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07/10/2009

Choisir le rassemblement unitaire

Déclaration du courant « Convergences et alternative »  

La crise du capitalisme est profonde, la situation des salarié-e-s, des privé-e-s d’emploi et des précaires empire, les libertés reculent. Pourtant, la politique de Sarkozy qui vise à remodeler l’ensemble de la société aux normes du libéralisme n’est pas mise en échec. Si la droite tient toujours le manche, sa force provient d’abord de la faiblesse de l’opposition à gauche. Il y a bien aujourd’hui deux orientations à gauche : celle qui reste dans le cadre d’un accompagnement du néolibéralisme, et qui entraîne aujourd’hui le PS et une partie des courants écologistes à chercher les convergences vers des secteurs de la droite, comme le Modem ; et celle de la construction d’une alternative de gauche rassemblant les forces antilibérales et anticapitalistes, dont l’existence encouragerait les résistances sociales en retour. En Italie, politique néolibérale et alliances de gouvernement avec le centre-droit ont eu pour résultat le retour de Berlusconi et d’une droite encore plus dure, tandis que l’existence même d’une gauche politique est aujourd’hui menacée. Par contre, en Allemagne et au Portugal, les progrès électoraux de Die Linke et du Bloquo de Esquerda, deux formations issues de coalitions unitaires, illustrent l’impact positif que peut avoir la constitution d’un pôle antilibéral et anticapitaliste. En France, nous avons aujourd’hui l’opportunité et la responsabilité de nous engager résolument dans la voie du rassemblement autour d’une perspective politique alternative. Celle-ci passe nécessairement par des alliances entre les forces qui ne renoncent pas à la transformation sociale et appellent à une rupture avec des décennies d’acceptation des logiques de marché. Séparé-e-s, nous ne sommes pas en situation de défendre une alternative globale. L’affirmation solitaire a déjà été essayée aux Européennes et elle a déçu. C’est en choisissant le rassemblement que le NPA peut redonner de l’élan à ses propositions et à sa perspective de reconstruire une gauche digne de ce nom.

Unité dans les luttes et dans les urnes

La convergence des forces de la gauche de gauche serait facilement réalisable sur une série de solutions politiques alternatives : interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits, contrôle public et nationalisations dans le secteur bancaire, politique environnementale rompant avec la logique productiviste et taxant les profits, défense des services publics et d’une démocratie étendue, etc. La construction d’un cadre politique unitaire est urgente, nécessaire et possible, dans les luttes comme dans les élections. C’est le seul moyen de changer durablement le rapport de force en faveur de la gauche antilibérale et anticapitaliste face à la gauche social-libérale. Une telle dynamique doit également se construire sur le terrain électoral, et les prochaines élections régionales sont une occasion à ne pas manquer. Un front politique unitaire, fondé sur des contenus politiques clairs élaborés ensemble, s’appuyant sur des collectifs locaux rassembleraient les acteurtrice- s des mouvements sociaux, qui attendent des forces politiques un sursaut d’unité (à l’image de l’expérience commune du Non au TCE en 2005), donnerait une perspective aux mobilisations sociales et permettrait de polariser le débat à gauche, notamment vers les secteurs du PS ou des écologistes qui refusent la dérive des alliances vers la droite. La situation politique actuelle exige la convergence autour de listes communes dès le 1er tour, plutôt que l’éparpillement. Ces listes doivent permettre de faire élire un maximum de représentant-e-s défendant l’orientation d’une gauche alternative au sein des conseils régionaux. Au 2nd tour, elles devront ne laisser aucune chance à la droite de reprendre des régions. Pour cela, du fait des contraintes imposées par la loi électorale, il faut des fusions « démocratiques » avec les autres listes de la gauche ou de l’écologie, à l’exception de tout accord incluant le Modem. Ces fusions « démocratiques » supposent que chaque composante garde sa liberté de vote au sein du conseil régional, essentielle pour dégager une alternative aux gestions social-libérales ou aux alliances avec le Modem. Le NPA devrait proposer à ses partenaires de ne pas participer à des exécutifs dont la politique serait dominée par une orientation social-libérale. Mais il ne doit pas faire d’un désaccord avec celles et ceux de ses partenaires qui laissent ouverte la question de la participation à des exécutifs dans certaines conditions un point de rupture qui empêcherait la construction d’une coalition unitaire au 1er tour. Chacun-e prendra ses responsabilités et les électeur-trice-s, les collectifs unitaires locaux, les acteur-trice-s des mouvements sociaux jugeront sur les bilans des pratiques menées au sein de l’institution, dans la transparence et le débat public.

Transformer l’essai

La rencontre entre le NPA, les Alternatifs, la Fédération, le Parti de Gauche et le PCF a abouti à une première déclaration commune, le 28 septembre dernier. C’est un premier pas positif et encourageant qui montre qu’un processus de convergence est enclenché. L’unité, plus que jamais urgente et nécessaire, est à portée de la main. Pour organiser sans tarder de grandes campagnes en direction de l’opinion et des salariée- s sur les urgences sociales et écologiques de l’heure. Pour en vérifier la traduction autour d’une politique régionale alternative au repli sur une étroite gestion locale qui accepte les contraintes du libéralisme. Et pour commencer dès maintenant le travail d’élaboration d’un véritable projet alternatif, par des rencontres publiques dans toutes les régions et localités. Les discussions engagées au niveau national doivent rapidement se mener au niveau local et régional, avec la volonté d’aboutir dans chaque région. Les points décisifs sont la constitution de listes indépendantes du PS au 1er tour et la liberté de vote dans les conseils une fois élu-e-s. Ces questions font déjà accord pour un certain nombre de forces (les Alternatifs, le Fédération, le Parti de Gauche). Il reste au Parti communiste et à ses militant-e-s à se prononcer, et à indiquer s’il veut faire des régionales une étape dans le rassemblement durable de la gauche alternative. Or, choisir de faire listes communes avec le PS au 1er tour n’aidera pas à avancer vers cet objectif. Le NPA et ses militant-e-s, appelé-e-s à décider de leur orientation dans une consultation interne, doivent aussi faire clairement le choix du rassemblement.

En effet, la motion adoptée à la mi-septembre par le Conseil politique national (CPN) du NPA contient des éléments qui peuvent constituer des obstacles à l’unité. Les discussions préalables avec les autres forces montraient une convergence sur l’idée de fusions « démocratiques » au 2nd tour pour battre la droite, mais le texte finalement adopté est confus et relativise l’importance de cette question. Il rechigne à créer rapidement des collectifs unitaires locaux, pourtant décisifs pour créer un rapport de force militant et populaire. Et il semble vouloir imposer à nos partenaires la non-participation aux exécutifs régionaux comme un préalable. S’il peut y avoir accord avec les autres forces sur les contenus du programme, la liberté de vote dans les conseils et la création de collectifs unitaires locaux, le refus du NPA de réaliser l’unité à cause de la seule différence sur les exécutifs serait incompréhensible, et ferait apparaître le NPA comme responsable d’une division injustifiée. Ces élections régionales seront une étape importante dans les recompositions qui commencent sérieusement à gauche. Se dérober à une possible alliance de la gauche alternative serait décevoir à nouveau les nombreuses attentes, pourrait voir l’influence du NPA diminuer et celui-ci ressembler bien moins à un parti anticapitaliste large qu’à une organisation classique d’extrême gauche, témoignant de son anticapitalisme mais renonçant à bousculer les rapports de force à gauche. À l’inverse, s’il fait le choix du rassemblement, et s’il est capable de reformuler en positif un programme régional illustrant une alternative possible au social-libéralisme, le NPA peut y jouer un rôle important et relancer son propre développement. Nous appelons les militant-e-s du NPA à faire ce choix, dans la continuité de celui que nous avons fait ensemble, quand nous avons créé un nouveau parti anticapitaliste visant à la reconstruction d’une gauche de combat.

Le courant « Convergences et alternative », 4 octobre 2009.

Contact : lecourant.npa@gmail.com

Commentaires

@ Gilles

Enfin tu arrêtes de tourner autour du pot. Tu soutiens le courant "Convergences et alternative".
Cela n'a rien de condamnable et fait partie intégrante du débat démocratique interne du NPA.

Je ne sais pas si ce courant est d'accord pour que ses textes soient publiés sur le net.
Si ce n'est pas le cas, tu lui fait jouer un rôle qui n'est pas le sien et le met en mauvaise posture au sein du NPA.

Si ce courant est en accord (ce dont je doute), alors il prend le chemin de la GU.

Te serais-tu autoproclamé porte-parole de ce son courant...à son insu?

Écrit par : VERGNES | 07/10/2009

Gilles prend un malin plaisir à diffuser sur internet les textes internes du NPA, y compris ceux où les noms des signataires apparaissent, et qu'il peut mettre en danger professionnellement par exemple (dans la mesure où leur appartenance au NPA n'est pas connue de leur employeur).

Ceci dit, pour ce coup-ci, il m'a l'air de ne pas être le seul à l'avoir publié.
Je ne sais pas qui l'a fait en premier...

Je trouve en tout cas que la méthode est fort incorrecte, pour ne pas dire plus (je me suis déjà exprimé là-dessus).

A part ça, il me semblait que Gilles revendiquait ouvertement faire partie de Convergences et alternative. M'a suis trompé?

Écrit par : toto | 07/10/2009

Je vous conseigne d'entrer dans la clandestinité et surtout de ne pas faire de listes aux régionales, ce qui pourrait "mettre en danger professionnellement" les camarades.

Écrit par : Gilles | 08/10/2009

Vous avez une curieuse conception du débat politique, à dire vrai pas si curieuse que ça puisque pour vous il y a deux mondes : le vôtre et l’autre, qui vous est hostile, celui des gens qui travaillent ou chôment, regardent la télé ou lisent les journaux et qui ont bien du mal à vous comprendre. Comme il se trouve que je connais ces deux mondes j’arrive à vous décrypter, mais les autres, la grande majorité, les jeunes en particulier, ne vous comprennent pas. Cet amendement à la motion majoritaire (voté par une cinquantaine de membres du CPN) en est une parfaite illustration. Et dans certaine mesure ce texte de mon courant dont le contenu a pourtant vocation à être publique. Quelqu’un de normal, qui n’est pas initié à votre jargon, se demandera : mais que veulent-ils au juste ? Car s’il on peut comprendre que l’on ne veuille pas gérer avec le PS, à partir du moment où l’on critique sa gestion des « affaires publiques », on se demande bien pourquoi on refuse de s’allier avec des gens qui racontent peu ou prou la même chose. Oui, mais dit-on, leurs intentions – et leur pratique – démentent ce qu’ils disent. Pour les intentions, sachez que pour moi, je n’ai en effet aucune illusion sur le PC qui « trahira » c’est à peu près certain ; même pour le PG ce n’est pas toujours très clair, surtout lorsqu’il a des élus (cas de l’Auvergne par exemple). Pour leur électorat c’est déjà moins sûr, et pour la grande masse encore moins. Bref, pour la grande majorité de l’électorat de gauche critique, l’unité à la gauche du PS apparaît comme la moins mauvaise des solutions. Mais les illusions sont tenaces. D’ailleurs nous en tenons compte puisque, au second tour, nous appelons à « battre la droite », ce qui revient à faire voter PS dans la plupart des cas.
Venons-en maintenant à ce problème qui vous tarabuste : l’interne et l’externe. Quelle régression ! Quand Marx ou Engels polémiquent avec les autres courants, ça se fait la plupart du temps par voie de presse, donc publiquement. Quand Lénine à partir de « Que faire ? » recommande, non pas de taire les divergences, mais de ne pas les exposer publiquement, c’est, dit-il, parce qu’il n’y a pas, en Russie, d’espace public avec un minimum de démocratie. Il précise : si nous étions en Allemagne, pas de problème. Entre les deux, il y a la fameuse lettre au parti par Engels, publiée en 1895 dans l’organe public de la social-démocratie allemande, et qui va servir de préface aux Luttes de classes en France et au 18 brumaire de Marx. Vous savez, c’est cette lettre où Engels s’enthousiasme des scores électoraux obtenus en Allemagne mais également dans d’autres pays par les partis sociaux démocrates. Vous savez également que certaines parties de cette préface ne seront pas publiées, que certaines ont été en quelque sorte censurées par la direction du parti allemand. En réalité il faut différencier deux choses : dans cette lettre Engels explique que, pour autant, le parti ne renonce pas à la révolution. Mais le parti sort d’une période difficile où il a été réprimé. Affirmer qu’il peut avoir recours à la violence, si besoin est, est risqué. Alors Engels ruse. Mais à la direction, on trouve que c’est encore trop alors on élague, à la grande fureur d’Engels qui écrit pour cela à Kautsky ou Bebel (à moins que ce soit à Liebknecht, le père). Tout ça pour vous dire que la tradition dans le mouvement ouvrier, c’est bien le débat public. Quand Rosa Luxemburg ferraille contre la direction de son parti c’est ouvertement, sans masque. Et quand la situation est plus difficile et qu’elle risque la prison, ou qu’elle y est, elle prend alors un pseudonyme. Et puis quand ils étaient en exils (en France, en Suisse…), tous les chefs bolcheviks, mencheviks, ou conciliateurs (Trotski) avaient tous leurs journaux et ne se privaient pas de critiquer ouvertement leurs voisins. Ils étaient pourtant tous membres d’un même parti : le PSDOR.
Enfin, sachez d’autre part qu’il n’y a pas dans mon courant de « porte-parole », pas de Picquet, de Besancenot ou de Benoit Hamon. Et c’est tant mieux. Que nous avons pris la décision de faire sortir le débat pour le porter à l’extérieur. Seule réticence, en effet, la presse. Peur de se faire avoir, de se retrouver pris en otage. En tant qu’ancien journaliste, j’explique dans mon courant, qu’il s’agit là d’un mauvais prétexte. Que la majo, elle ne se prive pas d’exposer sa ligne en public, même si ça devient difficile parce qu’elle est inaudible. Si nous considérons que notre orientation est plus crédible, à nous de trouver les mots.

Écrit par : Gilles | 08/10/2009

Se présenter individuellement sur une liste NPA, on le fait par choix, on sait très bien que c'est public.
De même si l'on écrit dans TEAN (sous son vrai nom) par exemple.

Par contre, diffuser publiquement des contributions INTERNES nominatives, c'est beaucoup plus grave, et même une faute TRÈS GRAVE (tant qu'à faire t'as qu'à diffuser publiquement le listing des membres de ton comité, et voir comment tu seras accueilli à votre prochaine réunion).

Que tu le nies est pour moi particulièrement alarmant.

Écrit par : toto | 08/10/2009

qu'il est difficle de quitter le petit cocon du groupuscule gauchiste pour aller vers un parti de masse !

Écrit par : Gilles | 08/10/2009

Concernant le fond politique, je pense être bien plus dans le monde réel que toi, et dans le monde réel du travail (dans le privé), peu politisé, peu combatif, et clairement en rupture avec la politique institutionnelle.

Tu me sembles à l'inverse enfermé dans ton petit microcosme militant de la "gauche de gauche", microcosme âgé de travailleurs du public et de retraités, bien souvent en décalage complet avec la réalité sociale du pays, malgré toutes les qualités que l'on peut reconnaître à ce milieu là.

Car pour la plupart des travailleurs, il n'y a pas franchement de différence entre PCF, PS, PG et les autres partis institutionnels de la "gauche plurielle". Ce n'est pas très étonnant, quand on voit qu'ils mènent tous plus ou moins la même politique.

Quant au débat public sur les questions POLITIQUES (et non la calomnie), mille fois oui. Il est temps qu'on comprenne qu'il faut arrêter le discours du "on n'a pas d'adversaire dans ce camp là" et qu'on fasse publiquement la critique des régulationnistes (altercapitalistes/antilibéraux/keynésiens), que l'on explique publiquement nos divergences SUR LE FOND POLITIQUE.

Pour ce qui est du "porte-parolat" de votre courant, jusqu'à preuve du contraire ce rôle est assuré par Yann Cochin.
Ceci dit, si vous voulez exposer votre position dans la presse bourgeoise etc, faut vous constituer en fraction, pas en courant.
Mais je ne vois pas l'intérêt de faire ça alors que la majo (ou majo de la majo) est en train de se rabattre sur vos positions...

Écrit par : toto | 08/10/2009

"qu'il est difficle de quitter le petit cocon du groupuscule gauchiste pour aller vers un parti de masse !"

J'hallucine!!!!!!!
Si tu n'es pas capable de comprendre que certains militants peuvent être menacés du fait de leur appartenance à une organisation révolutionnaire (que celle-ci soit un groupuscule ou un parti de masse ne change rien), c'est que tu es totalement déconnecté du monde réel, et notamment du travail dans le privé.
L'autre possibilité est que tu prends un malin plaisir à la délation, ce qui me paraît beaucoup plus grave.

