Avertir le modérateur

09/03/2009

La fausse exemplarité de la mobilisation sociale dans les DOM

Les départements d’outre-mer sont les dernières colonies françaises. A tout point de vue – économique, politique, géostratégique – ils ne sont d’aucun intérêt pour la métropole. C’est bien pourquoi l’Etat a laissé faire depuis des décennies. Comme en Algérie, lorsque pays était encore un département français, il y a dans ces départements des « gros  colons », des « blancs », qui viennent en ligne directe des anciens propriétaires d’esclaves. C’est eux qui détiennent une grande partie de terres agricoles, où ils perpétuent une économie coloniale, 100% de la grande distribution et une bonne partie de l’économie touristique.

 

C’est bien pourquoi, ce qui se passe dans les DOM n’est en rien comparable avec la situation dans l’hexagone et qu’il est peu vraisemblable que l’on se retrouve ici dans les même dispositions pour réaliser une mobilisation qui a réuni en Guadeloupe autour de 60% de la population. Ce qui ne signifie pas qu’il n’y a pas dans l’hexagone des raisons de revendiquer. Mais l’alchimie qui a permis une mobilisation populaire outre-mer est impossible dans l’immédiat en métropole.

Qui est touché aujourd’hui par la crise dans la métropole ? Majoritairement les jeunes à la recherche d’un premier emploi, les femmes et les plus de 55 ans, bref tous ceux qui ne bénéficiaient pas de contrats à durée indéterminée. Sur les 90.000 chômeurs supplémentaires enregistrés en janvier 2009, seulement 5% concernent des suppressions d’emploi en CDI. Ainsi, ceux qui payent aujourd’hui la crise sont aussi ceux qui ont le moins de moyen pour se défendre.

 

Ce n’est pas le seul paradoxe de la situation sociale. Comment expliquer que le tourisme, la restauration et d’autres secteurs de l’économie des loisirs soient si peu touchés actuellement, sinon que la crise ne touche pas encore les couches moyennes du salariat, leur niveau de vie restant constant. Celles-ci peuvent à la limite craindre pour l’avenir, mais dans l’immédiat elles ne risquent rien. Tout au plus peuvent-elles s’inquiéter des limitations du crédit.

 

En conclusion, la mobilisation intersyndicale en cours ne dépassera pas, le 19 mars, le simple stade d’une protestation de pure forme et le pouvoir, en limitant l’ampleur de ses réformes, peut attendre. Ce qui explique également que le MDEF reste sur une ligne d’intransigeance.

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu