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07/09/2009

Socialistes et « centristes », une très vieille histoire

Du « bloc des gauches » (années 20) au deuxième septennat de Mitterrand (1988) – encore qu’il ne s’agissait là que du débauchage de personnalités du centre – l’alliance des socialistes avec le « centre », en gros ce que l’on a compté dans l’histoire comme formations « bourgeoises » se situant à la « gauche » de la droite, est une constante et non une exception. Ce fut le cas avec le parti radical dans les années 20 et 30 (Front populaire) ; après la Seconde guerre mondiale avec le MRP (dont le MoDem n’est qu’un lointain avatar) ; dans les années 60, quand avec la FGDS, la SFIO (PS) voulait fédérer toute l’opposition au gaullisme. Notons que le PC, pourtant autrement plus puissant qu’aujourd’hui, ne rechigna pas, lui aussi, à tremper dans ces « coalitions » comme en 1936, en 1945-1947 ou entre 1965 et 1967.

 

Le ralliement du centre au gaullisme après 68 contraint le nouveau PS à changer d’alliance, ce qui a donné 1981 qui était une première dans l’histoire de la gauche en France. L’effondrement du PC depuis une vingtaine d’années et le désamour entre le PS et les couches « populaires », obligent les socialistes à reconsidérer le schéma de 1981. Les hauts cris de la « gauche de gauche » face à cette nouvelle alliance PS-MoDem qui se profile à l’horizon 2010-2012 n’a donc pas lieu d’être. Les socialistes, c’est entendu depuis longtemps, n’ont aucune ambition de changer de société quoiqu’ils en aient dit il y a une trentaine d’années, ce qui justifie ainsi tout refus d’alliance avec eux, du moins sur leur programme.

 

Mais une partie de cet électorat socialiste, voit-il ça d’un bon œil ? Faute d’autre alternative, il est à craindre qu’il s’en contentera. L’alliance PC-PG-NPA avec l’apport de la Fédération et des Alternatifs devient ainsi urgent. C’est le seul moyen de contrer cette opération de recentrage. On nous dira : mais le PC n’en veut pas de cette alliance, et le PG suivra le PC. Aux européennes, « notre » électorat ne nous a pas totalement suivis sur cette ligne, préférant s’abstenir. C’est pourquoi il faut redoubler d’effort, être plus unitaires que nos partenaires, passer avec eux les compromis nécessaires pour que cette alliance se concrétise. Si, par aventure, nos partenaires choisissent au second tour de rallier le PS et le MoDem, ça sera leur choix. Les électeurs jugeront alors sur pièce.

Commentaires

Je vous livre une info, qui m’a surpris et qui est totalement passée inaperçue, et non reprise dans la presse.

Dans son discours de clôture du Remue-Méninges du PG, Mélenchon a déclaré que sur le fond son souhait était de créer un Nouveau Parti de Gauche avec le PC et la GU. Et il regrettait que cela n’ai pu se faire…..mais qu’il souhaite que des liens plus solides s’opèrent avec les instances des élus du PC. Que son objectif est de créer un Nouveau Parti de Gauche avec les communistes, et il insiste sur cet objectif.

Il est vrai que Mélenchon a toujours tendance à se lâcher et être très volubile quand il est en haut d’une tribune (et qu’il n’est pas mauvais dans cet exercice)…mais il a clairement exprimé cette position.
Est-elle partagée par l’ensemble du PG ? Je n’en sais rien.
Et je vous livre une info brute, sans plus d’analyse, car je ne m’attendais pas à ce type de déclaration dans le cadre d’une réunion officielle de militants PG. Réunion filmée et donc publique pour qui visionne cette vidéo.

Voir la vidéo sur le site PG, dans le dernier quart d'heure de son intervention.
(Cette vidéo dure 1 heure 18, l’info dont je vous parle se situe à 1 heure 05)

Voilà une déclaration quelque peu troublante et contradictoire, pour celui qui présente le FDG comme LA structure unitaire en dehors de laquelle toutes les autres orgas sont qualifiées de sectaires si elles ne rejoignent pas le FDG .

Je fais part de cette info non par défiance de la nécessaire unité, mais comme un élément dans la réflexion que chacun d’entre nous peut avoir pour justement construire en toute clarté une unité durable comme le souhaite maintenant le PG.

Et cela pose clairement la question ; Mais quel est donc sur le fond le projet de Mélenchon, et quel est la raison de la création du PG par une simple annonce au journal de 20 heures il y a quelques mois. Son Congrès programmatique n’ayant lieu qu’en Décembre 2009

Il se résout enfin à une unité durable sur 3 élections (alors pourquoi avoir refusé la proposition initiale du NPA ?) dont la présidentielle (1 seul candidat).
Et dans leur mesure où il se présente comme le trait d’union entre le PC et le reste de la « gauche de la gauche », ne chercherait-il pas à se positionner comme l’homme du consensus ?
D’autant plus que le PG ne peut exister électoralement que dans un cadre de coalition

Tout cela mérite quelques éclaircissements de la part de Mélenchon vis-à-vis des autres organisations et également vis-à-vis des militants du PG.

Écrit par : VERGNES | 07/09/2009

L'objectif de Mélenchon, il ne s'en est jamais caché, idem pour la Gauche unitaire, c'est de construire un Die Linke à la française, pour contraindre le PS à une autre politique, plus à gauche. Nous divergeons avec lui sur cet objectif. Nous avons un autre projet - auquel j'adhère - de construction d'une gauche anticapitaliste comme alternative au PS.
Ainsi, nous prenons un gros risque en manquant de souplesse dans notre politique dit unitaire en multipliant les clauses, comme aux européennes, avec le nucléaire par exemple ou en exigeant de nos alliés qu'ils s'engagent dès aujourd'hui à rompre définitivement avec le PS.
Cette tactique pousse en effet nos alliés potentiels à aller voir ailleurs. Et c'est bien ce qui s'est passé à Leucate. Après avoir signé un accord avec le PG, nous leur disons : "mais ce n'est qu'un accord provisoire". Je comprend la déception de Mélenchon. Quelle confiance peut-il avoir dans le NPA, si un accord si tôt conclu est déjà remis en cause ?

Écrit par : Gilles | 07/09/2009

J'ai, moi aussi, écouté Mélenchon sur la chaîne parlementaire, hier après-midi. Après avoir quand même eu droit au discours de Besancenot à Port Leucate. La prose du facteur est sans surprise, et compte tenu qu'elle tourne en boucle depuis quelques années, il y aurait même un léger risque de saturation... J'ai quand même apprécié la finesse tactique de son argumentaire, ne fermant pas la porte de l'unité, mais ne l'ouvrant pas non plus...
Chez Mélenchon, rien de tout cela. C'est un autre style : tout faire pour l'unité, à n'importe quel prix, tellement la situation est urgente et dramatique. Les résultats partiels de « Die Linke » semblent lui donner raison. Je crois que c'est un fondamental à partir duquel on peut alors discuter sur le type de société que nous voulons, et comment y arriver. Le premier projet de Mélenchon était de faire du PG « le creuset » de la nouvelle gauche (même projet que le NPA). Devant l'échec de sa tentative (notamment avec les « unitaires » de la LCR qui ne l'ont pas rejoint), il veut faire du FdG ce creuset.... Pourquoi pas ?... Si d'autres viennent s'y joindre !...
Mais dans son discours d'hier il a été très clair sur la formule : soit les autres formations intègrent le FdG, soit ils s'allient avec le FdG. Aucun préalable n'est posé, tout reste possible. La seule condition est la non-participation avec le modem. Concernant le Front durable, ce n'est pas nouveau, il n'y a qu'au NPA qu'on sous-entend qu'il y était hostile. Je me souviens d'un meeting tenu à Cherbourg le 10 décembre 2008, où il a clairement annoncé sa volonté d'une unité durable au-delà des européennes. Mais bon, le NPA présent n'est pas resté jusqu'à la fin du meeting, sitôt leur intervention faite, ils se sont éclipsés sans attendre la réponse... Mais maintenant que cette durabilité est acquise, quels sont les nouveaux critères que vous allez exiger ? La non-participation à des éxécutifs ? Pourtant, même si on peut trouver à y redire sur les fonds octroyés aux entreprises ( bien souvent à la demande des syndicats, qui espèrent ainsi ne pas voir leur entreprise mettre la clé sous la porte), le bilan de certaines régions n'est pas si négatif que cela.

Écrit par : Michel | 07/09/2009

Voici mot à mot la déclaration de JL Mélenchon faite aux Remue-méninges le 30 aout 2009.

A chacun de se faire une opinion sur la stratégie de JLM , qui faute d’avoir pu créer un parti unique avec le PC, s’est "contenté" d’un FDG temporaire dans lequel seuls le PG et le PC pouvaient avoir leur place vu le caractère non durable de cette coalition électorale à usage unique.

Je donne donc la parole au camarade Mélenchon :

« Je demande aux militants communistes de réfléchir sur ce point : nous avons parfaitement compris que nous ne faisons pas une fusion, nous faisons un front.

Nous pensons que c’est en nous additionnant que nous sommes plus forts, c’est le même raisonnement que nous faisons avec nos camarades de la Gauche Unitaire.

Inutile de dire que nous, on aurait préféré autre chose. On vous le dit franchement, on vous le dit franchement (2 fois) on aurait préféré faire un seul parti, on vous le dit.

Ce n’est pas possible, on le comprend. On ne va pas en faire un préalable. Mais nous c’est notre vocation C’est çà qu’on veut, on veut créer le Nouveau grand Parti de Gauche » Voilà ce qu’on veut faire Et on veut le faire avec les communistes, avec les communistes (2 fois) et on sait pourquoi.

Mais nous prenons la situation comme elle est… »

…Toute la suite exprime la nécessité de regrouper toutes les instances d’élus communistes avec ceux du PG.

Et quand Mélenchon, reprend aujourd’hui la proposition initiale de durabilité du NPA, avec en autre la présidentielle, on est en droit de se demander qu’elle est son véritable objectif.

Écrit par : VERGNES | 07/09/2009

Il n'y a aucun message caché dans ce que dit Mélenchon. Ce qu'il veut faire, c'est également ce que nous devrions faire, rassembler dans un grand mouvement (ou parti si l'on veut, mais je préfère mouvement) tous les anticapitalistes au sens large. La seule différence avec nous, c'est qu'il espère ainsi faire changer le PS. Il se trompe là dessus.

Écrit par : Gilles | 08/09/2009

Ce n'est pas un scoop. Cela fait longtemps que le PG s'affirme comme étant le creuset de la nouvelle gauche. Plus récemment, il a même demandé à Gauche Unitaire de participer à leur congrès de fondation dans le but de nous y intégrer.
La réponse, polie mais sans équivoque, est un refus, compte tenu de notre passé (trotskiste et attaché à la 4ème internationale), et des possibillités de s'ouvrir sur des militants que le PG ne semble pas attirer. Voici un extrait de notre réponse :

« L’existence, au sein du Front de gauche, d’un courant comme la Gauche unitaire nous semble dans ce cadre un atout, y compris pour nos partenaires ayant initié avec nous cette construction inédite. Parce que nous sommes issus pour partie du NPA, que nous nous voulons porteurs du meilleur de la tradition de la LCR tout en nous efforçant de l’enrichir d’autres apports, que nous héritons à travers les militants qui en étaient membres du patrimoine d’histoire et d’expérience de la IV° Internationale, il nous revient de nous adresser spécifiquement aux secteurs militants dont les références sont identiques ou qui sont proches de nos idées. Nous le savons, beaucoup d’entre eux, confrontés à l’échec sur lequel débouche la tentative du NPA, en viennent à la conclusion que le Front de gauche est une chance à saisir. Ils sont souvent sensibles aux positions que nous défendons. La Gauche unitaire peut faciliter leur évolution vers le regroupement du plus grand nombre possible des composantes de la gauche de gauche. Notre action, vous le comprendrez, ne serait pas facilitée par notre intégration au Parti de gauche. »

Nous ne considérons pas le Front de gauche comme l'embryon d'un « nouveau grand parti de gauche ». C'est, entre autres, ce qui nous différencie du PG et de Mélenchon. Nous pensons que notre courant doit garder son expression dans le Front, et non se fondre dans la masse. Il est évident que le PCF a également décliné la proposition.

Mais ce qu'il a de bien avec Mélenchon, c'est qu'il n'est pas têtu et ne s'obstine pas dans une posture qui ne mène à rien. Suivez mon regard....

Écrit par : Michel | 08/09/2009

Allez, arrêtons de tourner au tour du pot, et disons les choses telles qu’elles sont. Sitôt les Européennes terminée, le FDG version Europénne est devenue une coquille vide.

Quand Mélenchon parle de l’élargir, c’est vers la « gauche de la gauche ».

Quand la direction du PC parle de l’élargir, c’est vers le PS et ses satellites, voire les Verts.

C’est bien pour cela que le NPA (le vilain petit canard sectaire) exigeait une alliance durable. Il n’était pas nécessaire d’être grand devin, mais tout simplement de connaître la trajectoire du PC pour savoir qu’il en serait ainsi. Mélenchon qui n’est pas un perdreaux de l’année , le savait parfaitement. Dans le cas contraire cela remettrait en cause sa lucidité politique.

Donc un même terme : FDG, mais deux conceptions différentes. PG et PC le savent bien mais continuent d’entretenir volontairement la confusion, tout en continuant d’exhorter le vilain petit canard sectaire à les rejoindre , juste histoire de montrer que plus unitaires qu’eux ,tu meurs….

Le FDG en tant que tel n’existe plus mais PG et PC appellent à le rejoindre.

Le NPA a toujours été clair : un accord durable indépendant du PS.

Mélenchon propose aujourd’hui un accord « paquet » sur 3 élections autonome du PS.

La direction PC propose un « FDG ? » de toute la gauche uniquement pour les Régionales.

Trouvez l’intrus !

En clair, il nécessaire que Mélenchon qui se présente comme le Monsieur Unité de la gauche de la gauche et qui fait sienne la proposition initiale du NPA, cesse de laisser croire qu’il n’a pas compris la volonté de la direction du PC, et reconnaisse qu’après tout la position du NPA n’était pas si absurde et aurait permis d’englober d’autres forces politiques dont le Pc ne voulait pas.

Mais je distingue bien l’attitude (prévisible) de l’appareil du PC, et celle des militants PC enthousiasmés par la construction d’une force politique à la « gauche de la gauche » et lassés d'être les supplétifs caution de gauche du PS. L’appareil PC joue gros, s’il se coupe de sa base, et c’est l’existence même du PC qui peut se jouer sur cette affaire.

Vers qui ou vers quoi se tourneront les militants déçus? N'est-ce- pas ce même Mélenchon qui souhaitait faire un seul parti avec le PC et la GU. Le FDG n'étant qu'un pis-aller, faute de l'accord du PC et de a GU pour constituer ce parti.

La priorité n’est pas de perdre du temps à faire pression sur un appareil PC qui même si il cède face à base, perdra toute crédibilité.

La priorité, c’est partout la constitution de regroupements locaux des militants et forces politiques qui veulent construire ici et maintenant une vraie gauche de la gauche, sans attendre les tergiversations coupables de la direction du PC.
direction du PC change de coalition. Par contre NPA et PG gardent le cap, ce qui permettra à d’autres forces d’y prendre toute leur place.

De plus, si il était encore nécessaire de démontrer la nécessité de construire une "gauche de la gauche",le PS fidèle à lui-même depuis 2002, continues de faire l’actualité politique, non sur la situation sociale mais sur ses petits problèmes internes...cette fois-ci, c’est les petits accords entre amis sur leurs propres votes internes …donc rien de nouveau, on n’est même plus surpris, c’est pitoyable.

Et quand c’est ce même parti qui propose de faire des primaires et donc d’élire THE candidat de la "gauche", on ne peut que sourire non seulement de cette proposition qui n’est qu’un écran de fumée pour masquer l’absence de programme, mais également sur le caractère régulier de ce type de scrutin.

Écrit par : VERGNES | 09/09/2009

Je partagerais presque l'analyse de Vergnes, à ceci près :

1. Le FdG n'est pas une coquille vide et continue à fonctionner, même s'il n'y a pas d'affiches à coller pour l'instant. Nous continuons à nous réunir et à discuter de la situation politique. La seule interrogation c'est de savoir qui l'emportera de la direction du PC ou de sa base. L'enjeu est clair : si la direction l'emporte, il perdra sa base militante et sera contraint de faire une campagne de notables, comme le PS. Si la base l'emporte, ils perdront, à coup sûr un bon nombre d'élus, donc de moyens financiers. C'est du « perdant - perdant », et leur existence est en jeu.

2. Si le PC lorgne vers le PS dans l'élargissement du FdG, ce n'est pas un mauvais calcul. Il sait très bien que ce ne sont pas les dirigeants du PS qui risquent d'être attirés par le front, mais sa base la plus combative. Et vouloir les récupérer, plutôt que de les voir filer vers les Verts, c'est un plan qui tient la route.

3. Maintenant, si le NPA, au lieu de jouer les vierges effarouchées, se positionnait clairement pour une posture unitaire - dans ou à côté - du Front de Gauche, cela ferait, à coup sûr, basculer l'appareil du PC dans la bonne direction.

Écrit par : Michel | 10/09/2009

Qu’il y ait des divergences entre les deux formations, soit. Mais le « programme » du NPA ne tient pas plus la route que celui du PG, à mon sens. La seule grosse divergence qui m’intéresse dans l’immédiat tourne autour de la question du PS. Peut-on gouverner avec lui ? En d’autres termes le PS peut-il infléchir sa politique à « gauche » pour faire court. Je ne le crois pas. Il faut donc construire rapidement une force politique alternative à la gauche du PS sous une forme ou sous une autre (front, mouvement, etc.) puis aller à la fusion à moyen terme, même en gardant les divergences sur le programme et la part respective que nous attribuons à la question des luttes sociales. Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons forcer la main au PC et le faire éclater de l’intérieur. Les « communistes » qui veulent rester avec le PS, c’est leur problème, mais il faut que les autres puissent avoir le choix de rejoindre une formation politique qui ait les moyens d’avoir des élus.

Écrit par : Gilles | 10/09/2009

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