Plutôt que de répondre par l'ironie, des explications de ta part seraient bienvenues.

Écrit par : toto | 08/10/2009

J'ai fait ce choix, depuis une quarantaine d'années, de ne pas avancer masqué, syndicalement (quand la CGT était dirigé par les stalinien) et politiquement, du moins quand les conditions le permettaient. Cela m'a coûté ma carrière. J'ai été mis au placard ; on m'a interdit d'exercer mon métier de journaliste dans des rubriques telles que celle des médias ou de la politiques ; je n'avais le droit qu'au social ou au culturel. Quand j'ai fait mon service militaire, du temps des comités de soldat, il en fut de même. J'ai été emprisonné et muté à trois reprises, etc. C'est comme ça que j'ai initié et dirigé des grèves. En effet je combats le "monde des philistins" mais ouvertement.

Écrit par : Gilles | 08/10/2009

Une anecdote. Un jour dans un congrès de la CGT journaliste, j'étais déjà l'un des quatre secrétaires nationaux, je revendique la fonction de secrétaire à l'organisation, fonction que j'occupais de fait. Des camarades du PC ont tout fait pour m'éliminer, présentant une autre candidature contre moi. Certains qui avait fait partie d'une section que j'avais montée sont venus me voir et m'ont expliqué : "tu comprends on ne peut pas faire élire un trotskiste à cette place". Il se trouve qu'ils n'avaient pas payé toutes leurs cotisations mais que j'avais tout fait pour que leurs mandats soient quand même validés. En revanche, irréprochable militant, à la tête de la plus grosse section du syndicat, j'étais inattaquable.

Écrit par : Gilles | 08/10/2009

Dernière chose et puis nous en resterons là. J’ai été en 2007 candidat sur une liste « 100% à gauche » aux élections municipales ; en 2008 j’étais également candidat comme conseiller prudhommal. Il y a plusieurs mois, accepté oralement comme ouvrier (eh oui, j’y suis contraint pour des raisons financières) dans une boite, je n’ai finalement pas été accepté. Etait-ce dû à la crise qui commençait ou ais-je été repéré ? Je ne le saurai jamais.

Écrit par : Gilles | 08/10/2009

Ouahhh Gilles, tu es beau, tu es fort!

Bon, donc c'est toi qui décides pour les autres comment ils doivent vivre leur militantisme et s'ils doivent sacrifier leur boulot pour ça?
De quel droit tu te permets de choisir pour autrui? De quel droit tu te permets de pratiquer volontairement ou involontairement (on ne saura pas le fin mot de l'histoire) la délation publique de tes camarades?

Désolé mais les discours d'ancien combattant du type "j'ai fait ci", "j'ai fait ça", donc les autres doivent faire pareil (et je le décide à leur place), ça ne prend pas.
Si c'est avec cette vision autoritariste (et quelle autorité légitime représentes-tu?) que tu défends dans le NPA, je ne m'étonne pas qu'il y ait eu des départs dans ton comité. C'est la meilleure manière de dégoûter les gens et je me serais barré comme eux en voyant ça.

Écrit par : toto | 08/10/2009

En tant que militant au PCF, je me félicite de cette prise de position du courant "Convergences et Alternatives". Je m'y retrouve pour l'essentiel et estime que ce serait une excellente base pour réaliser l'unité.

Reste à mon parti à en faire autant de son côté. Beaucoup de militants y travaillent et ne "trahiront" pas, même si je ne peux préjuger, ni de la majorité des militants, ni de la direction.

Pour le débat qui anime certains sur l'opportunité ou non de rendre public un texte d'une tendance du NPA, je rappelle que l'intégralité des débats des Conseils Nationaux du PCF est publié dans l'humanité du mercredi suivant (supplément "Communistes"). Ce qui veut bien dire afficher sur la place public les divergeances entre les différents membres du CN. Fin octobre, vous aurez ainsi l'intégralité des débats internes au CN concernant la stratégie aux régionales publiés dans l'Huma...
Je suis extrêmement troublé que certains d'entre vous ne considère pas comme naturel de rendre public les débats internes à leur organisation.

Écrit par : Laurent MELY | 08/10/2009

@Laurent Mély : le principal problème n'est pas la publication de débats, mais la publication de noms de militants de base, contre leur gré.

Maintenant, le PCF n'est pas une orga révolutionnaire et le préjudice subi par la publication de son appartenance au PCF n'est pas du même ordre que pour une orga révolutionnaire comme le NPA ou LO. Je ne suis pas convaincu que la comparaison soit pertinente.

Dans tous les cas, la publication des débats ne doit pas se faire contre le gré des premiers concernés.
Lorsque des camarades écrivent des contributions au débat interne, c'est à eux de choisir s'ils veulent les rendre publiques ou pas. Pas à une tierce personne.

Dans votre cas, si la règle est la publication systématique des débats de votre CN, tous les membres du CN qui interviennent savent D'AVANCE que leurs interventions sont publiques (tout comme le congrès fondateur du NPA était public). Ça n'est pas du tout la même chose.

Écrit par : toto | 08/10/2009

@ Laurent Mely

Rendre ou pas public les débats internes est une décision collective et non un choix personnel . Plus encore lorsque les auteurs d'un texte n'ont pas choisi de le publier en externe.

Quant à croire que tous les débats du PCF sont rendus publics, ce n'est que la partie visible de l'iceberg.
Pour ma part je n'ai pas eu vent des débats du PCF sur la constitution ou non du FDG européen, les militants PC non plus, ils l'ont appris peu de temps avant...donc sans le temps matériel d'en débattre.

De même ni vu ni connu les débats internes du PG.

Écrit par : VERGNES | 08/10/2009

Pour le texte, entièrement d'accord.
Pour la question de savoir si ce genre de choses doit être porté sur la place publique, tout à fait d'accord. Pas de raison de laisser le champ médiatique aux chiens de garde.

et faire la critique des "régulationnistes" dans la mesure où l'autocritique en serait l'origine, oui. Mais critiquer les régulationnistes sans s'être regardé soi dans le miroir... Les régulationnistes, au moins partent d'aujourd'hui pour changer les choses, ont une idée du cap et des phases pour progresser. Bizarrement, le NPA est d'accord, en général avec tout ce que proposent les "experts" de gauche. Combien d'idées sont communes à ATTAC et au NPA??? (je veux dire que pas mal d'intellectuels organiques des deux orgas sont les mêmes), et pourtant... ATTAC est "antilibéral". C'est bizarre de diviser le monde comme s'il n'était pas possible d'être antilibéral, anticapitaliste en même temps. comme s'il n'était pas possible que les idées se mélangent et se partagent. Comme si le NPA n'empruntait pas à ses camarades antilibéraux (et pas qu'un peu)... Ce qui me fait dire, encore une fois: toto, cette distinction que tu fais n'existe que dans ta tête.
Dans la vraie vie, tout le monde est d'accord pour changer radicalement la société, pas forcément avec les mêmes armes, pas forcément de la même manière, pas forcément avec les mêmes priorités.
La seule différence n'est pas une différence de degré, avec l'antilibéral qui serait moins revendicatif que l'anticapitaliste, mais une différence de choix de société. Faire le choix du socialisme est un choix que tout le monde ne partage pas. C'est très bien d'avoir un mot pour désigner votre système politique, mais c'est pas parce que les autres n'ont pas le "mot" qui convient qu'ils sont moins radicaux.

Enfin, faut arrêter avec cette histoire de "réalité". Gilles ne vit pas moins dans le réel que toi, ni que moi, ni que les autres intervenants. Cet argument n'en est pas un, c'est un prétexte qui sert à discréditer sans avoir à donner des éléments rationnels pour contrecarrer ce qu'énonce quelqu'un d'autre.

Ah oui, moi aussi, une anecdote. Sur une liste de travail entre jeunes "camarades", un mec avait lancé sur la liste un texte genre "pourquoi est-il raisonnable d'être anticapitaliste?" de je-sais-plus-qui. Texte d'ailleurs qui vantait les mérites d'un écosocialisme du XXIe siècle. Et je me souviens que j'avais répondu de manière très violente en disant que c'était des conneries monumentales et que finalement, cet anticapitalisme n'était que du régulationnisme. Je me suis rendu compte après quelques recherches que le mec qui avait pondu le texte était du NPA (naissant) et qu'il n'avait fait que recracher vos textes fondamentaux en quelques pages.
Donc, entre les réformistes et les révolutionnaires, il n'y a souvent qu'une perception qui varie.

Écrit par : rhizome | 08/10/2009

Sur le fond du texte de C&A, l'ennui c'est qu'il entretient toujours la confusion sur des sujets importants. Par exemple :

- en mettant sur le même plan Die Linke (parti antilibéral, cogestionnaire avec le SPD) et le Bloc de gauche (parti clairement anticapitaliste), alors que les situations en Allemagne et au Portugal sont justement TRÈS différentes! (d'ailleurs le Bloc de gauche n'est pas allié au PC portugais)

- en mettant sur le même plan l'unité dans les luttes et dans les urnes => de deux choses l'une, soit on pense qu'il faut unir uniquement à gauche du PS dans les luttes (et exclure le PS, les travailleurs "de droite", etc, de l'unité dans les luttes), soit on pense qu'il faut au contraire prolonger l'unité des luttes dans les urnes et dans ce cas, faire liste commune avec le PS, voire une partie de la droite.

Au final, le projet est confus, et certaines affirmations le sont aussi. Car le NPA n'a jamais eu pour objectif "la reconstruction d’une gauche de combat", mais bien la construction d'une gauche ANTICAPITALISTE.
Il ne faudrait pas perdre cet objectif de vue...

Écrit par : toto | 08/10/2009

Quelle organisation révolutionnaire avez-vous mise en place sans vous doter de pseudonymes ?... Et si, comme le préconise si vaillemment toto, vous êtes amenés à prendre les armes pour renverser le capitalisme, avec-vous un plan pour continuer à fonctionner dans la clandestinité ?
Si tel n'était pas le cas, permettez-moi de vous dire que vous êtes des révolutionnaires d'opérette. Dans la défunte LCR nous avions prévu tout cela. Pseudos, planques, caches, adresses clandestines. Il est vrai qu'avec un Besancenot au pinacle des sondages, vous ne risquez ni dissolution, ni arrestations. Quoi qu'en dise toto, vous faites partie de l'establishment. Maintenant, et de nos jours, il n'est pas plus dangereux d'avoir son nom cité au bas d'un document, que de voir son profil étalé sur Facebook !

Écrit par : Michel | 08/10/2009

@Michel : qui a parlé de "prendre les armes"? De passer dans la clandestinité? Tu racontes vraiment n'importe quoi!

Tout comme l'adhésion à un syndicat est anonyme, je ne vois pas pourquoi les militants adhérant à une organisation politique, qui plus est révolutionnaire, n'auraient pas droit à l'anonymat...

Quant à étaler son profil sur facebook, très peu pour moi désolé.

Maintenant, c'est à chacun de décider de rendre public ou non son engagement politique, et à qui le rendre public. L'encouragement de la délation sous couvert d'ironie mal placée, me fait franchement gerber.

Écrit par : toto | 08/10/2009

Toto, « tu commences sérieusement à me les briser menu ! »
Je ne suis pas retraité, hélas, malgré mes 40 ans d’activité. Mais comme j’ai pris des risques et que je me suis retrouvé dans des coups foireux, j’ai perdu 20 trimestres (vieillesse non payée). Je suis donc contraint à travailler jusqu’en 2012, jusqu’à 65 ans, comme ouvrier dans l’agroalimentaire, la plaisance, etc.
Mis à part quelques années dans l’Education nationale dans les années 70, j’ai toujours travaillé dans le privé. Si mes mandats syndicaux m’ont relativement protégé, il n’en est plus de même aujourd’hui. Exemple aujourd’hui même. Je viens de faire une diffusion de tracts dans une ZI où j’ai travaillé et où je compte retrouver des contrats (intérim, CDD). Paf ! Je suis tombé sur l’un de mes anciens chefs d’atelier. Je ne sais pas s’il m’a reconnu avec ma casquette et mes lunettes. Dans cette même zone je diffuse également des tracts de la CGT.
Ce sont des gars comme toi, Toto, qui font fuir les adhérents. Vérifiée dans mon comité. Ils vont dans la nature, d’autres au PG après quelques réunions. J’ai comme ça un copain syndiqué à SUD, ancien de la LCR, qui ne les supporte plus les gens comme toi. Il reste parce j’arrive à le retenir, mais je dois faire des efforts. Ce phénomène est général dans le NPA. Seule solution (elle est mise en pratique dans certaines villes), créer plusieurs comités.
Les gars comme toi enfin ne font pas de syndicalisme, ou alors ils n’y font pas de vieux os. Ou alors, ils ne se syndiquent pas. J’en ai connu comme ça : gauchiste en diable en « cellule » (c’était l’époque), mais quand on leur parlait de se syndiquer tous les prétextes étaient bons : « je ne peux pas, ça briserait ma carrière… » C’était il est vrai dans la télé publique. Voyez les risques ?

Écrit par : Gilles | 08/10/2009

@rhizome : quand on défend des idées politiques, c'est qu'on estime qu'elles sont justes. On élabore, on réfléchit, mais (le délire maoïste de?) "faire son auto-critique", je ne vois pas bien où tu veux en venir.

Par ailleurs, la différence entre l'anticapitalisme et le régulationnisme antilibéral n'est pas une question de degré, mais de savoir si l'on s'en prend au fondement même du capitalisme, la propriété privée des moyens de production. Si l'on estime qu'il faut renverser le système et supprimer l'exploitation et la domination de classe, ou si l'on estime qu'il faut juste les réguler, pour atténuer leur violence.

Ca ne veut pas dire que les anticapitalistes ont la science infuse et ne réfléchissent pas à ce que disent des penseurs qui ne sont pas anticapitalistes.
En revanche sur Attac, un certain nombre d'anticapitalistes participent à Attac et y défendent une perspective anticapitaliste. A aucun moment ils n'adhèrent à la ligne majoritaire d'Attac, qui est effectivement une ligne régulationniste.
Quand on parle de la "dette" des pays du Sud, il ne s'agit pas de lever une taxe pour la rembourser à leur place, mais bien de la supprimer purement et simplement, car cette dette est TOTALEMENT ILLÉGITIME.

Par ailleurs, je regrette au moins autant que toi que le NPA soit timide dans sa communication et donne parfois l'impression de s'aligner sur des revendications antilibérales. Mais venant de quelqu'un qui a avoué avoir voté pour la "relance verte" du capitalisme, je ne sais pas comment je dois le comprendre......

Sur les "réformistes et révolutionnaires", je ne pense pas que cette question soit vraiment d'actualité, car il n'y a plus de réformistes aujourd'hui (politiquement organisés en tout cas). Il n'y a plus que des régulationnistes et des révolutionnaires.
C'est une des conséquences logiques du XXème siècle...

Écrit par : toto | 08/10/2009

@Gilles : sur ta vie, tu auras une médaille, c'est bien. Tu n'es pas obligé de te venger de tes propres difficultés par la délation de tes camarades.

Pour le reste, tu racontes des conneries sans savoir. Je suis actif que ce soit sur le plan politique ou syndical, et ça se passe bien pour moi, merci. Plutôt tendance à agréger et convaincre que l'inverse. Peut-être parce que contrairement à toi, je suis quelqu'un de constructif et non pas destructif. Que je ne pratique jamais la calomnie et que je respecte totalement l'engagement de mes camarades, qu'ils soient politiques ou syndicaux, tout comme leur droit imprescriptible à l'anonymat, étant conscient des risques.
Donc merci pour tes conseils, mais je n'ai pas de leçon à prendre de quelqu'un de ton niveau de déontologie.

J'espère en tout cas que tu es un meilleur militant dans la vie de tous les jours, que l'image que tu renvoies au travers de ce blog.

Écrit par : toto | 08/10/2009

Toto, vas au moins jusqu'au bout dans ton raisonnement : le capitalisme, il est clair, il ne se laissera pas supplanter sans résistance. Et sa résistance, on la connaît. Elle est toujours violente. Surtout quand l'appareil d'état est encore entre ses mains, comme tu sembles le préconiser.

Mais en fait, je crois que toi-même tu n'y crois pas à cette éventualité. Tu es dans une impasse, tu as un beau programme, mais inapplicable. Tu sais très bien que le NPA ne peut pas devenir ce grand parti révolutionnaire, à cause de tous ces méchants qui lui tirent dans les pattes. Et plutôt que de te tourner vers les autres, tu te replies sur toi-même, avec un discours puriste et intransigeant.

Je confirme ce que dis Gilles. C'est parce qu'il y a trop de repoussoirs comme toi, que le NPA ne se développe pas. L'hémoragie de militants dont il parle, elle est réelle, et dans ma ville je connais les chiffres. Il y a plus d'anciens de la LCR que d'adhérents au NPA. Malheureusement pour bon nombre d'entre eux, leur désengagement s'est traduit par la pêche à la ligne.

Écrit par : Michel | 08/10/2009

@Michel : je te laisse à tes fantasmes sur la soi-disante "hémorragie de militants". Ça te ferait tellement plaisir que ce soit vrai.

Pour le reste, c'est justement parce que je suis ancré (et issu) dans le monde du travail, le monde réel et non le microcosme des militants "gauche de gauche", que je pense avoir une ouverture que tu n'as pas.

Le NPA "ne peut pas devenir ce grand parti révolutionnaire", nous verrons bien et peu importe après tout. Le NPA n'est qu'un outil de cette émancipation. Souhaitons qu'il soit un outil PARMI D'AUTRES. Il est en tout cas très positif qu'on nous tire dans les pattes, c'est la preuve qu'on dérange!

Et ça doit bien t'emmerder que j'observe autour de moi une dynamique plutôt positive au contraire, que ce soit sur le militantisme politique ou syndical.
Comme quoi le repoussoir n'est pas toujours celui qu'on croit... (vous devriez tous deux vous interroger et "faire votre auto-critique" pour faire plaisir à rhizome ;) )

Écrit par : toto | 08/10/2009

Franchement Toto, qui te connaît et qui peut prouver que tu es militant du NPA? Et si tu étais un provocateur? Tu passes un temps fou à déverser ta bile contre une orientation raisonnablement unitaire et à détourner des gens du NPA. Heureusement que nos sympathisants qui pourraient tomber sur tes "contributions" au débat ont compris depuis longtemps que l'anonymat des "cercles de discussion" électroniques favorise uniquement des frustrés, des escrocs et des bureaucrates. Et si tu dévoilais ton identité et ton comité.
Slavko, militant du NPA de Nancy, Comité Services Publics

Écrit par : slavko mihaljcek | 08/10/2009

???????
De quelles "contributions" parles-tu? De quelle bile parles-tu?

Ici je m'en prends aux méthodes de l'auteur de ce blog. Pas de son courant qui est bien heureusement beaucoup plus correct dans ses méthodes.

Sur le fond politique, j'ai un désaccord que j'exprime sur le fond politique, et je débats cordialement avec les militants qui pensent différemment.
Par contre, localement, l'orientation que je défends est effectivement majoritaire, et il y a très peu d'ex-LCR, comme quoi les idées reçues de certains......
Pour autant je n'en fais pas une généralité et je ne me suis jamais appuyé là-dessus dans nos discussions. Il faut savoir relativiser entre sa perception locale et la réalité nationale (que personne ne maîtrise aujourd'hui).

Écrit par : toto | 08/10/2009

@ toto: faire son auto-critique = reconnaître les limites du champ théorique et du champ pratique de ce que l'on énonce, savoir en reconnaître les failles, les points morts. Ce que tu ne sais pas faire.

La différence entre l'anticapitalisme ne brise pas plus l'ordre ancien que l'antilibéralisme. L'anticapitalisme brise des institutions et des relations interpersonnelles, l'antilibéralisme brise les croyances qui accompagne, et libère les esprits. Et les deux vont bien ensemble. Je ne comprends pas pourquoi tu hiérarchises les deux, c'est stérile, et inutile.

Sur le régulationnisme, je te l'ai dit: le discours du NPA est très souvent (voire tout le temps) régulationniste. Il appelle rarement à l'insurrection. Il faut arrêter de prendre le NPA pour un parti qui vise une révolution à la 1789 ou 1917. il y a une utopie, et un régulationnisme. parler de répartition des richesses, parler de changer les rapports hiérarchiques en entreprise (citoyens associés), interdire les licenciements (ce qui est très con, d'ailleurs), baisser le temps de travail, c'est du régulationnisme. Je n'ai pas rencontré de révolutionnaire au sein du NPA. Que des "régulationnistes".

Quand je lis comment tu parles de l'anticapitalisme, tu ne sais même pas ce que c'est. Idem pour l'antilibéralisme. J'ai eu beau essayer de t'expliquer, tu continues de raconter des conneries monumentales. Vouloir instaurer une taxe mondiale = antilibéralisme. Supprimer une dette = anticapitalisme. c'est quoi ça?
et tu continues avec le "monde réel". Mais c'est quelle réalité qui te fait te bander les yeux devant ton autosuffisance? d'où vient cet aveuglement à vouloir la défaite de la gauche pour le plaisir de te dire plus radical que les autres???
On n'est pas aux enchères (encore un jeu capitaliste), il s'agit de politique, et comment, à partir de l'existant, transformer le monde.
Et c'est pas avec tes distinctions à deux balles que le débat va avancer.

EE n'est pas pour la relance verte. Lis le programme et après on en reparle. C'est la troisième fois que je te le dis. ("Je ne voudrais pas paraître vulgaire ni encore moins vieux jeu, l'homme de la pampa parfois rude doit se montrer courtois..." Gilles t'a écrit la suite...)
C'est du post-capitalisme. Tiens, t'as entendu parler d'André Gorz? "post-capitaliste". qui a écrit: "pour sauver la planète, il faut sortir du capitalisme?" Kempf, journaliste au... Monde! Alors avec tes apparences trompeuses arrête 5 minutes, tu veux.

je cite le manifeste: "Notre modèle de développement est pulvérisé par les faits ! Aveuglé par l’idéologie de la croissance sans limites, dopé par le laisser-faire du libéralisme, le système productiviste fonce tout droit vers la catastrophe, tel un bateau ivre. Partout l’insécurité sociale grandit. Le progrès perd son sens au profit d’une montée de l’insignifiance et d‘une destruction du vivant. L’humanité avance vers son désert."
et comme tu vas me sortir que le mot "capitalisme" n'apparaît pas, voilà de quoi clarifier les esprits:
"Jose Bové: De manière très claire, pour moi l'écologie n'est pas compatible avec le capitalisme. Toutes les idéologies productivistes, de droite comme de gauche, ont failli, et les risques liés à ce modèle, avec le réchauffement climatique qui s'accélère, montrent qu'il faut changer de logiciel pour repenser l'avenir."
http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/03/25/jose-bove-l-ecologie-n-est-pas-compatible-avec-le-capitalisme_1172542_1168667.html
alors lâche-moi la grappe, maintenant.

Quant à la dynamique du NPA, ce que j'observe, c'est que les trotskystes genre Etincelle font fuir les autres, et les comités essaiment ailleurs. Les trotskystes entre eux, les anars entre eux, etc. C'est pitoyable. Et comme personne veut faire de synthèse, personne veut concilier ces conceptions de l'alternative, et comme c'est les trotsko qui sont majoritairement là où il faut, oui, ça va faire partir les militants "autres", et ça a déjà commencé.
Et que flinguer les dynamiques unitaires, ça sert plus la droite que tes idéaux révolutionnaires. Il faut savoir faire des concessions, des compromis, tant qu'ils vont dans le bon sens. Il y a toujours moyen d'aller plus loin.
Partir de la CMU pour étendre la protection contre les maladies à tous, partir des 35h pour descendre aux 28h, partir du RMI pour accéder à un revenu minimum d'existence, etc.

Ou alors, il faut arrêter de se plaindre quand la droite détruit nos services publics: après tout, les révolutionnaires s'en foutent, le système était loin d'être parfait, donc c'est pas grave!
On supprime le travail social, le dialogue, etc. Tant mieux!!! ça va péter!!! et on l'aura notre révolution!!
C'est juste une mentalité de charognard.

Écrit par : rhizome | 08/10/2009

La question de l'appartenance à des executifs régionaux n'est pas si simple.
J'ai une anecdote à ce propos. Dans ma petite ville, je discute assez librement avec le secrétaire local du PC. La discussion a abordé naturellement la question des executifs régionaux...
"Le PS a utilisé les executifs pour nous lier les mains et nous compromettre dans sa politique néo-libérale", c'est ce qu'il m'a dit.
Nous, citoyens de base, on ne retient que la politique de la majorité de gauche. On n'a aucun échos des vélléités du PC... Dans la presse, rien... Ailleurs, c'est inaudible... Les membres du PC, dans les executifs locaux sont inaudibles...
Alors nous, on va s'allier au deuxième tour, on va refuser la compromission, on va avoir des élus de base, peut-être... On va dire on a été élu avec eux mais on n'est pas d'accord... Et on va faire comment pour faire entendre un autre son de cloche. Après tout, un accord politique d'union, c'est autre chose qu'un accord technique. Nous aurons permis l'application de cette politique...
En même temps, les sympathisants du NPA au sens large, il veulent cette unité... Il faudra envisager de démissionner si ça tourne mal et peut-être de provoquer de nouvelles élections.

Écrit par : JR | 10/10/2009

@rhizome (avec un peu de retard) : je partage tes critiques sur le déséquilibre entre programme d'urgence et programme maximal. La campagne du NPA aux européennes était trop droitière, pas assez radicale, pas à la hauteur de ce qu'on pouvait attendre d'un parti ANTICAPITALISTE.

Par contre, il me semble que tu n'as pas bien saisi le principe de la démarche TRANSITOIRE, qui consiste à formuler des mots d'ordre transitoires, en phase avec la conscience politique et les préoccupations du moment, mais rentrant en contradiction avec le système, rendant impossible un débouché "réformiste" ou "régulationniste".
L'objectif est de mettre les masses en action, autour de revendications (relativement) immédiates, afin de faire progresser la conscience politique (l'expérience est le meilleur des apprentissage) et d'aller vers une situation révolutionnaire.
L'objectif des révolutionnaires n'est pas de lancer une insurrection à trois pelés un tondu, de faire un coup d'État ou je ne sais quoi, pour renverser le capitalisme (ce qui serait de toute façon impossible), mais bien d'aboutir à une révolution majoritaire.

Tout ça prend forme dans un plan d'urgence, de revendications immédiates légitimes, mais contradictoires avec la propriété privée des moyens de production, comme par exemple le droit des capitalistes de licencier (cad de disposer de la vie des travailleurs).

La différence entre lever une taxe pour REMBOURSER une dette illégitime, ou simplement ANNULER cette dette illégitime, revient également à la reconnaissance du sacro-saint droit capitaliste (et on fait avec), ou le refus de se soumettre à ce droit.
Ça peut te paraître symbolique mais ce sont des différences de taille.

A part ça, j'ai lu Kempf et il n'a effectivement pas grand chose à voir avec les positions d'EE (tout comme André Gorz). Et les déclarations de Bové n'engagent pas à grand chose dans la mesure où elles restent à l'état de paroles en l'air, et qu'elles sont contredites juste derrière par DCB.


Concernant la dynamique unitaire, elle est systématiquement flinguée depuis l'hiver dernier par la gauche institutionnelle (PG-PCF-PS) et les centrales syndicales (souvent les mêmes personnes) qui ont empêché toute possibilité de convergence et de victoire sociale.
Le NPA n'a pas ménagé ses efforts sur le terrain de la nécessaire unité face au gouvernement et au patronat. Un LKP à la française reste plus que jamais nécessaire, mais ce sont pour l'instant les volontés qui manquent. Je ne peux que le regretter.

Je te trouve donc particulièrement insultant de nous traiter de charognards (tu fais un concours avec Chérèque?), alors que nous nous retrouvons bien seuls à défendre des services publics (certes imparfaits, comme tu dis), que la gauche plurielle (PS-PCF-Verts... et futur PG compris) ont activement contribué à foutre en l'air.

Bref, un peu de tenue ne serait pas de trop. Plutôt que d'insulter, je t'encourage à essayer de comprendre ce qu'on défend, combat que l'on mène de manière certes imparfaite, mais que l'on a le mérite de mener (et de donner de notre vie pour ça).

Écrit par : toto | 12/10/2009

« Quant à la dynamique du NPA, ce que j'observe, c'est que les trotskystes genre Etincelle font fuir les autres, et les comités essaiment ailleurs. Les trotskystes entre eux, les anars entre eux, etc. C'est pitoyable. Et comme personne veut faire de synthèse, personne veut concilier ces conceptions de l'alternative, et comme c'est les trotskos qui sont majoritairement là où il faut, oui, ça va faire partir les militants "autres", et ça a déjà commencé. »
D’accord avec Rhizome là-dessus. Moi-même, qui en a vu d’autres, je m’interroge. A quoi bon ? Même si dans ma région nous sommes majoritairement unitaires. Entre nous, nous ne nous supportons plus ! Toto nous ressert la « démarche transitoire », le FUO, la révolution majoritaire. Je connais ça par cœur, comme dit le chanteur. Mais même ce BABA est inconnu chez nous. Alors que je pense que la question va bien au-delà de ce rattrapage tactique. Car Toto, t’es-tu interrogé pour quoi, tout à coup après les « 21 conditions », on passe brusquement au Front unique ? Pourquoi avoir voulu faire « parler russe » le mouvement ouvrier européen, réalisant que ça ne marche pas, on en vient à prôner l’unité ? Sais-tu que la formule fameuse sur « l’hégémonie culturelle » de Gramsci vient de son interrogation sur la validité de cette démarche transitoire. Et j’irai même plus loin. Dans cette démarche, plus globalement dans le « schéma révolutionnaire, on pense unité mais uniquement du mouvement ouvrier. La classe ouvrière reste au centre du dispositif. C’est cette problématique que Gorz remet en question dans les « Adieux au prolétariat », et au-delà pose le problème de comment passer d’une société où dominent les rapports sociaux de production capitalistes (sous la forme du salariat) à l’abolition du salariat, à une société sans classe, sans exploitation de l’homme par l’homme. On peut estimer que ce problème (à peine évoqué par Marx dans le Troisième livre du Capital) est résolu. C’est ce que pense le NPA et toi apparemment. On peut à l’inverse estimer qu’il ne l’a jamais été. Que le Front unique et la démarche transitoire n’ont été qu’une tactique pour que les révolutionnaires deviennent majoritaires dans le prolétariat, c’est-à-dire uniquement dans une partie de la population, pour partir, une fois que ce sera fait, « à l’assaut du ciel ». Je suis convaincu que c'est cette TOUTE la démarche qui est fausse. Et c’est pourquoi, tout en ayant en mémoire cette Histoire, je pense qu’il faut en imaginer une autre, et donc débattre sans tabous ni trompettes. Mais dans l'immédiat, c'est impossible.

Écrit par : Gilles | 12/10/2009

Je ne crois pas que le NPA tienne un quelconque problème pour résolu. D'autant moins la question de la transition amenant au socialisme, car l'Histoire montre bien qu'aucun des courants historiques du mouvement ouvrier n'a pu faire la démonstration d'en détenir la clé.
Je partage une bonne partie des critiques de Rosa Luxemburg sur l'action des bolcheviks dans la révolution russe. Leurs premières mesures, le fait qu'ils aient voulu s'ériger en exemple à suivre à la lettre dans les autres pays (en contradiction avec les bases du marxisme).
Je pense qu'il est de toute façon idiot de suivre aveuglément qui que ce soit, révolutionnaire, théoricien, etc. Il faut savoir utiliser les apports théoriques et historiques avec un esprit critique, sinon ça ne sert à rien.

La démarche marxiste consiste à analyser le mouvement réel et comprendre quelles sont les forces sociales qui sont motrices de la transformation sociale pour aller vers le socialisme.
Marx démontre que par la position qu'il occupe dans les rapports de production capitalistes, le prolétariat est la force motrice à même de renverser le capitalisme et d'aller vers le socialisme.
On peut en douter, remettre en cause cette analyse, mais jusqu'à présent je n'ai pas vu de remise en cause sérieuse, autre que bourgeoise (ayant pour finalité de nous expliquer que le capitalisme est la fin de l'Histoire). Je suis preneur de références à ce sujet si vous en avez.

Concernant les conditions subjectives et la question de l'hégémonie idéologique (ou culturelle, ou politique), elle est nécessaire à toute révolution. L'ennui c'est que si la bourgeoisie a pu construire son hégémonie culturelle et idéologique sous le féodalisme parce qu'elle avait le pouvoir économique, le prolétariat n'a pas cette capacité là sous le capitalisme, où la bourgeoisie concentre à la fois le pouvoir économique et politique.
Je ne vois cependant pas de contradiction avec la démarche transitoire.
Mais là aussi, je suis preneur de développements de ta part, Gilles. Car je ne comprends pas très bien quelle est la démarche révolutionnaire que tu prônes, les forces motrices que tu vois, etc.

