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02/05/2009

Mélenchon peut-il faire de l’ombre à Besancenot ?

Que cela soit clair, je ne partage pas les orientations politiques de Jean-Luc Mélenchon. Surtout deux d’entre elles : celle qui impose, d’une part, une stricte séparation entre le combat politique et la lutte sociale ; celle qui voudrait, d’autre part, que l’on pourrait s’engager dans une voie de transformation révolutionnaire de la société uniquement par la voie parlementaire. D’ailleurs ces deux options sont liées. La division des tâches entre organisations syndicales et organisations politiques a été très certainement à l’origine de l’abandon par la gauche social-démocrate des objectifs révolutionnaires du mouvement ouvrier.

 

Mais il y a bien d’autres zones d’ombres dans le programme de Mélenchon. Que signifie précisément sa ligne de rupture avec le capitalisme ? « Un monde est fini », affirme-t-il en parlant de la crise dans un entretien au Monde. Ce n’est qu’une formule. Une crise, aussi violente soit-elle, ce n’est pas la fin du capitalisme. D’ailleurs, les deux principales revendications du mouvement syndical, ce sont un plan de relance par la consommation et des actions permettant une ré-industrialisation du tissu économique français. Rien sur la réduction du temps de travail ; pas plus sur les nationalisations des banques. En d’autres termes, comment pourrait-on rompre avec le capitalisme « par les urnes », alors que dans le mouvement syndical on ne propose rien pour entamer son règne.

 

Là où Mélenchon pourrait marquer des points, en revanche, c’est sur la question de l’unité de tous ceux qui sont prêts à s’engager dans cette voie de « rupture ». Non pas pour constituer une majorité électorale alternative à celles des sociaux-libéraux du PS et de leurs probables alliés du centre, mais bien plutôt pour commencer ce que ne pourra jamais faire le NPA enfermé dans son « révolutionnarisme », ce travail de dialogue interne au mouvement social sur les solutions anticapitalistes à la crise. Des solutions qui ne seraient pas seulement économiques mais également politiques comme la revendication de la proportionnelle intégrale dans toutes les élections et d’une rupture avec les institutions de la cinquième république.

 

C’est à ces conditions que Mélenchon pourra contraindre le NPA à la raison. Car, à l’évidence, à moins d’une défaite électorale aux Européennes (moins de 5%), le NPA n’est pas prêt de céder sur une orientation, qui bien que vouée à l’impasse, lui assure, dans l’immédiat, la sympathie d’une majorité du « peuple d’extrême-gauche ».

 

 

PS. : Dimanche, Mélenchon à Canal plus a dû se demander ce qui lui valait cette agressivité de la journaliste qui l’interrogeait après un reportage où le NPA était mis en valeur en contrepoint de la campagne du PS. En revanche aucun reportage sur la campagne du Front de gauche et sur son programme. Le moins que l’on puisse dire c’est que le Front de gauche ne bénéficie pas d’une couverture médiatique complaisante.

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