Avertir le modérateur

09/05/2009

Le NPA craindrait-il de passer pour « sectaire » ?

A moins d’un mois des Européennes, le NPA aurait-il peur de faire un mauvais score ? Craint-il de se retrouver à quasi égalité avec le Front de Gauche, voire même d’être devancé par l’alliance entre le Parti de gauche et le PC ? Ce qui constituerait un premier échec, surprenant, pour la « ligne » Besancenot. Toujours est-il que depuis quelque temps, le NPA tente de s’expliquer sur la conduite qui l’a amené à faire cavalier seul dans cette campagne.

 

Principal extrait : « Au moment où il se crée, le NPA veut rompre avec la trop longue succession des lendemains qui déchantent et des victoires électorales qui se terminent en échecs politiques, sociaux et écologiques. Créer les conditions d’une unité qui permettent de ne plus décevoir, telle est notre préoccupation.

 

Elle impose de s’interdire des « coups électoraux » porteurs d’illusions mais sans effets sur la réalité d’un système qui exploite les humains et la planète. Elle oblige à sortir de l’ambiguïté et de l’aléatoire. Pour ces raisons, les congressistes du NPA ont choisi un cadre pour des négociations. Il précise l’unité que nous voulons construire avec d’autres. Un rassemblement durable dans les luttes et dans les élections.

 

Une unité sur un contenu réel qui développe les raisons toujours actuelles à l’origine de notre refus du traité constitutionnel européen, qui couvre à la fois les questions sociales et écologiques, tout comme les questions démocratiques. L'unité doit porter un projet anticapitaliste au contenu précis en rupture avec le système.

 

Une unité qui doit se retrouver sur le terrain, dans les luttes sociales et écologiques, contre la casse sociale, contre le démantèlement du droit du travail et des services publics, contre le productivisme, la marchandisation du vivant, pour la sortie du nucléaire. La démarche électorale seule ne pourra résoudre la crise du capitalisme exploiteur et productiviste.

 

Une unité qui ne soit pas un cartel électoral sans lendemain, mais qui s’inscrive comme un instrument durable pour les luttes des travailleurs. Une unité qui ne se limite pas aux élections européennes, mais s'étende aux élections qui suivent, toujours dans l’indépendance vis-à-vis du PS. La crise et Sarkozy seront, hélas, encore là au lendemain du scrutin européen. »

 

Critique : En vérité, la LCR, puis le NPA, n’ont jamais cru un seul instant qu’il serait possible de réaliser des listes unitaires pour les Européennes. Persuadée qu’elle détenait la vérité quant à la seule orientation anticapitaliste possible – processus qui accorde aux luttes sociales le premier plan, reléguant le combat politique pour investir les institutions au second plan –, la direction du NPA utilise les élections avec un seul objectif en tête : « écraser » électoralement toutes les autres formations à la gauche du PS ; s’imposer comme la seule alternative au PS.

 

S’inscrire dans un processus unitaire aurait été pour elle admettre qu’elle n’avait pas raison à 100%, que d’autres hypothèses étaient possibles. D’ailleurs cette majorité a agi en interne dans tout le « processus constituant » exactement de la même façon. Rejetant comme « droitiers » tous ceux qui combattaient leur objectif d’un « mai 68 réussi » et leur conception d’un « parti des luttes », elle a constitué une majorité « idéologique » sur quelques principes simplistes, imperméable à la critique et au dialogue, profondément sectaire. Une fois passée l’euphorie du succès médiatique de la « petite entreprise », le réveil risque d’être rude quand viendra l’heure des comptes.

 

 

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu