Avertir le modérateur

21/02/2009

Tintin chez les Békés

Etonnante déclaration de Besancenot en Guadeloupe : « Nous sommes venus ici pour apprendre et faire là-bas ce que vous avez fait. Vous allez nous expliquer comment vous avez fait afin qu'on fasse la même chose là bas parce que les 200 euros on en a bien besoin, parce que la répartition des richesses pose aussi problème chez nous. » Il est vrai que la classe ouvrière hexagonale ne sait pas faire. Elle a besoin « d’apprendre » ( !) Quel mépris pour ces dizaines de milliers de responsables syndicaux de l’hexagone. Besancenot va donc, dès son retour, leur expliquer comment faire. Puéril et arrogant !

 

Il y aurait pourtant mille autres enseignements à tirer de cette lutte. Et d’abord qu’il n’est pas si facile (comme le croit ce benêt de Besancenot) de faire céder le patronat. Si au bout de pratiquement un mois de grève, il persiste à ne pas vouloir céder c’est qu’il escompte bien que ce mouvement n’ira pas à son terme. Parce qu’il ne s’agit pas que d’une question sociale mais également d’une question politique. Parce qu’il y a en place ici, depuis des lustres, une gouvernance dans laquelle gauche et droite sont complices. Une gouvernance qui s’appuie sur un système clientéliste avec toute cette politique d’assistanat qui profite au patronat local et qui craque aujourd’hui face à la crise.

 

C’est bien pourquoi c’est à l’Etat auquel finalement tout le monde s’adresse. Mais qu’est-ce que l’Etat peut faire sinon proposer des mesures pour reconduire ce système. Le drame des Guadeloupéens, c’est qu’ils ne peuvent à eux seuls, changer la gestion politique de leur île. A moins de prendre le pouvoir, jeter les békés et les politiciens de tous les bords à la mer, et déclarer l’indépendance. Pure fiction évidemment et vaine solution.

 

La réponse à la question guadeloupéenne se trouve en France. C’est celle d’un changement de politique ; de la construction d’une alternative viable au capitalisme. Tout mouvement social qui pourrait démarrer en France sans avoir en tête cette question là se retrouverait devant les mêmes impasses.

19/02/2009

Le minimum syndical

Sarkozy est apparu bien terne, hier soir. Sa chance c’est qu’il a affaire à un « mouvement social » sous contrôle, ou tout du moins qui n’a pas d’autre expression actuellement que ce que veulent bien dire et faire les directions syndicales confédérales. Aucun plan social, aucune délocalisation, aucune fermeture d’entreprise, aucune mesure de chômage technique n’a donné lieu à une quelconque riposte locale d’envergure. C’est la caractéristique principale de cette situation sociale : la base est muette ou presque. C’est bien pourquoi le patronat fait la sourde oreille à la principale revendication : l’augmentation des salaires.

 

Pourtant la journée du 29 janvier a montré des potentialités, mais le mouvement manque de perspectives, bloqué qu’il est par une indéniable impasse politique. Car il faut bien le reconnaître, malgré la crise et  un pouvoir déstabilisé par une situation qu’il n’avait pas prévue, la gauche dans son ensemble n’a aucune offre politique à faire. C’est bien pourquoi les salariés ne peuvent s’en remettre qu’aux confédérations syndicales en espérant que le pouvoir lâche du lest à doses homéopathiques. C’est ce qu’a fait hier Sarkozy, s’en limitant qu’au strict nécessaire.

 

Comment tout ça peut-il tourner ? Peut-on voir des situations à la « guadeloupéenne » surgir dans l’hexagone ? On ne peut rien exclure mais ce n’est pas la tendance. Il y a eu trop de défaites sociales ces dernières années, les rangs syndicaux ont été trop décimés, la gauche a tellement déçu ses électeurs, et la crise qui n’en est qu’à son début pèse tant sur les esprits, qu’il est, dans l’immédiat, inimaginable d’espérer des mouvements de l’ampleur de ceux de 1995 ou de 2004. On l’a bien vu avec ce qui s’est passé pour les lycéens. Le pouvoir quand il sent que ça prend, se défausse. Il va faire certainement de même avec les chercheurs. C’est dans l’immédiat une tactique payante.

 

Les Européennes de juin peuvent-elles être un élément d’accélérateur ? On se demande bien pourquoi les électeurs se précipiteraient sur ce scrutin sans conséquence sur la politique française. Il est probable que l’abstention sera massive. Que faire alors ? C’est bien dans les syndicats, puisque c’est eux qui ont les cartes en main, qu’il faut s’investir. Le moindre lest lâché par le pouvoir n’est pas négligeable. C’est un encouragement pour aller plus loin. C’est apparemment ce qui va se passer en Guadeloupe, même s’il a fallu un mort pour que le gouvernement réagisse.

18/02/2009

Mort d’un syndicaliste

Ce qui devait arriver est arrivé. Le gouvernement ayant choisi de ne rien faire, peu à peu les dirigeants  du LKP perdent la maîtrise du mouvement qu’ils avaient magnifiquement contribué à construire. La jeunesse désespérée, qui manifeste ici à l’égard de la « métropole » le même ressentiment que les jeunes des banlieues populaires de l’hexagone, va, par ses actions inconsidérées, contribuer à pourrir une situation délicate. Ce premier mort, un syndicaliste de la CGT, c’est une victoire pour Sarkozy, dont la non-intervention criminelle entraîne le mouvement à s’autodétruire sans que le pouvoir central cède sur l’essentiel.

 

Elle l’est d’autant plus que les syndicats hexagonaux ne se bousculent pas pour apporter leur soutien à ce mouvement. Avec la gauche parlementaire s’est pire encore. Il est vrai que le LKP est dix pas en avant concernant son programme et ses méthodes d’action par rapport à la plateforme unitaire intersyndicale du 29 janvier et qu’en soutenir les revendications reviendrait à considérer que les « Français » sont décidément bien timorés ». En somme personne n’a intérêt à ce que ce mouvement guadeloupéen gagne, ni Sarkozy, ni la « gauche ».

 

C’est dans cette brèche béante que s’engouffre aujourd’hui le NPA. Crédité de 9 % aux Européennes, bénéficiant d’une couverture médiatique incroyable, son congrès ayant plébicité l'orientation "révolutionnariste" de "Che" Besancenot, le NPA surfe sur cette colère qui n’a d’autre expression possible, dans ces conditions, que la violence désordonnée et aveugle. Le NPA avait déjà soutenu ce type de manifestation en Grèce le mois dernier. Aujourd’hui, c’est « la Guadeloupe qui montre la voie ». Mais quelle voie ? Celle de l’action unitaire du mouvement ouvrier guadeloupéen ou celle de jeunes lumpenprolétarisés qui tirent sur des syndicalistes ? Le NPA n’a évidemment aucune responsabilité dans ce qui vient de se passer. Mais son orientation politique du « tout ou rien » l’excuse en quelque sorte.

 

Le mouvement syndical, la « gauche » parlementaire et la « gauche de gauche » doivent adopter une attitude commune : exiger que Sarkozy cède sur la principale revendication des travailleurs guadeloupéens. Au lieu de jouer les boutefeux, le NPA devrait sans relâche militer pour que cette initiative commune se mette en place. Sinon, c’est la gauche entière d’Aubry à Besancenot qui sera coresponsable de la défaite des salariés antillais.

17/02/2009

NPA et PG condamnés à ne pas s’entendre

« Les Antilles préfigurent ce qui couve ici en métropole et seuls les frivoles l’ignorent. Une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine. » Ce n’est pas du Besancenot ou du Laguiller (ça pourrait l’être) mais du Mélenchon sur son blog. Usé jusqu’à la corde de thème de la goutte d’eau, ou de l’étincelle – après avoir vu un « soulèvement populaire en Grèce », Besancenot n’a plus d’yeux que pour la Guadeloupe –  fait florès parce que ces deux « leaders » n’ont pas grand-chose d’autre à vendre. Et que se passerait-il s’il advenait que leur « prophétie » se réalise ? Pour le premier l’alternative c’est « socialisme ou barbarie », comme en 1914, comme en 1939. Pour le second, il faudra aller aux urnes et élire une majorité anticapitaliste. Oui, oui ! Mélenchon a viré à l’anticapitalisme.

 

Aussi dérisoire l’un que l’autre ces deux « logiques » attirent néanmoins des dizaines de milliers de partisans. Il y a deux ans, les mêmes ou à quelque chose près, s’amourachaient de la fée Ségolène Clochette. Les temps sont donc aux pétards mouillés. Le mouvement social a du souci à se faire. Il aura beau lutter, mobiliser, faire descendre des centaines de milliers, des millions de salariés dans la rue, il n’aura aucun débouché politique à se mettre sous la dent. Cette béance en limitera d’autant la force. On le voit déjà en Guadeloupe où le mouvement a atteint son zénith et n’a guère d'issue de sortie puisque l’Etat n’est pas près à céder.

 

La question de « l’unité » ne peut pas se poser autrement qu’en regard de ces deux orientations. Pour Besancenot cette unité n’a aucun intérêt puisque, croit-t-il, le mouvement de masse va bientôt déferler et tout emporter sur son passage : « une seule solution, la révolution ! » Pour Mélenchon en revanche l’unité est une nécessité absolue. Comment parvenir à une majorité électorale sans passer des accords avec le PCF, le NPA, Lutte ouvrière (qui va faire cavalier seule aux Européennes, comme le NPA)… dans un premier temps, puis avec les Verts et à terme avec le PS : « une seule solution, les élections ! »

 

 « Crétinisme révolutionnaire » d’un côté, « crétinisme parlementaire » de l’autre. Deux « logiques » contradictoires. La raison voudrait qu’une unité à minima se réalise au moins pour ces Européennes. Cela permettrait de réfléchir, à tête reposée, en faisant appel à l’intelligence, pour bâtir un programme crédible pour ces millions de salariés qui voudraient se débarrasser de Sarkozy. Mais las ! Ni le NPA, ni le Parti de Gauche ne veulent renoncer à leurs illusions respectives. Il est à craindre que nous en ayons ainsi pour plusieurs années à désespérer de la « gauche de gauche », jusqu’à ce que les sociaux libéraux reprennent la main. Car tôt ou tard, le balancier reviendra de leur côté.

14/02/2009

Sarkozy fait profil bas

Depuis plusieurs mois, Sarkozy n’a pas d’autres solutions que de tergiverser, de détourner l’attention, de jouer sur les amortisseurs sociaux. Il a aussi assez clairement fait entendre aux patrons qu’ils ne pourront pas continuer trop longtemps à faire la sourde oreille aux revendications salariales. Mais l’Etat ne fera pas le premier pas. Tous, patrons ou Etat, craignent la contagion. Et pour beaucoup d’entreprises les marges de manœuvre sont également étroites et les salariés le savent.

 

C’est bien pourquoi on voit très peu de lutte ou grève dans les entreprises sur cette question du pouvoir d’achat. Et c’est pourquoi aussi le préalable à la mobilisation s’est toujours l’unité de toutes les organisations ouvrières, comme on a pu le voir le 29 janvier dernier. C’est ce qui s’est passé en Guadeloupe. C’est un même collectif unitaire qui vient de se mettre en place à la Réunion avec la même revendication centrale de 200 euros d’augmentation pour tous les bas salaires.

 

Une telle orientation du mouvement social peut-elle devenir majoritaire en France ? Non, parce que la pression sociale est, dans l’immédiat, beaucoup moins importante dans la « métropole » et que les catégories sociales dont les conditions de vie ressemblent à celle des départements d’outremer – dans les quartiers populaires de banlieues – sont trop extérieur au mouvement syndical. Il n’est qu’à voir le « silence assourdissant »  des confédérations syndicales par rapport à cette situation que connaissent les salariés d’outremer.

 

Quelle issue ? Des « dérapages » sont désormais envisageables. La tension sociale se double en effet d’une tension « raciale » un peu à l’image de ce qui s’était passé en Nouvelle-Calédonie dans les années 80. Sarkozy ira-t-il jusqu’à employer la force ? Il est trop tôt pour le dire, mais il faut d’ores et déjà l’envisager. Mais peut-être aussi cédera-t-il, du moins sur le principe, mais pour que cela apparaisse d’abord comme la résolution d'un problème spécifique à l’outremer, d’où la création de ce « comité interministériel ». Car le problème de Sarkozy, ce n’est pas les « îles » mais la France.

