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01/07/2009

NPA-Parti de gauche : un « accord » sans surprise

L’accord de principe que viennent de passer le NPA et le Parti de gauche n’est pas surprenant. Le NPA, qui n’a pas modifié d’un iota sa position après les européennes, n’est pas devenu soudainement unitaire pour deux. C’est évidemment le PG qui a tout fait pour que l’on s’entende. La raison en est simple. Il s’agit pour le PG de continuer à faire vivre le Front de gauche au-delà des européennes. Or, pour qu’il en soit ainsi, il faut absolument forcer la main du PC.

 

Pour ce dernier en effet la situation est loin d’être simple. Allié dans toutes les régions avec le PS, il n’est pas question pour lui de se retrouver en 2010 hors du coup. Deux solutions : soit il reconduit son alliance avec le PS dès le 1er tour, et il en sera fini de la fiction du Front de gauche (dans plusieurs régions le PC est entré dans ce front à reculons) ; soit il entre dans une alliance avec le NPA et le PG, toujours au 1er tour, prenant le risque de s’attirer les foudres du PS, voire d’affaiblir son allié et donc de ne pas retrouver ses élus au second tour.

 

Ajouté à ça, la question de la Fédération qui comprend les « communistes unitaires », « tendance » du PC dont le PC n’avait pas voulu dans le Front de gauche et celle des Verts dont le NPA explique qu’ils sont aujourd’hui sous la coupe de la tendance la plus libérale (entendez « bourgeoise ») des écologistes. Enfin, le NPA suspend toute réalisation de ce nouveau « front » à un accord avec le PC qui sera très difficile à obtenir dans toutes les régions. Ainsi en Poitou-Charentes, il est fort peu probable que le PC accepte de ne pas reconduire son alliance de 2004 avec Ségolène Royale et les Verts.

 

D’ailleurs, en interne au NPA, on ne croit pas qu’un tel accord NPA-PG-PC puisse se concrétiser à terme. Le seul finalement qui a tout intérêt à sa réussite, c’est Mélenchon. Mais son habilité tactique a ses limites. En interne, le NPA lui savonne la planche (voir la déclaration finale du CPN) et surtout considère que le PG ne pèse pas grand-chose électoralement. Comme le dit Besancenot, il n’est pas question d’envisager «un tête-à-tête PG-NPA».

 

En d’autres termes, si le PC ne rompt pas avec le PS, le NPA ira seul, faisant ainsi une pierre deux coups : démontrant que le PG n’a pas de troupes et d’électorat et que  le PC est irrémédiablement passé dans « l’autre camp », celui du social-libéralisme. Car tel est bien l’objectif poursuivi. Pour le NPA, le discours unitaire n’a pas d’autre fonction que d’éliminer d’éventuels concurrents.

Commentaires

Critique pessimiste, malheureusement réaliste, que ce soit pour le NPA ou pour le PCF. Néanmoins, si elle est sans doute juste au niveau des dirrigeants de chaque organisation, je doute qu'elle satisfasse la "base".

Pour ce dont je peux parler, je pense qu'un accord PS - PCF au premier tour serait extrêmement mal vécu par nombre de militants communistes. Suffisament pour infléchir une direction qui pour l'heure garde deux fers au feu, je n'en sais rien.

D'autant plus que l'argument "sauver nos élus" ne tient pas : sur la base du score aux européennes du Front de Gauche + NPA, (12%), il y'a un potentiel plus que suffisant pour sauver les élus PCF et en faire gagner au NPA et au PG sur la seule du seul vote anticapitaliste.

Néanmoins, le NPA accepte de discuter sur ce qui pouvait être un point de blocage : le second tour et une éventuelle fusion des listes avec le PS pour empêcher la droite de conquérir des régions.
Tout n'est pas applanit, mais que cela ne soit plus un "casus belli" est encourageant. Si un accord est trouvé sur le sujet, la direction du PCF manquera sérieusement d'arguments pour refuser une alliance avec le NPA au 1er tour.

Commentaire d'un militant communiste assez critique sur la position de son parti sur ce sujet.

Écrit par : Pingouin094 | 01/07/2009

Le nœud du problème pour moi est le suivant. Du côté du NPA on a une orientation disons « syndicaliste révolutionnaire » : grève générale prolongée débouchant sur une prise du pouvoir et la mise en place « d’un gouvernement anticapitaliste qui prend les premières mesures de transformation révolutionnaire de la société ». Je cite évidemment de mémoire les textes fondateurs du NPA. De l’autre un PG (et un PC) qui envisage le même processus mais par les urnes. Deux scénarii aussi improbables l’un que l’autre parce qu’irréalisables. En ce sens la question de l’unité pour ces partis ne peut qu’être tactique. Pour le PG (et le PC), il s’agit de dépasser en voix le PS et le contraindre à une unité sous condition, et par ce fait marginaliser le NPA. Pour le NPA, c’est faire la démonstration que le PC va trahir à un moment ou à un autre, de récupérer ce qui est récupérable et de devenir hégémonique dans la « gauche de gauche ».
Or la question de l’unité est avant tout stratégique. Aucune « transformation révolutionnaire » de la société ne sera possible sans un consensus majoritaire, incluant au-delà des partis, la grande majorité de la population. Et dans cette majorité, il y aura toujours des divergences, des conflits d’intérêts, des calculs différents. Ce qui implique pour les uns, le renoncement à leur impatience jusqu’auboutiste, pour les autres à leurs intérêts corporatistes. Pour arriver à un tel consensus, il n’y a qu’une méthode : la démocratie au sens le plus large possible, c’est-à-dire non dépendante des volontés de tel ou tel parti. Processus très long qui mêle luttes, grands débats, élections, etc…
Dans l’immédiat ni le NPA, le PC, ni le PG et tous les autres sont dans cette perspective.

Écrit par : Gilles | 01/07/2009

Un article sans surprise! L'auteur semble oublier l'étant déliquescent du PS. Certes aux régionales les élus locaux pèseront mais si les pantalonnades Valls-Hollandaise continuent à ce rythme, la gauche de l'électorat socialiste peut très bien voter pour le front de gauche élargi. Au delà de 15% la tournure des alliances de second tour sera passionnante.

Écrit par : Laulau | 01/07/2009

je suis globalement en accord avec vous, moi qui, ex-lcr, vient de faire durant deux semaines la campagne électorale avec le npa, en tant que sympathisant critique. Le processus constituant fut intéressant, mais l'isolement hautain pour les européennes m'inquiétait. J'ai expliqué en réunion de bilan fin juin que la nouvelle décision de continuer dans cette voie pour les régionales était une aberration, et donc se ferait sans moi. Les résultats à Hénin et Perpignan sont édifiants. Etre ferme sur une ligne politique, c'est parfait, il y a tant d'orgas qui n'en ont pas, mais avoir (peut-être) raison seul, est absurde. Nul doute qu'un certain nombre de départs récents puisse faire évoluer le npa et le sortir un peu de son sectarisme; La gauche radicale peut exister en France, avec le pg, les alternatifs, la fédération, pour lo et pcf cela sera plus difficile, mais il faut tenter, en laissant tomber les présupposés et le lourd passif historique entre Ligue et pcf stalinien. Nous sommmes en 2009, plus dans les années 70.
danactu-resistance.over-blog.com, un nouveau blog pour toutes les résistances

Écrit par : dan29000 | 01/07/2009

Le PS a, à la fois, un problème de leadership, d’orientation et d’alliance, ce qui fait beaucoup. Tant que cela ne sera pas résolu, cela donne l’illusion que l’on peut, sans bouleversement sociaux profonds, le « doubler sur sa gauche ». Mais une fois ces problèmes réglés, il fera comme après chacune de ses crises, il redeviendra hégémonique à gauche, ce qu’il est encore d’ailleurs et nous le verrons probablement aux régionales. La thèse du NPA, c’est que son déclin est irrémédiable, et le PG n’est pas très loin de partager cette idée. Ce qui est déterminant, c’est l’état du mouvement social. Après trente ans de défaites, la pente est difficile à remonter, d’autant qu’il ne se présente aucune alternative politique. La « gauche de gauche », en l’état, sans révision de ces orientations, sera-t-elle capable de bâtir un projet attractif. J’en doute.

Écrit par : Gilles | 01/07/2009

Je veux bien que le NPA se fasse engueuler sur son attitude aux européennes. Certes il aurait été possible de forcer le PC à se prononcer sur les régionales, à forcer le "CDI". 'en menant la campagne ensemble)
Mais Là, il semble que PG et NPA sont d'accord sur une liste éindépendante de la social démocratie libérloïde. Alors ? Que vous faut-il de plus ?
Il faut mener cette bataille dans les orga respectives. Il faut qu'u pôle anticapitaliste sorte de terre. Le mouvement social en a besoin. C'est notre tâche à tous ceux qui ne voulons pas que s'ajoute à toutes les catastrophe, un chaos social.

Écrit par : JR | 02/07/2009

De toute façon il n'y a pas encore de modèle de circulation des idées pour expliquer ce qui se passe ou va se passer... Mais il est certain que au train où vont les choses, ceux qui veulent que ça change auront la main ! On ne sait pas quand, ni la goutte d'eau qui va faire déborder le vase mais ça va arriver. On va continuer à faire circuler les idées et surtout d'autres pratiques du débat et de l'action et petit à petit l'idée qu'un autre système est possible va prendre racine.
Ceux qui se sentent encore piégés dans leur vie par leurs prêts, leurs obligations de toutes sortes, leur croyance qu'ils vont finir par y arriver seuls, un jour vont se rendre compte que seuls on ne peut rien. En attendant il faut éviter que des catastrophes comme la guerre se produisent ça aussi c'est nous qui le paierions...
Limitons l'impact que les médias ont sur nous et travaillons chaque jour... avec persévérance et courage.

Écrit par : JR | 04/07/2009

Continuer à commenter ce que les commentateurs avertis commentent ne mène nulle part... Comme disait Coluche "On s'autorise à penser dans les milieux autorisés". Toutes ces analyses médiatiques tomberont comme un château de cartes quand les idées auront fait leur chemin et là ils nous diront "on n'a rien vu venir" et c'est normal ils ne regardent jamais dans la bonne direction, ces commentateurs avertis, ils n'adoptent jamais le point de vue de l'ensemble des gens qui vivent ici et ailleurs... On dirait qu'ils ont gros à perdre ou rien à y gagner. La position des uns ou des autres se mesurera à sa participation au réel changement le moment venu. Et je ne parle pas de révolution avec un grand R mais juste un changement de point de vue, même petit qui relèguera leurs analyses averties à du blabla. ça ne construit rien, ça occupe le terrain, c'est totalement virtuel.

Écrit par : la compagne de JR | 04/07/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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