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01/03/2009

L’ajustement

Quelque 200.000 chômeurs de plus en trois mois. Pour l’essentiel des CDD qui ne sont pas renouvelés et des intérimaires qui ne sont pas repris. En période de crise les contrats précaires sont « la variable d’ajustement » par excellence. Dans la conduite au jour le jour de sa politique, Sarkozy ne procède pas autrement. Ses « variables d’ajustement » ce sont toutes ces réformes en cours. Elles mobilisent les corporations – un jour les lycéens, un autre les chercheurs, un autre encore les hospitaliers. Quand la tension est trop forte, Sarkozy recule, ou tout du moins il en donne l’impression. Dans l’immédiat, ça ne lui coûte pas grand-chose. Ça laisse surtout au patronat, la possibilité de rester ferme.

Ce qui se passe en Guadeloupe illustre bien cette tactique. Le gouvernement met un peu d’huile dans les rouages, mais le MEDEF persiste. En donnant l’apparence d’arbitrer, l’Etat protège les intérêts du patronat. Il en fut de même le 18 février. L’Etat lâche quelques os à ronger, morigène Parisot, mais ce garde bien lui-même de faire porter l’effort sur les salaires. C’est évidemment là la clé de voute qu’il ne s’agit pas d’ébranler. En quelque sorte, l’augmentation du chômage, qui risque de devenir exponentiel, va peser de plus en plus durement sur le mouvement social, laissant aux pouvoirs, politique et économique, de larges marges de manœuvre.

Mais les amortisseurs ne suppriment pas les bosses et les trous. Combien de temps la machine sociale va-t-elle résister aux chaos ? Ce qui a fait la force du mouvement guadeloupéen c’est son caractère global : il a été à la fois économique et politique. Avec certes des fragilités et des ambigüités. Mais en remettant en cause la forme politique de domination qui sévit aux Antilles, le LKP a permis d’unifier toute une population, ce que n’aurait pas pu faire un mouvement uniquement économique.

C’est la grande faiblesse du mouvement dans l’hexagone. Il n’a aucun relai politique, ou tout du moins ni la politique de relance par la consommation souhaitée par la gauche parlementaire, ni les appels à la grève générale par l’extrême-gauche, ne permettent aujourd’hui d’unifier un salariat qui sent bien qu’aucune de ces alternatives n’est adaptée à la situation.  L’état de la gauche politique est ainsi le principal obstacle à la mobilisation sociale.

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