Avertir le modérateur

20/07/2009

Les ambiguïtés du vote « protestataire »

A Aix-en-Provence, c’est donc l’UMP qui l’a finalement emporté de 187 voix sur la coalition PS-MoDem-Verts. Au-delà de l’anecdote, ce résultat, qui arrive après plusieurs autres défaites de l’opposition, est symptomatique de la conjoncture que nous traversons.

 

Premier enseignement, la crise n’inverse pas le rapport de force électorale droite/gauche qui reste en faveur de la droite au pouvoir depuis un peu plus de deux ans. Il ne faut cependant pas mythifier ces succès de la droite. Ce phénomène est en grande partie dû à l’abstention massive des « classes populaires ». Cette abstention, deuxième enseignement, a une cause connue : qu’elle s’allie ou non avec le MoDem ou avec ses anciens partenaires de la « gauche plurielle » (Verts, PC), la gauche socialiste n’arrive pas à mobiliser. Il faut dire que les atermoiements de la direction du PS, incapable de faire un choix clair d’alliance, ne peut que déboussoler son électorat. Mais, troisième enseignement, même quand elle présente un front uni, la « gauche de gauche » ne fait pas mieux. La crise de la gauche est donc un phénomène profond et général.

 

Cette crise est d’abord une crise de projet. Pour la gauche socialiste c’est une évidence. Les électeurs de gauche sont parfaitement en droit de se demander si cette gauche ferait mieux et plus en leur faveur que la droite si elle était au pouvoir. Pour la « gauche de gauche », en revanche, il est remarquable que l’aspect protestataire de son discours ne suffise pas à enclencher une dynamique. On peut même se poser la question : pourquoi un électorat, certes différent, comme celui du Front national, arrive dans certaines occasions à se hisser électoralement au niveau des partis institutionnels alors qu’il semble inaccessible pour la « gauche de gauche » ?

 

Deux raisons à cela. La première est que ce « front » de la « gauche de gauche » n’apparaît pas acquis. En deux occasions – 2007 et 2009 – il n’a pas été possible. La seconde, qui est la cause de la première, c’est qu’entre les trois principales forces politiques de la « gauche de gauche », on diverge radicalement sur la question de la « gestion » des institutions. Ainsi, non seulement une partie de cet électorat ne voit pas comment cette « gauche de gauche » pourrait « gouverner » sans un minimum d’accord avec le PS, ce que le NPA se refuse à faire ; mais encore, c’est l’attitude qu’adopte le NPA par rapport à ces institutions qui ne peut qu’inciter l’électorat potentiel de la « gauche de gauche » à s’abstenir.

 

Car si le NPA a parfaitement raison de refuser de se retrouver dans une situation de cogestion avec le PS, peut-il cependant raisonnablement écarter l’idée de postuler à la gestion de ces institutions ? L’orientation du NPA – priorité à la lutte revendicative avec pour objectif, à terme, sa généralisation sous la forme d’une grève générale prolongée – ne revient-elle pas, au final, à discréditer toute participation aux processus électoraux ? C’est bien ainsi que l’entendent une partie des militants du NPA et de son électorat. Pour les futures régionales, si cette ambigüité n’est pas levée, grand est le risque de voir se reproduire les mauvais résultats des européennes et de ses élections municipales partielles. A moins que d’ici là, nous ne connaissions un embrasement du terrain social. On peut toujours rêver !

Commentaires

Oui, et il suffit pour s'en convaincre, de lire les commentaires parfois très agressifs de certains militants à l'égard des institutions (bourgeoises) et de la « farce » électorale. A force de répéter à qui veut bien l'entendre que pour le NPA, il n'y a que la lutte qui compte, les électeurs ne s'y trompent pas, et lorsqu'ils choississent de désigner ceux qui vont gérer leur commune ou leur région, on ne peut pas s'étonner qu'ils se tournent alors vers ceux qui ont cette intention-là. Le NPA ne veut pas gérer, il veut juste se compter. Dans ce cas, il ne faut pas s'étonner des résultats... Il y a des élection qui favorisent plutôt le vote protestataire. La présidentielle en est une. Et les européennes devaient en être une autre. Car quoi de plus lointain et abstrait que ce parlement européen dont personne ne comprend les arcanes, si ce n'est en constatant l'avalanche de mesures anti-sociales et parfois complètement aberrantes (sur le rosé par exemple) qui nous tombent dessus.

