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26/05/2009

Politique fiction

Si les sondages se vérifient, Bayrou tirera donc au soir du 7 juin, une fois de plus, les marrons du feu, se positionnant comme l’homme clé de la présidentielle de 2012. L’Europe, il est vrai, tout le monde s’en fiche un peu. A l’issue de ce scrutin, elle restera bien ancrée à droite, dans le sens du tout libéral.  Ceci précisé pour tous ceux qui s’imaginaient qu’une crise pouvait suffire à bousculer des rapports de force bien ancrés à droite dans toute l’Europe et à déstabiliser des pouvoirs solidement installés.

 

Mais là où il faut se chatouiller un peu pour se dire que l’on n’a pas rêvé, c’est que les listes du MODEM ne sont créditées finalement que d’un petit 14 %, soit un chiffre égal ou inférieur au total de la « gauche de gauche ». Ainsi, s’il y avait eu des listes unitaires à la gauche du PS, elles auraient très bien pu disputer la 3e place au Modem, et largement suclasser les Verts.

 

Au soir du scrutin on n’aurait parlé que de ça. Et les jours suivant aussi. Bien sûr un tel résultat aurait renforcé le camp de ceux qui pensent qu’une gauche unie pourrait battre Sarkozy en 2012, à condition que la « gauche de gauche » lâche un peu de lest. Bien sûr, le NPA aurait eu raison de refuser toute alliance qui n’aille pas dans le sens d’une rupture franche avec le capitalisme. Mais le PS aurait été alors placé devant un choix cornélien : ou l’alliance à droite, ou l’alliance à gauche.

 

Au lien de quoi, demain, dans un an ou trois ans, le NPA continuera à agiter son hochet d’une grève générale impossible ; le Front de gauche mendiera à un PS ségolinisé à moins qu’il ne soit strausskanisé ou hollandisé, quelques strapontins aux régionales et aux législatives ; et l’électorat reconduira majoritairement Sarkozy à la magistrature suprême. Mais bien sûr, il ne s’agit là que de politique fiction mais sommes nous si loin de la réalité ?

Commentaires

Je suis entièrement d'accord avec toi sur l'occasion manquée, moins sur ton analyse de la suite.

S'il y'avait eu l'alliance NPA - Front de Gauche, le paysage politique aurait été radicalement différent. Nous venons de passer - encore une fois - à côté d'une occasion historique.

Je garde néanmoins un espoir. Cette occasion a été une nouvelle fois manqué, mais ce ne sera pas forcément pour autant la dernière. L'idée d'une union de la gauche anticapitaliste (je préfère personnellement ce terme à "gauche de la gauche") se repose à chaque élection. Elle se reposera aux régionales.

Le PCF sera en 2010 devant un choix difficile. Une partie de ses cadres voudront sans doute une alliance avec le PS. Mais une partie des militants de bases voudront sans doute poursuivre le Front de Gauche. Dans tous les meeting auquel je participe, il revient toujours l'idée que ce ne doit pas être un "coup électoral", mais bien la première pierre de la construction durable de l'union de la "gauche de la gauche."
Hors, le Front de Gauche n'est rien sans l'alliance PCF - PG. Et le PG s'est construit dans la rupture avec le PS. Le PG ne peut pas s'allier avec le PS sans perdre sa raison même d'exister et donc sa crédibilité.
Partant de là, en 2010, le PCF aura un choix à faire : continuer le Front de Gauche avec le PG, et partant de là, la question de l'unité avec le NPA sera posée, ou rompre le Front de Gauche et s'allier avec le PS.
Une partie des cadres choisiront l'alliance avec le PS, une partie de la base choisira de continuer le Front de Gauche. Qui l'emportera, je ne suis pas devin, et je doute que quiconque puisse l'être...

PS : Pour le PCF, la question n'est pas de "quelques strapontins". Président du Conseil Général du Val de Marne, ou vice-président aux affaires économique du conseil régional d'ile de france par exemple, ce n'est pas "quelques strapontins".
Je pense qu'entre un président communiste au Val de Marne (avec les voix du PS) et un président du Val de Marne UMP (à la majorité relative, en cas de désaccord PS - PCF), il ne s'agit pas que de strapontin, mais de la vie quotidienne des Val de Marnais.
Ca se réfléchit, comme choix. Même si je pense personnellement qu'on ne fait pas d'omelette sans casser d'oeufs, et qu'il faut parfois prendre des risques (perdre un département) si on veut un espoir de changer réellement les choses (que dans 10 ou 15 ans, un Front de gauche existe encore et soit en mesure de prendre non pas une, mais plusieurs régions, voir la majorité à l'assemblée nationale).

Écrit par : Pingouin094 | 29/05/2009

Je vais te surprendre. Je ne crois plus que l’on doit faire de cette question du PS un préalable et je m’expliquerai là-dessus dans le courant « Convergences et alternative » dans le NPA. Il faut comprendre que pour un parti (le PC, voir bientôt le PG) dont les élus dépendent d’une alliance avec le PS, on va y regarder à deux fois avant de rompre. Ce combat vise donc le long terme. Dans le court terme – et il y avait avec les Européennes une occasion – on peut nouer des alliances sans que cela oblige les deux parties. L’objectif étant bien le PS, c’est-à-dire sa gauche, ou celle qui se prétend comme ça. Avec une « gauche de gauche » unie à 14 ou 15 %, il est vraisemblable que le PS (disons à 19 ou 20 %) aurait eu en 2010 aux Régionales quelques problèmes pour imposer sa loi. Il n’en sera rien. C’est pourquoi je pense que l’orientation du NPA n’a pas aidé ceux qui au PC et dans le PG veulent s’émanciper de la tutelle du PS.
Mais je mène également un autre combat. Ce qu’il faut expurger du NPA c’est le « révolutionnarisme » et la quête perpétuelle d’une grève générale qui résoudrait tout. La combat anticapitaliste doit à la fois travailler à la mobilisation des salariés dans les luttes sociales, mais il doit aussi peser sur le terrain électoral.

Écrit par : Gilles | 29/05/2009

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