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10/07/2009

Le coup du « projet commun »

Quel objectif poursuit le PS en faisant parvenir en cette fin de semaine à tous les courants de la gauche, cet appel à l’élaboration « d’un projet commun de la gauche en 2012 », appel dont sont exclus le NPA et LO ? S’agit-il de sonder les intentions réelles de tous ses anciens partenaires, principalement les Verts et le PC, qui semblent décidés de tenter leur chance seuls, du moins pour un tour, aux régionales ? De jeter en quelque sorte le trouble dans des partis qui, pour les Verts surtout – pour le PC, c’est moins évident –, ont retrouvé des couleurs après plusieurs années de vaches maigres ? On voit mal en effet le PS se mettre soudainement à débattre, d’égal à égal, avec des partis traités longtemps comme de simples forces d’appoint.

 

Autre hypothèse, l’appel aurait essentiellement une fonction interne : couper court à toutes les autres initiatives qui fleurissent aujourd’hui en interne (Hollande, Vals, Moscovici…) et en premier lieu contrer le cavalier seul de Royal. Le moment choisi est étonnant aussi. Comme si l’on recherchait l’inefficacité maximale, comme si l’on n’y croyait pas au fond. Dernière hypothèse, isoler le NPA dans sa démarche de rassemblement de la « gauche de gauche ». Mais tout le monde sait que le NPA ayant raté ses européennes, il n’apparaît plus désormais comme un adversaire à la hauteur. Il faudrait surtout que le PC accepte les conditions du NPA, ce qui est fort improbable, pour que cette « gauche de gauche » puisse représenter un réel danger pour un PS qui reste, quoiqu’on en pense le poids lourd de la gauche.

 

Finalement c’est le texte de l’appel lui-même qui « mange le morceau » : « Notre rassemblement doit s’engager dès les élections régionales. Elles sont un enjeu majeur pour la gauche, le Parti socialiste est prêt à travailler dans chaque région avec l’ensemble des partis de gauche et les écologistes, sur un projet commun et une réflexion commune sur notre stratégie électorale. » En d’autres termes, il semble bien que ce ne soit donc là qu’une manœuvre assez misérable d’un appareil en plein désarrois. Car c’est bien à l’horizon de 2010 une nouvelle défaite qui se profile pour le PS s’il est contraint de se présenter seul au 1er tour. Et dès lors, adieu 2012.

 

Si la double hypothèse d’une défaite en 2010 et en 2012 se vérifiait, qu’adviendrait-il alors du mouvement social déjà mal en point ? On voit bien là à quelle impasse nous conduit un strict respect de l’esprit des institutions.  Chez les adeptes de la « révolution par les urnes », c’est une évidence. La France n’est pas le Venezuela ni la Bolivie. Une présidence de « gauche de gauche » est hors de portée. Mais il en est de même pour ceux qui, comme le NPA, n’attache qu’une importance relative à une participation aux institutions électives. Car s’il est bien un défaut dans la cuirasse, c’est bien le parlement. Tel devrait-être l’objectif d’une « gauche de gauche » rassemblée pour contraindre un président de droite à une cohabitation impossible et ouvrir ainsi une brèche dans un système politique qui montre depuis bientôt cinquante ans sa redoutable efficacité.

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