Pour les municipales, c'est tout le contraire. On connait bien les candidats, on peut les toucher, leur serrer la main, leur dire bonjour. On peut même se tutoyer parfois. Et là, l'étiquette politique devient accessoire. A tel point que certains s'en passent...

A la question posée sur le FN qui réussit parfois à remporter des municipales, la réponse est toute simple : le FN n'a pas pour objectif de renverser la société capitaliste. Juste de corriger quelques « points de détail »...

Crise de projet dis-tu. Mais comment veux-tu avoir un projet révolutionnaire dans le cadre d'une municipale ou d'une régionale ? Comment une municipalité peut-elle échapper à la loi du marché, et comment prendre des mesures qui nous feraient avancer vers une société de progrès social ?

Les municipales ne peuvent à aucun moment remettre la société en question. A plus forte raison lorsqu'elles sont partielles, et lorsqu'elles ont été invalidées. Bref, peut-on vraiment tirer des leçons de ce scrutin ? Moi je dis non.

Par contre, ce qui est bien plus intéressant, c'est la dynamique qui a conduit des organisations qui s'envoyaient récemment leurs anathèmes à la figure, à faire front commun dans une élection aux enjeux hors de portée et sans importance, mais qui pourrait bien être « une répétition générale ».

Écrit par : Michel | 20/07/2009

Bla bla bla bla bla bla ....
Un autre événement le même propos, le même discours, les mêmes critiques uniquement ciblées sur le NPA. J'ai cru un moment de bonne foi que tu voulais réfléchir mais ....
C'est bon Gilles t'es démasqué. Tu crois berner qui plus longtemps. A part ton accolyte du PG Michel, le fidèle. On a envie de te dire le NPA, travaille en synergie ou quitte-le. A force de continuer à jouer la mouche du coche, tu vas plus savoir où tu habites.... Allez Hasta luego !!!

Écrit par : Agnès | 20/07/2009

L'aspect "anticapitaliste" du programme du NPA, ou si tu veux "révolutionnaire", n’est absolument pas perçu par la majorité de l’électorat du NPA. Même dans une grande crise sociale, comme mai 68, les « révolutionnaires » restent très minoritaires. Il en faut plus, beaucoup plus, pour la « prise de conscience » opère, et surtout vacance du pouvoir, et lutte pour le pouvoir. J’ai connu mai 68 et la révolution des œillets. Seule cette dernière ressemblait un peu à ce scénario. Et bien même dans ce cas de figure, les plus radicalisés ne pensaient pas « purement » anticapitalisme. C’est pourquoi la logique du NPA est déclamatoire mais pas opérante. Et de ce fait il en reste à un niveau syndicalisme radical. Ce qui évidemment ne peut s’exprimer dans les urnes. C’est d’une certaine façon vu contradictoirement.

Écrit par : Gilles | 20/07/2009

Agnès,

Si tu avais un peu de recul, tu devrais un minimum réfléchir aux problèmes que je pose. Un exemple historique suffit à étayer ma thèse. Entre 1918 et 1923, alors que l’Allemagne est plongée dans le chaos, que la révolution russe a eu lieu, que des centaines de milliers d’ouvriers sont armés, jamais les révolutionnaires n’ont réussi à gagner la majorité du prolétariat industriel qui est resté fidèle à ses organisations « réformistes ». Et pas seulement dans les urnes, mais dans les entreprises, dansles syndicats. Ni la crise économique, ni l’exemple russe, ni la crise politique au sein de l’Etat, ni l’existence d’un parti communiste qui autour de 1923 a un peu plus d’une centaine de milliers de militants, n’ont suffi. Quand tu compare ça à la situation française d’aujourd’hui, tu fais quoi au juste.

Écrit par : Gilles | 20/07/2009

Le problème pour l'instant n'est pas de crier haro sur les gens qui dénoncent les travers de la démocratie limitée mais bien ceux qui font des politiques de droite sous couvert de se dire de gauche.

Je conçois que l'objet principal de se détestation soit son propre parti, mais le NPA n'est pas responsable du processus qui a conduit à ce que TOUTES les gauches qui se construisent essentiellement en espérant un changement par un processus avec le système démocratique tel qu'il est finissent par faire des politiques globalement favorables à la bourgeoisie, dans des gouvernements, des régions, des départements et la plupart des collectivités locales;

Et ça ça ne vient pas de la noirceur d'âme du PS ou du PC ni des derniers écervelés qui se précipitent en gonflant le torse d'être enfin pris pour des notables, comme les autres.

Ca vient de la structure même de la démocratie limitée telle que nous la connaissons qui laisse hors de la démocratie un pouvoir plus puissant qu'elle, l'économie, les groupes capitalistes, qui en retour corrompent le système démocratique.

Est-ce qu'il y a d'un côté les élections et de l'autre seulement les luttes ? Il n'y aurait que des rigolos pour faire croire cela, rien que pour simplifier outrageusement un raisonnement.

Ce qu'on sait c'est que sans un mouvement populaire puissant, dans ses organisations indépendantes du système électoral, les fruits de ce dernier ne font qu'une politique de porcs.

Rien de neuf donc sous le soleil. Ce qui détermine, malgré les oublis dus aux pertes de boussoles, une élection qui serve à quelque chose ce n'est pas s'allier à quelque prix que ce soit (ça finit toujours pas faire des politiques anti-sociales), mais le fait qu'existe, en dehors de tout processus électoral étriqué, une classe populaire organisée massivement.

Ce qui manque actuellement ce n'est pas le ralliement idiot du NPA à l'establishment, et d'être reconnu comme la énième petite claque avide de reconnaissance, mais bien une classe organisée qui résiste aux attaques du concret de la bourgeoisie et de l'état.

Sarko tient sa puissance des abandons successifs de la gauche de ce qui fait nature différente de la gauche et de la droite.

Le NPA maintient plus ou moins une autre conception, il est donc précieux même si, dedans, il y a des étourneaux qui veulent recommencer ce qui a atomisé la gauche (ça c'est pas grave) mais surtout fait reculer violemment les intérêts de l'écrasante majorité de la population.

Si le NPA n'a pas progressé de plus d'1% aux européennes, il y a plusieurs raisons, mais surtout celle d'avoir été neutralisé en partie par son aile collaborationniste avec le système. Celle qui n'a cessé de pleurnicher parce que le NPA ne s'est pas allié avec ses injurieurs, le front de gauche dont on sait maintenant que le contenu de ses votes c'est composé essentiellement de personnes âgées sans ouvriers ni de personnes du secteur privé.

En fait si le NPA n'a pas progressé de plus de 1% (car il a progressé) c'est bien sur sa gauche . L'essentiel de la sympathie populaire pour ce parti est allé à l'abstention car le discours revenait sur le discours classique électoraliste et les charabias con-con dont ceux qui les professent ne se rendent pas compte à quel point ils sont charabias inaudibles .

L'essentiel des sympathies envers le NPA n'ont pas été vers le Front de Gauche ce qui aurait été la suite logique du raisonnement de notre ami, mais bien vers l'abstention.

En revenant au raisonnement, il s'agit bien de construire une démocratie par en bas , face au socialisme par en haut des nomenclaturas, qui ont été diverses dans l'histoire, mais s'expriment toujours par des couches intermédiaires ayant des interets matériels à défendre même contre les interets populaires.

