Avertir le modérateur

05/02/2009

Le mouvement syndical a les cartes en mains

Qu’a-t-il dit ? Pas grand-chose. Que pouvait-il faire ? Pas grand-chose. Que pouvions-nous en attendre ? Rien. Nicolas Sarkozy n’avait pas prévu, à l’évidence, qu’il serait confronté à même pas deux ans de son élection à une telle crise, d’où son embarras. D’autant qu’il n’avait qu’une chose en vue il y a deux ans, imiter ce système anglo-saxon qu’il admirait tant. Quel choc pour lui de voir précisément ce système s’écrouler, car la crise est bien venue de ces pays-là, Etats-Unis, Royaume-Uni, Irlande et tous les autres qui avaient calqué leur économie sur ce modèle.

 

On comprend mieux dès lors qu’il n’ait pas de politique de rechange. Mais y en a-t-il une ? Lui et les autres pays sont à quelque chose près dans le même bain. Plus de vingt de « pur capitalisme », mais de croissance aussi, où les bénéfices ont été plus qu’inégalement répartis, ça laisse des traces. Les plus riches ne sont évidemment pas près à revoir à la baisse leurs anciennes exigences. Ce qui est gagné est gagné, pensent-ils. Et ce ne sont ni les belles phrases sur la « refondation » et la « moralisation » du capitalisme qui vont les faire changer d’avis.

 

Il y a une piste, évidemment, et c’est Sarkozy lui-même qui l’a évoquée : aller vers une autre répartition des fruits du travail. Nul doute que les oreilles du patronat ont dû siffler à cette évocation. En somme Sarkozy indique là les limites du pouvoir de l’Etat, mais également ce qu’il est, c’est-à-dire, le garant de la puissance publique. Vieux, très vieux conflit entre l’Etat et la société civile, c’est-à-dire la bourgeoisie. En somme, Sarkozy veut signifier au patronat : « l’Etat est votre protecteur, je fais des efforts considérables pour faire avaler au pays une forte réduction des dépenses publiques, mais n’en abusez pas. Jusqu’ici j’ai servi au mieux vos intérêts, faites un geste, lâcher du lest, je m’occupe du reste. »

 

Et c’est ainsi qu’intervient l’autre « partenaire ». On le disait moribond, en déclin, en crise. Il a montré le 29 janvier qu’il était toujours là. Sans cela d’ailleurs il n’y aurait pas eu cette prestation présidentielle plutôt embarrassée, beaucoup moins triomphaliste qu’à l’accoutumée. Cette fois, on prend au sérieux ce « vieux » mouvement syndical dont on se gaussait très certainement à l’Elysée, comme ailleurs, à gauche comme à droite. Sacré coup à jouer pour le mouvement syndical. Il a désormais les cartes en mains. Il est soutenu par la majorité de la population et qui plus est, il a l’aval du président pour pousser le patronat à céder sur ses profits. Belle revanche et qu’il faudra mettre à profit au plus tôt.

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu