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18/05/2009

L’effet Besancenot s’essouffle

Même en temps de crise, dur, dur, d’être un « gauchiste ». Besancenot croyait que la crise « systémique » du capitalisme allait lui donner des ailes. Quand Mélenchon et Buffet lui proposèrent une alliance, il repoussa l’offre : Nous ne nous présentons pas aux Européennes pour faire un « coup », expliqua-t-il en substance, et puis, précisa-t-il, vous vous refusez à rompre durablement avec le PS. Ajouté à ça que vous persistez à croire au nucléaire et à une « rupture avec le capitalisme » par les urnes. Bref, le NPA choisit d’y aller seul, pour rassembler les anticapitalistes européens. Ça eut pu marcher, du moins sur le papier, mais l’explosion sociale attendue à l’horizon et qui aurait « boosté » le vote, ne vint pas.

 

Deux sondages illustrent l’erreur fatale de la direction du NPA. Le premier national (Le Parisien et Aujourd’hui en France) donne désormais le NPA à… 5 %, le Front de gauche (PC et Parti de gauche) à 4 % (les deux étant à égalité, 6% chacun dans un autre sondage pour Libération) et LO à 2 % : donc entre 11 % à 13 ou 14 % au total pour la « gauche de gauche ». Ce qui n’est guère brillant. Le second (Europe 1), qui concerne la région parisienne, est pire encore, surtout pour le NPA : 3 % pour la liste où Besancenot est le troisième candidat contre 5,5 % pour le Front de gauche. Ce qui est remarquable, pour cette circonscription, c’est que l’UMP culmine à 33 % et que la liste menée par Cohn-Bendit arrive en 3e position, dépassant le MODEM.

 

Les sondages ne sont pas l’élection, certes. Mais l’absence d’unité de la « gauche de gauche », alors que les programmes des uns et des autres se ressemblent étrangement, assorti à un mécontentement social sans débouché, a brisé l’élan anticapitaliste et antilibéral. Désormais, c’est toute la gauche, d’Aubry à Besancenot, qui courent à l’échec, tandis que Sarkozy, dont on peut douter de la popularité, va, contre toute attente, s’en tirer avec tous les honneurs. Impensable il y a un mois, mais prévisible.

 

La constitution au sein du NPA, ce weekend à Paris, d’un courant intitulé « Convergences et alternative » vient ainsi à point nommé. Rassemblant en partie ceux qui s’étaient au congrès de fondation du NPA retrouvés sur une proposition de listes unitaires pour les Européennes, mais désormais bien au-delà, tous ceux qui doutent désormais du bienfondé d’une orientation politique axée pour l’essentiel sur une prévision « d’explosion sociale » à court terme, ce courant a fait un premier bilan de l’état du parti.

 

Ce que certains subodoraient il ya déjà plusieurs mois s’avère exact. Après un départ sur les chapeaux de roue, le NPA marque le pas, se recentrant sur un noyau militant de quelque 6.000 à 7.000 membres, bien que nous ne disposions pas à l’heure actuelle de chiffres vérifiables. Surtout la campagne électorale mobilise peu. Enfin, le climat commence à se tendre entre ceux qui croyaient que tout était possible et ceux qui en doutaient. L’heure d’un premier bilan approche.

Commentaires

Vous écrivez: " de 11à 14% pour la gauche de la gauche, ce n'est guère brillant".

Certes par rapport à une dynamique unitaire de cette gauche de gauche, refusée tant par le NPA que le PCF, cela reste en deça des potentialités.

Mais je ne sais à quoi vous mesurez la "brillance" car par rapport aux 4% du NPA et 1,5% du PCF, soit 7% avec L.O., c'est le double ! combien seraient quand même heureux d'une telle progression qui traduit la politisation et la radicalisation de nombreux salariés en butte aux effets de la crise du système comme de la politique de Sarkozy, mais déçus par la léthargie du PS et du PCF.

Écrit par : migou | 19/05/2009

Il est vrai que si l’on compare aux dernières européennes, voire à la présidentielle de 2007, vous avez raison. Mais je raisonne autrement. D’abord, 2005, avec le « non » au TCE – où la « gauche de gauche » avait été la pointe du combat contre l’Europe libérale, – est passé par là. Qu’en reste-il ? Il y a ensuite la Crise. Son impact sur le vote devrait-être en faveur des anticapitalistes et des antilibéraux. C’est ce que croyaient le NPA et le Front de gauche. Quel impact a-t-elle cette crise dans le vote ? Enfin je compare le total « gauche de gauche » au total obtenu en 2002, là où cette gauche a fait aux alentours de 13 %. En conclusion je remarque que la « gauche de gauche » progresse peu et que c’est la conséquence à la fois de sa division et de son incapacité à présenter, face à la droite et à la « gauche » institutionnelle une alternative politique. Ni l’objectif d’une grève générale, qui est celui du NPA, ni celui d’une inflexion à gauche dans un Front de gauche très large allant du PS aux anticapitalistes, n’arrivent à prendre consistance. En ce sens, et bien que la droite ne fait que se maintenir, c’est un échec pour la gauche et par delà pour le mouvement social.

