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11/10/2009

« Il faudra bien travailler avec le PS dans les régions. » - M.G. Buffet

Les «ateliers» du Parti communiste, pour un «projet de la gauche» ont débuté samedi à Marseille et à Grenoble. Le PG, qui ne voulait pas y participer, s’y est rallié finalement. Dans Libération, Marie-Georges Buffet définit ainsi sa ligne de conduite aux régionales : rassemblement du Front gauche avec ses deux principaux partenaires, le PG et la Gauche unitaire au premier tour (quid de la Fédération et des Alternatifs ?), avec pour perspective de gouverner avec le PS après le second tour, sauf dans le cas où celui-ci accueillerait le MoDem.

 

Interrogé ce matin sur Europe 1, Jean-Luc Mélenchon n’a pas pu faire autrement que d’admettre que c’était le PC, présent dans toutes les régions et disposant d’élus sortants, qui dominait le Front. Il a cependant précisé qu’il ne gouvernerait avec le PS que si le Front de gauche arrivait en tête au premier tour. Ajouté à cela la position toujours aussi déterminée du NPA exigeant, pour que des listes unitaires voient le jour au premier tour, que tous les participants s’engagent à ne pas participer aux exécutifs, et nous avons ainsi tous les éléments d’une équation impossible à résoudre.

 

Dans cette affaire, le PC se moque du monde et Mélenchon nous bourre le mou. Comment, à peine créditées de 6 à 8 %, les listes du Front de gauche, c’est-à-dire celle du PC et de ses deux satellites, peuvent-elles espérer arriver en tête ? Le PS va mal mais il n’est pas agonisant. Avec l’apport d’Europe-écologie il dominera à « gauche », avec ou sans le MoDem. Quant à espérer que le PS change du tout au tout de politique, vaste plaisanterie. En reconduisant tous les présidents sortants, il donne le ton. Si le Front de gauche veut virer en tête, ou tout du moins peser, il aura besoin du NPA et des autres.

 

C’est là que l’on mesure l’erreur du NPA aux européennes. En juin, profitant du cavalier seul de ce dernier, le PC, pour la première fois depuis des lustres, non seulement stoppait son déclin électoral, mieux encore gagnait des voix. De quoi nourrir une tactique de rassemblement à la gauche du PS à l’exclusion du NPA. Déjà, à la présidentielle de 2007, bien aidé il est vrai par la LCR, la PC avait tenté la même manœuvre, mais sans y parvenir. C’est que, même lavé de toutes ses taches d’ancien parti stalinien, même ayant perdu une grosse partie de sa base populaire, le PC a dû mal à accepter qu’on lui dispute le rôle de leadership qu’il a eu longtemps à la gauche du PS.

 

Mais qu’en a-t-il fait ? Si la « gauche » en est là aujourd’hui, le PC en partage la responsabilité autant que le PS. Sa cogestion des affaires avec le PS sous Mitterrand, puis entre 1997 et 2002 avec Jospin, témoigne de l’impossibilité de gouverner avec le PS à moins de subir sa loi. Sauf pour « aller à la soupe ». Nul ne de doute que tel est bien l’esprit qui domine parmi de nombreux élus du PC. L’habillage « Front de gauche » que Buffet voudrait donner à cette énième version de la « gauche unie » importe donc finalement peu. C’est l’intention qui compte.

Commentaires

@ Gilles

Tout d'abord le PC (FDG) a fait un score identique à celui des précédentes Européennes et avec le PG dans ses bagages....donc point d'augmentation, voire diminution

Donc une fois de plus accuser le NPA d'avoir permis au PC d'améliorer son score est une contre-vérité devant Gilles ne recule pas, pour une fois encore chercher des poux à son propre parti.

Et si le PC avait gagné des voix, où les aurait-il trouver? Chez les électeurs du NPA, du PS , des Verts, chez les abstentionnistes encore plus nombreux?

Gilles arrêtes de méler le NPA à toutes les positions que prennent les autres orgas . Elles défendent leurs propres intérêts, rien de bien surprenant.

