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14/10/2009

Sarkozy perd les pédales. Qui en profite ?

Après le neveu, le fils. Il n’y avait pas assez d’une « affaire » (Clearstream), elles se suivent désormais à un rythme soutenu : une par semaine. Les médias s’en émeuvent mais passe allègrement sur l’essentiel. Car comment les Français jugent-ils la politique économique du gouvernement ? Eh bien plutôt sévèrement. Ainsi, selon un sondage (BVA), ils estiment à 60% que les mesures prises par le président « ne vont pas dans le bon sens pour limiter les effets de la crise », à 71% qu'elles « ne sont pas en adéquation avec les préoccupations des Français » et à 83% qu'elles « ne leur profitent pas équitablement à tous ». En somme « désordonnée » et « inefficace » à 65 %.

 

Avec la taxe carbone, la Poste, l’annonce de la suppression de la taxe professionnelle qui émeut même les élus locaux de la majorité (le coup de gueule de Juppé) et aujourd’hui encore une « réforme » des lycées qui fait pschitt, le pouvoir collectionne les bévues. Il a bien tenté de se rattraper sur la sécurité et l’immigration, mais il semble bien que, même là, ça sature, que ça ne passe plus. Le coup du fils propulsé à la tête d’une administration qui gère un budget de l’ordre d’un petit Etat a de quoi rendre circonspect n’importe qui. Dans un tel climat, une telle mesure, qui ne pouvait pas passer inaperçue, c’est à ce niveau là de l’incompétence. Et pourtant Sarkozy (le père) l’a fait. Perdrait-il la main ? Trop sûr de lui face à une opposition qu’il juge incapable de le contrer, estime-t-il que tout est permis ?

 

Evidemment tout cela n’ouvre pas une crise de régime. La 5e république en a vu d’autre. Mais quand même, à cinq mois des régionales, la crise sociale s’aggravant, et n’ayant plus guère de biscuits en poche – n’oublions pas ce fameux emprunt qui devait être la cerise sur le gâteau du plan de relance et dont on ne sait plus ce qu’il devient – le régime est en bien mauvaise posture. Et ça ne peut aller que de mal en pis. Reste qu’en face on n’est toujours pas tiré d’affaire, ce qui lui laisse du répit. Et quand je dis en face je pense autant à l’opposition politique qu’aux syndicats muets comme des carpes alors qu’il faudrait l’ouvrir.

 

De ce côté-là, la « votation » sur la Poste a sauvé les apparences. Tout juste, car on voit mal quel prolongement elle aura, si elle en a un. La relance du mouvement des sans-papier, comme la préparation en cours des marches contre la précarité, montrent que ce ne sont portant pas les initiatives qui manquent mais un puissant relais au niveau national. Et là, c’est-à-dire au niveau des confédérations, il faut le dire clairement on se moque ouvertement du monde. Pas même l’excuse d’une main tendue du pouvoir ou le début de l’ombre d’une quelconque promesse d’un os à ronger.

 

A la CGT, à quelques mois du congrès confédéral, les bouches commencent à s’ouvrir. Cela nous promet-il un congrès agité ? On s’assoit encore allègrement sur la démocratie dans la vieille centrale. Mais les troupes ne sont plus tenues comme avant. Il faut donc s’attendre à ce que ce congrès ne soit pas un lit de roses pour Bernard Thibault. Il l’aura amplement mérité. Son comportement a de quoi laisser pantois le plus légitimiste des cégétistes de base. Sauf que ce ne sont pas les coups de gueule désordonnés de tel ou tel qui changeront grand-chose. Comme pour la tête de l’Etat, une politique de rechange reste à construire.

Commentaires

La votation pour la poste ne fait pas que sauver les apparences , même sans effets
directement concrets. Elle se substitue aux mouvements syndicaux insuffisants pour
relayer le refus du passage en force au tout-privé .C'est au moins une mobilisation des consciences individuelles qui se rassemblent en dehors de tout mot d'ordre .
Il faut souligner cette nouvelle forme d'expression démocratique en France qui a plus
de valeur qu'un simple sondage d'opinions.

Écrit par : paul | 14/10/2009

Qu'est-ce qu'on attend pour faire la fête ?
Qu'est-ce qu'on attend pour se réunir en comité pour la défense de tous les services publics y compris la poste ?
Qu'est-ce qu'on attend pour montrer que la gauche est déterminée à défendre un programme de gauche ?
Qu'est-ce qu'on attend pour défendre un programme altenatif au modèle libéral ?
Qu'est-ce qu'on attend au lieu d'agir, alors que la droite répond "On n'a rien compris..."
Je vais dire Ferré disait "Nous vivons une époque épique mais nous n'avons plus rien d'épique."
C'est bien dommage, au demeurant.

Écrit par : JR | 14/10/2009

Paul, je suis d'accord avec toi. Mais j'étais hier à la remise symbolique des votes à la préfecture de la Charente-Maritime : nous étions tout au plus 150, toujours les mêmes. Ce qui ne m'a pas surpris. Je voulais seulement signifier par là qu'il en faudra beaucoup plus pour faire renaître de ses cendres le mouvement social.

Écrit par : Gilles | 14/10/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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