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14/06/2009

Lutte ouvrière et le NPA se rabibochent

Il ya plus d’atomes crochus entre le NPA et Lutte ouvrière qu’entre le NPA et le Front de gauche. Les programmes et les orientations sont quasi identiques. La concurrence entre les deux formations qui cherchent à se démarquer par n’importe quel moyen – cela fait au bas mot quarante ans et plus que les amis d’Arlette reprochent à ceux de Besancenot d’abandonner toute perspective révolutionnaire –, est de pure forme. Certes, la forme compte pour beaucoup, mais enlevons l’écorce et l’on retrouvera dans les orientations des deux formations les mêmes objectifs.

 

Et n’allez pas croire que le NPA (comme la LCR en son temps) serait plus opportuniste que LO. On a vu récemment aux municipales de 2007 que LO était prête à tout – ralliant des majorités socialistes – pour sauver quelques postes d’élus. Tout au plus faut-il admettre que le NPA souhaite ratisser plus large. La LCR faisait de même. Mais corsetées dans leur seule hypothèse d’une insurrection populaire, elles n’ont dépassé leur stade groupusculaire que lorsque la Ve république est venue à leur secours. La popularité d’Arlette en son temps, puis celle d’Olivier, servent d’écran à une option stratégique commune improbable.

 

C’est bien pourquoi, périodiquement, ces deux formations ayant fait le tour des autres possibilités, finissent toujours par s’unir. L’accord qui vient de se conclure à Perpignan entre LO et le NPA pour les prochaines municipales, suite à l’invalidation de l’élection du maire UMP Jean-Paul Alduy, préfigure-t-il un accord au-delà, c'est-à-dire pour les régionales ? C'est dans l'ordre du possible, le NPA ayant bien compris que le PC et le PG, suite à leurs bons  résultats aux européennes, sont encore moins disposés qu’hier à accepter les conditions que pose le NPA pour réaliser une quelconque unité.

 

Est-ce ainsi que l’on va avancer ? Certainement pas d’autant que du côté du PC et du PG, regonflés, on rêve déjà de concurrencer le PS, voire de le dépasser. C’est en substance, ce qu’a déclaré hier Jean-Luc Mélenchon. Ainsi nous nous trouvons face à une double impasse. Le NPA, qui croyait infliger au Front de gauche une défaire rédhibitoire, l’a paradoxalement relancé et donné corps à ses illusions. Il ne reste plus au NPA qu’à s’allier à Lutte ouvrière pour masquer son échec.

 

 

Une autre façon de concevoir l'unité - Canton d’Anduze (Gard) : la candidate de la Gauche alternative, soutenue au 1er tour par les Communistes unitaires, le Parti de gauche, le NPA, les Verts, les Alternatifs et en tête de toute la gauche, soutenue au 2ème tour par l’ensemble des autres candidat/e/s PCF et PS, a été élue avec 60% des voix face au candidat UMP.

Commentaires

Autant le Front de gauche pourrait être moins disposé à se plier à la condition de durabilité du NPA, autant s'il a vraiment pour ambition de dépasser le parti socialiste, il sait qu'il ne pourra pas faire sans lui. Et alors, pour le NPA, chercher à s'allier avec LO sans chercher aussi à s'allier avec le FG serait comme donner un coup d'épée dans l'eau. Remarque : ce ne serait pas la première fois.

J'attend de savoir ce qu'il ressortira de la prochaine réunion nationale. J'essaie de ne pas préjuger de ce qui en ressortira, mais je suis assez pessimiste. D'autant plus que je ne suis pas du genre "discipliné". Lorsque quelque chose ne me plait pas, je ne fais pas que le dire. J'agis en conséquence. Et la question que je me pose alors, c'est y-t'il encore 9000 militants au NPA ?

Je me suis fixé un an pour faire le bilan de mon engagement au parti. Il me semble que ça sera long.

Teddy.

Écrit par : Teddy | 14/06/2009

Il faut "tenir" le plus longtemps possible, d'autant qu'il n'y a rien à espérer dans le Front de gauche où il y a également un sacré enjeu. Faisons notre bouleau dans le NPA. Mais il va falloir employer les grands moyens.

Écrit par : Gilles | 14/06/2009

« TENIR » le plus longtemps possible, c'est à la fois un programme et un aveu... Tenir jusqu'à quand ?... Cela fait déjà 40 ans que tu critiques la ligne politique... Tiendras-tu 40 ans de plus ?...

Rien à espérer dans le Front de Gauche ?... Je peux te retourner le compliment : qu'y a-t-il à espérer dans le NPA ? Que la majo actuelle fasse son autocritique ? Ou qu'il y ait un changement de direction ? Et si changement de direction il doit y avoir, ce ne peut être que sous les coups de boutoir d'une logique extérieure au NPA (celle du Front de Gauche, par exemple).

Quand à la nième collusion avec LO, cela doit faire sourire les observateurs les plus avisés. Mais cela va certainement faire fuir les nouveaux adhérants du NPA qui ne sont pas encore aguerris aux arcanes des subtilités du trotskisme pur et dur. A quand la résurgeances des luttes intestines entre pablistes et lambertistes ?... Je rigole, bien sûr !...

Écrit par : Michel | 15/06/2009

Michel,

Non, je devenu critique à partir des années 80, mais j'étais alors désorienté. Ce n’est qu’à partir de 2005 que j’ai commencé à réfléchir sur le fond et à trouver des pistes intéressantes. Par moi-même, par des lectures (l’histoire du socialisme de Droz) et le réexamen du « trotskisme », c’est-à-dire de la révolution russe, puis par un retour à Marx, que j’avais lu à travers les lunettes du léninisme et du trotskisme, ce qu’il ne faut pas faire. J’ai décidé de me mettre à l’écriture d’un livre. Après avoir écrit quelque 250 pages, confronté à des problèmes que je ne réussissais pas à résoudre, j’ai recommencé mes lectures : Luxemburg, plusieurs ouvrages récents sur les révolutions, un superbe livre d’un certain Texier (1995) sur la question de la démocratie chez Marx et Engels. Evidemment j’ai repris beaucoup de livres de Bensaïd, Negri (Empire, Multitude), Mandel (sur les crises de 1974-1975, 1980-1982…)… et j’ai commencé alors à voir le bout du tunnel. Actuellement j’ai repris les 4 tomes qu’Henri Lefebvre a consacré à la question de l’Etat (1975), et là j’ai trouvé de larges accord avec ce que je pensais, même si pour moi, Lefebvre ne va pas encore assez loin.

Le livre devrait avoir 3 parties :

1/ L’ère des révolutions est close. Thème : les révolutions se sont produites dans les interstices de la construction de l’Etat-Nation. Nous sommes au bout de celle longue période qui part du milieu du XVe siècle et qui est en cours d’achèvement, même si, l’Afrique, essentiellement, accuse encore un grand retard.

2/ Adieu au prolétariat. Le prolétariat, la classe ouvrière a bien été la « classe révolutionnaire jusqu’au bout », en ce sens où elle a permit d’achever l’œuvre de la bourgeoisie : cette œuvre c’est l’Etat « parachevé » que l’on appelle « providence ». Cet Etat est aujourd’hui un obstacle à l’expansion mondial du capitalisme, qui n’a plus besoin d’un tel système d’Etats. Mais la classe ouvrière est corsetée dans ce système. La question est alors, comment sortir du capitalisme, alors que les « sujets » précédents ont épuisé leurs ressources ?

3/ Sortir du capitalisme. Partie évidemment la plus problématique. Les pistes : reprendre la question de la démocratie comme moyen de fédérer les classes et les couches sociales, héritages du mode de production capitaliste ; dessiner un objectif qui dépasse le cadre national (L’Europe par exemple) qui est donc transnational (comme l’écologie) ; revoir la question de la forme parti qui ne répond pas à l’objectif d’une démocratie la plus large possible que j’appellerai la « démocratie vraie » par analogie au « socialisme vrai » ; réinvestir la question de « l’hégémonie » (Gramsci), soit de la « dictature du prolétariat » (Marx-Engels), ce qui est la même chose en réalité, en la traduisant dans des termes actuels : la démocratie contre le Capital. Formule à trouver. C’est donc à la construction d’un nouveau projet qu’il faut travailler, mais en mettant en avant la lutte politique, incluant la lutte sociale mais en n’en faisant pas une fin comme dans le projet social-démocrate.

Voilà en gros où j’en suis. Le livre devrait être surtout un exposé relativement simple de cette problématique : 150 pages tout au plus, ce qui permettrait d’autres développements par la suite.

Écrit par : Gilles | 15/06/2009

C'est quoi ces pratiques politiques: NPA de l'intérieur pour mieux insulter. La photo Quel niveau de caniveau, C'est cela la nouvelle gauche ?
Et les comentaires sur la Direction du NPA comme si ce n'était pas le congrés qui avait tranché. Cela change des cooptation entre amis du parti de gauche!

c'est vraiment peu digne . Vériane

Écrit par : vériane | 15/06/2009

« Comme si ce n’était pas Le congrès qui avait tranché. Cela change des cooptations entre amis du parti de gauche… » (Vériane)

Ou tu es nouveau, et quelque peu naïf, ou tu es aveugle, ou tu ne sais pas comment cela se passe. « Le congrès a tranché ! » D’abord je m’en fiche, je n’obéis pas moi à ce « socialisme de caserne ». Faux débat et vraie cooptation d’une direction qui s’était auto-désignée. C’est bien pourquoi je ne considère pas cette direction comme légitime. Elle nous a escroqué une ligne politique, avec des amendements jamais discutés. Imposer une ligne ce n’est pas convaincre. Elle a su manœuvrer il est vrai grâce à la popularité de son porte-parole. Je connais trop bien certains membres de cette direction, les anciens comme les jeunes, pour savoir qu’ils ont tout fait pour éviter le débat au fond. Il est vrai aussi que Picquet et sa tendance ont joué d’une certaine façon le jeu de cette direction. Car je le reprécise, je n’ai jamais fait partie d’UNIR.

Écrit par : Gilles | 15/06/2009

C'est quoi ces remarques incendiaires sans fond, là ? Est-ce qu'on a pas le droit de chier sur la direction du NPA si on a envie de chier sur la direction du NPA. D'autant plus que Gilles est vachement plus sympa que moi.

Qu'on soit clair : si j'ai envie de les insulter, je les insulte. si j'ai envie de les critiquer je les critique. si j'ai envie de les approuver, je les approuve. il parait que ça s'appelle la liberté d'opinion.

ce qui fait que je me retrouve dans ce parti, c'est pas ma capacité de dissolution dans les choix de la direction, c'est ma proximité avec la logique de terrain. point bare. du reste, j'arrive avec mes idées et s'il faut les confronter à celles des autres, je le fais. ça, ça s'appelle le débat.

teddy.

Écrit par : teddy | 15/06/2009

Ouh la, j'avais bien senti beaucoup d'érudition et de culture dans tes propos, ce qui, il est vrai, rendent ta chronique très agréable à lire. Mais pour autant, je ne chercherai pas à rivaliser sur ces acquis théoriques. Ton livre ouvre certainement des voies nouvelles dans la façon d'aborder l'Histoire. Mais ne sens-tu pas une contradiction flagrante entre tes objectifs (construction d'un nouveau projet) et l'instrument de cette construction (le NPA et sa direction auto-désignée) ?

Écrit par : Michel | 15/06/2009

Pas de contradiction. Pas de voies n’ont plus entièrement nouvelles (voir chez Lefebvre ou Wallerstein, tous deux dans « notre camp » au sens large), mais une approche bien moins étriquée et rabougrie. L’objectif étant de « casser » dans le NPA le corpus idéologique sur lequel est bâti ce « révolutionnarisme ». Et ce travail passe évidemment par une bataille à coups de livres, d’articles, de controverses. Rappellerais-je, qu’à l’origine, le NPA était précisément conçu pour « ouvrir » et débattre large. On a fait l’inverse, d’où ma fureur.

Écrit par : Gilles | 15/06/2009

Une remarque en passant, Gilles tu dis, je te cite

"du côté du PC et du PG, regonflés, on rêve déjà de concurrencer le PS, voire de le dépasser" est-ce une tare ?
J'espère que le NPA rêve de concurrencer et dépasser le PS. Si le NPA n'a pas l'espérance d'être un jour plus populaire que le PS, comment pourrait-il avoir l'espérance de voir un jour ses idées triompher ? J'espère moi que le NPA a d'autres ambitions que d'être une "gauche de témoignage", à jamais en dehors du jeu politique.

Quant au PC et PG, oui, un certain nombre de militants ont l'espérance de concurrencer voir de dépasser le PS. Espérance pas si folle que ça, puisque nous en sommes passer "tout prêt" le 7 juin : le jour où le NPA rejoindra le Front de Gauche, ce ne sera plus une espérance lointaine, mais un objectif pour la prochaine échéance électorale.

Que le PCF et le PG aient l'espérance de concurrencer le PS est une bonne nouvelle pour le NPA, puisque ça ne peut qu'inciter ces deux partis à s'allier au NPA et peut-être pour le PCF, cela peut l'inciter (du moins je l'espère) à prendre le risque électoral de se présenter aux élections indépendamment du PS, mais avec l'appuis du Front de Gauche.

Écrit par : Pingouin094 | 16/06/2009

Malheureusement pour Pingouin, pour moi-même et pour des milliers de militants, le NPA persévère dans son erreur (lire l'article du Monde du 15 juin). Son auteur : l'inénarrable PFG (Pompe Funèbre Générale)

Sa nouvelle lubie : « le Front de Gauche n'est pas assez critique à l'égard des formes d'action des centrales syndicales » ou encore « ne parle pas de la lutte exemplaire du NKP en Guadeloupe » !....

On est confondu par un tel niveau de sottise !... On pourrait à juste titre se poser la question : « Les directions sont-elles élues au NPA ? »

D'autre part, le Comité International de la Quatrième Internationale n'est pas très tendre avec nos « révolutionnaires » français qu'il juge ainsi : « le NPA prône le réformisme keynésien » et pire que cela : « Que Besancenot s'en rende vraiment compte ou non, objectivement sa politique de contestation fait partie des efforts de l'establishment visant à empêcher l'émergence d'une politique ouvrière consciente en France et prépare pour les travailleurs des défaites similaires pour l'avenir. C'est pour cela que la bourgeoisie s'empresse autant pour lui donner du temps d'antenne ». De là à penser que c'est « une orientation pro-capitaliste » que le NPA met en oeuvre, il n'y a qu'un pas que franchit le CIQI sans aucune vergogne....

Que les donneurs de leçon balayent devant leur porte !...

Écrit par : Michel | 16/06/2009

Je n'ai jamais caché que c'est une illusion de penser que la "gauche de gauche", même unie, serait en mesure de prendre le pas sur les « sociaux-libéraux » du PS. C’est le désaccord que j’ai toujours eu avec Picquet, UNIR ou la Fédération. Ce n’est pas de « plus de gauche » dont nous avons besoin, mais de revoir, au fond, le projet. Je sais bien que du PC à Mélenchon on ne rêve que de ça et que l’on a besoin pour cela de l’apport de « l’extrême-gauche ». Je ne marche pas dans la combine d’une résurgence d’une « union de la gauche » newlook, repeinte en plus social, en plus radical, en plus dans les « intérêts des travailleurs ». C’est ce qu’ a voulu faire le PC entre 1991 et 2002, en participant à tous les gouvernements de la gauche. En 1981, le PC pesait en gros 15 % et dirigeait la CGT.
Comme je l’ai déjà écrit ici, c’est à un tout autre projet que j’aspire. Ce projet à besoin d’une unité de la « gauche de gauche », mais d’une autre unité, pas sur les bases que proposent Mélenchon et Buffet.

Écrit par : Gilles | 16/06/2009

L'article du Monde ne fait que reprendre le texte de PFG, sans rien n'y ajouter. Il est vrai qu'il se suffit à lui-même Bref, le débat n'aura pas lieu. J'attends néanmoins des réactions comme celle du comité NPA de sud-Essonne.

Écrit par : Gilles | 16/06/2009

« Comme je l’ai déjà écrit ici, c’est à un tout autre projet que j’aspire. Ce projet à besoin d’une unité de la « gauche de gauche », mais d’une autre unité, pas sur les bases que proposent Mélenchon et Buffet. »

Voilà ce qui s'appelle « Botter en touche » !.... C'est pas un peu facile de dire aux autres : « Tout ce que vous faites, ce n'est pas bien... Il faudrait faire autre chose », mais sans se donner la peine de dire ce qu'il faudrait vraiment faire ?

Certes, le Front de Gauche, ce n'est pas parfait (nobody's perfect !). Mais au moins c'est une tentative, voire une expérience. Laissons les opprimés faire leur expérience et en tirer les conclusions. C'est dans le mouvement que nous progresserons. Et surtout pas dans les discours stériles de salons parisiens. Je suis un homme de terrain et j'ai connu, par le passé, des situations à la limite de l'insurrectionnel. On a pris de coups, on a été réprimés, mais jamais on ne s'est avoués vaincus. Je préfère encore cela à l'attente confortable des meilleures combinaisons possibles.

Cette campagne du Front de Gauche, je l'ai vécue avec euphorie et enthousiasme, contrairement à nos collègues du NPA. Et au final, nous avons TOUS (comité départemental de la Manche), une grande envie de poursuivre cette expérience. Nous avons appris à nous connaître, à militer ensemble, à parler de sujets jusqu'à présent tabous, ....

Lorsque je vois l'attitude du NPA à notre égard, et les arguments utilisés, cela me rappelle les années noires du stalinisme, mais cette fois-ci ce n'est pas le PCF qui a le mauvais rôle.

Écrit par : Michel | 16/06/2009

Comprends-moi. Je ne bote pas en touche. Ce n’est pas parce que depuis les années, il semble possible de faire quelque chose de consistant à la gauche du PS, et tout à fait autre que ce qui a été fait jusqu’ici, qu’il faut se précipiter et adopter la pente la plus facile, celle de l’unité certes à laquelle beaucoup aspire, mais qui doit reposer le question : qu’est-ce que la gauche au pouvoir ? J’attends encore que le PC fasse le bilan de plus de 20 ans de participation à des gouvernements de gauche. Qu’il ait fallu trente ans pour que Mélenchon se dise qu’il ne pouvait rien faire au PS, en dit assez long sur la minceur de la rupture. Moi je suis prêt à débattre, pour faire court, de la « révolution » et de la « réforme », des urnes et des luttes, de l’anticapitalisme et de l’antilibéralisme, etc. Mais eux, le veulent-ils ? Ce dont je suis certain c’est qu’au NPA, il sera difficile de remettre en cause le concept même de la révolution. Le PG et le PS sont-ils prêts à rediscuter des limites de la démocratie par les urnes ? Je n'y crois pas plus, pour l'instant.

Écrit par : Gilles | 16/06/2009

Mais de là à dire que le PCF et le PG unie au NPA et autres partenaires reviendrait à reconstituer une "union de la gauche newlook", soit une nouvelle gauche plurielle, c'est abusif !

C'est vrai qu'il y a quelque chose qui nous manque : le projet. Depuis des années, on est enfermé dans des approches "syndicalistes" ou l'on fait la liste de ce qui ne va pas pour proposer ensuite une plateforme de revendications. Passons de la plateforme de revendication au projet politique, et là nous auront fait un effort considérable. Mais nous n'auront pas fait la moitié du chemin.

C'est n'est pas parce qu'on aura un projet nouveau, voire grandiose, qu'ipso-facto on aura un soutien populaire massif et qu'on gagnera. Ce n'est pas non plus comme si nous n'avions pas de projet. Nous avons dans notre courant des penseurs de talent regroupés dans au moins 4 ou 5 groupes de réflexion (MAUSS, copernic, société louise michel...) et des chercheurs qui sont déjà disposer à partager leurs expériences avec une majorité de gauche au pouvoir.

C'est à dire en résumé, qu'il faut poursuivre la construction de notre projet politique, mais que notre accession au pouvoir ne doit pas y être subordonné. Car je crois que l'illusion, ce serait de croire que l'on pourrait parvenir au pouvoir, faire triompher nos idées, et sortir les travailleurs de la galère sans unité !

Écrit par : teddy | 16/06/2009

Et puis merde : le PG et le PCF, ce ne sont pas les conservateurs du PS, quoi !

Écrit par : teddy | 16/06/2009

On peut faire l'unité pour telle ou telle échéance, sans "rejoindre le Front de gauche". D'ailleurs j'ai noté cette petite erreur dans l'article du Monde. Le courant "Convergences et alternative" n'appelle pas à cette perspective. En revanche, nous aurions souhaité faire cause commune aux européennes avec le PC et le PG.

Écrit par : Gilles | 16/06/2009

Attends, intégration du front de gauche ne veut pas dire dissolution. On garde notre particularité, nos points de vue et notre indépendance, notre parti.

Pourtant, pour prendre le pouvoir (parce que c'est de ça dont il s'agit), il faut une alliance majoritaire pour faire sauter le PS et la droite. Et si c'est ça la perspective, alors la perspective s'appelle le front de gauche.

C'est quand même incroyable d'être aussi pessimiste sur notre capacité à passer devant le PS. Surtout vu le contexte. Jpeux comprendre que dans notre courant politique on perde l'espoir, mais ce n'est pas une raison pour favoriser un cadre théorique, un projet politique seul de notre côté et de le valoriser comme seul avenir indépassable incarné par le parti et son candidat.

Pis comparer une éventuelle perspective d'alliance au le front de gauche avec ce qu'a fait le PCF avec le PS "entre 91 et 2002", c'est comme assimiler le front de gauche au PS. c'est abusif, car ils étaient dans le même camps que nous en 2005.

Le projet, oui. mais sans unité, point de salut.

Écrit par : teddy | 16/06/2009

si c'est ça, j'arrête tout de suite "convergences et alternatives" et je crée mon propre courant.

Écrit par : teddy | 16/06/2009

Pourtant dans « Changer de Cap » il est dit : « Quand on examine sérieusement les propositions des uns et des autres, un accord de la gauche anticapitaliste est à portée de main,... » et plus loin : « Nous proposons que la direction du NPA s’adresse, dans les jours et semaines qui viennent, à toutes les forces politiques de la gauche de gauche, pour qu’elles se réunissent et envisagent une telle perspective ».... Alors quoi ? Vous vous gargarisez de mots ou bien vous allez vous contenter d'une alliance avec .... LO et le POI ? Sinon, j'ai beau chercher, mais en dehors du PS et du PG, je ne vois pas avec qui vous allez pouvoir faire alliance... (je ne parle même pas de GU qui doit être pire que le diable !)

Écrit par : Michel | 16/06/2009

« Quand on examine sérieusement les propositions des uns et des autres, un accord de la gauche anticapitaliste est à portée de main,... » et « Nous proposons que la direction du NPA s’adresse, dans les jours et semaines qui viennent, à toutes les forces politiques de la gauche de gauche, pour qu’elles se réunissent et envisagent une telle perspective »

Oui, je l'ai voté, ce texte, mais sans aucune illusion. "Convergences et alternative" va devoir trouver autre chose que ces appels pieux à la raison, si la perspective est bien de modifier assez profondément l'orientation majoritaire. "Là-haut" ils ne bougeront pas. Pour eux nous sommes des "droitiers". Point !

Écrit par : Gilles | 16/06/2009

"Droitiers", signifiant dans leur langage archéo-bolchevik toujours susceptible un jour de "trahir".

Écrit par : Gilles | 16/06/2009

Que dire alors des camarades de Clermont-Ferrand qui siègent au conseil municipal ?... Comment une telle position peut-elle être acceptée et digérée par les dirigeants du parti ? Et eux, comment voient-ils la question de l'unité ?

Écrit par : Michel | 17/06/2009

Le dernier paragraphe de votre billet, celui qui est encré dans al réalité des urnes, vient démonter quasiment tout votre raisonnement, encré lui dans la théorisation des rapports de force.
Ainsi vous dites "on rêve déjà de concurrencer le PS, voire de le dépasser ...paradoxalement relancé et donné corps à ses illusions"

Il semblerait que les illusions des uns soient les réalités du terrain. A savoir que la gauche lorsqu'elle est unie peut passer (largement) devant tout les autres et notamment devant le PS.

Il ne s'agit donc plus d'illusions mais bel et bien d'une réalité de terrain. Or pour autant que je sache,, c'est le discours du FdG et notamment du PG depuis sa création.

José-Angel

Écrit par : José-Angel | 17/06/2009

Clermont-Ferrand. Pour ton info, j’ai été l’un des artisans de la construction de la Ligue à Clermont entre 1968 et 1974. Clermont est un bastion de l’opposition. En 2007, ils avaient fait la campagne Bové (une erreur), et appelé en 2004 à voter au 2e tour aux régionales pour la gauche, contrairement à la ligne nationale. Plus d’une centaine d’adhérents, une longue expérience, des acquis, un chef de file très populaire dans les quartiers populaires où il exerce son métier de médecin. Une implantation à la fois dans la jeunesse et dans les entreprises. Un bastion du NPA que Krivine voulait « casser » en 2007 pour indiscipline. Quatre élus je crois au conseil municipal. L’un des meilleurs scores (plus de 17 %) aux municipales.

Pour les élections dans le Gard. Il s’agit d’une cantonale partielle, ce qui relativise. Nous pouvons il est vrai avec une telle démarche – unité de la gauche de gauche au 1er tour, la gauche institutionnelle contrainte à nous soutenir au second tour – gagner des cantonales et des municipales. A voire pour des législatives et les régionales où ça sera plus difficile. Mais quand je parle d’illusion c’est pour ce qui concerne les élections décisives, la présidentielle et les législatives. D’autant que nous remettons en cause les institutions de la Ve république.

Écrit par : Gilles | 17/06/2009

Aucun commentaire sur le bilan ? (Clermont-Ferrand). Que Krivine ait voulu se débarraser de cette « erreur » historique, je le sais, car chez nous, le simple nom de Clermont-Ferrand équivallait à de la provocation, et il y en a même qui se sont fendus d'un amendement anti- Clermont-Ferrand lors du congrès de constitution.

Plutôt que de grands discours théoriques sur l'opportunité de l'unité, ne vaudrait-il pas mieux populariser cette expérience et appeler à créer 1, 2, 3 Clermont-Ferrand ?...

Quand aux partielles du Gard, c'est un épiphénomène, et il n'y a pas de quoi en tirer une ligne directrice.

Pour information, j'ai également voté Bové en 2007, face aux « trahisons » de Besancenot et Buffet. Je reconnais que ce n'était pas très malin...

Écrit par : Michel | 17/06/2009

désolé, je fais un petit hors-sujet :

J'ai aussi "osé bové" en 2007, mais ce n'était pas tant pour la personne, dont je n'étais pas particulièrement fan, que de ce qu'il incarnait. Et à vrai dire, il incarnait l'unité. On était de toutes les gauches à soutenir sa campagne. Des communistes unitaires jusqu'au NPA, en passant par les alternatifs, et surtout, les non partisans.

Nous nous sommes senti abandonné dès le départ par la LCR qui au lieu de participer à la construction et d'influer sur ses choix a préféré critiqué de l'extérieur, puis à l'arrivé par le PCF qui n'a jamais vu dans cette initiative qu'une façon de se ressourcer en se faisant passer pour plus rassembleur qu'il ne l'était.

Ce n'est pas parce qu'au final Besancenot a fait 4% qu'il a eu raison. Objectivement sa candidature n'a servi à rien.

teddy

Écrit par : teddy | 17/06/2009

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