Si le NPA n'existait pas, tu l'inventerais juste histoire de l'accuser de tous les maux.

Écrit par : VERGNES | 11/10/2009

Je compare avec le premier tour de la présidentielle de 2007. Entre 2007 et les européennes, la LCR-NPA a perdu 800.000 voix et le PC (avec l'aide du PG) en a gagné 200.000.

Entre PC et NPA nous avons, pour l'instant, deux orientations diamétralement opposées. L'un veut éliminer l'autre. C'est clair, idiot et improductif. Pour le NPA s'est même dangereux.

Écrit par : Gilles | 11/10/2009

@VERGNES

J'y reviens. Pourquoi cet aveuglement ?
Il n'y a que la majorité du NPA pour nier ce fait que nous avons subi un recul. Ce qui explique l'infléchissement dans l'orientation de la majorité, dont s'alarme nos "gauchistes". Certains estimant même que la majorité est venue sur notre orientation, ce qui est faux.
Mais il est vrai qu'après avoir écouté le représentant de la CE à ma réunion régionale je suis tombé sur le cul. Je lui ai fait remarquer que je partageai une bonne partie de son point de vue. Mais pas la conclusion sur le maintien de la clause qui empêche toute unité.
Mis à part ces remarques tu as une lecture sélective de ce billet entièrement consacré au PC et à ses élus qui vont "à la soupe".

Écrit par : Gilles | 11/10/2009

Beaucoup de pessimismes dans ce billet, que je ne suis malheureusement pas loin de partager.

Le fait est que jusqu'à aujourd'hui, "pris par l'actualité" (ce qui arrive très fréquemment au PCF), Fête de l'Huma puis Votation Citoyenne sur la Poste, à ma connaissance, il ne s'est pas encore tenue beaucoup de réunions des sections du PCF pour faire remonter aux dirrigeants le sentiment de la base.
D'autant plus que le "centralisme démocratique" a encore quelques restes : si désormais les militants votent, beaucoup attendent que la direction se prononce pour dire s'ils sont d'accord ou pas, plutôt qu'essayer de dire d'abord leur opinion afin d'influencer les choix prix par la direction.

Bref, aujourd'hui, bien malin qui peut savoir ce que pense la base communiste de tout cela ; d'autant plus quand la direction bourre le mou des adhérents sur le thème "le NPA pose des conditions impossibles" alors qu'on peut en dire autant du PCF.
Néanmoins, dans les quelques camarades avec qui j'ai pu en parler, on ne peut pas dire que partir au 1er tour avec le PS soulève un enthousiasme démesuré.

Bref, je suis moi aussi très pessimiste et très amers. La seule chose de positif dans tout cela, c'est que parti comme ça, je vais sans doute économiser ma cotisation au parti communiste du mois de décembre, et je pourrais partir en vacances au printemps 2009.

Écrit par : Laurent MELY | 11/10/2009

Un ajout supplémentaire :

A mon sens, la stratégie qu'il faudrait adopter actuellement, ce serait un accord NPA - PG, mettant le PCF "au pied du mur". Il me parait très difficile pour la direction nationale du PCF d'expliquer aux adhérants soit qu'il faut partir seul contre un "front de gauche NPA + PG", soit qu'il faut partir avec le PS. Le PCF serait bien obligé de se rallier...

Écrit par : Laurent MELY | 11/10/2009

Mélenchon voulait son "die linke". Le PC veut son "union de la gauche".

Deux projets contradictoires, mais opportunisme électoral d'appareil le PC qui s'appuyant sur l'aspiration à l'unité pour construire une vraie gauche, fait un deal avec Mélenchon: c'est le FDG Européen. L'activité de ce FDG se résumant à une réunion en 4 mois pour créer un comité de liaison, preuve qu'il n'y avait aucun lien ni plate-forme entre ses partenaires.

Aujourd'hui Mélenchon (seule voix du PG, toujours pas de Congrès programmatique) navigue à vue.

Qu'est devenu la proposition d'alliance su 3 élections? Son refus de participer aux ateliers PC/PS ?

L'autre élément est la crainte du PS d'être devancé par les Verts. Le FDG (7% au mieux) le sait, et c'est cela qu'il vient négocier dans les ateliers.

D'un côté le PG affirme son indépendance pour le 1er tour, et dans le même temps commence à négocier sur le programme pour le 2éme tour.

Quant au PC (sa direction), sa position est sans surprise il optera toujours pour des options locales qui lui rapporteront le plus d'élus. Donc inutile de s'offusquer sur ses méandreuses positions.

Il participera même à des alliances Ps/modem en expliquant doctement que c'est le PS qui a fait ce choix et qu'il n'est pas comptable des mauvais choix du Ps qui lui se justifiera au nom de tout faire pour battre la droite.

Tout cela nous le savons, nous ne sommes pas naifs. Et en ce sens la position du NPA demeure un point de repére utile pour tous ceux qui ont cru au mirage FDG comme creuset d'une autre gauche.

Écrit par : VERGNES | 11/10/2009

"A mon sens, la stratégie qu'il faudrait adopter actuellement, ce serait un accord NPA - PG, mettant le PCF "au pied du mur". Il me parait très difficile pour la direction nationale du PCF d'expliquer aux adhérants soit qu'il faut partir seul contre un "front de gauche NPA + PG", soit qu'il faut partir avec le PS. Le PCF serait bien obligé de se rallier..." => c'est exactement le calcul qu'ont fait Mélenchon et l'exécutif du NPA. D'où toute la tambouille actuelle.

Mais vous remarquerez que dans tout ça, ça parle d'alliances dans tous les sens, au premier tour ceci, au second cela...... mais il n'est jamais question de fond politique!

Car à un moment donné, il faudra bien expliquer ce soutien inattendu à une nouvelle gauche plurielle, et la politique qui en découlera...

Écrit par : toto | 12/10/2009

Toto, si tu savais... La rumeur m'a dit qu'il y avait eu en effet une rencontre "secrète" encore le NPA et le PG. Mais Vergnes dira que je prête trop d'attention aux rumeurs. Sur le fond, je suis en désaccord avec ces manoeuvres. Pour mettre le PC au pied du mur, levons l'interdit de la clause de non-participation, laissant au second tour à chacun la liberté de choisir.

Écrit par : Gilles | 12/10/2009

Bof les rumeurs de réunions secrètes, de complot, tout ça, très peu pour moi. Contentons nous du réel, de l'avéré. C'est largement suffisant.

Maintenant la priorité est-elle dans ces manœuvres d'appareil ou dans le message politique, là est la question...

Je crois qu'on donne bien trop d'importance à ces partis du passé, et pas assez à construire les perspectives d'avenir.

Écrit par : toto | 12/10/2009

Eh bien, oui, Toto, je suis d'accord avec toi. Il n'empêche que...

Écrit par : Gilles | 12/10/2009

Deux remarques :

a/ Je parle volontairement d'alliance et pas de contenu. Parceque parler d'alliance, c'est parler de contenu. Pour le PCF, faire le choix du NPA ou du PS, c'est faire le choix d'un projet, l'anticapitalisme ou la social-démocratie.

Il faut être en accord avec son "temps politique". Et le temps politique d'aujourd'hui, c'est le "story telling", pas le projet. Aujourd'hui, qui va s'amuser à lire un programme en 100 points pour définir s'il est d'accord ou pas ? Par contre, l'alliance et la réconciliation entre les anciens troskystes et les anciens staliniens, l'union de toute la gauche radicale, ça, c'est un symbole, ça c'est une "histoire" qui politquement à un sens !


b/ Là où je pense que Mélenchon fait une grosse faute d'analyse, c'est en voulant importer tel quel le modèle "Die Linke" en France. Les ex-communistes de l'ex-RDA n'ont pas grand chose à voir avec les communistes français, l'histoire politique de l'Allemagne est très différente de celle de la France.
En France, les organisations politiques "historiques" ont un poids symbolique et une force militante qui les rend incontournable. L'unité de la gauche anticapitaliste ne se fera qu'avec ces organisations, comme l'a bien démontré l'échec de la candidature antilibérale à la présidentielle de 2007.
Je vous invite à ce sujet à lire l'article de mon blog :

http://pensees-politiques.over-blog.net/article-votation-citoyenne-sur-l-avenir-de-la-poste-un-exemple-pour-l-avenir--37307865.html

Écrit par : Laurent MELY | 13/10/2009

@Laurent Mély :
Si je comprends bien, tu fais du contenu politique la conséquence de l'alliance et non l'inverse.
Je veux bien admettre que pour le PCF, s'allier au PS ou au NPA représenterait un contenu politique différent. Même si aujourd'hui, le PCF envisage de faire liste commune au premier tour, mais pas de renoncer à la cogestion avec le PS ensuite (donc le contenu politique RÉEL serait bien celui du PS).

Reste que pour moi c'est prendre le problème à l'envers. La question des alliances, notamment au second tour et notamment la question de la cogestion, sont justement la conséquence du contenu politique que l'on veut défendre dans les institutions.
Si l'on est contre les subventions au privé, contre les licenciements, etc, il n'est pas possible d'envisager de cogérer avec le PS.

D'autant que je ne crois pas qu'une alliance NPA-PCF garantisse de faire campagne sur un contenu anticapitaliste, et ce n'est pas le chemin qui est pris aujourd'hui.
Je ne suis pas non plus convaincu que ce soit la volonté de la majorité des militants PCF (au vu du dernier congrès).
Bref, non seulement il n'est pas évident que le fond politique découle "naturellement" de l'alliance choisie, mais discuter alliance sans parler des bases politiques sur lesquelles construire l'alliance (pas en 100 points mais sur quelques points clé) n'est pas la meilleure manière de mener à bien les discussions, de mon point de vue.

Sur la mauvaise analyse de Mélenchon, je suis assez d'accord. Je reste pour l'instant partagé entre "Mélenchon fait de mauvaises analyses", et "il est doué quand-même". Car c'est quand-même un politicard pourri de chez pourri, qui maîtrise à merveille l'art de la politique politicienne.
Avec le PG, il a tenté un coup de poker dans des conditions loin d'être idéales (mais moins mauvaises que ce que je pensais au début), et il ne s'est pour l'instant pas cassé la gueule comme on aurait pu le croire.
Il faut dire que les directions du NPA et du PCF lui servent la soupe pour l'instant. En ça il est très très fort...

Écrit par : toto | 13/10/2009

Tout-à-fait d'accord avec Laurent Mély. Le PCF est parfaitement capable de nous sortir un programme anticapitaliste pur jus, tout comme il est capable de co-gérer l'économie libérale avec le PS. Donc selon qu'il choisira l'une ou l'autre des options, il s'alliera avec le PS ou le NPA. Encore faudrait-il que ce dernier ne le repousse pas trop fort... Je suis également sensible à la symbolique que tu soulèves entre anciens « trotsko et stals ». Si nous, on arrive à dépasser ce clivage, on se demande pourquoi les autres n'y parviendraient pas. Les gauchistes du NPA nous opposent une rivalité entre anticapitalisme et antilibéralisme. A ce que je sache, dans l'histoire, cette guéguerre n'a jamais fait aucun mort !... A l'époque où j'ai connu le PC il était stalinien. Notre combat était autant physique (cassage de gueules) qu'idéologique. Aujourd'hui, on n'en est plus là, les barres de fer on été rangées au placard, et on arrive à se parler. Un pas énorme a été fait, et parler d'alliance entre PCF et NPA aurait été inimaginable il y a quelques années.

A voir ton blog, dans le 94, ils ont l'air de jouer à fond la carte « Front de Gauche ». Malheureusement, il n'en est pas de même partout... Je trouve au contraire Mélenchon très habile, et si la gauche de gauche parvient à se rassembler ce sera en grande partie grâce à lui. Il n'y a que toto pour croire qu'il pourrait se casser la gueule. Quand à dire que c'est un « politicard pourri de chez pourri », je me demande comment qualifier alors Henri Weber qui vient du BP de la LCR pour aller au PS sur les positions les plus droitières de ce parti ! Au moins Mélenchon, il a effectué son parcours dans le bon sens !...

Écrit par : Michel | 13/10/2009

Je crains, Toto, d'être d'accord avec Michel et Laurent. Ce qui ne dispense pas de faire un bon programme commun, bien anticapitaliste. Après le PC en fera qu'à sa tête et quand il commettra des fautes nous pourrons le dire. mais qui lit les programmes ? 1%, 2% des électeurs. C'est la dynamique unitaire qui compte. C'est comme ça que sa va être compris. C'est la vieille discution sur le programme de Gotha, une horreur selon Marx et Engels. Ce drnier disant, si des journalistes lisent, ils ne manqueront pas d'en relever les erreurs grossières. Et Marx disait mieux vaut un bon programme d'action qu'un mauvais programme. Or ce qui s'est passé c'est que l'unité des socialistes c'est fait (1875) ; que tout le monde n'y a vu que du feu ; que ça a marché. Et Engels de conclure : eh bien tant mieux.

Écrit par : Gilles | 13/10/2009

Pour TOTO

"Tout pas fait en avant, toute progression réelle importe plus qu'une douzaine de programmes. Si donc on se trouvait dans l'impossibilité de dépasser le programme d'Eisenach, - et les circonstances ne le permettaient pas, - on devait se borner à conclure un accord pour l'action contre l'ennemi commun. Si on fabrique, au contraire, des programmes de principes (au lieu d'ajourner cela à une époque où pareils programmes eusent été préparés par une longue activité commune), on pose publiquement des jalons qui indiqueront au monde entier le niveau du mouvement du Parti. Les chefs des lassalliens venaient à nous, poussés par les circonstances. Si on leur avait déclaré dès l'abord qu'on ne s'engagerait dans aucun marchandage de principes, il leur eût bien fallu se contenter d'un programme d'action ou d'un plan d'organisation en vue de l'action commune. Au lieu de cela, on leur permet de se présenter munis de mandats qu'on reconnaît soi-même avoir force obligatoire, et ainsi on se rend à la discrétion de gens qui ont besoin de vous. Pour couronner le tout, ils tiennent un nouveau congrès avant le congrès d'unité, tandis que notre parti tient le sien post festum ! On voulait manifestement escamoter toute critique et bannir toute réflexion de notre propre parti. On sait que le seul fait de l'union donne satisfaction aux ouvriers, mais on se trompe si l'on pense que ce résultat immédiat n'est pas trop chèrement payé.

Au surplus, le programme ne vaut rien, même si l'on fait abstraction de la canonisation des articles de foi lassalliens."

Marx dans la Critique du programme de Gotha

Écrit par : Gilles | 13/10/2009

Toto,

Tu donnes toi même les arguments qui vont dans mon sens sur la question du programme et des alliances : "Si l'on est contre les subventions au privé, contre les licenciements, etc, il n'est pas possible d'envisager de cogérer avec le PS."

En disant cela, tu dis exactement ce que je veux dire :
"Choisir de cogérer avec le PS, c'est faire un choix de programme que chacun connaît" Tu le cites toi même.
"Choisir d'aller avec le NPA, c'est aussi faire un choix de programme que chacun connaît". A moins que tu supposes que l'électeur moyen ignore ce que sont les positions politiques du NPA ?

Écrit par : Laurent MELY | 13/10/2009

Gilles, qui parle du "programme"? J'ai parlé de bases politiques, c'est très différent.
Dans le passage que tu cites, Marx parle d'un accord POUR L'ACTION contre l'ennemi commun. Je pense que si l'on pouvait obtenir un tel accord, ça permettrait d'avancer vers un LKP à la française. Or l'action est pour l'instant sujet tabou, seule la soupe électorale semble intéresser les uns et les autres.
Par ailleurs, citer le SPD comme un exemple de réussite, quand on sait à quelle vitesse il s'est embourgeoisé, a pris position pour la première guerre mondiale, combattu la révolution allemande et assassiné Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht....... y a pas de quoi trouver positif le résultat d'un parti construit sur un tel vide théorique!

Par ailleurs, si "personne ne lit les programmes", et que le programme sur lequel on se présente aux élections n'a aucune importance, je pense qu'il est inutile de se présenter aux élections.
Je pense au contraire qu'il faut avoir quelques mots d'ordres centraux forts sur lesquels mener campagne (seule une minorité ira lire le programme en entier) et qu'il faut rassembler largement autour de ces mots d'ordre.

La capacité du PCF à adopter une ligne anticapitaliste peut se discuter. Mais la déclaration de Francis Parny CONTRE l'anticapitalisme ne laisse pas beaucoup d'ambiguïté sur ce que pense la direction du parti.
Une analyse objective et pragmatique des comptes du PCF, de ce qui fait vivre aujourd'hui l'appareil du parti, aide à comprendre ce qui guide aujourd'hui les choix de la direction, et que celle-ci ne peut pas faire autrement, mis à part de mettre la clé sous la porte et tous ses permanents au chômage...

@Michel : Weber est tout aussi "pourri de chez pourri" que Mélenchon, et assez doué aussi. Je préfère un gars comme Filoche qui a au moins la sincérité de ses engagements. Mélenchon est passé du lambertisme au mitterrandisme, je ne sais pas si c'est "le bon sens", ne me sentant proche ni de l'un ni de l'autre.

Quant aux histoires d'anciens combattants, elles peuvent expliquer la fracture historique, mais elles n'ont pas grand chose à voir avec le fossé politique actuel.
Je ne me réclame pas du trotskisme (encore moins du stalinisme), mais bien d'une radicalité anticapitaliste révolutionnaire qui doit prendre le meilleur des différents courants du mouvement ouvrier, comme outil d'analyse, de décision et d'action.
D'ailleurs, je me sens plus proche de Laurent Mely que de toi. Comme quoi ça n'a rien à voir avec des étiquettes et combats passés.

Et le problème de choisir entre ANTIcapitalisme et ALTERcapitalisme n'est pas un problème secondaire.

Écrit par : toto | 13/10/2009

@Laurent : on est d'accord. Mais une alliance servant uniquement à obtenir des élus pour ensuite cogérer avec le PS signifierait de défendre comme contenu RÉEL celui du PS.
En ce sens, notre majo a raison de poser comme condition le refus de cogestion dans les exécutifs, c'est-à-dire une fusion technique au second tour et non pas une fusion politique (donc prenant le programme du PS).

La difficulté pour l'instant, c'est que comme les bases politiques sont exclues de la discussion, ça apparaît pour le plus grand nombre comme de la tambouille d'appareils (donc rejet) avec pour seul objectif celui de trouver la combinaison permettant d'obtenir le plus d'élus (ce qui est le seul critère pouvant faire pencher la direction du PCF dans un sens ou dans l'autre, survie oblige).

Pour l'instant dans la négociation, l'exécutif du NPA a décidé de lâcher sur le fond politique (acceptant un alignement sur les bases du PCF) pour uniquement se focaliser sur l'indépendance par rapport au PS.
Il est donc très peu probable que la campagne se fasse sur des bases anticapitalistes. Du point de vue du PCF, ce sera toujours plus à gauche (au 1er tour) que de faire campagne avec le PS, mais ça restera une campagne autour de "gestion du système" dans les institutions bourgeoises (cela même que Gilles semble rejeter sur le fond, mais qu'il défend en pratique => c'est ce que je n'arrive pas à comprendre chez lui).

Dans tous les cas, quoi qu'il arrive maintenant, le NPA sera perdant à tous les coups. Mélenchon a joliment réussi son coup, de ce point de vue.

Personnellement, je n'ai aucun problème à mener une campagne politique avec qui que ce soit. Mais ça dépend pour dire quoi, et pour faire quoi ensuite.
Dans les conditions actuelles, telles qu'elles s'annoncent, je ne ferai pas campagne aux régionales.

Écrit par : toto | 13/10/2009

Juste pour répondre à cette question : "A moins que tu supposes que l'électeur moyen ignore ce que sont les positions politiques du NPA ?"

Je pense effectivement que l'électeur moyen ne connaît pas plus que ça les positions politiques du NPA (une seule campagne, totalement inaudible, ce n'est pas franchement suffisant pour se faire entendre), qu'il ne connaît pas franchement les réponses du NPA face à la crise ........ et qu'il les connaîtra d'autant moins si le NPA fait campagne sur les bases politiques du PCF! (ou du PG)

Écrit par : toto | 13/10/2009

Toto, ce que tu n'arrives pas à comprendre chez moi, c'est que je suis marxiste : "Tout pas fait en avant, toute progression réelle importe plus qu'une douzaine de programmes." (Marx)

C'est tout, c'est clair, c'est net. Une alliance PC, PG, NPA et les autres serait un pas en avant.

Écrit par : Gilles | 13/10/2009

Gilles, Marx parle bien de "pas fait EN AVANT", pas de pas fait en arrière.

On n'en est pas encore à parler de programme aujourd'hui.
Mais avec ton raisonnement, une grande alliance incluant aussi le PS, le Modem, Villepin (car antisarkoziste), Dupont-Aignan et cie serait un grand pas en avant au sens marxiste...........

Bref, ta justification ne justifie rien. Utiliser cette citation à toutes les sauces, dans n'importe quel contexte, sans expliquer en quoi c'est censé être un pas en avant, ce n'est pas vraiment un argument politique...

Écrit par : toto | 14/10/2009

Là, tu pousses le bouchon un peu loin. Evidemment je parle de l'alliance de la "gauche de gauche", PC compris. Elle serait, à l'évidence un pas en avant. A moins de considérer, comme Lassalle, que tout le reste, hormis le parti, est une "masse réactionnaire". Ce qui déclencha une critique sévère des deux compères (Marx et Engels). Je pourrais, sur ce même thème, te citer une lettre d'Engels à propos de l'AIT et de Bakounine.

Écrit par : Gilles | 14/10/2009

Justifier avec des citations de Marx avec une phrase aussi bateau ne signifie rien. Je pourrais aussi te trouver une citation (pas le temps de chercher mais tu dois connaître) où il adopte une attitude très "anti-unitaire" de l'organisation politique. Ça ne serait pas un argument d'autorité pour autant.

Par contre "gauche de gauche", je suis désolé mais ça ne veut rien dire. Être à gauche du PS ne donne pas pour autant une base commune.

Le pas en avant en matière d'organisation politique serait justement de construire sur une base commune. Le NPA est un pas en avant. S'il survit aux multiples tentatives de sabotage bien entendu.
Mais présenter un accord électoraliste pour le premier tour uniquement(!) de forces politiques hétérogènes comme un "pas en avant", il faudrait préciser : pas en avant pour qui? pour quoi?

Personnellement je verrai un pas en avant, lorsqu'on aura réussi à amener ces partis, ou une fraction de ces partis, sur des bases communes.
Mais je pense que le pas en avant sera bien plus grand si l'on arrive à organiser politiquement une part significative de la jeunesse, des précaires, des immigrés, etc, qui sont en rupture avec les partis institutionnels (voir la proportion d'abstentionnistes dans la société).
La question est bien de voir "petit bras" ou de voir grand. Et quelle ambition on a pour l'avenir.

Écrit par : toto | 14/10/2009

Concernant la possibilité d'avoir un projet antiapitaliste aux élections, je voudrais rappeler quelque chose. Nous sommes dans une société capitaliste, et les régions n'ont pas le pouvoir de changer le système.

Dirriger une région nécessite par essence de dirriger une entité dans le système capitaliste. A moins de faire un programme régional innapplicable et ne tenant pas comtpe des compétences et pouvoir des régions, le projet régional s'inscrira forcément dans le système capitaliste où s'inscrit la région.
Faire campagne aux élections régionales sur le thème "SMIC à 1500 €", "re-nationalisation d'EDF-GDF", "interdiction des licenciements" et que sais-je, serait sans doute assez proche d'un programme anticapitaliste. Sauf que ça n'est pas dans le domaine de compétence des régions.

Donc, soit le NPA ne se présente qu'aux élections législatives et présidentielles, les seules qui permettent - dans l'hypothèse d'une prise de pouvoir - de rompre avec le capitalisme ; soit le NPA accepte d'avoir un programme conforme à ses idéaux mais qui s'inscrit également dans la réalité du système - capitaliste.

Je me refuse à me présenter aux élections avec un programme que je sais être innaplicable, juste pour bénéficier d'une tribune. C'est soit mentir aux électeurs, soit dénaturer le sens d'une élection.

Maintenant, je pense que le fait d'avoir pour horizon le communisme implique forcément d'avoir un projet différent du projet social-démocrate, même si ce projet s'inscrit dans une société capitaliste avec lequel je suis dans l'incapacité de rompre, et nécessite d'avoir une liste, un projet pour les défendre.

Ensuite, si le rapport de force donne à l'issu du 1er tour 12% pour la gauche radicale et 14% pour le PS, alors que nous tallonnons le PS et pouvons légitimement avoir une "minorité de blocage" en région, faudrat-il lui laisser les mains libres ?
Je ne le pense pas...

Écrit par : Laurent MELY | 14/10/2009

@Laurent Mély : c'est là un point de désaccord central et on rentre là dans le vif du sujet et du contenu politique, et non plus dans des histoires électoralistes d'alliances dans l'abstrait. C'est beaucoup plus intéressant! :)

La question est : est-ce qu'on se présente dans le but de diriger les exécutifs régionaux (et qui dit diriger, dit CO-diriger avec le PS et gestion du capitalisme, en effet) ou dans une perspective anticapitaliste?

Perspective anticapitaliste ne veut pas dire programme "hors-sujet" de type lambertiste, où l'on parle de choses qui n'ont rien à voir avec les régionales.
Mais perspective anticapitaliste signifie nécessairement rupture avec l'ordre établi et impossibilité de (co)diriger les exécutifs régionaux.

Et je pense que c'est important de l'intégrer dans la manière de faire campagne, et de ne pas mentir en promettant la lune "si vous votez pour nous", mais expliquer clairement le rôle d'élus anticapitalistes dans les institutions : relayer les luttes et revendications populaires, surveiller et dénoncer ce qui se trame dans ces institutions, etc, en clair être un point d'appui pour le combat anticapitaliste, au service des luttes sur le terrain.

Moi, ce que je refuse, c'est justement d'aller aux élections sur des bases régulationnistes, avec l'objectif de gérer les institutions bourgeoises et autour d'un programme de gestion.
C'est toute la différence entre utiliser les élections pour créer une dynamique mobilisatrice ou au contraire, une dynamique démobilisatrice ("votez pour nous, on s'occupe de tout").

On touche là un désaccord de fond, qui est tout autre que la construction d'un programme (on n'en est pas là), mais dont la clarification est à mon avis un préalable à la possibilité d'un accord, autrement plus concret que de poser abstraitement la question de l'indépendance ou non par rapport au PS.

Écrit par : toto | 14/10/2009

Je précise que Gilles pose le même problème que moi quand il prône "surtout un rassemblement de forces politiques s’appuyant sur un programme qui ne fera plus de l'État l'outil du changement".

Ce sur quoi je suis d'accord avec lui. Je n'arrive juste pas à comprendre la traduction pratique qu'il fait de ce principe (qui me semble en contradiction totale).

Écrit par : toto | 14/10/2009

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