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19/04/2009

Le « risque révolutionnaire »

Il est marrant Villepin. Comme à peu près tous les politiques qui n’ont que leurs yeux pour pleurer dans cette crise qui les dépouille toujours un peu plus de leurs prérogatives, il en rajoute dans « l’horreur » à venir. Ça s’appelle « jouer à se faire peur ». Car qui peut craindre aujourd’hui un « risque révolutionnaire » dans un pays où le grand leader charismatique de la gauche révolutionnaire a culminé à moins de 5% en 2007 et qui est aujourd’hui crédité dans un dernier sondage de 7% d’intention de votes à un mois d’une élection qui n’intéresse même pas un électeur sur deux ?

 

Oui mais, la violence s’installe dans les rapports sociaux, bêlent-ils ! Quatre ou cinq « séquestrations » de dirigeants d’entreprise et une ou deux « occupations » d’usine, c’est un peu court. Que Besancenot y voit des prémices d’une situation prérévolutionnaire, rien de plus normal. Il aurait dit la même chose il y a dix, et dans dix ans, il en fera de même. Mais le bourgeois Villepin sait bien, lui, que ce ne sont que rodomontades. Pour leur malheur, en revanche, les ouvriers de Caterpillar ont bien compris que dans l’immédiat, l’heure n’était pas encore à la « généralisation » ; qu’ils étaient un peu seuls et qu’il était préférable d’adopter un repli tactique.

 

Il faut être idiot pour ne pas avoir compris que sans alternative politique – qui pourrait aujourd’hui affronter victorieusement  un Sarkozy en France, un Berlusconi en Italie, une Merkel en Allemagne, un Zapatero en Espagne ou un Brown en Grande-Bretagne – les salariés sont condamnés à la défensive. Evidemment, les « tensions sociales » ne sont pas prêtes de « s’apaiser », mais la « vertu » de toute crise, du moins pour le capital, c’est qu’elle agit généralement comme un puissant sédatif. C’est quand la reprise se fait sentir, en revanche, que les luttes repartent.

 

Evidemment un « dérapage » est toujours possible. Mais nous ne sommes plus dans les années 60 ou 70. Les « pouvoirs publics » s’y reprendront à plusieurs fois avant d’envoyer la police pour déloger des grévistes de leur entreprise ou pour « délivrer » des patrons « séquestrés ». Hormis ces cas extrêmes, que peut-on espérer d’autre ? Et d'ailleurs, qui est l'homme politique le plus populaire en France ? Un ex président et pas Besancenot !

Commentaires

"Car qui peut craindre aujourd’hui un « risque révolutionnaire » dans un pays où le grand leader charismatique de la gauche révolutionnaire a culminé à moins de 5% en 2007 et qui est aujourd’hui crédité dans un dernier sondage de 7% d’intention de votes..."
Si pour vous les révolutionnaires ne peuvent être que du coté de Besancenot et du NPA, et que ça passe essentiellement par les urnes, alors oui, le risque révolutionnaire est plus que nul!
Zbayri

Écrit par : Zbayri | 20/04/2009

Les résultats d'élections ne sont qu'une indication mais tellement parlant. Quant à la majorité des salariés, dans l'immédiat, c'est plutôt "sauve qui peut", chacun de son côté. Que pourraient-ils faire d'autre ?

Écrit par : Gilles | 20/04/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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