Avertir le modérateur

11/06/2009

Le NPA tourne la page

En 2007, en plein vote utile à gauche pour Royal, Besancenot avait recueilli 1.498.581 voix. En 2009, les listes du NPA comptabilisent au total 840.713 voix. Perte : 657.868 voix. Tendance inversée pour le PC, associé au Parti de gauche en 2009. En 2007, 707.268 voix s’étaient portées sur le nom de Buffet ; 1.114.872 voix au total pour le Front de gauche en 2009. Gain : 407.604 voix. La direction du NPA n’en conclut pas moins qu’il s’agit, pour le nouveau parti, d’un résultat satisfaisant.

 

Il faut lire le texte introductif au comité exécutif du NPA du 11 juin tirant les premiers enseignements de ce scrutin. Par la moindre amorce d’une autocritique ; pas le moindre doute sur l’analyse qui nous a conduit à faire cavalier seul. Première cause de l’abstention massive des jeunes et des « couches populaires », ceux qui étaient sensés voter pour nos listes : « une inversion de la courbe ascendante de la mobilisation dont les directions syndicales portent l’essentiel de la responsabilité ». Et voilà pourquoi notre électorat est muet !

 

Mais alors que l’abstention a touché peu ou prou tous les partis, et donc le Front de gauche, pourquoi celui-ci a-t-il réussi néanmoins à gagner quelque 400.000 voix ? « Plus structuré, plus âgé, l’électorat du PCF s’est massivement mobilisé pour le scrutin et a, beaucoup moins que nous, été frappé par l’abstention. » Explication par la sociologie de l’électorat du PC, mais rien sur le caractère politique de cette mobilisation. On passe allègrement sur la concurrence entre les deux formations. Concurrence que nous avons souhaitée, tellement sûrs que nous allions l’emporter sur ces partis compromis dans des gestions social-libérales, toujours prêts à « trahir » à la moindre occasion.

 

J’allais presque oublier « l’événement de cette campagne » : « La poussée verte, forte en France, mais également présente dans d’autres pays de l’Union. » Pourquoi le NPA, qui devait être aussi le nouveau parti d’une écologie radicale, anticapitaliste, n’a-t-il pas profité de « l’émergence de l’écologie comme une des questions fondamentales du XXI siècle » ? Un complot de plus s’est ourdi contre les « vrais écologistes » : « une véritable entourloupe […] C’est le courant le plus libéral, le plus investi dans les institutions européennes, qui capte cette préoccupation en jouant sur une fausse radicalité mais en défendant un aménagement écologique du capitalisme. »

 

Conclusion du rapport : « un gros travail est devant nous de développement d’un mouvement social contre le gouvernement et le patronat, de construction d’une alternative anticapitaliste à la crise et de consolidation et de construction du NPA. » Bref, passons au reste de l’ordre du jour !

Commentaires

Il paraît que le front de gauche n'est pas un ennemi, mais par contre lorsqu'il s'agit d'analyser la défaite, soit c'est leur faute parce que picquet a abuser du signe NPA, soit de toute façon, le front de gauche n'est pas si génial que ça...

Ca se mord la queue juste pour ne pas assumer la bêtise du sectarisme. Le Front de gauche et le NPA n'ont pas eu le même électorat. Le PCF est un parti de vieux, et le NPA un parti de jeunes, en gros. Sauf que, dis donc, les deux ensemble, ça ferait un parti de tout le monde, alors ! Mais pourquoi n'y a-t-on pas penser plus tôt ?

Non, mais c'est vrai qu'on ne va pas demander aux staliniens et aux trotskystes de s'embrasser du jour au lendemain comme si de rien n'était. Mais bon, ça fait un bail que Trostky s'est fait troué par Ramon, et ça fait un bail que le mur est tombé. Prenons la pelle et la pioche et enterrons toute ces histoires.

Maintenant, la question est "veut-on changer les choses par les urnes ?" Les trotskystes ont coutume de ne pas y croire. Mais peut-être qu'il faudrait essayer. S'il y a un gros travail devant nous, c'est celui de construire une majorité anticapitaliste durable. Et pour ça, il faut savoir faire des compromis, des concessions, des efforts en somme.

Écrit par : teddy | 11/06/2009

Le résultat de ces élections montre aussi que si elle avait été unie, « l’autre gauche » (FdG + NPA + LO) aurait changé le paysage politique de l’élection. Nous aurions obtenu 12 élus au lieu de 5 pour le Front de Gauche et 0 pour le NPA et LO. Nous aurions privé le FN de son siège dans l’Est, battu Le Pen dans le Sud-Est et Hortefeux dans le Centre. Nous aurions produit un bouleversement politique majeur. Cela n'en valait-il pas la peine ?....

Michel

Écrit par : Michel | 12/06/2009

Salut les potes ! pour moi, le seul vainqueur de ces élections, c'est l'abstention. D'ailleurs cela ne concerne pas uniquement la France ! le parlement européen ne sera donc pas légitime en regard aux résultats électoraux ! donc qui a une base populaire ou pas ?!!! deux versions se font jour parmi les anticapitalistes = ceux qui pensent que justement c'est une victoire populaire car c'est le prolongement du non au traité de Lisbonne et au référendum; et ceux qui s'inquiètent plutôt des replis nationalistes et des montées des forces fascisantes en Europe, freinées en Italie et en France par la propagande raciste de Berlusconi et Sarkozy avec des actes à la clef ! Sur la campagne, oui le NPA a été la cible de tous ceux qui avaient peur de l'émergence d'une grande force à gauche du PC, et le gros coup médiatique a été sur France 2 avec Pujadas le faux ouvrier socialiste s'en prenant à Besancenot ! Moi ,j'ai été à Rouen et pour la première fois depuis longtemps, j'ai ressenti de l'émotion jusqu'à avoir des larmes ! et là je me suis dit = tu as fait le bon choix; cela n'enlève pas mes critiques sur le fait que je ressente encore souvent des ex-militants(tes) LCR en avant garde rouge possédant la vérité ! mais justement les vieux comme moi peuvent apportés d'autres pratiques plus ouvertes. Ceci dit, le coup de Piquet m'est resté à la gorge ! et j'ai eu de l'amertume à constater que les alternatifs et la Fédération avaient encore le cul entre deux chaises. Moi je pense qu'il faut s'atteler maintenant à la constitution de comités de mobilisation unitaire sur les urgences sociales et AUSSI sur un porjet unitaire politique = les Régionales peuvent être une occasion de mettre l'accent sur le lien entre le politique et l'économique et donc de la propriété locale etc ...
Alain Faradji m'affirme que le PCF et Mélanchon veulent se présenter seuls au 1er tour puis faire alliance avec le PS au deuxième, mais que son courant acceptera que si le PS accepte qu'ils ne soient pas dans l'éxécutif. Bon ! je n'y crois pas mais pourquoi pas ! discutons-en et voyons les faits. Je crois que la base d'une réelle force pour un front durable, c'est avant tout l'alliance PCF et NPA = pour cela, le NPA a besoin de soutiens politiques; là encore, nous verrons bien où se déplace le curseur !

Écrit par : LE BRIS RENE | 12/06/2009

« Le NPA a été la cible de tous ceux qui avaient peur de l'émergence d'une grande force à gauche du PC » (René Le Bris)

Le NPA, via Besancenot, a bénéficié durant des mois, voire deux années (depuis le score de Besancenot en 2007) d’une couverture médiatique disproportionnée et peu critique. Dans le même temps, mais en fait depuis des années, les mêmes médias ne cessaient de gloser et de glousser sur le déclin du PC. C’est à contre-courant que le PC, grâce en grande partie à l’apport de Mélenchon, a rétabli une certaine parité. Alors soyons clairvoyant. Notre score est le prix de notre arrogance et au-delà celui d’une accumulation d’erreur : nous pronostiquions une « explosion sociale », elle n’a pas eu lieu. Mais elle ne pouvait pas avoir lieu. Non parce que les confédérations syndicales lui ont fait obstacle, mais parce que les conditions n’étaient pas réunies pour qu’elle est lieu ; secondairement, nous avons abandonné (mais l’avons-nous réellement envisagé ?) notre projet de rassemblement anticapitaliste large qui était celui du NPA à l’origine pour une politique de rupture avec tous ceux qui ne marchent pas dans notre hypothèse. Cette double erreur nous allons la payer cher. Non seulement parce que nous allons être marginalisé, mais parce que la conjoncture de « virage à droite », qui s’inscrit en réalité dans une période longue de replis des luttes sociales, va continuer à faire ses ravages.

Écrit par : Gilles | 12/06/2009

C`est vrai qu`avec 12% ,nous aurions plus de deputes anticapitalistes.De toute facon , nous sommes oubliges de nous unir pour contrer la politique anti liberale de Sarko .Si nous sommes capables de nous entendre,plus la social democratie reculera.Pour cela il faut se battre par la rue mais aussi par les elections , aller au pouvoir pour imposer la defense des services publics, pour s`opposer aux liscenciments .Si nous ne sommes pas elus ,tout ce que nous proposons ne sera jamais pris en compte.Alors faisons un effort pour elargir cette base anti capitaliste sans imposer de dictats.

Écrit par : daniel93 | 12/06/2009

Bon, là, c'est de la mauvaise foi en barres livrée par paquets de douze. Prendre les résultats de 2 élections n'ayant rien à voir l'une avec l'autre - mode de scrutin, intérêt de la population au vu des enjeux - pour démontrer par l'absurde que la direction - méchante - du NPA elle fait que des choix pas biens et que le sectarisme c'est vilain, ce n'est même pas de l'argumentation, c'est utiliser tous les moyens, y compris les plus spécieux, pour privilégier un point de vue qui n'est que de la science-fiction. On AURAIT, nous AURIONS, que des projections basées sur que dalle, mais tout est bon pour cracher sur le NPA. De Marianne au Figaro en passant par les renégats blottis autour de Picquet, toujours le même discours, et je suis très satisfait pour ma part que le CPN ne se laisse pas influencer par ce genre de paralogismes. Non mais.

Écrit par : CSP | 13/06/2009

Si je compare 2007 et 2009, c’est pour montrer, preuves à l’appui, deux tendances. Celle du tassement, voire du recul de « l’effet Besancenot », et de la « résurrection » relative de l’électorat PC en 2009, un peu contre toute attente, dont la nôtre. Si je ne compare pas aux dernières européennes, c’est que les deux contextes n’ont rien à voir. Depuis dernières européennes, il y a eu la victoire du « non » et le CPE, le « souk » de la candidature commune de 2007 et Besancenot qui reste à flot à la présidentielle (dans un contexte fort de vote utile pour Royal) alors que tous les autres s’effondrent (Bové, Buffet, Laguiller), la création du NPA et la crise. Le NPA est alors dans une phase ascendante ; tout le contraire pour le PC. C’est la bonne mesure pour juger de là où nous en sommes.
Je précise que je n’ai rien à voir avec Picquet, et que les médias, contrairement à ce que vous dites, nous ont servi la soupe pendant des années, tant que Besancenot était « bankable ». N'oubliez pas que Le Figaro avait fait, il y a peu, de Besancenot le "premier opposant" à Sarkozy et a publié le programme du NPA. Et que la télé montrait Besancenot devant les entreprises à la moindre occasion.

Écrit par : Gilles | 13/06/2009

à CSP : prétendre et ne pas voir que les électeurs de Besancenot en 2007 et ceux qui ont voté pour les listes NPA en 2009 ne sont pas les même, c'est avoir de la m..... dans les yeux !.... De même, ne pas admettre qu'entre 2004 et 2009 la popularité de Besancenot a outrageusement décuplé et inversement, celle de M-G Buffet, a considérablement chuté, cela relève de la même myopie. Ce qui ne donne que plus de poids à la démarche Front de Gauche, n'en déplaise à CSP ! Oui, c'est vrai que le Front de Gauche à certainement participé au déclin de la petite star.... Sans cela les listes PCF auraient certainement frisé les 1 à 2 %, et les listes NPA les 10 %. Mais quelle est la bonne démarche ? Celle qui tente de rassembler toute la gauche anticapitaliste, ou celle qui veut montrer qu'elle a des muscles et qu'elle peut battre tout le monde tout seul ?
Nous nous inscrivons dans la seule démarche politiquement viable : celle de l'unité. Nous avons raté la première marche, on ne va pas revenir là-dessus. Mais faisons en sorte de ne pas louper la seconde.... tout reste possible si on en croit les déclarations des uns et des autres. Le Front de Gauche va perdurer, contrairement à ce que vous aviez annoncé. Et on espère qu'il va s'élargir avec vous.

Écrit par : Michel | 13/06/2009

Ridicule cet article ! Il faut comparer ce qui est comparable, c'est à dire les élections européennes de 2009 et celles de 2004 ; et dans ce cas, l'échec n'est pas là où certains veulent le voir ; en effet, "les faits sont têtus" :
2004 : PCF seul : 5,9% ( 1 009 976 voix)
2009 : PCF+PG+GU : 6,05% (1 041 755 voix),

2004 : LCR+LO : 2,56% (440 134 voix)
2009 : NPA seul : 4,98% (840 713 voix) + LO : 1,2% (209 997 voix)

Écrit par : TERY | 13/06/2009

Pas si ridicule que ça. Car même en faisant la comparaison avec 2004 (mais vous devriez prendre aussi d'autres élections européennes, celle de 1999 alors), on ne peut qu'en conclure à l'échec des "révolutionnaires" face aux "sociaux-traites" du PC, car, n'oublions pas que le projet du NPA c'est bien de devenir le pôle de référence à la gauche du PS. Or, à part affaiblir LO, qu'avons nous prouvé. Rien, sinon que nous sommes condamnés à la marginalité si nous continuons à nous y prendre ainsi.

Écrit par : Gilles | 13/06/2009

26 282 225 abstentionistes.

Écrit par : Alain Albert | 13/06/2009

On pourrait parler longuement des abstentionnistes... Mais posez-vous donc la question de savoir ce qui peut décider un salarié qui a du mal à s'en sortir avec une paye de misère, un chômeur qui ne trouve pas de boulot, un fonctionnaire qui voit son entreprise se privatiser, et un jeune qui n'a aucun avenir en vue, à aller voter ?...

Certainement pas le lamentable spectacle qui a commencé aux Présidentielles de 2007, et qui perdure actuellement avec cette pantalonade. La LCR, puis le NPA a misé sur l'effondrement du PCF qui, isolé, avait effectivement peu de chances de survivre. Mais on ne construit pas un mouvement sur des ruines... Le 29 mai 2005 a été une date importante dans le construction d'une opposition de gauche au Parti Socialiste. Dommage que Mélenchon et quelques autres n'aient pas saisi l'opportunité à ce moment-là. Dommage aussi que la LCR ait préféré mettre en avant sa vedette, ce qui l'a effectivement placée en n° 1 au sein de la gauche radicale. Mais organisationnellement, ça ne suit pas... L'implantation ouvrière n'est pas à la hauteur des ambitions. Le PCF est toujours aux commandes, via la CGT....

Nous avons aujourd'hui la chance historique de mettre en commun un programme anticapitaliste cohérent, la popularité d'un porte parole jamais atteinte jusque là, en ce qui concerne le NPA, et côté PCF, un tissus social toujours existant, une infrastructure toujours performante, et un électorat stable et mobilisable.

Pour parler du PCF, à présent : il existe bien deux types de fédérations. Les historiques (staliniennes, social-traîtres, archaïques,...), et celles qui ont su se rénover et jouent à fond la carte du Front de Gauche. Les résultats sont édifiants dans notre circonscription (Nord-Ouest) : la Manche, avec un PC rénové et dynamique, + 66 %, le Calvados, + 45 %, l'Orne + 36 % etc... De l'autre côté, les vieux bastions PCF qui ont fait élire Hénin en 2004 : la Somme - 21 %, le Pas de Calais - 18 %, le Nord - 9 % (la crise est passée par là !...)

La démonstration est claire pour ceux qui, au PC, n'auraient pas encore compris.

Imaginons à présent ce qu'aurait pu faire un front unitaire avec le NPA et tous les satellites (Fédération, alternatifs, LO, etc...) qui auraient suivi. Aux régionales, nous avons une formidable machine de guerre pour passer devant le PS, et les Verts. Car ne nous faisons pas d'illusions sur le score des Verts. C'est un vote défouloir, à la fois pour les électeurs du PS déroutés par les querelles de leurs directions et la crise de la social-démocratie, et pour ceux du Modem suite à la bourde de Bayrou. Et j'ajouterai également pour certains électeurs de la gauche radicale déçus par notre division et le manque de prise en compte des problèmes écologiques.

Des négociations vont s'ouvrir entre nos organisations. Rien n'est rédhibitoire. Pour peu que nous puissions conserver les Régions sans perdre notre âme....

Écrit par : Michel | 14/06/2009

Bravo Michel ! Voilà une analyse un peu plus fine que tout ce que l’on nous a servi jusqu’ici. J’ajouterai, au vue des dernières déclarations de Mélenchon (en substance, si nous allons unis aux régionales, puis à la présidentielle, nous pouvons passer devant le PS et pourquoi pas battre Sarkozy), que pour ma part je ne me situe pas dans cette perspective d’une union des gauches, plus à gauche, ce qui est à la fois hors de portée et qui, nécessairement, reviendra à accepter des compromis inacceptables avec l’aile libérale de la gauche, les Verts et le centre. En fait, nous devons nous éloigner de cette perspective, totalement soumise aux lois des institutions de la Ve république. En quoi un Mélenchon président – répétons le impossible – changerait quelque chose ? Peut-être qu’au Venezuela ou en Bolivie, n’y a-t-il pas d’autres moyens, mais en France, c’est bien le mode de représentation, le problème même de la souveraineté, qui sont en question. Or, tous les partis de la gauche, le NPA y compris (même si dans son programme il est question de changer les institutions) inscrivent leur combat politique dans ce moule. Les partis eux-mêmes fonctionnent sur ce modèle avec un (ou plusieurs) leader et un « parlement ». Nous ne voulons plus de cela. Et bon nombre d’abstentionnistes ne souhaitent plus participer à cette démocratie confisquée par des appareils, petits ou grands. Tant que nous ne modifions pas ce rapport de soumission, cela laissera la place à ce qui, comme Royal ou Bayrou, entendent contourner les partis mais en accentuant d’autant plus le caractère plébiscitaire des institutions. Nous ne voulons, ni l’un, ni l’autre. Et c’est pourquoi également dans nos partis, la démocratie doit fonctionner autrement.

Écrit par : Gilles | 14/06/2009

Les présidentielles, ce n'est vraiment pas notre tasse de thé ! Pour les raisons que tu expliques (il faut ratisser large, faire des concessions sur les programmes, des alliances contre nature, etc...). Mais il faut reconnaître que c'est Krivine qui a commencé !.... Pour d'autres raisons, bien sûr. Si on veut laisser Mélenchon s'amuser avec cela, pourquoi pas ?... Mais le vrai travail est ailleurs. Il est exact que dans cette démocratie les dés sont pipés. Tous les pouvoirs sont concentrés sous les lambris des différentes Assemblées, et (de plus en plus) entre les mains de l'éxécutif présidentiel. Les régions, les municipalités sont des zones de contre pouvoir, limitées par le carcan de l'état centralisé, certes, mais un excellent tremplin pour des ambitions plus nationales .

Mais rien dans les entreprises. Rien dans les grands corps de l'Etat. Rien dans le monde associatif, où semble-t-il le politique a du mal à entrer. Ne faudrait-il pas commencer par se pencher sérieusement sur le problème de la désyndicalisation dans les entreprises et les services publics ? Des mots d'ordre comme "redistribution des richesses" ou "contrôle ouvrier" sur les licenciements, les salaires des patrons, les délocalisations, seraient en cette période très compréhensibles et mobilisateurs. Le monde paysan a su se mobiliser avec efficacité sur la question des "marges". Pourquoi le monde ouvrier ne se battrait-il pas pour réduire l'échelle des salaires ?

Donner des leçons aux syndicats sur les formes d'action est contre-productif sous cette forme (de l'extérieur). Par contre, avancer des objectifs clairs : l'idée d'un plafond maximum pour les salaires des patrons, la redistribution plus juste des richesses produites, sont des idées très populaires.

Écrit par : Michel | 14/06/2009

A LA RECHERCHE DE LA GAUCHE PERDU

Le lendemain des élections européennes le NPA découvre que « Cette Europe est illégitime » (hebdomadaire Tout est à nous).
Si cette Europe es illégitime (ce qui est une évidence), pourquoi le NPA a contribué- a contresens des majorités populaires- a la légitimer en participant au scrutin au lieu de dénoncer le piége tendu par le pouvoir en place?
Sans s’émouvoir du piètre résultat, 890.000 voix, le 5% des votants, c’est `s dire le 2% de l’électorat potentiel, les « analystes » du NPA affirment que c’est un « score encourageant ».
Pire encore, ils font semblant d’ignorer, quand il parlent d’un meilleur score dans les quartiers populaires que dans ces quartiers la participation au vote a été de l’ordre du 30 % . Ce qui fait pour un « bon » score du 7% le 2,1% de l’électorat potentiel des quartiers populaires.

Autrement dit, en pleine crise parsemée de conflits sociaux, (le moment d’illumination dont parlait Gramsci, propice au développement de la conscience de classe) les classes populaires n’ont pas entendu le discours revendicatif du NPA et lui ont tourné le dos.

Il semble évident que il faudrait se poser très sérieusement des questions et ne pas rester dans l’autosatisfaction, même modérée, au vu des résultats.

Au lieu d’ouvrir franchement le débat dans les pages de Tout est à nous, publication que requiert un effort considérable, dans le numéro du 11 juin les deux pages centrales sont gaspillées avec une grande carte de la France pour essayer de montrer qu’après tout, pour le NPA le résultat électoral n’a pas été aussi mal que ça.
Il ne s’agit pas non plus de prendre la calculette pour savoir quel pourcentage donne l’addition des voix d’une gauche totalement hétérogène et déboussolée.

Dans ce même numéro de Tout est à nous (en fait rien n’est à nous, il faut encore briser les chaînes et tout conquérir) l’article sur l’Iran et son illustration m´ont particulièrement agacé, mettant en question la politique nucléaire de ce pays (comme le font les grandes puissances) et avec un démocratisme très européen. Comme la Maison Blanche et l’Union Européenne, le NPA est « très préoccupé » pour la démocratie en Iran. Il faut reconnaître que 80% de participation et 62% des voix pour Ahmadinejad laisse peu de marge aux donneurs de leçons « démocratiques ». Le NPA semble ignorer que l’Iran est un rempart contre l’impérialisme et son laquais Israël en Proche Orient.

Donc, il faut se poser pas mal de questions.

Pourquoi les classes populaires, malgré la crise, n’ont pas entendu le discours de le NPA (et de l’ainsi nommé « gauche de la gauche ». en général)?
L’appellation « gauche de la gauche » n’a pas de sens parce que à la droite de celle-ci il n’y a pas de gauche : le PS est idéologiquement et sociologiquement conservateur et de toutes façons dans le système il n’y a plus de place pour le social réformisme. L’alternative est le socialisme ou la barbarie.
Le PC continue sa lente agonie malgré sa légère reprise (merci Melenchon), depuis que Mitterrand l’a piégé dans l’Union de la Gauche et l’a rendu (apparemment à jamais) assujetti au PS.

Est-ce que le programme de le NPA est un véritable programme de dépassement du capitalisme dans une perspective socialiste ou est un cumul hétérogène de revendications (en général justes) résultat d’une compromission idéologique ambiguë qu’on qualifie d’écosocialisme ?
Les problèmes environnementaux sont, dans l’essentiel, le fait du capitalisme, productiviste et promoteur du consumérisme, pas par volonté délibérée de nuisance des maîtres du pouvoir sinon parce que la reproduction élargie est une condition sine qua non de survie du capitalisme. La solution n’est pas de renoncer au progrès technologique et scientifique et de retourner à la vie pastorale mais de supprimer le capitalisme et de mettre l’économie au service des véritables besoins matériels et spirituels de l’humanité et de sa réalisation en tant qu’êtres humains.
L’écologisme est un véritable pot-pourri idéologique dans lequel trouvent leur place des gens honnêtes et plutôt de gauche et des gens comme Cohn- Bendit, un libéral sans scrupules et sans principes. La réussite d’Europe Ecologie, on peut l’attribuer à la désinvolture médiatique de son meneur Cohn-Bendit et à la dégringolade du PS et du Modem. En tout cas c’est une preuve de plus de la profonde crise de la pensée politique qui frappe la France.

Sur ces bases programmatiques et idéologiques tellement faibles le NPA risque de rester une sorte de « supersyndicat », qui raconte et fait l’inventaire des dégâts quotidiens du système et essaye de promouvoir les luttes revendicatives. Mais qui est incapable, à partir de ces revendications spécifiques, de comprendre et d’expliquer la nature du capitalisme et de l´ exploitation capitaliste (dont les victimes ne sont pas seulement les travailleurs manuels mais aussi les travailleurs intellectuels), et que la suppression du capitalisme est une nécessité qu’il faut mettre à l’ordre du jour. Et de faire cela dans un échange permanent et dialectique avec les classes populaires. Il ne suffit pas, par exemple, de dire que les « riches doivent payer les crises » mais il faut dire qu’il faut supprimer les crises de l’unique manière possible : en supprimant le capitalisme.

Malgré ses efforts, le NPA n’arrive même pas à développer l’articulation solidaire des luttes entre différentes entreprises en conflit et à développer la solidarité de l’ensemble de la classe ouvrière avec ces luttes.
Face à la virtuelle paralysie et démission des directions syndicales qui programment des marches à répétition chaque fois plus désertées, le NPA propose de transposer en France les expériences vécues dans un contexte totalement différente (Guadeloupe, Martinique : faisons comme eux !) et n’arrive pas a proposer des formes originales et plus percutantes de protestation sociale adaptées à la réalité française.

Il faut donc faire une étude approfondie de la réalité économique, sociologique, politique et culturelle de la société française, c'est-à-dire bien connaître la réalité qu’on prétend transformer et tenir compte du fait que, bien qu’il y ait objectivement des classes antagonistes il y a une idéologie et une culture hégémoniques, individualiste et du chacun pour soi, celle des classes dominantes, qui oriente la pensée pas seulement des possédants mais aussi de la grande majorité des salariés.

Pour surmonter cet état de choses il n’est pas suffisant d’expliquer et expliquer encore mas il est nécessaire que les classes populaires participent pleinement et fassent leur propre expérience du système, dans la pratique et pourvus des instruments conceptuels d’interprétation des faits pour arriver a comprendre le système dans son intégralité.

Par exemple, quand les travailleurs séquestrent les patrons, est-ce une démonstration de radicalisation ou au contraire la preuve de ce qu’ils ressentent le besoin de compter, de gré ou par force,sur les patrons ?
Quand une entreprise risque de fermer ou de délocaliser, ne serait-ce pas une expérience positive, non de séquestrer les patrons mais de les mettre à la porte et de continuer à travailler de façon autogestionnaire ? Ce n’est pas la solution (il n’y pas de solution dans le cadre du capitalisme) mais c’est une expérience dans le bon sens.
Giscard D’Estaing l’a bien compris quand il était terrifié par l’idée de que l’expérience autogestionnaire de Lipp puisse se propager.

Quand je parle d’instruments conceptuels je pense à ceux qui montrent tous les jours leur indiscutable efficacité et pertinence : l’analyse marxiste de la société capitaliste et la méthode employée pour cette analyse.

Pour s’approprier cette analyse et cette méthode il faut beaucoup étudier, remuer sans cesse les méninges, s’interroger et se mettre en question tout le temps et être toujours attentif à la réalité des faits et à l’état d’esprit des classes exploitées. Et bien entendu, refuser systématiquement toute autosatisfaction.--------------------------------------------------

Alejandro Teitelbaum
Avocat, Argentine
Diplômé en relations économiques internationales (IEDES, Université de Paris I)
Membre du Parti Communiste d’Argentine de 1947 à 1967
Membre du parti Communiste Révolutionnaire d’Argentine de 1967 à 1970
Avocat conseil de syndicats de travailleurs et avocat défenseur de prisonniers politiques et syndicales en Argentine.
Membre du Parti Socialiste Français de 1980 à 1982
Représentant d’ ONGs auprès des organismes de Nations Unies à Genève de 1986 à 2006.
Fiscal du Tribunal international des peuples sur la dette au Forum Social Mondial de Porto Alegre (2002).
Auteur de documents et des livres sur l’environnement, le droit au développement, la dette, les sociétés transnationales, etc.

14 juin 2009

Écrit par : TEITELBAUM | 14/06/2009

@ René Le Bris

Juste quelques mots puisque tu me cites.

Tu écrivais dans notre échange de mails: "pour ma part, je vais intervenir au sein du NPA lancer un appel pour UN FRONT DE GAUCHE DURABLE SANS ILLUSIONS ! pour les Régionales ! La gauche unitaire sera-t-elle partante ?"

et je répondai:

"Pour les régionales nous sommes pour des listes du front de gauche élargies à d'autres forces de la gauche antilibérales et anticapitaliste (dont le NPA). Cela vaut pour le premier tour. Au deuxième nous pensons qu'il faut fusionner ces listes avec celles du PS dans l'unique objectif d'empêcher la droite de prendre des régions. Cela n'est évidement valable que si la liste de gauche fusionnée est strictement une liste de gauche c'est à dire sans le Modem. Cet engagement commun au deuxième tour ne signifie pas pour nous un quelconque accord de gestion commune avec les socio-libéraux dans le cadre des exécutifs régionaux. C'est effectivement la barrière que nous nous fixons. Nous ne participons pas à des exécutifs avec le PS sur la base de son programme ou d'un programme dans lesquels les éléments essentiels d'une rupture avec la logique capitaliste ne seraient pas présents.

Au vu des résultats de dimanche, je pense que nous avons fait le bon choix en quittant le NPA. Nous avons franchi avec succès la première marche du front durable que nous appelons de nos vœux. NOUS AVONS AGIT POUR LE FRONT DURABLE et pas simplement PARLE de sa nécessité. Pour l'instant l'ensemble des composantes du Front de Gauche souhaitent poursuivre l'aventure commune. Je ne sais pas si nous y arriverons au final mais ce que je sais c'est que la direction du NPA fera tout pour empêcher que l'unité de la gauche de gauche se réalise. Alors la bataille unitaire oui mais sans illusions sur la direction du NPA."

fin de citation

Je ne fais donc pas de pronostic sur les décisions finales des partenaires du Front de Gauche. Par contre en dépit de l'agitation des dernier jours, je crois bien que la direction du NPA me donne raison.

Elle suit à la lettre les recommandations pour une manœuvre tactique que préconisait Samy Johsua le 8 juin dans un courrier interne à la direction du NPA dans le but de ne plus payer le prix de la division (voir plus bas)

Salut et fraternité

Alain Faradji

extrait du passage qui nous intéresse:

"La question de l’unité
Une alliance FG/Npa aurait-elle permis de donner un élan électoral comparable à la gauche du PS que celui d’Europe écologie ? On peut en douter au vu de la démobilisation populaire, et (certes l’argument est à manier avec précaution) du quasi échec de Die Linke en Allemagne. De plus, dans un accord de ce type, les additions arithmétiques sont rarement vérifiées. Mais il est vrai qu’il est impossible de juger de la portée d’une hypothèse qui ne s’est pas réalisée, et on peut supposer que la discussion interne au npa avec les camarades qui ont défendu cette option ne pourra pas facilement être tranchée. Mais il paraît clair que si on l’avait choisie, nous aurions aujourd’hui le plus grand mal à refuser de suivre le mouvement qui va s’engager dans l’ensemble de la gauche. Il reste que le FG a réussi dès le début à imposer sa vision « de l’unité », du moins dans les milieux militants. Il y a à cela plusieurs raisons. La première est que notre propre proposition est venue très tard, après plusieurs mois laissés au FG. La seconde est que nous avons certainement sous-estimé la nécessité des efforts à faire pour expliquer plus ce que nous pensions. Mais je pense qu’il faut aller plus avant. La volonté unitaire dans un environnement que tout le monde sait difficile est logique, salutaire. L’idée que l’on pouvait le temps d’une élection mettre de côté ce qui séparait (la relation avec le PS) avait sa propre force loin d’être indéfendable (elle a été d’ailleurs défendue dans nos propres rangs). Le problème est que cette volonté unitaire se mélange en permanence avec celle de faire passer une ligne particulière sous ce drapeau - celle du PC et du PG - une nouvelle union avec le PS « rééquilibrée » sur la gauche. Nous sommes en position de faiblesse quand nous n’arrivons pas à faire apparaître ce drapeau, et en position de force quand nous y parvenons, comme nous l’avons fait aux municipales. Sur ce genre de question, il faut parler tôt et clair. Je propose que notre prochain cpn lance un appel explicite à la poursuite de notre proposition d’accord durable dans les luttes comme aux régionales, avec des listes indépendantes du PS, sans participation aux exécutifs, contribuant à la défaite de la droite avec des fusions « techniques » aux seconds tours. Il faut le faire sans attendre, d’autant que l’état de crise de la gauche en général va à tous les coups étendre la volonté « unitaire » bien au-delà de la gauche de la gauche. Ce ne sera pas une bataille facile, mais si on ne tarde pas, elle aura le mérite de la clarté : unité oui, mais indépendante du PS."

Écrit par : Alain Faradji | 03/07/2009

Il y a quelque chose de dérisoire dans les « manœuvres tactiques » de Joshua. Comme si la question unitaire n’était que tactique. Elle peut l’être, certes. Mais alors on tombe dans le vieux cas de figure qui était celui finalement du Front unique. « Nous », c’est-à-dire les révolutionnaires avons raison sur tout, mais la majorité des salariés ne nous suivent pas, alors utilisons l’unité pour « plumer la volaille réformiste, centriste », etc. Finalement ça n’a jamais marché mais surtout cela maintient dans le mouvement ouvrier, la gauche si l’on veut, l’idée qu’il y a les « bons », les révolutionnaires, et les autres, les réformistes, les « centristes » (ceux qui hésitent entre révolution et réforme), ceux qui finissent toujours pas trahir. Bref cette « tactique » perpétue un climat malsain où personne ne se fait confiance.
Il y a une deuxième façon d’aborder l’unité. Ce n’est plus une question tactique mais stratégique. On reconnait que le mouvement est multiple, divisé, hétérogène, que toutes les hypothèses sont recevables. Et que surtout aucune mesure anticapitaliste ne sera en mesure de réussir si elle n’a pas l’assentiment de la majorité. C’est le concept d’hégémonie, qui pour ma part est différent que celui de front unique. Cette perspective là travaille à faire coexister dans le même mouvement des options différentes voire divergentes. Elle implique un débat loyal et un état d’esprit d’ouverture. Dans le NPA, on n’accepte déjà pas qu’il puisse y avoir des divergences. D’autant plus alors avec d’autres courants. Tant que le NPA restera sur cette position, aucun « front durable » ne sera possible.

Écrit par : Gilles | 03/07/2009

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu