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24/09/2009

Régionales : l’impossible unité

Nous voici donc revenu à notre point de départ. La « motion d’étape » votée à la majorité par le « parlement » (CPN) du NPA les 19 et 20 septembre est sans ambiguïté : « nous entendons poursuivre publiquement les discussions avec les forces antilibérales et anticapitalistes en vue d'un accord unitaire dans le cadre suivant : […] Un accord national [dès le 1er tour] impliquant le refus de toute majorité de gestion et par conséquent de participation à tout exécutif de région avec [le PS et les Verts]. » Autrement dit, toute formation qui ne s’engagera pas clairement dès le 1er tour sur cette clause, ne pourra entrer dans le cadre de l’accord national prévu par le NPA. Ce qui exclut non seulement le PC mais aussi le PG qui ne renonce pas, sur la base d’un accord programmatique, de travailler avec le PS et les Verts.

 

En juillet, la déclaration commune du PG et du NPA avait laissé entrouvert la possibilité d’un accord. Ainsi on pouvait lire dans cette déclaration : « Pour le NPA, les élus refuseront de contracter des accords de gestion avec les dirigeants du PS et d'Europe Ecologie. » Cela pouvait être interprété ainsi : le NPA refuse de participer aux exécutifs avec le PS et les Verts. Mais cela ne concerne que le NPA. La phrase était en effet ambiguë, et c’est pourquoi elle avait soulevé de vives protestations de la part des « gauchistes » du NPA. Depuis ce weekend, l’incident est clos. La « majorité » est revenue à la position qu’elle avait déjà défendue au moment des européennes. Il est à craindre que les conséquences seront identiques. Le NPA ira seul car il parait peu vraisemblable que la Fédération et les Alternatifs choisissent le NPA contre le PG. C’est du moins la position qu’ils avaient prise aux européennes.

 

Comment sortir de l’impasse ? Comme le précise en introduction la motion, cette position n’est pas figée et l’ensemble des militants seront consultés : « Les modalités précises de la consultation interne de novembre seront précisées par le prochain CPN des 7 et 8 novembre conformément à nos statuts. » Ce qui semble exclure tout « référendum » interne qui avait été repoussé par le congrès de fondation. Nous nous dirigeons donc vers la convocation d’une conférence nationale avec des délégués élus sur la base de motions. Dans ce cadre il est possible que la minorité du NPA propose que cette « non participation aux exécutifs » ne soit pas une condition du 1er tour. Qu’elle pourra être mise en débat entre les deux tours, en faisant l’objet d’une consultation région par région entre les contractants de l’accord et des assemblées de tous ceux qui soutiennent ces listes. Processus qui a un nom : la démocratie.

 

Evidement tout ceci apparait une fois de plus très politicien et tacticien. Quand discuterons-nous du programme ? Mais comment en discuter avec ces formations, si par avance, nous ne leur proposons pas des modalités acceptables pour se rassembler ?

Commentaires

Et dire qu'il y a encore des gens au NPA pour proclamer que leur organisation n'est pas sectaire et veut être unitaire.... Voilà un formidable appel du pied pour pousser le PCF vers ses alliances traditionnelles avec le PS. La décision du NPA est non seulement une erreur politique de taille, mais en plus, c'est une erreur tactique de premier ordre. Alors que la décision du PCF de continuer dans le cadre du Front de gauche, ou de faire bloc avec le PS dès le premier tour, ne sera prise que le 24 octobre prochain, les conditions édictées par le NPA ne lui laissent pas d'autre choix.
Maintenant le NPA va organiser une réunion le 28 septembre avec 5 organisations. Mais pour discutter de quoi, puisque les conditions sont déjà posées. C'est pitoyable.

Écrit par : Michel | 24/09/2009

J'ai eu une rencontre hier avec le PG. Je confirme que le PG n'entend pas souscrire à cette clause de 1er tour. Il estime - à juste titre - que ça doit se discuter entre les deux tours en fonctions des résultats et du programme que nous présentons.

Écrit par : Gilles | 24/09/2009

Participer à un exécutif signifie être solidaire de toutes les décisions prises par cet exécutif.

Cet exécutif agit en fonction de son programme avancé.

C'est le cas de l'exécutif Sarko/ Fillon et tous les membres de cet exécutif se doivent d'avaliser toutes les mesures prises.

Dans le cadre d'un exécutif régional majoritairement PS/Verts, nous serions alors contraints de nous aligner sur leur programme.

Ne pas faire parti de l'exécutif, veut clairement dire que nous restons une force d'opposition à la gauche de la "gauche".

Que nous votons ce qui nous semble aller dans le bon sens et que nous ne cautionnons pas le reste, tout en nous battant pour faire infléchir la majorité de "gauche" ( obtenue grâce aux fusions démocratiques) vers des mesures qui nous semblent aller dans le bon sens.

C'est tout simplement le respect du choix de vote des électeurs. C'est réintroduire la notion d'élection à la proportionnelle dans une élection qui ne l'est plus.

Tout faire électoralement pour battre la droite, ne signifie nullement de passer sous les fourches caudines du PS.


Sinon participer à un exécutif, çà se traduirait clairement comment pour la gaucge de la gauche? J'attends vos commentaires.

Par ailleurs le PC n'a pas besoin d'arguer la position du NPA pour courir dans les bras du PS, il le fait tout seul et depuis des années

C'est aussi absurde que d'affirmer que la gauche de la gauche pousse le PS dans les bras du Modem, il le fait tout seul et surtout depuis la présidentielle.



D’un point de vue purement électoral, le PS a absolument besoin du PC au 1er tour. En effet il y a une nouvelle donne : le score d’Europe Ecologie qui va chercher à passer devant le PS.

La direction du PC le sait, et se trouve en position de force pour négocier un nombre conséquent de candidats sur une liste PC/PS.

De son côté Europe Ecologie va également chercher des alliances (à droite, à gauche?)
La compétition électorale ne se résume donc pas à faire barrage à la droite, mais également à savoir qui aura le leadership de la "gauche".

Et dans ce cadre de compétition interne le programme passe au 2éme plan.

Et c’est bien pour cela que le NPA doit rester ferme sur une liste unitaire indépendante et que le PG en fasse autant sans attendre la position (déjà connue) de la direction du PC.

A moins que le PG ne veuille lui aussi « sauver » ses élus (sous l’étiquette PS à l’époque ) et les financements qui en découlent ( eh oui comment de ne plus dépendre du PC ?)

Clairement le débat pour l’unité ne repose donc pas seulement sur le programme mais également sur la survie d’appareils. Et c’est bien pour cela les propositions du NPA sont jugées inacceptables par ceux-là mêmes qui prônent un « FDG » à géométrie variable en fonction des intérêts d’appareils qui justifient leur position par l’éternel argument du « Tout sauf Sarkosy » et sa traduction électorale par le vote utile comme seul programme.

Il est vrai que dans ce cadre, l’approche de l’unité de la gauche de la gauche proposée par le NPA semble quelque peu incongrue. Privilégier (à juste titre) le programme et un projet sur le long terme face au seul aspect électoraliste, est un langage qui dépasse l’entendement des dirigeants du PC totalement intégrés dans le système économique et son pendant institutionnel.

Le NPA est présenté comme marchant seul et un peu à côté de ses pompes (pas réaliste), alors que nos interlocuteurs marchent dans les pompes des autres. Cela ne va pas faciliter l’objectif de faire un bout de chemin ensemble.

Écrit par : VERGNES | 24/09/2009

Ce qu’il faut avoir en tête en premier lieu, c’est que pour le NPA – du moins pour certains – les élections n’ont qu’un intérêt limité : celui d’être une tribune pour notre propagande anticapitaliste. Même si Fred Borras (membre de la CE) a pu écrire en juillet que « le rapport de force se construisait dans les luttes, dans les urnes et dans les institutions », cette orientation là n’est pour l’instant pas majoritaire. Nos « gauchistes » y sont même carrément hostiles. Il en va tout autrement pour le PC, le PG et de toutes les autres formations à la « gauche de la gauche » à des degrés divers, qui sont prêts à participer aux exécutifs à certaines conditions.
Or, si ce que dit Borras est vrai – ce qui est de la plus pure orthodoxie « marxiste révolutionnaire » (cf. Lénine) – pour construire ce rapport de force dans les luttes, les urnes et les institutions des alliances sont nécessaires. Ces alliances impliquent nécessairement des compromis. Quel pourrait-être ce compromis ? Premier tour, nous nous mettons d’accord sur un programme, un programme forcément antagoniste, sur le fond, avec celui du PS et des Verts ; ce programme ne laisse pas de côté la question de l’exécutif, simplement nous expliquons qui si nous sommes en mesure de « gouverner », ce se fera uniquement sur la base de ce programme. Second tour, deux possibilités : nous sommes en tête (fort improbable) et nous proposons au PS et aux Verts une alliance, mais sur la base de notre programme ; nous sommes derrière le PS, « fusion technique », sans participation aux exécutifs, compte-tenu que le PS et les Verts voudront imposer leur propre programme. Tu me diras : mais qui nous dit que le PC et les autres ne trahiront pas. Rien, évidemment. Mais alors nous aurons tous les moyens de les dénoncer.
En résumé, si le NPA met en avant, dès le 1er tour, sa clause de non-participation aux exécutifs et entend l’imposer à ces alliés potentiels, c’est qu’il n’envisage pas de toute façon, quelque soient les circonstances et les résultats de « gouverner », parce que les « institutions » existantes ne sont pas pour lui l’un des lieux du combat politique anticapitaliste, privilégiant le seul terrain des luttes. Cette position est du pur gauchisme.

Écrit par : Gilles | 25/09/2009

La position exposée par Gilles me semble la plus pertinente.

Écrit par : des pas perdus | 25/09/2009

il n'est pas question de faire alliance avec les appareils réformistes, mais de créer les conditions pour que leurs militants fassent avec alliance avec nous contre leurs appareils, et la période actuelle y est propice face à la valse des fausses hésitations de ces appareils pour se ranger une fois encore derriére le PS.

La désillusion à la hauteur de l'espoir suscité pour tous ceux qui ont naïvement cru au projet FDG, doit pour nous être un point d'appui pour être à l'offensive vis à vis de ces personnes. Et pour cela je le répète et je le répète encore, être compréhensible dans nos propositions et de n'avoir de cesse d'expliquer ce que signifie concrètement que gouverner ne se limite pas à participer à un exécutif PS/Verts.

On pourrait parfaitement leur proposer, que les membres d'une liste unitaire indépendante au premier tour auraient le choix de participer ou non à un exécutif, mais que les militants NPA de cette liste fusionnée, eux, n'y participeraient pas.

Ce serait, à mon avis une des façons pour d'abord de détacher de leur direction réformiste les militants les plus radicaux (ce qui affaiblirait ces mêmes appareils).

De mener campagne ensemble, ce qui facilite toujours les convergences par le débat et la pratique commune pour un objectif commun plus radical que celui que leur propose leur direction.
Et enfin de se donner plus de possibilités d'avoir des élus pour porter en toute indépendance la voix des sans voix et mettre au grand jour les magouilles de ces enceintes si peu respectables.

Par ailleurs se donner les moyens (sans renier nos exigences politiques et d'indépendance) d'avoir des élus ne peut que favoriser un vote vers ces listes unitaires pour contre balancer le dérive droitière des appareils réformistes.

Pourquoi un électeur mettrait-il un bulletin de vote dans l'urne si par avance il sait que son candidat n'a aucune chance d'être élu et qu'il le perçoit comme ne voulant pas gouverner. Il préférera un vote par défaut (vote utile?), voire s'abstenir.

Oui nous devons affirmer que nous voulons gouverner, mais en expliquant sous quelles formes et dans quelles limites compte-tenu des institutions et du rapport de force actuel.rapport

Écrit par : VERGNES | 25/09/2009

Vergnes
Si je lis bien tu es d’accord avec ce que je dis.
L’enjeu, c’est de trouver l’élément (ou les éléments) déclenchant pour une mobilisation ou une remobilisation du mouvement social et politique contre la politique du gouvernement. De quoi disposons-nous ? Les luttes. Elles ne sont manifestement pas à la hauteur ; uniquement défensives ; le dos au mur ; les plus radicales n’ont obtenu que des compensations. Pis, ce que les Conti ont arraché par la luttes, d’autres salariés l’obtiennent parfois sans pratiquement qu’ils aient à lever le petit doigt. Exemple de Delphi à La Rochelle : plus de 50.000 euros comme prime de départ. Continental, Molex, New-Fabris, Goodyear, Michelin… et au bout du compte, peu de chose, hélas. Que les confédérations aient leur part de responsabilité dans ce désastre, qui en doute. Mais ce n’est pas certainement de ce côté-là que dans l’immédiat viendra « l’étincelle ».
Reste le terrain électoral. Après 2005 (le non au référendum), il existait un courant qui poussait à l’unité à la gauche du PS. Deux organisations portent conjointement la responsabilité de son enterrement. En premier lieu le PC, mais je dirais que c’est parfaitement normal et cela ne doit pas nous étonner. Il est vraisemblable que jamais l’appareil ne consentira à une alliance durable de rupture avec le PS et sa politique. Reste les militants, les sympathisants, l’électorat du PC. Ceux-là sont effectivement dans une culture où « gouverner » est nécessaire, mais pas nécessairement avec le PS ou assujetti à sa politique. « Gouverner », c’est-à-dire participer à des exécutifs, n’est pas la culture majoritaire du NPA. C’est pourquoi, en second lieu, nous portons également cette lourde responsabilité d’avoir cassé ce mouvement unitaire. Exiger, dès le 1er tour, que le PC et les autres formations – qui sont toutes d’accord là-dessus – ne participent pas aux exécutifs, avant même d’avoir débattu sur quel programme se ferait cette alliance et cette gouvernance, cela ne peut avoir qu’un seul résultat : rendre impossible toute alliance au 1er tour. En d’autres termes nous entrons dans le jeu du PC. Ce fut notre tactique en 2005 et en 2009. Il en sera de même en 2010.
Cette question de la non-participation doit se débattre au second tour (c’est ce que propose le PG, la Fédération, les Alternatifs), sur la base du programme et de nos résultats. Nous y sommes opposés. Admettons que nous arrivions en tête – ce qui est fort improbable. Refuserions-nous de gouverner ? Comment pourrions-nous l’expliquer ?

Écrit par : Gilles | 26/09/2009

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