12/02/2009

L’unité à abattre

C’est par 467 pour, 94 contre, 52 abstentions que la résolution Européenne été adoptée au congrès de fondation du NPA. Ce vote ne souffre aucune contestation. Avec une majorité aussi docile, la direction du NPA peut faire voter n’importe quoi à ses troupes, nul doute qu’elles suivront. Cette résolution n’est que la conclusion d’un « processus constituant » qui a consisté à éliminer systématiquement toute dissidence par un discours « révolutionnariste » d’une telle indigence que tout amendement était vain.  Tous ceux qui s’y sont risqués en ont été pour leur frais.

L’orientation sur l’Europe a été conçue exactement de la même façon. C’est expressément une machine de guerre pour exclure a priori de tout accord le PCF, le Parti de Gauche et les antilibéraux. Elle est inamendable. Voici les preuves :

La base programmatique est un « plan d’urgence pour l’Europe » de rupture avec le capitalisme. Pour ceux qui n’auraient pas compris, on le réaffirme quelques paragraphes plus loin : « L'unité doit porter un projet anticapitaliste au contenu précis en rupture avec le système. » Evidemment c’est un peu vague, alors on donne ces deux précisions qui arrivent là un peu comme des cheveux sur la soupe.

Je cite toute la phrase pour vous donner un peu une idée du type de production dont est capable ce parti :  L’unité « doit se retrouver sur le terrain, dans les luttes sociales et écologiques, contre la casse sociale, contre le démantèlement du droit du travail et des services publics, contre le productivisme, la marchandisation du vivant, pour la sortie du nucléaire. La crise du capitalisme exploiteur et productiviste est une crise de civilisation que la démarche électorale seule ne pourra résoudre»

J’ai souligné les deux « précisions » qui comptent. Elles ont été placées là uniquement dans le but d’exclure le PCF et le Parti de gauche de tout accord. Elles n’ont pas d’autres fonctions. Mais apparemment ce n’était pas assez, alors on enfonce un peu plus encore le clou.

Cette unité (comme si ils avaient ça en tête) ne doit pas être « un cartel électoral sans lendemain mais un instrument pour les luttes des travailleurs, et qui ne se limite pas aux élections européennes, mais s'étende aux élections régionales qui suivent de quelques mois à peine, toujours dans l’indépendance vis-à-vis du PS, parti qui, par son programme et sa pratique, s’inscrit dans la gestion du capitalisme et a renoncé à toute transformation sociale. »

Appréciez le style ! Où ces gens ont-ils appris à écrire. Mais l’important c’est évidemment d’en rajouter une couche. Puisque l’on sait pertinemment que le PCF conclura des accords avec le PS aux régionales, on met ces régionales dans le panier. Ainsi on verrouille pour n’ouvrir aucune fenêtre à une éventuelle négociation. Du beau travail d’orfèvre.

 

 Le sondage

Olivier Besancenot meilleur opposant à Nicolas Sarkozy ? C'est une des conclusions d'un baromètre Opinionway pour Le Figaro et LCI rendu public jeudi 12 février. Selon cette étude, effectuée sur Internet auprès de 1 021 personnes les 11 et 12 février, le leader du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) est considéré comme le mieux à même de faire face au chef de l'Etat par 23 % des sondés. C'est la cinquième fois consécutive que le leader du NPA domine la liste des opposants au chef de l'Etat, selon les données d'Opinionway. Il devance Martine Aubry (13%), Ségolène Royal (6 %) et François Bayrou (6 %).

En outre, 47% des Français estiment que le NPA constitue une menace pour le Parti socialiste, contre 51 % qui sont d'un avis contraire. Pour 61 % des personnes interrogées, le nouveau parti impulsé par M. Besancenot ne devrait pas participer à un "front de gauche" aux élections européennes avec le Parti de gauche de
Jean-Luc Mélenchon et les communistes.

Pour 22 % des sondés, enfin, le PS devrait s'allier avec les autres partis de gauche (PC, Verts, PRG), y compris le NPA d'
Olivier Besancenot. 11 % prônent la même alliance, mais sans le NPA, tandis que 15 % préféreraient un accord avec François Bayrou.

 

Olivier B. et ses groupies

Au NAP on affiche un anti-sexisme et un antiracisme militant. Mais comme beaucoup de chose au NPA c’est uniquement de l’esbroufe. La preuve : lors du congrès qui exigeait que le choix des délégués se fasse à parité égale homme/femme, au moment de l’élection de la direction on s’est retrouvé avec 75 % de candidatures uniquement masculines. Ce qui est normal puisque les femmes représentent à peine 30% des effectifs du parti.

 

Pour corriger le tir, et pour que cette direction soit paritaire, on a donc arbitrairement fait élire 50 femmes qui n’étaient pas candidates et dont les candidatures, par ce fait, n’ont pas été validées par les sections locales. En revanche, aucun risque que le petit groupe autour de Besancenot, qui dirige réellement la baraque, s’applique à lui-même cette procédure. Dans ce groupe il n’y a qu’une femme, une ancienne permanente de SUD, une jeune apparatchik, très décriée d’ailleurs dans les rangs de son syndicat.

 

Quant à la question de la présence à cette direction de « représentants de la diversité », on a rien pu faire. Là les chiffres ne sont même pas communiqués, ce qui donne une petite idée du type d’implantation du NPA. Mais tout ça n’est pas nouveau. La LCR était comme ça, et les groupes venus de Lutte ouvrière avaient la même composition sociologique. Plus que tout discours, c’est l’illustration la plus éclatante que le NPA n’a de « nouveau » que le nom. Ce n’est pas demain la vieille que l’on verra une Ségolène Royal ou une Martine Aubry s’imposer dans ce parti.

10/02/2009

Un « soviet » en Guadeloupe

Le LKP (« Liyannaj-Kont-Pwofitasyon ») qui  est à l’origine de la mobilisation des travailleurs guadeloupéens réunit une cinquantaine d'organisations. Voici leur cahier de revendications.

 

1- NIVEAU ET CONDITIONS DE VIE

- Un relèvement immédiat et conséquent d’au moins 200 €, des bas salaires, des retraites et des minima sociaux afin de relancer le pouvoir d’achat, de soutenir la consommation des produits guadeloupéens et plus généralement la demande.
- Le relèvement immédiat du SMIC, des salaires du secteur privé, des traitements de la fonction publique, du minimum vieillesse, des minima sociaux.
- Un salaire minimum guadeloupéen calculé sur le coût réel de la vie en Guadeloupe.
- Création d’un bureau d’études ouvrières, chargé de calculer l’évolution des prix des produits réellement consommés par les travailleurs.
- Réductions d’impôts fondées sur la justice fiscale.
- Baisse significative de toutes les taxes et marges sur les produits de première nécessité et sur les transports.
- Baisse des taux de la taxe sur les carburants.
- Suppression de la taxation des produits locaux

Logements

- Gel des loyers pour une période indéterminée et pour l’année 2009 l’annulation de l’augmentation de 2,98%
- L’arrêt des saisies immobilières des propriétés des guadeloupéens et restitution des biens
- Un plan quinquennal pour résorber l’habitat insalubre
- Un vaste programme de construction de logements sociaux et intermédiaires.

Environnement

Contamination des terres par la chlordécone :
- Définition de mesures sanitaires pour protéger les populations des zones contaminées ;
- Indemnisation des victimes professionnelles et civiles.

Transports

- Mise en place d ‘un véritable service de transport des usagers.
- Engagement d’un audit indépendant sur les modalités de constitution des Groupements et d’attribution des marchés ;
- Révision des conditions d’exécution des marchés envers les usagers (abris bus, arrêts matérialisés, gares routières, poteaux d’indications des horaires de passage des bus)
- Réhabilitation et indemnisation des Transporteurs déclarés ‘’clandestins’’
- Révision des conditions d’exécution des marchés par les groupements vis-à-vis des transporteurs (mise en fonction de la billetterie, fixation du prix à verser par chaque sous-traitant en fin de mois)

 

2 - EDUCATION

- Mise en place dans l’immédiat d’un moratoire de 4 ans en ce qui concerne la réforme du recrutement des enseignants, le temps de permettre la mise en place par l’U.A.G. des masters de professionnalisation et les sorties des premières promotions.
- Acter dans ce cadre un plan de titularisation des contractuels pour palier les besoins de recrutement.
- Maîtrise de la gestion des postes et des personnels en Guadeloupe pour mettre en place une
politique de l’emploi et de la formation conforme à nos besoins.
- Disposer d’un pouvoir décisionnel en matière de programmes, d’orientation, d’éducation de gestion des ressources, de la mise en place d’un plan de titularisation des personnels contractuels et des contrats aidés.

 

3 - FORMATION PROFESSIONNELLE

- Création d’une structure assurant un véritable service public de la formation professionnelle : le CRFP ne constituant pas une réponse à la hauteur des enjeux.
- Augmentation des fonds alloués à la formation professionnelle - Minimum 100 millions d’euros.
- Création de filières de formation professionnelle liées à tous les secteurs stratégiques pour le développement de la Guadeloupe et adaptées à nos réalités avec production de référentiels spécifiques (Agriculture, Environnement, Energies renouvelables,…)
- Plan de formation obligatoire dans toutes les entreprises et particulièrement dans les entreprises de moins de 10 salariés.
- Mise en place d’un dispositif d’accompagnement et de formation pour un chômeur ou un travailleur dans le cadre de la création d’activité.
- Création d’un Fonds d’urgence pour la formation professionnelle alimenté par les remboursements des trop perçus de la SARA.

 

4 - EMPLOI

- Priorité d’embauche pour les Guadeloupéens.
- Embauche obligatoire de Guadeloupéens dans toutes les entreprises qui bénéficient d’aide publique.
- Mise en place d’un avenant régional à la prochaine convention Unedic en vue d’améliorer et d’élargir les conditions d’indemnisation du chômage en Guadeloupe : revalorisation des allocations de chômage en montant et en durée (moins du ¼ des chômeurs de Guadeloupe ont droit à ce jour à l’ARE).
- Respect de l’obligation de recrutement des Travailleurs Handicapés
- Arrêt de la déprogrammation des fonds de la formation professionnelle
- Ouverture des financements de la formation professionnelle à tous les chômeurs et non plus uniquement aux seuls indemnisés au titre de l’ARE & instauration d’un crédit annuel de formation pour chaque chômeur.
- REHABILITATION DU FONDS SOCIAL de l’ex ASSEDIC pour les situations individuelles.
- Limitation du CDD à 6 mois renouvelable une fois, à l’issue du renouvellement, embauche du salarié.
- Limitation du recours aux sociétés d’intérim à 5% des contrats du secteur marchand.
- Embauche prioritaire à l’issue d’un contrat en alternance.
- Obligation d’embauche des travailleurs handicapés au lieu du paiement de la pénalité prévue par la loi.

Contre les LICENCIEMENTS

- Participation des représentants des salariés dans les instances dirigeantes de l’entreprise avec voix délibératives.
- Plan social, reclassement et formation obligatoire quel que soit le nombre de licenciés et l’effectif salarié de l’entreprise.
- Réintégration de droit des licenciés pour faute, suite à la décision de justice ne confirmant pas la faute et systématisation du droit à la réparation.
- Remboursement par l’entreprise des aides publiques perçues en cas de licenciement économique.

 

5 - DROITS SYNDICAUX ET LIBERTES SYNDICALES

- Obligation d’un Accord de Branche ou d’Entreprise avant toute autorisation de travail le dimanche
- Mise à disposition d’une Maison des Syndicats à Jarry
- Négociation d’un Accord de Branche et Interprofessionnel sur l’exercice du droit syndical, la représentativité, la représentation de Branche, l’emploi
- Régularisation des travailleurs en situation irrégulière.
- Négociation de Convention Collective dans tous les secteurs.
- Renforcement de moyens des Inspecteurs et Contrôleurs du travail.
- Mise en place et respect du comité d’hygiène, de sécurité et de conditions de travail dans toutes les entreprises.
- Mise en place de délégué du personnel dans toutes les entreprises d’au moins 5 salariés.
- Représentation des syndicats de Guadeloupe dans les entreprises et les organismes paritaires, (ASSEDIC-Sécurité Sociale-CAF- AGEFOS-PME-FONGECIF…)
- Liberté de participation de syndicalistes extérieurs au Comité d’Entreprise et aux Négociations Annuelles Obligatoires
- Extension systématique des Accords Collectives de Guadeloupe à l’ensemble de l’archipel,
- Reconnaissance du 27 Mé, jour férié, chômé et payé.
- Droit à l’organisation de formation syndicale ouverte à toutes les organisations syndicales de Guadeloupe.
- Budget formation alloué aux syndicats dans le cadre de la formation syndicale
- Annulation et Arrêt des poursuites pénales en matière d’action syndicale.

 

6 - SERVICES PUBLICS

Création et préservation de véritables services publics dans les secteurs stratégiques (eau, transport, énergie électrique et fossiles, traitement des déchets, prévention et sécurité civile, crédit…) au service de la population et des besoins économiques du pays, comprenant au sein des instances dirigeantes des représentants des usagers et des travailleurs.

- TRANSPARENCE sur la fixation des prix de l’eau, des transports, des carburants, des loyers, du gaz, de l’électricité, des nouvelles technologies de l’information et de communication
- Baisse immédiate de 50 centimes du prix des carburants
- Baisse du prix de l’eau, du prix de transport de passagers, du prix des communications.

EAU

- Distribution de l’eau en qualité et en quantité sur l’ensemble du territoire.
- Fixation d’un prix unique sur l’ensemble du territoire.
- Facturation en fonction de la quantité réellement consommée.
- Remplacement du réseau vétuste (plus de 50 ans).
- Révision du mode de calcul de l’assainissement des eaux usées.
- Suppression de la majoration de 12 € pour retard de paiement. SANTÉ

- Ouverture des négociations portant sur l’équilibre de l’offre de soins entre le Public et le Privé, entre Etablissements Privés et sur l’ensemble du territoire ;
- Résorption des déficits structurels des Hôpitaux ;
- Engagement des procédures pour la reconstruction du CHU ;
- Révision du système d’évaluation des budgets dans le public et le privé.

 

7 - PRODUCTION

Volet Agricole

- Maintien et aménagement du foncier agricole (eau d’irrigation, voiries, téléphone, électricité) afin de créer des entités de production viables et en constante recherche d’autonomie.
- Finalisation de la mise à disposition des 32 hectares de terre pour la réalisation du projet porté par « Kè a Kanpech ».
- Maintien du traitement des dossiers collectifs par les SICA et Groupements de producteurs.
- Exonération de la taxe foncière au profit des exploitants agricoles sur l’ensemble du territoire.
- Suppression des taxes sur les engrais, désherbants, semences, aliments de bétail et gasoil etc.., destinés à la production agricole.
- Paiement des aides aux agriculteurs.
- Prise en compte de la valorisation de tous les co-produits issus de l’agriculture comme partie intégrante de la richesse produite par l’exploitation agricole (ex : bagasse pour l’énergie etc..).
- Mise en place de mécanismes fiscaux et douaniers pour développer la préférence guadeloupéenne.

Volet Pêche

- Suppression immédiate de toutes les taxes perçues sur les matériels, révision du coût des intrants.
- Révision immédiate du texte concernant les exonérations au titre de l’URSSAF pour les marins pêcheurs embarqués seuls.
- Mise en place d’un plan de formation des professionnels et des jeunes aux différentes activités de la pêche, aux acquisitions des techniques de capture nouvelles, aux utilisations de matériel électronique embarqué, aux techniques de conservation et de vente.
- Traiter les problématiques, conditions de vente en gros et au détail réalisé par les marins pêcheurs, produits d’importation, groupements d’intérêt économique, organisation des producteurs.
- Traiter les problématiques d’aménagement portuaire, points d’avitaillement, zone d’entretien des navires, zone de stockage des matériels.
- Mise en place d’une plate-forme de rencontres et d’échange avec les professionnels de la Caraïbe.

 

8 - AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ET INFRASTRUCTURES

La maîtrise foncière

- Fixer à 50 000 ha la surface agricole incompressible sous forme de ZAP (Zone Agricole Protégée) et mise en place d’une commission d’évaluation et de contrôle annuel.
- Favoriser l’installation des jeunes diplômés sur des exploitations viabilisées (350 dossiers en attente).
- Protection du patrimoine écologique de la Guadeloupe (forêt, mangrove,…)
- Arrêt de toutes spéculations immobilières et de la discrimination privant les Guadeloupéens du droit à l’accession à la propriété dans leur pays.
- Arrêt d’implantation de nouvelles stations services
- Arrêt de l’implantation et de l’extension des grandes surfaces
- Arrêt définitif du projet d’implantation d’un circuit automobile « Vigie Gate » à Anse Bertrand.
- Publication de tous les baux passés par les collectivités locales avec des particuliers et/ou des structures privées, à propos de la mise à disposition des terres achetées par ces dites collectivités

Un développement équilibré du territoire

- Rééquilibrage des territoires pour harmoniser l’organisation, la complémentarité et la répartition des activités sur l’ensemble du pays.
- Renforcement de pôles secondaires complémentaires aux pôles principaux (Région Pointoise et Basse Terre).
- Redynamisation des bassins de vie par le développement économique d’activités de terroir (exemples : agro-transformation, pêche…).
- Dynamiser et valoriser les îles en s’appuyant sur leur identité culturelle.
- Redynamiser les quartiers et les bourgs susceptibles de développer l’emploi de proximité.

Les infrastructures

- Dynamiser l’habitat social au travers d’un recensement des besoins égalitaire et concerté (Région – Etat- Mairie).
- Réaliser un recensement des besoins en logements, établissements scolaires, crèches, équipements sportifs, maisons de quartier afin d’y pourvoir par-delà toute prétention politicienne et électoraliste.
- La création d’une pépinière artisanale et agricole qui serait la vitrine de nos produits du terroir
- Le développement urgent de réseaux de transport secondaires : maritime, inter-iles, intercôtiers..
- Mise aux normes parasismiques de tous les établissements et infrastructures publics (écoles, hôpitaux, ponts…)
- Arrêt du projet d’implantation du port en eaux profondes.

9 - CULTURE (KILTI)

- Prise en compte dans la programmation des medias de la langue et de la culture guadeloupéenne par la présence de représentants des associations culturelles dans les conseils d’administration.
- Favoriser le développement d’entreprises et associations d’insertion culturelle.
- Réhabilitation des lieux de mémoire populaire par l’adressage (non a lari).
- Création d’un institut culturel « Papa Yaya » à Capesterre Belle Eau.

 

10 - ARÉTÉ PWOFITASYON

- Rachat par les Collectivités du patrimoine foncier de Kalenda en vue de la création d’une unité hôtelière de luxe et du reclassement des salariés licenciés d’Anchorage et Kalenda.
- Restitution du patrimoine (financier, mobilier et immobilier) des mutuelles liquidées en Guadeloupe.
- Dessaisissement de l’administrateur provisoire (M.BORGAT) du dossier des mutuelles.
- Domiciliation des paiements de France Télécom, EDF…, dans les banques installées en Guadeloupe.
- Poursuites pénales pour les infractions relevant d’abus de position dominante, d’entente illicite et de publicité mensongère.
- Poursuite contre les Responsables des massacres de mai 67 à
Pointe à Pitre et réparation des préjudices aux victimes et ayant-droits.
- Transparence et baisse des coûts des services et des taux pratiqués par les banques et par les établissements de crédit.
- Priorité et facilité d’accès au marché et aux aides publiques pour les entreprises Guadeloupéennes.
- Arrêt des abominations à l’encontre des travailleurs étrangers.
- Résolution de tous les conflits en cours.

 

Peuple de Guadeloupe, ouvriers, paysans, artisans, retraités, chômeurs, entrepreneurs, jeunes, LIYANNAJ KONT PWOFITASYON est notre construction, notre idée, notre outil, notre conscience.

Liyannaj kont pwofitasyon c’est nous !!! An nou bay lanmen pou ba’y sans é pouvwa…

Que partout dans les bourgs, les villes, les campagnes, le peuple envahisse les rues !!

Nou péké konstwi on sosyété nèf si nou rété anba dominasyon é pwofitasyon kapitalis é kolonyalis.

La Gwadloup sé tan nou, La Gwadloup a pa ta yo, Yo péké fè sa yo vlé an péyi an-nou

LA liste des syndicats du collectif Liyannaj kont pwofitasyon : ADIM - AFOC – AGPIHM - AKIYO – AN BOUT’AY - ANG - ANKA – ASSE - ASS.AGRICULTEURS DU NORD BASSE-TERRE – ASS.LIBERTE EGALITE JUSTICE - CFTC - CGTG – CNL - COMBAT OUVRIER – COMITE DE L’EAU - CONVENTION POUR UNE GUADELOUPE NOUVELLE – COPAGUA – CSFG - CTU – ESPERANCE ENVIRONNEMENT – FAEN SNCL - FO – FSU – GIE SBT - KAMODJAKA - KAP Gwadloup - LES VERTS - MADICE – MAS KA KLE - MOUVMAN NONM - PCG – SGEP/SNEC/CFTC - SOS B/Terre ENVIRONNEMENT - SPEG - SUD PTT GWA – SUNICAG - SYMPA CFDT - TRAVAYE é PEYIZAN - UDCLCV - UIR CFDT – UNSA - UGTG - UPG - UPLG - UMPG – VOUKOUM.

08/02/2009

Le NPA à contre-courant

Qui a mobilisé le 29 janvier ? Qui s’apprête à le faire de nouveau ? Dans sa résolution politique, le NPA n’avait pas du tout envisagé que la mobilisation de quelque 2 millions de salariés passe par les syndicats. Pas étonnant, hormis chez les enseignants, le NPA comme feu la LCR cultive une telle extériorité au mouvement ouvrier qu’il est bien incapable d’en saisir les rythmes de mobilisation et les capacités à réagir. Le NPA traîne il est vrai le vieil héritage trotskiste qui a trop souvent regardé le mouvement syndical comme un ennemi, prétextant sa prétendue « intégration à l’appareil d’Etat ».

Il faut quand même savoir que dans les premières moutures des textes d’orientation on opposait systématiquement le mouvement syndical définitivement « passé de l’autre côté », comme l’avait dit un camarade de Pessac lors d’une rencontre des salariés du NPA, au « mouvement social ». Je sais bien comment on va se tirer de cet embarras. On mettra ce sursaut sur le compte de la « pression des masses ». Sauf qu’il n’y avait pas de pression et que c’est l’accord unitaire « au sommet » qui a déclenché cette « radicalisation » et surement pas l'agitation de l’extrême-gauche.

La question d’un cavalier seul du NPA aux Européennes participe de la même fausse analyse. Le NPA va faire le choix d’y aller seul, à contre-courant de ce qu’espèrent de nombreux travailleurs, chômeurs, retraités. Le prétexte s’est d’obtenir un accord qui aille bien au-delà des Européennes et qui inclut la non-participation à toute forme d’alternative avec le PS. Lors du référendum contre le TCE, cette clause n’existait pas. Et pour cause, elle aurait exclu les électeurs et les militants du PS qui s’étaient déterminés pour le « non ». Mais pendant qu’il y est, le NPA devrait mettre dans son accord le nécessaire ralliement à la révolution de tout partenaire potentiel. Et pas à n’importe quelle hypothèse : la sienne.

Conçu à l’origine pour être le creuset large d’une fédération de courants anticapitaliste, le NPA se recroqueville sur une orientation sectaire et donc excluante. Une fois de plus le trotskisme aura montré ses limites et gâché une belle occasion de construire autre chose que ce parti « groupie ». Mais le retour de bâton viendra, tôt ou tard.

05/02/2009

Le mouvement syndical a les cartes en mains

Qu’a-t-il dit ? Pas grand-chose. Que pouvait-il faire ? Pas grand-chose. Que pouvions-nous en attendre ? Rien. Nicolas Sarkozy n’avait pas prévu, à l’évidence, qu’il serait confronté à même pas deux ans de son élection à une telle crise, d’où son embarras. D’autant qu’il n’avait qu’une chose en vue il y a deux ans, imiter ce système anglo-saxon qu’il admirait tant. Quel choc pour lui de voir précisément ce système s’écrouler, car la crise est bien venue de ces pays-là, Etats-Unis, Royaume-Uni, Irlande et tous les autres qui avaient calqué leur économie sur ce modèle.

 

On comprend mieux dès lors qu’il n’ait pas de politique de rechange. Mais y en a-t-il une ? Lui et les autres pays sont à quelque chose près dans le même bain. Plus de vingt de « pur capitalisme », mais de croissance aussi, où les bénéfices ont été plus qu’inégalement répartis, ça laisse des traces. Les plus riches ne sont évidemment pas près à revoir à la baisse leurs anciennes exigences. Ce qui est gagné est gagné, pensent-ils. Et ce ne sont ni les belles phrases sur la « refondation » et la « moralisation » du capitalisme qui vont les faire changer d’avis.

 

Il y a une piste, évidemment, et c’est Sarkozy lui-même qui l’a évoquée : aller vers une autre répartition des fruits du travail. Nul doute que les oreilles du patronat ont dû siffler à cette évocation. En somme Sarkozy indique là les limites du pouvoir de l’Etat, mais également ce qu’il est, c’est-à-dire, le garant de la puissance publique. Vieux, très vieux conflit entre l’Etat et la société civile, c’est-à-dire la bourgeoisie. En somme, Sarkozy veut signifier au patronat : « l’Etat est votre protecteur, je fais des efforts considérables pour faire avaler au pays une forte réduction des dépenses publiques, mais n’en abusez pas. Jusqu’ici j’ai servi au mieux vos intérêts, faites un geste, lâcher du lest, je m’occupe du reste. »

 

Et c’est ainsi qu’intervient l’autre « partenaire ». On le disait moribond, en déclin, en crise. Il a montré le 29 janvier qu’il était toujours là. Sans cela d’ailleurs il n’y aurait pas eu cette prestation présidentielle plutôt embarrassée, beaucoup moins triomphaliste qu’à l’accoutumée. Cette fois, on prend au sérieux ce « vieux » mouvement syndical dont on se gaussait très certainement à l’Elysée, comme ailleurs, à gauche comme à droite. Sacré coup à jouer pour le mouvement syndical. Il a désormais les cartes en mains. Il est soutenu par la majorité de la population et qui plus est, il a l’aval du président pour pousser le patronat à céder sur ses profits. Belle revanche et qu’il faudra mettre à profit au plus tôt.

04/02/2009

Le NPA a-t-il une attachée de presse au Monde ?

Sylvia Zappi, que je ne connais pas personnellement (je l’ai eu une fois au téléphone), me cite dans son dernier article consacré au congrès de dissolution de la LCR. Et me voilà affublé du titre de « vrai trotskiste », alors même que je n’ai toujours refusé le trotskisme et tous ses avatars depuis que je milite, c'est-à-dire en gros quarante ans. Que j’ai été membre de cette organisation entre 1968 et 1986, puis de nouveau à partir de 2005, ne change rien à l’affaire. Ma démission en 1986 était sur les mêmes thèmes que ceux qui me font refuser radicalement aujourd'hui l’orientation du NPA. En 1986, je souhaitais déjà que l’on abandonne le « trotskisme » ; je le souhaitais plus ardemment encore aujourd’hui. Or à quoi assistons-nous, sinon à la reconduction de cette même et vieille ligne politique, mais cette fois-ci, camouflée.

C’est d’ailleurs là où ça devient gênant pour la journaliste du Monde, puisque tout l’article ne sert qu’à une seule chose : accréditer l’idée que la création du NPA c’est l’abandon du trotskisme, du moins sa variante LCR, le POI et LO en proposant d’autres. Or si l’on se donne la peine de jeter juste un œil sur les différentes orientations de la LCR et de les comparer avec celle du NPA, on est frappé par le fait qu’il s’agit toujours de la même orientation : « réussir mai 68 », contourner, déborder, le « vieux » mouvement ouvrier et lui opposer un « mouvement social » fantasmé.

Mais ce n’est pas tout, la petite clique qui dirige ce « processus constituant » entend bien nous enfoncer dans la tête que la LCR sera minoritaire dans le NPA et à sa direction. Ce sera vrai formellement, mais en réalité on retrouvera les mêmes à la manœuvre, c'est-à-dire la garde rapprochée de Besancenot, plus les anciens dirigeants de Voix des travailleurs et de la Fraction-L’Etincelle, deux scissions de LO. Il est donc assez marrant de trouver dans l’article, cette remarque : «  On y retrouve bien une poignée d'anciens de Lutte ouvrière ». Zappi oublie de préciser : « à la direction. »

Dernier élément. Zappi note ceci : « Le changement est visible : le profil militant a changé ; plus révolté et moins "intello". » C’est vrai, à cette différence près que ce ne sont plus des militants, mais des adhérents ; qu’ils n’ont aucune culture politique de ce qu’est le mouvement ouvrier, le syndicalisme et la lutte de classe, y étant pour la plupart extérieur. C’est en effet un changement de taille mais qui consacre la transformation d’une petite organisation gauchiste qui avait quelques attaches dans le mouvement ouvrier grâce au travail personnel de certains camarades, en petite force électorale qui tente une OPA sur l’électorat à la gauche du PS.

Les 4 vérités du NPA, plus une

L’engouement médiatique pour Besancenot a quelque chose de surprenant. Autant de nombreux journalistes peuvent partager ouvertement les idées de tel ou tel homme politique de « gauche » comme de droite, sans forcément être adhérent d’un de leur parti, autant il est exclu qu’un journaliste qui entretiendrait une proximité trop forte avec le NPA puisse se voir confier la tâche de le suivre. Et pourtant, Besancenot jouit d’un tel traitement de faveur dans les médias que ça en devient presque gênant.

 

N’ayant aucune inclinaison pour les théories du complot, j’exclus toute politique de manipulation. Non, ce qui fascine les journalistes chez Besancenot, c’est la même chose que ce qui les fascinait hier chez Le Pen, Laguiller et plus récemment chez Royal, c’est à dire la capacité de ces hommes et de ces femmes, sans gros moyens et partant de rien, à briser la chape de plomb d’un système politique verrouillé.

 

Mais dans les médias, Laguiller a toujours été traitée avec une certaine condescendance ; Royal a dû essuyer pas mal de quolibets ;  quant à Le Pen difficile d’affirmer qu’il a toujours été le bienvenu dans les rédactions. Avec Besancenot, rien de tout cela, ça confine même au délit de « bonne gueule ». Il est vrai que le NPA ne fait courir aucun danger à la démocratie parlementaire et au capitalisme. Néanmoins, peut-être est-il nécessaire d'établir 4 vérités (plus une) sur le NPA.

 

L’abandon du trotskisme. Voilà une thématique qui plait. La dissolution de la LCR serait la preuve que ce courant a été capable de faire ce que les socialistes n’ont pas su faire, rompre avec un certain « archaïsme ». Or l’orientation du NPA n’est ni plus ni moins la même orientation que celle de la LCR depuis 40 ans. On pourrait la résumer ainsi : réussir ce qui a échoué en mai 1968. Quelle nouveauté !

 

Un « parti des luttes ». Autre affabulation. Le NPA n’est rien d’autre qu’une petite force électorale qui est en train de réaliser une OPA sur l'électorat de l’extrême-gauche et sur celui de la « gauche de la gauche ». D’où son refus des alliances. En revanche, ce petit parti, marginal dans le monde du travail, n’a évidemment aucun moyen de peser sur les luttes sociales en France. Et les nouveaux adhérents sont bien dans le même spectre sociologique que celui de la LCR, moins les militants syndicaux expérimentés que le NPA n'attirent pas.

 

Le mouvement social contre le « vieux » mouvement ouvrier. Encore un fantasme. Contourner les appareils du vieux mouvement ouvrier a toujours été l'ambition de la LCR. Mais le 29 janvier, c’est le « vieux » mouvement ouvrier qui est sorti dans la rue. Ce fut la même chose en 1995. En vérité, Besancenot joue sur le même registre que Royal : la détestation des appareils et donc des vieilles formes du militantisme ouvrier. D'où un anti-syndicalisme rampant qui infecte désormais le NPA. Dans cette voie, toutefois, Royal a plus de chance de réussir que Besancenot.

 

Un parti démocratique. Pour la première fois dans toute l’histoire de ce courant « trotskiste », il n’y aura aucune minorité représentée dans les instances de direction. Le choix de la procédure des débats a annihilé toute opposition. Ainsi l’ancienne direction de la LCR sera reconduite au NPA, moins les minorités. La preuve en est concernant les Européennes. Depuis plusieurs mois le choix a été fait : aucune alliance avec le PC et autres courants de la "gauche de gauche". Nul doute que le congrès va enterriner comme un seul homme cette orientation prise par la seule LCR. Belle opération de manipulation. Evidemment, beaucoup de nouveaux adhérents n’y ont vu que du feu.

 

Combien d'adhérents ? Jusqu'à la fin décembre il existait un compte-rendu officiel. Depuis plus rien, sinon des chiffres avancés par Krivine ou Besancenot. Officiellement il y avait au 1er décembre 3.700 cartes placées. Le NPA compterait aujourd'hui 9.000 adhérents, soit en gros 100 adhésions par jour depuis le 1er décembre. Sur la base de 400 comités ça nous donne 2 adhésions par comité et par semaine. A mon humble avis, ce chiffre est bidonné.

02/02/2009

Royal et Besancenot contre le "vieux" mouvement ouvrier

Ce week-end, Royal était à Belém avec les altermondialistes et Besancenot sur les plateaux de télé. C’est un peu le monde à l’envers. Ça pourrait être contradictoire, ça ne l’est pas. Ces deux là sont  désormais interchangeables : on est dans le même système politico-médiatique, infra-politique, populiste et, somme toute, vain. Car ça peut marcher un temps jusqu’à ce que les vraies forces politiques se reconstituent. La droite a mis vingt ans à se débarrasser de Le Pen, la « gauche » mettra le temps qu’il faudra mais elle aura au final la peau des deux trublions.

 

Pour ce qui concerne le PS, je n’ai jamais caché ma joie de voir Royal piétiner les « ours savants de la social-démocratie ». Les « socialistes » n’ont eu que ce qu’ils méritaient.  Pour Besancenot, en revanche, je déplore ce dévoiement d’un petit parti dont la vocation était d’aider à la reconstruction du mouvement ouvrier, en petite machine électorale dont le seul objectif est de casser ce projet.

 

Car il est maintenant clair que le NPA n’est rien d’autre qu’une petite force électorale qui va s’opposer à toutes les tentatives de recomposition. Evidemment cela n’apparaît pas toujours aussi clairement. Besancenot est assez malin pour ne pas se prêter ouvertement devant les caméras à ce petit jeu. Mais à la base, l’anti-syndicalisme et l’aversion pour le « vieux » mouvement ouvrier gagne du terrain.

 

Même ceux qui sont hostiles à cette orientation, la poignée de militants syndicaux CGT qui vient pour l’essentiel de la LCR, se cherche des excuses : « le « vieux » mouvement est le premier responsable de ce qui lui arrive ; si les jeunes ne veulent plus se syndiquer, c’est entièrement de la faute des confédérations. » C’est un peu vrai, mais un peu court. Et surtout ça ne même à rien. Flatter tous ces nouveaux adhérents (pas toujours jeunes d’ailleurs, beaucoup de retraités adhérent) dans le sens du poil, en  leur faisant croire que l’on va se passer des syndicats pour engager le combat contre la droite, c’est les embarquer dans une aventure sans lendemain.

 

D’ailleurs la journée du 29 a été un premier démenti cinglant à cette orientation. Mais ça ne suffira pas à calmer leur excitation bien naturelle. Les nouveaux adhérents du NPA sont comme des « groupies », ils sont dans leur bulle, imperméables au monde extérieur.

 

PS : Sylvia Zappi consacre dans Le Monde un énième article convenu à Besancenot. Extrait : « Côté militants, le succès ne se dément pas. Depuis que la LCR a lancé des comités pour lancer un nouveau parti, les salles de réunion ne désemplissent pas. "On a choisi de se dépasser et on a réussi", claironne Pierre-François Grond, bras droit d'Olivier Besancenot. Jeunes salariés du privé, fonctionnaires, précaires, intermittents ou chômeurs, le public est varié. A côté des quelques militants aguerris dans l'altermondialisme ou le syndicalisme, la très grosse majorité sont des "primo-militants", comme les appelle Florence Joshua, doctorante au Cevipof. Une gauche plus ouvrière, plus jeune et plus rageuse : "Ils débarquent avec leur révolte brute", remarque-t-elle. »

 

« Une gauche plus ouvrière, plus jeune et plus rageuse », où ont-ils vu cela. Membre du NPA et ouvrier moi-même, je ne l’est pas rencontrée cette gauche là, ni au NPA, ni ailleurs.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu