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29/09/2009

Déclaration unitaire FASE, GU, Alternatifs, NPA, PCF, PCOF, PG

Les partis et mouvements réunis ce jour, lundi 28 septembre, dans le cadre d’un groupe de travail sur les Régionales ont fait la déclaration suivante :

 

Dans une situation marquée par une offensive accélérée de la droite et du patronat contre l’ensemble des droits sociaux et des droits démocratiques, nous appelons à soutenir et à contribuer aux mobilisations et aux luttes de façon les plus larges et les plus unitaires possible dans la perspective d'une confrontation politique et sociale avec le pouvoir et le patronat. L’enjeu est de faire subir, enfin, une défaite à ce pouvoir réactionnaire. Les sujets ne manquent pas : la privatisation de la Poste, la multiplication des plans de licenciements, le travail du dimanche, la précarisation du travail et des conditions de vie, la remise en cause du droit aux études pour tous et toutes, l’augmentation du forfait hospitalier, la mise au pas des libertés publiques, les expulsions massives de travailleurs immigrés… Beaucoup de manifestations, d’initiatives sociales et politiques, se mettent en place en cette rentrée. Nous les soutenons ensemble comme la votation citoyenne contre le changement de statut de la Poste, la manifestation pour le droit des femmes du 17 octobre, les marches pour l’emploi, contre la précarité et les licenciements ou les initiatives en riposte au sommet « climat » de Copenhague…

 

La crise du capitalisme, économique et écologique, continue ses ravages démentant les discours trompeurs sur la reprise et la moralisation de celui-ci. Les États ont distribué des centaines de milliards d’euros ou de dollars aux responsables de la crise financière. Ils demandent maintenant à la population et au monde du travail de payer cette facture, de payer l’addition pour les banques, de payer à la place des pollueurs. La crise écologique s'accentue, alimentée par la logique productiviste du capitalisme : réchauffement climatique, épuisement des ressources naturelles et des terres cultivables, pollutions. Cette crise conduit à la mise en danger des moyens d'existence de millions d'être humains et menace gravement la biodiversité. Il y a urgence et les belles déclarations des gouvernants ne sont pas suivies d'actes conséquents. Nous voulons rompre avec cette logique toujours plus folle du capitalisme productiviste. Nous voulons une politique qui remette en cause la logique du profit pour satisfaire les besoins élémentaires et durables de la population.

 

Face à un capitalisme de plus en plus brutal et sauvage et à un gouvernement bien décidé à accélérer le rythme de ses attaques, rien ne doit détourner de la nécessaire construction d’une alternative à logique dusystème capitaliste et productiviste. Sur cette base, il faut œuvrer à gagner la majorité des travailleurs et des citoyens aux perspectives ouvertes par une gauche de combat. Voilà nos priorités.

 

Or, Face à la détermination du pouvoir Sarkozyste, nous assistons au contraire à un nouveau glissement à droite de la gauche d’accompagnement avec la tentative de construction d’une coalition de centre-gauche PS/MODEM/Europe Ecologie et le projet de primaires. C’est à dire d’une gauche qui va toujours plus vers la droite et risque de favoriser ainsi les futures victoires électorales de cette dernière comme le prouve malheureusement la situation italienne.

 

Dans ce contexte, les forces qui composent la gauche antilibérale et anticapitaliste ont le devoir de tout faire pour battre la droite et offrir une autre voie : un débouché politique qui permette de mettre en œuvre un programme traduisant dans les régions les exigences populaires issues des mobilisations, un programme régional véritablement alternatif au libéralisme et au productivisme.

Il s’agit, ensemble, non seulement de contrecarrer l’offensive politique de la droite et du libéralisme pour défendre les exigences du monde du travail, encourager les résistances mais plus fortement inverser le rapport de forces dans les urnes et dans les luttes.

A ce stade, nous savons que des approches différentes existent entre nous sur plusieurs points. Ils sont connus et nous n’avons pas cherché à les esquiver au cours de notre rencontre.

Nous ne pouvons préjuger des décisions souveraines de chacun de nos partis.

Mais nous décidons de constituer un cadre politique national de discussion commun en vue de vérifier la possibilité d'aller ensemble aux régionales.

C’est pourquoi les partis et courants politiques réunis ce jour se sont mis d’accord pour une prochaine réunion de notre groupe de travail sur les Régionales le mercredi 7 octobre. Il aura pour première tache d’élaborer un calendrier qui permettra d'organiser les discussions sur tous les points à régler afin de trouver un accord

C’est un premier pas mais il est important car les enjeux de ces élections sont non seulement régionaux mais nationaux. Ensemble, nous pouvons contribuer à inverser le rapport de force entre la droite, le patronat et les classes populaires dans les luttes et dans les urnes.

 

Signataires : Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), Gauche unitaire, Les Alternatifs, Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Parti communiste français (PCF), Parti communiste des ouvriers de France (PCOF), Parti de gauche (PG).

 

On également assisté à cette réunion au titre d'observateurs, des délégations du Forum social des quartiers populaires (FSQP) et de Lutte ouvrière (LO).

Régionales : jusqu’où aller dans le compromis

« Une large majorité  de membres du CPN a considéré qu’il convenait de mener bataille sur le terrain unitaire en mettant en avant l’incompatibilité  programmatique entre ceux qui veulent rompre avec le système et ceux qui veulent l’aménager. De cette incompatibilité découle le refus de participation aux majorités de gestion et aux exécutifs avec le PS ou les Verts », écrivent Myriam Duboz et Ingrid Hayes sur le site internet du NPA. Cette façon de présenter l’enjeu des régionales est, à mon sens, ce que l’on a produit de plus limpide depuis longtemps et qui représente bien le point de vue majoritaire dans le CPN.

 

 

Première question : s’agit-il du sentiment dominant, en revanche, dans le NPA ? Je n’en suis pas si sûr. Le sentiment dominant dans le NPA est plutôt au rassemblement et à l’unité pour démontrer qu’il y a, à la gauche du PS, une autre force, alternative à l’orientation social-libérale des socialistes. Question subsidiaire : comment y parvenir ? En d’autres termes, est-ce que cette motion du CPN nous met dans les meilleures conditions pour la réaliser ? La réponse est non. Toutes les autres formations – PC, PG, Alternatifs, Fédération – refusent d’y souscrire. Cela signifie-t-il qu’ils ne veulent pas « rompre avec le système » ? Peut-être, mais alors pourquoi leur proposer de rompre si nous sommes convaincus qu’ils ne le veulent pas ? Pour les mettre en porte-à-faux avec leurs militants ? Mais nous savons bien que leurs militants sont majoritairement dans le même état d’esprit. Je voudrais bien comprendre pourquoi nous ne posons pas également cette question au PS et aux Verts. Parmi leurs militants il y en a bien qui sont dans les mêmes dispositions d’esprit que ceux du PC ou du PG.

 

 

Deuxième question : que voulons-nous prouver ainsi ? Que nous sommes les seuls anticapitalistes conséquents ? Ou qu’il n’y a que nous pour poser correctement la question de la rupture avec le capitalisme, en l’occurrence que rompre avec le capitalisme signifie que jamais nous n’entrerons dans une configuration d’alliance avec le PS, même si celui-ci y était minoritaire et contraint d’accepter notre programme. Cas d’école, évidemment, mais puisque nous n’abordons cette question de l’anticapitalisme que sous cet angle (la rupture avec le PS) pourquoi ne pas l’évoquer.

 

 

Troisième question : si l’unité est impossible en mars 2010 comme elle ne fut en juin 2009 ou en mai-juin 2007 (Présidentielle), pourquoi le serait-elle un jour ? Pensons-nous raisonnablement qu’un jour, tout basculera en notre faveur ? En d’autres termes, n’y a-t-il pas d’autres perspectives de construction d’un mouvement anticapitaliste large que par notre auto-développement ?

 

 

Dernière question : pourquoi Lutte ouvrière, qui, nous n’en doutons pas, répond, contrairement au PC, aux Alternatifs, au PG ou à la Fédération, à nos critères d’anticapitalisme, répond-elle négativement à nos avances ? LO qui, ne l’oublions jamais s’est alliée au PS au 1er tour des municipales en 2007.

 

Procédons autrement. Le mouvement social est au plus bas. Si la « gauche » à majorité socialiste perd de nombreuses régions, si l’abstention est massive, si la « gauche de gauche » se présente divisée et fait des scores insignifiants, cela va-t-il relancer la machine ? Evidemment non. Un bon score au 1er tour de la « gauche de gauche » unie pourrait, en revanche, relancer la dynamique, redonner de l’espoir, même si le PS y perd des plumes. Voici tout l’intérêt du rassemblement. Il n’est pas en priorité de faire clivage entre antilibéraux mous et anticapitalistes conséquents. C’est sous un nouvel angle qu’il faut envisager notre participation aux régionales.

Mais le rassemblement a un coût. Jusqu’où peut aller notre compromis avec des formations qui restent attacher au paradigme de la « gauche unie » ou « plurielle » ? Il est d’accepter que celles-ci, au second tour, « trahissent » leur engagement programmatique du 1er tour. Mais alors, ce ne sera pas nous qui auront rompu l’unité pour des postes et des prébendes, mais eux. C’est eux qui prendront ce risque d’avoir à se justifier. Il s’agit donc de verrouiller un programme de 1er tour, qui peu ou prou, pourrait être incompatible avec une gestion des régions avec le PS.

28/09/2009

La « gauche radicale » la plus bête d’Europe

Les résultats électoraux des législatives d’hier en Allemagne et au Portugal devraient, normalement, faire réfléchir « notre » gauche radicale française (NPA, LO). An Allemagne, Die Linke enregistre une belle poussée, passant de 8,7 % en 2005 à plus de 12 % nationalement (80 sièges), avec de gros scores dans certains Land comme dans le Brandebourg (27,7 %) à l'Est, Die Linke devenant le 1er parti parmi les chômeurs. Au Portugal, l'ensemble de la gauche « antilibérale » effectue également un bond en avant obtenant au total 31 élus : 16 pour le Bloc de gauche, 15 pour la Coalition démocratique et unitaire (CDU), alliance des communistes et des écologistes. Notons, cependant, que les partis au pouvoir dans ces deux pays, la CDU en Allemagne et le PS au Portugal, même affaiblis, resteront « aux affaires ». Comme quoi, la crise économique avec ses conséquences sociales, n’a pas pour effet, comme le croyaient naïvement « notre » gauche radicale, d’ouvrir des crises politiques. Pour qu’une telle crise survienne, faut-il encore qu’il y ait des alternatives aux pouvoirs en place. Nous en sommes encore loin.

 

Mais pendant ce temps là, que fait notre « gauche radicale » française ? Voilà comment la direction du NPA présente l’enjeu des régionales de mars 2010 : « Une large majorité  de membres du CPN a considéré qu’il convenait de mener bataille sur le terrain unitaire en mettant en avant l’incompatibilité  programmatique entre ceux qui veulent rompre avec le système et ceux qui veulent l’aménager. » Ce que, en termes plus crus, il y a quelque mois, des camarades majoritaires de mon comité traduisaient ainsi : « pas d’alliance avec ceux qui veulent se prostituer avec le PS ! » C'est-à-dire avec le PC et le PG. Notons qu’il y a eu, les 19 et 20 septembre dernier, une vingtaine de camarades du CPN pour considérer que la position majoritaire était encore trop « droitière ». « Notre politique dans les élections, expliquent-ils, privilégient les seuls appareils et négligent la base et les luttes […] les dernières élections ont montré une défiance importante dans les classes populaires pour la cuisine électorale », etc.

 

Bref, sans jamais le dire ouvertement, ces camarades considèrent que le NPA ferait passer les élections avant les luttes. Diable ! Mais la position majoritaire est-elle si différente finalement de celle de ces 21 camarades ? Au vue de ses conséquences, non. Les obstacles mis par la majorité du NPA à la réalisation d’une unité la plus large possible à la gauche du PS sont tels qu’ils reviennent en effet à ce qu’aux prochaines élections nous nous présenterons seuls, comme aux européennes. Avec vraisemblablement le même résultat. Or les positions, en apparence les plus claires, les plus limpides, ne sont pas forcément les plus intelligentes. Car il s’agit bien là d’intelligence tactique. Combien d’électeurs, de salariés sont en effet intimement persuadés que la seule alternative c’est de « rompre avec le système » ? Une infime minorité, même dans l’électorat de notre « gauche radicale ». Cette rupture ça se construit, et pas à coups d’invectives et de discours, mais dans une dynamique de rassemblement. C’est pourquoi le rassemblement est la condition sine qua non de la construction d’une dynamique, préalable au débat sur la rupture, seul moyen de se faire entendre et de convaincre.

26/09/2009

Le Front de gauche ressuscité, le NPA marginalisé

Mélenchon vint de répondre favorablement à la demande insistante de Buffet  de création d’un « comité de liaison permanent » du Front de gauche chargé d'élaborer au plus vite « une plate-forme partagée » et d'« enraciner le Front de gauche dans la durée ». Cet accord envisagerait la constitution de listes autonome du Front de gauche au 1er tour dans plus d’une quinzaine de régions. Un tel arrangement sonne vraisemblablement, une fois de plus, le glas d’une unité de toute la « gauche de gauche ».

 

Qu’adviendra-t-il de la Fédération et des Alternatifs ? Pour la fédération qui comprend de nombreux communistes dissidents, il est fort improbable qu’ils puissent s’intégrer à ces listes – le PC n’en voudra pas. Quant aux Alternatifs, les voilà, comme aux européennes, sommés de choisir entre le NPA et le PC. Ils avaient refusé ce choix en juin, qu’est-ce qui pourrait les convaincre de se rallier cette fois-ci au Front de gauche ou au NPA ?

 

Nul besoin d’insister de nouveau sur la faute tactique gravissime du NPA qui vient de faire une fois de plus la preuve de son aveuglement en exigeant de ses partenaires, dès le 1er tour, une clause de non-participation aux exécutifs, avant même de débattre avec eux du programme sur lequel cette alliance se forgerait. Mais une autre question se pose : celle de la démocratie. Dans toutes ces formations, les choix déterminants ont été faits sans consultation préalable de leurs membres. Tout au plus ils seront conviés à les ratifier, en fait quand il n’y aura plus d’autres alternatives.

 

Pour le NPA, la cause est entendue. Le nouveau parti ira seul. Les « gauchistes » s’en féliciteront ; cette unité, ils n’en voulaient pas ; quant à  la « base », elle suivra en traînant les pieds, comme aux européennes. Pour le PG, ça sera autrement plus éprouvant. Voilà ses militants entraînés, bon gré, mal gré à rallier au second tour des exécutifs côte à côte avec le PS. A se demander pourquoi ils en sont partis ?

24/09/2009

Régionales : l’impossible unité

Nous voici donc revenu à notre point de départ. La « motion d’étape » votée à la majorité par le « parlement » (CPN) du NPA les 19 et 20 septembre est sans ambiguïté : « nous entendons poursuivre publiquement les discussions avec les forces antilibérales et anticapitalistes en vue d'un accord unitaire dans le cadre suivant : […] Un accord national [dès le 1er tour] impliquant le refus de toute majorité de gestion et par conséquent de participation à tout exécutif de région avec [le PS et les Verts]. » Autrement dit, toute formation qui ne s’engagera pas clairement dès le 1er tour sur cette clause, ne pourra entrer dans le cadre de l’accord national prévu par le NPA. Ce qui exclut non seulement le PC mais aussi le PG qui ne renonce pas, sur la base d’un accord programmatique, de travailler avec le PS et les Verts.

 

En juillet, la déclaration commune du PG et du NPA avait laissé entrouvert la possibilité d’un accord. Ainsi on pouvait lire dans cette déclaration : « Pour le NPA, les élus refuseront de contracter des accords de gestion avec les dirigeants du PS et d'Europe Ecologie. » Cela pouvait être interprété ainsi : le NPA refuse de participer aux exécutifs avec le PS et les Verts. Mais cela ne concerne que le NPA. La phrase était en effet ambiguë, et c’est pourquoi elle avait soulevé de vives protestations de la part des « gauchistes » du NPA. Depuis ce weekend, l’incident est clos. La « majorité » est revenue à la position qu’elle avait déjà défendue au moment des européennes. Il est à craindre que les conséquences seront identiques. Le NPA ira seul car il parait peu vraisemblable que la Fédération et les Alternatifs choisissent le NPA contre le PG. C’est du moins la position qu’ils avaient prise aux européennes.

 

Comment sortir de l’impasse ? Comme le précise en introduction la motion, cette position n’est pas figée et l’ensemble des militants seront consultés : « Les modalités précises de la consultation interne de novembre seront précisées par le prochain CPN des 7 et 8 novembre conformément à nos statuts. » Ce qui semble exclure tout « référendum » interne qui avait été repoussé par le congrès de fondation. Nous nous dirigeons donc vers la convocation d’une conférence nationale avec des délégués élus sur la base de motions. Dans ce cadre il est possible que la minorité du NPA propose que cette « non participation aux exécutifs » ne soit pas une condition du 1er tour. Qu’elle pourra être mise en débat entre les deux tours, en faisant l’objet d’une consultation région par région entre les contractants de l’accord et des assemblées de tous ceux qui soutiennent ces listes. Processus qui a un nom : la démocratie.

 

Evidement tout ceci apparait une fois de plus très politicien et tacticien. Quand discuterons-nous du programme ? Mais comment en discuter avec ces formations, si par avance, nous ne leur proposons pas des modalités acceptables pour se rassembler ?

20/09/2009

La mouvement social gagne en autonomie

Le front syndical commun n’aura pas tenu un an. La CGT va donc multiplier à peu près seule les initiatives en octobre: 7 octobre (pénibilité), 16 (retraites), 17 (femmes), 22 (relance industrielle), initiatives qui vont s’ajouter à celles du mois en cours comme celle de l’automobile à Paris le 17 septembre dernier. Rares sont ceux qui attendent un miracle de ces actions fragmentées. Elles ont deux fonctions : une première, externe, qui consiste à montrer que la CGT ne baisse pas les bras et reste à la pointe de la résistance à la crise. La seconde est en revanche purement interne. Face aux reproches qui lui ont été faits, parfois violemment, de ne pas assez soutenir ses syndicats de base engagés dans des actions dures (Continental), la Confédération entend bien montrer qu’il n’en est rien. L’enjeu de la « reprise en main » c’est évidemment le 49e congrès de la CGT en décembre.

 

Ne nous y trompons pas, Thibault ne risque pas grand-chose. Néanmoins il est fort probable que l’on entendra une opposition s’exprimer. Quelle forme prendra-t-elle et de quel poids pèsera-t-elle sur la ligne confédérale ? Que représente au juste ce Front syndical de classe qui entend organiser cette opposition et dont l’épicentre se situe à Douai dans le Nord ? Hormis les nostalgiques de l’ancienne emprise du PC sur la CGT, que rassemble-t-elle ? Bien difficile de le savoir. Mais il est clair que même les plus sûrs soutiens de la ligne confédérale doutent. L’affichage du binôme Thibault-Chérèque passe mal. Mais personne n’a à vrai dire de ligne de rechange. Le « tous ensemble » et la « grève générale » après les déconvenues de juin apparaissent hors de portée.

 

C’est le sentiment partagé par la plupart des syndicats de base. La tendance va peut-être être celle d’un repli passager sur l’entreprise. Et pas seulement lorsque l’on a le dos au mur, quand il est trop tard. Combien y a-t-il eu de telles luttes, plus offensives, ces derniers mois ? Comme elles ne font pas la une des médias, difficile de le savoir. Une étude récente a d’ailleurs montré que les trois-quart des conflits – qui concernent surtout les PME – n’étaient même pas comptabilisés par les statistiques officielles. Reste l’indice de la syndicalisation. Il semble bien, du moins pour la CGT, que l’on assiste à une resyndicalisation. Encore qu’il faut se méfier. Cela concerne souvent des secteurs en danger.

 

Bref, si un « tous ensemble » n’est pas pour demain, cela ne veut pas dire que le mouvement social reflue. Il prend d’autres formes, moins spectaculaires. Surtout, et on l’a bien vu lors de la manifestation du 17 septembre à la Bourse ou avec les New-Fabris en juillet, il semble gagner en autonomie, ne plus vouloir totalement dépendre des initiatives d’en haut, pas plus de celles des confédérations que de celles de l’Etat. En d’autres termes une idée est en train de faire son chemin : ne comptons que sur nous-mêmes.

15/09/2009

Les régionales et la crise

Bien qu’elle ait en réalité commencé en août 2007 (et plus précisément encore à partir de l’automne 2006 avec la chute des prix de l’immobilier), on s’accorde à reconnaître comme point de départ de la crise financière mondiale la date du 15 septembre 2008 quand fut officiellement annoncée la faillite de la banque Lehman Brothers. Depuis la crise s’est étendue à ce qu’ils appellent l’économie réelle provoquant une hausse très importante du chômage mais sans pour autant que tout le système s’effondre comme après le jeudi noir du 24 octobre 1929.

On sait aujourd’hui que se sont les Etats qui ont sauvé, du moins provisoirement, le système. Ce qu’ils n’avaient pas fait en 1929 ou bien alors avec plusieurs années de retard. Ainsi l’antienne comme quoi l’Etat-nation était en déclin en a pris un sacré coup. Mieux encore, au lieu d’avoir des ripostes désordonnées accompagnées de mesures protectionnistes, nous avons assisté peu ou prou à une coordination des efforts entre les Etats pour sauver le système bancaire en recourant à des nationalisations partielles ou totales. Ce qui était, en théorie, inimaginable, dans un système libéral, a pourtant bien eu lieu.

Evidemment la crise n’est pas finie. La croissance peine à revenir et est principalement due à des politiques de soutien à certains secteurs comme celui de l’automobile (primes à la casse, etc.) ; un chômage de masse s’installe durablement et les plans sociaux vont continuer à se multiplier ; mais surtout cette intervention massive des Etats a accru de façon considérable la dette publique. Dans l’Histoire, cette question de la dette a souvent été un facteur déterminant pour la survie des Etats. Car qui dit dette, dit levée de nouveaux impôts. C’est cette dette qui a miné l’Empire de Charles Quint et provoqué en partie la révolte des Pays-Bas (1555-1558) ; idem en Angleterre où le point de départ du conflit entre Charles 1er et le Parlement portait précisément sur ce même problème d’impôts nouveaux déclenchant la première révolution anglaise (1627-1645) ; idem pour la France en 1789, les Etats-généraux ayant été convoqués pour résoudre la crise financière de l’Etat.

Evidemment nous n’en sommes pas là encore. Surtout, les Etats ont acquis une telle puissance et disposent de moyens autrement plus considérables qu’au 17e ou au 18e siècle, qu’il est impensable désormais que l’on puisse arriver à de telles extrémités. Mais nous savons aussi que le pari d’une nouvelle et forte croissance est pour l’instant un vœu pieu. La persistance d’un chômage de masse ne va pas améliorer les finances publiques ; surtout l’ancienne croissance était soutenue par l’endettement des ménages par le crédit. Le crédit se restreignant d’où pourrait-elle repartir ?

On entend ici et là, un discours qui n’était tenu hier que par quelques rares personnes, généralement à la gauche de la gauche ou chez les écologistes. C’est la notion d’une autre croissance pour un développement durable. Pour l’instant cela reste dans la bouche des élites des belles paroles sans conséquence. Et les vieilles habitudes ne vont pas tarder à revenir. On le voit bien en France avec le vrai-faux débat autour de la taxe carbone. Plus généralement les sommes considérables débloquées par le Etats n’ont servi jusqu’ici qu’à renflouer les banques ou à soutenir le secteur de l’automobile, mais rien concernant ces nouveaux secteurs.

Dernier indice du peu de prise en considération de cette question centrale d’une autre économie. Elle est pour l’instant très loin d’être au centre de la préparation des régionales. On parle beaucoup – trop peut-être –  de tactiques électorales mais peu du fond. Certes les régions ne jouent encore qu’un rôle marginal dans l’économie du pays, et leur action reste peu transparent. Raison de plus pour que dans ces futures élections soient mises en avant et conjointement, la question du rôle des régions dans les mutations économiques et celle de la démocratie locale comme moyen de contrôle des actions entreprises.

11/09/2009

Le PC va-t-il se briser sur le récif des régionales ?

Avec ses quelque 180 élus présents dans les exécutifs régionaux aux côtés du PS, le PC se retrouve le cul entre deux chaises. Nul besoin d’être un expert de la vie politique française pour comprendre que les régionales de mars 2010 risque, en effet, d’être une dure épreuve pour l’ancien « parti de la classe ouvrière ». Si, à sa base, âgée et nostalgique, on pousse à l’unité avec le PG et pourquoi pas avec le NPA, au sommet, c’est-à-dire parmi ces élus qui collaborent depuis des décennies avec les socialistes à la gestion de nombreuses villes, départements et régions, le sentiment dominant est tout autre.

 

Marie-Georges Buffet a beau dire : « Le Front de gauche [PC, PG et Gauche unitaire] a vocation à être majoritaire pour porter un projet de gauche », ces élus ont quelque doute sur une stratégie qui les conduirait à critiquer dans les faits leur propre gestion dans ces institutions. Car se retrouver dans une alliance au 1er tour avec le PG flanqué du NPA, cela revient à ça. Qui plus est, rien ne dit que le PS sera très généreux après le second tour, qu’il reconduira les « traitres » du 1er tour, comme si de rien était, dans leurs anciennes fonctions. Enfin, en admettant que ce Front élargi au NPA fasse des merveilles, il faudra bien lâcher quelques postes aux autres formations. Bref le PC a toutes les chances d’y perdre des plumes.

 

Pour le PG et le NPA, en revanche, s’ils s’y prennent bien, ces régionales peuvent être le moyen de casser l’ambiguïté sur laquelle surfent les communistes depuis une bonne dizaine d’années. A la fois un pied dans la « gauche plurielle » et un pied en dehors. C’est pourquoi la déclaration commune NPA-PG de juillet ne doit pas rester sans effet. On sait que les « gauchistes » du NPA l’ont très vertement critiqué ; que Besancenot a déclaré à Leucate qu’il ne s’agissait là que d’une déclaration et non d’un accord définitif. Mélenchon, de son côté, a une bonne carte à jouer dans cette affaire. Qu’il réussisse le tour de force d’obtenir des listes communes PC-PG-NPA-Alternatifs, et le voilà bien placé pour être le candidat unique de la « gauche de gauche » en 2012.

 

Où cela risque de ne pas marcher ? En premier lieu, il sera difficile au PC d’avoir une démarche nationale. Ça va se jouer région par région. Deuxièmement, Buffet ne voudra pas entrer dans le jeu du NPA de refus systématique de participation aux exécutifs régionaux. C’est pourquoi, tout en expliquant que, pour ce qui le concerne, le NPA s’en tiendra à des « accords techniques » avec le PS, il ne devra pas en faire une clause de rupture avec ses partenaires éventuels. Reste à savoir enfin ce qui va se passer dans certaines régions pour le PS. Y aura-t-il des alliances au second tour avec le MoDem ? Va-t-il nous faire ce cadeau ? Tout ceci sans compter ce que feront les Verts, région par région. Vont-ils réitérer leur « coup » des européennes ? La « gauche de gauche », et en premier lieu le NPA joue une grande partie de son avenir dans ces élections là.

 

Cherche-t-on à isoler le NPA à tout prix ? – Entre les réponses de MG Buffet sur le chat du Monde et l’entretien avec Patrick Braouezec dans le même journal, on trouve la même idée : laisser le NPA en dehors d’un accord au 1er tour. Le prétexte tout trouvé c’est le refus du NPA de participer au second tour à une alliance – même « technique » – avec le PS. Le PG et la Gauche unitaire va-t-elle tremper dans cette manœuvre politicienne du PC ?

10/09/2009

Pétards mouillés et vieilles dentelles

Pour ce que j’en ai lu, Hold-up, arnaques et trahisons (l’enquête de deux journalistes sur l’élection de Martine Aubry à la tête du PS) ne présente guère de révélations. En gros tout ça était connu. Le « bourrage » des urnes et autres malversations du même ordre, du moins dans certaines sections et fédérations, c’est apparemment une vieille habitude. Pas de « complot » non plus du côté des « confrères » mais une bonne occasion de « faire le métier ». Tout cela reste finalement au ras des pâquerettes et ne vaut pas le statut de « scoop ».

 

On est cependant là, comme avec l’affaire Dray ou celle de Clearstream, dans un genre de pratiques révélatrices de ce que sont ces partis. Une caste de professionnels qui vivent en parasites sur le dos de la démocratie et en ternissent l’image. Incapables de se départager politiquement, ils n’ont qu’un seul recours : le clientélisme et les coups bas. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’enjeux politiques au PS, pour prendre cet exemple. Royal qui affiche très clairement l’objectif de faire de ce parti un grand parti démocrate à l’américaine, ce qui est somme toute le seul avenir possible pour le PS, diverge bien sûr, sur ce point au moins, avec certains de ses concurrents. Ceux-là, souhaitant très certainement une ligne moins franche, histoire de continuer à noyer le poisson.

 

Autrement dit, il n’y a pas de conflit gauche-droite dans le PS, mais des façons différentes d’aller au même résultat. Ce  à quoi il faut évidemment ajouter l’enjeu de la candidature à la présidentielle, puisque désormais tout passe par là. Bref, avec cette misérable affaire, on a un condensé de ce à quoi la politique est réduite : une course hippique avec ses paris truqués et ses arnaques à la petite semaine. Redonner toute sa signification et ses lettres de noblesse à cet « art stratégique de la médiation », tel devrait être l’un de nos objectifs. Non pas en nous pinçant le nez, comme nous le faisons trop souvent, mais en nous emparant de cet espace confisqué par cette minorité « sans foi, ni loi ».

07/09/2009

Socialistes et « centristes », une très vieille histoire

Du « bloc des gauches » (années 20) au deuxième septennat de Mitterrand (1988) – encore qu’il ne s’agissait là que du débauchage de personnalités du centre – l’alliance des socialistes avec le « centre », en gros ce que l’on a compté dans l’histoire comme formations « bourgeoises » se situant à la « gauche » de la droite, est une constante et non une exception. Ce fut le cas avec le parti radical dans les années 20 et 30 (Front populaire) ; après la Seconde guerre mondiale avec le MRP (dont le MoDem n’est qu’un lointain avatar) ; dans les années 60, quand avec la FGDS, la SFIO (PS) voulait fédérer toute l’opposition au gaullisme. Notons que le PC, pourtant autrement plus puissant qu’aujourd’hui, ne rechigna pas, lui aussi, à tremper dans ces « coalitions » comme en 1936, en 1945-1947 ou entre 1965 et 1967.

 

Le ralliement du centre au gaullisme après 68 contraint le nouveau PS à changer d’alliance, ce qui a donné 1981 qui était une première dans l’histoire de la gauche en France. L’effondrement du PC depuis une vingtaine d’années et le désamour entre le PS et les couches « populaires », obligent les socialistes à reconsidérer le schéma de 1981. Les hauts cris de la « gauche de gauche » face à cette nouvelle alliance PS-MoDem qui se profile à l’horizon 2010-2012 n’a donc pas lieu d’être. Les socialistes, c’est entendu depuis longtemps, n’ont aucune ambition de changer de société quoiqu’ils en aient dit il y a une trentaine d’années, ce qui justifie ainsi tout refus d’alliance avec eux, du moins sur leur programme.

 

Mais une partie de cet électorat socialiste, voit-il ça d’un bon œil ? Faute d’autre alternative, il est à craindre qu’il s’en contentera. L’alliance PC-PG-NPA avec l’apport de la Fédération et des Alternatifs devient ainsi urgent. C’est le seul moyen de contrer cette opération de recentrage. On nous dira : mais le PC n’en veut pas de cette alliance, et le PG suivra le PC. Aux européennes, « notre » électorat ne nous a pas totalement suivis sur cette ligne, préférant s’abstenir. C’est pourquoi il faut redoubler d’effort, être plus unitaires que nos partenaires, passer avec eux les compromis nécessaires pour que cette alliance se concrétise. Si, par aventure, nos partenaires choisissent au second tour de rallier le PS et le MoDem, ça sera leur choix. Les électeurs jugeront alors sur pièce.

04/09/2009

La farce carbone

« Le monde est au bord du  gouffre s’agissant de la protection de l’environnement ! » Cela aurait pu être du Hulot, du Besancenot ou du Royal, mais c’est du Sarkozy. Le président qui avait cru jouer un bon tour aux écologistes avec sa « taxe » carbone se retrouve dans la position de l’arroseur arrosé. De la gauche à la droite, patronat et agriculteurs compris, personne n’en veut. Même les écologistes pour qui « abaisser ce prix à 15 euros la tonne » lui fait perdre « toute efficacité [et] alourdit la facture des plus modestes sans dissuader les comportements les plus énergivores de ceux qui en ont les moyens. »

 

C’est Besancenot qui le premier était monté au créneau contre cette taxe dès juillet. Elle était alors à 32 euros la tonne. Mais c’est Royal qui a déclenché l’hallali, forçant la main en quelque sorte au PS qui s’en serait peut-être contentée. Evidemment du côté du Medef et de la FNESA on ne milite pas contre ce nouvel impôt pour les mêmes raisons. Il n’empêche que ce sont eux qui vont très certainement être les seuls gagnants dans cette affaire. Soit par de nouveaux dégrèvements en compensation, soit parce que, même remontée de quelques euros, la taxe risque d’être peu dissuasive.

 

A vrai dire le problème est de plus en plus complexe. Avec nos économies dévoreuses d’énergie fossile, une simple taxe ne risque pas de modifier radicalement les « comportements » comme ils disent, qu’elle soit à 15 ou 32 euros. Tout au plus peut-elle infléchir légèrement la tendance comme il semble que cela soit le cas en Allemagne et en Angleterre où de telles taxes existent. Mais la pomme d’Argentine vendue en France dans un hyper à bas prix sera longtemps encore moins chère que celle du producteur local, compte-tenu des inégalités de salaires et des charges entre les deux pays.

 

Au fond c’est l’économie mondialisée qui est en cause. Quand les vieux pays industrialisés délocalisent à tout va et se spécialisent sur certains créneaux, financiers par exemple, comme l’ont fait depuis vingt ans les pays anglo-saxons ou quand les produits « bios » vendus en France sont à 80% d’origine étrangère, etc., on marche évidemment la tête à l’envers. Pour être réellement efficace en matière d’écologie, il faudrait changer tout ça, recentrer en partie les économies sur la satisfaction au plus près des besoins locaux. Par exemple réduire la consommation du riz à 99% importés en Afrique de l’ouest pour se remettre à celle du mil ou d’autres céréales locales.

 

Le marché du travail également devrait être revu. Travailler plus près de chez soi et moins longtemps, avec des services publics de proximité, réduirait les temps de transports et donc la consommation d’énergie. De même pour la consommation domestique. Le bois, énergie renouvelable à condition de la gérer convenablement, pourrait remplacer avantageusement, pour certains usages, l’électricité ou le gas-oil. Ce ne sont pas les solutions qui manquent. Mais pour les mettre en pratique, il faudrait que l’intérêt commun prime sur l’intérêt privé. L’inverse, taxe ou pas taxe, ne peut que conduire à la catastrophe.

02/09/2009

Soixante-dix ans après

Le 1er septembre 1939, l’Allemagne attaquait la Pologne. L’URSS allait faire de même le 17 du même mois. Un peu plus de deux ans auparavant le Japon avait envahit la Chine. Quand j’entends aujourd’hui certains d’entre nous affirmer que la crise « systémique » du capitalisme mondialisé pourrait, à terme (mais quand ?), aboutir aux mêmes résultats, je pense que je ne suis pas le seul à trouver ces propos frappés d’anachronisme.

 

On n’y prêterait guère attention s’il ne s’agissait que des déclarations de quelques illuminés vivants hors du siècle. Or cette « analyse » fait partie du socle commun à une bonne partie des courants politiques qui se réclament aujourd’hui de l’anticapitalisme. Ainsi, dans les Principes fondateurs du NPA, on peut lire ceci : « Dans ce cadre de la mondialisation capitaliste, loin d'aller vers la paix, on assiste aussi au surarmement, à l'exacerbation des tensions et des conflits internationaux […] La paix est incompatible avec ce système […] Les ravages de la domination du capital donnent toute son actualité à l'alternative socialisme ou barbarie.»

 

Nul doute que tous ceux qui adhérent aujourd’hui à des partis prophétisant de telles perspectives n’en partagent pas uniformément les conséquences ultimes. Quel serait leur étonnement s’ils savaient que l’orientation politique à laquelle ils adhèrent est bâtie sur de tels fondements ? Dans ces partis ils ne voient qu’une protestation contre le système et la possibilité de lutter le plus efficacement possible, croient-ils, pour en changer. Mais delà à se faire à l’idée que leur combat échouant, le monde tomberait immanquablement dans la « barbarie », il y a là une barrière mentale infranchissable.

 

Les quelques rares adeptes de la guerre permanente seraient bien en peine d’ailleurs de démontrer que les guerres d’Irak ou d’Afghanistan préfigurent une troisième guerre mondiale à venir, même en y ajoutant pour faire bonne mesure les vagues menaces qui visent l’Iran et la Corée du Nord. Alors pourquoi cette rhétorique apocalyptique ? Sinon pour justifier une ligne politique qui se refuse au moindre compromis et au débat sur d’autres alternatives. Car, quand la guerre frappe à la porte, il ne s’agit plus de tergiverser.

 

Quand Rosa Luxemburg quelques années avant le déclenchement de la Première guerre mondiale avait émis une telle perspective, l’un des reproches que lui avait fait Lénine était de n’avoir pas mis ses actes en conformité avec ses idées, en l’occurrence de continuer à mener son combat dans le cadre de la stricte légalité des lois de son pays. Dans les années 70 du siècle dernier, toute une partie de l’ultragauche européenne et japonaise justifia son recours à la lutte armée parce qu’elle était convaincue que le capitalisme était l’antichambre du fascisme et que l’on ne pouvait pas y mettre fin autrement qu’en entrant en guerre ouverte avec un tel système. Ce n’est pourtant pas à suivre une telle voie que Lutte ouvrière ou le NPA nous invitent. « Socialisme ou barbarie » ne serait donc que du vent ?

 
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