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18/02/2009

Mort d’un syndicaliste

Ce qui devait arriver est arrivé. Le gouvernement ayant choisi de ne rien faire, peu à peu les dirigeants  du LKP perdent la maîtrise du mouvement qu’ils avaient magnifiquement contribué à construire. La jeunesse désespérée, qui manifeste ici à l’égard de la « métropole » le même ressentiment que les jeunes des banlieues populaires de l’hexagone, va, par ses actions inconsidérées, contribuer à pourrir une situation délicate. Ce premier mort, un syndicaliste de la CGT, c’est une victoire pour Sarkozy, dont la non-intervention criminelle entraîne le mouvement à s’autodétruire sans que le pouvoir central cède sur l’essentiel.

 

Elle l’est d’autant plus que les syndicats hexagonaux ne se bousculent pas pour apporter leur soutien à ce mouvement. Avec la gauche parlementaire s’est pire encore. Il est vrai que le LKP est dix pas en avant concernant son programme et ses méthodes d’action par rapport à la plateforme unitaire intersyndicale du 29 janvier et qu’en soutenir les revendications reviendrait à considérer que les « Français » sont décidément bien timorés ». En somme personne n’a intérêt à ce que ce mouvement guadeloupéen gagne, ni Sarkozy, ni la « gauche ».

 

C’est dans cette brèche béante que s’engouffre aujourd’hui le NPA. Crédité de 9 % aux Européennes, bénéficiant d’une couverture médiatique incroyable, son congrès ayant plébicité l'orientation "révolutionnariste" de "Che" Besancenot, le NPA surfe sur cette colère qui n’a d’autre expression possible, dans ces conditions, que la violence désordonnée et aveugle. Le NPA avait déjà soutenu ce type de manifestation en Grèce le mois dernier. Aujourd’hui, c’est « la Guadeloupe qui montre la voie ». Mais quelle voie ? Celle de l’action unitaire du mouvement ouvrier guadeloupéen ou celle de jeunes lumpenprolétarisés qui tirent sur des syndicalistes ? Le NPA n’a évidemment aucune responsabilité dans ce qui vient de se passer. Mais son orientation politique du « tout ou rien » l’excuse en quelque sorte.

 

Le mouvement syndical, la « gauche » parlementaire et la « gauche de gauche » doivent adopter une attitude commune : exiger que Sarkozy cède sur la principale revendication des travailleurs guadeloupéens. Au lieu de jouer les boutefeux, le NPA devrait sans relâche militer pour que cette initiative commune se mette en place. Sinon, c’est la gauche entière d’Aubry à Besancenot qui sera coresponsable de la défaite des salariés antillais.

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