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12/10/2009

« Cette rengaine du MoDem devient lassante » - Noël Mamère

Le Vert Mamère a raison. Ce qui intéresse le PS ou Europe-écologie, ce n’est pas le « programme » du MoDem (il n’en a pas) ou, pour raisonner comme hier (il y a très longtemps), le fait que ce parti serait le représentant d’une tendance dans la bourgeoisie à la conciliation des classes (je sais c’est le genre de chose difficile à avaler aujourd’hui). Le MoDem est essentiellement un phénomène électoral « attrape-tout » construit autour d’un homme (Bayrou) et pour lui seul. Bref, il n’y a pas plus de « bourgeois » au MoDem que de « prolétaires » au PS. Pour le PS et Europe-Ecologie, ce qui les intéresse dans le MoDem c’est son électorat allant de la « gauche » à la « droite », sensible aux thèmes de l’écologique mais pas seulement, pour l’économie de marché mais pas seulement, etc.

 

Cette attirance pour le MoDem n’est d’ailleurs même pas un signe que cette « gauche plurielle » a viré « social-libéral ». Rien à voir également avec l’alliance entre la SFIO, le PCF et les Radicaux dans le Front populaire. En 1936, effectivement une partie de la « bourgeoisie » (représenté par le parti radical) choisit de s’allier avec des « partis ouvriers ». Mais en 1981, dans l’union entre le PS, le PC et les Radicaux (de gauche), ces derniers ne jouent plus aucun rôle politique. Ils sont là pour faire l’appoint. Quand le premier gouvernement Mitterrand applique une politique d’austérité contre les salariés, c’est au sein du PS (en réalité à la présidence) que ça se décide.

 

Il y a cependant une différence importante entre l’union de la gauche avec les radicaux, version 1981, et ce ballet autour du MoDem aujourd’hui. Quand en 2007, il fait plus de 18 % des voix exprimées, ce parti ouvre une nouvelle voie pour la « gauche plurielle », celle d’un parti démocrate à l’américaine, la seule alternative possible au déclin historique de la « gauche » social-démocrate. C’est la même idée très bien exprimée par Cohn-Bendit qui a conduit à faire passer les Verts, de la « gauche plurielle » à l’ambition de devenir, avec Europe-écologie, l’aiguillon de cette recomposition. Et cette perspective peut très bien réussir à terme. Tel est le véritable enjeu pour la « gauche de gauche », « radicale » ou « vraie gauche », comme vous voudrez.

 

Cette perspective est irréversible. Et c’est bien pourquoi l’unité de la « gauche de gauche » est décisive. Seul ce rassemblement peut faire obstacle à cette recomposition ou tout du moins la contrer. Mais certainement pas en faisant du MoDem un épouvantail à moineaux comme le font certains socialistes ou le PC mais en refusant très clairement de gérer des exécutifs avec le PS et les Verts. Car ce sont eux qui seront les artisans de cette recomposition (et pas le MoDem), même si au PS on a du mal à s’y résoudre. Non que les socialistes n’y soient pas prêts idéologiquement (ça c’est acquis), mais parce qu’ils savent que s’ils entrent délibérément dans cette voie en même temps que la « gauche de gauche » se rassemblera, c’est bien une partie de l’électorat « populaire » qui risque de leur faire défaut.

 

En conclusion, le PC ne sauvera pas la « gauche » en n’écartant pas l’idée de gouverner avec le PS et les Verts, sauf en cas d’alliance avec le MoDem. Il leur fournira seulement un alibi contre la promesse de reconduire ses élus, alibi dont le PS aura tôt fait de se débarrasser une fois ses sortants réélus. Sur la "tactique" à géométrie variable du PC, lire un article dans Marianne sur la situation en PACA.

 

Commentaires

Et en plus le PCF participera sans honte au futurs exécutifs PS même avec le MODEM , il faut arrêter de croire ces gros menteurs!

Écrit par : veriane | 12/10/2009

Que tu ne les crois pas, que je ne les crois pas. Ok, ça importe peu. Mais il y a encore quelque centaines de milliers de gens pour les croire, et c'est ça qui compte.

Écrit par : Gilles | 13/10/2009

Veriane, il ne s'agit pas de croire le PC.... Il s'agit que l'autre gauche soit unie au 1er tour, après on étudiera le rapport de forces... Il ne faut surtout pas s'arrêter à quelques élus pcf qui iront avec le ps peut-être même dès le 1er tour...

De toute façon à terme, je pense que les orga qui ne seront pas cohérentes en faisant un coup l'unité à gauche de la gauche, un coup en partant seules, un autre en y allant avec le PS dès le 1er tour, perdront le peu d'influence qu'elles ont encore...

Écrit par : des pas perdus | 13/10/2009

La population dans sa grande majorité, se fout de tout ça comme de l'an 40.

Par contre, elle a encore en mémoire les nombreuses privatisations du gouvernement Jospin, et notamment d'un certain ministre des transports, si vous voyez qui je veux dire.........

Croire que les travailleurs sont dupes sur la nature du PCF aujourd'hui (ou en tout cas de sa direction), c'est les prendre pour des cons.

Écrit par : toto | 13/10/2009

Sans s'attarder sur le "programme" du Modem, il apparaît que cette formation politique est avant tout l'expression électorale apaisée du "y a des gens biens à droite et à gauche".

Ce n'est plus une question de programme mais de personnes de bonne volonté

Il n'y a plus de classes sociales, mais un intérêt commun.

Si ce type de raisonnement a pu faire son chemin, et trouver un débouché électoral réel à la présidentielle, c'est que pour une grande partie des français il ne voit plus de différence entre la gauche (PS) et la droite.

Or si cette amalgame a pu s'opérer ce n'est surement pas parce que la droite serait moins à droite, mais bien parce que le PS est économiquement et idéologiquement suiviste par rapport à l'idéologie dominante.

En ce sens le phénomène Modem est le fruit de cet abandon progressif de la part du PS des valeurs et des repères qui bornaient le périmètre de la gauche.

Et c'est cela qui doit nous interpeller. Sur la nécessaire clarté programmatique des partenaires de la gauche avec lesquels nous pouvons faire ou non alliance. Mettre fin à la confusion idéologique et par là-même remettre à l'ordre du jour la réalité de la lutte de classe et son aspect inconciliable.

Le modem actuellement demeure un curseur nous permettant de mesurer le niveau de conscience de classe. Et plus ou moins l'électorat modem pourra se retrouver dans les programmes du PS et des Verts et plus nous aurons une mesure
de la capacité et de la légitimité des ces organisations à se revendiquer d'être de "gauche", avec toutes les conséquences que cela impliquera dans notre caractérisation de ces organisations .

Écrit par : VERGNES | 13/10/2009

l'électoralisme avant le projet politique, c'est ce qui détruit la crédibilité de toutes la classe politique...

Écrit par : rhizome | 15/10/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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