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28/06/2009

Quand on me dit que « la catastrophe est imminente », je rigole !

« On entend chaque jour davantage le chœur de ceux qui prédisent une sortie de crise imminente. La crise actuelle, à l’instar de celle de 1929, peut déboucher sur un « rebond » comme celui qui a existé entre 1933 et 1937. Mais plus dure fut ensuite la rechute ! La crise actuelle est une crise historique de la loi de la valeur. L’instrument de mesure de la production et de l’échange de richesse par le temps de travail abstrait produit un désastre social. »

Tel est l’argument « savant » sur lequel s’appuie Daniel Bensaïd, le « penseur » du NPA, pour justifier la politique de sa formation : « Si au NPA notre diagnostic est juste, nous n’assistons pas à une énième crise économique, mais aussi à une crise des solutions à la crise. Quand j’entends parler d’un nouveau New Deal ou de solutions keynésiennes dans le cadre du capitalisme mondialisé réellement existant, je rigole doucement », explique-t-il à un journaliste de Marianne dans un entretien récent.

En résumé, non seulement cette crise sera la dernière, mais elle sera aussi la « crise » de toutes les alternatives qui ne s’inscriront pas dans une démarche de rupture radicale avec le capitalisme. Cet argument, Marx fut le premier d’une longue liste de « prophètes de malheur » à le formuler en 1847 dans un manifeste resté fameux. Bien plus tard, Rosa Luxemburg avant 1914, Lénine, alors que la guerre était déjà là, puis, plus près de nous, Ernest Mandel éminent dirigeant de la VIe internationale,  très précisément en 1974-1975 puis en 1980-1982, le reformulèrent dans des termes approchants. 

A trois nuances près. La première étant que Marx, aux alentours de 1865, l’abandonna, quand il acheva l’écriture du 1er livre du Capital et s’attela à la construction de l’AIT, la 1ère internationale. La seconde, que Luxemburg avait dû « corriger » les schémas du 2e livre du Capital pour en arriver à cette conclusion et qu’enfin Lénine dut reconnaître, après 1920, que le capitalisme ne s’était pas effondré. Finalement seul Mandel a maintenu cette perspective, lui qui avait vu les « solutions keynésiennes » à l’œuvre, puis décliner, relativement, à partir du milieu des années 70.

Il est en fait proprement ahurissant d’envisager l’effondrement, en quelques décennies, d’un mode de production né il y a quelque cinq cent ans (ce qui n’est pas grand-chose à l’échelle de l’humanité) et qui a atteint aujourd’hui un niveau de développement que l’Histoire n'avait jamais connu. Mais quand Daniel Bensaïd parle de « durée » (« Si l’on pense, comme nous, que la crise sera plus grave et plus longue, il faut s’inscrire dans la durée pour reconstruire une gauche musclée et de combat. »), à quoi pense-t-il ?

Evidemment pas à l’horizon de plusieurs siècles. Tout porte à croire que Daniel Bensaïd, et le NPA, continue à s’inscrire dans le court ou moyen terme, celui d’une explosion sociale imminente, conjuguée à une crise politique et à un effondrement de l’Etat, trois conditions minimum pour qu’il y ait « révolution », comme en 1848, voire dans la perspective d’une guerre, comme en 1871 ou en 1917. Moments purement conjoncturels qui n’ont, dans le passé, nullement ouvert la voie à un changement des rapports sociaux, mais à leur restauration.

Commentaires

Le capitalisme ne se détruira pas lui-même, c'est une certitude.

Pour le détruire, il faudra que nous l'y aidions, et fortement. Certains ont commencé à le faire, en Amérique Latine, ce qui nous dit que ce peut être possible. Mais quand on voit les obstacles qu'ils rencontrent (comme le coup d'état actuellement en cours au Honduras), on voit que rien n'est prédeterminé à l'avance.

Bref, à nous de trouver le chemin français pour renverser le capitalisme. A mes yeux, il passe par les urnes... Ni une révolution, remake de 1789, ni une grève générale, remake de 1968 ne me paraissent opportun.
La révolution par les urnes, oui... comme en Amérique Latine. Mais ça passe par une union des forces anticapitalistes, sous une forme ou une autre encore à inventer, même si beaucoup s'y essayent depuis quelques mois.

Écrit par : Pingouin094 | 29/06/2009

Oui, mais il faut tout d'abord convaincre autour de nous que le capitalisme n'est pas le meilleur système qui soit. C'est vrai que la crise financière y a aidé... Mais nous n'avons pas su expliquer à ce moment-là sa nocivité. Pire, nous avons laissé Sarkozy prendre la main et se faire le chantre d'un capitalisme bridé et régulé.

Notre faiblesse est qu'aucun système alternatif au capitalisme n'existe, et que ce qui a existé a été un tel repoussoir que nous allons traîner ce boulet pendant encore des décennies...

L'Amérique Latine, certes, mais le régime castriste n'est pas un modèle très présentable non plus. Espérons que les Chavez, Lulla et Morales, puissent mener dans leurs pays les réformes qui conduiront à un socialisme démocratique.

Pourquoi Besancenot nous parle-t-il tant du NKP, et si peu de l'Amérique Latine ? Encore une erreur de stratégie ? Personnellement, je préfère Chavez à Domota.

Hasta la victoria siempre !

Écrit par : Michel | 29/06/2009

C'est quoi le but de ce blog ?

Écrit par : thé | 30/06/2009

« C'est quoi le but de ce blog ? »

Je répondrais par une citation de Marx (1843) :

« Plus grande encore peut-être que les obstacles extérieurs semblent être les difficultés intérieures. Car s'il n'y a pas le moindre doute quant au point de départ, la confusion est d'autant plus grande quant au but. Non seulement l'anarchie générale a éclaté parmi les réformateurs, mais chacun est bien obligé de s'avouer qu'il n'a pas une vue exacte de ce qui doit arriver. Or, l'avantage de la nouvelle tendance, c'est justement que nous ne voulons pas anticiper le monde dogmatiquement, mais découvrir le monde nouveau, en commençant par la critique du monde ancien. Jusqu'ici les philosophes détenaient la solution de toutes les énigmes dans leur pupitre, et ce monde bêtement exotérique n'avait qu'à ouvrir le bec pour que les alouettes de la science absolue lui tombent toutes rôties dans la bouche. La philosophie s'est sécularisée, et la preuve la plus frappante en est que la conscience philosophique elle-même se trouve entraînée dans le tourment du combat de manière non seulement extérieure, mais aussi intérieure. Si la construction de l'avenir et l'achèvement pour tous les temps n'est pas notre affaire, ce qu'il nous faut accomplir dans le présent n'en est que plus certain, je veux dire la critique impitoyable de tout l'ordre établi, impitoyable en ce sens que la critique ne craint ni ses propres conséquences ni le conflit avec les puissances existantes.
Voilà pourquoi je ne tiens nullement à ce que nous arborions un drapeau dogmatique, bien au contraire. Notre tâche, c'est d'aider les dogmatiques à bien comprendre leurs propres thèses. Ainsi, par exemple, le communisme est une abstraction dogmatique, et ici je n'ai nullement en vue un quelconque communisme imaginaire ou possible, mais le communisme réellement existant, tel que l'enseignent Cabet, Dézamy, Weitling et d'autres. Ce communisme n'est lui-même qu'une manifestation particulière du principe humaniste, infectée de son contraire, l'intérêt privé. Par conséquent, abolition de la propriété privée et communisme ne sont nullement identiques, et le communisme a vu naître en face de lui, non pas par hasard, mais par nécessité, d'autres doctrines socialistes, comme celles de Fourier, de Proudhon, etc., parce qu'il n'est lui-même qu'une réalisation particulière, partielle, du principe socialisée. Et tout le principe socialiste n'est, quant à lui, que l'une des faces du problème, celle qui concerne la réalité de l'être humain vrai. Nous devons nous soucier tout autant de l'autre face, de l'existence théorique de l'homme, donc prendre la religion, la science, etc., pour objet de notre critique. Nous voulons en outre agir sur nos contemporains, c'est-à-dire sur nos contemporains allemands. Comment procéder ? — telle est la question. »

Écrit par : Gilles | 30/06/2009

Moi aussi, j'ai une citation :

"Il ne faut pas se laisser induire en erreur par les appels à l' « Unité ». Les plus grands facteurs de discorde, ce sont justement ceux qui ont le plus ce mot à la bouche. C'est ce que démontrent les Jurassiens bakouninistes de Suisse, fauteurs de toutes les scissions, qui crient maintenant le plus fort pour avoir l'unité. Ces fanatiques de l'unité sont ou bien des petites têtes qui veulent que l'on mélange tout en une sauce indéterminée dans laquelle on retrouve les divergences sous forme d'antagonismes encore plus aigus dès qu'on cesse de la remuer, ne serait-ce que parce qu'on les trouve ensemble dans une seule marmite (en Allemagne, vous en avez un bel exemple chez les gens qui prêchent la fraternisation entre ouvriers et petits bourgeois), ou bien des gens qui n'ont aucune conscience, politique claire (par exemple, Mühlberger), ou bien des éléments qui veulent sciemment brouiller et fausser les positions.

C'est pourquoi, ce sont les plus grands sectaires, les plus grands chamailleurs et filous, qui crient le plus fort à l'unité dans certaines situations. Tout au long de notre vie, c'est toujours avec ceux qui criaient le plus à l'unité que nous avons eu les plus grands ennuis et reçu les plus mauvais coups." (Engels, lettre à Bebel, 20 juin 1873)"

Écrit par : CSP | 30/06/2009

Ah c'est toi, CSP! Revenu de vacances ! Si tu lis bien mon blog, tu remarqueras que je ne suis pas un fétichiste de l’unité. En revanche je souhaite être un pourfendeur des dogmatismes. A propos de l’unité justement, Marx avait tout fait (Engels en a témoigné) pour rassembler dans une même organisation (l’AIT) proudhoniens, blanquistes (qui n’en voulurent pas), chartistes, trade-unionistes, « marxistes », lassalliens, anarchistes, etc. Son conflit avec Bakounine porte précisément là-dessus. C’est lui qui manœuvra pour « casser » cette unité. D’où ce que dit Engels : « C'est pourquoi, ce sont les plus grands sectaires, les plus grands chamailleurs et filous, qui crient le plus fort à l'unité dans certaines situations. » Au NPA, les « filous », ce sont Besancenot et ses amis, qui se sont servi, au cours du processus constituant, de la « méthode du consensus » (donc d’une unité formelle) pour étouffer les critiques contre l’orientation qu’ils voulaient absolument faire passer. « Ton amendement ne fait pas consensus », me suis-je entendu répondre à chaque fois. Contrairement à moi qui accepte d’autres hypothèses, d’autres orientations « anticapitalistes », eux n’en veulent qu’une, exactement comme Bakounine.

Écrit par : Gilles | 30/06/2009

La catastrophe a déjà commencé... puisque en l'absence de réponse claire à gauche... Le FN sort les marrons du feu... Alors je ne sais pas si le capitalisme va s'écrouler de lui-même mais ce que je pense c'est qu'il doit être dépassé. Car sinon on va vers la mise au pas des salariés

Écrit par : Jose Delgado | 30/06/2009

Trente cinq ans de reculs depuis la première grande crise de 1974-1975, début du chômage de masse et multiplication des plans de blocage des salaires avec en 1982 le plan Mauroy. 1974-1975 a été un pic pour les luttes sociales, depuis ça n'a cessé de baisser.

Écrit par : Gilles | 30/06/2009

Sarkozy est un pion dynamique et bosseur et de droite, asservi par notre maitre a tous, l'argent.

Beaucoup parlent , peu agissent.

La gauche se déchire, les autres tombent en désuétude, le facteur est retourné a ses boites aux lettres, et les moins abrutis par la consommation préfèrent ne pas se mouiller et s'isolent, se désinterressent.

Il faut des actes, plus que des blablas.
Dire " mort au capitalisme" et aller s'acheter son iphone et sa télé en sirotant une bière en se régalant des images chocs d'Haiti, c'est lui donner de l'aplomb.

Écrit par : chanango | 28/01/2010

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