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29/09/2009

Déclaration unitaire FASE, GU, Alternatifs, NPA, PCF, PCOF, PG

Les partis et mouvements réunis ce jour, lundi 28 septembre, dans le cadre d’un groupe de travail sur les Régionales ont fait la déclaration suivante :

 

Dans une situation marquée par une offensive accélérée de la droite et du patronat contre l’ensemble des droits sociaux et des droits démocratiques, nous appelons à soutenir et à contribuer aux mobilisations et aux luttes de façon les plus larges et les plus unitaires possible dans la perspective d'une confrontation politique et sociale avec le pouvoir et le patronat. L’enjeu est de faire subir, enfin, une défaite à ce pouvoir réactionnaire. Les sujets ne manquent pas : la privatisation de la Poste, la multiplication des plans de licenciements, le travail du dimanche, la précarisation du travail et des conditions de vie, la remise en cause du droit aux études pour tous et toutes, l’augmentation du forfait hospitalier, la mise au pas des libertés publiques, les expulsions massives de travailleurs immigrés… Beaucoup de manifestations, d’initiatives sociales et politiques, se mettent en place en cette rentrée. Nous les soutenons ensemble comme la votation citoyenne contre le changement de statut de la Poste, la manifestation pour le droit des femmes du 17 octobre, les marches pour l’emploi, contre la précarité et les licenciements ou les initiatives en riposte au sommet « climat » de Copenhague…

 

La crise du capitalisme, économique et écologique, continue ses ravages démentant les discours trompeurs sur la reprise et la moralisation de celui-ci. Les États ont distribué des centaines de milliards d’euros ou de dollars aux responsables de la crise financière. Ils demandent maintenant à la population et au monde du travail de payer cette facture, de payer l’addition pour les banques, de payer à la place des pollueurs. La crise écologique s'accentue, alimentée par la logique productiviste du capitalisme : réchauffement climatique, épuisement des ressources naturelles et des terres cultivables, pollutions. Cette crise conduit à la mise en danger des moyens d'existence de millions d'être humains et menace gravement la biodiversité. Il y a urgence et les belles déclarations des gouvernants ne sont pas suivies d'actes conséquents. Nous voulons rompre avec cette logique toujours plus folle du capitalisme productiviste. Nous voulons une politique qui remette en cause la logique du profit pour satisfaire les besoins élémentaires et durables de la population.

 

Face à un capitalisme de plus en plus brutal et sauvage et à un gouvernement bien décidé à accélérer le rythme de ses attaques, rien ne doit détourner de la nécessaire construction d’une alternative à logique dusystème capitaliste et productiviste. Sur cette base, il faut œuvrer à gagner la majorité des travailleurs et des citoyens aux perspectives ouvertes par une gauche de combat. Voilà nos priorités.

 

Or, Face à la détermination du pouvoir Sarkozyste, nous assistons au contraire à un nouveau glissement à droite de la gauche d’accompagnement avec la tentative de construction d’une coalition de centre-gauche PS/MODEM/Europe Ecologie et le projet de primaires. C’est à dire d’une gauche qui va toujours plus vers la droite et risque de favoriser ainsi les futures victoires électorales de cette dernière comme le prouve malheureusement la situation italienne.

 

Dans ce contexte, les forces qui composent la gauche antilibérale et anticapitaliste ont le devoir de tout faire pour battre la droite et offrir une autre voie : un débouché politique qui permette de mettre en œuvre un programme traduisant dans les régions les exigences populaires issues des mobilisations, un programme régional véritablement alternatif au libéralisme et au productivisme.

Il s’agit, ensemble, non seulement de contrecarrer l’offensive politique de la droite et du libéralisme pour défendre les exigences du monde du travail, encourager les résistances mais plus fortement inverser le rapport de forces dans les urnes et dans les luttes.

A ce stade, nous savons que des approches différentes existent entre nous sur plusieurs points. Ils sont connus et nous n’avons pas cherché à les esquiver au cours de notre rencontre.

Nous ne pouvons préjuger des décisions souveraines de chacun de nos partis.

Mais nous décidons de constituer un cadre politique national de discussion commun en vue de vérifier la possibilité d'aller ensemble aux régionales.

C’est pourquoi les partis et courants politiques réunis ce jour se sont mis d’accord pour une prochaine réunion de notre groupe de travail sur les Régionales le mercredi 7 octobre. Il aura pour première tache d’élaborer un calendrier qui permettra d'organiser les discussions sur tous les points à régler afin de trouver un accord

C’est un premier pas mais il est important car les enjeux de ces élections sont non seulement régionaux mais nationaux. Ensemble, nous pouvons contribuer à inverser le rapport de force entre la droite, le patronat et les classes populaires dans les luttes et dans les urnes.

 

Signataires : Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), Gauche unitaire, Les Alternatifs, Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Parti communiste français (PCF), Parti communiste des ouvriers de France (PCOF), Parti de gauche (PG).

 

On également assisté à cette réunion au titre d'observateurs, des délégations du Forum social des quartiers populaires (FSQP) et de Lutte ouvrière (LO).

Commentaires

Cette déclaration va faire débat dans le NPA. Les "gauchistes" vont remonter au créneau. Mais c'est nénamoins une déclaration qui fait avancer les choses.

Écrit par : Gilles | 29/09/2009

Ce texte est un petit pas...dans lequel le PC acte ;"d’une gauche qui va toujours plus vers la droite et risque de favoriser ainsi les futures victoires électorales de cette dernière comme le prouve malheureusement la situation italienne."

Que le PC ai signé cela, certes ne l'engage à rien mais rendra encore plus incompréhensible pour ses militants d'éventuels alliances au premier tour avec le PS.

Donc un petit pas...à l'initiative du NPA qui a eu l'intelligence politique de réunir l'ensemble des partenaires potentiels, au lieu des têtes à têtes habituels pour qu'enfin le débat soit pluriel et permette à chacun de se rendre compte des convergences et différences et du positionnement de chacun autrement que par des communiqués de presse toujours très diplomatiques et sans effets pratiques.

Cette réunion avec la participation du PC , du PG et de GU, montre également qu'il n'y pas une position commune FDG en tant que coalition électorale parlant d'une même voix.

Wait and see

Écrit par : VERGNES | 29/09/2009

Bah je suppose que vous avez lu le bulletin interne...

Effectivement, la dérive vers l'antilibéralisme continue. En pleine crise du capitalisme, c'est plutôt malvenu!

Écrit par : toto | 30/09/2009

Toto argue que faire alliance avec les "anti-libéraux", c'est abandonner l'anticapitalisme.

Tout d'abord l'intitulé "anti -libéral" recouvre une palette tellement large de niveaux de conscience et qu' en faire un paquet unique est quelque peu simplificateur.

D'autre part affirmer que c'est abandonner l'anticapitalisme demeure qu'une affirmation sans aucune démonstration sur des faits concrets dans le cadre de la gestion des Régions, car il ne faut quand même pas l'oublier c'est là l'objet de ces élections et non la préparation du "grand soir".

Par ailleurs , plaçons-nous maintenant du côté des anti-libéraux, faire alliance avec les anticapitalistes, c'est le début de la reconnaissance du bien-fondé du combat anticapitaliste.

C'est l'éternel problème de la bouteille à moitié vide ou à moitié pleine.

En dernier lieu affirmer que notre programme deviendrait antilibéral ne pourrait se justifier qui si tout d'abord ce programme POUR LES REGIONALES était écrit noir sur blanc, point par point, ors il n'en est rien. Nous en sommes au stade des grandes généralités qui elles pour l'instant n'ont rien d' "antilibérales "

Écrit par : VERGNES | 30/09/2009

Il ne s'agit pas de bouteille moitié pleine-moitié vide.
Il y a l'anticapitalisme qui est à un bout de l'échiquier politique.
Il y a de l'autre la gauche antilibérale, qui se trouve aujourd'hui tiraillée entre la gauche anticapitaliste et le PS.

Notre direction a bien compris qu'elle était obligée de s'aligner sur les positions de la gauche antilibérale, si elle voulait gagner ce "concours" avec le PS (sauf qu'on n'a toujours pas compris l'utilité au final de cet objectif).

La gauche antilibérale n'a jamais fait le moindre pas vers la gauche anticapitaliste. Jusqu'ici, tous les compromis et compromissions viennent des anticapitalistes.
En l'occurrence, il n'y a pas de juste moitié ou quoi que ce soit, mais bien un alignement sur celui qui remporte la bataille idéologique.
Et de mon point de vue, il n'y a aucune raison de rendre les armes comme ça!

Écrit par : toto | 30/09/2009

Et ce serait à l'initiative du NPA en plus ( ??? ) on se frotte les yeux et on croise les doigts...
Manquerait plus que tes sombres (et hélas si justes) imprécations soit prises en défaut ! ;)

Amitiés
Jean-Marc

Écrit par : from Greville | 30/09/2009

En quoi les mesures d’urgence du NPA (1500 euros net de revenu minimum, 300 euros pour tous, etc.) sont-elles anticapitalistes ? En rien. Même l’interdiction des licenciements, même la nationalisation des banques. N’est « anticapitalisme » que l’objectif à terme et à très long terme, c’est-à-dire à coups de réforme allant dans la perspective d’une « transformation révolutionnaire » de la société et des rapports sociaux. La question de l’indépendance par rapport au PS est tactique. Elle l’est tellement que nous appelons à « battre la droite », c’est-à-dire le plus souvent à finalement voter socialiste. Peu ou prou nous continuons à entretenir l’idée que les socialistes sont dans notre camp, ne serait-ce qu’en continuant à utiliser ce terme de « gauche ». Même avec des guillemets, ça reste la « gauche ». Nous même avons utilisé le terme de « 100% à gauche », ce qui fait hurler Badiou. Si nous sommes 100% à gauche alors cela signifie que les socialistes le sont encore un peu à 10, 20, 30 %. Ce n’est pas très clair.
Cette manière de raisonner ne me convient pas. Je préfère procéder autrement. Quel est l’enjeu des régionales ? Battre la droite disons nous. Pas si sûr. Je crois plutôt que c’est de rassembler indépendamment du PS une nouvelle force politique qui se détache des politiques menées par le PS. C’est la dynamique qui compte, même si les forces qui la composent gardent encore quelques liens avec l’ancienne « gauche ». L’objectif c’est bien de faire ce que les Verts ont fait pour leur compte, c’est-à-dire de faire en sorte que le PS ne soit plus la clé de toute alternative. Et combien même cela passerait par des compromis. Cette dynamique le mouvement social en a besoin pour retrouver de la confiance, rebondir, et c’est pourquoi elle est déterminante.

Écrit par : Gilles | 30/09/2009

Bonjour,
une question d’un électeur « moyen » à des spécialistes militants : je comprend bien les enjeux d’une élection nationale, mais je ne vois pas bien le lien avec les élections locales.
Pourquoi, au niveau local, être contre l’alliance avec le PS, éventuellement au premier tour ?
En effet, au niveau local, je ne vois pas bien en quoi l’étiquette politique a un lien avec la politique menée.

En ce qui me concerne, j’étais dans une municipalité gérée par le PC, puis le PS puis par la droite. Je n’ai pas vu de différence, sauf que la voirie est maintenant beaucoup mieux entretenue ainsi que les espaces verts, et que de plus, étant dans un lieu isolé, on a maintenant un autobus « privé » , alors que la gauche s’y refusait, disant que c’était de la responsabilité de la RATP (j’ai participé à moult manifestations qui n’ont abouti à rien). De plus l’amélioration de la cour de la petite école primaire publique ou allait mes enfants a également été faite par la droite (là aussi moult réunions de parents d’élèves avec la municipalité de gauche sans suites). En bref, la droite a mieux satisfait mes besoins quotidiens (il est vrai que je ne fais pas partie de la municipalité, que je ne connais pas tout, et que je ne cite que ce que j’ai constaté personnellement).

Même chose pour ma région, gérée maintenant par des socialistes. Je ne vois pas la différence. Leur bulletin régional pourrait être fait par le président précédent (au sigle et à la photo près). A nouveau je ne sais pas tout, mais comment trouver la différence ?

La seule différence que je perçois, c’est que cela renforce le « camp » de gauche, par les élus, la clientèle, sans doute les subventions. OK, mais c’est assez indirect.

Existe-t-il un « observatoire des municipalités, des régions » qui permettent de savoir si il y a une différence entre PC, PS ou autres ?
(il est très difficile de croire les tracts qui disent toujours du mal de l’adversaire en montant en épingle une réalité partielle, ou microscopique, sans possibilité d’explications contradictoires)

Marc.Malesherbes

Écrit par : Marc.Malesherbes | 30/09/2009

Si cette initiative pouvait relancer la dynamique unitaire, pourquoi pas ?... Mais franchement, je n'y crois pas trop, parce que personne ne la veut vraiment. Le PC est englué dans son dilemme entre Front de Gauche et « ateliers » avec le PS, et le NPA doit devoir faire face à ses « gauchistes » pour qui toute tentative de rassemblement est déjà une trahison. A vrai dire, les seuls qui jouent la partie avec des cartes non truquées, ce sont le PG et la GU... C'est peu de choses...

Écrit par : Michel | 30/09/2009

Je plussoie le commentaire précédent de Gilles.
En tant que non-encarté qui tient à le rester, ce débat sur l'anticapitalisme et l'antilibéralisme me fait délirer au maximum.
Je m'adresse donc à Toto sur cette question plus théorique qu'autre chose. Ce dernier donne une vision de la séparation entre anticapitalisme et antilibéralisme qui serait une situation de polarisation sur l'échiquier politique: Serait à mon extrême gauche l'anticapitalisme, et serait à ma gauche modérée l'antilibéralisme. Je cite toto:
"Il y a l'anticapitalisme qui est à un bout de l'échiquier politique.
Il y a de l'autre la gauche antilibérale, qui se trouve aujourd'hui tiraillée entre la gauche anticapitaliste et le PS."

Or, faire cette séparation selon une polarisation politique est une absurdité dans la mesure où le capitalisme et le néolibéralisme sont des objets qui ne se situent pas du tout sur le même niveau d'analyse. Nous pouvons appréhender le capitalisme comme un système de structures socio-économiques de domination, d'exploitation, d'aliénation, etc. Il nous faut par contre appréhender le néolibéralisme comme une forme d'idéologie, donc une manière de justifier l'exploitation, la domination, l'aliénation, une manière de penser.
Contrairement à ce que sous-entend Toto, les deux sont loin de s'exclure. Si je prends l'ouvrage majeur de ces dix dernières années concernant chaque objet:
"le nouvel esprit du capitalisme" d'eve chiappello et Luc boltanski, et "La nouvelle raison du monde" de Pierre Dardot et Christian Laval, les deux se rejoignent: le capitalisme ne vit pas sans un esprit qui colle de plus en plus avec le néolibéralisme, et ce dernier trouve son essor grâce à des modes d'organisation, de "modelage" de soi, des institutions, des relations interpersonnelles, et institutionnelles produites par le capitalisme.

Mettre l'accent sur l'un ou sur l'autre témoigne par contre d'une conception différente de la politique: une vision de renversement politique avec auto-institution d'un nouvel ordre pour les anticapitalistes, et une vision de décolonisation de l'imaginaire des citoyens, déstructuration de l'idéologie dominante pour parvenir au pouvoir pour les antilibéraux:
Les deux ont leur faille: les anticapitalistes zappent la question démocratique et l'attachement des gens au système actuel (leur faire adhérer à l'écosocialisme contre leur gré), les antilibéraux "perdent" du temps à décoloniser des imaginaires, à faire de l'éduc pop et à démarchandiser les rapports humains, ils sont "moins" politiques dans la mesure où ils visent des prises de pouvoir horizontales et l'institution de "niches" et de réseaux alternatifs.

Il n'est donc pas question de modération ou d'extrêmisme, mais de manières de penser la politique. Ceci dit, les antilibéraux sont présents dans des petits partis, on ne peut pas qualifier le PCF-PG d'antilibéraux, ils sont bien plus proches de l'anticapitalisme... preuve en est cette petite phrase: "La crise du capitalisme, économique et écologique, continue ses ravages démentant les discours trompeurs sur la reprise et la moralisation de celui-ci."
que j'interprète comme: on ne pourra ni le remettre en place ni le moraliser.

Autre chose j'en profite, je vide mon sac: Le NPA est dogmatique. Il nous vend un écosocialisme qui exclue toute autre forme de vie alternative, avec une reconnaissance du travailleur et pas du citoyen, n'a pas de projet antiproductiviste clair (tu m'étonnes, on a le devoir de travailler pour obtenir une reconnaissance sociale!) et j'en passe. Alors l'utopie ne se situe pas forcément non plus sur une "extrême" qui prend l'échiquier politique comme une ligne gauche-droite, alors que la politique est tout sauf un système linéaire unidimensionnel.
Pour la provoc', je pense que les verts sont parfois bien plus extrêmistes (gauchistes, j'entends) que le NPA.

Ceci dit, je suis content de t'avoir trouvé, Gilles, je trouve ton blog très sympathique, et je suis content de voir qu'au NPA il ya des gens qui veulent l'unité, le rassemblement. les quelques membres que je connais, jusqu'ici grinçaient des dents quand on leur parlait d'alliances. Espérons que le changement des mentalités se fasse!

Écrit par : rhizome | 30/09/2009

rhizome n'a pas seulement une signification botanique. Elle a maintenant une signification politique...

Écrit par : Michel | 30/09/2009

@rizhome : Le capitalisme, à savoir le système socio-économique basé sur la propriété privée des moyens de production, peut s'appuyer sur la doctrine libérale comme sur n'importe quel autre.
La bourgeoisie passe allègrement de la "démocratie libérale" à l'étatisme ou à la dictature fasciste, en fonction de ce qui sert le mieux ses intérêts.

Désigner le libéralisme comme ennemi, en prétendant qu'il serait possible de réguler le capitalisme (ce qui a déjà existé dans l'histoire, et la situation n'était pas meilleure), c'est pour moi du foutage de gueule complet.

Et oui, je suis farouchement contre la plupart des idées politiques des antilibéraux : étatisme, protectionnisme, etc.
Je pense qu'il faut combattre (politiquement) ces illusions.

De la même manière, je ne vois pas ce qu'on peut faire avec des mouvements qui sont OUVERTEMENT CONTRE L'AUTO-ORGANISATION des travailleurs, des populations, qui pratiquent le culte du chef, de l'homme providentiel, qui prendrait soi-disant le pouvoir d'État par les urnes et mènerait de manière fort charitable une politique plus sociale pour protéger les pauvres travailleurs innocents.

Bref, il faudrait arrêter d'exclure le fond politique des discussions, de taire nos divergences en faisant semblant qu'on "est d'accord sur tout", sauf sur la seule question du rapport au PS.

Écrit par : toto | 30/09/2009

différencions le libéralisme et le néolibéralisme. Dans le premier, y'a les libertés civiles, les droits sociaux, la liberté de croire, de penser, de diffuser ses idées, etc. le libéralisme, c'est ce qui fait que chacun d'entre nous peut aller et venir, avoir accès à des services, etc.
La partie économique du libéralisme est-elle l'aménagement d'un terrain favorable au commerce et aux libertés économiques, celle-là, a priori, la "vraie" gauche ne la défend pas.
Le néolibéralisme est différent: tout se résume à la marchandise, au marché, y compris en ce qui concerne les êtres humains, leur intimité, etc.

Le capitalisme, quant à lui, est un monstre froid. C'est le néolibéralisme (ou autre idéologie) qui lui donne vie. La propriété privée des moyens de production peut ne pas être un problème si l'encadrement est suffisant. réglementation, droit du travail, etc. Et pour ma part, je préfère vivre dans une démocratie que dans un système fasciste, dans un état qui prend en compte la protection sociale que dans un état qui se fout cruellement de ma vie et laisse crever les autres. la question des supports sociaux, de la propriété sociale, de la protection sociale est essentielle, quel que soit le système socio-économique. Je pense que le compromis keynésiano-fordiste était une période plus sympathique qu'actuellement.

et ça serait cool de comparer la qualité de vie des populations, les niveaux de vie des catégories sociales en fonction des régimes politiques et de leurs structures socio-économiques. Aujourd'hui, ce qui justifie le maintien du capitalisme, c'est l'idéologie qui le sous-tend. Si tu ne t'attaques pas à l'idéologie, je ne vois pas comment tu peux t'attaquer au système. Sauf à installer une dictature de la pensée qui convient.

les antilibéraux ne sont pas étatistes. Le NPA l'est. Le NPA dit clairement qu'il souhaite une planification de l'économie, il me semble. La question de l'autogestion est plutôt en retrait.

l'auto-organisation que tu prônes ne peut fonctionner qu'à (toute) petite échelle. Si ça peut fonctionner au niveau des entreprises... Elle relève d'une naïveté béate si on souhaite l'étendre à toute la population. Il faut avoir des croyances un peu simples sur la bonté naturelle de l'homme, qui, quand rien ne l'encombre, fait le bien autour de lui. c'est le même niveau de pensée que les néolibéraux: si on laisse faire la nature ou le marché, tout ira bien. Or le laisser-faire laisser-aller a ses limites. N'est-ce pas toto? C'est quand même bizarre de critiquer chez les autres (et âprement) ce qu'on souhaite appliquer chez soi à un niveau différent...

Écrit par : rhizome | 30/09/2009

« Je comprend bien les enjeux d’une élection nationale, mais je ne vois pas bien le lien avec les élections locales. Pourquoi, au niveau local, être contre l’alliance avec le PS, éventuellement au premier tour ? » (Marc Malesherbes)
D’abord il faut admettre qu’il y des institutions régionales, départementales, municipales. Il n’y a pas que le parlement ou même que le gouvernement et la présidence, c’est-à-dire l’exécutif. Si, un peu comme Toto on considère que tout ça forme un bloc parfaitement homogène et que nous sommes en face de cela comme devant une montagne infranchissable alors autant aller dans le désert. Cela ne signifie pas non plus que l’accession aux « affaires » comme ils disent, c’est-à-dire au pouvoir est une longue marche avec des étapes.
Comment nous situons-nous par rapport à ça ? Quel but poursuivons-nous ? L’objectif c’est de construire une force politique nouvelle qui tourne le dos aux anciennes politiques menées par ce que l’on va appeler la « gauche ». Le problème c’est que l’on part de ce qui existe, que l’on ne peut pas bâtir quelque chose à partir de rien. Alors on fait avec ce que l’on a même si l’on considère que ce n’est pas formidable. Pourquoi se positionner dans un rapport d’indépendance par rapport au PS ? Tu dis au niveau local, en gros ils n’ont pas tout faux. Ça reste à prouver. Un exemple tout bête. Dans les 60 milliards d’aides annuelles aux entreprises, il n’y a pas que des aides de l’Etat central mais également de nombreuses aides qui sont votées par les « collectivités locales », et ce sans aucun bilan et sans pratiquement aucun contrôle. Un exemple récent d’une entreprise pharmaceutique de Dreux dont le maire est socialiste qui délocalise une partie de sa production à Saint-Amand les Eaux où le maire est communiste. Les deux villes ont ou vont verser des subventions à cette entreprise. Le PS et même le PC participent donc de cette même politique que mène la droite – du moins dans cet exemple. Et ce n’est pas rien 60 milliards !
Voilà un exemple concret de rupture avec le PS mais aussi avec le PC. On ne peut pas dire à l’Assemblée qu’il faut cesser ce financement public de l’entreprise privée, le reprocher à la droite et faire l’inverse concrètement. D’autant que cela n’est généralement d’aucune efficacité par rapport à l’emploi. Autant alors créer des emplois publics. Heuliez dans les Deux-Sèvres n’a jamais cessé de recevoir des subventions. Les propriétaires, la famille Heuliez, n’ont cessé depuis plus de vingt ans de découper l’entreprise, gardant le meilleur, revendant le reste, glissant peu à peu de l’industrie à la finance, et c’est aujourd’hui aux salariés qui restent (dont mon frère), à la région et à l’Etat, c'est-à-dire nous, de payer la facture.
C’est là tout le sens que nous donnons à cette nécessité de bâtir un nouveau mouvement sur une dynamique indépendante. Le construire localement est aussi important que le faire nationalement. Il y a même un effet proximité à ne pas négliger. Enfin je crois me souvenir que les régions détenues par le PS devaient être des laboratoires d’idées, d’actions, de démocratie locale, etc. Eh bien faisons le bilan.
Au final, oui nous voulons « battre la droite » mais avec nos méthodes, nos moyens, notre façon de faire. Et pour être concret et non pas seulement spectateurs, alors il nous faut des élus. Et pour avoir des élus, il faut qu’ils aient un programme différent de ce qui s’est fait depuis 5 ans. Pour le second tour on verra.

Écrit par : Gilles | 30/09/2009

« Les antilibéraux ne sont pas étatistes. Le NPA l'est. » (Rhizome)
Non, non, et non ! Je travaille depuis six mois sur ce sujet. D’abord Marx était un anti-étatiste virulent. Un peu héritier de ce marxisme là, je m’oppose à l’idée que nous serions étatistes. Cela est plutôt dans la culture du PC et du PG. C’est pourquoi nous devons être des décentralisateurs, des adeptes d’une démocratie locale, le plus proche possible des salariés et de tous les autres citoyens. Pas de « transformation révolutionnaire » de la société sans la participation quotidienne de la population aux décisions. Dans une société socialiste on devrait débattre, délibérer, voter beaucoup, et pour cela nécessairement travailler moins. Ce qui resterait de l’Etat n’aurait que des fonctions techniques, d’expertise, d’organisation et d’exécution des décisions sous le contrôle vigilant de la population. Le socialisme c’est travailler moins, juste ce qu’il est nécessaire, et mieux évidemment.

Écrit par : Gilles | 30/09/2009

@Marc Malesherbes : je suis bien d'accord avec toi que le PCF-PS au pouvoir mène une politique très semblable à celle de la droite, notamment (mais pas seulement) dans les municipalités.

Ce serait bien que certains méditent sur le bilan du PS-PCF (+futur PG) au pouvoir, y compris au niveau national. Et se posent la question du "pourquoi", de manière autrement plus sérieuse que de dire "c'est des traîtres" ou des trucs comme ça.

Écrit par : toto | 30/09/2009

rizhome : quand tu dis que "La propriété privée des moyens de production peut ne pas être un problème si l'encadrement est suffisant", c'est que tu es effectivement antilibéral et je suis en profond désaccord avec toi.

La propriété privée des moyens de production EST LE PROBLÈME, et ce que tu décris comme du néolibéralisme (out se résume à la marchandise, au marché, y compris en ce qui concerne les êtres humains, leur intimité, etc) n'est que la description du CAPITALISME, dont la nature est d'étendre le champ de l'appropriation PRIVÉE (donc de la marchandisation) toujours plus loin.

De même, quand tu dis préférer vivre "dans une démocratie que dans un système fasciste", c'est une évidence, mais je crois que tu ne comprends pas que le ce que tu appelles le "compromis keynésiano-fordiste" (les 30 glorieuses je suppose) était une situation très particulière, qui ne pouvait exister que suite à une guerre mondiale d'énorme ampleur et dans un état donné de la lutte des classes, et des rapports Est-Ouest.
Démocratie libérale et dictature fasciste ne sont que deux faces d'une même pièce : la dictature de la bourgeoisie, le capitalisme.
La bourgeoisie passe de l'une à l'autre en fonction de ses intérêts, et de l'état de la lutte des classes, c'est bien plus pragmatique qu'idéologique (de même pour le passage esclavage/salariat par exemple).

Ensuite, tu as l'air de méconnaître à la fois les positions des antilibéraux et du NPA.
Les antilibéraux (type PG-PCF) prônent clairement l'État-providence, le "bouclier social", l'étatisation des secteurs clé de l'économie (bien qu'ils fassent l'inverse au pouvoir, en privatisant les services publics), etc.
Le NPA prône au contraire la socialisation des moyens de production, l'auto-gestion démocratique de tous les secteurs de la société, le renversement du capitalisme et de l'État. Il te suffit de lire les principes fondateurs du NPA sur le site npa2009.org.

L'auto-organisation serait une naïveté béate? Et bien je suis fier de la revendiquer face à l'autoritarisme que tu sembles revendiquer.
L'auto-organisation ça ne veut pas dire la loi de la jungle ou le laisser-faire, c'est au contraire l'auto-organisation démocratique de tous les secteurs de la société, la planification démocratique de la production, non pas par l'État, mais par les travailleurs et populations concernées.

Au passage, rappelons également que les antilibéraux (type PG-PCF) sont pour l'économie de marché. Nous on est contre. Sacrée différence aussi quand-même!

Écrit par : toto | 30/09/2009

Gilles a dit : "« Les antilibéraux ne sont pas étatistes. Le NPA l'est. » (Rhizome)
Non, non, et non ! Je travaille depuis six mois sur ce sujet. D’abord Marx était un anti-étatiste virulent. Un peu héritier de ce marxisme là, je m’oppose à l’idée que nous serions étatistes. Cela est plutôt dans la culture du PC et du PG."

CHAMPAGNE !!!!! Pour la première fois je suis d'accord avec Gilles, ça fait plaisir !!!! :)))

Personnellement, je suis un virulent anti-étatiste, et je pense que les institutions socialistes que nous mettrons en place ne doivent pas être considérées comme un État. Ça ne sera pas un État, mais les structures d'auto-organisation démocratique de l'ensemble des travailleurs (au sens large => l'expression " comprend évidemment enfants/étudiants/retraités... elle exclut juste les capitalistes).

