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05/05/2009

Un sondage et deux enterrements (provisoires)

Pas de grève générale, même de 24 heures, avant les congés. A moins d’un « dérapage », toujours possible localement au cours d’une « séquestration » de patrons ou d’une occupation d’usine – qui peut exclure que pendant les vacances on n’assistera pas à quelques plans de licenciements spectaculaires ? – Sarkozy et ses amis du Medef peuvent tranquillement attendre la rentrée.

 

Bien difficile d’évaluer la portée d’une telle décision de l’intersyndicale. A leur décharge, la crise sociale n’est pas encore générale. Tous les secteurs ne sont pas touchés au même niveau. Dans l’industrie, en tête, l’automobile, groupes multinationaux et sous-traitance, et des secteurs marginaux comme l’industrie nautique. L’immobilier évidemment, l’intérim ou certains services commerciaux connaissent un ralentissement certain de leurs activités mais on est encore loin de la catastrophe annoncée.

 

Idem sur le plan du chômage qui est encore loin d'atteindre les pics des années 80-90. Il est donc plus probable que le pire est devant nous. Ainsi La Commission européenne anticipe une forte hausse du taux de chômage cette année et l'année prochaine, avec des prévisions de 9,9% de la population active dans la zone euro et 9,4% dans l'Union européenne en 2009 puis de 11,5% et 10,9% en 2010.  Des taux qui rappellent le chômage de masse auquel l'Europe a été confrontée dans les années 70 après les deux chocs pétroliers, puis dans les années 80.

C’est bien pourquoi les confédérations syndicales peuvent encore se permettre de tempérer leurs « troupes » d’autant que le « bruit » médiatique autour d’une « base » soi-disant de plus en plus influencée par la l’extrême gauche tient plus du fantasme que de la réalité. Enfin, il est peu probable que les salariés se saisissent des élections européennes pour sanctionner leur gouvernement respectif. Pour qu’il y ait sanction, il faudrait des oppositions non compromises dans les politiques libérales menées en Europe depuis une vingtaine d’années. Comment les socialistes français, espagnols ou britanniques pourraient-ils prétendre à un tel titre ?

 

Bon gré, mal gré, les salariés sont donc obligés de s’en remettre à leurs organisations syndicales. C’est ce qu’illustre un dernier sondage. Ainsi dans leur majorité écrasante, 80,1% les Français estiment que les syndicats ont un rôle important à jouer en cette période de crise, même s'ils sont en « perte de vitesse » et « pas assez représentatifs » pour négocier, selon un sondage Obea pour France Info/20 minutes publié dimanche. Mais quelque 63,2% de Français estiment cependant qu'ils sont en perte de vitesse et 47% qu'ils défendent mieux les intérêts de certains salariés (public), contre 39,3% qui pensent le contraire et 14% sans opinion.

 

Alors, partie remise, ou fin de partie ? Les estimations les plus optimistes d’un début de reprise d’ici mi 2010, laissent encore de la marge pour une riposte d’ensemble.

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