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12/07/2009

Cauchemar en Provence

Cette municipale partielle de dimanche à Aix va-t-elle peser lourd dans les stratégies électorales en cours ? Cette élection était un véritable cas d’école. En concurrence, une droite dont l’élection acquise d’une courte tête en 2007 avait été invalidée après le recours d’un autre candidat de droite ; un PS à la tête de la région allié au MoDem ; un écologiste-régionaliste et une « gauche de gauche » (PCF-PG-NPA) pour la première fois unie. Exactement le cas de figure que Mélenchon donnait hier en exemple pour justifier son refus de répondre positivement à l’appel au rassemblement d’Aubry.

 

Le résultat est sans appel. La droite gouvernementale arrive très nettement en tête avec 43,31% des voix. Elle ne pourra cependant pas compter sur un bon report des voix du dissident de la droite (7,08%), celui-là même qui avait contesté le scrutin de 2007. Celui-ci pourrait en effet fusionner avec la liste du PS et du MoDem qui obtiennent un score relativement moyen (34,08%), ce qui leur donne cependant peu de chance de pouvoir l’emporter dimanche prochain puisque l’écologiste occitan, en dépassant un peu plus d’un point la barre des 10 % (11,31%), pourra se maintenir au second tour [Mais qui ne le fera pas, puisqu'il va fusionner avec la liste PS-MoDem]. Quant à la « gauche de gauche », c’est la Berezina : 4,21%, alors qu’elle était donnée à 7 % dans un sondage.

 

Trois élections municipales partielles (Perpignan, Hénin-Beaumont, Aix-en-Provence) et le même échec quelque soit le cas de figure. Dans le premier cas, le NPA était allié à LO : 2,46 % ; dans le second le NPA partait seul : 2,42 %. Pour le troisième, nous étions, pilepoil, dans le cas de figure le plus favorable à l’expression d’une « vraie gauche » ou d’une gauche « résolument anticapitaliste » puisqu’elle se présentait unie face à des socialistes trahissant, par leur alliance avec le MoDem, leur volonté de persister dans une orientation social-libérale.

 

Comment expliquer cet échec cuisant de la « gauche de gauche » ? Une fois de plus, l’abstention est l’accusée. Sans atteindre les records des européennes, elle reste importante, autour de 56 %. La preuve que la « gauche de gauche » ne mobilise pas même lorsque les enjeux sont clairs. Preuve également que l’unité, nécessaire, ne suffit pas. En prime, la « gauche de gauche » se retrouve devant un cas de figure qu’elle avait exclu : être amenée à choisir entre un PS allié au MoDem, et éventuellement à un candidat de droite dissident, et les Verts. En somme un vrai cauchemar. Reste l’abstention, ce qui sera une façon d’avouer que, dans l’immédiat, la « gauche de gauche » ne pèse pas plus sur le terrain électoral qu’elle ne compte dans les luttes.

 

 

Situation quelques jours avant le second tour : La liste PS-Modem d'Alexandre Medvedowsky et François-Xavier de Peretti fusionne avec Aix Ecologie d'Hervé Guerrera (Parti Occitan-Verts), qui a obtenu 11,31%. La liste de la "gauche de gauche" de Nathalie Leconte (PC/NPA/Parti de Gauche) ne donne pas de consigne. Au contraire du divers droite Stéphane Salord qui appelle à voter contre Joissains et pour la liste PS/Modem.

Commentaires

À Aix, à la présidentielle de 2007, Le NPA avait fait 2,59%, le PC 1,21%. Je crois que l'implantation est structurellement trop faible pour qu'il y ait la moindre dynamique, unité ou pas.
Cela dit, il est vrai que l'électorat "naturel" de la gauche se dépolitise de plus en plus au point de ne même plus réagir quand le PS s'allie avec la droite. Abstention massive et s'ils reviennent aux urnes c'est pour voter Vert.. (en 2007, Voynet avait fait 1,64% à Aix!)

Écrit par : jck | 13/07/2009

Faire « coup politique » ne suffit pas. Le NPA a suffisament râbaché cette expression comme un leitmotiv pour refuser une véritable politique unitaire. Le PS s'est déjà tiré une balle dans le pied, et la gauche de gauche est en train de vider le chargeur. Les négociations NPA-PCF sont en train de déboucher sur ce que voulait la direction du NPA : pouvoir rejeter sur le PC l'échec d'un front unitaire. Comment voulez-vous, après 2 ans de gesticulations politiciennes que le « bon peuple de gauche » s'y retrouve ?

La stratégie du NPA a été mise en échec le 7 juin, c'est un constat. Qu'ils aient été amenés à revoir leur tactique face à un désir d'unité qui est incontestable, ça c'est une réalité. Mais qu'ils s'imaginent, parce qu'ils ont réussi (ou voulu) se mettre ensemble le temps d'une élection partielle, dans une région qui n'est pas un fief de la gauche, pouvoir faire un score exceptionnel, c'est faire preuve d'une certaine myopie.

Commençons par être exemplaires au niveau de nos états-majors, et faisons l'unité autrement que contraints et forcés. Et là, le peuple recommencera peut-être à y croire. Pour moi cette élection n'est que l'échec de nos fins stratèges...

Écrit par : Michel | 13/07/2009

Il semblerait que le vote « vert » soit devenu une valeur refuge pour les électeurs déçus qui en ont raz-le-bol. Plutôt que voter « blanc », voter « vert » ce n'est pas si mal que ça, après tout....

Écrit par : le rejeton de Michel | 13/07/2009

Merci pour les précisions locales dont je ne disposais pas et qui permettent d'y voir un peu mieux. Mais sur le fond ça ne change pas grand chose. Le discours "anticapitaliste" est trop abstrait, sans lien avec un quelconque combat. L'autre problème c'est que, un coup c'est l'unité et un autre la division. Il faut viser le long terme et la cohérence.

Écrit par : Gilles | 13/07/2009

Ou alors de manière générale, il faudrait arrêter de sauter comme un cabri sur sa chaise en criant "unité" "unité"... C'est pas la solution...

Moi je dis ça je dis rien...

Je suis surpris de voir qu'il faut renoncer au terme anticapitaliste...

Écrit par : Martini Rossu | 13/07/2009

D'accord avec toi, mais gardons si l'on veut anticapitaliste si cela signifie que l'on cherche une voie de sortie de cette économie là.

Écrit par : Gilles | 13/07/2009

Par quoi aurais tu préféré le remplacer ?

Écrit par : Martini Rossu | 13/07/2009

Pas le remplacer, mais bien préciser ce que cela signifie : sortir de ce monde là, cequi donne un caractère très large à "mon" anticapitaliste".

Écrit par : Gilles | 13/07/2009

Pour le rejeton de Michel, ce serait dommage que le vote écolo finisse par créer des bataillons de déçus de l'écologie qui se foutront bien qu'on détruise la planète.

Pour Gilles, essaie un néologisme : pro...quelquechose ou néo...quelquechose mais justement cette chose-là reste à inventer. Le changement doit déboucher sur quelquechose de nouveau sinon...

Écrit par : Agnès | 14/07/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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