Écrit par : toto | 12/10/2009

Voilà de sacrés points d’accord. Bien que tu résistes encore – et je te comprends j’ai mis moi aussi du temps à m’y résoudre – sur la question de la « classe révolutionnaire jusqu’au bout ». Mon idée, c’est que la classe ouvrière a épuisé toutes ses potentialités révolutionnaires dans la construction de l’Etat. On ne l’a pas détourné ainsi de ce qui était prétendument son objectif : la révolution. Ça s’est fait le plus naturellement du monde, en particulier au cours des révolutions (France, Russie, Chine, etc.). Tu comprends pourquoi je tourne sans cesse autour de cette question de l’Etat. Pourquoi Marx bataillait contre les lassaliens sur ce problème ; pourquoi l’Etat devait être une partie du Capital ; pourquoi je crois que cette question est peut-être plus centrale chez Marx que tout autre chose. Je ne parle pas de « révolution par les urnes », aussi idiot que la révolution par la grève générale qui est la clé des principes fondateurs du NPA. Mais de construction d’un mouvement démocratique contre l’Etat où la « classe ouvrière » n’a plus ce rôle central et décisif qu’on lui avait attribué. Pour les références tu peux aller déjà chez Marx et Engels jusqu’à Habermas, Negri, Gorz, Castoriadis. Il y a plein de choses passionnantes. Mon travail – car je voudrais en faire un livre – consistant donner à toutes ces idées éparpillées, souvent inabouties, un point de vue militant cohérent. Vaste programme.

Écrit par : Gilles | 12/10/2009

"la révolution par la grève générale qui est la clé des principes fondateurs du NPA" => c'est faux, ils se gardent bien de dire ça. C'est dommage que tu te discrédites par ce genre d'imprécisions, qui rendent ton discours d'autant moins audible...

Quant à considérer que la classe ouvrière (entendre prolétariat?) ne sera pas le moteur du renversement du capitalisme, est-ce que ça signifie pour toi que ça passera par la collaboration de classe avec la bourgeoisie? Sinon que reste-t-il?

Tes références - a priori plutôt contradictoires avec ton électoralisme - ne sont pas suffisantes si tu ne précises pas quels écrits.
J'ai lu Marx et Engels, je ne les ai vu nulle part remettre en cause le rôle moteur du prolétariat dans la révolution socialiste. Peux-tu préciser dans quel livre?

De même, ton rejet de l'État et de l'étatisme (tout à fait cohérent avec le marxisme et le léninisme) me paraît clairement contradictoire avec le fait de vouloir construire un débouché dans les urnes.

La "construction d’un mouvement démocratique contre l'État", c'est le double pouvoir et ce serait plutôt anti-électoraliste, à l'opposé de la tactique électorale que tu prônes.
Mais en plus, qui ne soit plus centré sur les travailleurs, ça me paraît très abstrait. Sur qui alors? Comment? Est-ce toujours dans une visée socialiste?

Bref, pour l'instant, tes explications et théories ne me paraissent pas très claires...

Écrit par : toto | 12/10/2009

Et ça, ce n'est peut-être pas dans les Principes fondateurs ?

"C’est par le développement et la généralisation des luttes, des grèves généralisées et prolongées que l’on peut bloquer les attaques, imposer des revendications. C’est le rapport de forces issu de la mobilisation qui peut permettre la mise en place d’un gouvernement qui imposera des mesures radicales en rupture avec le système et engage une transformation révolutionnaire de la société."

On ne peut être plus clair. Et évidemment c'est bien à ça que « l'aile gauche » s'accroche. Supprime-lui ces quelques phrases et elle s’étouffe de rage. Tu lui supprimes son hochet.
Sur le léninisme réel comme on dit le socialisme réellement existant. Lénine, et Trotski après 17, sont en contradiction évidemment avec Marx sur la question de l’Etat. Très drôle comment Lénine prend ce qui l’arrange chez Marx et Engels pour fabriquer l’Etat et la révolution. Quelqu’un s’est amusé à reprendre les textes marxengeliens d’origine et à montrer comment Lénine les censure en partie. Tu sais bien aussi que toute la querelle sur le parti à partir de 1903 porte là-dessus. Le parti substitutiste, l’appareil politico-militaire préfigurant l’Etat. Trotski ironise là-dessus, comme Luxemburg. Puis en 1917, Trotski vire du tout au tout. Lire ce qu’il dit de la Commune ; l’exact contraire de Marx. Comment il va le plus loin dans la construction d’un Etat omnipotent. Trotski, le 1er des bureaucrates, disait-on à l’époque. On comprend après qu’il est ramé pour combattre cette bureaucratie. En 1917, moins d’un million de fonctionnaires d’Etat ; 5 à 6 millions au début des années 20.

« La "construction d’un mouvement démocratique contre l'État", c'est le double pouvoir. » Si tu le prends comme ça, pourquoi pas. Mais pas les soviets. Bensaïd (qui parfois à des éclairs !) a plusieurs formules auxquelles j’adhère dans son débat avec Badiou qui « refuse l’épreuve démocratique » : « Ce grand silence historique aboutit à rendre la démocratie impensable et impraticable. La question démocratique est en effet remarquablement absence chez Badiou comme elle l’était chez Althusser… » Il ajoute ailleurs : il s’agit de « révolutionner la démocratie » existante, de la « faire exploser de l’intérieur ».

Pour moi les institutions « démocratiques » sont le maillon faible de l’Etat. Il n’y en a pas d’autre. Rien à voir avec le crétinisme parlementaire. Le double pouvoir type soviet c’est quand il n’existe pas de telles institutions, comme en Russie. En 17, la douma n’avait même pas dix ans d’existence. En Angleterre, aux Etats-Unis, en France, en Allemagne, etc., c’est un système rôdé, multi centenaire. Après les formes exactes que prendra ce mouvement démocratique contre l’Etat, je n’en sais rien, mais les institutions électives y auront leur place.

Zinoviev et Kamenev qui, à la veille d’octobre, dans leur lettre Sur le moment présent, avait pressenti les risques qu’encourrait le parti bolchevik en tentant son coup de force proposait un tel type de solution en gardant à la fois les soviets et l’assemblée constituante. « Un type de combiné d’institutions étatiques », disait Trotski, méprisant. Je pense qu’ils avaient raison. On a chez Luxemburg le même souci. Ce qui aurait permis de préserver autant que possible l’alliance entre le prolétariat et la paysannerie et entre les différentes composantes du mouvement ouvrier. Au lieu de cela on en employa des méthodes expéditives.

Quant à la « collaboration de classe avec la bourgeoisie », je ne comprends pas. Seulement, ce mouvement pour être majoritaire, devra aller bien au-delà du « prolétariat », tout comme Marx et Lénine pensaient alliance avec la paysannerie, il va bien falloir élargir le champ des alliances avec ce que nous avons aujourd’hui.

Enfin sur le PC étatiste. Ça c’est sur que ce n’est pas demain la veille que l’on va convaincre, le PC et finalement tout le monde que cette « révolution démocratique » devra se passer de l’Etat. L’Etat est tellement imprimé dans nos têtes que l’on imagine même pas que l’on pourra s’en passer un jour.

Écrit par : Gilles | 12/10/2009

Sur les principes fondateurs, le passage que tu cites ne théorise absolument pas la "révolution par la grève générale", ce n'est qu'une interprétation que tu en fais, et ce n'est pas ce que j'y lis (c'est bien plus ouvert).

Sur les contradictions et les erreurs dans l'action des bolcheviks, il faut savoir les analyser, mais la question est à mon avis complexe à traiter, tant il y a de facteurs et de conditions pour le coup objectives, qui entrent en jeu. Je suis d'accord avec toi pour condamner la bureaucratisation qui a eu lieu dans la période de guerre civile, et dont Lénine et Trotski ont très tôt perçu le danger.
Maintenant je ne vais pas rentrer dans une grande discussion détaillée, parce qu'elle serait de toute façon interminable, et que je n'ai pas les compétences historiques pour en discuter dans ses moindres finesses.

Au passage, je suis preneur de plus d'explication sur la contradiction de Lénine par rapport à Marx sur la question de l'État, et notamment pourquoi tu dis "Lénine prend ce qui l’arrange chez Marx et Engels pour fabriquer l’Etat et la révolution" (sur les divergences profondes bien-sûr, pas sur les détails, car il est normal que chacun ait sa propre interprétation dans le détail).

Sur l'opposition entre "ton double pouvoir" et les soviets, je n'ai pas compris exactement où tu situais la différence de nature. Mais si je comprends bien, tu pars du principe que l'État français est trop fort pour pouvoir être renversé par un double pouvoir de type soviet et qu'il faut le faire exploser de l'intérieur (cad de l'intérieur des institutions élues?).

Pour ce qui est du prolétariat. Je pense que le prolétariat est la force motrice permettant renverser le capitalisme (d'autant plus aujourd'hui qu'il représente la large majorité de la population mondiale), mais que c'est la classe des travailleurs en général (comprenant les travailleurs indépendants, etc, donc la paysannerie) qui doit bâtir ses institutions auto-organisées pour administrer la société.
Je ne pense pas que ça passe par le maintien/cohabitation des institutions bourgeoises, l'État bourgeois devant au contraire être totalement détruit.

Concernant tes réflexions sur le PCF et sur l'Etat, si je comprends bien ton point de vue, tu expliques que la population n'est pas prête à entendre des positions anti-étatistes, donc qu'il faut pour l'instant s'aligner sur les positions étatistes du PCF? Je ne suis pas sûr que c'est ce que tu as voulu dire, en fait. Mais ça reviendrait à revenir au genre de démarche transitoire que tu critiquais juste avant.
Je pense qu'il faut au contraire éclairer autant que possible sur la nature de l'État, sur la nécessité de le combattre, de s'auto-organiser, etc. De construire justement ce double pouvoir face à l'État bourgeois rendu illégitime.

Écrit par : toto | 12/10/2009

Sur les Principes fondateurs, je connais cette réponse. Sabato et Joshua m'ont dit la même chose il y presqu'un an. Mais alors pourquoi avoir écrit ça ? Pour faire plaisir à qui ? C'est repris textuellement par certains de mes camarades comme le « fin du fin » du marxisme appliqué. C’est la stratégie de la grève générale insurrectionnelle dont se moquaient Marx et Engels, reprise néanmoins après 1905 par Trotski, Luxemburg et Lénine avec plein de variantes. Or cette « grève générale insurrectionnelle » est restée un mythe. Ce n’est pas ce qui s’est passé en Russie, en Chine, à Cuba, au Vietnam, etc.
Sur Lénine et Engels pour l'Etat et la révolution tu peux te reporter à "Révolution et démocratie chez Marx et Engels", Jacques Texier, Actuel Marx, PUF (1985). Le mieux c'est de lire le texte de Lénine et d'aller à la source.
Sur la question des institutions « électives » comme on dit chez nous, ce qui n’est pas à proprement parlé l’Etat. Je dis simplement qu’elles joueront un rôle très important à condition d’être subverties. Comment ? Il faudra évidemment changer les modes d’élection, mais ça ne suffira pas. Pas plus suffira-t-il qu’il existe un mouvement social fort. On a vu comment mai 68 à échouer sur les élections. Il faudra au moins trop choses, au minimum : un mouvement social redynamisé, une modification du mode d'élection, et surtout un rassemblement de forces politiques s’appuyant sur un programme qui ne fera plus de l’Etat l’outil du changement. Comme tu vois je glisse du parti qui s’empare de l’Etat au mouvement qui s’en débarrasse. C’est d’abord ça qu’il faut construire aujourd’hui avec ce que l’on a, ce qui n’est pas brillant. Et ce sera très long. Nous sommes plus dans une tendance lourde à la décomposition du paradigme de la « gauche » (pour faire court) que dans celle d’une recomposition.
A ce propos ce que je dis sur l’Etat et la « population », c’est simple. La « gauche », le « mouvement ouvrier », tous et toutes nous avons été subjugué par l’Etat. Nous en avons fait l’instrument de la transformation révolutionnaire (voir la question Russe). La désintoxication sera longue. Tous les partis actuels sont « étatistes ». Au début aussi la bourgeoisie était pour « un gouvernement à bon marché » comme disaient Marx et Engels. Mais c’est Lassalle qui a gagné.

Écrit par : Gilles | 12/10/2009

Tu dis : « Je suis d'accord avec toi pour condamner la bureaucratisation qui a eu lieu dans la période de guerre civile, et dont Lénine et Trotski ont très tôt perçu le danger. »
Que non ! Quand ils ont commencé à s’en rendre compte (1923-1924), malgré les nombreuses alertes et les avertissements de leurs « amis » (combien ont été plus clairvoyants qu'eux), c’était trop tard. Staline n’avait plus qu’à parachever le travail.

Écrit par : Gilles | 12/10/2009

Sur Lénine et Trotski, tu fais un léger anachronisme, Lénine écrit dès 1921 sur le problème de la bureaucratisation (en 1924 il était mort).
On peut être critique de leur action sans pour autant nier qu'ils avaient perçu le problème assez tôt, ni pour autant nier que par la suite, Trotski a fait la critique, implicite ou explicite, de beaucoup de leurs actions et décisions.

Sur le passage des principes fondateurs, je ne vois pas bien ce qui te gêne. Il ne fait que dire que c'est par les luttes qu'on peut bloquer les attaques du gouvernement, voire imposer des revendications, et qu'un gouvernement imposant des mesures radicales en rupture avec le système, ne peut le faire que basé sur des luttes d'ampleur.
Ça ne résout en rien la forme que prendra la révolution (et nulle part on ne parle de "grève générale insurrectionnelle"), ça ne fait qu'énoncer des évidences!

Concernant le rapport à l'État, je connais mes classiques (dont l'État et la révolution, la Critique du programme de Gotha, etc), mais j'ai du mal à percevoir ta stratégie.
La "modification du mode d'élection", comme c'est la bourgeoisie qui en tire les ficelles, ne se fera que dans le sens d'une sécurisation toujours plus grande du pouvoir de la bourgeoisie. Je ne vois pas de condition permettant d'aller dans l'autre sens :
- si le rapport de force est favorable à la bourgeoisie, elle n'a aucune raison de faire des concessions de ce type
- si le rapport de force lui est très défavorable, la mettant sous pression, il y a encore moins de raison qu'elle prenne ce risque. Quand la bourgeoisie a peur, elle a plutôt tendance à glisser vers le fascisme, cad le cadenassage voire la mise en veilleuse des institutions "démocratiques" que l'inverse.

Sur le "rassemblement de forces politiques s’appuyant sur un programme qui ne fera plus de l’Etat l’outil du changement", ça me va. Mais ce que je ne comprends pas, c'est que tu prônes aujourd'hui l'inverse, en défendant de s'allier avec des formations qui font de l'État et des institutions bourgeoises l'outil du changement.
Ce qui veut dire qu'on va aller aux élections en portant un message inverse de celui que tu portes ici (en prétendant réguler le capitalisme au travers des institutions bourgeoises).

Sur la fascination du mouvement ouvrier pour l'État, je crois qu'elle n'est pas nouvelle. Elle existait déjà au XIXème chez les lassaliens et a été combattu par Marx, puis Lénine et les bolcheviks (qui se faisaient traiter d'anarchistes), mais a toujours dominé l'aile droite du mouvement ouvrier, qui a petit à petit dominé le mouvement ouvrier (soc-dems et staliniens).
Aujourd'hui, l'illusion de la voie réformiste avec l'État comme outil de transformation sociale, s'est estompé à la lumière des expériences Mitterrand et Jospin (pour la France), et une part grandissante de la population ne croit absolument plus au changement institutionnel (voir les taux d'abstention + le vote EXG).
Face à cette situation, nous aurions tort de vouloir nous présenter comme un parti institutionnel, ce serait avoir 30 ou 40 ans de retard sur l'Histoire. Il faut au contraire enfoncer le clou, expliquer notre rapport aux institutions et à l'État, et l'utilité que peuvent avoir des élus anticapitalistes révolutionnaires dans les institutions, pour mieux les combattre et non les gérer.

Écrit par : toto | 13/10/2009

Juste une remarque pour répondre à Toto que je cite :

"le PCF n'est pas une orga révolutionnaire et le préjudice subi par la publication de son appartenance au PCF n'est pas du même ordre que pour une orga révolutionnaire comme le NPA ou LO"

Très honnêtement, très sincèrement et en toute franchise, je pense effectivement que le préjudice subit n'est pas le même. Le préjudice est pire pour un militant communiste que pour un troskyste...

Pourquoi ? Argumenter sur ce sujet là serait très long, très polémique et personne ne serait totalement objectif. Mais c'est néanmoins mon sentiment personnel.

Écrit par : Laurent MELY | 13/10/2009

Je ne pense pas que la réaction du patron soit comparable face à un salarié encarté au PCF ou face à un salarié militant révolutionnaire. Il y a peu de chances que le premier fasse autre chose que suivre les directives venant d'en haut de la CGT, alors que le second peut être beaucoup plus remuant, y compris mener un travail politique dans l'entreprise.

Mais là n'est pas le sujet. Je trouverais tout aussi grave si tu te permettais de publier sur ton blog des listes de noms de militants PCF qui n'avaient rien demandé.
Chacun est libre de rendre publique ou non son appartenance politique, tout comme syndicale ou religieuse. C'est une décision personnelle et personne n'a à décider à sa place.

Écrit par : toto | 13/10/2009

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