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28/08/2009

Les conditions de l’indépendance

Au NPA tout comme au PC et au PG, on semble peu s’inquiéter de ce qui se passe au PS depuis quelques années. On s’en réjouirait presque croyant, à tort, que l’affaiblissement, voire le déclin des socialistes ne pourrait à terme qu’être tout bénéfice pour la « vraie » gauche. C’est une illusion. Depuis la présidentielle de 2002, cette gauche là plafonne électoralement autour de 13 % sans jamais réussir à s’imposer comme un courant majeur de la scène politique. Pour qu’il en soit autrement il faudrait qu’elle soit capable d’être autre chose qu’une force de pure protestation, c’est-à-dire d’avoir, sur les bases de son seul programme, des députés et des conseillers régionaux et municipaux élus en toute indépendance.

 

Or, à quelques rares exceptions, il n’en est rien. Pour avoir des élus, non seulement le PC, mais aussi le NPA (et même LO), dépendent en grande partie de la « bonne volonté » du PS. Ce qui est un comble pour des organisations qui revendiquent des désaccords profond avec les « sociaux-libéraux ». Que l’on masque cette faiblesse décisive sous le vocable d’accords « techniques » (une invention de la LCR reprise par le NPA), par un ralliement dès le 1er tour aux listes PS (LO aux municipales de 2007) sous prétexte qu’il ne faut pas « désespérer » la classe ouvrière, ou en continuant à faire croire qu’en s’alliant au PS on pourrait le faire changer de politique (ce que fait le PC depuis près de trente ans), au final cela revient au même.

 

C’est bien pourquoi la « gauche de gauche » n’a pas d’autre solution que de s’unir durablement. Or cette solution là n’est toujours pas admise par la majorité des formations qui l’a composent. Pour LO mais aussi le NPA, il ne faut pas chercher midi à quatorze heure pour en comprendre la raison. Ces deux formations, bien qu’elles participent depuis des décennies à pratiquement toutes les élections, se refusent à admettre que les processus électoraux sont aujourd’hui déterminants dans la vie politique. Elles continuent à penser que la voie royale reste celle des luttes sociales. Ni leur marginalité dans le mouvement syndical, ni l’affaiblissement considérable en trente ans du mouvement ouvrier, n’arrivent à les faire évoluer.

 

Pour le PC, mais il en sera bientôt de même avec le PG, c’est le phénomène inverse. A-t-on entendu, ces derniers mois, un responsable des ces partis ne serait-ce que regretter le peu d’enthousiasme (euphémisme) qu’auront mis les directions confédérales à s’engager dans une bataille de longue haleine contre la politique gouvernementale ? Or cette union durable à la gauche de la gauche ne peut pas être purement électorale. Elle doit également y faire participer et intégrer le mouvement social. Ce n’est qu’à cette condition que la « gauche de gauche » pourra peser et construire son indépendance.

 

Evidemment nous sommes très loin d’un tel schéma. A l’extrême-gauche on continue à penser que le « vieux » mouvement ouvrier, c’est-à-dire les directions confédérales (et au premier chef la CGT) est le seul responsable du reflux des luttes sociales. Au PC et au PG on persiste, en revanche, à ne pas vouloir considérer cette question comme l’une des clés pour débloquer la situation et permettre une dynamique de rassemblement. On l’a bien vu aux européennes. Ni le NPA, ni le Front de gauche n’ont réussi à convaincre ces « classes populaires » qui se sont massivement abstenu.

 

Enfin, il est une autre question qui devrait être débattue dans cette « gauche de gauche ». C’est celle de la présidentielle. Admettons l’hypothèse  qu’il y ait bientôt des « primaires » à gauche (ce qui n’est pas sûr), il est certain que la focalisation du débat politique sur cette seule procédure de désignation d’un candidat commun pour 2012 face à Sarkozy marginalisera un peu plus encore les « forces » politiques à la « gauche de la gauche ». Car faute de pouvoir présenter les conditions d’une alternative, la « vraie » gauche se trouverait alors dans l’obligation à avoir à se déterminer face à cette candidature commune.

Commentaires

"[...]C’est bien pourquoi la « gauche de gauche » n’a pas d’autre solution que de s’unir durablement. Or cette solution là n’est toujours pas admise par la majorité des formations qui l’a composent.[...]"

Il me semble que le PS est sorti de la gauche quand il a abandonné le droit au travail, le plein emploi et en admettant le chômage de masse comme inévitable.

"gauche de la gauche" pour signifier que le PS est à gauche me semble une erreur et une perte de temps dans la reconstruction.
La PS cherche à garder cette étiquette "gauche", comme un logo marque repère pour protéger son fond électoral.
L'oposition de l'étiquette "extrême-gauche" a le même but. Signifier que le PS est à gauche.

Même si celà ne les sauve plus de déroute, le PS n'a pas encore intérêt à abandonner le label gauche.
En revanche, je vois mal l'intérêt de la gauche de prétendre le PS comme étant de gauche ou de se laisser nommer "extrême-gauche".


Pas d'autres solutions que de s'unir au PS ?
Si. Ne pas s'unir avec le PS.

Et construire la gauche.

Écrit par : Alain Albert | 28/08/2009

Ce commentaire ne manque pas de sel à une époque où on commence à annoncer que le Modem serait « de gauche » !...

On peut toujours glosser sur l'appartenance ou non de l'appareil du PS à la gauche, il n'en demeure pas moins que son électorat (même s'il est de moins en moins ouvrier), pense être de gauche. Rejetter tous ces gens-là dans l'escarcelle sarkozienne serait une erreur politique. Essayons plutôt de les convaincre de nous rejoindre, au lieu de leur jetter l'anathème.

Écrit par : Michel | 29/08/2009

J'avoue ne pas avoir compris le sens de cet article, et les conclusions concrètes qu'il pourrait suggérer?????

Écrit par : VERGNES | 29/08/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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