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27/04/2009

Le courage de Xavier, syndicaliste

Un récent article du Figaro « Séquestrations : la main de l’extrême-gauche » est passé presque inaperçu sauf pour quelques observateurs « marginaux » (Fontenelle dans Politis et quelques sites Internet dont celui du NPA). Il est vrai que c’est une vieille rengaine que l’on nous ressert à chaque fois que la lutte sociale reprend du poil de la bête. La droite (la « réaction ») n’est pas la seule à sortir l’épouvantail des « rouges ». Souvenons nous des « coucous » d’Edmond Maire (à moins que cela soit de Rocard) ou de « l’anarchiste allemand » de Marchais. En 1871, Marx avait dû démentir qu’il était pour quelque chose dans la Commune de Paris.

 

Moi-même, j’ai pu constater que dans mon propre syndicat on surévaluait l’implantation de l’extrême-gauche dans le mouvement syndical. Hélas, d’ailleurs, car si l’extrême-gauche avait cette influence qu’on lui prête, il est certain que nous n’en serions pas dans cette situation d’attente d’initiatives à la mesure de l’exaspération sociale qui gagne de jour en jour le monde du travail. Car il faut dire la vérité, les directions confédérales ne sont pas à la hauteur. Les a-t-on entendues protester vigoureusement aux menaces proférées par le pouvoir de sanctionner les syndicalistes coupables, selon lui, de « violences » ? Pourquoi, alors que c’est vers eux que se tournent les salariés, est-ce tour à tour Ségolène Royal et Olivier Besancenot qui, selon les sondages, sont les meilleurs opposants à Sarkozy ?

 

La faute aux sondeurs, qui très certainement, n’incluent pas dans leurs enquêtes les dirigeants syndicaux. Mais bien évidemment aussi à Thibault, Chérèque ou Bailly. Thibaut, passe encore, son crédit n’est pas encore trop entamé, mais Chérèque ! Voilà quelqu’un qui a tout fait pour obtenir la reconnaissance des « puissants » et qui n’a rien obtenu, et n’obtiendra désormais plus rien. Il persiste néanmoins à gémir et quémander. Ainsi, bien que la seule force dont ils puissent disposer réside dans les syndicats, les salariés n’ont que des porte-parole inodores et incolores.

 

On voit bien l’impasse sociale et politique du moment. D’un côté des « opposants » sans troupes, de l’autre des troupes sans voix. Combien nous aimerions voir aujourd’hui ces « leaders » nationaux avoir le courage du délégué syndical CGT de Continental, Xavier Mathieu, prendre ainsi la défense de l’ancien élu, et militant de Lutte ouvrière Roland Szpirko (c’est lui qui a inspiré la création du comité de lutte des Continental), expliquant en assemblée générale : « J'entends dire que je suis mené par Roland. Je ne suis mené par personne. Avant l'annonce de la fermeture de l'usine, je ne le connaissais pas physiquement. Si les Chausson ont obtenu ce qu'ils ont obtenu, c'est grâce à lui. C'est ce genre de conseiller que je veux auprès de moi. Si demain il part, je pars avec lui ! »

25/04/2009

Le vote "radical" stagne

A un peu plus d’un mois des Européennes, la tendance ne change pas. Non seulement ces élections ne mobilisent pas – peut-être même atteindrons nous un record d’abstention – mais elles risquent surtout ne pas faire bouger d’un iota le paysage politique. En d’autres termes, la droite va gagner ces élections (si l’on comptabilise toutes les intentions de vote à droite on arrive au chiffre de 53 %)  devant une gauche social-libérale (PS et Verts, soit 35 %) qui n’aura ainsi en deux ans de sarkozisme gagné aucun point.

 

Pour la « gauche de gauche » (PC-PG, LO, NPA, soit 12 %), c’est plus désespérant. Elle va rester rivée à son désormais traditionnel étiage, faisant une fois encore la preuve de son impuissance à capitaliser une exaspération sociale bien réelle, mais qui pour qu’elle se manifeste aurait eu besoin d’une indication claire. Au lieu de quoi, on lui propose de disperser son vote entre trois formations dont on a bien du mal à comprendre ce qui les sépare.

 

Dans ces conditions, rien de plus normal de ne pas aller voter pour des partis qui ne proposent aucune alternative. Ce discrédit des partis aura évidemment des conséquences sur le mouvement social. Comment les salariés touchés par la crise auxquels on n’offre pas de recours pourraient-ils se jeter dans une voie de résistance sans issue politique ? Combien est exemplaire à ce titre la conscience qu’ont eu très vite les salariés de Continental que l’on ne leur laissait aucune échappatoire, sinon de se plier au diktat de leur employeur.

 

C’est en quelque sorte une preuve par l’absurde à laquelle nous a contraint la décision du NPA (ce qui n’absout évidemment pas les autres, ni le LO et pas plus le PC) de faire obstacle à toute liste unitaire. Puisque ces élections n’auront servi à rien, il ne restera plus que la lutte et au final, la grève générale. Mais l’une ne va pas sans l’autre. Pas de grève générale sans alternative politique. Pas de mai-juin 36 sans la victoire du Front populaire le 3 mai 1936 ; pas de mai 68 sans le ballotage de de Gaulle en 1965 et la quasi victoire de la gauche aux législatives de 1967.

 

Un autre sondage (Ifop) à paraître dans Sud-ouest indique à peu près les mêmes tendances. Il révèle que Nicolas Sarkozy (28%) devancerait ses adversaires si le premier tour des élections présidentielles devait avoir lieu dimanche, devant Ségolène Royal (20,5%) et François Bayrou (19%). Au premier tour en 2007, M. Sarkozy (UMP) avait recueilli 31% des suffrages, Mme Royal (PS) 26% et M. Bayrou (MoDem) 18,5%, rappelle l'institut de sondage. Olivier Besancenot (NPA) recueille 8% des intentions de vote (contre 4,8% en 2007). Marie-George Buffet gagnerait 1 point (3%) et Arlette Laguiller 0,5 (2%). Pour les écologistes, Dominique Voynet (Verts) grimperait à 4% (+2,5). « Dans le contexte de crise sociale, l'extrême-gauche apparaît comme la première bénéficiaire de cette augmentation », commente l'Ifop.

 

Faux ! En 2002, le total extrême-gauche plus PC avait donné 13,8 %. Aujourd’hui le même total (avec le renfort du PG) donne 13 %. Ce qui n’est guère brillant, compte tenu d’une situation pourtant extraordinairement favorable à l’expression d’une exaspération sociale. Autre enseignement de ce sondage, le « succès » purement électoral du NPA (8 %) au détriment exclusif de la gauche social-libérale, comme si une partie de l’électorat de la gauche traditionnelle pensait ainsi peser sur son parti (le PS) pour qu’il infléchisse sa ligne politique. Pari vain, car la vieille gauche n’abandonnera jamais son orientation politique. Ce qui se passe s’est donc uniquement une captation par le NPA d’un vote « radical » désormais constant depuis bientôt 10 ans. En conclusion, pour la « gauche de gauche » une impasse, et pour la droite un succès assuré. Merci qui ?

 

 

22/04/2009

La tentation répressive

Après la réaction de saine colère des salariés du site de Clairoix de Continental, le gouvernement montre les dents. Mais c’est un caniche qui grogne. Ils savent bien ce qu’ils risquent à vouloir réprimer avec leurs tribunaux : la contagion. On apprend ainsi que les occupations d’entreprise tout comme les « séquestrations » (de simples retenues) commencent à s’additionner. Et ce n’est pas maintenant que ça va s’arrêter, à moins que les employeurs cessent leurs provocations.

 

N’est-ce pas Fillon qui déclarait il y a quelques semaines que les dirigeants de Continental n’avaient pas respecté le droit du travail. Mais c’est les salariés qu’il menace aujourd’hui. Entre des centaines de salariés jetés à la rue et deux ou trois ordinateurs malmenés, Fillon a fait son choix, dérisoire : protéger l'informatique. Mais il s’imagine quoi, ce Premier ministre fantomatique ? Une fois encore, le gouvernement parle trop vite. Après les juges, ses gardes prétoriens sans doute. Qu’ils y viennent !

 

Est-ce un tournant ? Hier c’était Sarkozy « le petit » qui aboyait à Nice, promettant une énième loi contre la délinquance. Aujourd’hui, c’est au tour de son factotum à Matignon et de son adjudante chef de la place Beauvau de jouer aux pères fouettards. Au train où vont les choses, ils risquent fort de s’égosiller en vain. On n’arrête pas ainsi un mouvement qui se met en marche. Cette fois-ci, ce ne sont pas quelques milliers de jeunes qu’ils auront face à eux, mais des millions d’ouvriers.

 

Je dis ici, depuis plusieurs semaines, que malgré la crise et ses effets éteignoir, un incident, un dérapage, dont le pouvoir serait responsable, peut toujours être en mesure de déclencher une levée en masse des travailleurs du rang. Nous n’en sommes pas encore là, mais si le gouvernement y met du sien, nous n’en sommes peut-être pas si loin.

21/04/2009

La « base » s’en mêle

Premier clash entre la « base » (200 personnes environ sur les 2.700 salariés de l’entreprise) et les sections syndicales de l’entreprise Caterpillar à Échirolles et Grenoble. Il n’y a rien de réjouissant dans ce conflit interne au salariat. Il en est toujours ainsi lorsque les salariés se retrouvent dos au mur. N’étant pas sur place, impossible de porter un jugement sur le bienfondé de l’action des salariés les plus déterminés à obtenir un meilleur accord et leur chance de réussir à inverser la tendance.

 

Ayant une longue expérience de conflits salariaux, je sais qu’il est toujours difficile aux responsables syndicaux de faire l’unanimité. Sur les quelque 600 licenciements prévus en contrepartie apparemment du maintien des sites, combien de licenciements secs ? De plus ce plan n’en cache-t-il pas un autre ? En question également, la forme retenue pour faire avaliser ce plan par les salariés : un référendum à bulletins secrets.

 

Une fois encore, ce conflit pose le problème de la lutte entreprise par entreprise. Dans une situation de récession extrême – on prévoit pour 2009 autour de 800.000 chômeurs de plus – c’est le sauve-qui-peut qui l’emporte sur la solidarité. Combien faudra-t-il encore de « bossnapping » (séquestration de patrons) pour que les confédérations agissent à la mesure de cette crise ?

 

L’interdiction, ou l’arrêt, des licenciements ne peut venir que d’une décision d’en haut suite à un rapport de force considérable. Une telle mesure doit être assortie d’une réduction du temps de travail, seule façon de préserver l’emploi. La prise en compte des « problèmes » de l’entreprise – vrais ou prétextes – ne peut que conduire à faire payer aux salariés la facture de la crise.

 

Nous ne sommes pas en 1968, en pleine période de croissance où des accords salariaux au sommet étaient possibles. Il s’agit aujourd’hui de changer radicalement de politique. Essayer de faire croire qu’il suffirait d’une grève générale pour que la droite et le patronat changent de fusil d’épaule est absurde. Il n’y a qu’un autre gouvernement, s’appuyant sur la majorité des salariés et prenant en compte leurs revendications, qui pourrait prendre de telles décisions.

 

Mais qui l’évoque ce changement politique ? Personne. Ni les syndicats et pas plus la « gauche ». La seule échéance politique en cours, les Européennes, illustre bien tout le dérisoire d’une pratique politique qui n’a plus qu’un objectif : l’autoconservation d’un personnel politique qui se contrefiche des intérêts du plus grand nombre. Combien désormais auront-ils le cœur à voter début juin ?

 

Le plan est rejeté par l'intersyndicale

Le comité d'entreprise de Caterpillar rejette le plan de fin de conflit signé dimanche à Paris, a annoncé, mardi 21 avril, Patrick Cohen, élu CGT du comité d'entreprise ayant participé à la réunion à Bercy. "Nous n'organiserons pas de référendum" pour soumettre ce plan aux plus de 2 000 salariés des sites isérois de Caterpillar, a déclaré l'élu du comité d'entreprise, présentant cette décision comme étant celle de l'intersyndicale. Il a assuré que la réunion à Bercy, présentée selon lui au départ comme "une réunion informelle", s'était révélée un "piège" qui s'est prolongé près de neuf heures, jusqu'à ce que les élus du CE signent.

 

Continental : Après la décision d’un tribunal de ne pas suspendre le plan de fermeture du site de Clairoix, près de 250 employés ont saccagé la sous-préfecture de Compiègne où ils attendaient la décision, dévastant les bureaux et jetant à terre les ordinateurs.

 

 

19/04/2009

Le « risque révolutionnaire »

Il est marrant Villepin. Comme à peu près tous les politiques qui n’ont que leurs yeux pour pleurer dans cette crise qui les dépouille toujours un peu plus de leurs prérogatives, il en rajoute dans « l’horreur » à venir. Ça s’appelle « jouer à se faire peur ». Car qui peut craindre aujourd’hui un « risque révolutionnaire » dans un pays où le grand leader charismatique de la gauche révolutionnaire a culminé à moins de 5% en 2007 et qui est aujourd’hui crédité dans un dernier sondage de 7% d’intention de votes à un mois d’une élection qui n’intéresse même pas un électeur sur deux ?

 

Oui mais, la violence s’installe dans les rapports sociaux, bêlent-ils ! Quatre ou cinq « séquestrations » de dirigeants d’entreprise et une ou deux « occupations » d’usine, c’est un peu court. Que Besancenot y voit des prémices d’une situation prérévolutionnaire, rien de plus normal. Il aurait dit la même chose il y a dix, et dans dix ans, il en fera de même. Mais le bourgeois Villepin sait bien, lui, que ce ne sont que rodomontades. Pour leur malheur, en revanche, les ouvriers de Caterpillar ont bien compris que dans l’immédiat, l’heure n’était pas encore à la « généralisation » ; qu’ils étaient un peu seuls et qu’il était préférable d’adopter un repli tactique.

 

Il faut être idiot pour ne pas avoir compris que sans alternative politique – qui pourrait aujourd’hui affronter victorieusement  un Sarkozy en France, un Berlusconi en Italie, une Merkel en Allemagne, un Zapatero en Espagne ou un Brown en Grande-Bretagne – les salariés sont condamnés à la défensive. Evidemment, les « tensions sociales » ne sont pas prêtes de « s’apaiser », mais la « vertu » de toute crise, du moins pour le capital, c’est qu’elle agit généralement comme un puissant sédatif. C’est quand la reprise se fait sentir, en revanche, que les luttes repartent.

 

Evidemment un « dérapage » est toujours possible. Mais nous ne sommes plus dans les années 60 ou 70. Les « pouvoirs publics » s’y reprendront à plusieurs fois avant d’envoyer la police pour déloger des grévistes de leur entreprise ou pour « délivrer » des patrons « séquestrés ». Hormis ces cas extrêmes, que peut-on espérer d’autre ? Et d'ailleurs, qui est l'homme politique le plus populaire en France ? Un ex président et pas Besancenot !

15/04/2009

Chair à canon

Les fins de missions d'intérim et de contrats à durée déterminée représentent au total un tiers de la progression du nombre de demandeurs d'emploi. Ainsi, entre juillet et décembre 2008, 30 000 intérimaires ont été « remerciés » dans le seul secteur de l'automobile. Les intérimaires et les CDD sont la chair à canon du capital en temps de crise. Nul ne s’en préoccupe. Ils sont pourtant cette « huile » nécessaire à la bonne marche des entreprises. Dans certaines filières ils peuvent représenter entre 10 à 20 % des effectifs.

 

Les jeunes sont les plus touchés par cette précarisation. Ainsi, seuls 28 % d’entre eux accèderaient à un CDI dès leur premier emploi, les CDD (43 %) et, dans une moindre mesure l'intérim (23 %), étant très répandus. D'où des salaires moyens de début de carrière très inférieurs au Smic. Les jeunes, stagiaires compris, déclarent ainsi toucher 1 180 euros mensuels. Une situation qui s'arrange quelque peu par la suite puisque 62 % des personnes ayant commencé leur carrière en CDD sont aujourd'hui en CDI. Une situation certes moins précaires mais le salaire moyen déclaré par l'ensemble de la population étudiée ne dépasse cependant pas les 1 331 euros.

 

Cette situation n’est qu’un héritage. Celui de vingt-cinq ans de reculs et de défaites du mouvement social, vingt-cinq ans pendant lesquels, gauche et droite se sont partagés le pouvoir, vingt-cinq ans qui ont vu le mouvement syndical « accompagner » cette flexibilité du travail qui a fini par mettre en péril les statuts de certains services publics comme celui de la Poste. La crise va permettre au patronat d’accélérer cette précarisation du travail. Car dès les premiers signes de reprises, ce sont des intérimaires et des CDD que l’on embauchera en premier. Les CDI licenciés d’aujourd’hui ne sont pas près de retrouver leurs anciens statuts.

10/04/2009

Séquestrez plus, pour gagner plus !

Tandis que l’Assemblée s’amuse (loi Hadopi), dans les entreprises où l’on annonce des plans sociaux, on séquestre patrons et cadres dirigeants d’entreprises. Embarras des politiques, appui  du bout des lèvres du PS officiel, tandis que les directions confédérales observent. A moins d’un mois d’un 1er mai qui devrait être unitaire – quoique déjà l’intersyndicale commence à craquer, SOLIDAIRES s’est retiré de l’intersyndicale à La Rochelle – il est évident que la « base » riposte avec les moyens du bord, la grève et les occupations ne suffisant pas à faire céder le patronat.

 

Ce n’est qu’un début. Les séquestrations de ces derniers jours ayant permis d’améliorer les conditions de départs de futurs licenciés, cette méthode va faire florès. Le pouvoir va-t-il laisser faire ? Va-t-il envoyer les forces de l’ordre ? Tout cela rappelle les années 70 et plus particulièrement le film de Jean-Luc Godard « Tout va bien », avec Yves Montand, Jeanne Fonda et la chanson de Stone et Charden !

 

Attention ! Les directions confédérales ont pour l’instant adopté un profil bas. Le 1er mai, c’est encore loin. D’ici là nous aurons une bonne vingtaine de nouveaux plans sociaux. Bientôt les séquestrations ne suffiront plus, il faudra aller plus loin encore, appeler à des solidarités locales, à des barrages de routes et à des affrontements. Dans les syndicats on entend déjà des militants suggérer qu’ils ne se contenteront plus désormais des manifestations traîne-savates ! Chez Janneau, le constructeur de bateaux en Vendée, on envisage de refuser tout net les licenciements, considérant que pendant 10 ans, l'entreprise s'en est mis plein les poches.

03/04/2009

Monkey Business

Les dizaines de millions de salariés qui dans le monde vont bientôt connaître les affres du chômage peuvent être rassérénés. Leur sacrifices n’auront pas été vains ; ils auront sauvé la banque ou tout du moins contribué à rétablir la confiance. Car le plan de sauvetage du capitalisme obèse de tous ces fonds pourris est à ce prix. Et ce n’est qu’un début car pour que les affaires recommencent il va bien falloir purger bébé pour qu’il se gave de nouveau avec toute cette monnaie de singe injectée.

 

Tel était le double enjeu du G 20 : encourager la finance à investir plutôt qu’à spéculer ; enjoindre le travailleur à courber l’échine. En d’autres termes le « voleur » est absout de son crime, mieux on va lui accorder de nouveaux prêts, et le « volé » est prié à se faire dépouiller un peu plus encore.  Autrefois on jetait l’une contre l’autre des nations entières ; aujourd’hui, la guerre est ringarde. On a d’autres moyens, bien plus sophistiqués, pour liquider le trop plein de richesse que l’économie mondiale a été sensée avoir créé. Comme une bonne partie de cette richesse est virtuelle, il suffira pour rétablir les comptes de détruire quelques millions d’emplois et les affaires pourront reprendre… comme avant.

 

Qu’est-ce qui peut faire que ça ne marche pas ? En France, pratiquement l’un des seuls pays au monde où il existe un début de riposte organisée du « monde du travail », les luttes dans les entreprises n’ont qu’un seul objectif : négocier au mieux les plans sociaux. Et pour cela, c’est à l’Etat que l’on appelle à l’aide. C’est dire que l’on n’est pas prêt de voir cette explosion sociale que les éternels optimistes de la révolution ici et maintenant nous prédisent depuis plusieurs mois. On l’a bien vu il y a une vingtaine d’années quand le chômage était encore à un niveau plus élevé qu’aujourd’hui, sans parler des années 20 ou 30 du siècle dernier. Sale temps pour le salariat, doublement spolié, condamné à rester muet tandis que le capital se réorganise.

 
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