Ce socialisme par en bas, fruit de la mobilisation populaire, est une forme de démocratie tout autant raisonnable et désirable, que celle de la démocratie étriquée sous contrôle de la bourgeoisie.

C'est bien celle-ci qu'il y a à construire et, en son absence, avec le NPA ou pas, la gauche disparaitra.

Celle-ci peut se construire en s'articulant avec le syndicalisme de base qui s'unit en coordinations (les dernières réelles victoires sociales furent le fruit de ces formes d'organisations : Jeunes, infirmières et cheminots), avec des UL, voir des UD quand elles s'ont ok, des partis révolutionnaires des associations et des formes d'entreprises coopératives.

Le cœur battant des conquêtes concrètes comme de l'espérance d'une société de pouvoir des travailleurs est là, pas dans ceux qui abandonnent cela pour articuler l'essentiel de leur politique autour d'un système étriqué de démocratie sous contrôle et sans pouvoir réel.

Il ne s'agit pas de ne pas participer à des élections mais de comprendre que l'essentiel est ailleurs, même.....pour gagner des élections.

Mais bon le crétinisme électoral fournit à chaque génération son vol d'ilotes qui tournent comme des papillons autour des ampoules électriques là nuit.

Sur Aix, on réussit, dans une tourmente maso, à s'en prendre au NPA même quand celui-ci fait le grand écart et de grandes concessions pour s'allier à ses injurieurs du front de gauche et fait le boulot.

Et après nous avons l'inévitable intervention des nomenclaturistes du PC et par dessus les militants pour appeler à voter à droite (PS-MODEM-Verts).

Et ça préfigure les Régionales où une partie de la gauche de la gauche va encore avoir du mal à résister au fumet des bonnes soupelettes.

Quand à parler des années 1918 à 1926 en Europe sur la situation insurrectionnelle en Europe , le communisme ne fut pas exempte de gauchisme mais, également, l'importance de la nomeclaturisation du mouvement ouvrier dans ses profondeurs, les grandes traditions de soumission hérités.

Nous sommes dans une période inédite, le prolétariat est infiniment plus important en proportion de la population active et le mouvement "ouvrier" classique a un niveau qui l'a renvoyé avant 1905.

Autrement dit, le nomenclaturisme, principal fléau du XXeme siècle après le capitalisme qu'il enfourche l'électoralisme ou la grosse moustache (souvent les deux), si il conserve une grande capacité de nuisance, n'a plus une grande capacité d'organisation.

Et ça c'est inedit. C'est le fruit d'un échec que tout le monde paye mais ça ouvre également des espaces, ....mais aussi des responsabilités (reconstruire les formes d'organisations du mouvement social sans lesquelles il n'y a pas de luttes sociales, sociétales, écologiques, internationaliste,.., victorieuses).

Bref on ne manque pas de crétinisme électoral, ni de généraux, mais bien de socialisme par en bas organisé expérimenté par des luttes de résistance.

Le NPA, comme d'autres courants, n'assume pas sa responsabilité là dessus, ou pas beaucoup, reproduisant les mêmes séparations qui permettaient le bureaucratisme et la soumission des mouvements sociaux : ne pas se considérer comme un courent construisant et se battant pour les embryons d'une vraie démocratie, processus à 95% en dehors du processus électoral.

Il lui faut agit dedans et construire, proposer.

par contre les autres courants sont bien plus loin de telles interrogations, très loin.

Ce qui fait l'originalité du NPA c'est bien sa capacité de rupture et de critique du système, transformer cela en positif ce n'est pas se couler dans le nomenclaturisme, mais continuer de se tourner vers les collègues de travail, susciter de la résistance et de l'organisation de résistance, pas faire perdurer la vieille séparation prônée par le bureaucratisme au travers des variations staliniennes et social-démocrates promouvait la séparation des tâches entre syndicalisme et politique.

Les enjeux dans la très grande crise que nous vivons tournent autour des problèmes d'organisation démocratique populaire indépendants du système électoral étriqué.

Écrit par : Copas | 20/07/2009

Si je comprends bien, tu raisonnes ainsi : il y aurait entre 80 à 90 % de salariés, donc « le prolétariat » est majoritaire, donc… Je connais ce raisonnement absurde. Mais je ne le combattrais pas car ce n’est pas le problème que je pose. Si je fais référence à l’exemple allemand des années 1918-1923, c’est pour montrer que même dans les meilleures conditions possibles, celle d’une situation pré, voire révolutionnaire, avec un exemple vivant aux frontières, celui d’octobre 1917 en Russie, avec un parti révolutionnaire de quelque 100.000 membres etc., ce fut au final l’échec. Et pas n’importe quel échec, puisqu’il fut déterminant dans la victoire de Staline quelques années plus tard, puis d’Hitler dix ans après.
Je repose donc la question simple : comment dans la situation qui est celle de notre pays, avec un Etat qui n’est pas près de s’écrouler, avec une crise sociale et économique qui n’a aucun rapport avec celle de l’Allemagne des années 20, avec une « classe dirigeante » qui a une très longue expérience (ce qui n’était pas le cas de la bourgeoisie allemande) de l’utilisation des outils de la démocratie parlementaire, enfin sans un parti révolutionnaire de masse et implanté, oui, comment vois-tu le passage de cette situation parfaitement « normale » à une crise politique et sociale, donc révolutionnaire ? Tout le reste n’est que du baratin, du vent. Je suis dans le mouvement depuis 40 ans, et l’on ne m’a toujours pas donné la bonne réponse.

Écrit par : Gilles | 20/07/2009

Gilles, je suis au moins d'accord sur une chose avec Agnès : Qu'est-ce que tu fout encore au NPA ? Tu es bien trop intelligent, trop cultivé, et trop impliqué pour rester dans ce brouillamini gauchiste. On se croirait revenu au temps de la Gauche Prolétarienne et autre « Vive la Révolution ».

Agnès, puisque tu persistes à me coller l'étiquette PG, saches au moins qu'après quelques 40 années de « Ligue » je me sens en légitimité d'en parler comme étant « mon » organisation, et qu'à présent je ne reconnais plus, tant par son fonctionnement que par ses analyses absurdes.

Je ne vais pas répondre point par point à Copas, ce serait trop long. Mais il y a un paragraphe qui m'a particulièrement énervé. Je cite :

« Si le NPA n'a pas progressé de plus d'1% aux européennes, il y a plusieurs raisons, mais surtout celle d'avoir été neutralisé en partie par son aile collaborationniste avec le système. Celle qui n'a cessé de pleurnicher parce que le NPA ne s'est pas allié avec ses injurieurs, le front de gauche dont on sait maintenant que le contenu de ses votes c'est composé essentiellement de personnes âgées sans ouvriers ni de personnes du secteur privé. »

Merci pour « les injurieurs ». Si on ne peut plus dire que vous faites fausse route sans se faire traiter d'injurieurs, et bien elle a bonne mine votre démocratie. Mais c'est aussi exactement ce que j'ai ressenti dans ma "section" où je passais pour un "emmerdeur". Mais ce n'est pas le plus grave. Dans la Manche, 143 syndicalistes (et non des moindres, puisque pratiquement tous les responsables de la CGT, la FSU, et Sud) ont signé un appel à voter Front de Gauche. Au seul meeting du NPA qui réunissait 30 personnes, je n'ai reconnu aucun militant ouvrier dans la salle. Quand aux personnes âgées dont je m'honore d'en faire partie, elles ne sont pas encore séniles et sont surtout capables de raisonnement, ce qui, à lire certaines interventions, ne semble pas être le cas de tout le monde dans ce nouveau parti révolutionnaire.

Un point quand même : l'échec de la révolution allemande ne serait-elle pas plutôt dûe à un excès de sectarisme du PC Allemand qui a préféré dénoncer les « social-traîtres » plutôt que de s'allier avec eux ?....

Écrit par : Michel | 21/07/2009

Copas écrit encore : « L'essentiel des sympathies envers le NPA n'ont pas été vers le Front de Gauche ce qui aurait été la suite logique du raisonnement de notre ami, mais bien vers l'abstention. »

T'es-tu seulement demandé combien de militants du NPA ont voté pour le Front de Gauche ?... Et ce n'est pas pour faire contre-feu à ton assertion. Mais rien que moi, personnellement, j'en connais 4 ou 5. Sur un effectif de 30, c'est quand même pas mal, non ?... Et pour en revenir à l'abstention, comment pouvez-vous vous en plaindre, alors que tout votre discours consiste à dire : « Les élections, ce n'est pas notre truc » ! Maintenant, plutôt que de vous en plaindre, vous pourriez peut-être les revendiquer ces abstentions.... Et dans ce cas, vous seriez vraiment les plus forts !

Écrit par : Michel | 21/07/2009

Michel,

Nous sommes de la même génération, et contrairement à beaucoup d’autres qui sont passés par la Ligue, nous sommes restés fidèles à certaines idées. Pourquoi je reste au NPA ? Pour l’unique raison qui a fait que j’ai souhaité que ce parti soit créé : c’est-à-dire construire un mouvement anticapitaliste large, de masse, ouvert à TOUS les courants de l’anticapitalisme. Et pour cela, il est absolument nécessaire d’y combattre toutes les « idées fausses ». Ce que tu racontes à propos de ces syndicalistes, me conforte dans ma voie. Ici, à La Rochelle, c’est pire encore : le meilleur de ces militants syndicaux d’entreprise est totalement étranger à ce qui se passe à la « gauche de la gauche ». Mais qui feraient-ils ? Dans ma section c’est extrêmement simple. Le syndicalisme ouvrier est vu comme une planche pourrie. Les discours antisyndicaux sont majoritaires. On me dit qu’il ne s’agit là que des propos minoritaires. On va bien voir à la rentrée que l’orientation suivie jusqu’ici au NPA a conduit à renforcer ces courants gauchistes.

Écrit par : Gilles | 21/07/2009

C'était aussi ma démarche lorsque le NPA s'est constitué, c'est pourquoi j'y ai adhéré après 2 ans d'exil. Mais il ne m'a pas fallu plus d'une heure pour comprendre dans quel merdier je m'étais fourré. Et je regrette de moins en moins d'en être sorti. Je pense être plus utile (et plus libre) à l'extérieur. Et à l'intention de ceux qui voudraient me traiter de traître à l'instar d'un Picquet ou autre Faradji, je leur réponds simplement que MOI, je n'ai pas changé, mes idées sont restées intactes, que je ne cours pas après le « nomenclaturisme » et que je ne suis pas du tout sensible au « fumet de la soupette »... car il m'aurait été facile en prenant une carte au PS de me retrouver à un poste d'adjoint ou de délégué à une quelconque commission.

Sur l'anti-ouvriérisme du NPA, je pourrais aussi disserter pendant des heures. J'ai des exemples et des anecdotes plein la tête, et cela m'attriste d'autant plus. Ce qui est dommage, c'est que le pouvoir tant décrié par ces messieurs, mette en avant un Besancenot, qui, s'il est vrai qu'il a le look du gendre idéal, n'en demeure pas moins la figure emblématique de quelque chose qui n'est pas trop dangereux pour eux.

N'avez-vous pas remarqué lorsque BHL a décrété que le Parti Socialiste était mort, le nombre de bonnes âmes qui se sont porté au chevet du moribond pour essayer de le ressusciter ? Y compris à l'UMP, Nadine Morano en tête.... Il faut croire que pour le pouvoir, la chute du PS signifierait indubitablement son remplacement par quelque chose de bien plus dangereux... Je pense que la chute du PS a quelque chose de bon pour nous. Mais à condition de ne pas tomber dans l'ultra-gauchisme.

Écrit par : Michel | 21/07/2009

Peut-être que l'on s'est croisé ? Livre moi quelques éléments de ta bio, et puis reviens au NPA, il y a un sacré boulot à faire !

Écrit par : Gilles | 21/07/2009

@ Michel

« N'avez-vous pas remarqué lorsque BHL a décrété que le Parti Socialiste était mort, le nombre de bonnes âmes qui se sont porté au chevet du moribond pour essayer de le ressusciter ? Y compris à l'UMP, Nadine Morano en tête.... Il faut croire que pour le pouvoir, la chute du PS signifierait indubitablement son remplacement par quelque chose de bien plus dangereux... Je pense que la chute du PS a quelque chose de bon pour nous. Mais à condition de ne pas tomber dans l'ultra-gauchisme. »

Suis 100 % d'accord avec ça. Pour l'UMP, l'actuel PS a toutes les qualités :
• énorme et inerte, sa décomposition réduit à l'impuissance l'ensemble de la gauche et, de surcroît, paralyse la (possible) recomposition de cette dernière ;
• ce cadavre sous respiration artificielle constitue un idéal faire-valoir (« Nous, à l'UMP, on est des vrais mecs qui en ont », etc.) ;
• c'est aussi un fabuleux réservoir de traîtres/transfuges qui s'empressent pour venir goûter la bonne soupe et orner le triomphe du vainqueur (Besson, Allègre, Lang, Hirsch, Kouchner, Amara, Bockel, etc) ;
• sur le fond, et malgré quelques divergences superficielles, son programme économique et social n'est guère différent de celui de la droite. Tout le monde s'accorde à penser que DSK serait un « excellent » Premier ministre pour Sarkozy.

Donc, vivement la fin du P"S" ! En France, la situation de la gauche pourrait difficilement être pire que maintenant…

Écrit par : Hopfrog | 21/07/2009

@ Agnès

Escúchame un poquito, porfa

« […] J'ai cru un moment de bonne foi que tu voulais réfléchir mais.... C'est bon Gilles t'es démasqué. Tu crois berner qui plus longtemps. […] » Etc, etc.

C'est curieux comme, dans certaines organisations d'extrême-gauche, on retrouve spontanément le ton et les arguments (purement moralisateurs, c'est-à-dire reposant sur l'intimidation pure et simple) des inquisiteurs catholiques de la bonne époque (XVIe-XVIIIe siècles).

Ou encore, celui des gardes rouges pendant la Grande Révolution culturelle et prolétarienne. « Tu te places depuis quel point de vue [pour parler], camarade ? » (Tongzhi, ni zhan shenme guandian ?) : lorsque cette cette question « amicale » (!!!) était posée dans les débats publics (naturellement « spontanés et libres de toute contrainte » — ben voyons, comment donc), elle suffisait généralement à réduire au silence ceux à qui elle s'adressait.

Cette question reposait sur une « logique » (!!!) fort simple : toutes les idées (et tous les faits) qui nous dérangent ou nous mettent en difficulté relèvent forcément de la logique (méprisable et infâme) de nos adversaires ; en tant que telles, elles doivent être éradiquées, et ceux/celles qui les véhiculent doivent être réduit(e)s au silence, ou « rééduqué(e)s ».

On le voit bien, le maoïsme n'est pas mort… Et le père Ubu non plus.

Hasta la vista, guapa, y trata de pensar un ratito por tí misma…

Écrit par : Hopfrog | 21/07/2009

à la différence près, que je les emmerde et que je contre-attaque sans vergogne, tellement leurs arguments m’apparaissent dérisoires. Je ne suis pas en effet dans la peau du type qui a mauvaise conscience (le syndrome Zéro et l’infini), mais dans celui de quelqu’un qui s’inscrit parfaitement, et logiquement, dans la filiation de Marx, celui de la critique des dogmes et des doctrines.

Écrit par : Gilles | 21/07/2009

@ Agnès (2)

J'oubliais : la position que tu défends se résume assez bien à ceci : « Tous ceux qui ne sont pas à 100 % avec nous (même 99 %, ce n'est encore pas suffisant) sont CONTRE nous. » Ou encore à ceci : « N'essayez surtout pas de penser, nous sommes là pour penser à votre place. »

Cette position n'a rien de nouveau. C'est celle de tous les totalitarismes, qu'ils soient de droite ou de gauche.

Dans un passé récent, elle a notamment été illustrée (c'est une façon de parler) par un certain George W. Bush. Tu te souviens, j'en suis sûr : l'axe du Bien, l'axe du Mal et autres pompeuses conneries…

Écrit par : Hopfrog | 21/07/2009

Je dois être neuneu, mais j'arrive pas à voir le rapport entre Copas/agnès d'un coté, et le totalitarisme, staline, bush...

Est ce que c'est un point godwin d'un genre nouveau pour couper court au débat ?

Écrit par : Martini Rossu | 22/07/2009

Le rapport est simple. C'est la vision manichéenne classique. La mal contre le bien. Si tu n’es pas d’accord avec l’orientation du NPA quitte-le, etc. Cela ne laisse la place à aucune autre hypothèse, ce qui est mon propos.

Écrit par : Gilles | 22/07/2009

@ Martini Rossu

Eh bien oui tu l'es, neuneu. Et beaucoup plus qu'un peu.

@ Gilles

+1

Écrit par : Hopfrog | 22/07/2009

Ah non, ce n'est pas ça le problème. Les camarades de la Tendance Claire, nombre de personnes dont tu as cité la prose abondamment, se retrouvent de fait en contradiction, en désaccord, avec la ligne empruntée par le NPA.
Pourtant personne ne demande leur exclusion.
Il n'y a ainsi aucun manichéisme. Il y a caractérisation politique. Au passage, ça choque des camarades de se voir citer, alors qu'ils participent à des débats INTERNES, de savoir qu'ils peuvent alimenter les ragots de caniveau de Marianne

Vous fantasmez un peu à plein bulbe.

Quand à moi, je suis peut-être neuneu, mais je ne pense pas péter plus haut que mon cul en me présentant comme le nouveau grand penseur du siècle...

Écrit par : Martini Rossu | 23/07/2009

@Martini Rossu

Ça c'est ce que va essayer de nous faire admettre PFG, OB, et consort. Mais, j'ai plusieurs exemples locaux en Poitou-Charentes qui montrent que l'opposition « gauchiste » à la dernière initiative de la direction du NPA va bien au-delà de la Tendance Claire. Ironie du choix du terme "clair" qui est une terminologie employée par Bensaïd (« claire ligne de partage »...). Bref, la Tendance Claire n’est qu’une expression de la majorité, mais pas plus pas moins caricaturale que tous ceux qui viennent de Lutte ouvrière, par exemple. Je connais trop l’orientation majoritaire pour savoir, qu’au fond, c’est bien une orientation « gauchiste », ce qu’a finalement toujours été la ligne de la LCR depuis quarante ans. J’emploie à dessein le terme « gauchiste » en référence au débat des années 20. Mais il ne s’agit pas là d’une « déviation » par rapport à une ligne qui aurait été correcte. C’est plus grave que ça.

Sur Marianne. C’est un peu lourd. Débat INTERNE. Mais je veux qu’il soit publique ce débat ! Certains auraient-ils hontes des âneries qu’ils professent en privé ?

Écrit par : Gilles | 23/07/2009

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu