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21/04/2009

La « base » s’en mêle

Premier clash entre la « base » (200 personnes environ sur les 2.700 salariés de l’entreprise) et les sections syndicales de l’entreprise Caterpillar à Échirolles et Grenoble. Il n’y a rien de réjouissant dans ce conflit interne au salariat. Il en est toujours ainsi lorsque les salariés se retrouvent dos au mur. N’étant pas sur place, impossible de porter un jugement sur le bienfondé de l’action des salariés les plus déterminés à obtenir un meilleur accord et leur chance de réussir à inverser la tendance.

 

Ayant une longue expérience de conflits salariaux, je sais qu’il est toujours difficile aux responsables syndicaux de faire l’unanimité. Sur les quelque 600 licenciements prévus en contrepartie apparemment du maintien des sites, combien de licenciements secs ? De plus ce plan n’en cache-t-il pas un autre ? En question également, la forme retenue pour faire avaliser ce plan par les salariés : un référendum à bulletins secrets.

 

Une fois encore, ce conflit pose le problème de la lutte entreprise par entreprise. Dans une situation de récession extrême – on prévoit pour 2009 autour de 800.000 chômeurs de plus – c’est le sauve-qui-peut qui l’emporte sur la solidarité. Combien faudra-t-il encore de « bossnapping » (séquestration de patrons) pour que les confédérations agissent à la mesure de cette crise ?

 

L’interdiction, ou l’arrêt, des licenciements ne peut venir que d’une décision d’en haut suite à un rapport de force considérable. Une telle mesure doit être assortie d’une réduction du temps de travail, seule façon de préserver l’emploi. La prise en compte des « problèmes » de l’entreprise – vrais ou prétextes – ne peut que conduire à faire payer aux salariés la facture de la crise.

 

Nous ne sommes pas en 1968, en pleine période de croissance où des accords salariaux au sommet étaient possibles. Il s’agit aujourd’hui de changer radicalement de politique. Essayer de faire croire qu’il suffirait d’une grève générale pour que la droite et le patronat changent de fusil d’épaule est absurde. Il n’y a qu’un autre gouvernement, s’appuyant sur la majorité des salariés et prenant en compte leurs revendications, qui pourrait prendre de telles décisions.

 

Mais qui l’évoque ce changement politique ? Personne. Ni les syndicats et pas plus la « gauche ». La seule échéance politique en cours, les Européennes, illustre bien tout le dérisoire d’une pratique politique qui n’a plus qu’un objectif : l’autoconservation d’un personnel politique qui se contrefiche des intérêts du plus grand nombre. Combien désormais auront-ils le cœur à voter début juin ?

 

Le plan est rejeté par l'intersyndicale

Le comité d'entreprise de Caterpillar rejette le plan de fin de conflit signé dimanche à Paris, a annoncé, mardi 21 avril, Patrick Cohen, élu CGT du comité d'entreprise ayant participé à la réunion à Bercy. "Nous n'organiserons pas de référendum" pour soumettre ce plan aux plus de 2 000 salariés des sites isérois de Caterpillar, a déclaré l'élu du comité d'entreprise, présentant cette décision comme étant celle de l'intersyndicale. Il a assuré que la réunion à Bercy, présentée selon lui au départ comme "une réunion informelle", s'était révélée un "piège" qui s'est prolongé près de neuf heures, jusqu'à ce que les élus du CE signent.

 

Continental : Après la décision d’un tribunal de ne pas suspendre le plan de fermeture du site de Clairoix, près de 250 employés ont saccagé la sous-préfecture de Compiègne où ils attendaient la décision, dévastant les bureaux et jetant à terre les ordinateurs.

 

 

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