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08/10/2009

Les idées noires de Monsieur Hulot

« La solidarité ou le chaos » de Nicolas Hulot serait-il la version moderne du « socialisme ou barbarie » de Rosa Luxembourg ? La « société du spectacle » se substituant en quelque sorte à un mouvement ouvrier hors course. Tout un symbole ! Je n’ai pas vu « Le syndrome du Titanic », le film-coup de poing de l’animateur vedette de TF1, juste la bande annonce. J’ai écouté en revanche son auteur expliquant sa prise de conscience tardive des conséquences dramatiques  du modèle économique dominant pour la nature et l’humanité. Là où Hulot reste confondant de naïveté c’est lorsqu’il déclare ne voir d’autres solutions pour mettre un terme à ce désastre à venir qu’à s’en remettre à la « puissance publique ».

 

Au bord de l’anticapitalisme, de plus en plus antilibéral, Hulot n’arrive pas à s’émanciper de l’Etat. Il n’est pas le seul. C’est même le péché mortel d’un mouvement ouvrier devenu productiviste et étatiste, et pas seulement sous la férule des partis « communistes » quand ils étaient (ou quand ils le restent comme en Chine) au pouvoir. On en voit le résultat aujourd’hui encore, même jusque dans le programme du NPA où l’on surenchérit sur les revendications économiques des syndicats et des autres partis de la « gauche ».

 

Prenons, par exemple, l’industrie automobile, l’un des piliers du « modèle économique dominant ». La CGT exige un plan de sauvetage et de ré-industrialisation. Nous, c’est : « interdiction des licenciements ! » Si nous sommes réellement ce que nous affirmons (écologistes), est-ce le bon mot d’ordre ? Ne faudrait-il pas lui préférer : « réduction de la semaine de travail à 32 h » et mutation à marche forcée de ce secteur vers une activité plus « durable », moins polluante, moins destructrice en énergie et en matière première. Est-ce sentiment que nous donnons ?

 

Quand on fouille un peu dans notre programme (en fait nous n’en avons pas ; ce que nous avons c’est un programme d’urgence, un catalogue revendicatif, c’est ce qu’à découvert récemment le CPN) on trouve ceci : pas d’aides publiques aux entreprises. Soit. Même pas à celles, par exemple, qui se mettraient à investir et à créer des emplois dans des secteurs qui protégeraient l’environnement ? Admettons que nous soyons interpellés par des salariés intéressés par de tels projets, que leur dirions-nous ? Attendez la fin du capitalisme ? On voit bien combien nous-sommes démunis face à de telles situations. En somme, on fait du super-syndicalisme et pas assez de politique, c’est plus facile.

 

Si Hulot a des « idées noires », c’est que plus ou moins consciemment, il ne sait pas à quel saint se vouer. Il a vu ce que la droite est capable de faire avec l’écologie. Il ne voit pas ce que la gauche peut faire. Alors, comme l’ouvrier de chez Renault ou de Peugeot, il se retourne vers l’Etat et crie à l’aide. A ce train, les idées noires de Monsieur Hulot vont bientôt virer au cauchemar. Quelqu’un aurait dû lui expliquer que c’est l’Etat qui a permis et encouragé la dérégulation ; que c’est l’Etat qui s’est porté garant du crédit à risque dans l’immobilier (Sarkozy voulait faire de même) ; que c’est l’Etat qui, pour de grands groupes, garde la main sur les réserves pétrolifères ; que c’est l’Etat qui laisse faire le déboisement ou ne fait rien pour l’empêcher… S’adresser à l’Etat, c’est en quelque sorte demander au Diable de faire le bien puisque Dieu n’y pourvoit pas.

Commentaires

En voilà un qui aurait dû participer au débat sur l'automobile à l'université d'été, ça lui éviterait de telles platitudes et contre-vérités... :P

Sur la gestion écologique de la situation dans l'automobile, l'interdiction des licenciements est justement un PRÉALABLE INDISPENSABLE pour penser la société autrement que le tout-automobile.


Là où je te trouve très bon, Gilles, c'est quand tu te mets à prôner l'aide publique au privé, au prétexte qu'il serait plus "écologique" qu'un autre. En clair, ce qu'on appelle le "capitalisme vert".
La démarche écosocialiste concrète t'échappe manifestement. Dommage. A te lire, je doute fort que tu sois investi dans des luttes écosocialistes concrètes.

D'autant plus que c'est assez contradictoire avec ta conclusion anti-étatiste. Tout comme il est à mon avis contradictoire d'être anti-étatiste et de tout miser sur les élections dans le même temps...

Écrit par : toto | 08/10/2009

Le bon peuple devrait savoir que c'est à l'université d'été du NPA que tout ce passe, entre "initiés". Je transmettrais également le message du NPA aux salariés d'Heuliez : demain, on rase gratis. Toto est farceur, comme son "pseudo" l'indique.

Écrit par : Gilles | 08/10/2009

Tu es vraiment membre du NPA???

Tu sais qu'il y a un parti réel, avec des rencontres réelles, de l'élaboration réelle, entre militants réels et pas entre pseudos sur un blog?
Il y a une commission nationale écologie qui tourne, une rencontre nationale écologie annuelle, une université d'été qui est l'évènement central du parti en terme de formation et de débats théoriques. Tu ignores l'existence de tout ça? Ou tu fais semblant?

Écrit par : toto | 08/10/2009

Nicolas Hulot ne sait pas à quels saints se vouer, c'est exact. Mais il n'est pas le seul !... Entre toto qui dit « attendons le socialisme » et Gilles qui prône « la semaine de 32 h »... on peut être inquiet sur le devenir de cette planète.

Certes, la prise de conscience individuelle n'est pas suffisante... Et si chacun se met soudain à polluer deux fois moins, ça ne nous sauveras pas !... Mais ça rendra quand même la vie plus agréable, si cela peut avoir un sens pour vous !

Le recours à l'état ? Moi je dis : pourquoi pas ? C'est à lui de fixer les règles. Le Grenelle de l'environnement, même si ce n'est pas la panacée, c'est mieux que rien ! Avancer des mots d'ordre, aussi justes soit-ils, ne fait rien avancer dans ce monde où nous ne sommes pas aux commandes. C'est juste bon pour animer les cortèges entre République et Bastille ! Car le NPA qui ne veut pas se mêler aux éxécutifs, il pourra toujours brailler tout ce qu'il veut, cela ne changera rien.

Alors soyez logiques et ne critiquez pas ceux qui, pour l'instant, vous ouvrent les yeux, et vous mettent en face de vos responsabilités. Lui, il ne fait pas de politique. Il dit simplement : « On est dans un sacré merdier, il faut faire quelque chose ». Que les politiques fassent leur boulot, lui, il a fait le sien : nous mettre en garde.

Et j'attends toujours votre programme écologique. Pas celui d'après le capitalisme, mais celui qu'il faut avancer dès maintenant, car le capitalisme il a encore de beaux jours devant lui. Pas nous !

Écrit par : Michel | 08/10/2009

@Michel qui dit : "Entre toto qui dit « attendons le socialisme »" => bravo pour la calomnie. Trouve moi la moindre citation où je dis une telle connerie.
Les discussions politiques c'est bien. Les mensonges beaucoup moins.

Quant à l'action des écologistes dans les exécutifs. Laisse nous rire. Voynet ministre de l'environnement, ça a donné un beau résultat. Entre Bure et le reste, l'éclate totale...

Un peu de sérieux ne ferait pas de mal de temps en temps...

Écrit par : toto | 08/10/2009

Demandez le programme :
« La crise de l’industrie automobile n’est pas seulement une crise financière et économique, mais la crise d’un modèle de société. Il faut y apporter des réponses immédiates et ouvrir des perspectives à plus long terme. La première réponse est de garantir l’emploi, les contrats et les salaires des travailleurs de l’industrie automobile. Il faut préserver leur savoir faire et l’outil de travail pour permettre les reconversions industrielles auxquelles ils doivent être pleinement associés. La reconversion doit concerner les unités et collectifs de travail afin qu’ils puissent assurer la production de véhicules moins polluants et d’autres biens, utiles socialement et écologiquement (moyens de transports en commun, rotors d’éoliennes…), sans attendre l’hypothétique invention d’une voiture propre.
Aujourd’hui, les aides européennes doivent permettre de :
Développer le transport ferroviaire, fluvial et maritime ; créer un service public européen du rail ; mettre en place des transports en commun de proximité gratuits ; réduire les allers-retours des marchandises et de la population par la relocalisation des productions et la révision des modèles de développement des villes et des territoires ; stopper la construction de nouvelles autoroutes ; interdire la mise sur le marché des voitures les plus polluantes et diminuer la vitesse maximale ; renoncer à la fausse solution des agro carburants, dont le développement remet en cause les capacités de l’humanité à se nourrir ; interdire les transports par camion sur de longues distances au sein de l’UE, tout en améliorant les emplois et les droits des chauffeurs routiers ; interdire, sauf cas particuliers, le transport aérien courte distance. »

Notons que le NPA ne crache pas sur les « aides européennes ; moi non plus. Evidemment je suis d’accord avec ce programme. Mais la question que je pose c’est comment « permettre les reconversions industrielles auxquelles ils doivent être pleinement associés, etc. » En expropriant les usines ? Et après, comment ça marche ? Il faut bien des capitaux pour faire fonctionner tout ça ? Et on vend où ? On passe par le troc ? Ma voiture contre tes yaourts ? Comment passe-t-on du programme d’urgence (interdiction des licenciements) – ce bon vieux programme minimum – au programme maximum, le socialisme hic et nunc ?

Toto a-t-il la solution ?

Écrit par : Gilles | 08/10/2009

@Michel
La réduction du temps de travail, plus que l’interdiction des licenciements (je trouve ce mot d’ordre mauvais), devrait être l’un de nos mots d’ordre centraux, parce qu’il est à la fois une réponse à la crise (partage du travail) et un pas vers le socialisme, c'est-à-dire vers la libération des individus de la servitude du travail salarié.

@Toto
J’élabore et je travaille effectivement sur des questions théoriques (je dois sortir un livre). Le problème c’est que dans le NPA (il en était de même à la LCR), il est impossible, à moins d’être dans les « hautes » sphères de la majo, d’être écouté. Les seules relations que j’ai c’est avec les deux frères Joshua, qui contrairement à d’autres répondent ou avec des camarades de mon courant.

Écrit par : Gilles | 08/10/2009

Autre exemple. Cela fait plusieurs mois que je frappe à la porte de la commission de formation nationale. J'obtiens des réponses du genre : "laisse tes coordonnées, on t'écrira". Comme j'ai le malheur de ne plus être parisien, mais surtout d'avoir fourni un projet et une façon d'aborder la formation qui n'est pas dans la norme, qui propose par exemple une histoire du mouvement ouvrier vu sous un tout autre angle que celui que l'on sert traditionnellement, je n'ai obtenu aucune réponse. Comme je rencontre ce samedi un membre de la CE, de la majorité et pas des plus tendres, je me fais fort de le prendre entre quatre yeux et de lui demander des comptes.

Écrit par : Gilles | 08/10/2009

La solution sera collective, pas individuelle. Il n'y a pas de messie.

Les "hautes sphères de la majo", je n'y suis pas, et je ne me sens pas brimé pour autant.
L'université d'été ou la rencontre nationale écologie sont d'ailleurs accessibles à tous.
Seule la commission nationale écologie est élue (ou plutôt ratifiée) par le CPN, ce qui paraît un minimum logique vu son rôle.

Écrit par : toto | 08/10/2009

@ toto
Je vois que tes réponses sont toujours les mêmes. J'ai beau poser 10 x la même question, tu me fournis toujours le même genre de réponse : Voynet et Bure ! D'accord, ça on a compris, on ne la refera plus, c'est promis ! C'est dans les poubelles de l'Histoire... Mais j'attends toujours tes solutions !
Quand à la calomnie, peut-être ais-je fait un raccourci un peu trop brusque. C'est possible, mais devant ton refus d'envisager des mesures écologiques d'urgence, et ton aversion à toute mesure pouvant être taxée de capitalisme « vert », j'en ai déduit que pour toi les solutions sociales et écologiques allaient de pair. Or, au rythme des régressions sociales que nous connaissons actuellement, s'il fallait y associer l'amélioration écologique, en 2050 la planète explose....

Le programme énuméré par Gilles a beaucoup de cohérence, mais ne parle que des transports. Quid de l'agriculture ultra-productiviste, de l'urbanisme, de la pêche, de la pétro-chimie, des énergies fossiles, etc... Quid de la décroissance vers une économie non gabegiste basée sur la suppression des besoins inutiles, comme les éclairages nocturnes intempestifs ?

La voiture propre existe. Elle peut rouler à l'électricité, qui ne sera pas forcément produite par le nucléaire, mais par les sources d'énergies renouvellables (pour toto). Le problème est la commercialisation et l'investissement dans la recherche qui reste encore trop concentrée sur les carburants fossiles.

Les allemands qui n'ont pourtant aucun parti révolutionnaire à leur tête construisent des villages à 0 % de dépense d'énergie, et les chinois se mettent aux voitures électriques. Les panneaux solaires que l'on trouve sur le marché viennent d'Allemagne ou de Chine. Mais pas de constructeurs français !...

Écrit par : Michel | 08/10/2009

@gilles

Dans toutes tes interventions, je sens plus d'aigreur que de volonté de débattre.
Tu en fais une affaire personnelle, tu règles des comptes, tu te sens incompris car tu penses avoir raison sur tout .

Ce blog n'est plus le NPA vu de l'intérieur, c'est le NPA ne m'a pas compris.

Tout fait d'actualité devient prétexte à une critique négative du NPA...Le NPA ne fait jamais rien qui trouve grace à tes yeux.

Construire un parti ne se résume pas à la juxtaposition d'expériences et d'individus mais à leurs mises en commun pour un projet collectif. C'est un engagement personnel librement choisi dans un collectif. Ce n'est pas une aventure strictement personnelle.

Tes "articles" sont malheureusement du même acabit que Marianne: Attaquer par tous les angles possibles le NPA, mêmes les plus futiles et les plus ridicules
Marianne on sait pourquoi ce journal nous attaque ainsi, mais toi?

Il faut bien avouer que l'on crée rarement un blog pour dire du bien, et chaque blogueur se sent obligé d'en rajouter une petite couche pour justifier la pertinence et la permanence de SON blog qui devient rapidement un journal intime livré au grand public et plus prétexte à débats, échanges et réflexions.

Ton blog est tombé dans cette ornière....Dommage

Écrit par : VERGNES | 08/10/2009

"devant ton refus d'envisager des mesures écologiques d'urgence" => calomnie bis!!! Décidément...

Quant au mythe de la "voiture propre" et du tout électrique comme solution aux problèmes écologiques, on croit rêver...
Pas surprenant que vous serviez de force d'appoint des nucléaristes intégristes...

Pour le reste, la France a effectivement un énorme retard en terme d'énergies renouvelables. Ce retard est un choix politique.
Face à ça tu préconises la libéralisation du marché de l'énergie, comme Cohn-Bendit?

Écrit par : toto | 08/10/2009

Encore une fois tu bottes en touche !.... A une question précise que je te pose, tu réponds par une agression. Cela veut dire tout simplement que tu n'as aucune idée sur la question, et que c'est plus facile de critiquer que de proposer quelque chose.

Écrit par : Michel | 08/10/2009

Juste deux petites infos sur la voiture électrique.

Il n'y a pas sur Terre suffisamment de matiéres premiéres pour produire toutes les batteries nécessaires

Dans les régions froides, avec quelle énergie chauffer l'habitacle (autonomie plus réduite du coup).

Écrit par : VERGNES | 08/10/2009

Pourquoi dirais-je du bien d’une majorité qui est en train de gâcher une chance historique ? Pourquoi dirais-je du bien de camarades qui s’appuient sur une majorité de « groupies » parfaitement incapables de débattre. Elle est bien bonne celle-là ! Même pas 5 % aux européennes, et ils l’a ramènent, et irrémédiablement on nous conduit à la même issue en 2010. Il y a un an, je disais dans les débats d’avant le congrès, à Paris, j’écrivais dans des textes de contribution avec d’autres camarades, que l’hypothèse de la grève générale était la plus improbable. On me répondait que j’étais pessimiste. Même critique contre un « mai 68 réussi » ou le « parti des luttes ». Qui a eu raison ? Et plus globalement, quid du bilan de la LCR et de la 4e internationale, pure fiction.

Je n’épargnais pas non plus mes critiques à UNIR qui me répondait qu’il n’y avait rien à faire. Les termes sont exacts. Evidemment, ils sont partis, ce qui n’était pas la meilleure chose à faire, d’autant plus si s’est pour se traîner au pied du PC. Oui, le NPA tel qu’il est un obstacle à la construction d’un mouvement anticapitaliste large, de masse. Son fonctionnement groupusculaire, sa fermeture à la réflexion théorique (qui lit dans ce parti et quoi ?), la main mise sur notre petit appareil (tous les permanent sont de l’ex LCR) aboutissent à ce résultat. Mais t’inquiète pas Toto, je ne lâcherai pas cette fois comme je l’ai fait en 1986.

Écrit par : Gilles | 08/10/2009

A La Rochelle et sur mon blog, je peux dialoguer avec des inorganisés, des anciens du PC, ou qui y sont encore, avec des écologistes, des camarades du PG, des Alternatifs, de la Fédération, des camarades de la CGT, etc., bref avec beaucoup de monde, et même si nous avons des désaccords. En revanche, dialoguer avec certains membres de la majorité est extrêmement difficile. J’avais lancé un débat sur l’Iran dans mon comité, j’ai eu le droit de leur part à la thèse de la manipulation de la CIA et d’Israël et à cette analyse : « aujourd’hui tout le monde conteste, alors qu’il n’y a même pas la preuve d’une fraude. » Après ça que peut-on répondre ?

Écrit par : Gilles | 08/10/2009

@ gilles: moi aussi, je trouve que tu tapes sur le NPA, trop, je pense.
Mais comme j'y suis pas, je m'en fous.
Et tout le reste, je trouve ça très bien. Je me retrouve dans tes propositions, dans ton enthousiasme pour porter l'unité malgré les quolibets de tes "camarades".
ce qui est pas mal pour le dialogue intergénérationnel, doit bien y avoir 40 ans d'écart entre nous...

Sur la voiture électrique: oui, c'est un mythe. OU c'est réservé à une minorité. il faudrait construire des EPR en pagaille pour remplacer le parc existant. La production des renouvelables ne suffirait pas. Idem pour les agrocarburants: c'est pour une infime minorité. Reste la solution de la voiture à air comprimé... on verra dans 10 ans.
En attendant, on peut se régaler avec l'idéologie sociale de la bagnole de Gorz:
http://www.velorution.org/articles/529.html
(pris au hasard sur le net, c'est pas pour favoriser les uns ou les autres)

Sinon, pour un schéma d'adaptation globale, y'a les scénarios régionaux "virage énergie" ou autres, pour les scénarios nationaux la référence négawatt (avec à mon avis un point mort sur le sens de la sobriété), ou Energy Revolution chez Greenpeace.
La différence entre ces scénarios repose sur ce que l'on privilégie de faire décroître: nucléaire en premier ou charbon/pétrole???

Écrit par : rhizome | 08/10/2009

Gilles, ta position au NPA serait salutaire s'il y avait un espoir de faire infléchir la ligne majoritaire. Mais tu nous démontres jour après jour que c'est un combat perdu d'avance, ce que nous confirme magistralement les interventions de toto. Je rejoins rhizome pour dire que ton blog est utile et qu'il y a au moins quelqu'un au NPA qui réfléchit.

Unir a tenu combien de temps avant de décider qu'il fallait passer à autre chose ?

Combien d'années te faudra-t-il encore pour comprendre que tu t'épuises inutilement ?
Sur l'écologie, je ne suis pas un partisan du tout électrique, mais de la diversité. La voiture hybride est un bon compromis en attendant mieux. Les prix, c'est une question d'offre et de demande, ça varie. Greenpeace est très implanté à Cherbourg et je reconnais que leur combat et leurs idées sont utiles. A-t-on suffisamment étudié le potentiel énorme d'énergie qu'il y a dans les courants de marée ? De quoi remplacer pas mal d'EPR. On se bat actuellement contre le charbon. Manifestation nationale à Cherbourg le 7 novembre contre l'implantation d'un terminal charbonnier.

Écrit par : Michel | 09/10/2009

« Ta position au NPA serait salutaire s'il y avait un espoir de faire infléchir la ligne majoritaire. » (Michel)

Vu comme ça, c’est en effet un combat désespéré. Mais je ne suis pas le seul à avoir réfléchi. Il y a également un héritage en cette matière. Ça va de Marx et Engels (eh oui) jusqu’à Habermas, le dernier survivant de la Théorie critique, en passant par Castoriadis ou Gorz et bien d’autres encore tout aussi prestigieux auxquels je n’arrive pas à la cheville. Les premiers signes d’appauvrissement des théories de l’émancipation viennent des premières années du siècle. On les retrouve dans la formule « réforme ou révolution » ; des deux côtés on se raidit ; le mouvement ouvrier se casse en deux. Lénine et Trotski portent une grande responsabilité dans cette fracture. Avec la révolution russe, ils avaient les moyens de régénérer un mouvement qui s’était avachi et compromis. Mais c’était la tête qui était pourrie (les Noske, les Ebert, par exemple en Allemagne). En voulant absolument et de façon extrêmement directive (les 21 conditions) apprendre le mouvement « à parler russe » (c’est leur expression), ils ont commis une faute grave. Il leur a fallu plusieurs années pour s’en rendre compte. Quel rapport avec ce que nous connaissons aujourd’hui ? Toute chose égale par ailleurs, la majorité du NPA reproduit la même erreur : séparer le bon grain de l’ivraie et pour cela, tout comme les Russes – du moins dans les premières années – on s’appuie sur les éléments les « plus brutaux » (la formule est d’Engels et date de 1845), les plus extrémistes, du mouvement. A partir de 20-21, devant le fiasco de cette tactique (les nouveaux partis communistes sont très minoritaires), les Russes tentent de rectifier avec le Front unique ouvrier, mais le mal est fait. Les communistes ne gagneront jamais la majorité, sauf quelque cas exceptionnels, du mouvement ouvrier. Le FUO reste une tactique, c'est-à-dire un moyen de contraindre tout le mouvement à la « révolution ». On recommence la même chose mais en y mettant les formes. Mais ça ne sert à rien.

Quelles hypothèses pour nous ? Le NPA finit par se résoudre à entrer dans une dynamique unitaire. Il le fait en traînant les pieds, contraint par le mouvement lui-même, provoquant la colère des « gauchistes » mais la majorité suit. Cela donne de bons résultats. Alors les « unitaires » seront plus et mieux écoutés : l’effet « boule de neige » du rassemblement isole les éléments « brutaux ».

Autre hypothèse, inverse : les éléments les plus « droitiers », le PC surtout, comme il vient de tenter de le faire le 7 octobre, arrivent à isoler le NPA. Mais je ne crois pas plus, à terme, à un succès des « droitiers » qu’à celui des « gauchistes » car les deux se complètent. Et c’est l’échec de toute cette recomposition. Mais soyons optimistes. Que ni les uns, ni les autres l'emportent, et nous volerons de sucès en succès.

Écrit par : Gilles | 09/10/2009

Hulot se voue surtout à ses mécènes...

Écrit par : des pas perdus | 09/10/2009

La solution libérale à la crise environnementale, se borne à envisager les solutions de manières ponctuelles... accessibles à des privilégiés... Il y a consensus là-dessus ou je ne comprends rien... au NPA... L'anticapitalisme prône une solution collective...., qui profite à tous....
Alors, il nous faut envisager des réponses qui ne lèsent pas le plus grand nombre. Un Etat collectiviste et démocratique est la seule entité qui puisse répondre à l'ampleur de ce problème....
Bien sûr, il faudra reconvertir l'industie, telle que nous l'avons connue au XIX et XXème siècle mais celle-ci ne doit pas se faire aux dépens des travailleurs eux-mêmes... Il doivent pouvoir y participer mettre leur savoir-faire au service de cette perspective... Sinon quitte à crever, je vais polluer deux fois plus...
Attention de ne pas faire de la cause environnementale, le prétexte pour mettre la classe ouvrière sur la paille.

Écrit par : JR | 09/10/2009

Michel dit "Gilles, ta position au NPA serait salutaire s'il y avait un espoir de faire infléchir la ligne majoritaire. Mais tu nous démontres jour après jour que c'est un combat perdu d'avance"
Or pour un combat "perdu d'avance", c'est un peu bizarre de voir que la majorité actuelle converge aujourd'hui sur les positions de Gilles.

Bien-sûr, Gilles et le courant C&A n'y sont pour rien, c'est à l'intérieur de la majo que ce changement de cap s'est effectué.
D'ailleurs, contrairement à ce que dit Gilles, le NPA ne s'y lance pas "en traînant les pieds", contraint par qui que ce soit, mais au contraire comme moteur.


A part ça, je suis entièrement d'accord avec ce que dit JR, mis à part sur la question de "l'État collectiviste et démocratique" sur lequel je suis plus nuancé (pas sur le fond mais sur la forme).

Écrit par : toto | 12/10/2009

« C'est un peu bizarre de voir que la majorité actuelle converge aujourd'hui sur les positions de Gilles. »
Tu as raison Toto, bizarre et dangereux parce qu’elle n’en tire aucune conséquence et que lorsque la décision va être prise, dans un sens ou dans un autre, ça va être catastrophique pour les nerfs des militants. Comme tu le sais j’ai bien écouté samedi le représentant de la CE qui a voté la motion majoritaire avec l’amendement Sandra. Je lui ai posé la question : mais quelle différence entre l’amendement Sandra et l’amendement Fred (voir sur le site de la Fédération où l’on s’interroge, tout comme moi, sur cette différence) ? N’y aurait-il pas des « sous-entendus ». Et le camarade m’a répondu oui : il n’y a pas de différences visibles, uniquement des sous-entendus. Alors je te pose la question Toto : peut-on diriger un parti ainsi avec des sous-entendus ? De plus sachant que la question posée est parfaitement légitime (voir mon billet d’aujourd’hui), qu’il faut en effet batailler pour faire passer dans l’opinion l’idée qu’il ne faut pas gouverner avec le PS, crois-tu une seule seconde que le PC va canner là-dessus ? Non, je suppose. C’est bien pourquoi l’amener à s’engager à faire un 1er tour avec nous, sans cette clause, est la meilleure des solutions. Mais ça la majorité pour l’instant n’en veut pas. Pourquoi ? Parce qu’elle a peur que le NPA lui pète à la gueule. Alors elle fait dans l’ambigu. C’est la pire des solutions.

Écrit par : Gilles | 12/10/2009

@ Michel dit « Gilles, ta position au NPA serait salutaire s'il y avait un espoir de faire infléchir la ligne majoritaire. Mais tu nous démontres jour après jour que c'est un combat perdu d'avance. »
Ce dont a pris conscience la majorité c’est que l’heure n’était plus à l’explosion sociale et à la grève générale. En cela elle est venue sur mes positions. Mais conjoncturellement, c’est ce qu’elle dit (changement dans la conjoncture, dixit un membre de la CE). Elle ajoute, ainsi les régionales revêtent un caractère particulier. Là encore, bravo, sauf que ce n’est pas exactement ma position. J’avais défendu au cours du processus constituant l’idée d’une dialectique (à égalité entre les luttes et les élections). On (Sabato, Joshua) m’avait vertement remis à ma place. Mais je suis aujourd’hui sur une position bien plus extrémiste. Je considère que c’est « l’hypothèse démocratique » qui l’emporte aujourd’hui sur « l’hypothèse de la révolution ». Ce à quoi Joshua m’a répliqué qu’il ne croyait pas à une « voie parlementaire » même si la voie de la révolution ne pouvait pas être « prouvée ». Mais ce n’est pas à ça que je pensais mais à la construction d’un large mouvement unifiant luttes politiques et luttes sociales sur la base d’une bataille démocratique de longue haleine. Ce qui n’est pas pour moi la même chose, et même si, dans ce cadre là, les élections revêtent en effet une grande importance, à condition qu’il y ait de notre part une dynamique. D’où mon apologie de ce qui s’est fait autour de la Poste et qui, semble-t-il, à sérieusement ébranlé la majorité.

Écrit par : Gilles | 12/10/2009

La campagne "Poste" aurait "sérieusement ébranlé la majorité"? Et bien ne t'en déplaise, ce sont plutôt des camarades "aile gauche" qui sont au centre, donc je ne suis pas sûr que ça ébranle dans le sens que tu le souhaites.
Et c'est justement une démonstration de la possibilité de voter et mobiliser en masse, EN DEHORS du système institutionnel.

Si je comprends bien, tu défends l'hypothèse d'un changement par les urnes? Si c'est ça, c'est un point de désaccord radical entre nous. Non seulement je ne le crois pas possible, mais surtout je ne le crois pas souhaitable, car il nous amènerait aux antipodes du socialisme que je souhaite. Démocratique, anti-autoritaire, auto-gestionnaire.

En tout cas, je te rejoins sur un point : on ne fait pas de la politique à coup de "sous entendus", d'ambiguïtés..... et d'accords d'appareils!

Écrit par : toto | 12/10/2009

"La campagne "Poste" aurait "sérieusement ébranlé la majorité"? Et bien ne t'en déplaise, ce sont plutôt des camarades "aile gauche" qui sont au centre" Toto

Je ne comprends pas. J'y étais et mon plus proche copain au NPA, membre de SUD, postier lui-même, sur la même ligne politique que la mienne, aussi, tout comme les autres de "l'aile gauche" comme tu dis. C'est même la première fois que l'on est d'accord sur quelque chose.

Evites cependant de dire "aile gauche", ça ne veut rien dire. Ou alors Marx était à droite de Bakounine.

Écrit par : Gilles | 12/10/2009

Je parle de ceux investis nationalement.

L'aile gauche se définit dans le rapport réforme/révolution et les types d'alliances privilégiées (jusqu'à preuve du contraire, les régulationnistes du PCF et du PG sont clairement à droite du NPA).

Dire que C&A constitue l'aile droite du NPA n'a rien de très étonnant. Dire que Jennar, Johsua ou Borras constituent plutôt l'aile droite de la majo non plus. Et je me situe effectivement à l'aile gauche du NPA, puisque je me positionne politiquement à gauche de la majo, quant aux campagnes politiques à mener et aux alliances POLITIQUES à envisager.

Par ailleurs, je ne trouve effectivement pas choquant de placer Bakounine globalement à gauche de Marx, lui-même clairement à gauche de Lassalle (ou de Proudhon).

Je m'étonne d'ailleurs toujours de voir ta contradiction entre une position anti-étatiste et la volonté de faire absolument des alliances avec des ultra-étatistes comme le PCF ou le PG, sans même poser de bases politiques. J'ai énormément de mal à percevoir la cohérence de ta démarche...

Écrit par : toto | 12/10/2009

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