Écrit par : toto | 30/09/2009

« Autre chose j'en profite, je vide mon sac: Le NPA est dogmatique. » (Rhizome)
Pour être « dogmatique » faudrait-il encore qu’il y ait un « dogme ». Or il n’y en a pas. Prenons un vieille question, celle de l’impérialisme, qui a donné lieu à pas mal de débat dans les années 10 et 20 du siècle dernier. Dans le camp socialiste, révolutionnaire ou réformiste, tu as autant d’analyses que de personnes : ce que dit Kautsky ou les austro-marxistes, ce n’est pas ce que dit Luxemburg. Lénine est plus proche de Hilferding (réformiste) que de Luxemburg (révolutionnaire), les deux n’ayant pas exactement le même point de vue que Boukharine qui diffère de Lénine, les deux appartenant au même parti, etc. En outre, chez Marx, c’est un concept qui n’existe pas. Disons plutôt qu’au NPA il y a un discours politique frustre, sans originalité, syndicaliste-révolutionnaire, très souvent en porte-à-faux avec les « classiques ». Il y surtout un manque effarant d’innovations « théoriques ». On semble se contenter des vieilles recettes même si elles n’ont jamais marché. Bref on manque d’ouverture d’esprit prenant pour exigence ce qui n’est finalement qu’une pensée étriquée, à courte-vue.

Écrit par : Gilles | 30/09/2009

A Toto qui veut « exclure les capitalistes ».
Sache que Lénine, déjà un pied dans la tombe, en 1924, était effaré de l’incompétence des dirigeants des entreprises russes ; que pour y remédier l’on avait, dans le domaine de l’économie, été cherché des « compétences », ce qui avait été fait dans l’armée, mais avec moins de succès. Ces compétences elles étaient chez les cadres et ingénieurs mais également chez les anciens capitalistes. Lénine émettait même l’idée d’envoyer ces bureaucrates incompétents faire des stages chez les Américains ! La nouvelle société aura besoin des compétences de tout le monde.

Écrit par : Gilles | 30/09/2009

Bah rhizome n'a manifestement pas lu nos principes fondateurs. Il se contente de clichés faux.

Le NPA est clairement antiproductiviste, pour une réduction drastique du temps de travail, etc. Tous ces éléments sont écrits, officiels, validés par le congrès de fondation.

Quelques extraits sur le productivisme :
* "Le productivisme capitaliste entraîne, par la pollution de l'air, de l'eau, des produits alimentaires, une dégradation de la santé de la population."
* "il s'oppose radicalement aux dictatures bureaucratiques qui, de l'ex-URSS à la Chine, en ont usurpé le nom, alors même qu'elles reproduisaient des mécanismes d'exploitation et d'oppression qu'elles prétendaient combattre et favorisaient les pires travers productivistes"
* "L’urgence écologique implique de rejeter l’idée d’une expansion illimitée et dévastatrice de la domination de l’humanité sur la nature et par conséquent de toute forme de productivisme. Sur les questions climatiques, énergétiques et alimentaires, inverser la logique de destruction de la planète exige une planification démocratique. En opposition aux modes de production et de consommation actuels, nous proposons la relocalisation de l’économie, la redistribution des richesses, la décroissance de la consommation des ressources non renouvelables et la remise en cause de secteurs d’activité énergétivores, inutiles, polluants ou dangereux, en particulier le nucléaire."

De même, sur la question des libertés, il n'y a pas d'ambiguïté, bien au contraire :
"Nous voulons avancer vers l'auto-organisation et l'autogestion démocratiques de la société, et cela implique les plus larges libertés d'organisation et d'expression politiques, syndicales et associatives. Les libertés démocratiques qui ont pu être conquises sous le régime capitaliste seront consolidées et développées. Le socialisme, c’est bien le règne de la démocratie la plus réelle et la plus étendue. "

Maintenant, on peut aussi raconter n'importe quoi sur les idées défendues par le NPA, en reprenant la propagande bourgeoise. Mais il est préférable de s'appuyer sur les faits. Et les écrits.

Écrit par : toto | 30/09/2009

@Gilles : tu confonds exclure les capitalistes et exclure les EX-capitalistes.
Il n'y a aucune raison d'exclure les ex-capitalistes, du moment qu'ils sont devenus travailleurs.
D'ailleurs dans une société socialiste, il n'y aura aucun capitaliste. Mais l'appropriation sociale de l'ensemble de l'économie ne se fera pas du jour au lendemain, même si elle sera forcément le fruit d'une rupture révolutionnaire.

Quant à Lénine a fait ci, Lénine a fait ça, très peu pour moi merci...

Écrit par : toto | 30/09/2009

« Au passage, rappelons également que les antilibéraux (type PG-PCF) sont pour l'économie de marché. Nous on est contre. » (Toto)

L’économie de marché est beaucoup plus vieille que le capitalisme qui n’est qu’une des formes historique de « l’économie de marché ». Les populations qui, dans l’histoire de l’humanité, ont vécu en totale autarcie sont extrêmement rares ; à l’intérieur de ces petites unités on pratiquait néanmoins l’échange. Pas d’économie sans échange. Mais le « marché » c’est plus que l’échange ou tout du moins c’est son organisation à vaste échelle, d'où la monnaie, d'où la finance. Dans nos sociétés modernes, le marché est une forme d’organisation de la société. Le problème c’est le marché « non démocratique », si l’on peut dire ainsi, où les décisions sont prises par les seuls propriétaires privés, non plus en fonction des besoins déterminés par les populations, mais en fonction de leurs seuls intérêts privés. En revanche, le « marché » peut énormément aider à la planification des besoins. Si tu confies la planification uniquement à des « experts », tu as le « socialisme réellement existant ». En gros, tout cela est autrement plus complexe que tu sembles le penser.

Écrit par : Gilles | 30/09/2009

Gilles, ce que tu dis est hors-sujet. Il ne s'agit pas d'experts vs marché. Il s'agit de démocratie vs marché.

L'économie de marché est bien évidemment antérieure au capitalisme. Et elle est par essence non démocratique.
Privilégier la loi du marché sur les besoins sociaux et écologiques, démocratiquement définis par les travailleurs, c'est effectivement une vision particulière, qui est également liée au refus de l'auto-organisation des travailleurs.

Il est évident qu'un pouvoir étatique ne peut pas tout contrôler et tout décider de manière pertinente. A partir du moment où on défend celui-ci, on peut difficilement être contre l'économie de marché.

Écrit par : toto | 30/09/2009

C’est toi, Toto, qui est dans le rêve archaïque de l’anarchisme proudhonien de la fin du 19e. C’est un peu ce qui s’est fait en Andalousie en 1936 ; c’est possible dans une société qui vit repliée sur elle-même ; pas dans une économie mondialisée qui, même corrigée des excès de l’économie de marché privée, aura besoin d’outil de régulation et d’organisation de l’échange. Car l’échange ne cessera pas, simplement il sera organisé autrement. Il y aura donc TOUJOURS un marché, que tu le veuilles ou non. Le problème c’est comment il est organisé ? Comment il devient transparent ? Il y aura toujours des prix, des coûts, etc. A Cuba, le Che avait voulu se passer du marché, revenir au troc… Ils ont vite arrêté.

Écrit par : Gilles | 30/09/2009

Gilles, tu m'as l'air de confondre l'échange et l'économie de marché. Pourtant tu disais toi-même que "le « marché » c’est plus que l’échange", je pensais ne pas avoir besoin de te reprendre.

Ensuite, une société qui fonctionne selon le principe "de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins", ne fonctionne pas sur de "l'échange". Ça n'empêche pas les biens et services de pouvoir circuler à l'échelle planétaire pour autant.

Tout ça n'a rien de proudhonien, c'est l'objectif même du marxisme. Quant à la transition, le troc paraît une bien mauvaise solution, je te renvoie plutôt par exemple à "l'État et la révolution" de Lénine (que tu aimes bien a priori ;) ) où tu trouveras quelques idées sur la question...

Écrit par : toto | 30/09/2009

Travailleurs, travailleuses, travailleurs en formation, travailleurs privé d'emploi, travailler, travaillez...

Merdre au travail !

Écrit par : Alain Albert | 01/10/2009

@ Gilles et toto, sur le dogme, l'anti-étatisme et le productivisme:

Je suis effaré qu'on me justifie l'anti-étatisme du NPA, par le "Marx n'était pas étatiste". C'est un syllogisme dont il manque la mineure: Le NPA se réclame de Marx. et il revient dans la discussion comme un bouclier, ou comme, je sais pas moi, Jésus dans la religion chrétienne. Ah, bah si Jésus l'a dit, alors, je me tais.
la protection sociale tombe du ciel, donc? le SMIC à 1500€ aussi... Qu'un groupe de travail y réfléchisse, oui, que ça soit l'horizon utopique typique des marxistes anar toto sur le retour, oui, mais le NPA en lui-même n'a pas l'air de prendre cette voie. la planification, c'est quoi, sinon de l'étatisme? (qu'elle soit démocratique ou pas)

J'ai lu avec attention les principes fondateurs (depuis belle lurette). Le fait qu'on ne mentionne nulle part les citoyens (si, une fois), mais qu'on ne pense qu'aux travailleurs, et c'est une question qui me tient à coeur, je trouve ça scandaleux. Et personne ne relève ce problème. Donc c'est très bien de lire "citoyen" dans les commentaires de Gilles, ça se voit pas ailleurs.

Pour le productivisme, c'est le "productivisme capitaliste" qui est visé. Le productivisme en soi ne pose pas problème, en tout cas pas le productivisme de l'écosocialisme. je vous renvoie aux critiques de Serge Latouche sur l'extrême-gauche, dont il montre avec plus ou moins d'intérêt ce que son imaginaire a de commun avec le capitalisme. D'ailleurs, la "démocratie des producteurs associés", c'est pas la démocratie des citoyens associés, c'est pas la démocratie des individus associés, mais bien celle des PRODUCTEURS (et pas n'importe quel autre mot). Personnellement, je ne peux pas voter pour un parti qui me dit que je tire ma reconnaissance sociale de ma "production" ou de mon travail. ça ne fait qu'exclure 2/3 de la population de notre pays... Et qu'on me dise pas que par travailleur, on entend "citoyen". Bordel, les mots ont un sens. Et qu'on me dise pas que c'est marqué que le productivisme c'est caca, alors que tout le texte des principes fondateurs, les discours actuels du NPA encouragent et cautionnent ce même productivisme. (dis-donc, c'est pas europe-ecologie qui proposait de reconvertir les travailleurs de l'automobile, quand le NPA disait: nan, faut qu'ils continuent à produire des portières et des pneus??? hmmm, alors, leur "éco"socialisme, apparemment, il attendra la fin de la crise... ce vernis vert qu'on met partout, qui est censé justifier l'antiproductivisme mais qu'on ne retrouve nulle part dans les actes, c'est pas affriolant).

@ toto plus spécifiquement: quand tu dis que la propriété privée des moyens de production est le problème (3 derniers mots en majuscule), cela signifierait que la propriété, hum, disons: "sociale" n'en serait plus un? ou, disons, la propriété "publique" des moyens de production, ça passerait mieux? Ou l'absence de possibilité d'appropriation des moyens de production? Enfin bref, on s'en fout: comme je parlais de monstre froid, voilà un exemple: quoi qu'il arrive, il faut fixer des règles d'usage. Celles-ci se font selon un esprit qui répond à une conception idéologique. Et on en revient au point de départ. Le problème toto, c'est que t'as perdu d'avance. Le problème, c'est pas l'outil, mais l'usage qu'on en fait. De même que la propriété soit privée ou non, on s'en fout, c'est les règles afférentes à la production, à la répartition des richesses, aux conditions de travail et de vie (et moultes autres) qui vont déterminer bien plus que l'outil lui-même (propriété privée bla bla...) la qualité du système.
tu peux donc avoir une socialisation des moyens de production dans un "socialisme réel" où il fait (vraiment pas) bon vivre.

Donc pas la peine d'opposer anticap et antilib, je suis les deux, ce qui ne veut pas dire que j'adhère à n'importe quel projet anticapitaliste ou antilibéral. Faut aussi savoir par quoi on le remplace.

De même, quand tu fais référence aux 30 glorieuses et à leurs conditions de possibilité, tu ne nies pas qu'il y ait des conditions de possibilité pour (je reprends Gilles) un SMIC à 1500€, des services publics de qualité, une protection sociale optimale, une baisse du temps de travail, etc.
"Démocratie libérale et dictature fasciste ne sont que deux faces d'une même pièce : la dictature de la bourgeoisie, le capitalisme."
Non, mais il s'acharne en plus: Où préfères-tu vivre? Dans une démocratie libérale avec le droit de penser, d'écrire, d'aller à l'école, d'être soigné, d'avoir un niveau de vie somme toute 30 fois supérieur à celui du nigérien moyen, ou dans une dictature fasciste??? Oui, la "bougeoisie" dirige, et encore, "bourgeoisie" ne veut rien dire, mais en attendant les lendemains qui chantent (nulle part pour l'instant), je préfère ma démocratie libérale à la dictature fasciste, et je trouve ça complètement dingue de mettre sur le même plan TOUS les systèmes politiques au prétexte que chacun contient une élite. A croire que t'as jamais lu la loi d'airain de l'oligarchie!!!
ce qui me permet une petite digression: à quand le NPA autogéré? avec porte-paroles tournants, exécutifs tournants, AG tous les matins, répartition des tâches au sein du parti: un jour, c'est Gilles qui prend la place d'OB, un jour, c'est toi, le lendemain, c'est toi qui prépare la bouffe, Gilles s'occupe de la logistique, etc.
Je vous prends en exemples. Mais ça serait marrant que vous appliquiez les principes qui vous sont chers au sein de votre organisation. Oups, j'ai dit le mot organisation. Oups, Gilles a eu la mauvaise idée de dire "compétence", oups. ça veut dire qu'il y en a qui sont mieux à tenir des discours enflammés à la tribune et à la télé, et d'autres qui tractent. pour plus d'efficacité globale. Vous avez déjà cédé à la bourgeoisie, du moins, à l'organisation oligarque du pouvoir... triste réalité.

pouf, pouf, je reviens à mon sujet:

J'ai un autre problème avec la "propriété privée des moyens de production" comme définition du capitalisme. Le capitalisme a commencé à se faire sentir au XIXe, et on estime que dès le XVe, XVIe siècle, des éléments se mettaient en place. Par contre, la propriété privée des moyens de production existe depuis l'antiquité. Ce n'est donc pas tant le capitalisme contre lequel tu t'acharnes, mais plutôt les rapports de classe, de domination qui ont eu cours depuis que l'histoire existe. Que ça soit dans la société esclavagiste, féodale, ou capitaliste (pour reprendre Saint-Marx).

Au passage, où peut-on lire que le FdG est pour l'économie de marché? des faits, des écrits, ça m'intéresse, car comme disait Finkieltoto: "Maintenant, on peut aussi raconter n'importe quoi sur les idées défendues par le (FdG), en reprenant la propagande bourgeoise. Mais il est préférable de s'appuyer sur les faits. Et les écrits."
Et qu'on me sorte pas le "bilan de la cogestion", c'est comme si je vous parlais de la LCR...

Écrit par : rhizome | 01/10/2009

"Marx n'était pas étatiste"

C'était pour aller au plus court. Je peux développer pendant quelques heures là-dessus. C'est mon sujet de prédilection et j'écris un livre à ce sujet, alors à votre disposition.

Écrit par : Gilles | 01/10/2009

Sur les compétences. Eh oui je doute des compétences théoriques de Besancenot et de bien des membres de la direction. Les compétences ça s'aquièrent aussi. Il n'en reste pas moins qu'effectivement dans le NPA sont reproduits toutes les "tares" de la démocratie bourgeoise, et en particulier, la loi du nombre et le fait que les directions (essentiellement parisienne) sont quasi inamovibles. Je sais ça depuis 40 ans.

Écrit par : Gilles | 01/10/2009

je te taquine, hein, ça n'était pas pour faire une critique crypto-fasciste!
Quant à croire que Marx n'était pas étatiste: oui, je veux bien le croire. Sinon, quel intérêt de sonner la fin de l'Etat? On sait qu'au moins du point de vue du sens de l'Histoire et de l'utopie politique qu'il souhaitait (si tant est que l'on puisse séparer les deux chez lui), l'Etat disparaît (mais c'est post-socialiste, non?).

Écrit par : rhizome | 01/10/2009

Bravo à rhizome d'insuffler un peu de « vent nouveau » dans ce débat qui a tendance à sentir pas mal le moisi... Il est vrai que le mode de fonctionnement du NPA (j'en suis sorti...) ressemble comme un frère à celui qu'on est en train de combattre. Il est bon de se le rappeler et il est bon que nos « gauchistes » sachent un peu mieux de quoi ils parlent.

Le débat anticpitaliste/antilibéral me gave, et pour l'heure on ne voit même plus la main qui est train de nous tuer. On est en train de nous reprendre tous nos acquis, et nous, on parle du sexe des anges.

Le PC nous pourrit la vie avec ses « ateliers du bricolage avec le PS », et le NPA nous les gonfle avec ses « non-participation aux éxécutifs ». Commençons d'abord par battre la droite sur tous ses terrains (entreprises, institutions,...) et ensuite réglons entre nous quel sera le meilleur moyen de gérer nos affaires.

Et laissons Marx, Lénine et les autres reposer en paix.

Écrit par : Michel | 01/10/2009

Je doute que la Gauche unitaire, le PG et le Front de gauche apportent quelque chose de bien nouveau. La façon dont Piquet a conduit, avec ses amis, sa bataille politique dans la LCR n'était pas non plus un modèle. J'en veux d'ailleurs beaucoup à tous ceux qui nous ont lâché ainsi. Quant à la formule "laissons Marx, Lénine et les autres reposer en paix", je la connais que trop bien. Le "bon sens" plutôt que la réflexion ; la tactique politicienne sans jamais aborder les questions de fond... effectivement ça conduit là où nous en sommes.

La question de la participation ou de la non-participation est une très bonne question. Sauf que le NPA la pose très mal et en fait une question tactique ; qu'il s'agit pour lui de tracer une ligne de partage entre les "vrais" anticapitalistes et les "faux". Ce qui n'a que peu d'intérêt.

En fait cette question des exécutifs pose la question des institutions ; comment et pourquoi les investir ? Qu'y fait-on ? Etc. Or on sait très bien ce que le PC et le PG ont en tête. Ils ont la même culture de l'Etat. Culture qui n'est pas la mienne et que je combats.

Et on pourrait élargir le problème à la question des partis. Là encore, PC, PG et NPA (eh oui) ont la même culture. Il n'y a qu'à voir la manière dont se règle actuellement cette question de l'unité. Entre "appareils", "cliques", "clans"... On se moque de l'opinion des militants. Quand seront-ils consultés ? Quand pourront-ils participer au débat et imposer d'autres façons de voir les choses ?

Écrit par : Gilles | 01/10/2009

Bravo à tous pour vos interventions
Le sujet part de la déclaration Déclaration unitaire FASE, GU, Alternatifs, NPA, PCF, PCOF, PG, je tiens à le rappeler !!!
Cette déclaration est un pas de plus dans la convergence des luttes et dans le combat contre la droite
Par rapport aux guerres de chapelles, le fait de s' allier n' implique pas forcément de s' aliéner, maintenant il est surtout urgent d'allier le grand public à cette démarche, de l' élargir à toutes les organisations qui adhèrent à cette déclaration. syndicats, partis, collectifs, individuels ...
Et de convertir tout cela en mobilisations, dans la rue dans les urnes, devant les mairies.

Écrit par : krishnou | 01/10/2009

Ouais, ben c'est pas encore fait !... Et je crains fort que ce soit encore de la poudre aux yeux !

Écrit par : Michel | 02/10/2009

Certains comme Michel veulent enterrer tous les théoriciens pour soit réinventer la roue, soit justifier leurs renoncements, soit les deux.
Je pense que négliger les apports théoriques est une immense connerie et un manque d'humilité certain (=> se croire plus intelligent que tous les théoriciens du passé), et que c'est un dogmatisme comme un autre.
Comprendre les théories comme un outil d'analyse et de réflexion (et non pas comme un dogme), est à mon avis essentiel quand on veut révolutionner la société.

Quant à la longue tirade de rhizome, elle est bourrée d'inexactitudes (désolé rhizome) et reprend des clichés éculés. Le coup de "traiter" les marxistes d'anarchistes à cause de leur anti-étatisme n'est pas nouveau, les bolcheviks se faisaient eux-même "traiter" d'anarchistes à l'époque, par tous les révisionnistes étatistes qui se réclamaient officiellement du socialisme.
Comme quoi les époques ne changent pas beaucoup.

La question citoyen/travailleur est effectivement essentielle : se situe-t-on dans un délire interclassiste de collaboration avec la bourgeoisie, ou dans la défense de notre camp social et du renversement de la classe bourgeoise, et donc du capitalisme?
Quand on parle des travailleurs, c'est la classe sociale qui est contrainte de vendre sa force de travail pour vivre, à laquelle on peut rajouter (question d'interprétation) celle des travailleurs indépendants, et par opposition à la classe sociale qui détient les moyens de production et exploite du travail salarié dont elle extrait la plus-value, c'est-à-dire la bourgeoisie (et non, ce terme ne veut pas rien dire, il a une signification précise dans le rapport de production capitaliste).

Je trouve également ta position sur la production est très démagogique. Tu confonds manifestement production et productivisme, qui sont deux choses différentes, et tu sous-entends du coup être CONTRE LA PRODUCTION.
Or il faudra que tu nous expliques comment fonctionnerait une société sans aucune production.
La question politique posée est au contraire celle de l'organisation sociale de la production des biens et services nécessaires à la population. Comment sont-ils déterminés? Qui les produit? Où? Comment? Comment sont-ils redistribués?
Le NPA est clairement antiproductiviste et pas contre le "productivisme capitaliste" en particulier, nos principes fondateurs ne laissent aucune ambiguïté sur cette question.
Dans ce domaine, la question des producteurs librement associés, et non pas dans des rapports d'exploitation et de contrainte, est centrale. Elle est défendue aussi bien par le NPA que par les décroissants progressistes (OC...).

Sur le mode de propriété. Il ne faut pas confondre les formes de propriété privée et de propriété féodale par exemple. Tout comme il faut considérer la question de la primauté du droit de propriété sur les autres droits (droit de nécessité notamment). On peut éventuellement discuter de formes de capitalisme antique dans des domaines restreints, mais à ma connaissance, la propriété privée n'a jamais été le mode de propriété dominant avant le XIXème.
Quant à la propriété que l'on défend, c'est bien évident la propriété sociale, base du socialisme.

Sur démocratie libérale et dictature fasciste, je ne sais pas si tu le fais exprès, mais ça fait plusieurs fois que je te répète que la "démocratie" libérale est bien évidemment préférable au fascisme (ou au féodalisme d'ailleurs). La bourgeoisie n'utilise le fascisme que quand elle a vraiment peur, et en général pour des périodes limitées car c'est un jeu dangereux. Ce qu'il faut comprendre, c'est que ce sont deux formes de domination de la classe bourgeoise (deux formes de capitalisme), et que celle-ci passe de l'une à l'autre en fonction de celle qui garantit le mieux ses intérêts.

L'auto-organisation au sein du NPA? Elle se développe. Le porte-parolat n'a pas de rapport direct avec l'auto-organisation à mon sens, mais la préparation d'un porte-parolat multiple est effectivement en cours.
Mais sur la question organisationnelle, il faut bien comprendre qu'il y a une double contrainte contradictoire pour un parti révolutionnaire : être organisé à l'image de la société qu'on souhaite construire, et dans le même temps, être organisé face au système que l'on souhaite renverser. Les deux étant naturellement contradictoires.

Pour ce qui est du FdG pour l'économie de marché, il est assez facile de trouver des déclaration en ce sens au PG, mais ils vont beaucoup plus loin puisqu'ils se disent pour le capitalisme, ou plus précisément pour "un autre capitalisme". Francis Parny déclarait ainsi début septembre dans Communistes : " nous ne voulons pas nous cantonner dans un anticapitalisme sans alternative. Nous sommes clairement altercapitalistes."
C'est on ne peut plus clair.

Écrit par : toto | 02/10/2009

@toto
C'est tellement clair qu'il faut tout traduire.

Travailleur = prolétaire
Anticapitaliste = communiste
NPA = LCR
"Nous participons aux élections pour défendre nos idées, pour rassembler très largement la population autour de NOTRE programme." = Aucune alliance
Contre la droite = le PS est à gauche


"Mais sur la question organisationnelle, il faut bien comprendre qu'il y a une double contrainte contradictoire pour un parti révolutionnaire : être organisé à l'image de la société qu'on souhaite construire, et dans le même temps, être organisé face au système que l'on souhaite renverser. Les deux étant naturellement contradictoires."

Là, en revanche, je ne comprends naturellement pas.
C'est un truc genre : Camarade, la démocratie serait contre-révolutionnaire pour le moment. ?

Écrit par : Alain Albert | 02/10/2009

Toto, je le connais comme si je l'avais fait. Si justement j'insiste sur les questions "théroriques" c'est que je me refuse à gober la bouillie que l'on m'a trop souvent servie. Se donner les moyens d'avoir un regard critique sur toute la masse d'écrits qu'a produit le socialisme (au sens large), c'est la bonne façon de procéder. Evidemment "anticapitalisme" n'est qu'une formule, bien trop vague pour être la réponse à tout cet inconnu que serait un autre monde. D'ailleurs Marx disait : "après, on verra !" Ce qui signifie en clair, ne traçons pas des plans sur la comète.

Écrit par : Gilles | 02/10/2009

@Gilles : la différence avec toi, c'est qu'on ne m'a jamais rien "servi" et que ma formation théorique, je la dois à moi-même et mes lectures.

@Alain Albert :
travailleur = prolétaire, c'est pas loin d'être ça effectivement. En tout cas dans la mesure où il n'est pas propriétaire de ses moyens de production et doit vendre sa force de travail pour vivre (en clair, salarié ou chômeur).
N'oublions pas que ce qu'on traduit comme "classe ouvrière" aurait normalement dû être traduit littéralement "classe des travailleurs", ce qui aurait évité bien des confusions.

Pour le reste, l'anticapitalisme est-il nécessairement communiste? Je crois que pour répondre à ça, il faudrait déjà s'entendre sur ce qu'est le communisme. En fais-tu un synonyme de socialisme?
Mais il y a dans tous les cas d'autres alternatives au capitalisme, telles que le féodalisme par exemple. Ou même des "intermédiaires" comme le collectivisme.
Si tu me demandes MON avis, oui je suis pour le communisme, en tant que société émancipée de toute domination de classe, une société sans classes et sans État.

Sur le lien NPA-LCR, le NPA est issu de la LCR, ça n'est pas un secret. Il n'y a aucune raison qu'il soit diamétralement opposé à la LCR.
Est-il de même nature pour autant, je ne crois pas.

Sur la démocratie, alors là je vois vraiment pas ce que tu insinues. A moins que tu aies l'impression que le capitalisme soit un système démocratique (ce que je ne peux pas croire). Sinon je ne comprends pas le sens de ta remarque...

Écrit par : toto | 02/10/2009

@ toto: Sur la théorie.
Juste pour défendre Michel, parce qu'il est gentil avec moi. ;-)
pour conseiller la lecture de Cornélius Castoriadis ou encore André Gorz...
Puisque nous parlons de théorie... Attaquons-nous aux plus grands gauchistes de la fin du XXe...
La première partie de "l'Institution Imaginaire de la société" est d'ailleurs un magnifique bilan avec le recul nécessaire sur le marxisme. (bien qu'il soit sorti la même année que Surveiller et Punir, si je ne me trompe pas)
et le livre en lui-même un excellent bouquin pour comprendre la force des symboles, les habitudes psychiques, etc. Bon, j'en parle très mal, mais bon, c'est vraiment un livre que tout le NPA devrait lire et relire, y compris pour décoloniser son imaginaire. Il n'y a pas que les capitalistes qui ont l'imaginaire encrassé.
Ces deux auteurs que j'ai cité, pensent le temps présent (comme Foucault, par exemple). Morts il y a 10-15 ans, ils ont plus à dire sur notre société que des antiquités.
Mettre Marx et Lénine aux oubliettes, c'est un peu fort, mais il faut les dépasser. Quand Boltanski sort "le nouvel esprit du capitalisme", c'est pour réactualiser la critique de Max Weber. Quand Corcuff parle de Rosa Luxembourg pour justifier son choix de la social-démocratie, faut aller y jeter un coup d'oeil.

Tous ces auteurs ont l'héritage marxiste dans la peau, et pourtant, ils disent du nouveau parce que nous ne vivons pas dans la même époque que Marx. C'est pas qu'une question historique, c'est une question d'imaginaire, une question de culture, une question de bouleversements, techniques/technologiques, etc.

Sur les Marxistes, les anars, etc.

Je n'ai jamais "traité" les uns des autres. Je les ai mis dans le même panier, ce qui n'est pas la même chose. Pourquoi? Parce que le NPA est censé être plus que trotskyste, et qu'elle intègre des composantes anars et autonomes, qui justement, sont très différentes des composantes marxistes. Voilà pourquoi je dis marxistes et anars. parce que ce sont deux "pôles" en tension au NPA.

La question citoyen/travailleur.
identifie la bourgeoisie. C'est quoi un bourgeois? Avant, c'était facile, c'était le pouvoir économique. Maintenant, ce sont des éléments extrêmement variés, je pense que l'étude des "capitaux" de bourdieu et des différents "champs" permettrait d'y voir plus clair. Ce qui est sûr, c'est qu'on peut être "bourgeois" sans détenir les gros moyens de production.
Ensuite, pourquoi les bourgeois n'auraient pas le droit de vivre en société? Faut les tuer? Non, ils deviennent des citoyens comme les autres. Faut arrêter d'opposer systématiquement les uns et les autres. Les classes sociales n'existent plus objectivement. Tu peux encore délirer sur ton appartenance classière, les sociologues sont formels. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a plus de domination, ça veut dire qu'elle est plus diffuse, plus large, sur des niveaux de "verticalité" très variables. Penser d'ailleurs sur le seul mode bourgeois/travailleur ne permet pas de penser les interactions: capital social/capital culturel/capital économique/capital symbolique, etc. Il ne permet pas de penser la multiplicité des positions des agents sociaux dans la société. Il n'a aucune valeur, ni heuristique, ni politique, puisque cette opposition basique produit plus d'incompréhension qu'autre chose (c'est une des causes du recul de l'extrême-gauche dans l'électorat français: diversité de positions sociales des électeurs à qui on parle des bons et des méchants). Alors si: citoyens. Parce que ça ne pense pas que le travail, parce que c'est aussi la vie sociale dans un sens beaucoup plus large. Parce que ça intègre les chômeurs, les fainéants, les étudiants, les retraités, les handicapés, les grabataires, etc. On est tous citoyens, on est tous égaux. Après, on occupe des positions très différentes dans les mondes sociaux en raison de notre travail, mais pas seulement: aussi pour notre engagement politique, associatif, notre vie familiale, etc.
Donc, je maintiens: un vrai parti de gauche parle de projet de société pour les citoyens. Pour tout le monde. Pas juste pour les prolétaires contre la bourgeoisie. Les bourgeois ont le droit de se repentir, de changer, etc.

Sur la production et le productivisme.
Je ne suis pas contre "la production". je pense que c'est une des nombreuses manières d'appréhender les réalités socio-économiques. Pour le NPA, c'est la seule. Un agent économique produit. Point à la ligne. Tout le monde doit produire. Point à la ligne. Quand un artiste ne "crée" pas, mais "produit", ça, ça me gêne.
ça c'est du productivisme. Un parti antiproductiviste propose, lui un revenu minimum pour tout le monde, non-travailleurs compris, bien entendu. et décide de jeter la "valeur-travail" par la fenêtre, pas d'en faire la pierre de touche de son édifice social.
Alors, quand on considère que les seuls rapports de l'individu au monde social, c'est celui du travail et de la production, comment peut-on ne pas être "productiviste"?
Quant à l'organisation sociale de la production, elle peut aussi bien se faire de manière capitaliste: la coopérative Mondragon fonctionne sur un modèle d'autogestion (auto-organisation des travailleurs et bla bla). Et participe au jeu capitaliste (crée des "produits financiers" aussi). Pas d'antinomie là-dedans. Et Mondragon pour moi, est productiviste.

La propriété sociale.
c'est un "compromis" permettant aux libéraux de faire leur beurre et aux prolétaires de moins crever la gueule ouverte. C'est pas du socialisme. C'est le système de pensée coopératif et mutualiste qui a précédé la création de la sécurité sociale. Tous les penseurs sont d'accord. De Rosanvallon à Ewald en passant par le spécialiste de la propriété sociale, Robert Castel.

propriété privée des moyens de production
dans les sociétés esclavagistes, c'est très clair. le pouvoir financier d'un Sénèque (plus grande fortune de l'empire avec environ la moitié du budget annuel de ce dernier) par exemple est parlant. Première banque de crédit au Ier siècle de notre ère. Ses pairs aussi pratiquaient la chrématistique et s'enrichissaient grâce à un système financier. Si l'on considère que l'activité bancaire, de crédit, est une production, bien sûr... Cela était géré par ses esclaves, qui devaient garder quelques miettes.

Sur le dernier paragraphe:
non, ce n'est pas "on ne peut plus clair". Pour plusieurs raisons.
1. On ne sait pas ce qu'est "l'altercapitalisme".
2. On ne sait pas s'il existe des anticapitalismes avec alternative qui pourraient les intéresser. On sait juste qu'un anti sans alternative ne les intéresse pas.
3. Personne n'est capable de formuler un système non-capitaliste cohérent. Cela signifie que penser en dehors du capitalisme est très difficile. Ses racines ne sont pas que dans la compétitivité, ne sont pas que dans les rapports de production, dans les rapports de propriété, etc. il y a de nombreuses alternatives qu'on ne peut pas nommer car nous n'avons pas les mots, les schèmes mentaux, etc.
4. Par conséquent, la seule chose claire que je peux lire dans cette phrase (sortie de son contexte), c'est que la formulation du NPA de son projet "d'écosocialisme du XXIe siècle" ne leur apparaît pas en accord avec

Écrit par : rhizome | 02/10/2009

http://w3.cerises.univ-tlse2.fr/download/down/mondragon%20d%E9bat.pdf

sur mondragon... en complément de ma réponse...

Écrit par : rhizome | 02/10/2009

Simplement, je ne comprends ton passage qui se termine par "Les deux étant naturellement contradictoires."
"double contrainte contradictoire"
Tu sembles poser, si je comprend bien, que la démocratie (pas celle que nous vivons sous régime capitaliste) ne serait pas apte ou ne serait pas la meilleure façon de fonctionner pour lutter.
Un peu dans la même veine qu'il y a un "basisme incroyable" chez les nouveaux adhérents du NPA.

Je ne vois rien de "naturellement contradictoire", là dedans. Au contraire.


Sur la ligue, l'idée n'est pas d'y être diamétralement opposé mais de ne pas prendre pour acquis, sans autres débats et décisions, les fonctionnements, traditions, héritages et positions pour les mettre au NPA.
Sinon, l'affaire va être vite entendue.
Ce papier de Raoul M. JENNAR me semble interressant.
http://www.jennar.fr/index.php/message-au-npa/#more-1048


Sur "travailleur", "parti des travailleurs", "classes des travailleurs" et autres, tu m'excuses mais je suis chômeur (comme pas mal de monde). Et je me rend bien compte que ce n'est pas la même chose.
Je sais bien qu'actuellement quand une organisation défends les droits des travailleurs, elle ne s'adresse pas aux chômeurs. Sinon, elle dirait chômeurs ou prolétaire et elle aurait un autre discours.


Cette façon de ne pas dire les choses et finalement de dire le contraire.
Chômeurs et travailleurs forme bien la même classe mais comme les capitalistes nous disons le contraire. On sépare. Chacun ses luttes. Une commission spéciale pour les précaires.

En même temps, c'est logique.
Les travailleurs n'ont qu'une crainte. Tomber dans le camp des loosers. Le but c'est de ne pas être au chômage.

Mais punaise, c'est le boulot des capitalistes de diviser le prolétariat. C'est pas au NPA de faire ça.
La classe des ouviers ou des travailleurs. Connais pas.
C'est une sorte de catégorie socio-professionnelle plus restreinte qu'actif.

Je suis d'accord avec rhizome quand il écrit plus haut que le NPA "nous vend un écosocialisme qui exclue toute autre forme de vie alternative, avec une reconnaissance du travailleur et pas du citoyen, n'a pas de projet antiproductiviste clair (tu m'étonnes, on a le devoir de travailler pour obtenir une reconnaissance sociale!) et j'en passe."

Pour les capitalistes, la valeur travail.
Pour les partis et syndicats, la valeur travail.

Faire des bagnoles à l'usine, yeah, faut lutter pour garder ça.
Contruire de l'armement, itou. Le travail, c'est la santé.


Je ne comprend pas que le NPA comme parti politique, ne s'attaque pas directement à cette question.
Prioritairement, publiquement, radicalement.



J'ai lu les principes fondateurs.

Écrit par : Alain Albert | 02/10/2009

Rhizome a raison. Il faut tout lire. Casto, évidemment, Gorz également, Habermas aussi sur la question de la démocratie. Et je vous recommande également de lire conjointement Galbraith, le père (Le nouvel Etat indutriel, 1967) et le fils (L'Etat prédateur, 2009) pour bien comprendre ce qui s'est passé aux Etats Unis et dans l'économie mondiale entre la fin des années 60 et aujourd'hui. Comment le rapport entre le capitalisme et l'Etat s'est modifié. Très instructif.

Écrit par : Gilles | 02/10/2009

@rhizome :
OK pour s'enrichir d'auteurs contemporains d'un point de vue théorique, tout comme de lire les auteurs plus anciens (avec nos yeux actuels). De mon point de vue il faut faire les deux et de manière diversifiée.

Par contre, je ne sais pas d'où tu tiens une soi-disant tension entre un pôle marxiste et un pôle anarchiste dans le NPA.
Aujourd'hui, il y a trois pôles qui se confrontent sur la manière de mener les discussions unitaires en vue des élections (et pas d'homogénéité sur ce point entre anars, ni entre marxistes). De droite à gauche :
* un pôle (C&A) qui dit qu'il ne faut aucun préalable, ni sur le contenu politique, ni sur le rapport au PS, que la priorité est de s'unir puis de défendre notre point de vue ensuite
* un pôle (majoritaire au CPN/CE) qui dit qu'il ne faut aucun préalable sur le contenu politique, mais qu'il faut poser comme base d'union l'indépendance par rapport au PS (pas de participation aux exécutifs)
* un pôle qui dit qu'il faut poser des bases à la fois en terme de contenu politique et de rapport au PS, et construire l'unité sur ces bases
Je suis partisan de la 3ème, je reconnais une certaine cohérence à la 1ère, mais la 2ème me paraît incohérente et contre-productive. C'est la meilleure manière d'être perdant à tous les coups.

"Ce qui est sûr, c'est qu'on peut être "bourgeois" sans détenir les gros moyens de production. " => cad ??? où est la limite des "gros"?
Un bourgeois c'est quelqu'un qui détient des moyens de production, et exploite du travail salarié pour en extraire la plus-value. Il peut effectivement occuper cette place dans le rapport de production sans pour autant détenir des "gros" moyens de production..........

Il n'a par ailleurs jamais été question de "tuer les bourgeois", mais de détruire la bourgeoisie en tant que classe, c'est-à-dire de détruire les conditions matérielles qui font de ces personnes des bourgeois, et nous des prolétaires. Il ne s'agit donc pas de les tuer, mais de s'approprier nous-mêmes les moyens de production (donc de les exproprier) et de faire d'eux nos égaux, et non plus nos exploiteurs.

La propriété sociale, manifestement tu n'as pas compris ce que c'était puisque c'est bien la définition du socialisme. L'appropriation sociale des moyens de production, ça veut bien dire l'expropriation de la bourgeoisie et leur 'appropriation par l'ensemble de la population.

La coopérative Mondragon, ce n'est pas de l'autogestion. Si tu veux voir ce qu'est une entreprise sous gestion ouvrière, il vaut mieux aller voir du côté de Zanon-Fasinpat par exemple.

"On ne sait pas ce qu'est "l'altercapitalisme". " => c'est sémantiquement "un autre capitalisme". Quel "autre capitalisme", on ne sait effectivement pas, mais dans tous les cas, aucune forme de capitalisme n'est acceptable à nos yeux.

"Personne n'est capable de formuler un système non-capitaliste cohérent." => on ne fait pas du socialisme utopique. Et la cohérence ne me pose aucun souci. Moi quand je m'oppose aux licenciements, c'est pour l'interdiction de TOUT licenciement. Quand je m'oppose aux expulsion de sans-papiers, c'est pour la régularisation de TOUS les sans-papiers et des droits civiques strictement identiques, dont le droit de vote à TOUTES les élections pour TOUS les immigrés (légaux ou pas, et quelque soit leur origine).
Parce qu'il est des principes avec lesquels je ne transige pas, quand d'autres ont du mal à avoir de la cohérence...

Enfin, le PCF est contre l'écosocialisme, c'est pas un scoop. Ils sont contre à la fois d'un point de vue écologiste et d'un point de vue social (farouchement opposés à l'auto-organisation par exemple, et ça se ressent dans les luttes).

@Alain Albert :
OK. Ce qui est contradictoire, c'est l'organisation sociale que l'on défend, et l'organisation sociale que l'on combat (sinon on ne serait pas révolutionnaires). Et comme on doit s'organiser en fonction des deux, on est forcément en pleine contradiction. C'est dialectique.

La démocratie et l'auto-organisation, c'est effectivement ce que l'on défend. En face de nous, il y a l'Etat (qui frappe fort) et toutes les autres institutions de la bourgeoisie, qui n'ont elles rien de "démocratique", mais face auxquelles il faut être capable de s'organiser pour s'y opposer et les renverser.

Sur le chômage, c'est l'armée de réserve du capitalisme. Les chômeurs sont des travailleurs sans emploi et font évidemment partie intégrante de la classe ouvrière. Si tu es chômeur et non pas rentier, c'est bien parce que tu as besoin de vendre ta force de travail pour vivre, que tu fais partie intégrante du prolétariat.
Ton discours est dans une perspective de division du prolétariat entre salariés et chômeurs, tout comme d'autres cherchent à diviser public et privé, etc, alors qu'il faut au contraire travailler à l'unité du prolétariat.
C'est bien pour ça que le NPA commence à développer un travail particulier en directions des chômeurs et précaires, des jeunes travailleurs (souvent les mêmes), etc. Et c'est une très bonne chose.

Quant à la question du rapport au travail, tu fais erreur. Le NPA défend très clairement "une réduction massive du temps de travail, rendue possible par les progrès technologiques, auxquels s'ajouteront la suppression du chômage et la répartition entre toutes et tous du travail nécessaire" (principes fondateurs).
Sans parler du gros boulot qui est fait sur la question de la santé au travail.

Tu as peut-être lu les principes fondateurs, mais tu n'as pas tout retenu! ;)

Écrit par : toto | 02/10/2009

@toto
"Ton discours est dans une perspective de division du prolétariat entre salariés et chômeurs"

Tutututut, pas du tout.
Je dis que nous, organisation, disons travailleurs et que de fait nous ne nous adressons pas aux non travailleurs. (Lapalisse powa).

Et que par ailleurs, il n'y a pas que le travail dans la vie.
cf. rhizome qui le dit mieux


La question n'est pas ce que j'ai retenu des principes fondateurs mais ce qui est audible, dans nos réunions, dans nos tracts, dans nos interventions publiques.


Contre les licenciements.
Oui, ça c'est entendu, vu, lu.
Pour un service publique bancaire unique.
Pas de problème, dit et répété.
Contre la privatisation de la poste.
Aussi. C'est d'actualité.
Contre les suppressions d'emploi.
Le message est sans clairement passé.


Mais sur la réduction du temps de travail pour supprimer le chômage et sa répartition entre toutes et tous.
Pas vu, pas entendu.
Que nous sommes autre chose que des travailleurs. Rien croisé.

En revanche, j'entends régulièrement "ouvriers", "patrons", "travailleurs", "salariés"...

Bien-sûr, je ne parle des lecteurs assidus des principes fondateurs du NPA ou du programme de transition.



Il y a quand même un autre enjeu avec cette histoire de travailleurs/chômeurs.

Le chômage et son cortège de misères est l'épée de Damoclès qui pèse chaque jour sur les salariés. Le défilé des précaires dans les boîtes est là pour leur rappeler au besoin.

S'attaquer prioritairement à la question du chômage, c'est aussi dans l'optique de virer cette menace permanente qui, avec l'individualisme, empèche tout rapport de force favorable.

Écrit par : Alain Albert | 02/10/2009

Sauf que considérer les chômeurs comme des "non travailleurs" et non pas comme des "travailleurs privés d'emploi", c'est une vision très sarkozienne du chômage...

Notre objectif est bien évidemment une diminution drastique du temps de travail, pour échapper à cette aliénation, avoir du temps pour réfléchir, débattre, participer à la vie politique, associative... mais aussi avoir simplement du temps pour soi.

C'est bien ce qu'il y a derrière quand nous disons qu'il faut "travailler moins pour travailler tous", qu'il faut "partager le temps de travail".

Sur la question de l'interdiction des licenciements, tu as raison de dire que c'est insuffisant, si on ne dit pas dans le même temps que le droit à l'emploi et à un revenu décent doit être un droit universel.
C'est pour ça que notre campagne de rentrée doit (devait?) être une campagne "emploi", et pas uniquement "interdiction des licenciements".
L'ennui c'est que pour l'instant notre exécutif semble malheureusement plus occupé par la tambouille électoraliste que par la politique...

Bon ceci dit, même si tout ça, nous le disons bien heureusement déjà, l'ennui c'est qu'il est impossible d'être audibles sur tout et qu'il faut systématiquement faire des choix de priorité, qui ne satisfont jamais tout le monde (moi-même je ne suis que très moyennement satisfait là-dessus).

Par contre, pour revenir à la question de l'élimination du chômage, etc, il y a quand-même deux manières d'envisager une solution à ces questions :
- soit par l'assistanat et l'État-providence
- soit par l'auto-organisation et le refus collectif du droit capitaliste (= respect de la propriété privée des moyens de production, cad la primauté du droit des actionnaires sur celui des travailleurs, en activité ou au chômage)

Maintenant, étant donné que je suis pour une société où il n'y aurait aucune classe dominante/dirigeante, même paternaliste et pleine de bon sentiments, je suis farouchement opposé à la première solution, et évidemment partisan de la seconde.
C'est une question de fond qui nous sépare et nous séparera toujours de toute la gauche institutionnelle, antilibéraux/altercapitalistes/keynésiens compris.

Écrit par : toto | 02/10/2009

Les chômeurs n'ont pas de vacances, pas de comité d'entreprise, pas de 13eme ou 14eme mois, sont le cadet des soucis des syndicats, des partis politiques, doivent se taper un entretien chaque mois, doivent faire une déclaration mensuelle pour toucher leur assurance chômage, sont traités avec peu de respect dans ces institutions, sont fichés, doivent justifiés de recherches actives, sont sommés de trouver un emploi quand il n'y en a pas, sont culpabilisés, enchainent des contrats courts (lettre de motivations, entretiens, nouveau début dans une boîte, nouvelle fin de contrat, retour case chômage), doivent jongler chaque mois, et caetera.

Ce ne sont pas les conditions que connaissent les personnes en CDI.
C'est pas plus compliqué que ça.

Quand le NPA dit travailleurs, les puristes du NPA pensent peut-être s'adresser aux chômeurs mais c'est pipo.

Écrit par : Alain Albert | 03/10/2009

Puriste du NPA je vois pas ce que ça veut dire.

Dans tous les cas, il y a un travail particulier qui se met en place au niveau des chômeurs et précaires, avec la constitutions de commissions précarité, et je pense que c'est une bonne chose.

Reconnaître que les chômeurs sont des travailleurs privés d'emploi (par les capitalistes) et non pas des "feignants qui ne veulent pas travailler" (comme le prétendent ces mêmes capitalistes), c'est de mon point de vue la moindre des choses qu'on peut attendre d'une organisation politique révolutionnaire défendant le camp du prolétariat.

Maintenant, sur la manière de s'adresser au plus grand nombre, sur les termes à utiliser pour être mieux compris, il y a toujours de la place pour progresser.

De même, dans les modes d'auto-organisation des chômeurs et précaires, qui sont forcément différent des "salariés en CDI", il y a encore beaucoup ) construire et à proposer.
Si tu as une recette miracle et que c'est ce que tu défends, rien ne t'interdit de la proposer.
Même si je pense qu'il n'y a jamais de "recette miracle" issue de la tête d'un seul individu, et que c'est justement au travers des débats et de l'expérimentation, que l'on trouve les solutions.

Écrit par : toto | 03/10/2009

Non pas de recette miracle d'un homme providentiel.

Tu trouveras peut-être du monde pour savoir que le NPA propose 300 euro d'augmentation et 1 500 pour le SMIC mais personne pour savoir que nous proposons de passer le chômage à 1 500.

C'est plus que dommage.
Le chômage a 1 500 serait un vrai changement pour le "monde du travail".

Un vrai changement de société. Et pour le moment, un moyen de lancer un vrai débat sur ce qu'est le travail et sur ce qu'il devrait être.

Tu défends plus facilement tes conditions de travail si tu n'as pas une épée au dessus de la tête.



Pour les retraités et pré-retraités, on pourrait aussi faire une commission retraite.

Écrit par : Alain Albert | 04/10/2009

Sauf erreur de ma part (car je suis critique de cette revendication), le NPA dit "pas un seul revenu à moins de 1500€", donc ça inclut salaires, chômage, retraite, diverses pensions, etc

Sauf qu'une revendication bien plus juste, bien plus révolutionnaire, mais bien plus dure à porter, serait d'étendre progressivement le champ de la gratuité à tous les besoins essentiels de l'individu : logement, alimentation, santé, éducation, énergie, ...

Concernant la "commission retraite", c'est en cours. Il y a eu une première réunion à ce sujet lors de l'université d'été.

Écrit par : toto | 04/10/2009

Ne seriez-vous pas en train de refaire le congrès du NPA ?...

Écrit par : Michel | 05/10/2009

Je suis d'accord avec vous, j'espère vous lire à nouveau très bientôt. Merci encore !

Écrit par : isolation | 12/04/2010

Les commentaires sont fermés.

 
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