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17/07/2009

Une « gauche de gauche » sans ambition

Qui va l’emporter dimanche à Aix-en-Provence ? L’UMP ou la coalition PS-MoDem-Vert à laquelle est venu s’adjoindre le dissident de la droite dont le recours avait fait annuler le scrutin de 2007 ? Si cette coalition, dont les maîtres d’œuvre seraient, selon certaines sources, les « royalistes » de la région PACA, voilà qui invaliderait l’antienne comme quoi la gauche socialiste ne peut vaincre qu’en récupérant son électorat populaire. Il est vrai que cette élection, tout comme en 2007, va se jouer à quelque centaines de voix et que Aix n’est pas à proprement parler une terre d’élection de la gauche.

 

Il n’empêche que nous nous trouvons là devant un cas d’école. Si le NPA croit à ce qu’il dit – que le PS a définitivement basculé dans le camp adverse (ce qui n’est pas nouveau) – et qu'il est juste de ne pas vouloir gouverner avec lui, alors la « gauche de gauche » (NPA-PCF-PG) qui avait obtenu un peu plus de 8 % aux européennes auraient dû selon toute logique faire un bon score dimanche dernier. Or il n’en a rien été puisqu’elle a obtenu un peu plus de 4% des exprimés. Comme quoi, même dans un cas de figure théoriquement favorable, son discours n’arrive pas à mordre sur un électorat populaire qui a manifestement préféré s’abstenir, comme si l’enjeu ne l’intéressait pas.

 

Que le même phénomène se soit produit récemment dans trois élections partielles (Hénin-Beaumont, Perpignan et Aix) montre à l’évidence que la « gauche de gauche » n’apparaît pas dans l’immédiat comme une alternative possible. Et pour cause. Ecartelée entre un NPA qui n’affiche aucune ambition « gestionnaire » et un PC qui s’interroge encore s’il doit encore faire un bout de route avec le  PS ou s’en détacher, en quoi cette « gauche de gauche » pourrait-elle être attractive ? Certes le PG affiche plus clairement son ambition (gouverner), mais elle ne peut devenir crédible que si ces deux autres partenaires s’y rallient. En outre, et ceci est déterminant, le PG (il en est de-même pour le PC) reste essentiellement sur une orientation « électoraliste » et n’affiche pas la même détermination que le NPA à soutenir les luttes et à vouloir les généraliser.

 

En somme, la « gauche de gauche » se refuse à faire cette mue qui la ferait passer de simple coalition électorale en véritable force d’opposition. En continuant, chacune pour leur part, à préconiser des voies non convergentes, les trois composantes de la « gauche de gauche » pérennisent ainsi l’idée que la résolution des problèmes internes au PS est la clé de la situation. Comme si ce qui se passe aujourd’hui dans ce parti était réversible. Comme s’il y avait dans ce parti un appareil qui hésiterait encore entre deux marches à suivre : rompre avec le capitalisme ou s’en accommoder.

 

A Aix, la « gauche de gauche » est contrainte par sa faute à la pire des solutions. Dimanche elle n’appellera pas à voter pour la coalition PS-MoDem-Vert – à juste raison – mais elle n’appellera pas plus « à battre la droite », sinon du bout des lèvres (« Madame Joissains rassemble la droite la plus dure et la plus réactionnaire. Elle est la représentante de la politique de Sarkozy, c’est pour cela qu’il faut combattre cette droite. ») Or, cette configuration a de grande chance de se reproduire à une vaste échelle en 2010 lors des régionales. La « gauche de gauche » va-t-elle prendre ce risque considérable de faciliter la reprise par la droite de plusieurs régions ? Avec les régionales la « gauche de gauche » joue son avenir.

Commentaires

Un petit moment que je te lis. Et, je me demande pour qui tu roules. Nous fais pas le coup du mec honnête qui veut montrer ce qui se passe réellement.

Écrit par : thé | 18/07/2009

Dire ce que se passe réellement, essayer d’être le plus clairvoyant possible, ce n’est pas un pêché, mais la seule solution pour que ça marche enfin. Nous sommes pour l’instant loin du compte. En comparant divers résultats depuis 1995, le premier gros score de LO, force est de constater que la « gauche de gauche » ne progresse guère. Sa stabilisation autour de 12 à 13 % est de bonne augure, mais ça ne suffit pas.

Écrit par : Gilles | 18/07/2009

Une élection municipale, ce n'est pas une élection très "politique". On vote avant tout pour des "têtes" ou une équipe. Les combinaisons politicardes n'y ont pas leur place. Il faut d'abord être connu. Et ensuite avoir un programme "municipal". Je ne pense pas que ce soit dans les préoccupations du NPA de prendre des mesures en faveur de l'association des boulistes du 3ème âge, de la gestion de la maison de retraite ou des espaces verts.

A force de dire qu'on ne veut surtout pas se salir les mains à gérer, cela finit par entrer dans les têtes, et on en voit le résultat.

Écrit par : Michel | 19/07/2009

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