Écrit par : Gilles | 19/05/2009

" Surtout la campagne électorale mobilise peu. Enfin, le climat commence à se tendre entre ceux qui croyaient que tout était possible et ceux qui en doutaient. L’heure d’un premier bilan approche. "

et vous exacerber bien cette tension en créant un nouveau courant à 3 semaines du vote, et comme on le voit bien on peut encore une fois compter sur vous pour que la campagne mobilise en faveur du NPA...à ce niveau ce n'est pas juste des divergences tactiques, c'est carrément du sabotage qui vient s'ajouter à ce mépris pour notre porte parole, mais aussi pour l'ensemble du parti... et je ne parle même pas de discipline de parti...

Écrit par : martin | 21/05/2009

C'est effectivement un prêté pour un rendu. La direction du NPA récolte là les fruits de son attitude méprisante pour tous ceux qui n’ont eu de cesse de mettre en doute depuis le début une orientation simpliste, vouée par essence à l’échec. Quant à son porte-parole, je ne peux plus l’entendre, ni à la télé, ni à la radio. Ces interventions deviennent horripilantes, creuses et contre productives. Mais les saboteurs ne sont pas ceux que tu crois. C’est la « clique » dirigeante qui a saboté un processus constituant qui devait être « ouvert » et permettre le dialogue avec toutes les composantes de l’anticapitalisme et de l’antilibéralisme. Au lieu de quoi, nous avons élargi la LCR !

Écrit par : Gilles | 21/05/2009

Tout à fait d'accord avec Gilles. La direction de la LCR, puis du NPA nous a fourvoyé dans une impasse... L'heure était à l'unité et non pas au comptage de ses forces. Je militais à la Ligue depuis sa création. La rage au coeur j'ai rejoint Piquet dans ce qui me semble être le bon sens. Qu'ils se prennent une claque (nos dirigeants) et redeviennent modestes.... Ensuite il faudra rebâtir une unité solide avec toutes les composantes du NON au TCE. Pourquoi es-tu toujours au NPA ? Ne vois-tu pas que l'avenir est dans le Front de Gauche ? A Cherbourg, le Front a tenu un meeting avec 140 personnes. Quatre jours plus tard, le NPA tenait son meeting au même endroit : 31 personnes !...

Écrit par : Michel | 21/05/2009

Il n'y a, dans l'immédiat, pas plus d'avenir au Front de gauche. Surtout, je pense que la bataille principale doit se mener au NPA, une bataille qui n'est que secondairement celle de l'unité, principalement celle des objectifs politiques. Or, au sein du Front de gauche on a jeté un voile pudique sur cette question. Et pour cause. Le PC et très certainement le PG ne rêvent que d’une seule chose, reconstruire la « gauche plurielle », ce qui est une erreur.

Écrit par : Gilles | 22/05/2009

Ça, c'est la version NPA... Je peux te dire que dans le comité où je milite (Manche), personne au PC, pas plus qu'au PG n'a envie de renouer avec le PS, et à plus forte raison de refaire le coup de la gauche plurielle... Peut-être certains "notables" en rêvent encore... mais ils sont isolés et la campagne est en train de leur montrer qu'on attend autre chose. L'attitude de la direction du NPA ne peut que les précipiter dans les bras du PS. A moins que le Front de Gauche ne fasse un score significatif. Ce qui est sûr, c'est que nous avons espéré jusqu'au dernier moment un revirement du NPA et un front vraiment unitaire. Et pas seulement pour faire « un coup »... Aujourd'hui, dans les collectifs, on parle déjà de l'après 7 juin. Et le Front de Gauche va présenter ses candidats aux régionale. Et sans le PS, ça c'est sûr.... (en tout cas chez nous). Et aux régionales ? Entrerez-vous dans le Front de gauche ? Car là, vous n'aurez plus d'excuse.... Ou alors il faut promettre pour les municipales, ou les législatives,.... Ou sur le nucléaire ! Mais même là le PC évolue, et nous qui sommes au coeur du sujet (La Hague, Flamanville, EPR 1, EPR 2, etc..), je peux te dire qu'à la base les positions pro-nucléaires de la direction ne passent plus... Surtout depuis la popularisation des énergies propres et renouvellables.

Écrit par : Michel | 22/05/2009

J'étais, personnellement, pour des listes unitaires. J'ajouterai que le principal intérêt de ces élections étaient précisément de faire un "coup", c'est-à-dire de faire la démonstration qu'il y avait à la gauche du PS une vraie force politique alternative. En revanche, je pense que la direction du PC continue à tout miser sur un rétablissement d’un rapport de force plus favorable du PC pour négocier avec le PS le maintien de ses élus. Pour le PG, je ne sais pas quoiqu’il a aussi des élus, et ça, ça va poser quelques problèmes aux prochaines municipales et aux cantonales. Mais sur le fond, je suis convaincu que les divergences qui nous séparent ne seront pas résolues comme ça. Entre un NPA qui est majoritairement – ce n’est pas mon cas – convaincu que le pouvoir est au bout de la lutte gréviste, et les autres qui ne pensent qu’en termes d’élection – ce à quoi je n’adhère pas plus –, il y a un fossé énorme. Je maintiens que c’est dans le NPA que se situe le nœud du problème. Qu’une bataille politique au sein du NPA est nécessaire, et qu’elle ne repose que secondairement sur la question de l’unité, mais plus précisément sur celle des moyens pour accéder au pouvoir. Et j’entends par là, pas les partis politiques, mais comment faire pour que la majorité des salariés participent aux décisions, aux orientations économiques et politiques, autrement qu’en votant tous les cinq ans.

Écrit par : Gilles | 22/05/2009

C'est vrai que la conquête du pouvoir est le problème central. Je n'adhère pas non plus au « mai 68 réussi » de Besancenot. Mélenchon, dans son intervention à Cherbourg m'a convaincu. La classe ouvrière, par les luttes victorieuses qu'elle mène, prendra conscience de sa force et de son rôle. Et les élections viendront pour consolider et concrétiser cette domination. L'Amérique Latine est assez riche d'enseignements. Castro ou Chavez ?.... La question des alliances se posera également. Contourner le PC et le PG serait suicidaire... Le PS, il faudra quand même l'utiliser, comme force d'appoint. Pas plus. Au Front de Gauche, il y a presque autan d' « anciens Ligueurs » qu'au NPA. Quoi que vous en pensiez, le NPA n'a pas rassemblé toute la gauche radicale. D'ailleurs certains en repartent... Alors penser que le NPA est le nombril de la gauche radicale, ce serait présomptueux. Par contre, comme il est écrit plus haut, le résultat de ces élections va certainement peser sur l'ensemble du NPA. Surtout s'il est défavorable. Et là, les courants « unitaires » auront leur rôle à jouer !...

Écrit par : Michel | 22/05/2009

"La direction du NPA récolte là les fruits de son attitude méprisante pour tous ceux qui n’ont eu de cesse de mettre en doute depuis le début une orientation simpliste, vouée par essence à l’échec."

Hun hun.
10 ans que le Picquet's fan club nous prédit l'apocalypse à chaque fois que la direction n'obtempère pas au chantages éhontés de ce courant. 10 ans qu'il se plantent et refusent toute remise en question, et se spécialisent dans toutes les crapuleries politicardes dont le couronnement fur le Congrès de février dernier. Mais non. Imperturbables et arrogants, ils continuent à brailler qu'ils détiennent la Vraie Vérité. Pitoyable.

Écrit par : CSP | 22/05/2009

Rien à voir avec un quelconque Fan club de qui que se soit. Mais convenez-en, la LCR (la mamam du NPA), c'est quanrante ans d'échecs et le trotskisme plus encore. Je le disais déjà, il y a vingt-deux ans, dans la LCR. Et je persiste et signe !

Écrit par : Gilles | 22/05/2009

En 40 ans de Ligue, j'en ai connu, moi aussi, des échecs. Et bizarrement, c'est toujours le même (Krivine) qui est à la direction. A commencer par le concubinage avec LO, la secte crypto-stalinienne !.... Et pas plus tard que les dernières régionales où ce fut le bide des listes LCR-LO. Puis, les présidentielles où déjà la LCR a préféré compter ses troupes et montrer ses muscles. Mais pour toi, CSP, je suppose que tout baigne.... Besancenot fait un tabac chez Drucker, Ardisson ou au Figaro. Et à la Star'Ac des opposants à Sarkozy il est toujours numéro 1. Mais avec ça, on en prend encore pour 40 ans de libéralisme ! Mais au fait, que proposes-tu donc ?... Détiendrais-tu une part de vérité ?

Écrit par : Michel | 22/05/2009

En 40 ans de Ligue, j'en ai connu, moi aussi, des échecs. Et bizarrement, c'est toujours le même (Krivine) qui est à la direction. A commencer par le concubinage avec LO, la secte crypto-stalinienne !.... Et pas plus tard que les dernières régionales où ce fut le bide des listes LCR-LO. Puis, les présidentielles où déjà la LCR a préféré compter ses troupes et montrer ses muscles. Mais pour toi, CSP, je suppose que tout baigne.... Besancenot fait un tabac chez Drucker, Ardisson ou au Figaro. Et à la Star'Ac des opposants à Sarkozy il est toujours numéro 1. Mais avec ça, on en prend encore pour 40 ans de libéralisme ! Mais au fait, que proposes-tu donc ?... Détiendrais-tu une part de vérité ?

Écrit par : Michel | 22/05/2009

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