement dominante.
Plusieurs interventions insistent sur la nécessité de lier notre combat électoral avec notre engagement dans les mobilisations des classes populaires ce qui permettrait à nos listes de réduire  l’abstention parmi elles. Il s’agit pour ces intervenants de la contribution la plus efficace pour battre la droite. Au terme de cette discussion, il n’apparait pas de différences majeures sur ce positionnement.   Par contre, plusieurs forces (GU, PG, FASE, ALTERNATIFS…) expliquent qu’en dernier ressort c’est le programme (sa crédibilité, sa prise en compte du cadre régional, la nécessité de décliner des options possibles nationalement dans le cadre régional) qui déterminera le positionnement de ces listes et non des intentions.  (cf dernier point). Au final, Gauche Unitaire considère que la discussion doit encore se poursuivre pour vérifier notre volonté commune de présentation de listes à vocation majoritaire ou cherchant à créer les conditions de majorités de gauche sur un programme de rupture avec le libéralisme et le productivisme.

Fusion démocratique, l’engagement de tout faire pour battre la droite : le principe d’une fusion avec le PS et Europe Ecologique au deuxième tour est commun à tout le monde. Il serait démocratique c’est à dire proportionnel au score obtenu au premier tour. Le PG  fait observer que cela règle la question des négociations entre deux tour en terme de positions éligibles puisqu’effectué à la proportionnelle du résultat du premier tour. NPA, Alternatifs, FASE ? GU précisent que ces fusions ne peuvent se faire avec des listes qui intégreraient le Modem.


Exécutif, gestion des régions :
Les positions varient sur cette question mais la rencontre a permis de l’affiner y compris avec des propositions précises.
C’est la question des gestions qui est de nouveau au centre de la discussion pour être précisée.  Elle était déjà formulée lors du texte adopté le 28 septembre, comme il est fait remarquer. De même l’accord pour des fusions démocratiques, qui est une alliance de fait,  pour battre la droite ne fait pas problème. Il s’agissait donc de préciser comment nous pouvons définir nos réponses communes à une question stratégique : est-il possible et dans quelles conditions de réaliser des accords de gestion des exécutifs.
Le NPA rappelle à ce propos que dans certaines régions, en l’occurrence le Nord Pas de Calais, le PCF a décidé de ne pas se joindre à l’exécutif ce qui ne l’empêche pas de faire des propositions et de tenter d’influer sur la gestion de la région.  Il estime donc ne pas être le seul à poser ces questions.  
Tout le monde est à ce stade grossièrement d’accord sur la formule suivante : aucune des forces du groupe de travail ne dit « jamais par principe », aucune ne dit « toujours ». Il n’y a donc pas de refus de principe, dans toutes circonstances, de gérer les régions. La position du NPA se fonde sur l’analyse qu’il fait du PS tel qu’il est et des rapports de force tels qu’ils sont.
Tous ceux qui se déclarent déjà favorables à la possibilité de mener ou participer à des  exécutifs avec les autres forces de gauche le font sous conditions. Le PCF écrit clairement dans son texte pouvoir aller « jusqu'à la participation aux exécutifs, à l'exclusion de toute participation du MODEM, si les conditions existent de mettre en œuvre  ces objectifs. » (l’objectif étant un programme « solidement ancré à gauche »). Alternatifs, PG, Fédération, Gauche Unitaire en donnent trois : le contenu, le rapport de force pour l’appliquer et l’exclusion d’accord avec le Modem. Sur cette question GU précise que « dans tous les cas de figure, nous conserverons notre liberté d’appréciation et de vote sur toutes les mesures proposées au débat des assemblées régionales. »
Gauche Unitaire apporte une autre précision pour la discussion : « Nous pouvons avoir entre nous des appréciations différentes sur le fait que ces conditions soient alors ou non réunies mais cela ne peut aucunement conditionner l’accord politique permettant la présentation de liste commune de la gauche de gauche au premier tour. ». Pour les Alternatifs également, l’existence de divergences sur le type d’accords après le deuxième tour (participation ou non à l’exécutif régional) parmi les composantes du rassemblement ne doit en aucun cas être un préalable au rassemblement lui-même

Le PG soumet à la discussion la proposition complémentaire suivante : « cette analyse de situation s’appréciera au niveau régional, le moment venu, en tenant compte également du bilan de la campagne électorale »
En substance, les représentants du NPA rappellent ce qui est écrit dans les propositions envoyées avant la réunion (propositions introduites, il faut le rappeler, par la phrase suivante : « Il va de soi que les propositions ci-après ne sont bien évidemment pas globalement à prendre ou à laisser ») : « Nous nous engageons à le défendre (le programme) dans les conseils régionaux et à le mettre en œuvre partout où le rapport de forces le permettra. Mais nous ne sommes pas prêts à brader nos idéaux, à tourner le dos aux aspirations populaires, à nos responsabilités d'écologistes radicaux, dans un gouvernement de région dirigé par le PS tel qu’il est ». Le PG, la Fédération, les Alternatifs  soulignent à ce propos qu’ils n’imaginent pas non plus de gérer une région dirigée par un PS qui serait sur la ligne actuelle de ce parti, celui-ci se tournant d’ailleurs davantage vers le Modem que vers les forces à sa gauche. 
Une des représentantes du NPA précise que, pour elle, si on admet les trois conditions que sont le contenu, le rapport de force et l’exclusion du Modem, les possibilités de participer à des exécutifs avec le PS paraissent irréalistes.
Le NPA précise enfin de pas faire de la question des exécutifs un préalable à la poursuite de la discussion. La question des exécutifs est une conséquence du débat programmatique, pas un point de départ.
Gauche Unitaire considère que la discussion permet d’avancer mais que pour l’instant ne se dégage pas encore de position commune concernant la participation aux exécutifs régionaux et le conditionnement à celle ci au rapport de force, à l’absence du Modem et à la garantie que nos listes pourront mettre en œuvre les points principaux de leur programme.
 

Le contenu

Le PG rappelle sa position de la semaine précédente : c’est en réalité sur la question des contenus que l’on pourra déterminer si nos listes présentent un profil majoritaire. Par exemple si nos listes présentaient des mesures  propagandistes, ne se souciant aucunement de la façon de décliner des mesures de rupture dans le cadre des régions, alors nous aurions beau répéter que nos listes sont à vocation majoritaire ce serait purement formel.
C’est donc une question préalable à régler. Le PG rappelle qu’il a déjà envoyé son Manifeste en tant que contribution au débat.
La FASE approuve et dit qu’effectivement il faudrait se mettre au travail très vite, pourquoi pas à partir du Manifeste du PG mais on peut aussi imaginer que chacune des forces pour commencer envoie par mail les 10 ou 15 mesures phares qu’elles voudraient voir dans le programme. Il est donc proposé d’échanger par mail sans attendre la prochaine réunion.

En conclusion 
Un représentant du FSQP souligne que de l’extérieur, par rapport à ce que vivent les gens dans les quartiers,  au danger du populisme, nos différences ne sont pas suffisantes pour que l’on ne se présente pas ensemble. Il estime qu’il faut maintenant avancer vers un accord sans faire de préalables.
Plusieurs interventions conviennent malgré tout de l’intérêt des trois réunions du Groupe de Travail, notamment de celle-ci qui a permis de discuter plus précisément  sur les points pouvant faire difficulté.
La représentante du PCF précise que cette discussion va être utile pour les décisions qui seront prises à son CN.
Sur les différences  qui subsistent encore entre les forces du groupe de travail, le PG précise qu’elles sont bien moindres à priori qu’avec le PS ou Europe Ecologie avec lesquelles nous annonçons tous pourtant des fusions au 2ème tour voir même, pour plusieurs autour de la table, la volonté ou la possibilité  de coexister dans des exécutifs sous conditions. Nous avons bien plus de points communs entre nous qu’avec eux si on lit nos textes :  nous voulons rompre avec l’ordre dominant, nous avons l’ambition de proposer une véritable alternative et d’exclure tout accord avec le Modem et la droite. Sans doute pas assez pour être dans un même parti mais largement suffisamment pour une alliance aux élections.  

La suite
Deux autres réunions sont déjà programmées : le 28 octobre à 18h30 au siège du PCF, le 2 novembre à 19h30 au siège du NPA.

Commentaires

Voilà une discussion qui permet d'être optimiste. Par contre, je trouve le titre excessif, car il laisse à penser que le PC est en désaccord avec l'ensemble des propositions, ce qui n'est pas le cas.

Je suis d'accord pour penser que le contenu de cette réunion peut peser favorablement sur la réunion du CN du PCF des 24 et 25 octobre. Si le PCF est en (léger) retrait c'est parce qu'il est encore suspendu aux décisions de son CN et au vote des militants. Malheureusement là, je suis moins optimiste....

Écrit par : Michel | 21/10/2009

Le titre n'est malheureusement pas excessif, dans la mesure où le PCF a publié un commuiqué pour démentir ce compte rendu. Je ne l'ai malheureusement pas sur moi et il n'est pas sur le site du PCF.
Vous pourrez cependant lire sur le site du PCF un autre communiqué suite à l'interview de Mélenchon sur France3, ça donne le ton général... qui n'incite pas à l'optimisme. http://www.pcf.fr/spip.php?article3984

Globallement, le rassemblement avance... sauf avec le PCF. J'en viens (dur pour un militant communiste) à souhaiter que le rassemblement se fasse sans le PCF et que celui-ci soit "sommé" de choisir son camp.

Écrit par : Laurent MELY | 21/10/2009

Vous trouverez, sur le le lien ci-dessous, la réaction du PCF à ce compte-rendu (l'article contient les deux comptes rendus, celui du PCF est en deuxième)

http://pcf-choisy.over-blog.org/article-compte-s-rendu-s-de-la-rencontr-de-la-gauche-radicale-du-16-octobre-en-vue-des-regionales-37917056.html

Écrit par : Laurent MELY | 21/10/2009

Comme quoi il y a des gens honnêtes au PC.

Écrit par : Gilles | 21/10/2009

@ Laurent: je compatis... c'est quand même triste de se désolidariser d'une dynamique unitaire. Et pour quels résultats?

@ Gilles: ce compte-rendu fait plaisir, mine de rien. ça redonne un peu espoir, et j'aime beaucoup ce que dit le mec du FSQP. Pour l'électeur lambda (95% de la population), tous les partis de gauche se ressemblent... J'espère donc pouvoir mettre dans l'urne un bulletin qui contiendrait tous ces gens-là! (même si sans le PC, ça semble difficile...)

Écrit par : rhizome | 21/10/2009

Je crois que l'électeur lambda fait quand-même la différence entre les anciens ministres qui l'ont foutu dans la merde, et contre lesquels il s'est battu, et ceux qui ont toujours été dans son camp.

La citation du FSQP a été soigneusement choisie (politiquement correcte), alors qu'ils ont déjà exprimé assez violemment ce qu'ils pensaient de l'hypocrisie des partis PCF-PG, et de ce qu'ils ont fait dans les quartiers (voir l'intervention pour le FSQP lors du débat à l'U d'été du NPA, par exemple).

Pour le reste, ça joue joliment du pipeau. On va bientôt faire un concours avec EE sur le plus gros creux politique. On tient le bon bout! :)
(on est d'ailleurs ravi du nombre de social-chauvins dans ce rassemblement, avec les ex-MRC et tout et tout, génial!!!)

Écrit par : toto | 21/10/2009

Indécrottable toto !.... Alors que tout le monde (ou presque) se réjoit de la bonne tenue de cette discussion du 16 octobre, voilà que toto nous refait son caca nerveux !... Je me demande s'il existe vraiment et si Gilles ne l'a pas inventé pour « réveiller » les débats !

Écrit par : Michel | 21/10/2009

Je me demande moi si Michel existe vraiment ou s'il n'est pas une caricature volontaire, pour forcer le trait.

En tout cas, il montre que quand on franchit les bornes, y a plus de limites... Quand est-ce qu'on récupère Dupont-Aignan dans notre truc??

Écrit par : toto | 21/10/2009

"Je crois que l'électeur lambda fait quand-même la différence entre les anciens ministres qui l'ont foutu dans la merde, et contre lesquels il s'est battu, et ceux qui ont toujours été dans son camp."

Faux. L'électeur lambda vote une fois tous les 5 ans. Le reste du temps il s'en fout de la politique donc il ne se bat pas contre un ministre (le mythe du citoyen éclairé, présent sur les luttes...), il ne l'écoute pas, il se fout des réformes, ou il en a le prisme que lui donnent les médias: pays bipartidaire avec le ps d'un côté et l'ump de l'autre. Au mieux, il ajoute le modem. Le reste, ce sont les extrêmes. Et les extrêmes ça fait peur, ils sont peut-être dans son camp, mais ils veulent tout changer, et ça gêne un peu l'électeur lambda.

Qui est politisé en France? Qui s'intéresse à l'actualité politique? qui est prêt à débattre de questions politiques? ce sont justement les catégories les plus favorisées, je parle au niveau statistique, bien entendu. Donc ceux qui ont le plus de chances d'être des adversaires politiques. ceux qui ont le plus de chances de voter ps/modem/ump!

Écrit par : rhizome | 22/10/2009

Le travailleur se bat tous les jours, ne serait-ce que pour finir les fin de mois, et vivre tout simplement. Penser que parce qu'il ne participe pas activement à des luttes sociales, il est totalement idiot, c'est de l'élitisme à la con.

Autant la plupart des gens ne comprennent pas forcément les nuances politiques entre partis, autant ils comprennent assez bien qui sont ceux qui les roulent dans la farine. Pas besoin d'être politisé pour ça!

"Les extrêmes ça fait peur"? Déjà "les" extrêmes ça ne veut pas dire grand chose, mais si tu parles des antiK, il y a bien évidemment une propagande très forte contre nous, et qui influe sur la perception des masses.
Mais la question n'est pas ce que nous pesons électoralement (même si plus de 6% pour les antiK aux européennes, c'est énorme), mais plutôt comment nous pouvons peser sur la société et sur l'auto-organisation des populations, dans les entreprises, dans les quartiers, etc.

Écrit par : toto | 22/10/2009

« Autant la plupart des gens ne comprennent pas forcément les nuances politiques entre partis, autant ils comprennent assez bien qui sont ceux qui les roulent dans la farine. Pas besoin d'être politisé pour ça ! » (toto)

Si c’était aussi facile que tu le penses, toto, pourquoi en sommes-nous là à ramer ne serait-ce que pour bâtir des listes qui puissent dépasser les 10 % ou organiser une lutte en défense de la Poste. Pourquoi si peu de syndiqués et encore moins d’adhérents aux partis politiques ? Pourquoi en 2007 Sarkozy a-t-il fait mouche chez les ouvriers et les employés avec sa démagogie ouvriériste et son « travaillez plus pour gagner plus ! » ? Pourquoi, à l’inverse, de très gros scores de Royal (entre 60 à 70 % dans certains bureau de votes) dans les quartiers populaires de certaines banlieues ?
En général les gens votent, ou luttent, pour ce qu’ils croient être leur intérêt du moment. Sarkozy était donné comme le vainqueur le plus probable ; il avait promis de détricoter les 35 h ; de favoriser les heures supplémentaires, etc. Des syndicalistes m’ont raconté comment – c’était avant la crise – on venait les trouver pour savoir comment transformer des RTT en heures de travail. Les syndicalistes étaient effondrés. Etaient-ils « cons » ces ouvriers ? Non, ils pensaient que le moyen le plus simple et le plus court pour augmenter leur revenu s’était de travailler plus en profitant des mesures gouvernementales d’assouplissement des 35 h. Maintenant, avec la crise, on a un autre phénomène, un vieux réflexe. Quand tout va mal, que l’usine va fermer, on fait appel à la « puissance publique », à l’Etat, donc à Sarkozy, pour résoudre un problème économique local, trouver un repreneur, etc. Ou alors, en dernier recours, on tente le coup de la grosse prime.
Mais tout ça va bien à l’inverse de ce que nous voulons faire. Ces ouvriers ou d’autres catégories ne sont pas « effrayés » par les « extrêmes ». Ils trouvent seulement que ce n’est pas sérieux ou crédible, comme on dit. Après 36, 68 et 81, ça fait quand même pas mal de tentatives qui n’ont pas débouché sur grand-chose au final. Et puis il y a eu la grande expérience à l’Est qui a complètement foiré. Expérience irrattrapable. Il n’y a rien à sauver, ou pas grand-chose. C’est dire que nous avons à reconquérir des millions de gens à une autre perspective alors que eux, ne cherchent qu’à se coltiner le quotidien avec les moyens du bord.

Écrit par : Gilles | 22/10/2009

@ toto: "Mais la question n'est pas ce que nous pesons électoralement"

Ben si. On peut pas continuer à se prétendre majoritaire et enfiler les échecs comme des perles. Si vos idées sont majoritaires, pourquoi ne le sont-elles pas dans les urnes? Si les gens comprennent qu'ils se font entuber, pourquoi votent-ils pour ceux qui les entubent?
Faut être cohérent un moment...
Si on admet que le PS les entube, pourquoi y'a 80% de la population qui vote entre le PS et l'UMP?

Les extrêmes c'est quoi: c'est ce qui se trouve à la gauche du PS et à la droite de l'UMP. le PG, les verts, sont extrêmistes. Je donne pas ma définition, mais ce qu'une large majorité de français pense.

Ce qui fait que ceux qui les roulent dans la farine, ce sont les mêmes qui désignent les ennemis: les pauvres, les étrangers, les basanés, etc. Si le pays va mal, c'est à cause d'eux. Trop d'assistés, etc. Et combien vont le dire clairement??? C'est ce qu'on entend tous els jours à la télé, alors non non et non, les gens ne savent pas quel est leur intérêt.

Écrit par : rhizome | 23/10/2009

@Gilles et rhizome : au cas où vous n'auriez pas remarqué, la position politique majoritaire dans le pays est L'ABSTENTION, et certainement pas l'un de vos vieux partis institutionnels, et leurs électorats de retraités.
Tout ça malgré une propagande monstrueuse de la part des partis bourgeois, tout comme des partis régulationnistes.

Au final, le vote PS+UMP ce n'est pas 80% de la population, mais de l'ordre de 50% des votants, dont le nombre varie généralement entre 40 et 70% selon l'élection et le niveau de propagande électorale dans la période qui précède (cad entre 1/5 et 1/3 de la population, et encore à contre-cœur pour une bonne partie d'entre eux).

Le NPA aurait pu faire émerger une alternative, non pas électorale mais politique, et la construire à l'échelle internationale (car la construction d'une nouvelle Internationale est plus que jamais nécessaire).
Au lieu de ça, il cède à la pression des médias bourgeois et tombe pour l'instant dans l'institutionnalisation et l'étatisme, en se mettant à la remorque des pires régulationnistes et opportunistes.
Espérons que nous arriverons à nous sortir de ce mauvais pas, sans trop de dégâts...

Écrit par : toto | 23/10/2009

On a toujours spéculé sur ces fameux « abstentionistes » et chaque parti en a déduit que c'était des voix perdues pour lui. Curieusement, personne n'ose envisager que ces voix auraient pu aller au camp adverse ! Car s'il est une chose que l'on ne connait pas, c'est bien la nature de ces abstentions. Et n'allez pas me parler de sondage. Toto fait encore mieux, il les classe dans le camp des révolutionnaires qui ne s'embarassent pas à aller voter, mais qui voudraient directement en découdre avec le capitalisme. Avec sa phraséologie pseudo-révolutionnaire, toto ne fait qu'une chose, il renforce le camp de ces abstentionnistes qui font tellement défaut au NPA.

Écrit par : Michel | 24/10/2009

Il ne s'agit pas de savoir pour qui les voix abstentionnistes seraient perdues, mais de comprendre que c'est un rejet du système institutionnel, soit par refus de principe, soit considérant que "ça ne sert à rien de toute façon".

Je n'ai jamais classé les astentionnistes dans le camp "révolutionnaire", c'est totalement idiot de faire ça.
Mais je pense effectivement que les gens qui comme toi, refusent de considérer le phénomène de l'abstention et de l'ampleur qu'elle a pris au cours de la Vème République, sont amenés à faire des choix politiques totalement erroné, sous le coup d'un électoralisme "petit angle".

Écrit par : toto | 24/10/2009

Le meilleur moyen pour lutter contre l'abstention (encore faut-il le vouloir), est de proposer des enjeux attractifs et crédibles, et surtout, un programme qui soit de nature à enthousiasmer les foules, porté par des organisations crédibles. Il faut reconnaître que ces derniers temps, rien de tout cela n'a pointé le bout de son nez...

Écrit par : Michel | 24/10/2009

Lutter contre l'abstention??? Chacun ses luttes après tout. Perso je préfère lutter contre le capitalisme, pour son renversement et la construction du socialisme...

On peut effectivement constater que la classe politique institutionnelle s'est durablement discréditée sur tout l'arc politique, allant du PCF-PG au MPF, et que ça n'encourage pas les gens à voter de constater que la gauche plurielle au pouvoir fait exactement pareil que la droite UMP. Ou presque.

Face à l'évidente impasse du réformisme, constatée très largement dans la population, une alternative anticapitaliste et révolutionnaire est plus que jamais nécessaire. Dans les urnes certes, mais surtout dans les luttes et le projet de société!

Écrit par : toto | 24/10/2009

« Face à l'évidente impasse du réformisme, constatée très largement dans la population, une alternative anticapitaliste et révolutionnaire est plus que jamais nécessaire. Dans les urnes certes, mais surtout dans les luttes et le projet de société! »

Ce genre de bla-bla, complètement incantatoire, cela fait plus de 40 ans que je l'entends. Je constate qu'on n'a pas beaucoup avancé. Ne crois-tu pas qu'il faudrait trouver autre chose pour faire progresser la conscience de ceux qui subissent les réformismes ultra-libéral et socio-libéral.

Preuve du cynisme de cette droite qui n'a plus peur de rien : hier, une poignée de députés socialistes et quelques UMP ont voté un amendement taxant de 10 % supplémentaire, les banques. Et bien, sans se dégonfler, Christine Lagarde annonce qu'un député UMP s'est trompé de bouton, et qu'il faudra revoter lundi. Un clou chasse l'autre, comme on dit. Après l'affaire du rejeton, nous voilà dans une nouvelle embrouille !.... Et malgré tout cela, le bon peuple n'a toujours pas compris qu'on les roule dans la farine, et qu'il faut..... (faire quoi au fait ?) !

Écrit par : Michel | 24/10/2009

"Ce genre de bla-bla, complètement incantatoire, cela fait plus de 40 ans que je l'entends." => je sais pas d'où t'as pu entendre ça il y a 40 ans, mais il est bien évident qu'à l'époque la majorité de la population croyait sincèrement au réformisme, et que l'impasse du réformisme n'était absolument pas une évidence.

Depuis il y a eu l'expérience réelle, avec notamment en France Mitterrand et Jospin (et Voynet au gouvernement pour les écolos, etc), ce qui a largement contribué à changer la donne.
Ne pas comprendre que nous avons changé de période, que la donne est différente, c'est faire preuve d'un aveuglement dogmatique inquiétant.

"Et malgré tout cela, le bon peuple n'a toujours pas compris qu'on les roule dans la farine" => ça c'est toi qui le crois. Le "tous pourris" n'est pas sorti de nulle part, il est parti d'un constat réel.
Faut arrêter de prendre les gens pour des cons derrière votre "avant-garde éclairée"...

Écrit par : toto | 24/10/2009

Tu dois certainement faire partie d'une intellingentsia parisienne qui a tout de suite compris que Fidel Castro n'était qu'un infâme dictateur, Ho Chi Minh un guerrier sanguinaire, Salvador Allende un réformiste de bas étage, et Mitterand un pourri de chez pourri.

Il faudrait aussi que tu arrêtes de t'auto-persuader que la foultitude de gens qui ne vont pas voter, qui ne font plus grève, qui en ont marre de manifester, et qui ne lisent même plus les journeaux, sont des révolutionnaires en herbe qui attendent l'arme au pied que le signal du grand soir soit donné.

Là où toi tu es d'un optimisme béat, moi je suis d'une grande, mais très grande inquiétude. La société capitaliste (malgré la crise qu'on nous annonce imminente) est d'une très grande puissance de persuasion, et n'est pas fragile comme en 1917. Et sa puissance, c'est surtout par l'emprise qu'elle peut avoir sur les esprits. Et là, nos programmes révolutionnaires, aussi élaborés soient-ils, ne leur arrivent même pas à la cheville.

Écrit par : Michel | 25/10/2009

Michel, tu transpires la mauvaise foi et tu fais exprès de ne pas lire. Personne n'a prétendu que les abstentionnistes sont révolutionnaires, tu es dans l'affabulation la plus totale. Ressortir l'expression bourgeoise du "grand soir" pour mieux discréditer quiconque n'est pas électoraliste, c'est très moyen.
Et on ne parle pas d'avoir anticipé ce que ferait Mitterrand, mais de ce que l'ensemble des travailleurs ont pu constater, à l'aune de leur expérience RÉELLE du pouvoir mitterrandiste ou jospinien.

En 1981, le vote gauche/droite était encore un vote DE CLASSE, ça a complètement disparu aujourd'hui. Tu devrais aussi t'interroger sur ce fait, sur la raison pour laquelle les classes populaires ne croient plus du tout en la gauche et ne voient plus de différence avec la droite, se réfugiant massivement dans l'abstention, voire l'extrême droite pour certains.

C'est par absence d'analyse du changement de période, par absence de mise à jour de votre logiciel, que les dogmatiques comme toi font des choix politiques totalement erronés, les amenant même à s'allier aux nationalistes chevènementistes ou staliniens pour chanter joyeusement la Marseillaise en cœur.

Écrit par : toto | 25/10/2009

Gilles, ton site est lu jusqu'à Kiev !... Attention, le Guépéou n'est pas loin....

Écrit par : Michel | 25/11/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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