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29/09/2009

Régionales : jusqu’où aller dans le compromis

« Une large majorité  de membres du CPN a considéré qu’il convenait de mener bataille sur le terrain unitaire en mettant en avant l’incompatibilité  programmatique entre ceux qui veulent rompre avec le système et ceux qui veulent l’aménager. De cette incompatibilité découle le refus de participation aux majorités de gestion et aux exécutifs avec le PS ou les Verts », écrivent Myriam Duboz et Ingrid Hayes sur le site internet du NPA. Cette façon de présenter l’enjeu des régionales est, à mon sens, ce que l’on a produit de plus limpide depuis longtemps et qui représente bien le point de vue majoritaire dans le CPN.

 

 

Première question : s’agit-il du sentiment dominant, en revanche, dans le NPA ? Je n’en suis pas si sûr. Le sentiment dominant dans le NPA est plutôt au rassemblement et à l’unité pour démontrer qu’il y a, à la gauche du PS, une autre force, alternative à l’orientation social-libérale des socialistes. Question subsidiaire : comment y parvenir ? En d’autres termes, est-ce que cette motion du CPN nous met dans les meilleures conditions pour la réaliser ? La réponse est non. Toutes les autres formations – PC, PG, Alternatifs, Fédération – refusent d’y souscrire. Cela signifie-t-il qu’ils ne veulent pas « rompre avec le système » ? Peut-être, mais alors pourquoi leur proposer de rompre si nous sommes convaincus qu’ils ne le veulent pas ? Pour les mettre en porte-à-faux avec leurs militants ? Mais nous savons bien que leurs militants sont majoritairement dans le même état d’esprit. Je voudrais bien comprendre pourquoi nous ne posons pas également cette question au PS et aux Verts. Parmi leurs militants il y en a bien qui sont dans les mêmes dispositions d’esprit que ceux du PC ou du PG.

 

 

Deuxième question : que voulons-nous prouver ainsi ? Que nous sommes les seuls anticapitalistes conséquents ? Ou qu’il n’y a que nous pour poser correctement la question de la rupture avec le capitalisme, en l’occurrence que rompre avec le capitalisme signifie que jamais nous n’entrerons dans une configuration d’alliance avec le PS, même si celui-ci y était minoritaire et contraint d’accepter notre programme. Cas d’école, évidemment, mais puisque nous n’abordons cette question de l’anticapitalisme que sous cet angle (la rupture avec le PS) pourquoi ne pas l’évoquer.

 

 

Troisième question : si l’unité est impossible en mars 2010 comme elle ne fut en juin 2009 ou en mai-juin 2007 (Présidentielle), pourquoi le serait-elle un jour ? Pensons-nous raisonnablement qu’un jour, tout basculera en notre faveur ? En d’autres termes, n’y a-t-il pas d’autres perspectives de construction d’un mouvement anticapitaliste large que par notre auto-développement ?

 

 

Dernière question : pourquoi Lutte ouvrière, qui, nous n’en doutons pas, répond, contrairement au PC, aux Alternatifs, au PG ou à la Fédération, à nos critères d’anticapitalisme, répond-elle négativement à nos avances ? LO qui, ne l’oublions jamais s’est alliée au PS au 1er tour des municipales en 2007.

 

Procédons autrement. Le mouvement social est au plus bas. Si la « gauche » à majorité socialiste perd de nombreuses régions, si l’abstention est massive, si la « gauche de gauche » se présente divisée et fait des scores insignifiants, cela va-t-il relancer la machine ? Evidemment non. Un bon score au 1er tour de la « gauche de gauche » unie pourrait, en revanche, relancer la dynamique, redonner de l’espoir, même si le PS y perd des plumes. Voici tout l’intérêt du rassemblement. Il n’est pas en priorité de faire clivage entre antilibéraux mous et anticapitalistes conséquents. C’est sous un nouvel angle qu’il faut envisager notre participation aux régionales.

Mais le rassemblement a un coût. Jusqu’où peut aller notre compromis avec des formations qui restent attacher au paradigme de la « gauche unie » ou « plurielle » ? Il est d’accepter que celles-ci, au second tour, « trahissent » leur engagement programmatique du 1er tour. Mais alors, ce ne sera pas nous qui auront rompu l’unité pour des postes et des prébendes, mais eux. C’est eux qui prendront ce risque d’avoir à se justifier. Il s’agit donc de verrouiller un programme de 1er tour, qui peu ou prou, pourrait être incompatible avec une gestion des régions avec le PS.

Commentaires

"[...] incompatibilité programmatique entre ceux qui veulent rompre avec le système et ceux qui veulent l’aménager."

Net, ciselé, sans tâches, ... J'adooore !

Allons un peu plus loin camarades ! Abattons les "aménagements" qui maintiennent à flot ce système pourri depuis un siècle ou deux : éducation laïque et gratuite, congés payés, sécurité sociale,... bref, tous ces soit-disant acquis qui n'ont été obtenus qu'avec la "gauche pas de gauche"

Oups... on me dit que c'est aussi le programme de la droite ??!

Arno.

Écrit par : Arno | 29/09/2009

Arno je te signale que ces droits sociaux ont été conquis par la lutte, la vraie. C'est-à-dire par une stratégie révolutionnaire et non pas réformiste.

Le rapport de force dans la lutte des classes, ça tombe pas du ciel. Les patrons sont pas des gentils bisounours qui lâchent pour le plaisir d'offrir...

Écrit par : toto | 30/09/2009

Bien sûr Toto ! Mais ça passe aussi à un moment par un accord avec les réformistes. Et là je ne connais pas de contre-exemple (en France en tout cas)

Écrit par : Arno | 30/09/2009

Énormément de droits sociaux ont été obtenus pendant que la droite était au pouvoir, sous la pression de la rue. Y compris l'avortement par exemple.

Alors il est évidemment plus facile de remporter des victoires sociales quand des réformistes sont au pouvoir. Mais de toute façon aujourd'hui, IL N'Y A PLUS DE RÉFORMISTES! (le réformisme c'est vouloir atteindre le socialisme par la réforme, pas réguler le capitalisme)

Écrit par : toto | 30/09/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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