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15/09/2009

Les régionales et la crise

Bien qu’elle ait en réalité commencé en août 2007 (et plus précisément encore à partir de l’automne 2006 avec la chute des prix de l’immobilier), on s’accorde à reconnaître comme point de départ de la crise financière mondiale la date du 15 septembre 2008 quand fut officiellement annoncée la faillite de la banque Lehman Brothers. Depuis la crise s’est étendue à ce qu’ils appellent l’économie réelle provoquant une hausse très importante du chômage mais sans pour autant que tout le système s’effondre comme après le jeudi noir du 24 octobre 1929.

On sait aujourd’hui que se sont les Etats qui ont sauvé, du moins provisoirement, le système. Ce qu’ils n’avaient pas fait en 1929 ou bien alors avec plusieurs années de retard. Ainsi l’antienne comme quoi l’Etat-nation était en déclin en a pris un sacré coup. Mieux encore, au lieu d’avoir des ripostes désordonnées accompagnées de mesures protectionnistes, nous avons assisté peu ou prou à une coordination des efforts entre les Etats pour sauver le système bancaire en recourant à des nationalisations partielles ou totales. Ce qui était, en théorie, inimaginable, dans un système libéral, a pourtant bien eu lieu.

Evidemment la crise n’est pas finie. La croissance peine à revenir et est principalement due à des politiques de soutien à certains secteurs comme celui de l’automobile (primes à la casse, etc.) ; un chômage de masse s’installe durablement et les plans sociaux vont continuer à se multiplier ; mais surtout cette intervention massive des Etats a accru de façon considérable la dette publique. Dans l’Histoire, cette question de la dette a souvent été un facteur déterminant pour la survie des Etats. Car qui dit dette, dit levée de nouveaux impôts. C’est cette dette qui a miné l’Empire de Charles Quint et provoqué en partie la révolte des Pays-Bas (1555-1558) ; idem en Angleterre où le point de départ du conflit entre Charles 1er et le Parlement portait précisément sur ce même problème d’impôts nouveaux déclenchant la première révolution anglaise (1627-1645) ; idem pour la France en 1789, les Etats-généraux ayant été convoqués pour résoudre la crise financière de l’Etat.

Evidemment nous n’en sommes pas là encore. Surtout, les Etats ont acquis une telle puissance et disposent de moyens autrement plus considérables qu’au 17e ou au 18e siècle, qu’il est impensable désormais que l’on puisse arriver à de telles extrémités. Mais nous savons aussi que le pari d’une nouvelle et forte croissance est pour l’instant un vœu pieu. La persistance d’un chômage de masse ne va pas améliorer les finances publiques ; surtout l’ancienne croissance était soutenue par l’endettement des ménages par le crédit. Le crédit se restreignant d’où pourrait-elle repartir ?

On entend ici et là, un discours qui n’était tenu hier que par quelques rares personnes, généralement à la gauche de la gauche ou chez les écologistes. C’est la notion d’une autre croissance pour un développement durable. Pour l’instant cela reste dans la bouche des élites des belles paroles sans conséquence. Et les vieilles habitudes ne vont pas tarder à revenir. On le voit bien en France avec le vrai-faux débat autour de la taxe carbone. Plus généralement les sommes considérables débloquées par le Etats n’ont servi jusqu’ici qu’à renflouer les banques ou à soutenir le secteur de l’automobile, mais rien concernant ces nouveaux secteurs.

Dernier indice du peu de prise en considération de cette question centrale d’une autre économie. Elle est pour l’instant très loin d’être au centre de la préparation des régionales. On parle beaucoup – trop peut-être –  de tactiques électorales mais peu du fond. Certes les régions ne jouent encore qu’un rôle marginal dans l’économie du pays, et leur action reste peu transparent. Raison de plus pour que dans ces futures élections soient mises en avant et conjointement, la question du rôle des régions dans les mutations économiques et celle de la démocratie locale comme moyen de contrôle des actions entreprises.

Commentaires

Chiche !
On laisse la tactique de côté et on cause programme.

Écrit par : Alain Albert | 15/09/2009

Exact ! Et je signale que depuis 2005 toutes les organisations à gauche du PS ont un programme sur lequel elles sont d'accord. Alors, arrêtons les polémiques stériles et défendons notre programme !

Écrit par : Michel | 16/09/2009

Adhérente au NPA à LA ROCHELLE, je pense qu'il est indispensable que l'on s'allie au Parti de Gauche. Ce n'est pas en restant isolés, tous seuls dans notre coin qu'on arrivera à faire bouger les choses dans ce pays.
Je rêve aussi à une alliance avec le POI, qui est SUR DES BASES DE CLASSE, et regrette qu'il n'y ait pas un GRAND PARTI unique de gauche ; TOUS ENSEMBLE, on aurait le moyen de les arrêter. Mes collègues de france télécom se suicident parce qu'ils n'en peuvent plus. La Poste va être privatisée à son tour.
Comment en est-on arrivés là?
La dérive "réformiste" du PCF et de la CGT détruisent les travailleurs et tous ceux qui veulent que les choses changent. Tout l'été, les CONTINENTAL, CATERPILLAR et tous ceux qui se sont battus ont montré le chemin. Descendons dans la rue et arrêtons de nous chamailler dans des "courants" "nouveaux partis" ou autres qui nous font perdre un temps précieux. Vive la lutte DE CLASSE!
ELIANE ROI. LA ROCHELLE.

Écrit par : ELIANE ROI | 18/09/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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