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19/02/2009

Le minimum syndical

Sarkozy est apparu bien terne, hier soir. Sa chance c’est qu’il a affaire à un « mouvement social » sous contrôle, ou tout du moins qui n’a pas d’autre expression actuellement que ce que veulent bien dire et faire les directions syndicales confédérales. Aucun plan social, aucune délocalisation, aucune fermeture d’entreprise, aucune mesure de chômage technique n’a donné lieu à une quelconque riposte locale d’envergure. C’est la caractéristique principale de cette situation sociale : la base est muette ou presque. C’est bien pourquoi le patronat fait la sourde oreille à la principale revendication : l’augmentation des salaires.

 

Pourtant la journée du 29 janvier a montré des potentialités, mais le mouvement manque de perspectives, bloqué qu’il est par une indéniable impasse politique. Car il faut bien le reconnaître, malgré la crise et  un pouvoir déstabilisé par une situation qu’il n’avait pas prévue, la gauche dans son ensemble n’a aucune offre politique à faire. C’est bien pourquoi les salariés ne peuvent s’en remettre qu’aux confédérations syndicales en espérant que le pouvoir lâche du lest à doses homéopathiques. C’est ce qu’a fait hier Sarkozy, s’en limitant qu’au strict nécessaire.

 

Comment tout ça peut-il tourner ? Peut-on voir des situations à la « guadeloupéenne » surgir dans l’hexagone ? On ne peut rien exclure mais ce n’est pas la tendance. Il y a eu trop de défaites sociales ces dernières années, les rangs syndicaux ont été trop décimés, la gauche a tellement déçu ses électeurs, et la crise qui n’en est qu’à son début pèse tant sur les esprits, qu’il est, dans l’immédiat, inimaginable d’espérer des mouvements de l’ampleur de ceux de 1995 ou de 2004. On l’a bien vu avec ce qui s’est passé pour les lycéens. Le pouvoir quand il sent que ça prend, se défausse. Il va faire certainement de même avec les chercheurs. C’est dans l’immédiat une tactique payante.

 

Les Européennes de juin peuvent-elles être un élément d’accélérateur ? On se demande bien pourquoi les électeurs se précipiteraient sur ce scrutin sans conséquence sur la politique française. Il est probable que l’abstention sera massive. Que faire alors ? C’est bien dans les syndicats, puisque c’est eux qui ont les cartes en main, qu’il faut s’investir. Le moindre lest lâché par le pouvoir n’est pas négligeable. C’est un encouragement pour aller plus loin. C’est apparemment ce qui va se passer en Guadeloupe, même s’il a fallu un mort pour que le gouvernement réagisse.

Commentaires

Mes doutes se précisent peu à peu : vous semblez ne pas avoir remarqué la similitude avec la période 1919-1933 en Allemagne.
Le chômage n'a pas eu pour effet principal de dompter les travailleurs. Son résultat principal a été l'éviction vers la précarité des plus rebelles. La réduction des tensions de classes provient de là.
Il est même assez fréquent de croiser des SDF, des mendiants, qui sont d'anciens militants syndicaux.
C'est la raison pour laquelle la revendication principale n'est pas la question des salaires ou des revenus mais la question du chômage.
Il est réformiste de réclamer l'embauche de 5 millions de chômeurs.
Mais c'est la précondition de tout mouvement social.
Les réformistes qui dirigent la lutte en Guadeloupe n'ont même pas compris cela.
Réclamer 200 euros que l'inflation mangera est du même tonneau que la potion amère des staliniens de la CGT de Grenelle : une carotte pour endormir le bourricot.

La question stratégique fondamentale est toujours celle que nous proclamions en 1974 dans la LC-FCR-LCR trotskyste, la question du pouvoir,, donc la question des soviets, donc la formation de coordinations formées de délégués révocables.
J'y ajoute le nombre de 25 pour former un étage intermédiaire à ceux de Pétrograd.
25 délégués représenteront 625 personnes et choisiront donc un délégué supérieur contrôlé en permanence.

(merci pour la validation du message sur la Guadeloupe : le second peut être effacé, je l'ai posté parce que le premier, tardant à apparaitre, j'avais cru avoir buggué)

Écrit par : YanickToutain | 20/02/2009

Chômage ou revenu, c'est du pareil au même. Si vous me lisiez bien, vous verrez que ce n'est pas mon problème. Néanmoins, les syndicalistes de Guadeloupe sont pour moi d'une autre trempe que les nôtres. Convenez-en. Quant à la question du pouvoir, je crains que vous ayez les yeux plus gros que le ventre. Saviez-vous que les deux-tiers des délégués au soviet de Saint-Pétersbourg étaient des soldats ? Leur bulletin de vote, c’était leur fusil. Sommes-nous en guerre ? Non, alors nous verrons ça un autre jour.

Écrit par : Gilles | 20/02/2009

Gilles, vous avez écrit :
"Quant à la question du pouvoir, je crains que vous ayez les yeux plus gros que le ventre."

Il n'y avait, en 1905, pas de conscription comparable à celle de 14 18 (la guerre russo japonaise n'était pas la 1° guerre mondiale), et pourtant, c'est en 1905 que sont nés les soviets, qu'est né le soviet de Pétrograd.
L'argument de la guerre pour refuser l'auto organisation révolutionnaire, je ne le comprends pas.

Nous n'avons pas d'autre solution que l'élection de délégués révocables.
Le seul débat est : UN pour 500 ou 1000 comme à Petrograd
ou
d'ajouter un étage comme nous le préconisons :
UN délégué pour 25 délégateurs
25 délégués REVOCABLES en permanence désignent leur délégué qui représentera 625 personnes.

Écrit par : YanickToutain | 05/03/2009

Bonjour Gilles

Il y a 11 mois, nous avions commencé ce débat :
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Commentaires

Mes doutes se précisent peu à peu : vous semblez ne pas avoir remarqué la similitude avec la période 1919-1933 en Allemagne.
Le chômage n'a pas eu pour effet principal de dompter les travailleurs. Son résultat principal a été l'éviction vers la précarité des plus rebelles. La réduction des tensions de classes provient de là.
Il est même assez fréquent de croiser des SDF, des mendiants, qui sont d'anciens militants syndicaux.
C'est la raison pour laquelle la revendication principale n'est pas la question des salaires ou des revenus mais la question du chômage.
Il est réformiste de réclamer l'embauche de 5 millions de chômeurs.
Mais c'est la précondition de tout mouvement social.
Les réformistes qui dirigent la lutte en Guadeloupe n'ont même pas compris cela.
Réclamer 200 euros que l'inflation mangera est du même tonneau que la potion amère des staliniens de la CGT de Grenelle : une carotte pour endormir le bourricot.

La question stratégique fondamentale est toujours celle que nous proclamions en 1974 dans la LC-FCR-LCR trotskyste, la question du pouvoir,, donc la question des soviets, donc la formation de coordinations formées de délégués révocables.
J'y ajoute le nombre de 25 pour former un étage intermédiaire à ceux de Pétrograd.
25 délégués représenteront 625 personnes et choisiront donc un délégué supérieur contrôlé en permanence.

(merci pour la validation du message sur la Guadeloupe : le second peut être effacé, je l'ai posté parce que le premier, tardant à apparaitre, j'avais cru avoir buggué)

Ecrit par : YanickToutain | 20.02.2009

Chômage ou revenu, c'est du pareil au même. Si vous me lisiez bien, vous verrez que ce n'est pas mon problème. Néanmoins, les syndicalistes de Guadeloupe sont pour moi d'une autre trempe que les nôtres. Convenez-en. Quant à la question du pouvoir, je crains que vous ayez les yeux plus gros que le ventre. Saviez-vous que les deux-tiers des délégués au soviet de Saint-Pétersbourg étaient des soldats ? Leur bulletin de vote, c’était leur fusil. Sommes-nous en guerre ? Non, alors nous verrons ça un autre jour.

Ecrit par : Gilles | 20.02.2009

Gilles, vous avez écrit :
"Quant à la question du pouvoir, je crains que vous ayez les yeux plus gros que le ventre."

Il n'y avait, en 1905, pas de conscription comparable à celle de 14 18 (la guerre russo japonaise n'était pas la 1° guerre mondiale), et pourtant, c'est en 1905 que sont nés les soviets, qu'est né le soviet de Pétrograd.
L'argument de la guerre pour refuser l'auto organisation révolutionnaire, je ne le comprends pas.

Nous n'avons pas d'autre solution que l'élection de délégués révocables.
Le seul débat est : UN pour 500 ou 1000 comme à Petrograd
ou
d'ajouter un étage comme nous le préconisons :
UN délégué pour 25 délégateurs
25 délégués REVOCABLES en permanence désignent leur délégué qui représentera 625 personnes.

Ecrit par : YanickToutain | 05.03.2009
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Il est fort dommage que, à la réfutation de votre argument des "militaires" concernant 1917 auquel je répondais par la référence à 1905, vous n'ayez pas tenté de répondre.


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re-publié sur revolisationactu sous le titre
JEUDI 31 DÉCEMBRE 2009

sur "NPA de l'intérieur" un débat de février 2009. Soviets, 1917, 1905 et la mobilisation à construire
http://revolisationactu.blogspot.com/2009/12/sur-npa-de-linterieur-un-debat-de.html

Écrit par : Yanick Toutain | 31/12/2009

Les commentaires sont fermés.

 
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